25/03/2013

Le Projet Morgenstern, David S. Khara

Présentation. Berlin, 1942. Le chef de la Gestapo, Reinhard Heydrich, charge un colonel SS d'éliminer un enfant au centre du plus important projet du 3e Reich.

Pologne, 1943. Un groupe de résistants hérite bien malgré lui d'un adolescent, évadé du camp du Stutthoff. Très vite, le fugitif déploie des qualités exceptionnelles de combat.

Irak, 2003. Une unité de reconnaissance des Marines, tombée dans une embuscade, est récupérée par l'armée américaine.

États-Unis, de nos jours. Jeremy Corbin et Jacqueline Walls mènent une vie tranquille en compagnie de leur fille dans une petite ville du New Jersey. Mais un jour, tout bascule.

De Londres à Tel-Aviv, des forêts polonaises aux gratte-ciel de Manhattan, un homme se bat pour protéger ses amis de la malédiction qui le poursuit obstinément. Entre complots, luttes de pouvoir et dérives scientifiques passées et actuelles, Eytan Morgenstern s'apprête à livrer son ultime combat.

Projet-Morgenstern.jpg

Mon avis. Et voilà, il devait bien arriver un jour : le dernier opus de la trilogie de David S. Khara. Après Le Projet Bleiberg, après Le Projet Shiro, voici Le Projet Morgenstern.

Une attitude ambivalente de ma part face à ce roman : un réel plaisir de retrouver le "Géant Vert" (surtout, ne lui dites pas que j’ai osé l’appeler de cette manière, il n’apprécierait pas et je n'ai nullement envie de me retrouver dans le coffre d’une voiture !) et en même temps, un brin de nostalgie par avance, celle de me dire que, quoi qu’il advienne (et je redoutais ce qu’il risquait d’arriver), c’en sera bientôt fini avec ce(s) personnage(s) attachant(s)…

David Khara nous balade à nouveau dans le temps et dans l’espace sans que jamais nous ne nous perdions dans ces méandres spatio-temporels ; chaque pièce vient parfaitement s'imbriquer dans un puzzle orchestré de main de maître par l'auteur.

C'est en recevant le livre que j'ai découvert, avec bonheur, que j'allais de nouveau faire un bout de chemin en compagnie de Jay et Jacky, couple improbable apparu dans Le Projet Bleiberg, aux côtés d'Avi, ainsi qu'avec Eli qui déploie ici sa pleine mesure. Et bien évidemment, cette "petite promenade de santé" est diligentée, à son corps/coeur défendant, par un Eytan qui semble cette fois n'être plus totalement maître du "jeu" car quand on est (se sent) seul, on n'a "que soi" à défendre mais quand on s'attache aux autres, il devient nécessaire de veiller aussi sur eux...

Les expérimentations dont le kidon a fait l'objet sont au centre de cet épisode qui navigue en eaux (très) troubles, entre intérêts financiers colossaux, armée américaine et Consortium. Que du "beau monde".

Je peux vous dire que cette troisième partie tient tout à fait ses promesses et qu'elle est largement à la hauteur des précédentes, alliant avec brio h(H)istoire, humour et émotion.


   - Jay, ça suffit ! tempêta Eytan.

   Un silence lourd s'installa dans l'habitacle de l'Audi. Mal à l'aise, le jeune homme regarda timidement le profil sévère de son ami.

   - Excuse-moi... je voulais juster égayer un peu l'ambiance.

   Il tapa des deux mains sur ses cuisses puis se tourna vers sa femme.

   - Bon... bon... En tout cas, ma chérie, nous savons désormais que notre Géant Vert n'apprécie pas Grand Duchy !

   Jacky leva les yeux au ciel en se mordant la lèvre inférieure.

   - Comment tu m'as appelé ? demanda Eytan en rentrant la tête dans ses larges épaules.

   - Géant Vert... fit Jeremy avec un sourire gêné. C'est affectueux ! Enfin, je veux dire... c'est vachement plus affectueux que Monsieur Propore, non ?

   La voiture pila brusquement, projetant les occupants en avant.

   - Bien sûr... Bien sûr... Bon, cette fois ça suffit, ce n'est pas faute de vous avoir mis en garde, Avi et toi, grommela le kidon. Dehors !

   Eytan descendit de la berline et la contourna d'un pas décidé. Il empoigna le blondinet par le col de sa veste puis le tira jusqu'au coffre, qu'il ouvrit de sa main libre. [...]

   - Il ne le fait pas exprès, tu sais, plaida-t-elle. Tu l'intimides, alors il parle à tort et à travers pour tromper sa nervosité. Quand tu n'es pas là, il se comporte d'une façon nettement moins puérile.

   - Eh bien, c'est réciproque ! Moi, quand ton mari n'est pas là, je ne suis pas aussi colérique et impatient.

   - Justement, tu nous as bien dit que la patience devait se travailler, souligna Jacky, une intonation triomphale dans la voix.

   Amusé par la logique toute féminine de la jeune femme, Eytan s'avoua vaincu et lui adressa un sourire franc.

   - Va le chercher, soupira-t-il.

   Et alors qu'elle s'élançait hors de la voiture, il murmura : "Je me demande si je ne le préférais pas dépressif..." [p. 239 - 241]


Grand merci à Critic et à David Khara ; j'attends maintenant le film même si "mon Géant Vert" ne correspond pas forcément à celui qui devrait l'incarner Clin d'œil

 

Ce titre me permet d'illustrer l'idée n° 100 du challenge des 170 idées : quelque chose qui représente vos résolutions de l’année, en l'occurrence des projets car j'ai besoin d'en avoir pour "continuer à avancer".

challenge170idees.jpg

11:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Je viens de terminer mon billet et je lis donc ça et là les avis des consoeurs.
J'ai adoré. Comme toi, je parle de puzzle et de tristesse de voir achever cette trilogie. Peut-être nous entendra-t-il ?

Écrit par : argali | 05/05/2014

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