03/03/2013

06H41, Jean-Philippe Blondel

Présentation. Cécile Duffaut vient de passer le week-end chez ses parents à Troyes. Son mari et sa fille n'ont pas voulu l'accompagner. Trop ennuyeux, ses vieux. Elle attend donc, ce lundi matin, le train de 6h41 pour Paris. À quelques mètres, Philippe Leduc fait les cent pas. Il attend le 6h41. Pour lui, une journée particulière commence. Il préviendra le boulot plus tard. Il se dit qu'il pourrait disparaître. Personne ne l'attend. Divorcé. Ses enfants indifférents. Ses amis perdus. Enfin, pas vraiment, puisqu'il fait ce voyage pour rendre visite à Matthieu, l'ami d'enfance. Le train est à l'heure. Philippe Leduc trouve une place juste à côté de Cécile Duffaut. Aussitôt, ils se reconnaissent mais font comme si de rien n'était...

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Mon avis. Un voyage en train que j’ai vraiment apprécié... moi qui n'ai désormais plus l'occasion de voyager de cette manière Clin d'œil

Un récit à deux voix, tout le long d’une voie ferrée dont les rails se doivent de ne jamais se croiser. Encore que….

Confrontation muette de deux êtres qui se sont connus vingt-sept ans auparavant. Chacun a bien changé mais pas au point d’être méconnaissable. Chacun a bien changé mais pas forcément dans le sens attendu. Escompté. Supposé. Projeté.

Lui, Philippe Le-duc (le bien nommé !), alors beau gosse, en apparence sûr de lui, le genre de type constamment entouré "d’amis" et qui fait fantasmer bien des filles.

Elle, Cécile Du-ffaut (bien nommée aussi !), alors terne, en apparence incolore, insipide. Une improbable rencontre déjà à l’époque.

Et voilà qu’aujourd’hui, lorsque s’en vient le temps de commencer subrepticement à se retourner pour jeter un coup d’œil, mine de rien, dans le rétro, ils se retrouvent l’un à côté de l’autre, dans le train de 06h41 qui relie Troyes à Paris. Or, leur "histoire", éphémère (avec Philippe, il ne pouvait de toute manière en être autrement), s’était très très mal terminée.

Ce trajet d'une heure trente est l'occasion pour chacun des protagonistes, passé la (gênante) surprise, de se remémorer cette bribe de passé ; l'un et l'autre se dévoilent ainsi intimement au lecteur.

L'un éprouve rétrospectivement le sentiment d'être "désolé" et il peut bien l'être, ce salaud à l'égard duquel on se surprend pourtant, de temps à autre, à concevoir un peu de compassion.

   "Oui, je m'imaginais bien faire ça - mais je ne suis acteur que dans mes propres rêves. Dans la réalité, j'ai hoché la tête et je me suis servi un verre d'eau." [p. 98]


L'autre sent subitement la haine la (re)submerger, à juste titre d'ailleurs comme on finit par le comprendre. Cette fois, ce n'est pas la montagne qui accouche d'une souris mais "la fourmi" qui donnera naissance à un roc.


   "Je me souviens de tous les mots.

   Je n'en suis pas surprise.

  Je les avais gardés tapis dans ma mémoire. Je les ai combattus, mais je savais pertinemment que je ne les avais pas détruits." [p. 140]

 

Le titre illustre l’idée n° 49 du challenge des 170 idées : quelque chose qui représente le temps et me permet d'ajouter une lecture au challenge "À vos nombres" (je sélectionne le "41").

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Merci à Babelio pour ce titre envoyé lors de la dernière "Masse critique".

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16:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Une rencontre des plus intéressantes apparemment!!

Écrit par : piplo | 13/03/2013

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Pour moi, elle l'a été :-)

Écrit par : paikanne | 14/03/2013

Je le termine à l'instant et j'ai beaucoup apprécié "voyager" avec les deux protagonistes ... Plusieurs phrases, réflexions, constats, .... ont "fait mouche" chez moi ... Un auteur que je vais continuer à suivre ... :-)

Écrit par : Jacqueline | 19/04/2013

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Notre trio "d'enseignons" a aimé, visiblement :-)

Écrit par : paikanne | 19/04/2013

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