19/02/2013

L'Embaumeur, t. 2 : Ainsi fut-il, Hervé Sard

Présentation. Quand Luc est appelé auprès d’un châtelain milliardaire, il s’attend à une mission ordinaire. Il va vite s’apercevoir qu’à la Pilonerie, on meurt un peu trop souvent et d’étrange manière. Le petit-fils du maître des lieux a été retrouvé écartelé par quatre chevaux, une pancarte portant l’inscription "Ravaillac" glissée autour du cou. Mort naturelle selon le médecin de famille…

Une enquête où l’embaumeur exprime tout son art, entouré de personnages tous plus extravagants les uns que les autres.

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Mon avis. Je retrouverai bien volontiers à l’avenir Luc Mandoline, ce personnage particulier décliné de multiples façons puisque raconté chaque fois par un auteur différent. C’est Hervé Sard qui, cette fois, s’y est collé… je devrais plutôt dire décollé puisqu’il s’agit de découvrir les circonstances de la "mort naturelle" (si, si, c’est le médecin résidant au château qui l’a écrit noir sur blanc) par écartèlement du petit-fils du châtelain…


Tout un poème, ce vieux monsieur, encore tellement vif en dépit de son grand âge :

"   - Tout s'est bien déroulé, j'imagine ?

   - Pas de soucis. On peut dire qu'il m'a donné du fil à retordre, au sens propre, mais j'ai cousu pire. Il vous faudra simplement me fournir des vêtements. Je dois encore l'habiller. Pour l'heure, il est nu comme au premier jour.

   - Qu'il n'aille pas attraper froid. [...] Pour le cercueil, j'ai déjà passé commande. Le modèle le plus cher, j'aime les morts qui ont du savoir-vivre. [...] De votre côté, je voudrais que vous prépariez un discours. Pour la cérémonie. Une sorte d'homélie. Vous saurez faire, n'est-ce pas ?

   - Je saurai. Vous devrez me détailler un certain nombre d'éléments. Sur sa vie, ses passions, ses amis... Des anecdotes, si possible. Bref, me dire qui était votre petit-fils.

   - Qui il était ? Ce sera court. Jean-Baptiste était un fils de pute, mon cher Mandoline, au sens propre comme au figuré. Un fils de pute, doublé d'un bon à rien, d'un prétentieux et d'un béni-oui-oui. Un vrai con. Vous trouverez les termes justes pour votre discours, je vous fais confiance. Et soyez bref ! Une trentaine de secondes devraient suffire. Une minute, grand maximum, ce couillon m'a fait perdre assez de temps de son vivant, j'aimerais qu'il me fiche la paix une fois mort.

   Droit au but. Monsieur Hubert-Louis de Six-Fours n'y allait pas par quatre chemins." [p. 41 - 42]

Le ton est donné...


Autour de ce vénérable (?) grand-père, gravitent des personnages pour le moins singuliers : de Sylvia Sylvie Sylvette Sylvaine Sylvianne, la gouvernante quinquagénaire prête à sauter sur les (rares) occasions qui se présentent au château, au couple de catcheuses, en passant par Corby, secrétaire particulier bègue, chargé, entre autres, de filtrer (!) les appels destinés au maître ou encore le groupe des "amis" de la victime, lopettes patentées ; bref, de quoi égayer la lecture de cet épisode vaudevillesque.

Avec une écriture alerte, l’auteur nous régale de bons mots (maux) pour faire découvrir à "son" héros les tenants (!) et les aboutissants de cette affaire pas banale…

Les (bribes de) pistes ne mènent nulle part, ou presque, il faut donc procéder par déduction car comme l’a si bien dit le maître Sherlock "lorsqu'on a éliminé l’impossible, ce qui reste est nécessairement la vérité, aussi improbable soit-elle". CQFD.


La couverture me permet d'illustrer l'idée n° 162 du challenge des 170 idées : quelque chose qui est odorant, en l'occurrence l'intérieur d'une écurie.

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20:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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