08/02/2013

Tout ce silence, Véronique Gallo

Présentation. "Elle me fait promettre que je ne la forcerai pas à quitter sa maison. Je la rassure et, pour la première fois, je lui mens. Je l'embrasse tendrement et referme doucement la porte. Ça y est : le cancer s'apprête à nous emmener sur sa route et je n'ai pas d'autre choix que de l'y accompagner".

toutcesilence.jpg

C'est l'histoire d'une femme. Elle a soixante-dix-neuf ans. Elle est italienne. Immigrée. Témoin de Jehovah. On lui annonce un cancer des os. Durant une année, sa petite-fille va l'accompagner dans la maladie. Par des ponts lancés entre passé et présent, elle va tenter de comprendre le destin tragique de cette grand-mère discrète et courageuse qui payera de sa vie le poids de bien trop de non-dits.

Mon avis. Un très beau texte pour célébrer "Nonna", la grand-mère de l’auteure, celle qui a quitté son Italie natale pour s’en venir en Belgique, avec l’espoir... peut-être… et pourtant… ; celle avec qui sa petite-fille a entretenu une relation privilégiée, une de ces relations qui demeurent marquées dans la mémoire. Indéfectiblement.

Le récit alterne les passages liés au passé, adressés à Nonna, en italiques, et ceux évoquant la maladie, épreuve ultime, racontés à la 3e personne ; le passé de Nonna tel qu’il a pu être reconstitué ou supposé à partir des quelques bribes évoquées à de très rares moments, d’autant plus précieux, par celle qui a toujours usé des mots avec parcimonie, mais dévouée corps et âme aux siens ainsi qu’à Jehovah, ce Dieu qui a "permis" qu’elle porte sa croix, (presque) silencieusement. En tout cas, douloureusement. Mais sans plainte aucune.

Car cette vie lui a apporté son lot de souffrances, vaillamment supportées car elle est femme et par conséquent, (souvent) contrainte de s’effacer. Tout du moins apparemment.

   "Tu appartiens à la région des montagnes et des bois. Les pentes escarpées n'ont jamais eu de secret pour tes pieds agiles et ta force de caractère. [...]

   La montagne est faite de silence. Peu de mots, pas de chaleur, rien que du travail et des corvées : voilà ce à quoi ton enfance a dû ressembler." [p. 19]

[…] Une chose est sûre et tu l’as bien assimilée : le travail anesthésie les plus grandes douleurs et tes mains abimées en témoigneront toute ta vie." [p. 21]

Un hommage touchant et émouvant.

La couverture de ce titre illustre l'idée n° 59 du challenge des 170 idées : un chapeau, casquette, bandana ou autre chose qu'on peut porter sur la tête.

Je "valide" également ma participation au challenge "littérature belge".

challenge170idees.jpgchallenge litt. belge.gif

19:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Eh bien, non seulement ta chronique m'a séduite mais en plus de ça, ce livre pourra me faire avancer dans le challenge des 170 idées. Je l'ajoute donc à ma WL. Merci pour cette belle découverte en tout cas !

Écrit par : Nyx | 08/02/2013

Répondre à ce commentaire

Je suis ravie de t'avoir donné envie de le lire :-)

Écrit par : paikanne | 08/02/2013

Répondre à ce commentaire

Je viens de le terminer .... Un récit vraiment émouvant ....

Et une surprise pour moi : en me fiant aux femmes d'origine italienne que je connais, je pensais qu'elles étaient toutes des maniaques de la propreté dans leur maison ..... comme quoi ..... :-)

Écrit par : Jacqueline | 06/11/2013

Répondre à ce commentaire

;-)

Écrit par : paikanne | 27/11/2013

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire