19/11/2012

La dernière guerre, 1 : 49 jours, Fabrice Colin

Présentation. Je m’appelle Floryan ; j’ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s’étendait à perte de vue. Un être de lumière m’a accueilli, se présentant comme un "Élohim". Il m’a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume – un paradis, selon lui, mais que je n’étais pas autorisé à voir avant de m’y rendre –, soit je plongeais dans le Nihil, un gouffre gigantesque menant vers… Vers quoi ? C’est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j’ignore tout du Royaume, et j’ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c’est que ce choix n’engage pas que moi…

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Mon avis. J’attendais avec impatience de pouvoir me lancer (terme tout à fait approprié, en l‘occurrence) dans la découverte de ce nouveau roman de Fabrice Colin. Une question, une seule : derrière la couverture, superbe s’il en est, de Marc Simonetti, les mots seraient-ils à la hauteur de ce gouffre légèrement bleuté ?

Point de départ de ce récit : Floryan, un adolescent nanti que j’aurais sans nul doute trouvé peu sympathique "dans la vraie vie". Mais il se fait que l’on ne demeure pas très longtemps dans la "vraie vie" puisque Floryan décède, dès les premières pages, lors d’un attentat perpétré dans le métro parisien.

Le lecteur n’a donc pas le temps d’éventuellement le détester puisque le voici bel et bien (?) passé de vie à trépas et lorsque la mort s’offre à vous, la personnalité subit elle aussi quelques changements. Question de perspective.

Floryan se retrouve donc dans un "ailleurs", l’Intermonde, et est bientôt contacté par un Élohim, un être étrangement désincarné qui, apparemment, ne lui veut que du bien ; celui-ci propose au jeune homme un délai de 49 jours afin qu’il décide dans quel lieu il souhaite désormais se rendre. Définitivement. Choix cornélien : un Royaume qui s’apparente à ce que, avec nos "codes", nous appellerions le paradis, un lieu où il oubliera tout de sa vie passée ; ou bien un énorme trou brumeux, le Nihil dont, comme son nom l’indique, on ne sait rien.

Floryan se donne quelque "temps" pour découvrir cet espace dans lequel il évolue avant de prendre sa décision. Il fait alors la rencontre de certains "Égarés", comme lui, qui semblent lui proposer une troisième voie…

Comment évoquer ce récit sans trop en dévoiler ? C’est tout simplement mission impossible et je ne m’y risquerai pas.

Sachez cependant que l’écriture de Fabrice Colin, toujours aussi évocatrice d’images, nous transporte dans un "monde" qui nous fait réfléchir, l’air de rien (!), sur le nôtre, présent et futur ; qu’un endroit qui a l’apparence d’un "éden" peut décidément n’en avoir que l’apparence ; que Floryan aura fort à faire et à réfléchir sur son "devenir", si tant est que l’on puisse encore employer ce mot ; que certains "personnages" sont très attachants, les Altars - espèce de dragon - n’étant pas les moindres.

Chaque fois que je reprenais le livre, j'avais l'impression d'aller vers une certaine sérénité (la couverture, je le sais, n'y est pas étrangère) mais l'on pressent bien vite que ce côté "tranquille" risque bien d'être vite bouleversé. De fait. Quel serait d'ailleurs l'intérêt d'écrire si "tout allait bien dans le meilleur des mondes"?

Et l’on progresse ainsi dans la lecture, attendant de découvrir à quelle sauce Floryan sera mangé, et si le pré-épilogue laisse le lecteur pantois, que dire alors de la fin ? En deux mots : une perle.

   "Quand je rouvre les yeux, je suis de retour de l'autre côté de la montagne, au milieu de la vaste plaine, à l'endroit exact où je me suis réveillé la première fois. Un crépuscule déchirant embrase le ciel et ses nuages en guenilles. Le vent est parfait, des oiseaux montent vers le firmament." [p. 26]

09:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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