09/11/2012

L'élan d'Élise, Xavier Bontemps

Préalable : mes excuses à l’auteur qui m’a envoyé ce récit voici déjà quelques semaines ; j’ai pris du temps avant de le lire, non pas parce qu’il m’ennuyait, loin de là, mais c’est un récit qui ne peut être lu "à la va-vite".

Présentation.

Je lui dis alors que nous marchons en ville : "Je crois que je ne t’aurais jamais aimée si je t’avais rencontrée dans un autre contexte."

J’ai dû mal articuler ou bien une voiture est passée à cet instant et le vacarme de son moteur a couvert le son de ma voix. Elle me répond : "Je ne vais jamais dans les discothèques."

Dans une discothèque, on danse pour oublier. Oublier le stress, les contrariétés, les déceptions. Oublier qui l’on est. Là où j’ai rencontré Élise, nous dansions pour nous rappeler. Nous rappeler que nous sommes vivants.

Dans une discothèque, on danse pour s’approcher de l’autre. Là, nous dansions pour nous approcher de nous-mêmes.

Si je ne m’étais pas approché, jamais je ne l’aurais vue.

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Mon avis. Une belle envolée ; un tourbillon de mots ; des phrases qui emportent le lecteur et ex(im)priment cet élan. Un superbe écrin pour les perles d’un collier tissant un fil de vie, à travers une écriture (dé)cousue.

"Mon élan pour Élise me pousse vers l'extérieur, vers les autres mais aussi vers la beauté, vers la nature, vers les grands espaces." [p. 29]

"Manque. Manque d'élan. Manque d'Élise. Manque de folie. Manque de vie. Manque, seule présence." [p. 50]

La rencontre avec Élise déclenche des sensations, révèle le narrateur aux êtres et aux choses... à moins que ce ne soit l'inverse.

"J'ai besoin de mettre des mots comme pour circonscrire le mystère. Retrouver le temps où tout était limpide. Effort vain. Élise se dérobe à mes mots, elle est autre, elle est joyeusement étrangère, insaisissable. Elle est beaucoup plus que tout ce que je pourrais en dire. Elle est beaucoup plus. Elle est. Elle.

J'ai besoin de regarder Maude dans les yeux, sans bouger, sans parler. La seule expression possible face à une femme qu'on aime, c'est le silence." [p. 62]

Pourtant, malgré la joliesse des mots (même s'il reste çà et là des erreurs), demeure un certain malaise en moi à l'issue de ma lecture, purement subjectivement : une gêne due à l'existence de Maude, l’épouse, réellement magnifiée, mais (c’est moi qui me permets ce "mais", il ne transparaît nullement à travers les dentelles du récit) à travers les autres femmes, dont Élise.

Cette "histoire", je l'aurais trouvée magnifique s'il n'y avait eu, "à(ux) côté(s)", la famille. Mais elle existe et du coup, elle pénombre quelque peu mon enthousiasme.

Trop "traditionnelle", moi ? Peut-être. Sans doute. Probablement.

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21:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Merci pour ta participation à mon challenge.
Les résultats (nombreux) demain et la nouvelle contrainte aussi.
Bonne nuit.

Écrit par : Philippe D | 09/11/2012

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Ta chronique est bonne mais du coup tu ne me tentes pas.

Écrit par : pyrausta | 10/11/2012

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