22/04/2012

Comitissa, Une aventure de la comtesse de Die, Guy Aymard

Présentation. Dans la Provence du XIIe siècle. La jeune Béatrice approche de ses quinze printemps lorsqu’elle hérite des terres de son père, le comte de Die, disparu lors d’une dernière croisade. Elle focalise bientôt tous les regards, les passions, et même les calculs et les projets d’alliances. Toute sa vie durant, elle luttera contre la fatalité de naître femme. Promise par convenances à un inconnu, elle écrira noir sur blanc son amour contrarié pour un chevalier volage. Talentueuse troubadour de l’Amour courtois, elle se produira à la cour comtale et rencontrera les plus importantes figures d’alors…

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Mon avis. Lorsque j’ai eu l’opportunité de recevoir ce livre, je n’ai pas hésité une seconde car j’apprécie beaucoup les romans historiques et j’étais curieuse de voir ce que l’auteur allait me faire découvrir de la vie de cette jeune Béatrice.

L’histoire de la comtesse de Die, "troubadour de l’Amour courtois", racontée à partir du matériau des quelques lais qu’elle a laissés, permet au lecteur de se plonger dans un douzième siècle âpre, dur, dans lequel il ne fait pas bon naître fille. Malgré son jeune âge, Béatrice se retrouve à la tête du comté de Die alors que son père est parti en croisade et ne s’en revient pas.

L’adolescente a fort à faire pour défendre le fief paternel car les prédateurs de tous bords se font très pressants, d’autant qu’il est évident que ses "soupirants" ont davantage en ligne de mire ses terres plutôt que sa (jolie) personne. L’on suit ainsi une grande tranche de vie de celle qui fut troubadour et dont l’existence a, plus souvent qu’à son tour, été marquée par l’attente, la déception, la mélancolie, au rythme des joutes et tournois réclamant, presqu’accessoirement, leur lot de victimes, "occises" ou "simplement navrées", comme si les guerres, tous azimuts, ainsi que les croisades, ne faisaient pas payer aux hommes un assez lourd tribut…

À côté des conditions de (sur)vie de l’époque, des us et coutumes de cette société, j’ai goûté la langue aux saveurs médiévales, habilement maniée par l’auteur ; les notes de bas de page abondent et apportent ainsi un éclairage bienvenu sur ces tournures particulières.

   "Les choses étant dites, il ne manquait plus qu’à festoyer et chanter, dormir et se pimpeloter [se mettre en valeur dans le but de séduire] de neuf, choisir à bon escient son héros dans l’espoir d’aller outre si affinités. Elles se retrouvèrent sur leur estrade où claquaient les bannières d’Orange au cornet d’azur et les sinoples d’Almélas. Malheureusement, le mistral s’était invité, cet indiscret gâchant les coiffures et dénudant les mollets. Une dame s’assit à côté de Béatrice qu’elle n’avait jamais vue." [p. 143]

Grand merci aux Agents Littéraires et à Publibook pour cette découverte qui m’a transportée, l'espace de quelques jours, dans le passé…

15:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

C'est toujours un plaisir de te lire même si je ne commente pas!
Je vais demander à Zhom de me l'offrir :)
Bisous ♥

Écrit par : Cathnounourse | 22/04/2012

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J'attends de lire ton avis :-)

Écrit par : paikanne | 22/04/2012

Je note le titre car c'est une période de l'Histoire dans laquelle j'aime "me plonger" .... :-)

Écrit par : Jacqueline | 24/04/2012

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