07/02/2012

Robinson Crusoé, Daniel Defoe (nouvelle traduction)

Présentation : La traduction française de Robinson Crusoé encore en usage de nos jours est celle de Petrus Borel, à peine dépoussiérée et qui date de 1836 ! Elle est non seulement vétuste, avec un style lissé et assez ampoulé, mais très souvent inexacte, sinon fautive, le XIXe siècle n'ayant pas du tout les critères actuels en matière de traduction. Or il se trouve que Defoe pratiquait une écriture sèche, haletante, marquée par une sorte d'urgence, très moderne justement.
Françoise du Sorbier, universitaire spécialiste de Defoe et brillante traductrice, a mis tout son talent et son expertise au service de cette retraduction nécessaire et qui lui tenait à cœur depuis longtemps. Sa traduction précise, fluide, limpide, fera date. Elle permet de redécouvrir avec bonheur ce classique des classiques qui n'a pas pris une ride.

crusoé.jpgMon avis. Grand merci à News Book et aux Éditions Albin Michel pour ce partenariat pour lequel j’ai postulé car hormis Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier que j’avais dû lire en son temps pour l’école, et que j’avais apprécié, je ne connaissais de l’histoire de Robinson que les grandes lignes, principalement télévisées. L’occasion se présentait de découvrir ce classique et je l’ai saisie. Je me suis même rendu compte que je n’en connaissais pas la fin…

Et j’ai passé un long moment en compagnie de Robinson, agréable, sans difficulté aucune éventuellement due à une langue "poussiéreuse". Françoise du Sorbier, la traductrice, précise à ce propos dans sa postface que la traduction, au XIXè siècle, était envisagée de manière sensiblement différente par rapport à nos jours et que le traducteur pouvait tout à fait envisager de raccourcir des passages jugés trop longs ou encore d’en modifier quelque peu d’autres. Ce n’est bien sûr plus le cas aujourd’hui et Françoise du Sorbier s’est attelée à rendre le mieux possible le style qui est réellement celui de Defoe : un texte qui se déroule allègrement sans jamais prendre de pause, au fil de l’évolution du personnage et cela, même si, curieusement, certains épisodes sont relatés à plusieurs reprises.

Robinson, dès le départ, refuse le conformisme qu’aimeraient lui imposer ses parents, et principalement son père. Déjà résonne en le jeune homme l’appel du large qui l’amènera à connaître bien des mésaventures avant même celle du naufrage.

Survient alors l'arrivée mouvementée sur ce qui deviendra "son île". Dans un premier temps, Robinson est obsédé, presque inutilement, par sa sécurité. Ensuite, il se décidera à explorer ce territoire sur lequel il a échoué. De longues années durant, il tâchera de se débrouiller afin de s'assurer progressivement un certain confort, au-delà de sa "simple subsistance". De toute façon, du temps, il en a.

Il décrit ainsi, a posteriori, sa vie organisée, ne craignant qu'une chose : que les "sauvages" qui régulièrement s'en viennent tuer et dévorer certains de leurs prisonniers ne le découvrent.

Après avoir été tenaillé par l'idée de partir à tout prix, Robinson s'accommode petit à petit de son sort et redécouvre par la même occasion l'idée de Dieu, un Dieu qu'il remerciera même de lui avoir permis d'arriver à une certaine sérénité ainsi que d'entamer une réflexion sur lui-même et son rapport aux autres, ceux qu'il ne côtoie plus...

17:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Un de ces classiques dont je ne connais que "les grandes lignes"......et que je n'ai jamais lus ....:-)

Deux, d'ailleurs, m'attendent dans ma Pal : "La case de l'oncle Tom" et "Vingt mille lieues sous les mers" (j'ai vu le film il y a très longtemps).....

Écrit par : Jacqueline | 08/02/2012

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