04/02/2012

Apocalypsis, 2 : Cavalier Rouge : Edo, Eli Esseriam

Présentation : La fin du monde est proche. Ils sont quatre jeunes de 17 ans : Alice, Edo, Maximilian et Elias. Ils sont les Cavaliers de l'Apocalypse. Ils n'épargneront que 144.000 âmes. En ferez-vous partie ?

   "J'ai fait ouvrir le sol sous leurs pieds. J'ai fait tomber le feu sur leurs manteaux. J'ai fait abattre la foudre sur leurs têtes. Sous mes pieds, la terre était stable et solide. J'étais au milieu des flammes mais elles me léchaient sans me mordre. Les éclairs m'éblouissaient sans me frapper.  C'était merveilleux. J'étais le cœur de la Nature. Le cinquième élément dans un corps qui se fatiguait doucement."                                                                Edo Halilović, Cavalier rouge

cavalier rouge.jpegMon avis.  Merci à Nouvel Angle/Matagot pour la découverte de ce deuxième opus issu de la série Apocalypsis.

Autant mon avis avait été plutôt mitigé à propos du tome 1, Cavalier blanc, autant je suis, dans ce cas, très enthousiaste. Et pourtant, les réponses que je déplorais n’avoir pas reçues précédemment, je ne les ai toujours pas eues mais j’ai été réellement emballée par Edo.

Edo est un jeune lycéen à ses heures, entendez par là quand son "emploi du temps" lui permet de se rendre en cours. Ses "parents" ? Des réfugiés bosniaques qui vivotent : une "mère" exploitée dans une "baraque à frites" et qui tente de ramener un minimum d’argent pour faire subsister la famille ; un "père" alcoolique, devenu avec le temps un vieux débris violent. Avec eux, le rayon de soleil d’Edo, celui qui met dans la bouche du jeune homme ses mots les plus tendres : son petit frère Anel ; un enfant qu’Edo a décidé de "sortir de là", à tout prix. Car pour lui-même, les jeux sont faits, racaille il est, racaille il restera… Sa spécialité ?  Les combats.

   "C’était pas de la provocation gratuite, comme ça, juste pour faire chier. J’avais vraiment besoin de sortir de la pièce. Ça devenait impératif. Vital même, je dirais. Je me suis levé en renversant ma chaise, pour la forme. Une réputation, ça s’entretient. Je préférerai toujours passer pour un sale con que me sentir humilié. C’était sûrement de l’orgueil mal placé mais je savais pas où le mettre ailleurs. Y avait aucun endroit où il était chouchouté, mon ego, de toute façon." [p. 37]

J’ai beaucoup apprécié ce personnage, écorché vif, revenu de (presque) tout, lucidement cynique ou cyniquement lucide, qui n’attend déjà plus rien, ou presque de la vie. Quelques rares personnes trouvent grâce à ses yeux (et inversement) : son petit frère, la prunelle de ses yeux, ainsi que Drita et Suljo, tenanciers d'une "gargote où tous les gars des Balkans se retrouvaient pour brailler dans leur langue natale en mangeant un plat bien de chez eux." Pourtant, de temps à autre, la carapace se fendille et s’immiscent en lui quelques sentiments, bien qu’il tente de s’en défendre. 

En outre, il se rend compte de certaines "bizarreries" lorsque la colère s'empare de lui ; c'est ainsi que quelques pièces du puzzle apocalyptique prennent place dans ce qui devrait, par la suite, constituer l'apothéose finale...  Vivement la suite !

À nouveau une mention pour la superbe couverture d'Aurélien Police.

11:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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