30/09/2011

Divergent, Veronica Roth

Présentation : Dans un Chicago futuriste, la société est divisée en 5 factions et chacune est consacrée au culte d’une vertu dans l’espoir de créer une civilisation parfaite et pacifique. Ainsi, les Altruistes s’oublient et se dévouent entièrement aux autres, les Sincères se font un honneur d’être toujours honnêtes, les Fraternels croient en l’amitié avant tout, les Érudits pensent que la connaissance est l’avenir du monde et les Audacieux vénèrent l’audace et le courage. Les enfants grandissent donc dans la faction où ils sont nés. C’est à 16 ans qu’ils doivent choisir quelle sera la leur, pour la vie. Avant de prendre cette décision, ils passent des tests d’aptitude, afin de connaître la vertu la plus proche de leur personnalité. Pour Béatrice, issue d’une famille Altruiste, le choix s’annonce plus difficile encore car elle n'est pas sûre d'elle. Et son choix ne sera pas sans conséquences.

divergent 1.jpgCirconstances : c’est grâce à Cajou que j’ai pu lire ce roman qui a "créé le buzz" bien avant sa sortie, prévue le 6 octobre. Un très grand nombre de critiques sont élogieuses et je voulais me faire très vite ma propre idée, d’autant que c’est typiquement le genre de roman que je pourrai proposer à mes élèves dans le courant de l’année, dans le cadre de mon parcours relatif à la science-fiction.

Mon avis ? Ce fut une lecture prenante et rapide car j’étais tenaillée par l’envie d’avancer toujours plus et savoir ce qu’il allait advenir de Tris et du petit groupe des Audacieux et cela, même si je dois reconnaître, pour être tout à fait honnête (Sincère !), que ce ne fut pas le coup de cœur auquel je m’attendais, peut-être à force de n’en lire souvent que du bien. 

Je suppose que cette légère réticence est due au fait que je suis quelque peu restée à distance de Tris (comme lors de la lecture de Uglies de Scott Westerfeld). Cela dit, à bien y réfléchir, je pense que mon avis aurait plus que probablement été différent si j’avais lu Divergent avant certaines dystopies qu’on ne présente plus comme Hunger Games (Suzanne Collins), Promise (Ally Condie) ou d’autres, peut-être un peu moins célèbres, comme Le destin de Linus Hoppe d’Anne-Laure Bondoux auquel j’ai d’ailleurs d’emblée songé lors du test initial.

Mais entendons-nous bien, j’ai passé un très bon moment et je découvrirai la suite avec plaisir si j’en ai l’occasion car le "destin" de ces jeunes m’intéresse, d’autant que le texte est agréable à lire.

Comme tout un chacun, je le suppose, qui a lu cette histoire, je me suis demandé quelle faction j’aurais été susceptible de choisir, si tant est qu’on puisse savoir ce genre de chose : le supposer, éventuellement ; le savoir, je ne le crois pas.  Bref. 

Indépendamment du côté physique de la chose (!), je ne me vois pas parmi les Audacieux, trop de risques à prendre. Les Érudits ne m’attirent pas car je n’apprécie pas leur côté "supérieur" aux autres. Les Altruistes le sont trop pour moi, je ne serais pas capable de m’effacer totalement face aux autres. Les Sincères en arrivent parfois à blesser uniquement parce qu’ils se doivent de dire "toute la vérité"; je ne le pourrais pas. Il ne reste donc, en procédant par élimination, que les Fraternels qui devraient me correspondre davantage même si on en apprend finalement peu sur ce groupe. Ou bien "diverger"... Qui sait ?

Et de 4 Clin d'œil

14:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

22/09/2011

Les jeunes filles et la mort, Michael Genelin

Présentation : en plein cœur de l'hiver, sur une autoroute verglacée de Slovaquie, un minibus achève de flamber... Six jeunes femmes ont péri dans l'accident. Le commandant Jana Matinova, appelée sur les lieux, reconnaît l'une d'entre elles, devenue prostituée à Bratislava. Mais ce qui paraît une affaire banale est en réalité le point de départ d'une enquête qui va mener Jana dans les méandres terrifiants du trafic d'êtres humains, aux quatre coins de l'Europe de Kiev à Strasbourg en passant par Nice et Vienne à la recherche d'un tueur impitoyable, lui-même déterminé à retrouver une jeune et belle russe qu'il veut éliminer. 

genelin.jpgMon avis ? Au préalable, merci à Livraddict et Marabout pour ce partenariat.

J’ai apprécié découvrir et l’auteur et le personnage de Jana Matinova que je ne connaissais pas du tout et cela, même si je n’ai pas été happée par un suspense haletant. En effet, je n’ai pas été "captivée" par l'enquête en tant que telle qui m’a semblé passer au second plan pour deux raisons : d’une part, la personnalité de Jana et son itinéraire personnel qui fut jalonné d’embûches en raison, principalement, des idées subversives (du point de vue slovaque en tout cas) de Dano, son mari acteur de théâtre.  Une route qui l’a éloignée, dans tous les sens du terme, de sa fille unique. 

D’autre part, la peinture de la société slovaque est tout à fait intéressante, d’autant que, personnellement, j'en connais (trop) peu sur les pays de l'Est en général. Et je me suis rendu compte, lors du dénouement, que finalement, découvrir les tenants et les aboutissants de "l’accident" du début n’était plus pour moi essentiel (si tant est que ça l’eût jamais été).

Ce que j’ai moins apprécié en revanche, c’est la froideur qui reste de mise tout au long du roman, à tel point que même les épisodes qui auraient dû être émouvants ne le deviennent pas ; cela aurait pourtant donné une dimension davantage humaine au(x) personnages(s). 

Bref, pour moi, une bonne lecture… mais sans plus.

20:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (11) |

Petit à petit...

Et de 3 Clin d'œil

Et merci à mon kiné de m'avoir rappelé le congé de mardi ; je l'avais complètement oublié Incertain.  Décidément je suis un peu distraite ces temps-ci : ce matin, dans une classe, j'ai commencé le cours trois pages plus loin que l'endroit où j'étais arrivée.  Les élèves ne me l'ont fait remarquer qu'à la deuxième heure de cours, quand j'ai "rappelé" un point de matière qui, en fait, n'avait pas été vu. 

Résultat : je leur ai dit de ne pas se conduire comme des moutons.  Le monde à l'envers en somme Clin d'œil.

pas.jpg

20:06 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |

21/09/2011

Voyez passer les orphelins, Blandine Butelle

Présentation : trois histoires de familles, trois histoires d’orphelins.

Les filles de Padraic ont perdu leur mère beaucoup trop tôt. Mais, contrairement à leur père, elles ont échappé à l’orphelinat…

Ondine, elle, a espéré toute son enfance être débarrassée de son encombrante famille. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme elle l’imaginait…

Et il y a Adèle, cette pauvre Adèle, qui aura une façon bien particulière de se soigner de sa triste enfance…

passer orphelins.jpgMerci aux Agents Littéraires ainsi qu’à l’auteure pour ce livre reçu dernièrement.

Mon avis ? Je lis moins souvent des nouvelles que des romans, ou plus exactement, je lis moins souvent des recueils de nouvelles. Ici, trois textes sont proposés et tous ont un rapport avec le thème des orphelins mais chacun le traite de manière spécifique.

La première (Les Filles de Padraic) évoque Padraic, qui a connu l’orphelinat et se retrouve, bien des années après la mort de sa femme, face au regard mi-tendre, mi-amer de ses propres filles, dans une "mise en scène" savamment orchestrée qui mène le lecteur par le bout du nez, là où il ne s’attendait nullement à aller.

La deuxième (Les Torchons) est savoureusement noire ; différentes voix proposent chacune sa vision liée à un épisode d’une famille "Groseille comme on en fait encore" : les Torchy, plus communément appelés Torchons (et "torchon" en Belgique, c’est encore un cran largement en-dessous de la signification en France, si je puis me permettre). Le point de départ, c’est Ondine, la seule qui dénote dans cette famille : un prénom qui n’est pas tiré d’une série américaine et un vrai métier puisqu’elle est avocate.  Un destin à l’opposé de celui de cette famille qu’elle traîne comme un boulet.  Encore que. 

C’est ce texte, le plus long du recueil, le plus détaillé dans le cynisme aussi, que j’ai préféré.

La troisième (Waterloo), très courte, évoque les conséquences inattendues de licenciements et "dégraissage du personnel" sur une fratrie de quatre : Adèle, Benoît, Alice, Benjamin. Autrement dit ABBA. Contrairement au précédent, ce texte-ci est concis. Des touches çà et là qui signifient beaucoup…

J’ai apprécié "voir passer les orphelins" mais déplore un bémol : les erreurs d’orthographe qui émaillent trop souvent les pages.  Dommage.

          "De ce côté de la rue, on ne l’a jamais appelé mon prénom. On l’a toujours gueulé. Comme ceux de mes frères et sœurs me direz-vous et vous n’auriez pas tout à fait tort. Mais vous ne seriez tout de même pas tout à fait dans le vrai. Mon prénom a ceci d’étrange et de particulier de ne pas avoir été soigneusement sélectionné par ma mère dans la distribution d’une série américaine et, par ailleurs, mais ça tout le monde l’ignore dans la famille, d’être celui d’une nymphe de la mythologie germanique qui a inspiré poètes et compositeurs. À quoi tient un prénom ? La réponse est simple : à la capacité qu’a le père à supporter l’alcool. Car, bien souvent, c’est lui qui déclare la naissance de l’enfant à l’état civil. L’alcool ayant sérieusement altéré la mémoire du mien au moment de cette fameuse déclaration au point de l’empêcher de se rappeler comment on (elle) avait décidé de m’appeler, on me donna (sur l’heureuse proposition de l’employé de mairie à qui il semblait peu judicieux de m’appeler Tonye étant donné que mon frère aîné s’appelait déjà ainsi) le prénom de la dernière petite fille née dans la commune.  […] Eh bien, je vais vous le dire : elle voulait m’appeler Abby, comme la méchante dans Côte Ouest." [Les Torchons,  p. 29-30]

15:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/09/2011

Mémoire assassine, Thomas H. Cook

Présentation : "Mon père a tué ma mère, ma sœur et mon frère. Puis il a attendu que je rentre à la maison…"

Circonstances : j’ai gagné ce roman grâce à Encre Noire, en collaboration avec les éditions Points 2 (un tout grand merci !). Je dois dire qu’indépendamment de l’histoire elle-même, j’étais curieuse de découvrir cet objet au format novateur.

mémoire assassine.jpgMon avis ? J’avais quelques craintes relatives à la manipulation du livre étant donné que j’ai maintenant des soucis de maniabilité, principalement avec la main droite et je suis droitière. Hé bien, je n’ai rencontré aucune difficulté à ce propos, hormis le fait que les pages tournent parfois par deux en raison de leur extrême finesse. En outre, lire le texte de haut en bas, livre à l’horizontale, ne m’a nullement dérangée. Et puis, pas de problème pour trouver la place où ranger le livre par la suite.

Je n’avais jusqu’alors rien lu de l’auteur et ne connaissais de l’histoire que ce qui apparaît sur la quatrième de couverture, c’est-à-dire pas grand-chose.

J’ai apprécié ce récit "policier", peu conventionnel dans le sens où l’assassin est connu d’emblée ; l'on en apprend petit à petit sur le quotidien qui a précédé la journée tragique par l’intermédiaire du fils, miraculeusement rescapé de l’horreur : Steve Farris.

Plus de trente ans après les faits, Steve, architecte, marié, un fils, est contacté par une jeune femme, Rebecca, auteure d’une étude sur ces pères de famille "sans histoire" (!) qui, un jour, sans raison apparente, ont assassiné leur famille.  William Farris semble correspondre à ce profil. Steve (le plus souvent nommé Stevie à l’époque) replonge ainsi dans son passé : images, paroles, impressions, déferlent alors pour retracer, parfois avec une précision chirurgicale, les mois, les jours, les heures qui ont conduit au drame.

La psychologie de chacun des protagonistes est ainsi détaillée : de "la pauvre Dottie à la blouse rouge", sa mère, à Jamie, son frère aîné taciturne et profondément seul, en passant par sa sœur Laura, tendre complice de leur père, pour en arriver à ce père, au regard bleu acéré.  Et Stevie.  Stevie qui (re)découvre ce qu’a été sa famille, levant parfois avec réticence (à raison ?) l’un ou l’autre coin du voile que revêt ce passé…

Pas de poursuites, bagarres et autres actions retentissantes dans ce récit, mais une analyse des circonstances potentielles relatives au triple homicide pour tenter, tant que faire se peut, de l’expliquer, par l’intermédiaire de ce petit garçon de neuf ans devenu adulte et qui tente d’explorer les pistes proposées par Rebecca. Le lecteur se forge sa propre idée grâce aux indices habilement suggérés par l’auteur. Et se trompe. En tout cas, je me suis complètement fourvoyée. Le dénouement arrive comme une claque en pleine figure…

18:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (16) |

15/09/2011

Surprise :-)

TompetitTom.jpgPremier cadeau de cet anniversaire 2011 (c'est la semaine prochaine) : un beau paquet personnalisé arrivé par surprise dans ma BAL : des marque-pages, des "magnets matriochkas" qui ont été directements aimantés (!) par mon réfrigérateur, une jolie carte ainsi que Tom petit Tom tout petit homme Tom de Barbara Constantine.

Un énorme merci, Stéphanie, pour cette délicate attention Sourire

NB : et de 2 Clin d'œil

18:17 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |

12/09/2011

Côté face, Anne Denier

Présentation : j'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas, jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence.

Un autre côté de moi-même.

"Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner."

J'avais une vie...

Circonstances : quelques billets élogieux lus sur le net ainsi qu’un détour via le site de l’auteure m’ont convaincue de me procurer le roman (et pourtant il devient rare que j’achète des GF car mon portefeuille grogne). Je dois avouer en outre que si j’avais dû me baser sur la couverture pour me décider, j’aurais passé mon chemin car elle ne m’accroche pas du tout… et j’aurais indéniablement loupé quelque chose.  Commencé en "lecture du soir" le jeudi, je l’ai terminé deux jours plus tard en lecture "de toute la journée" car il devenait difficile de le lâcher…

cote face.jpgMon avis : l’écriture est fluide, agréable et se révèle une porte d’entrée efficace vers un double monde, à savoir celui d’une lycéenne en fin de terminale (rhéto chez nous) et un passé qui nous replonge délicieusement au début du XIXe siècle.  Pour être précise, je me dois de dire que le "délicieusement" s’applique à la précision relative au contexte historique, car qualifier l’action de "délicieuse" serait mal à propos.   Encore que…

Mais je reviens à notre lycéenne : point de prénom pour elle, ni d’une manière générale pour les protagonistes du présent qui sont nommés de manière générique, en l’occurrence "mon père, ma mère, mon frère, ma meilleure amie, Quasimodo, N°1 (charmant), N° 2… alors que ceux du passé reçoivent effectivement un prénom.  Pour les rendre davantage réels ?

Un jour d’avril où cette jeune fille est en retard, elle croise les yeux d’un bel inconnu dans le tram et le lendemain, elle découvre sa photo placardée en de nombreux endroits avec un lieu et une heure de rendez-vous. Nébuleux (!), n'est-ce pas ?

S’ensuit une aventure mêlant astucieusement passé et présent, dans une chronologie non linéaire qui ne nuit pourtant pas à la compréhension du récit.

L’atmosphère est pesante et le malaise palpable force le lecteur à s’interroger tandis que les indices semés çà et là permettent, petit à petit, de reconstituer le puzzle du récit. Une "promenade" d’une élégance rare qui emmène un lecteur consentant, et bien vite charmé, le plus souvent à Montpellier et à Berlin, en compagnie de cette jeune fille qui se demande si elle doit croire en la véracité de ses visions cauchemardesques…

Comment un roman d’une telle qualité est-il si peu mis en évidence sur le net alors que d’autres, nettement moins bons, font recette ?  Là est la question.

   "Mon cœur hésita entre s’arrêter et exploser.

   Il ne fit ni l’un ni l’autre, je continuai à vivre.

   Mon esprit se mit à délirer." [p. 21]

Un conseil : laissez-vous tenter. Un véritable régal. Un coup de cœur pour moi, en tout cas.  Le genre de roman dont on tourne la dernière page à regret.  Dieu (!) merci, le deuxième tome va suivre...

20:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (16) |

08/09/2011

Rentrée ?

J'appréhendais beaucoup (c'est toujours le cas d'ailleurs...) cette rentrée ; je n'ai pas eu l'occasion d'aller en revalidation et malgré l'été "peu ensoleillé", mon "périmètre de marche" (doux euphémisme) s'est encore progressivement restreint. Plus que jamais, je ne sais donc pas de quoi demain sera fait et je suis de plus en plus forcée d'envisager les choses "au jour le jour" (mais mes cours sont projetés à plus longue échéance, il me serait impossible de travailler autrement).

pointinterrogation.jpgEt à cette heure, je me dis que j'ai réussi à travailler une semaine (je sais bien que la semaine n'est pas terminée mais je n'ai pas un horaire complet et il se fait que pour ce début d'année, je ne travaille pas le vendredi). 

J'ai rencontré tous mes élèves et le courant semble être bien passé (remarquez le choix des mots : je reste prudente). 

J'ai déjà beaucoup parlé "lectures" puisque je leur ai proposé huit romans parmi lesquels ils devront en choisir deux (la dernière lecture du trimestre n'a pas encore été fixée). J'ai alterné brochés et livres de poche, traductions et VO françaises, héros masculins et féminins. Certains élèves étaient "catastrophés" en se disant qu'ils allaient (en principe) "devoir lire" ; d'autres étaient intéressés lorsque j'ai fait circuler les livres... et pas uniquement par l'épaisseur de l'objet.

Pour fin septembre : Visions de K. Harrington ; Le monde attend derrière la porte de P. Maret ; Autobiographie d'une Courgette de G. Paris ; Dracula de B. Stoker (Classiques abrégés).

Pour octobre : Lettre à mon ravisseur de L. Christopher ; Le bizarre incident du chien pendant la nuit de M. Haddon; Sobibor de Jean Molla ; Be safe de X.-L. Petit.

Et pour la première fois depuis x années, je fais une infidélité à Simple de M.-A. Murail puisque j'ai commencé la lecture en classe du premier tome de A comme Association d'Erik L'Homme.  Nos voyageons donc présentement en compagnie de Jasper...

16:41 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |

07/09/2011

Les Chemins de poussière, tome 1 : Saba, Ange de la mort, Moira Young

Présentation : au cœur d'un univers futuriste dévasté, la quête haletante d'une héroïne exceptionnelle.

Je vais bientôt mourir, il dit très vite.
Non, Pa!
Écoute.  Je sais pas ce qui se passe après.  Je n'ai eu que des visions. Mais ils vont avoir besoin de toi, Saba. Lugh et Emmi. Et d'autres encore. Beaucoup d'autres. Ne cède pas à la peur. Sois forte, comme je sais que tu es. Et n'abandonne jamais, tu as compris, jamais. Quoi qu'il arrive.

saba 1.jpgMon avis ?  Au préalable, merci à Gallimard Jeunesse/Onlitplusfort pour cette découverte.

Cette lecture fut très curieuse : dans un premier temps, je n’ai pas réussi à accrocher à tel point que j’ai déposé quelque temps le roman.  En cause ?  Le style, trop peu littéraire à mon goût. Je savais qu’il résultait de la volonté délibérée de l’auteur de mettre en évidence le fait que Saba n’avait eu que très peu l’occasion de parler, mais cela me rebutait, d’autant que les tirets des dialogues sont également absents.

J’ai repris ma lecture et me suis par la suite laissé emporter par les péripéties, le plus souvent malheureuses, de cette famille d’emblée éclatée. Le point de vue se focalise alors sur les deux sœurs : Saba et Emmi. Et le personnage de Saba est foncièrement énervant, agaçant, antipathique : jamais un mot gentil à l’égard de sa petite sœur, sa seule obsession est de retrouver Lugh, son jumeau. Et la pauvre Emmi en a tout à fait conscience et en souffre. Impossible donc d’éprouver une quelconque sympathie pour cette adolescente mais j’avais malgré tout envie de découvrir la suite. 

Les aventures qu’elles seront amenées à vivre par la suite ne feront rien pour humaniser un tant soit peu Saba. Au contraire. Il faudra attendre très longtemps avant que la carapace commence à se fendiller…

C'est donc un récit que je n'ai pas adoré au point de ne pouvoir le déposer pour faire des pauses ; je l'ai cependant apprécié suffisamment pour être tentée de lire la suite...  Ah, Jack...

16:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

04/09/2011

Les Eveilleurs, Livre 2 : Ailleurs, Pauline Alphen

Présentation : je n'ai pas remercié mon père, je n'ai pas souhaité bon anniversaire à mon frère. Je n'ai pas remercié je n'ai pas souhaité mon père mon frère mon père mon frère frère frère...

Trois jours qu'elle errait dans le dédale qui reliait le château de Salicande aux grottes dissimulées dans la montagne. Trois jours qu'elle essayait de retrouver son chemin, tailladée par l'angoisse et l'urgence, passant de grotte en grotte, de couloir en couloir, tournant en rond, se récitant cette phrase tant de fois qu'elle perdit le sens des mots. Trois jours que Claris avait disparu.

eveilleurs2.jpgMon avis ? C’est très curieux, j’ai beaucoup apprécié ce tome 2 des Éveilleurs et pourtant, à tout bien considérer, il ne s’y passe pas grand-chose.  Je reste ainsi sur une impression de parenthèse, mais une belle parenthèse, une espèce de bulle "hors temps" et cela, alors que je n’ai pas tout aimé, alors que j’ai aussi quelque peu "râlé" lorsque je me suis aperçue que la fin n’en était pas une.  Effectivement, je ne m’étais pas renseignée plus avant et ne savais pas qu’à tout le moins, un troisième tome allait suivre…

Plusieurs points de vue sont présentés après la catastrophe qui a touché Salicande : celui de Blaise qui doit dans un premier temps rejoindre Maya afin de lui annoncer la terrible nouvelle ; celui qui évoque les pérégrinations ardues de Claris aidée, sans qu’elle en ait conscience (elle n’a d’ailleurs pas conscience de quoi que ce soit durant une bonne partie du récit), par les Élémentaux ; celui de Jad et Ugh qui se retrouvent propulsés dans ce que l’on pourrait nommer les limbes.  C’est ce dernier monde qui m’a le moins plu et pourtant, Ugh était un de mes personnages préférés du premier volume mais même si les échanges entre les deux garçons et certaines entités angéliques ne sont pas dénués d’humour, ils m’ont parfois un peu lassée.

En revanche, j’ai été réellement éblouie (le soleil, sans nul doute !) et véritablement charmée par l’épisode îlien vécu par Claris : un passé enfoui aux côtés d’une souffrance latente ; une grand-mère qui va devoir user de douceur et de patience afin d’apprivoiser celle qui a oublié jusqu’à son nom.  Une poésie des mots présente à travers l’ensemble du récit mais que j’ai particulièrement ressentie lors de cet épisode.

   "Elle ouvrit les yeux. Un yakou rayait le ciel. Aram [= Claris] le vit. Le vent chantait. Aram l’entendait. Bandha glissa sur son visage et Aram goûta sa saveur salée et fraîche. Elle était vivante. Elle était unique. Elle avait sa place dans cette immensité. Elle pouvait exister sans parois, sans nid pour la contenir. Sans un miroir frère pour la refléter. Par elle seule, elle pouvait exister.

   Sur le ciel saphir, passaient de merveilleux nuages. Brillance diaprée, rayonnement, torrent de lumière, ils se mouvaient très vite, sillonnant le ciel. La fille perçut un souffle vif sur sa joue et une joie ardente comme une brûlure. Un froissement d’ailes couvrit l’espace d’un instant le vacarme de l’océan… Elle voyait son frère danser avec les Anges et ne le savait pas. [p. 227 – 228]

Il faudra encore attendre la suite pour que se dévoilent les réponses aux questions que l’on est amené à se poser mais j’ai davantage apprécié ce deuxième opus que le premier.  Attendons la suite…

Cette LC était organisée par Desirdelire ; les avis de BlackWolf, Morgouille, Iani, Desirdelire, sofynet, Lael,

 

20:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

03/09/2011

L'évangile selon Jacques Lucas, Cyrille Audebert

Présentation : "Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d'avoir été peintes, et Mélodie...  Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…

Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.

Y avait bien cette "Ombre" au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…

Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.

Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley…"

jacques lucas.jpgMon avis ?  Voici une découverte due au hasard (?), via FB.  Et je dirai que le hasard a bien fait les choses…

Ce récit se lit très vite. On est tout de suite plongé dans le vif du sujet avec David Huxley, un peintre qui se retrouvé mêlé, de loin ou de (très) près, à des meurtres perpétrés contre des SDF d’origine maghrébine. Mode opératoire identique.

Le commissaire Ballard veut trouver le plus vite possible le coupable et il semblerait que ce coupable se doive d’être "idéalement" Huxley, autour duquel gravitent des personnages pour le moins originaux et hauts en couleur : la plantureuse boulangère, la sculpturale Mélodie, sa voisine Margot, aux audacieuses expériences capillaires... ou autres, le discret Octave Billy...

La force de ce récit réside, me semble-t-il, dans deux qualités essentielles : d’abord la valse-hésitation dans laquelle se retrouve le lecteur.  À certains moments, un pas en avant, tout semble accuser un des protagonistes, qu’il s’agisse de David… ou de quelqu’un d’autre d’ailleurs ; à d’autres moments, un pas en arrière, celui dont on devient (presque) sûr de la culpabilité paraît tout à coup bien innocent. 

Deuxième point fort : l’humour omniprésent, à travers les dialogues ou les pensées de David.  Un humour parfois décapant, parfois désespéré.

   - J’ai lu plein de trucs sur ce qui va se passer prochainement, continuait le type au volant. Ça va bientôt péter ! Boum ! Retour à la case départ, vous prenez pas dix mille !

   "Et si je le saisissais à la gorge et que je serrais très fort…" pensa David.

   - Moi, j’ai tout prévu ! J’ai fait creuser une cave à six mètres sous terre ! Une véritable forteresse ! Et j’y ai entassé suffisamment de provisions pour tenir des mois !... Ça vous la coupe, hein ?

   Bordel ! Dire que ce type pourrait être l’un des seuls survivants de la planète ! David n’osait imaginer la gueule des générations futures.

   - J’ai lu que ça serait les bougnoules qui détruiraient la planète ! Vous vous rendez compte ? Y en a tellement chez nous qu’on a l’impression de voyager à l’étranger et en plus, ils voudraient prendre le pouvoir ? Déjà bien qu’on les nourrisse, merde !

   Stop ! fit David le plus calmement du monde.  Je descends là !

   Le chauffeur ouvrit de grands yeux en pilant sur la petite route de campagne écrasée de chaleur.

   - Mais… Y a encore pas loin de dix kilomètres ?

   - Tant mieux, j’aurai le temps de m’oxygéner.

   - C’est la cigarette ? Faut le dire si c’est la cigarette…

   - Non… je suis pas vacciné contre la connerie.  Alors je me méfie…

   Le taxi avait froncé les sourcils en prenant le billet que son passager lui tendait par la fenêtre ouverte. David eut l’impression de briller plus que le soleil quand il découvrit l’expression plaquée sur le visage du connard… En fait, celui-ci cherchait à comprendre ce que David venait de lui dire.  Définitivement largué, le type le remercia en démarrant.  [p. 53 – 54]

Quant à l'énigme du titre, peu conventionnel s'il en est, je n'en dévoilerai rien Clin d'œil

À suivre : Un temps de chien

20:59 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

01/09/2011

Les Colombes du Roi-Soleil, t. 1 : Les comédiennes de Monsieur Racine, Anne-Marie Desplat-Duc

Présentation : Hortense, Isabeau, Charlotte et Louise vivent à la Maison Royale de Saint-Louis, construite à Saint-Cyr près de Versailles. Elles suivent une éducation stricte et rigoureuse jusqu’au jour où le célèbre Monsieur Racine écrit une pièce de théâtre pour les élèves de Madame de Maintenon.  L’occasion idéale pour s’illustrer et, qui sait, être remarquée par le Roi. L’excitation est à son comble parmi les jeunes filles. Y aura-t-il un rôle pour chacune d’entre elles ?

colombes 1.jpgCirconstances : un choix de lecture dans le cadre du challenge Un mot, Des titres… proposé par calypso ; le mot de cette session était "soleil".  J’ai d’emblée plongé (!) sur un récit jeunesse que je m’étais procuré à la Foire du Livre de Bruxelles voici quelques mois : Les Colombes du Roi-Soleil, t. 1 : Les Comédiennes de Monsieur Racine, d’Anne-Marie Desplat-Duc.

Mon avis ? Une lecture bien agréable même si destinée à un lectorat plus jeune que mes élèves habituels. Ce n’est en effet pas un récit que je leur proposerais car trop "simple" (et trop rapide) à lire mais exactement le genre d’histoire que l’on lit "entre deux", lorsqu’on a envie d’une brève découverte : quelques heures sont en effet suffisantes pour le terminer.

Je me suis laissé prendre au jeu (c’est le cas de le dire) de ces demoiselles, issues pour la plupart d’un milieu (très) modeste et qui ont la "chance" d’appartenir à l’école de Saint-Cyr, établissement dirigé par Madame de Maintenon, financé par Louis XIV lui-même, et destiné à former ces jeunes filles en leur procurant une éducation la plus parfaite qui soit pour briller en société. Apparence, apparence.

Et ces demoiselles vont avoir l’opportunité de jouer devant le roi une pièce spécialement écrite à leur intention par Racine.

Quatre jeunes filles sont plus particulièrement le centre de mire : Hortense, la Bretonne qui se destine au couvent, aux idées catholiques très (trop) arrêtées, dans un premier temps en tout cas ; Isabeau, douée pour venir en aide à ses compagnes plus jeunes ; Louise, quant à elle, est souvent le centre d’attention du roi et suscite dès lors bien des interrogations au sein du groupe ; enfin, la plus présente, me semble-t-il, et parfois un brin énervante à mon goût, mais indéniablement dotée d’un caractère affirmé qu’elle est souvent contrainte de brider : Charlotte, huguenote contrainte à la conversion au catholicisme.

Je suis contente d’avoir lu ce premier tome et lirai volontiers la suite ; une belle occasion de découvrir certaines des mœurs de cette époque "flamboyante", même si elle ne le fut pas pour tous…

Session 3 du challenge : le mot "nuit", billet à publier le 15/10. 

15:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |