21/09/2011

Voyez passer les orphelins, Blandine Butelle

Présentation : trois histoires de familles, trois histoires d’orphelins.

Les filles de Padraic ont perdu leur mère beaucoup trop tôt. Mais, contrairement à leur père, elles ont échappé à l’orphelinat…

Ondine, elle, a espéré toute son enfance être débarrassée de son encombrante famille. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme elle l’imaginait…

Et il y a Adèle, cette pauvre Adèle, qui aura une façon bien particulière de se soigner de sa triste enfance…

passer orphelins.jpgMerci aux Agents Littéraires ainsi qu’à l’auteure pour ce livre reçu dernièrement.

Mon avis ? Je lis moins souvent des nouvelles que des romans, ou plus exactement, je lis moins souvent des recueils de nouvelles. Ici, trois textes sont proposés et tous ont un rapport avec le thème des orphelins mais chacun le traite de manière spécifique.

La première (Les Filles de Padraic) évoque Padraic, qui a connu l’orphelinat et se retrouve, bien des années après la mort de sa femme, face au regard mi-tendre, mi-amer de ses propres filles, dans une "mise en scène" savamment orchestrée qui mène le lecteur par le bout du nez, là où il ne s’attendait nullement à aller.

La deuxième (Les Torchons) est savoureusement noire ; différentes voix proposent chacune sa vision liée à un épisode d’une famille "Groseille comme on en fait encore" : les Torchy, plus communément appelés Torchons (et "torchon" en Belgique, c’est encore un cran largement en-dessous de la signification en France, si je puis me permettre). Le point de départ, c’est Ondine, la seule qui dénote dans cette famille : un prénom qui n’est pas tiré d’une série américaine et un vrai métier puisqu’elle est avocate.  Un destin à l’opposé de celui de cette famille qu’elle traîne comme un boulet.  Encore que. 

C’est ce texte, le plus long du recueil, le plus détaillé dans le cynisme aussi, que j’ai préféré.

La troisième (Waterloo), très courte, évoque les conséquences inattendues de licenciements et "dégraissage du personnel" sur une fratrie de quatre : Adèle, Benoît, Alice, Benjamin. Autrement dit ABBA. Contrairement au précédent, ce texte-ci est concis. Des touches çà et là qui signifient beaucoup…

J’ai apprécié "voir passer les orphelins" mais déplore un bémol : les erreurs d’orthographe qui émaillent trop souvent les pages.  Dommage.

          "De ce côté de la rue, on ne l’a jamais appelé mon prénom. On l’a toujours gueulé. Comme ceux de mes frères et sœurs me direz-vous et vous n’auriez pas tout à fait tort. Mais vous ne seriez tout de même pas tout à fait dans le vrai. Mon prénom a ceci d’étrange et de particulier de ne pas avoir été soigneusement sélectionné par ma mère dans la distribution d’une série américaine et, par ailleurs, mais ça tout le monde l’ignore dans la famille, d’être celui d’une nymphe de la mythologie germanique qui a inspiré poètes et compositeurs. À quoi tient un prénom ? La réponse est simple : à la capacité qu’a le père à supporter l’alcool. Car, bien souvent, c’est lui qui déclare la naissance de l’enfant à l’état civil. L’alcool ayant sérieusement altéré la mémoire du mien au moment de cette fameuse déclaration au point de l’empêcher de se rappeler comment on (elle) avait décidé de m’appeler, on me donna (sur l’heureuse proposition de l’employé de mairie à qui il semblait peu judicieux de m’appeler Tonye étant donné que mon frère aîné s’appelait déjà ainsi) le prénom de la dernière petite fille née dans la commune.  […] Eh bien, je vais vous le dire : elle voulait m’appeler Abby, comme la méchante dans Côte Ouest." [Les Torchons,  p. 29-30]

15:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

je suis pas trop attirée par des nouvelles mais comme elles ont le même thème, ca peut me plaire, je le note

Écrit par : pom' | 22/09/2011

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