03/09/2011

L'évangile selon Jacques Lucas, Cyrille Audebert

Présentation : "Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d'avoir été peintes, et Mélodie...  Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…

Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.

Y avait bien cette "Ombre" au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…

Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.

Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley…"

jacques lucas.jpgMon avis ?  Voici une découverte due au hasard (?), via FB.  Et je dirai que le hasard a bien fait les choses…

Ce récit se lit très vite. On est tout de suite plongé dans le vif du sujet avec David Huxley, un peintre qui se retrouvé mêlé, de loin ou de (très) près, à des meurtres perpétrés contre des SDF d’origine maghrébine. Mode opératoire identique.

Le commissaire Ballard veut trouver le plus vite possible le coupable et il semblerait que ce coupable se doive d’être "idéalement" Huxley, autour duquel gravitent des personnages pour le moins originaux et hauts en couleur : la plantureuse boulangère, la sculpturale Mélodie, sa voisine Margot, aux audacieuses expériences capillaires... ou autres, le discret Octave Billy...

La force de ce récit réside, me semble-t-il, dans deux qualités essentielles : d’abord la valse-hésitation dans laquelle se retrouve le lecteur.  À certains moments, un pas en avant, tout semble accuser un des protagonistes, qu’il s’agisse de David… ou de quelqu’un d’autre d’ailleurs ; à d’autres moments, un pas en arrière, celui dont on devient (presque) sûr de la culpabilité paraît tout à coup bien innocent. 

Deuxième point fort : l’humour omniprésent, à travers les dialogues ou les pensées de David.  Un humour parfois décapant, parfois désespéré.

   - J’ai lu plein de trucs sur ce qui va se passer prochainement, continuait le type au volant. Ça va bientôt péter ! Boum ! Retour à la case départ, vous prenez pas dix mille !

   "Et si je le saisissais à la gorge et que je serrais très fort…" pensa David.

   - Moi, j’ai tout prévu ! J’ai fait creuser une cave à six mètres sous terre ! Une véritable forteresse ! Et j’y ai entassé suffisamment de provisions pour tenir des mois !... Ça vous la coupe, hein ?

   Bordel ! Dire que ce type pourrait être l’un des seuls survivants de la planète ! David n’osait imaginer la gueule des générations futures.

   - J’ai lu que ça serait les bougnoules qui détruiraient la planète ! Vous vous rendez compte ? Y en a tellement chez nous qu’on a l’impression de voyager à l’étranger et en plus, ils voudraient prendre le pouvoir ? Déjà bien qu’on les nourrisse, merde !

   Stop ! fit David le plus calmement du monde.  Je descends là !

   Le chauffeur ouvrit de grands yeux en pilant sur la petite route de campagne écrasée de chaleur.

   - Mais… Y a encore pas loin de dix kilomètres ?

   - Tant mieux, j’aurai le temps de m’oxygéner.

   - C’est la cigarette ? Faut le dire si c’est la cigarette…

   - Non… je suis pas vacciné contre la connerie.  Alors je me méfie…

   Le taxi avait froncé les sourcils en prenant le billet que son passager lui tendait par la fenêtre ouverte. David eut l’impression de briller plus que le soleil quand il découvrit l’expression plaquée sur le visage du connard… En fait, celui-ci cherchait à comprendre ce que David venait de lui dire.  Définitivement largué, le type le remercia en démarrant.  [p. 53 – 54]

Quant à l'énigme du titre, peu conventionnel s'il en est, je n'en dévoilerai rien Clin d'œil

À suivre : Un temps de chien

20:59 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

Comme je ne peux plus faire monter ma PAL d'un seul étage (jusque quand tiendrai-je parole?), je ne m'attarderai pas sur ce livre-ci.
Bonne fin de weekend et bonne reprise.

Écrit par : Philippe d | 04/09/2011

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Merci, Paikanne, très touché par votre commentaire. ☺

Écrit par : Cyrille | 27/09/2011

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:-)

Écrit par : paikanne | 27/09/2011

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