25/08/2011

Cette vie, Karel Schoeman

Présentation : dans la pénombre de sa chambre, une femme se meurt. Au cours de sa vie, elle a beaucoup vu, beaucoup entendu : elle a surtout énormément appris du cœur des hommes. Elle était la jeune fille qu'on ne regarde pas. Celle, discrète, dont on oublie la présence. Celle qui écoute, qui observe. Celle qui se souvient. Au crépuscule de sa vie, elle égrène les images oppressantes de son passé et, ce faisant, exhume tout un monde, celui des Afrikaners du début du XIX e siècle. Surgissent alors de sa mémoire, sur fond de paysage tissé par le vent, la poussière et le silence, des êtres austères et néanmoins secrètement ardents, pragmatiques puis brusquement lyriques.

schoeman.gifMon avis ?  Voici un roman qui est arrivé dans ma PAL tout à fait par hasard : Arnaud me l’a rapporté en lieu et place d’un autre… dont il avait oublié le titre (et moi aussi maintenant par la même occasion).  Mais j’étais finalement contente de lire le récit d’un auteur sud-africain dont je n’avais jamais entendu parler.

Qu’en dire ?  L’écriture est agréable et emporte le lecteur dans des paysages peu familiers, là où les saisons sont inversées.  J’ai pourtant été agacée à certains moments et je crois deviner pourquoi…

"L’héroïne" arrive au crépuscule de sa vie et tâche de se remémorer ce qu’elle a vécu.  Ou plus exactement, selon moi, ce qu’elle n’a pas vécu.

D’une transparence presque outrancière (!), elle a toujours en quelque sorte fait partie des meubles, a reçu de temps à autre des marques d’attention, d’affection, si peu, d’amour, jamais.

Deux frères aînés : l’un pour qui elle n'est rien, l’autre qui a parfois réussi à lui faire esquisser un sourire, une lumerote pour la petite.  Un père qui n’a jamais pu laisser s’exprimer librement sa gentillesse face à une femme aussi rude que le climat sud-africain.  Sèche.  De glace.  Austère.

Elle a pu observer à loisir les membres de sa famille pour qui elle existait si peu, les "invités" rarement bienvenus, et parce qu’elle passait inaperçue, elle a surpris des conversations, vu bon nombre de choses auxquelles elle tente, à la veille de sa mort, de donner sens.  Elle découvre combien les secrets ont pesé lourd, derrière les portes entrebâillées. 

Un souffle chaud ou froid selon les saisons mais pour elle, la solitude de qui n’a existé pour personne, ou si peu.

Qu’est-ce donc qui m’a agacée ?  Je pense que c’est le fait qu’elle n’ait jamais tenté quoi que ce soit pour prendre son destin en main.  Résignation totale.  Regarder en arrière et ne voir que le vide, quelle profonde tristesse.  C’est aussi probablement à cause de cela qu’elle ne m’a pas touchée.  Je suis restée à distance, comme elle, spectatrice de son passé…

17:44 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

Commentaires

Belle soirée....

Écrit par : lara.c | 25/08/2011

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Belle soirée....

Écrit par : lara.c | 25/08/2011

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Merci Lara :-)

Écrit par : paikanne | 26/08/2011

Un regard en arrière, donc. Et des regrets sur ce qu'on n'a pas vécu. Beaucoup de gens doivent vivre ça, non?
Ma PAL a encore augmenté. Je me demande où je vais trouver le temps de lire tout ça!
Bonne journée. Ca diminue!

Écrit par : Philippe d | 26/08/2011

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Sans doute, mais ici, pas de regret, une constatation, comme une soumission à la fatalité...

Écrit par : paikanne | 26/08/2011

moi, c'est la couverture qui m'a attiré, j'ai bien ailé cette histoire

Écrit par : pom' | 27/08/2011

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