13/07/2011

Le Projet Bleiberg, David S. Khara

Présentation : "Depuis hier, je ne suis plus aussi sûr d’avoir envie de crever, du moins, pas avant d’avoir tiré cette histoire au clair. Et en plus, j’ai de la monnaie à rendre."

1942. Pologne. Camp de Stutthof. Le chef suprême de la SS rencontre secrètement le scientifique en charge du plus important projet du 3e Reich.

De nos jours. États-Unis. Jay Novacek, jeune trader new-yorkais, dépressif et alcoolique, reçoit la visite de deux émissaires de l’armée. Son père, haut gradé de l’US Air Force, vient d’être assassiné. Aussitôt, la C.I.A. dépêche une pétillante recrue pour protéger le fils du défunt.

Au même moment, près de la base de Langley en Virginie, un agent du Mossad abat un espion à l’issue d’un interrogatoire musclé. Muni de nouvelles informations, il se rend vers son prochain objectif : un certain Jay Novacek.

Venue des heures les plus sombres de l’Histoire, une terrible machination se met en branle, menaçant l’humanité tout entière. N’est-il pas déjà trop tard pour l’arrêter ?

bleiberg.jpgCirconstances : j’ai découvert la plume de David S. Khara lors d’un partenariat relatif au roman Les Vestiges de l’aube que j’avais beaucoup aimé.  Et puis Lalou, qui se rendait aux Imaginales en mai dernier, propose de m’offrir Le Projet Bleiberg qui arrive dans ma BAL quelques jours plus tard, agrémenté d’une belle dédicace de l’auteur himself (ben oui, pas de Lalou, même si j’ai reçu par la même occasion un gentil mot de sa part) : énorme merci Lalou !!!

Dimanche soir, je commence la lecture, histoire de voir comment les choses se présentent et tout de suite, la sauce prend.  Conséquence : je délaisse quelque peu (beaucoup) Emma de Jane Austen (LC du 15/7), livre auquel j’accroche moins, je dois bien l’avouer, que Raison et sentiments et surtout, Orgueil et préjugés.  Bref.  Mardi, l’affaire est dans le sac, déjà.

Mon avis ?  Hé bien, je ne suis finalement pas mécontente de l’avoir lu après tout le monde, ou presque, puisque cela me permettra d’attendre moins longtemps avant de découvrir Le Projet Shiro, prévu pour octobre.

Paradoxalement eu égard au propos, j’oserai dire que j’ai goûté l’humour qui imprègne le récit, principalement dans le chef de Jeremy : quel plaisir de savourer ses répliques, qu’elles soient exprimées à voix haute ou simplement de l’ordre de ses pensées.

   "La voix est grave et vient de la porte de la chambre. Dans un superbe mouvement type nage synchronisée, Buffy et moi tournons la tête.  Je m’en doutais.  Je ne sais pas pourquoi, mais je m’en doutais." [p. 136]

   "Lancé à pleine vitesse, je prends appui sur le siège en pierre, puis sur la table, et plonge vers le mec.  Dans les films, ça a l’air cool, le méchant ne voit rien venir, et tout se termine pour le mieux.  Dans mon cas, le méchant m’a entendu arriver et s’est écarté d’un pas.  Je me vautre par terre.  Il me relève par les cheveux et colle le canon froid de son pistolet contre mon crâne." [p. 164]

   "Je jette un œil à la ronde.  Une bagnole à cent mille dollars, garée sur son toit, fume comme une saucisse sur un barbecue.  Quelques mètres derrière, un cadavre  truffé de balles fait un gros câlin à un tronc d’arbre.  Je me retourne vers le bâtiment.  Un corps repose sur un tapis de verre brisé dans la cafétéria, un couteau dans la gorge.  Mon regard se porte plus loin, vers le fond du couloir.  Le malheureux gus qui bossait au mauvais endroit au mauvais moment est allongé à côté du dernier salopard.  Autour d’eux, des paquets de chips et de confiseries tapissent le sol.

   Et l’autre malade pense qu’on a évité un carnage…" [p. 168]

J’ai donc (sou)ri plus souvent qu’à mon tour, d’autant que les deux autres personnages majeurs ne sont pas en reste : Jacky, alias la "Buffy" de l’extrait, agent de la CIA aux capacités inversement proportionnelles à sa taille et Eytan, aussi nommé "Le Géant Vert", Yul Brynner (les trop jeunes devront faire une recherche pour découvrir qui est ce "Yul"), "employé" par le Mossad, une armoire à glace non dépourvue de fêlures ; à ce stade, on peut carrément parler de cassure.  Irrémédiable. Cet homme que l’on craint d’emblée finit par laisser échapper des bribes de ce qu’il est et l’on s’attache à lui.  Aussi.

   "La force d'un homme ne se mesure pas au nombre de coups qu'il peut donner.

   - Et à quoi la mesure-t-on, Monsieur Freud ?

   - Au nombre de coups qu'il peut recevoir...

   Ses mots me frappent comme des uppercuts.  Je commence à comprendre.

   - Tu en as pris beaucoup, n'est-ce pas ?

   Il met de longues secondes à répondre.

   - Plus que tu ne saurais l'imaginer." [p. 169]

Ces deux protagonistes sont chargés de veiller à la protection de Jeremy et de protection, il va sérieusement en avoir besoin, lui qui se retrouve bien malgré lui entraîné dans cette histoire ahurissante.  Il aurait tellement préféré pouvoir continuer à sombrer à petit feu grâce au tabac et à l’alcool.  Pour essayer d’oublier ses démons. 

Ce trio improbable nous tient en haleine au fur et à mesure que les pans de cette horreur tombent les uns après les autres, nous laissant bouche bée de dégoût face à la folie humaine, qu’elle soit passée ou présente…

Un livre à découvrir.  Absolument.  Tout en sachant que si vous le commencez, vous serez vous aussi entraîné...

11:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

J'ai passé un très bon moment avec ce livre. On ne s'ennuie pas et l'histoire est très bien construite. Content qu'il t'ai plu.

Écrit par : BlackWolf | 17/07/2011

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Difficile de s'ennuyer, effectivement. Bon dimanche !

Écrit par : paikanne | 17/07/2011

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