08/07/2011

Rose-Aimée, t. 2 : Le marin perdu dans la brume, Béatrice Bottet

Présentation :

Mai 1853, La Villette.

- Tu es triste ?

- Ça fait juste un an aujourd'hui, répondit Rose-Aimée d'une voix désespérée.

Une année si longue, un cauchemar d'attente et de déception. La soirée aux Trois anges était finie, elle aurait dû rentrer au couvent...

- Je ne peux pas croire qu'il m'ait oubliée. Il m'a juré qu'il reviendrait toujours.

Rose-Aimée serra convulsivement le médaillon qu'elle portait au cou, avec son petit bateau porteur d'un espoir ténu.

 

Janvier 1853, Cap Horn.

- Il y a une éclaircie, capitaine, il faut y aller... Vous allez perdre beaucoup d'argent si on attend...

- Allez-y, décida le capitaine. Donnez vos instructions, monsieur le bosco.

Martial Belleroche se mit à bramer des ordres avec ce qu'il lui restait de voix après s'être longuement époumoné dans son sifflet.  Il les fit foncer dans le cœur de la tempête. Le maelstrom les enveloppa, ils étaient aveuglés par la pluie et le brouillard, naviguaient à l'instinct dans les hurlements assourdissants d'un vent impitoyable.

Un beau roman d'aventure et d'amour entre le Paris populaire de 1850 et la Californie de la ruée vers l'or.

rose aimee 2.jpgMon avis ?  Au préalable, je tiens à remercier les Éditions Nouvel Angle/Matagot pour ce roman arrivé voici peu dans ma BAL.  Difficile de résister à l’appel du Grand Large, de Rose-Aimée… ou peut-être de Martial ?

Bel "objet livre" comme toujours avec cette maison d’édition ; une couverture qui accroche le regard.

D’emblée une remarque que je m’étais faite avec le premier volume et qui se renforce, me semble-t-il, ici : la série est souvent classée dans la littérature jeunesse, à p. de 11, 12 ans.  Euh, là, j’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre, il faudrait qu’il s’agisse de lecteurs boulimiques et vraiment aguerris (quand je vois comment réagissent certains de mes élèves de 15, 16 ans à un critère fondamental pour eux : l’épaisseur du roman ;-)).

J’ai à nouveau pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce XIXè siècle, qu’il soit parisien ou californien. Comme dans le premier opus, les informations foisonnent sur cette époque (c’est ainsi, par exemple, que l’on découvre une des explications relatives à l’origine du "Tonnerre de Brest", cher au Capitaine Haddock), abondamment décrite et toujours de manière plaisante car la plume de Béatrice Bottet demeure extrêmement savoureuse.  Des explications complémentaires sont en outre fournies en fin de volume.

Il s’agit avant tout de l’histoire d’une attente, douloureusement vécue comme telle par chacun des deux héros : Rose-Aimée à Paris et Martial sur le continent américain.  Oh, à certains moments, j’aurais bien eu envie de les secouer, à l’instar de Fidélia vis-à-vis de Martial.  L’un comme l’autre, ils attendent (trop) longtemps que survienne un signe sans agir réellement (ou alors de manière tout à fait "imbécile" ; je songe en particulier à un épisode foncièrement éprouvant et difficilement compréhensible en tant que tel, survenu à Martial) alors qu’on a envie de leur dire : "réagis, fonce, bouge-toi" !

J’ai ainsi trouvé que ce deuxième tome recèle moins d’actions proprement dites que le premier mais jamais, je ne me suis ennuyée.  D’autant que lorsque l’on ose s’imaginer que peut-être les choses vont finir par s’arranger, hé bien, c’est encore loin d’être terminé.

Les personnages évoluent subtilement : Martial reste charmant mais adopte de temps à autre un comportement complètement "fou" ; Rose-Aimée m’a de nouveau quelque peu agacée dans la première partie en raison de sa profonde "naïveté" mais elle passe à la vitesse supérieure par la suite.  On retrouve également La Fauvette, bien décidée à changer radicalement de vie en devenant petit à petit l’attachante Fidélia.  Survient alors Bruce Leary, un Irlandais au caractère entier, au départ compagnon de beuveries de Martial, par la suite un véritable ami pour le jeune homme…

Je terminerai en évoquant la tension extrême qui m’a animée au fur et à mesure où approchait la fin à tel point que l’idée m’a effleurée d’aller lire "subrepticement" le dénouement (chose que je ne fais jamais !) afin de savoir si je pouvais "recommencer à respirer" ou m’effondrer tout de suite... 

Une bien belle lecture, donc...

19:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Je dois admettre que celui-ci avec vous. Ce n'est pas ce que je fais d'habitude! J'aime lire, il fera réfléchir les gens. En outre, permettez-moi de dire merci à mon cœur!

Écrit par : lunettes dior | 09/07/2011

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