21/06/2011

L'Indélicatesse du Cosmos, Eric Lequien Esposti

Présentation : Terre-Zéro, année 9kp du 6e Cycle après Ô².

Des millénaires d’une paix furieuse avaient plongé la terre dans un calme effrayant... Jour et nuit, des hommes et des femmes s’assuraient du bon fonctionnement de la machine sociétale, tandis que d’autres s’acquittaient du sabotage prévu au contrat. Entre deux Crush-parties, les plus zélés travaillaient l’hypocrisie. Les meilleurs éléments finissaient au gouvernement. Maitre Moya devait ainsi son élection à avoir promis d’endiguer la sclérose planétaire, la démographie galopante et l’inquiétante diminution de la misère. Son idée ? Trouver l’ennemi extra-terrestre porteur du chaos idéal ! Ensemble, ils vaincraient la pâle fatalité d’un horizon sans vague... N’en déplaise à L’INDÉLICATESSE DU COSMOS !
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Impression : décontenancée ; intriguée ; intéressée.

Circonstances : possibilité offerte de découvrir un roman ; je n’ai bien sûr pas résisté même si je ne suis pas particulièrement friande de S-F  mais, dixit l’auteur : "L’Indélicatesse du Cosmos est un roman de science-fiction de type space opera "à ma façon", lisible tant par les aficionados du genre que par les lecteurs de littérature générale (je m’y suis attaché).  Alors, surtout, n’hésitez pas si vous ne lisez habituellement pas de SF ; j’insiste, vous pourriez être surpris !".  Alors, je n’ai plus hésité…

Inutile, me semble-t-il, de tenter de résumer cet OVNI littéraire, ce serait peine perdue.  Je m’en abstiendrai donc.

Mon avis ? Décontenancée, je le fus : quelques pages lues et déjà, je me dis "mais dans quoi me suis-je embarquée ?" ("que diable allais-je faire dans cette galère ?"*)  Ouille, d'emblée je me tracasse un tantinet car l’auteur m'apparaît sympathique et cela m’ennuie de ne pas me sentir plus enthousiaste. Qu’est-ce donc qui me freine ?  Principalement l’emploi de termes tellement "science-fictionnesques" que la compréhension n’est pas toujours aisée et demande concentration.  Mais je décide de m’accrocher.

Intriguée, je l'ai été : hé bien oui, je finis par tourner les pages en me demandant où allait m’emporter cet "indélicat cosmos".  Tellement indélicat que j'en arrive même à "goûter le mauvais goût", indéniablement porteur de sens.

"Je vous rappelle la règle de base - modelée à sa manière - détruire d'abord, discuter ensuite !" [p. 151]

"L’organisation humaine fonctionne comme un gigantesque organisme vivant qui ne trouve mouvement que dans le déséquilibre.  L’immobilité signifierait la mort de tous ces mécanismes qui, par la compétition, l’idée de la compétition, donnent une raison de se féliciter à une partie de la population, autant qu’un motif à poursuivre la lutte au reste.  Sans ces ressorts, c’est l’oxydation des rouages, la fossilisation des ambitions, le suicide collectif…"

Elle prit une courte pause, le temps d’une ou deux inspirations calculées.

"L’ONU veut un conflit galactique, parce que nous souffrons d’une paix qui tue à petit feu les moteurs de l’économie, diminue le prestige des politiques et finit par rendre caduques tous les bricolages ponctuels que les gouvernements successifs ont pu mettre en place - avec plus ou moins de réussite, il faut le dire - , à dessein de fournir matière à influx nerveux, à sortir ses tripes et faire prétexte à un peu de cohésion ou d’opposition, mais quelque chose…" [p. 179]

Intéressée, je le suis devenue puisque j’avais envie de savoir vers où j’avais pris le parti de me laisser dériver dans cet infini temporel.

Je sais que ce qui va suivre n’évoquera rien en dehors des régions wallonne et bruxelloise, mais je n’ai pu m’empêcher de songer, au fil du récit, à notre Jean-Luc Fonck national, le seul, le vrai, l’unique, dont les textes savoureusement déjantés plaisent... ou déplaisent, sans demi-mesure.  Ceux qui m’ont déjà lue savent que j’aime beaucoup cet artiste, spécialiste, s’il en est, de la dérision. C'est ainsi que surviennent subrepticement dans le roman Mc Wolfgang Snoop Dog III, Roox' et Roky', Maître Capelo ou encore un certain Bond qui "ingurgita un flacon de Fill-it Bang"...

Un détail purement pratique : j'ai beaucoup apprécié le lissé du papier ; un réel enchantement.

* Réplique librement "adaptée" de Géronte dans Les Fourberies de Scapin de Molière.

20:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Eh Eh : Une fois de plus tu es en pointe. Je te suis à quelques longueurs. Je pense pouvoir rendre ma copie en toute fin de semaine.

Écrit par : El Jc | 22/06/2011

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La différence, me semble-t-il, c'est que c'est davantage "ton domaine" que le mien. Je suis curieuse d'avoir ton avis...

Écrit par : paikanne | 22/06/2011

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Je viens de le terminer...
Eric n'a pas menti, c'est bien un Space-Opera à sa façon. Ce garçon doit être fan des Monty Pythons ;o) Un bon moment de détente, qui dynamite les codes du Space-Opera dans une aventure grand Guigolesque bien maitrisée.

Écrit par : El Jc | 26/06/2011

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C'est joliment tourné ;-)

Écrit par : paikanne | 26/06/2011

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