20/05/2011

658, John Verdon

Présentation : ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires dépressifs dans une clinique très privée, Mark Mellery reçoit un jour une lettre anonyme, lui demandant de se prêter à un petit jeu d'esprit à première vue inoffensif... Mais l'énigme ne tarde pas à prendre une tournure sanglante et terrifiante.

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Mon avis ?  Voici un thriller présenté comme "salué par les maîtres du genre", "impossible à lâcher", "époustouflant", au "suspense insoutenable"…  Hé bien, je me permets de dire que ces remarques dithyrambiques (ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de placer astucieusement  cet adjectif !) me paraissent pour le moins un tantinet exagérées…  Cependant,  même si je n’ai pas dévoré ce récit, je l’ai beaucoup apprécié.  Ce qui me semble en fait exagéré, c’est la mise en valeur des aspects "thriller, suspense"… alors que l’enquête présente parfois quelques longueurs, principalement en raison du personnage principal : David Gurney. 

Cet inspecteur à la retraite - en théorie à tout le moins - n’arrive pas à laisser son imperméable de flic (!) au portemanteau ; cette fonction lui colle à la peau, au grand dam de sa femme Madeleine, qui aimerait pouvoir profiter de son mari, elle qui a pu si peu goûter sa présence alors qu’il officiait encore.  Peine perdue. Lorsque Gurney se met à réfléchir afin de résoudre une énigme, plus rien ne compte hormis les pièces du puzzle à assembler, comme si les rouages d’un engrenage se mettaient en mouvement.  Et pourtant, Gurney n’était pas le moins du monde enclin à venir en aide à Mark Mellery, quelqu’un qu’il a connu alors qu’ils étaient encore tous deux étudiants.  Mais voilà, à partir du moment où il s’est rendu compte qu’il avait affaire à forte partie, Gurney n’a pu s’empêcher de commencer à "cogiter"…

Ainsi donc, j’irais même jusqu’à dire que le roman nous raconte, de façon agréable, deux histoires : cette recherche, particulièrement ardue de l’assassin, un être retors, prévoyant, minutieux, pointilleux même, et qui semble se délecter de la frayeur qu’il cause à ses futures victimes… Parallèlement, nous suivons la quête de Gurney, espèce de quête de lui-même, lui qui ne s’est jamais remis de la mort (énigmatique durant la majeure partie de récit) de son petit garçon, Danny ; nombreuses sont les pages dans lesquelles il analyse et décortique ce qu’il a été (fils d’un père peu aimant, peu présent, très porté sur la bouteille), ce qu’il est (mauvais père, mauvais mari, excellent flic), ce qu’il sera, si tant est que Madeleine puisse continuer à le supporter.  Les échanges au sein du couple sont particuliers tant les non-dits sont éloquents (!) et il est bien difficile, dans un premier temps, de déceler si l’amour brille encore un tant soit peu entre ces deux-là.  Madeleine joue un rôle essentiel dans le roman ; il est très rare que la femme de l’enquêteur prenne autant de place dans un récit, d’autant qu’elle réussit souvent, (in)consciemment à lancer Gurney sur telle ou telle piste…

Si vous attendez de l’action avant tout, ce livre risque de peu vous plaire mais malgré les quelques longueurs évoquées, j’ai passé un bon moment en compagnie de David Gurney…

Merci à Grasset et Livr@ddict pour ce partenariat. 

19:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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