03/04/2011

Comme ton ombre, Elizabeth Haynes

comme ton ombre.jpg

Présentation : imaginez qu'avant de pouvoir rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment afin de vérifier que tout est normal.

Imaginez qu'une fois dans le hall de votre immeuble, vous deviez vérifier six fois que la porte d'entrée est bien fermée. Une, deux, trois, quatre, cinq, six. Et que si vous êtes interrompu en plein rituel, il faille tout recommencer.

Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de votre porte six fois dans un sens, puis six fois dans l'autre pour vous assurer d'être en sécurité. Que vous restiez plusieurs minutes derrière la porte, à l'affût du moindre bruit dans la cage d'escalier. Et que, tous ces contrôles effectués, vous commenciez une ronde dans votre appartement. Fenêtres, rideaux, tiroirs, tout doit passer au crible de votre attention.

Imaginez aussi que vous ne puissiez faire les courses que les jours pairs et pratiquer un sport les jours impairs, mais à condition que le ciel soit nuageux ou qu'il pleuve.

Bienvenue dans l'univers paranoïaque de Cathy, une jeune Anglaise à qui la vie souriait jusqu'à ce qu'un soir elle fasse une mauvaise rencontre…

Mon avis : au préalable, grand merci à Babelio et aux Éditions Presses de la Cité pour cette lecture en avant-première.

Voici un livre qui tient en haleine et que l’on se hâte de lire le plus vite possible.  Je me suis "mise en appétit" vendredi, en ai lu pratiquement la totalité hier et l’ai terminé ce matin.

Une chose m’avait pourtant d’emblée ennuyée : l’alternance des parties racontant la vie de Cathy avant son agression et celles relatant ultérieurement son infernal quotidien.  Mais cette gêne n'a pas duré et je me suis très vite habituée à ce va-et-vient chronologique.

On découvre ainsi la manière dont la jeune femme vivait avant la rencontre de cet être "exceptionnel" qui va complètement chambouler son existence, positivement dans un premier temps, horriblement par la suite.  Aucune sympathie de ma part pour cette Cathy-là qui fait la fête à l’excès, sort en boîte, se saoulant à qui mieux mieux, termine la nuit avec un type dont, la plupart du temps, elle a oublié le prénom au petit matin, si tant est qu’elle l’ait su. 

C’est au cours d’une de ces virées qu’elle rencontre Lee, un homme superbe, au regard bleuté magnétique, tendre…  Bref, celui qu’elle n’osait espérer.  Pourtant, imperceptiblement, un malaise s’installe.  À côté du fait que jamais il ne veut dévoiler en quoi consiste exactement son travail, alors que visiblement, il lui arrive de prendre et de donner des coups (à cet égard, je pensais que son boulot était bien plus inavouable que ce qu’il en est en réalité), Cathy se rend compte que Lee semble vouloir la contrôler un peu trop à son goût, elle se sent épiée et certains traits de comportement, parfois brutaux, surgissent, principalement lors de leurs ébats "mouvementés".

Parallèlement, nous suivons Cathy quelques années plus tard, à peine l’ombre d’elle-même, un souffle méconnaissable de la jeune femme qu’elle a été.  Son existence est rythmée par les incessants rituels qu’elle s’impose - contrainte et forcée pour sa survie -, avant de quitter son appartement et autant lorsqu’elle y remet les pieds.  Des heures passées à vérifier, revérifier, compter ; en dehors de ça, son travail et quelques heures de sommeil.  Un véritable enfer, conséquence de ce qu’elle a vécu avec Lee. 

Débarque alors Stuart, psychologue clinicien qui s’installe juste à l’étage au-dessus ; il va tenter, avec beaucoup de tact et de patience, d’apprivoiser la jeune femme.  Pour la première fois depuis son agression, elle se laisse approcher et accepte d’entendre l’idée que, peut-être, elle gagnerait à se faire aider.  Beaucoup de compassion cette fois pour cette Cathy-là ; on ne peut que prendre la mesure de cette souffrance qu’elle ressent inlassablement, un malaise permanent dont elle n’arrive jamais véritablement à se débarrasser et qui trouve de temps à autre son paroxysme dans des crises aiguës de panique.

Malgré quelques maladresses de style - je pense entre autres à des répétitions parfois malvenues -, le récit se lit aisément  et l’on suit Cathy dans sa tentative de se "reconstruire", avec une question perpétuelle en filigrane : vivra-t-elle un jour l’esprit en paix ?

Parution le 7 avril.

15:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

Oh, voilà un titre que je note ..... :-)))

Écrit par : Jacqueline | 03/04/2011

Répondre à ce commentaire

Je viens de le terminer ! Comme toi, ce roman m'a tenue en haleine .... J'ai été également un peu déroutée, au début, par l'alternance avant - maintenant mais en quelques pages, j'ai "pris" le rythme ! Un très bon moment de lecture ...! Merci ! :-)))

Écrit par : Jacqueline | 28/04/2011

Répondre à ce commentaire

Le résumé est diablement efficace !! Vivement sa sortie en poche, plus que quelques petits mois !

Écrit par : Cajou | 16/08/2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire