16/02/2011

Les larmes de l'assassin, Thierry Murat

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Présentation : comment survivre à la mort de ses parents, et auprès de l'assassin de ceux-ci ? Peut-on s'attacher à un enfant alors qu'on est capable de tuer des humains de sang froid ? Peut-il y avoir un rapport filial entre deux êtres que la mort a mis face à face ? C'est une terre malmenée par le vent, en bordure du Pacifique qui charrie des blocs d'iceberg, c'est au sud extrême du Chili. C'est là que vit Paolo, dans une ferme misérable et isolée, livré à lui-même, plus ou moins abandonné par des parents qui ne s'occupent pas de lui. Si petit, si naïf, quel âge a-t-il ? Il ne le sait. Un jour, un homme arrive jusqu'à la ferme. C'est Angel Allegria, un truand, un escroc, un assassin. Pour lui, le crime est monnaie courante pour régler tout type de conflit : dettes d'argent, bagarres d'ivrognes... Il tue les parents de Paolo pour mettre fin à deux semaines d'errance et s'approprier leur petite bicoque, refuge idéal pour un homme traqué par la police. Dans un sursaut de bonne conscience, il épargne Paolo ; il n'a jamais tué d'enfant. Paradoxalement, une relation d'affection naît entre lui et l'enfant. Ils s'apprivoisent.

Un an plus tard, un autre voyageur arrive. Luis Secunda, 30 ans, fuyant Valparaiso et sa riche famille, s'installe d'abord à côté dans une cahute qu'il construit, puis l'hiver venu, emménage avec eux dans la ferme. Il apprend à Paolo à lire. Angel n'aime pas cela du tout. Le fragile équilibre affectif entre lui et Paolo est en péril...

Mon avis : le roman d’Anne-Laure Bondoux a été gratifié, à raison, de nombreux prix ; je l’avais découvert lors d'une édition du Prix Farniente et l’avais beaucoup aimé.   Lorsque j’ai vu qu’il allait être "librement adapté" en BD, je l’ai commandé de suite et cela, d’autant que j’ai proposé le livre en lecture à mes élèves pour dans quinze jours.  Je pourrai ainsi la "faire circuler" si l’envie leur prend de me l’emprunter…

Aussitôt arrivée dans ma BAL, aussitôt lue.

J’ai retrouvé à travers cette BD l’atmosphère que j’avais appréciée en son temps, aucun personnage désormais "figuré" n’est venu se heurter de manière incongrue à l’image que j’avais pu m’en faire.  Les cases sont souvent de grande dimension, à l’image du paysage immense, désertique et grandiose de ce "bout du monde" chilien.  Les couleurs sont la plupart du temps foncées et cadrent de manière pertinente avec  cette histoire à la fois sombre et remplie d’émotion…

Bien sûr, il est une chose que je ne saurai jamais : aurais-je apprécié cette BD de la même manière si je n’avais pas lu le roman ?  Sans doute mon approche aurait-elle été différente mais les choses étant ce qu’elles sont, je vous recommande et le roman et la BD, dans l’ordre qu’il vous plaira…

22:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

Commentaires

Le sujet me semble intéressant mais je ne lis pas de BD. Les images ne m'attirent pas. Je préfère les mots.

Puis-je poser une question au professeur de français?

J'ai écrit cette phrase : Il connait chaque planète et la distance qui LA sépare de la terre. Le pronom me semble bizarre mais "chaque planète" est au singulier. Je sens plutôt "LES sépare" mais d'où viendrait ce pluriel?
Pouvez-vous me donner votre avis? Merci et bonne journée avec le soleil.

Écrit par : Philippe D | 17/02/2011

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Pour moi, c'est le singulier qui est correct puisque "chaque" planète est envisagée séparément par rapport à la terre. Pour avoir le pluriel, il faut supprimer "chaque planète" et indiquer par exemple "les planètes"...

Bonne journée aussi !

Écrit par : paikanne | 17/02/2011

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Merci pour le renseignement; je suis rassuré même si, à l'oral, ça fait bizarre. Je vais peut-être modifier et mettre "toutes les planètes", de manière à avoir un "les".
Bonne soirée.

Écrit par : Philippe D | 17/02/2011

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Ah, je veux bien lire une adaptation de ce roman qui laisse tant de questions en suspens. Une interprétation sera la bienvenue, merci, je note!

Écrit par : Pauline | 21/02/2011

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Tu n'auras pas davantage de "réponses" ici...

Écrit par : paikanne | 22/02/2011

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Je suis étonnée par votre échange... À mon sens, une adaptation n’apporte effectivement pas de réponse, c’est simplement une autre manière d’aborder une œuvre pré-existante, d’apporter une nouvelle lecture, un regard différent... Ici, Thierry Murat s'est emparé du roman pour faire une nouvelle oeuvre ; la préface d'Anne-Laure Bondoux dans la bande dessinée est exquise à ce propos. Ensuite, je crois profondément que l'intérêt d'une oeuvre littéraire réside davantage dans le fait de poser des questions, d’interroger le monde et le sens de la vie, plutôt que d'apporter des réponses, mais là nous entrons dans un débat philosophique :-). Je trouve que cet ouvrage de bande dessinée a su saisir l'essence du roman pour en proposer une lecture sentie et affective ; le final différent de celui du roman et la narration quasi minimaliste qui fait une grande confiance au lecteur, m'ont beaucoup touchés. Pour répondre à Philippe D. qui dit n'aimer que les mots, je tiens à lui dire que cette bd est particulière et, se lit étonnamment davantage comme un roman, (beaucoup de textes off, peu de bulles). Les mots sont élégants, choisis et disent l’essentiel, l'image apporte une densité, une émotion et des ambiances fortes qui font de cette adaptation une œuvre littéraire et graphique à part entière, qu’il serait dommage de regarder sous le seul angle de la comparaison avec le roman. De la même manière que lorsque l’on regarde un film, on ne le juge pas à l’aune du roman. Danse avec les loups est, par exemple, une adaptation du roman de Michael Blake… Le saviez-vous ? :-)
Merci pour votre blog et la possibilité qu’il offre d’échanger.

Écrit par : Camille | 23/02/2011

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Merci Camille pour votre mot qui a admirablement mis en valeur la BD de Thierry Murat.

Pour éviter tout malentendu, je précise que je voulais simplement apporter une précision à Pauline afin qu'elle ne risque pas d'être éventuellement déçue mais il ne s'agissait nullement d'une quelconque critique de ma part.

J'ai été sous la charme du roman, je suis sous le charme de la BD, de manière différente, simplement...

Écrit par : paikanne | 23/02/2011

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