02/02/2011

La Malédiction d'Old Haven, Fabrice Colin

OldHaven.jpgPrésentation : 1723, Gotham. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les sœurs qui l'ont recueillie dix-sept ans plus tôt. En route vers l'est, la jeune fille s'arrête dans le vieux village d'Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de ténèbres... C'est ici que fut brûlée vive, jadis, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford...

Mon avis : pas moins trois motivations m’ont animée dans ce choix de lecture, à savoir - dans le désordre -  participer au "Winter Time Travel" dont le sujet est l’uchronie, découvrir à nouveau un roman de Fabrice Colin (qui est, aux côtés de Jean-Claude Mourlevat, l’auteur que je considérerais comme THE découverte de 2010 si j’avais pris la peine de faire un bilan livresque de cette année écoulée) ET lire un des romans gracieusement offerts par Lalou lors du Swap "Fantasy" d'il y a quelques mois.

Alors donc, comment parler de cette brique d’une incroyable richesse qui, je dois bien l’avouer, me renvoie à la somme de ce que j’ignore ?  Parce que par exemple, honte sur moi, je n’ai jamais lu qu’une seule nouvelle de Lovecraft, Celui d’autre part, or les références à cet écrivain sont nombreuses dans le roman (Arckham, Necromincon, Nyarlathotep…)

L’histoire est si dense qu’il est impossible de vouloir la résumer.  Je me permets quand même d’en dire quelques mots : l’histoire racontée est celle de Mary Wickford qui quitte le couvent de Gotham (surnom de la ville de New York au XIXè siècle - je ne le savais pas non plus -) où elle a été élevée par les religieuses depuis dix-sept ans ; direction Old Haven dans un premier temps où Mary va apprendre petit à petit des bribes de son passé par l’intermédiaire de celui de son aïeule qui se dévoilera à Mary, de diverses manières…

L’atmosphère d’Old Haven est pesante sur un continent américain où le puritanisme a force de loi sous le joug d’un Empereur qui règne d’une cruelle main de fer avec ses sbires sanguinaires de l’Inquisition, dans une Nouvelle-Angleterre pétrie de superstitions et de sorcellerie.  La lutte entre ces deux mondes irréconciliables est féroce et Mary s’y retrouve impliquée, pressentant qu’elle se doit d’y jouer un rôle… 

Sachez que le récit entraîne le lecteur à la suite de la jeune fille,  entre autres dans les souterrains de Gotham grouillant de maléfiques créatures gluantes plus répugnantes les unes que les autres ou  encore dans les sombres forêts américaines…  Le texte est aisé à lire tout en étant parsemé de descriptions à la hauteur des péripéties vécues par Mary et ses comparses embarqués dans la même galère (en parlant de galère, je songe aussi aux pirates (!) qui apparaissent également au fil du récit).

Impossible de décrire tous les personnages qui prennent vie sous la plume de Fabrice Colin  mais aux côtés de Thomas Goodwill, Rip Van Winkle, Jack O’Lantern, Jonathan Swift himself, Gerardus Stuyvesant, l’Indienne Nicketti, il en est un que j’ai particulièrement apprécié : Usher, ancien esclave noir qui se voue corps et âme à Mary, dans une relation aussi tendre que… complexe.  Sans oublier Sa démoniaque Majesté l’Empereur Premier des Amériques, magistral dans sa folie, initiateur d’un dénouement à l’image de sa démesure…

Pourquoi le terme « uchronie » à propos de cet ouvrage ?  Tout simplement parce que l’Amérique revêt un visage politique qu’elle n’a, Dieu merci, pas connu ; en outre, des inventions "anachroniques" ponctuent les pages de cet univers "fantasy" où abondent sortilèges, découvertes "extra-ordinaires" et autres dragons.  C’est d’ailleurs cet aspect fantasy qui prime sur l’uchronie.

Encore une fois, j’ai réalisé un beau voyage dans un des mondes créés par Fabrice Colin, l’homme dont on peut dire, eu égard à sa production littéraire autant abondante que diversifiée, qu’il "écrit plus vite que son ombre".  D’où ma question : Fabrice Colin dort-il ? À suivre…

16:09 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Aaah et bien je suis CONTENTE. Contente qu'il t'ai plu (bon j'avais pas vraiment pris de risque en choisissant Fabrice Colin, certes ^^).

Je ne l'ai pas encore lu, perso... mais y a rien à faire, tes avis sont convaincants, et... me correspondent ;)

Je ne vais donc plus trop tergiverser ;)

Écrit par : Lalou | 04/02/2011

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