24/10/2010

Jeanne, Jacques Cassabois

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Présentation de l’éditeur : Jeanne.  Car Jeanne d’Arc était Jeanne avant d’être chef de guerre.  Figure emblématique de notre histoire, elle était surtout une jeune fille de dix-sept ans.  Sa fabuleuse épopée va bouleverser le royaume de France.  En deux ans, Jeanne fait sacrer un roi, repousse les Anglais, ravive la confiance d’un peuple tout entier.  Sainte ou visionnaire ?  Jeanne, l’étincelle de Domrémy, était d’abord un être d’exception, traversant chaque instant avec toute son énergie et son amour de vivre.

Mon avis : voici un récit par lequel on se laisse entraîner, même si le langage est parfois soutenu, et qui permet une découverte de la figure de Jeanne d’Arc. 

Indépendamment de l’aspect historique indéniable, fruit de recherches dont l’abondante bibliographie est la preuve, l’intérêt de ce récit réside, me semble-t-il, dans la personnalité de "La Pucelle d’Orléans".  Jeune adolescente, elle devient réceptrice de voix (ses "conseils") qui se manifestent à elle de temps à autre et bien vite, elle pressent qu’elle se doit de leur obéir, au nom de son "Seigneur du Ciel".  Elle ronge d’abord son frein en attendant son heure car, comme de bien entendu, elle a subi une première rebuffade alors qu’elle s’est rendue à Vaucouleurs, auprès du seigneur de Baudricourt.  Elle patiente en priant, en rendant grâce, en s’émerveillant au contact des joies simples de la nature jusqu’à ce que les Bourguignons assiègent Vaucouleurs.  L’heure de Jeanne a sonné…

Nous suivons alors le parcours de cette jeune fille pétrie de foi qui œuvre pour le bien de son roi afin de résister à l’envahisseur anglais, ou mieux, de le bouter si possible hors de France.  Jeanne aimerait éviter autant que faire se peut les combats mais il est dit que la guerre n’est pas encore finie, d’autant que les Bourguignons se sont ralliés aux "Godons".  Et Jeanne, éclairée par les voix de "ses saintes", galvanise ses troupes tout en bataillant constamment contre le scepticisme et les railleries de seigneurs qui rechignent à se voir éclipsés par la Pucelle, ou pire, qui ont intérêt à faire perdurer la guerre.  Toujours Jeanne se bat, inlassablement, armée de sa foi, priant ardemment pour ceux qui vont tomber et ne se seront pas repentis au préalable.

Une belle leçon d’histoire à la fin de laquelle on se surprend à espérer que la jeune femme puisse triompher de ses "juges".  Las, il n’en sera rien.  La fourberie de l’Église triomphera…

   "Elle pousse un cri.  Le sang gicle.  Elle a mal.  Un carreau d’arbalète lui a traversé l’épaule de part en part, à la naissance du cou.  Elle veut se relever, mais des bras la saisissent, la hissent.  Une force l’emporte, faisant protection de son corps.  C’est Gamache, le capitaine qui l’avait insultée, lors du premier conseil de guerre.

   -   Pardonnez-moi, Jeanne, je vous avais bien mal jugée.

   Ils sont dix autour d’elle qui l’emmènent à couvert.  On lui retire plastron, gorgerin, épaulière.  On défait sa chemise de mailles, on dénude sa gorge.  Alors, d’un geste, elle écarte ses compagnons et saisit le trait par le fût.  Elle grogne de douleur, serre les dents et arrache le fer de sa chair en hurlant.  Elle manque défaillir.

   Un barbier s’empresse.  Nettoie la plaie à l’huile d’olive et applique une barde de lard.  Un envoûteur s’approche, offre de poser un charme, en récitant une incantation.  Jeanne le repousse, horrifiée.

   -   La prière ! se récrie-t-elle.  Je ne connais que la prière !  Plutôt mourir qu’offenser Dieu par la magie !

   Elle fond en larmes ; douleur et pitié pour cet homme qui se défie du Tout Puissant."

Merci à Livraddict et au Livre de Poche Jeunesse pour ce partenariat.

17:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

C'est noté! Avec tous les avis que je croise, j'ai de plus en plus envie de le lire.

Écrit par : Pauline | 25/10/2010

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