29/09/2010

La Saga Mendelson, T. 1 : Les Exilés, Fabrice Colin

saga Mendelson1.jpgPrésentation de l’éditeur : le destin d'une lignée juive tout au long du XXe siècle.

Une chronique familiale échevelée avec son cortège de passions, de secrets, de déchirures et de rencontres...

1895-1929. D'Odessa à Hollywood en passant par Vienne et New York, les premiers troubles du XXe siècle contraignent la famille Mendelson à l'exil.

Isaac Mendelson est horloger. Avec sa femme Batsheva et ses deux enfants David et Leah, il mène une existence paisible à Odessa. Mais en 1905 éclate la mutinerie du Potemkine, bientôt suivie d'un terrible pogrom. Isaac et les siens n'échappent que de justesse à la mort. Dès lors, ils n'ont d'autres recours que de prendre la route pour rejoindre Vienne...

À travers les témoignages, les journaux intimes et les photos retrouvés dans les archives des Mendelson, Fabrice Colin raconte le destin d'une famille exceptionnelle.

Mon avis : hé bien, voici encore un récit de Fabrice Colin dont je devrai "irrésistiblement" lire la suite.  Une histoire aux antipodes des Étranges sœurs Wilcox (dont j’attends avec impatience la suite et que je vais relire puisque proposé à mes élèves comme lecture d’octobre) ; une histoire dans l’Histoire, à moins que ce ne soit l’inverse ?  

Nous y découvrons le destin de la famille Mendelson, d’abord en suivant principalement le "patriarche", Isaac, celui qui œuvre dans le respect de sa religion pour que sa famille soit heureuse.  Mais l’Histoire est d’ores et déjà en route et les lendemains finissent bien vite par ne plus chanter.  Alors que Batsheva, vive et pétillante, s’étiole petit à petit au fil des épreuves, Isaac puise sa force dans la Torah.

L’exil commence car les Juifs sont d’abord insidieusement, ensuite ouvertement persécutés et la famille est contrainte de quitter Odessa.  Direction Vienne au terme d’une route longue, pénible, glaciale au cours de laquelle Batsheva laisse un peu de sa raison et les enfants, ce qu’il leur restait d'insouciance.

« J’ignore quelle altitude nous avons atteinte.  Mon frère et moi étions enroulés dans des couvertures de laine, par-dessus nos manteaux.  Le pire, c’était la nuit.  Parfois, nous trouvions une vieille ferme, un refuge. Parfois, il n’y avait rien et nous dormions à la belle étoile, serrés les uns contre les autres.  Mon père creusait des fossés dans la neige et y jetait des branches et des feuilles mortes pour que les chevaux puissent s’y installer. C’était dérisoire.

Je me rappelle les crépuscules venteux.  Les craquements suspects.  J’étais blottie contre mon frère, et mes rêves s’emplissaient de souvenirs joyeux et colorés, des souvenirs d’Odessa, de mes amis du jardin municipal ou de la plage.  Quand je me réveillais,  c’était le froid, toujours plus vif, et des cris d’animaux dans la nuit, des loups sans doute.  Mon père dormait avec sa carabine entre les jambes. »

La famille devra recommencer à zéro ; les enfants grandissent mais les jours sombres se profilent de nouveau à l’horizon et il est dit que les Mendelson n’en ont pas fini avec les pérégrinations…

La narration est pour le moins originale puisque le récit est raconté à partir de documents les plus divers (interviews, lettres, dessins, extraits de journal intime…) censés avoir été recueillis auprès de la famille par "Fabrice" qui a décidé de raconter leur histoire ; c’est quelque peu déconcertant au début mais on s’y fait bien vite.

Parmi les personnages, celui de David m’a le plus touchée, peut-être en raison du fait qu’il se cherche tout en essayant de se faire une place aux côtés d’un père imposant ; peut-être aussi, par la suite, à cause de ses déboires (le mot est faible) conjugaux…

Ce titre s’inscrira donc sur la liste des propositions éventuelles de lecture pour mes élèves.

Il ne me reste plus qu’à me procurer le tome 2 : Les Insoumis.

NB : Fabrice Colin me paraît avoir la grande qualité d’être capable d’écrire des récits de genres tout à fait différents sans que l’on y retrouve "la patte de… ", tout comme un autre auteur "jeunesse" que j’aime beaucoup : Jean Molla.  Le prochain roman de F. Colin qui dort sur ma PAL : La Malédiction d’Old Haven (merci Lalou)... sauf si je me procure très vite Les Insoumis...

19:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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