26/09/2010

Fleur du désert : du désert de Somalie à l’univers des top models, Waris Dirie en collaboration avec Cathleen Miller

waris dirie.jpegPrésentation de l’éditeur : Waris, excisée selon la tradition, n'a que treize ans lorsqu'elle décide de s'enfuir, de quitter ses parents, afin d'échapper à un mariage forcé. Après une dangereuse cavale dans le désert somalien, elle rejoint Mogadiscio, puis Londres où elle devient domestique. C'est alors qu'elle est remarquée par un photographe de mode et que va démarrer sa prodigieuse carrière de mannequin. Avec émotion et sincérité, Waris Dirie raconte les détails de son étonnante histoire, évoquant sans détour les difficultés rencontrées tout au long de cette aventure. Fleur du désert est la troublante confession d'une femme hors du commun.

Mon avis : dans une écriture aisée à lire, Waris Dirie nous conte son histoire, une histoire qui l’a menée vers les projecteurs du monde de la mode mais proprement inimaginable eu égard à son origine. 

Le récit commence par sa fuite éperdue dans le désert alors qu’elle a 13 ans et vient d’apprendre qu’elle sera mariée à un homme de plus de quatre fois son jeune âge.  Elle a été payée "un bon prix", à savoir 5 chameaux, une aubaine pour son père.  Waris qui a vécu heureuse au sein de sa famille dans le désert somalien et cela, malgré des conditions de vie souvent pénibles, refuse obstinément d’accepter ce sort qui lui est réservé.  Elle pressent confusément que telle ne peut pas être sa destinée  Cette course contre la mort la mènera, après bien des difficultés, à Mogadiscio où elle rencontrera sa grand-mère qu’elle n’a jamais vue jusqu’alors. 

Il est tout à fait incroyable qu’elle ait survécu au désert somalien, seule, sans eau ni nourriture ; il est inconcevable que le lion qui s’est retrouvé à quelques mètres d’elle alors qu’elle se reposait sous l’ombre avare d’un arbuste ait finalement pris le parti de se détourner, comme si ce corps vulnérable ne lui offrait pas une pitance de choix.  Elle qui s’était en quelques minutes préparée à la mort y voit un signe.  Elle continuera donc à se battre.

C’est ainsi qu’elle fera des pieds et des mains pour aller à Londres ; elle y arrivera mais même si la femme de l’ambassadeur de Somalie est sa propre tante, Waris ne sera jamais qu’une esclave dans cette famille : laver, nettoyer, récurer… autant de tâches qui n’ont plus de secret pour elle.  Elle n'a pas l'autorisation d'apprendre l'anglais et les maigres informations "de l'extérieur" ne lui parviennent qu'à travers la télévision qu'elle ne peut regarder mais qu'elle réussit, de temps à autre, à entendre...  Lorsque l’ambassadeur doit quitter le pays avec sa famille, Waris s’y refuse et "perd non malencontreusement" son passeport.   

Elle est désormais seule à Londres, sans moyens de subsistance, sans possibilité de se faire comprendre.  Mais encore une fois, Waris sent qu’elle doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas retourner en Somalie et cela, même si sa famille, et surtout sa maman, lui manque énormément.

Bien sûr, Waris a eu la chance, par hasard (?), d’être remarquée par un célèbre photographe de mode mais elle a surtout toujours lutté parce qu’elle souhaitait ardemment s’en sortir et ne pas se contenter d’une vie que d’autre auraient choisie à sa place.

Le récit n’est pas construit de manière chronologique puisque le passé refait surface, à certains moments, au fil du récit.  Des passages poignants parsèment le récit tels celui de l’excision de Waris à l’âge de 5 ans ou encore celui où, contrainte de consulter un gynécologue en raison de douleurs récurrentes liées à la mutilation qu’elle a vécue, elle souffre de laisser voir à un "inconnu" l’ampleur du désastre.  Waris pensait qu’être une femme "coupée" était la norme, elle apprend que cela ne l’est pas.  Elle décidera de parler au monde entier de cette horrible réalité et des conséquences dramatiques pour les petites filles qui la subissent : elle devient ambassadrice de bonne volonté de l’ONU contre les mutilations génitales féminines.

J’ai reçu, dans le cadre de ce partenariat, le DVD du film réalisé par Sherry Hormann en même temps que le livre.  Je suis généralement déçue de l’adaptation cinématographique d’un livre mais ce ne fut pas le cas ici même s’il y a des différences notables entre les deux qui donnent parfois une impression de "facilité" absente du témoignage écrit.  L’actrice Liya Kebede, à la beauté resplendissante, est extraordinairement émouvante et réussit à faire passer par le regard bon nombre d’émotions.  Impossible pour moi de retenir mes larmes lors de certaines scènes comme le discours final à l’ONU ou lorsque Waris évoque son excision lors d’une interview qui bouleverse au plus au point la journaliste.  Les cris déchirants de la petite fille qu’elle était alors résonnent encore bien longtemps après…

Merci aux Editions J’ai lu et à Livraddict pour ce partenariat.


17:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

J'ai vu le film en mars dernier et il m'a beaucoup émue ! Outre les scènes dont tu parles, j'ai versé ma larme quand Waris compare son anatomie avec sa copine et se rend compte qu'elle n'est pas comme les autres... J'ai très envie de lire le livre depuis.

Écrit par : Frankie | 30/09/2010

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Effectivement, cette scène-là m'a aussi beaucoup émue (traduction : j'ai pleuré)...

Écrit par : paikanne | 30/09/2010

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