15/08/2010

Blessés, Percival Everett

blessés, everett.gifVoici un roman que j’ai eu envie de découvrir suite à quelques critiques élogieuses déposées via les pages de Livraddict et je ne le regrette pas. 
Petite précision : ce roman est paru chez Actes Sud, dans la collection Babel : superbe facture, s’il en est.

Présentation de l’éditeur : voilà des années que John Hunt, qui a maintenant atteint la quarantaine, a choisi de se détourner de la société des hommes en allant vivre dans un ranch où, aux côtés d'un oncle vieillissant, il élève des chevaux. Mais le fragile éden de ces deux hommes noirs dans le grand Ouest américain vient à se fissurer : un jeune homosexuel est retrouvé dans le désert battu à mort […].  C'est dans ce contexte menaçant que John s'interroge sur ses choix de vie depuis la mort tragique de sa femme, sur les silences coupables qui couvrent les agissements d'un inquiétant groupe néonazi, sur la fin imminente de l'oncle Gus, sur l'amour, enfin, qu'une jeune femme vient réveiller en lui...
Privilégiant une écriture de l'action qui exalte les puissances du non-dit, Percival Everett propose, à travers une subtile dénonciation de toutes les haines - raciale, sexuelle - qui meurtrissent l'Amérique contemporaine, une variation sur l'humaine condition, dans sa bouleversante vulnérabilité.

Mon avis : ce que je retiendrai surtout de ce récit et qui cadre tout à fait avec la quatrième de couverture, c’est  "la puissance du non-dit". 
L’écriture est telle que les mots esquissent une pensée profonde que l’on décode petit à petit, comme si le rejet dont certains font l’objet dans une Amérique en principe égalitaire se devait d’être (presque) indicible.  Et pourtant, malheureusement les faits sont là : comment comprendre qu’aujourd’hui, l’on puisse être lâchement assassiné en raison d’une préférence sexuelle ?  Comment comprendre que la couleur de peau, en l’occurrence celle de John Hunt et de Gus, puisse être un facteur de total dénigrement de la part de certains, au point que le mot "négro" soit encore prononcé ?
La tension est perceptible suite à ce meurtre et l’on pressent, au fil des mots, en même temps que John, que d’autres horreurs risquent de se produire…

Une dénonciation de ce que l’homme (qui ne mérite aucunement un « h » majuscule) est malheureusement capable de faire…

Extrait : Pour la première fois, Robert parut se rendre compte que j’étais noir, ou que Gus et moi étions noirs, et se referma en lui-même.
"T’en fais pas, Robert, lui dis-je.  Personne n’a encore réussi à cibler le marché de la haine das ce pays. 
-Tu l’as dit, approuva Gus.  De la haine, il y en a pour tout le monde, et à flots.  Bienvenue au club, les gars."

12:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Je l'ai commandé !

Écrit par : Jacqueline | 20/08/2010

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