06/06/2010

Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba

petite vie cernée de rêvesPrésentation de l’éditeur : avec rien on peut vivre très fort. Orpha Woodfin en est la preuve vivante. Cette très vieille femme, semi-clocharde, est la voisine d'Albert. Jusqu'alors, dans ce petit lotissement, entouré de parents sans ambition, Albert avait la tête dans les étoiles. Avec Orpha, comédienne célèbre en son temps, voilà qu'il tient enfin une interlocutrice à sa mesure. Au fil des jours, ils auront des conversations passionnantes sur l'art, l'écriture, la vie... Ainsi, auprès d'elle, Albert s'éveille, se prend à vivre ses rêves. Tout devient possible, il suffit d'y croire. De croire aussi à une amitié hors norme, à une complicité qui se joue des générations.

Mon avis : un roman qui se lit très aisément, à l’écriture fluide.  Un roman qui met en lumière Albert, un adolescent différent, en décalage avec les jeunes de son époque auxquels il a tenté, un temps, de ressembler.  En vain.

"Quelle que soit la manière dont les gens réagissaient à telle ou telle chose, partout dans le monde entier, je réagissais différemment ." ; "Je n’aime que les trucs bizarres.  Ca m’inquiète, à force.  J’aime les longues promenades, Shakespeare, collectionner les recettes de cuisine, aller au musée d’Histoire naturelle et parfois juste ma balader en bus dans la 5ème Avenue à New York.  J’aime aussi le jardinage.  Ca fait honte à ma mère mais j’aime vraiment ça." 

Tous lui font sentir cette différence, y compris sa mère qui tente de vivre à travers des "apparences" qui ne donnent pas le change.  Son père, quant à lui, souffre de sa vie ratée et n’a que peu de temps à accorder à son fils. 

Albert rencontre alors Madame Woodfin, une vieille dame qui vit seule dans une maison délabrée, entourée de livres et de toiles d’araignées.  L’air de rien, elle apprivoise Albert, lui permettant de découvrir petit à petit que sa singularité peut aussi être sa chance.  "Si un homme marche à un autre pas que ses camarades, c’est peut-être qu’il entend le son d’un autre tambour.  Laissons-le suivre la musique qu’il entend, quelle qu’en soit la cadence." (Henry David Thoreau) ; "Les rêves sont la matière de la vie, mais il faut les surveiller et les protéger, comme on protégerait un magnifique château."

Un très agréable récit qui fait mouche et touche le lecteur.  Un bémol : j’aurais aimé accompagner un peu plus longuement ces personnages au fil de leur route.  Un goût de trop peu...

12:39 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

J'avais beaucoup aimé la citation parlant du tambour, moins la révélation finale sur Orpha que je pressentais et qui n'apporte pas grand chose au roman. Mais un bon moment de lecture.

Écrit par : Radicale | 06/06/2010

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