14/05/2010

Le Noir qui marche à pied, Louis-Ferdinand Despreez

despreezDans le cadre du défi "Littérature policière sur les 5 continents", j’avais choisi de lire Le Noir qui marche à pied de Louis-Ferdinand Despreez, auteur et homme politique sud-africain totalement inconnu pour moi.  Bien m’en a pris : commencé hier, fini aujourd’hui.

Présentation de l’éditeur : un cinquième gamin blanc disparaît à Pretoria en trois semaines. Toujours le même scénario : les parents ne retrouvent pas leur enfant à la sortie de l'école. Pas d'indice, ni de demande de rançon, pas l'ombre d'une piste. L'inspecteur Zondi se sent impuissant face à la colère et au désespoir des familles. Mais les ravisseurs envoient une lettre anonyme et l'affaire rebondit brutalement.
"Le coupable était un Noir qui marche à pied, d’environ soixante-dix kilos, et qui ne savait pas nouer ses lacets".

Mon avis : intéressant et complexe personnage que cet inspecteur Zondi que nous suivons dans la recherche de ce "Noir qui marche à pied" ; l’intérêt de l’histoire ne réside pourtant nullement, selon moi, dans l’enquête elle-même mais bien dans la peinture sombre et désabusée de son pays, la « nation arc-en-ciel », par Francis « Bronx » Zondi, un zoulou qui a lui-même connu l’apartheid. 

Zondi s'abandonne, bien plus souvent qu’à son tour, à la réflexion au cours de son enquête et le fruit de ses pensées nous est abondamment livré, sans complaisance aucune à l’égard de son pays, de ses compatriotes, qu’ils soient noirs ou blancs, qu’il évoque l’apartheid ou les années qui suivent, porteuses de tant d’espoir… 

Nous découvrons une situation bien plus nuancée que celle que, de l’extérieur, nous avons souvent cru être la réalité.  Le propos va donc bien au-delà de cette enquête même si l’on reste figé devant l’horreur de ce que l’on finit par découvrir en même temps que Zondi alors que l’on avait, auparavant, suivi ce "Noir qui marche à pied", sans se douter de ce qui allait arriver.  A côté de cela, malgré tout, certains passages sont relatés avec beaucoup d’humour (oserais-je dire noir ?), cinglant, principalement durant les interrogatoires.

19:39 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

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