14/01/2009

On est tous l'autre de quelqu'un...

gif larmesCette phrase m'étant restée en tête après le spectacle de Pie Tshibanda, j'ai demandé à mes élèves d'en parler dans un devoir, en partant ou non de leur vécu...  J'ai alors évoqué mon cas en disant que c'est souvent dans le regard des autres qu'on se sent autre.  Je leur ai ainsi raconté ma pire expérience dans ce domaine et encore aujourd'hui, inévitablement, je sens l'émotion monter rien qu'en évoquant cet horrible souvenir, déjà raconté sur ces pages il y a quelques années...  Que le temps passe...

Voici 8 ans, je me trouvais avec les enfants aux caisses d'un supermarché dans lequel certaines caisses sont prioritaires pour les personnes handicapées.  Jamais je n'avais fait usage de ce "droit" (et jamais depuis !) puisque je pars du principe que, de toute manière, je suis assise et n'ai donc pas de difficulté pour attendre mon tour (c'est bien pire, à mon sens, pour les personnes qui marchent très difficilement avec une canne...).  Pourtant, ce soir-là, j'ai voulu aller très vite parce que nous étions le soir du 31/12 (géniale, l'idée d'aller dans un hypermarché le jour du réveillon vers les 17 heures ; surtout tâchez de ne pas faire comme moi !), que je n'avais pas grand-chose dans mon caddie et qu'il y avait bien une quinzaine de personnes avant moi (remarquez combien je me justifie alors qu'il n'est point besoin de justification !). 

Je me retrouve donc avec les enfants à la caisse.  Un couple avec une adolescente avaient déposé quelques affaires sur le tapis roulant ; la mère et la fille s'empressent alors de retirer leurs marchandises afin que je dispose les miennes.  C'est alors qu'intervient le "père", très durement : il dit qu'il est hors de question que je passe devant eux, qu'ils ont attendu et que (ce sont ces paroles-là qui sont gravées à l'indélébile) je n'ai qu'à rester chez moi !  C'est dans des cas pareils que je m'en veux de ne pas oser crier, hurler, gueuler...  La gifle reçue en pleine figure uniquement à travers de mots.  Cela signifiait donc qu'étant handicapée, je n'ai plus que le droit de m'enfermer chez moi, "chose à cacher" ?  Le comble, c'est que j'ai dû moi-même"calmer le jeu" parce que les clients suivants voulaient évidemment que je passe devant cet énergumène.  J'ai dit qu'on n'allait quand même pas se battre pour "ça"...   La mère et la fille étaient malades de honte...  Moi, je pleurais à l'intérieur...

[Gif : http://qlipyjaime.centerblog.net]

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21:25 Écrit par paikanne | Lien permanent | Commentaires (4) |

Commentaires

Aucun étonnement à cette situation Coucou Paikanne,
Plus rien ne m'étonne,surtout depuis que j'ai passé le demi siècle.Plus de réponses aux courriers divers,plus de bonjours,plus de gentillesse,tout fout le camp!
Quel dommage....
Tu es restée calme et à la limite, c'est toi qui es gênée;normal car tu as de la classe et du coeur.
Triste réalité et triste société!!
Big bisous et félicitations pour ton blog que j'ai parcouru.

Écrit par : Bigprof | 15/01/2009

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Comme je comprends ! Je connais ta situation, même si je ne suis pas en chaise. Quand on m'a diagnostiqué le syndrome de fatigue chronique , une collègue m'a dit: si tu ne tiens plus le coup reste chez toi,il y a des jeunes qui attendent ta place. Elle m'a après quelques temps présenté des excuses mais....le mal était fait.
C'est qui encore qui voulait une société parfaite faite de gens parfaits? Ah oui...Hitler!
Il n'y a qu'une chose à faire, continuer son voyage.
Bizzzzzzzzzzzzzz.

Écrit par : Cath T | 16/01/2009

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la baffe? mais c'est sa femme qui aurait dû lui donner, à lui! quelle honte vraiment!
moi auusi tous les jours Pascale!
bisous!

Écrit par : mimi | 16/01/2009

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Quelle honte! J'ai encore vu ce genre de situation hier. Mon voisin a la même maladie que toi. Une camionnette était sur la parking H. Sa femme voulait se garer...Derrière, un c...klaxonnait. Par fierté, ils n'ont pas voulu que je les aide.

Écrit par : Niky | 08/03/2009

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