27/04/2017

Mosquitoland, David Arnold

Présentation. Je m'appelle Mary Iris Malone, et je ne vais pas bien.

1. Ma mère est partie.

2. Elle est malade.

3. Mon père a une copine.

4. Il me croit folle.

5. Et je ne vous parle même pas du gros scoop...

Alors j'ai décidé de prendre la route.

Distance à parcourir : 1524 km.

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Mon avis. Une héroïne déconcertante, curieuse dans tous les sens du terme, décalée. Et profondément touchante...

Date : premier septembre.

Personnage : Mary Iris Malone, alias Mim, a décidé de quitter Jackson, Mississippi (Mosquitoland) où elle a suivi, contrainte et forcée, son père et sa belle-mère désireux de "prendre un nouveau départ".

Direction : Cleveland, Ohio, à 1524 km de Mosquitoland.

Objectif : retrouver sa mère dont elle n'a plus de nouvelles depuis quelques semaines.

Moyen de locomotion : autocar de la société Greyhound.

Moyens financiers : 880 dollars astucieusement subtilisés dans une boîte à café en fer disposée dans la commode de sa belle-mère.

Mim a entendu par la porte entrebâillée du bureau de son proviseur une conversation entre ce dernier, son père et sa belle-mère, relative à la maladie de sa maman. Dès lors, sans avoir planifié quoi que ce soit, elle se lance dans cette expédition qui devrait lui permettre de retrouver sa maman pour le Labour Day

  "Notre Héroïne tourne le dos à la porte en chêne et sort calmement du bureau, de l'école, de la cour. En proie à la confusion, elle essaie de recoller les morceaux. Au bout du terrain de foot, les andouilles de sportifs ricanent, mais elle ne les entend guère. Ses fidèles chaussures chinées chez Goodwill la portent sur le trottoir délabré, tandis qu'elle songe aux trois semaines d'absence de lettres et de coups de téléphone de sa mère. Notre Héroïne emprunte le raccourci derrière le restaurant Taco Hole, sans prêter attention aux délicats fumets de viande. Elle parcourt les rues désertes de son nouveau quartier, contourne le chêne haut comme un immeuble et marque une pause dans l'ombre de sa nouvelle demeure. Elle ouvre la boîte aux lettres - vide. Comme d'habitude. Elle compose alors sur son téléphone le numéro de sa mère pour la centième fois, entend la voix de la même femme-robot pour la centième fois, se décourage pour la centième fois.     

  "Nous sommes désolés, ce numéro n'est plus attribué."" [p. 12]

 

Le voyage peut commencer...

Mim a seize ans et souffre de troubles mentaux pour lesquels elle est soignée : sa perception très aiguë de la réalité ainsi que son analyse constante et minutieuse d'une société dans laquelle elle ne trouve pas sa place la distinguent du commun des mortels.

  "Pour résumer, je suis une anomalie à 110 %, plus peut-être 33 % d'esprit d'indépendance et 7 % de génie libre-penseur. Ce qui nous fait 150 %, mais en tant qu'anomalie sur pattes, c'était prévisible. Bim." [p. 97]

 

La jeune fille raconte son expédition et se dévoile par la même occasion ; en outre, elle écrit, à travers un journal intime, à une certaine Isabel. Les rencontres se succèdent au fil des kilomètres qui défilent et la rapprochent de Cleveland, rencontres tantôt heureuses, tantôt malheureuses, tantôt encore complètement loufoques. Des rencontres qui, d'une manière ou d'une autre, façonneront son être en devenir. Parmi celles-ci, je retiens Walt, un jeune trisomique, et Beck, le gars "super mignon" du siège 17C.

  "- Sali-salut, moi c'est Walt.

   Le propriétaire des Converse mesure à peu près ma taille, doit avoir mon âge, et il pourrait bien avoir passé tout l'après-midi à se présenter. Ses cheveux, qui dépassent d'une vieille casquette de baseball des Chicago Cubs, ne sont pas tant longs qu'en bataille et filasse, comme les poils d'un chien errant. Il tient un Rubik's Cube dans une main et une bouteille de cinquante centilitres d'un Mountain Dew presque vide dans l'autre. Sans me laisser le temps de me présenter à mon tour, il incline la tête en arrière et ingurgite cul sec la fin de son soda. Avec une grande autorité.

   Mon sourire se déclenche tout seul." [p. 126]

  "17C est pile la bonne quantité de lui-même.

   Il est mon anomalie parfaite." [p. 111]

 

Indépendamment de son fil conducteur (!), le récit tient la route (!) grâce à la profondeur et la nuance des personnages, Mim, Walt et Beck en tête ; l'humour est en outre omniprésent, allié à l'émotion, comme lorsque les larmes s'instillent, l'air de rien, dans le (sou)rire et que l'on en arrive à ne plus savoir ce qui, du (sou)rire ou des larmes, a commencé.

  "Et je m'émerveille sur les vertus des méchants. [...]

   Et je m'émerveille sur les failles des héros.

   Peut-être, tout de même, existe-t-il du noir et du banc. Dans nos choix. Dans mes choix." [p. 346 - 347]

Traduction : Maud Ortalda.

Titre VO : Mosquitoland (2015).

Un grand merci aux éditions Milan pour cette très belle découverte.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (17/20).

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14:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/04/2017

Les enquêtes de Tracy Crosswhite, 1 : Le dernier repos de Sarah, Robert Dugoni

Présentation. Tracy Crosswhite a passé vingt ans à mettre en doute les faits qui ont entouré la disparition de sa sœur Sarah et le procès criminel qui s’en est suivi. Elle ne croit pas qu’Edmund House – le violeur qui purge sa peine et a été condamné pour l’assassinat de Sarah – soit le véritable coupable. Pour que justice soit rendue, Tracy est devenue enquêtrice criminelle dans la police de Seattle, et a dévoué sa vie à la recherche des tueurs.

Lorsque les restes de Sarah sont finalement découverts dans la ville où elles ont passé leur enfance, dans les montagnes de la région des Cascades, dans l’État de Washington, Tracy est décidée à obtenir des réponses à ses questions. Dans sa poursuite du véritable criminel, elle met à jour des secrets enfouis depuis longtemps, qui vont modifier la relation qu’elle entretient avec son passé, et ouvrir la porte à un danger mortel.

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Mon avis. Rien d'original sous le soleil, mais un roman qui agrippe le lecteur et ne le lâche plus...

Focus sur Tracy Crosswhite, devenue enquêtrice dans la police de Seatlle après avoir enseigné la chimie durant quelques années. Depuis vingt ans, Tracy (sur)vit avec un énorme sentiment de culpabilité lié à la disparition de sa sœur Sarah : celle-ci a été enlevée et si celui qui a été désigné comme coupable croupit en prison, Tracy est loin d'être persuadée que les forces de l'ordre ont mis la main sur le véritable criminel.

Des indices n'ont pas été exploités, des témoignages n'ont visiblement pas été recueillis et depuis lors, Tracy enquête à ses "heures perdues" sur cette affaire qui la touche de très près, ce qui lui a déjà coûté son mariage.

Survient un élément nouveau : des restes humains ont été découverts dans le périmètre qui a vu disparaître Sarah et il s'avère très vite qu'il s'agit effectivement de ceux de la jeune fille. Une piste nouvelle s'ouvre enfin pour Tracy, peut-être l'opportunité de faire la lumière sur les faits tragiques qui l'empêchent de dormir depuis vingt ans ?

  "- Cela remonte à vingt ans, lieutenant. Pendant vingt ans, pas une journée ne s'est écoulée sans que j'y pense. Je continuerai à traverser les jours qui viennent de la même façon, une journée pourrie après l'autre." [p. 69]

 

Dans un premier temps, le récit principal relate les difficultés rencontrées par Tracy pour disposer de l'autorisation officielle de participer, d'une manière ou d'une autre, aux investigations, malgré les réticences évidentes de sa hiérarchie, et surtout celles des habitants de l'endroit où vivait à l'époque sa famille. Il raconte ensuite la "nouvelle enquête" à proprement parler.

Des passages en italiques plongeant dans le passé ponctuent ce récit et évoquent, par bribes, les circonstances relatives à la disparition de Sarah, ainsi que les jours et les mois qui ont suivi.

Un thriller efficace, indubitablement.

Traduction : Hélène Amalric.

Titre VO : My Sister's Grave (2014).

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois"  (thriller, polar, policier pour avril).

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20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

22/04/2017

Le maître d'armes, Xavier Dorison et Joël Parnotte

Présentation. "L'honneur, quand on n'a plus rien, c'est tout ce qui reste."

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Mon avis. Je n'ai pas été véritablement conquise par cette BD, même si elle m'a fait passer un "bon" moment...

L'action se déroule au seizième siècle, une époque dure, âpre, où tout doucement s'annoncent les prémices d'un changement dans la manière dont la religion pourra être appréhendée : la Réforme, avec son lot de souffrances, tortures et exécutions.

On y suit Stalhoffer, maître d'armes de François Ier ; il remet son "titre" en jeu lors d'un combat contre le fourbe Maleztraza.  Aucun n'en sort vainqueur mais Stalhoffer décide de jeter le gant. Maleztraza n'est pas près d'oublier cette pseudo-victoire...

Quatre ans plus tard, les deux hommes se retrouvent : Maleztraza est bien décidé à "se venger", Stalhoffer à se défendre.

C'est sur fond de querelles de religions que ces deux-là s'affronteront à nouveau, pris au piège d'une forêt et d'une montagne dont ils risquent bien de devenir les victimes...

J'ai bien aimé l'histoire et la mise en évidence des travers de l'époque envisagée, ainsi que les dessins extrêmement fouillés ; j'ai moins apprécié en revanche les couleurs très sombres, mais c'est purement subjectif (je n'ai pas d'autre prétention que de donner mon avis) car je reconnais que ces couleurs cadrent tout à fait bien avec le propos.

  "Qui triomphera ? La médecine de Vésale, les textes d'Aristote, l'imprimerie de Gutenberg... ou les bûchers des obscurantistes, nul ne le sait." [p. 3]

Merci à PriceMinister pour ce partenariat organisé dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival".

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14:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/04/2017

Le vertige des falaises, Gilles Paris

Présentation. Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d’une imposante maison de verre de d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île toute entière. Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis. Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ?

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Mon avis. Mystère est le maître-mot de ce roman où la nature s'assure une place de choix...

L'histoire se déroule au fil des sentes sauvages et escarpées de l'Ïle, "personnage" principal du récit qui façonne en quelque sorte ses habitants et particulièrement les personnages féminins : Marnie, une étrange adolescente dévouée à Rose, sa maman rattrapée par la maladie, et Olivia, sa grand-mère, personnalité hors du commun.

  "On remonte lentement l'allée du cimetière, la maison des morts avec toutes ces tombes grisâtres où ont été ensevelis des hommes, des femmes et des enfants que je n'ai pas connus et pour lesquels je ne ressens absolument rien. Tout comme avec grand-père et papa. J'ai mes raisons. Olivia s'appuie sur mon épaule et fait peser son grand âge. En un an elle a perdu un mari et un fils. Je serais presque heureuse de rentrer à la maison si maman n'était pas si malade. On n'a pas besoin des hommes. Ils n'apportent que du malheur." [p. 10]

 

Toutes trois vivent dans une immense maison de verre et d'acier battue par les vents, œuvre renommée du défunt mari d'Olivia.

  "Et pourtant, si l'Île avait su le sort réservé aux femmes à Glass, jamais ils n'auraient jugé aussi facilement ce clan. Personne, sur cette Île, ne peut envier le sort de Rose et d'Olivia de Mortemer." [p. 45]

 

Les chapitres adoptent le point de vue d'un des personnages apparaissant, à un moment ou un autre, dans le récit ; outre Olivia, c'est Marnie qui occupe le plus souvent le devant de la scène haut de la falaise, décortiquant les faits et gestes de tout un chacun, avec le regard parfois cynique de l'adolescent. Les héroïnes ont connu/connaissent en effet leur lot de souffrances et se jettent à corps/cœur perdu dans la bataille face à l'adversité, quelque forme que prenne celle-ci...

Merci à Gilles Paris et aux éditions Plon pour ce partenariat.

19:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/04/2017

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro

Présentation. Deux ans avant l'édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s'oppose à Henri IV, l'ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.

À la Roue de Fortune se croisent des passés que l'on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s'essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

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Mon avis. Une bien belle découverte qui m'a cependant laissée quelque peu sur ma faim.

Ce récit a attiré mon attention car il allie deux ingrédients que j'apprécie : l'Histoire et la Fantasy.

La première partie plante le décor : une auberge, À la Roue de Fortune, autour de laquelle gravitent, d'une manière ou d'une autre, divers personnages.

Il y a Axelle et Gilles, anciens mercenaires, tenanciers de l'établissement, et si Gilles s'est habitué sans trop de difficulté à sa nouvelle vie, ce n'est pas vraiment le cas d'Axelle, prompte à saisir l'arme accrochée à sa ceinture... qui a pourtant migré maintenant vers d'autres horizons.

Ensuite Gabriel, chevalier sur le retour qui s'est installé depuis quelques années déjà dans l'auberge ; rongé par un lourd secret, il semble attendre la fin, celle qui le délivrera de ses tourments.

Une femme d'un âge certain, Victoire, dirigeante de la guilde des assassins, a trouvé elle aussi temporairement le chemin de la taverne.

En outre un couple mystérieux, Armand et Roland, se retrouve à Marseille avec l'espoir de quitter au plus vite la France : ils sont en fuite ; ce sont eux qui apportent la touche de Fantasy au roman : ils sont Artbonniers et en tant que tels, manient une magie dangereuse, tant pour les autres que pour eux.

Enfin, la cité elle-même, venteuse, occupe une place prépondérante dans le roman.

  "La bataille prochaine qui occupe mon esprit pendant le retour me fait oublier un instant tout le reste. J'arrive au port, face à la mer. Elle est soulevée par le vent qui souffle toujours aussi fort. Je reste quelques minutes à observer les vagues à l'horizon, serein." [p. 57]

 

Chacun jouera un rôle dans ce qui se prépare à Marseille : le roi Henri IV a décidé de reprendre la cité phocéenne au consul qui s'est séparé du royaume.

La deuxième partie part tous azimuts en évoquant, par bribes, certains éléments du passé des protagonistes ; la mise en place des pièces de cet immense puzzle est assez déconcertante, d'autant que la chronologie est oubliée, mais on finit par s'y faire.

Enfin, la troisième partie donne aux personnages leur pleine mesure : ceux-ci puisent au tréfonds de leur colère la force d'agir, les révélant aux autres et parfois à eux-mêmes.

J'ai beaucoup aimé les personnalités dépeintes dans cette h(H)istoire mâtinée de Fantasy ; si je suis restée sur ma faim, c'est parce que le roman est court et j'aurais tellement aimé cheminer plus longuement aux côtés de ces héros de papier.

Du coup, j'ai prolongé quelque peu le plaisir avec Le vert est éternel, une nouvelle qui se déroule dans le même univers.

Un grand merci aux éditions J'ai lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "de la Licorne - 3" et "Littérature de l'imaginaire" (11/24).

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20:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Concours Nous rêvions juste de liberté, Henri Lœvenbruck

Vous avez pu lire que j'ai beaucoup (beaucoup) aimé Nous rêvions juste de liberté, d'Henri Lœvenbruck sorti il y a peu chez J'ai Lu.

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Les éditions J'ai Lu me permettent de vous faire gagner trois exemplaires du roman : un grand merci à elles !

Comment procéder ? Il vous suffit de m'envoyer un courriel via l'adresse de contact renseignée dans la colonne de gauche de cette page ; vous y indiquerez vos coordonnées postales et compléterez la phrase suivante : "je rêvais juste de..." ou "je rêve juste de...".

Date limite des envois : le 30 avril 2017 à 23h59 ; le tirage au sort sera effectué le 1er mai et les résultats indiqués sur cette page (prénom et première lettre du nom).

Le concours est ouvert à la Belgique et la France.

Si d'aventure un livre devait se perdre sur le chemin de votre BAL, nul ne pourrait en être tenu pour responsable.

11:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

09/04/2017

Nous rêvions juste de liberté, Henri Lœvenbruck

Présentation. "Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté."

Ce rêve, la bande d'Hugo va l'exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l'indépendance et l'amitié règnent en maîtres. Ensemble, ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher.

Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d'être à la fois un roman initiatique, une fable sur l'amitié en même temps que le récit d'une aventure. Avec ce livre d'un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.

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Mon avis. Plongez dans ce roman, le temps d'une belle bal(l)ade...

Le récit commence alors que le narrateur est au tribunal : il tente de raconter au juge chargé de l'affaire les années qui l'ont conduit jusque-là.

  ""Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté."

   Voilà, au mot près, la seule phrase que j'ai été foutu de prononcer devant le juge, quand ça a été mon tour de parler. Je m'en faisais une belle image, moi, de la liberté. Un truc sacré, presque, un truc dont on fait des statues. J'ai pensé que ça lui parlerait." [p. 13]

 

Ce narrateur, c’est Hugo, « né à Providence au sein d’une famille de type vachement modeste » [p. 14] qui survit, tant que faire se peut, depuis la mort accidentelle de Véra, la petite sœur d’Hugo dont l’absence occupe toute la place.

Hugo a seize ans et derrière lui ce que l’on a coutume d’appeler pudiquement un parcours pas facile :

  « Après m’être fait renvoyer du lycée public en plein milieu d’année – parce que je parlais beaucoup avec mes mains dans la gueule de mes camarades -, mes parents, désespérés, avaient vidé l’épargne de toute une vie pour m’inscrire de force dans le lycée privé de Providence, celui avec de bons petits chrétiens dedans." [p. 17]

Hugo ignore encore que l'entrée dans ce lycée façonnera sa vie à tout jamais ; il y rencontre l'Amitié, avec une (trois) majuscule(s) : Freddy, Oscar, alias le Chinois, et Alex, la Fouine, "pas bien grand, plutôt chétif tendance malade." [p. 29]

 

Hugo trouve ses marques et intègre rapidement la "bande à Freddy" : le quatuor s'amuse à "emmerder son monde" plus souvent qu'à son tour ; les rappels à l'ordre et convocations dans le bureau du directeur s'enchaînent, mais rien n'adoucit l'ardeur des membres du groupe. C'est qu'ils ont à cœur de rester fidèles à la réputation qui leur colle déjà à la peau : bagarres, cuites, "séances de fumette" s'enchaînent allègrement... Leur point de ralliement : la roulotte, située à côté de la maison familiale, dans laquelle loge Hugo, bientôt surnommé Bohem.

Si Bohem s'entend bien avec le trio, son "frère", c'est Freddy avec qui il noue une amitié solide, profonde, renforcée par leur passion commune : la moto. Le père de Freddy, garagiste, leur permettra de construire leurs bécanes, celles qui leur donneront un avant-goût de liberté.

 

J'ai beaucoup aimé suivre les (més)aventures du groupe et la chevauchée sauvage qui s'en est suivie et cela, malgré leur comportement car, impossible de se leurrer : ce ne sont pas des enfants de chœur, même s'ils sont des enfants du cœur. Ils découvriront bien vite que le monde des Motorcycle Clubs est régi par des règles et qu'ils ont intérêt à les respecter. La route sera aussi le lieu de rencontres, (très) belles ou (nettement) moins belles...

Ce récit est avant tout celui de l'Amitié, celle qui unit les protagonistes comme les doigts de la main, celle qui les pousse toujours plus loin dans leur quête éperdue de cette liberté qui les nargue, celle qui perdure, au-delà des "grains de sable" susceptibles d'enrayer la mécanique. Celle qui doit perdurer, coûte que coûte. Ou ?

  "Lobo m'a montré les photos de ses frères affichées sur le mur, et il m'a dit :

   - Il y a un proverbe qui dit : "Que Dieu me protège de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge."

   - Je ne crois pas en Dieu.

   - Alors protège-toi tout seul de tes amis.

   - Le jour où j'aurais besoin de me protéger d'eux, c'est qu'ils n'en seraient plus.

  - C'est pas faux. Mais ce jour arrivera plus vite que tu le penses.

Ce jour-là, je mourrai, Lobo. Sans mes amis, je suis rien. Je pourrais crever, j'en aurais rien à foutre." [p. 298]

 

Le texte se lit aisément, il s'écoule au fil des kilomètres avalés cheveux au vent, il heurte, il choque ; il éblouit, il émeut aussi. Profondément. Au point que le regard se trouble et que les larmes finissent par rouler (elles aussi) lorsque s'inscrivent les dernières pages...

Il est des personnages qui marquent le lecteur de manière indélébile ; Bohem est de ceux-là, tout comme l'a été en son temps Marianne dans Meurtres pour rédemption, de Karin Giébel. Peut-être ces deux héros de papier font-ils ensemble un bout de chemin, ailleurs, là où le rêve s'immisce dans la réalité... Peut-être...

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

11:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

04/04/2017

Passenger, Alexandra Bracken

Présentation. Soudain propulsée dans un couloir du temps, Etta, adolescente de 17 ans qui vit à New York, se retrouve sur un navire négrier en plein Atlantique au XVIIIe siècle. Cet événement marque le début d’une quête en plusieurs lieux et époques lui apprenant la vérité sur sa famille. Faute de retrouver un astrolabe, le futur de la jeune fille n’existera plus et le monde tel qu’elle le connaît sera bouleversé à jamais.

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Mon avis. Je n'ai pas été conquise par ce roman, mais je pense qu'il devrait plaire aux adolescents.

Après le prologue relatant un épisode qui trouvera sa résonance dans l'ensemble du récit, focus sur notre époque : Etta, une adolescente de 17 ans, s'apprête à entrer sur scène. Elle a jusque-là consacré sa vie au violon, avec l'indéfectible soutien d'Alice, son professeur qui lui a, depuis bon nombre d'années, apporté l'amour qu'elle n'a pas reçu de sa mère.

Survient alors un événement tout à fait inattendu : tandis qu'elle "stresse" en attendant sa prestation, elle se retrouve catapultée sur un navire voguant sur l'Atlantique en plein XVIIIe siècle. Etta apprend qu'elle appartient à une des grandes familles de voyageurs, hors norme s'il en est, puisqu'ils sont capables de passer d'une époque/d'un lieu à un(e) autre, en un claquement de doigt, ou presque. Le souci, c'est qu'Etta n'a jamais été initiée par sa mère : elle doit tout apprendre et tâcher de survivre, ce qui n'est pas une mince affaire.

Le récit - à la superbe couverture - se lit aisément mais je dois avouer que le destin des deux adolescents - Etta et Nicholas, lui-même voyageur issu d'une autre époque, "accessoirement" fils d'esclave, et petit-fils du Maître suprême des voyageurs, soumis bien malgré lui à son grand-père - m'a laissée indifférente. En outre, les règles liées à ces périples temporels s'avèrent parfois pour le moins confuses.

Bref, nul regret d'avoir lu ce roman, mais je m'arrêterai là.

Traduction : Leslie Damant-Jeandel.

Titre VO : Passenger (2016).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (16/20) ; "Littérature de l'imaginaire" (10/24) ; "Comme à l'école" (thème de l'eau et lettre "P").

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18:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/04/2017

OH ! Un livre qui fait des sons, Hervé Tullet

Présentation. C'est un livre sonore : tu poses ton doigt sur la page et... c'est toi qui fais les sons !

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Mon avis. Un chouette livre qui, partant des "ronds colorés" chers à Hervé Tullet, fait la part belle aux sons... produits par l'enfant lui-même.

Les pages se focalisent dans un premier temps sur une couleur en particulier : d'abord le bleu (OH !), ensuite le rouge (AH !), enfin le jaune (WHAOU !). L'enfant est invité à poser son doigt sur le rond coloré et à prononcer le son qui y est associé ; attention cependant : plus le rond est grand, plus le son doit être fort. S'ajoute ensuite une contrainte supplémentaire : selon l'espacement des ronds, les sons produits doivent s'enchaîner rapidement ou, au contraire, plus lentement.

La voix se module ainsi en fonction de la couleur du rond, de sa grosseur et des associations proposées. Surprise : à la fin, d'autres couleurs s'immiscent dans le jeu et invitent l'enfant à produire de nouveaux sons.

Beaucoup de (sou)rire en perspective car il s'agit de ne pas s'emmêler les pinceaux !

Testé et approuvé.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

17:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/03/2017

De sinistre mémoire, Jacques Saussey

Présentation. Deux jeunes trouvent la mort à Paris, victimes d'un tueur qui leur injecte de l'héroïne pure. Deux SDF subissent également un sort funeste dans les sous-sols de la gare de Lyon. La copie d'une lettre codée ancienne va parvenir à la police, et la mettre sur la trace d'une vieille histoire qui trouve sa source en Bretagne, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le capitaine Daniel Magne et la jeune APJ Lisa Heslin vont tâcher de remonter dans le temps pour démêler l'affaire... mais celui qu'ils traquent est-il le vrai coupable, ou également une victime ?

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Mon avis. Un récit prenant qui mêle passé et présent...

J'ai retrouvé avec grand plaisir Daniel Magne et son équipe de nouveau au complet puisque Lisa est de retour après le "break" indispensable, conséquence de ce qu'elle a vécu dans Colère noire.

Le point de départ de cette enquête difficile, c'est la mort de deux jeunes par injection d'héroïne ; si le premier cas pouvait laisser supposer une overdose, le deuxième ne laisse aucune place au doute. Bien vite, les témoins susceptibles de renseigner la Police se retrouvent en danger.

C'est grâce à une lettre anonyme que le capitaine Magne va tâcher de grappiller des informations susceptibles de l'aider dans ses recherches, mais la partie est loin d'être gagnée car il s'avère que la piste principale semble se scinder en deux embranchements qu'il faut suivre sans savoir ce qui véritablement les relie.

J'ai apprécié les multiples ramifications de cette enquête, ainsi que la dimension historique qui traverse le récit ; j'ai aimé le pas de deux entamé par Magne et Heslin, tout comme les questions suscitées par l'idée d'une vengeance qui transcende les époques et rend (presque) sympathique l'exécuteur. Car tout n'est jamais blanc ou noir...

  "Il était le suivant sur la liste...

   Le jeune homme se leva enfin, les jambes molles. Il laissa un peu de monnaie sur la table et sortit de la brasserie en silence. Personne ne fit attention à lui. Avant de quitter le quartier, il avait une dernière chose à faire, et il ne devait pas perdre de temps, s'il voulait garder une chance de rester en vie." [p. 50]

Merci à Gilles Paris et French Pulp éditions pour ce partenariat.

 

Ce titre entre comme lecture supplémentaire dans le challenge de La Licorne 3.

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21:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

19/03/2017

Les chroniques de Nadia Tesla, tome 1 : Le garçon qui venait du réacteur 4, Orest Stelmach

Présentation. Nadia ne garde pas de souvenirs heureux de son père. Homme solitaire et colérique, il a trouvé la mort lorsqu’elle n’avait que treize ans, laissant son passé enveloppé de mystère.

Lorsqu’un étranger prétend avoir connu son père durant sa jeunesse en Europe de l’Est, Nadia accepte de le rencontrer, et assiste à son exécution en pleine rue. Dans son dernier souffle, il lui révèle un indice incompréhensible, un indice qui envoie Nadia dans une chasse au trésor entre New York et l’Ukraine, terre de ses ancêtres.

Elle y rencontrera un allié improbable : Adam, jeune prodige de hockey sur glace qui s’entraîne sur les bassins de refroidissement gelés de Tchernobyl. Traumatisé physiquement et psychologiquement par les radiations, Adam cache un secret qui pourrait changer le cours du monde… à condition que Nadia le protège assez longtemps.

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Mon avis. Du bon... et du moins bon.

Après un prologue dont on comprendra par la suite les tenants et les aboutissants, le lecteur entre dans l'histoire dès les premières pages et se retrouve ainsi catapulté aux côtés de Nadia Tesla, une jeune femme qui a perdu son emploi (fort bien rémunéré) dans la finance et tente de retrouver du travail. Sans succès.

Elle a été contactée par un homme qui dit avoir connu son père, un père avec lequel les relations ont été pour le moins tendues ; elle n'a pourtant pas le temps d'en apprendre davantage : le "mystérieux informateur" est abattu dès leur rencontre.

Moteur. Action. Course-poursuite - renforcée par la brièveté des chapitres - sans temps mort, par ailleurs digne d'un film. Mais non sans morts. Car Nadia a à peine le temps de se rendre compte qu'elle a mis le doigt dans un dangereux engrenage qu'elle devient une cible majeure pour bon nombre de poursuivants. Commence alors pour la jeune femme un long périple qui l'emmènera en Ukraine, sur les traces paternelles.

Le lecteur ne s'ennuie jamais durant cette lecture dont l'action est le maître-mot : les événements s'enchaînent habilement et de manière extrêmement rapide. Parfois un peu trop rapidement car les informations déboulent à toute vitesse et par moments, on a à peine le temps de les "digérer" que Nadia a déjà poursuivi sa route. [Spontanément, me revient en mémoire le film Lola rennt, de Tom Tykwer, avec Franka Potente] Je pense entre autres à une des scènes majeures de la fin du récit, expédiée en deux coups de cuiller à pot, à tel point que je l'ai relue pour être sûre de n'avoir rien loupé.

Côté personnages, Nadia a indéniablement de la personnalité, même si l'on peut légitimement se demander comment il est possible qu'elle réussisse à réagir comme elle le fait alors que rien ne la prédisposait à avoir autant de ressources. Je retiens également Victor, un des mafieux ukrainiens qui réussit l'exploit de ne pas se rendre foncièrement antipathique.

J'en arrive maintenant au gros point négatif : la traduction. Je me suis toujours demandé comment il était possible de repérer des "soucis de traduction" sans avoir lu le récit dans sa version originale. C'est désormais chose faite : à de multiples reprises, je me suis surprise à froncer les sourcils face à une tournure de phrase bizarre ou un verbe dont le sens était compréhensible par rapport à l'ensemble, mais qui jamais ne serait employé tel quel en français, à l'instar d'une traduction littérale. Et ce phénomène apparaît tout au long du roman, comme si le français n'était pas la langue maternelle du traducteur. Difficile dès lors de ne pas tiquer au fil de cette lecture.

Un avis mitigé donc pour ce roman...

Traduction : Martin Rouillard, révisé par Audrey Favre.

Titre VO (2013) : The boy from reactor 4.

Merci à Livraddict et aux éditions Smart Cat pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (lettre "c" pour le mode 1 de cette session).

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16:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/03/2017

Grosse folie, Raphaële Frier

Présentation.

Elle

Mon souci à moi, c'est une masse de graisse. Presque vingt kilos de chair en trop, des pneus autour du ventre, des fesses qui débordent des chaises, des troncs à la place des jambes, des doigts comme des boudins apéritif, un visage rond comme la lune...

Lui

Ma mère, elle a déjà fait son deuil du fils idéal. Le "populaire", le beau gosse qui en impose, le sportif dynamique qui sent le gel douche quand il part au lycée. Le jeune qui sort en boîte et emballe les filles sans se poser de questions. 

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Mon avis. Décidément, les belles découvertes s'enchaînent...

Focus sur deux personnages extrêmement attachants : Chloé et Quentin, chacun "en décalage par rapport à la norme" (la norme, késako ?).

Chloé est ce que l'on nomme grac(ss)ieusement une personne en surpoids ; elle a des rêves d'adolescente mais (tâche de) se convainc(re) que les relations amoureuses, ce n'est décidément pas pour elle.

Quentin, quant à lui, vit la plupart du temps dans une espèce de bulle, limitant les interactions avec les autres au strict minimum, y compris (surtout) avec ses parents qui n'ont de considération que pour son frère aîné qui, lui, cumule toutes les "qualités", à leurs yeux du moins.

Chloé et Quentin se rencontrent dans un club de vacances, ou plus exactement Quentin "flashe" sur Chloé, d'emblée fasciné par la jeune fille ; oh bien sûr, il a bien remarqué qu'elle est "plutôt grosse", mais il a surtout vu "qu'elle était jolie, en fait. Pleine de chair, ronde et blanche, comme un galet poli par la mer. Des cheveux noirs et mi-longs, des yeux malicieux, une bouche très douce qui a l'air de sourire en permanence, une bouche très gourmande. De temps en temps, elle glissait une mèche de cheveux derrière son oreille. J'ai eu envie de respirer profondément pour saisir au vol le parfum qui se dégageait de son mouvement. Parce qu'elle sentait bon en plus. C'était tellement étrange. Je me disais "Qu'est-ce que tu fous ? Elle est grosse quand même..." Mais j'étais subjugué." [p. 26]

Ni une, ni deux, il n'a de cesse de la contacter ; il réussit à le faire mais c'est sans compter sur le scepticisme (euphémisme !) de Chloé, persuadée qu'il doit se "tromper de brune". Comment imaginer qu'un garçon, normalement constitué si ça se trouve, s'intéresse à elle ?

  "- Écoute, tu te trompes forcément de brune. Y a un truc sur moi que t'as pas dit, un truc qui saute aux yeux et qui prouve que tu ne parles pas de moi.

   Il rétorque qu'il est désolé de ne pas avoir précisé dès le début que j'étais jolie.

  - La preuve que tu fais fausse route, je suis pas jolie.

  - Je trouve que si...

   Je pose le combiné. Je ne sais pas, j'ai peur, je ne comprends rien. On ne m'a encore jamais fait cette blague. Je suis certaine que Quentin n'a pas fait erreur et qu'il a trouvé un moyen de se marrer, qu'il se fout de moi. Ou bien... je me surprends à faire l'inventaire des jeunes gros du village de vacances. Il doit faire partie du lot. Il cherche peut-être simplement à se mettre une fille sous la dent et avec son physique, il n'espère pas mieux que moi... Qui se ressemble s'assemble ! Au secours ! Je peste contre mon père qui a descendu le dernier paquet de gâteaux. Il me faudrait le rayon biscuits d'un supermarché à moi toute seule pour me calmer, là." [p. 33 - 34]

 

Un troisième "personnage" occupe une place prépondérante dans le récit : le regard des autres. Un regard qui tue encore plus sûrement que le manque de confiance en soi ; un regard qui scrute ; un regard qui analyse ; un regard condescendant ; un regard qui parfois s'apitoie ; un regard qui ne se contente jamais de lire le bonheur du jeune couple en train de s'apprivoiser...

Chloé et Quentin réussiront-ils à passer outre ce regard ?

La plume de Raphaële Frier, que j'ai découverte avec Mauvais fils - lu en classe l'an dernier - relate avec brio cette histoire, réussissant à dépeindre la souffrance qui transparaît de part et d'autre.

"Pour vivre heureux, vivons cachés" ?

 

Un grand merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat ; de nouveau un roman de la collection Ego à (faire) lire...

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (15/20).

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16:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/03/2017

La voie des Oracles, I : Thya, Estelle Faye

Présentation. Thya est la fille de Gnaeus Sertor, général romain et héros de l'Empire. Mais Thya est aussi une Oracle, peut-être la dernière élue capable de démêler les fils de l'avenir. Elle est donc contrainte de se cacher en Gaule, au fin fond de la forêt d'Aquitania car, à Rome, comme partout ailleurs dans l'Empire, les chrétiens règnent en maîtres et font impitoyablement la chasse aux adorateurs des dieux anciens. Mais lorsque son père est laissé pour mort par des Pictes, Thya n'a plus d'autre solution que de fuir vers le nord pour suivre une étrange vision dans laquelle son père est toujours en vie. 

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Mon avis. Après quelques "déceptions livresques", la tendance semble s'inverser depuis quelques semaines : j'ai passé un très bon moment en compagnie de Thya et ses compagnons...

C'est un destin hors norme que celui de l'adolescente : fille de Gnaeus Sertor, héros de l'Empire, elle vit désormais en Gaule, là où le secret de sa "nature particulière" risque d'être davantage occulté qu'à Rome. Thya est en effet une Oracle et ne peut s'adonner librement à son art dans un pays où les croyances anciennes sont ardemment combattues par les chrétiens.

L'existence de Thya bascule lorsque son père rentre mourant au domaine, suite à une attaque des Pictes. La jeune fille décide de fuir : ses visions lui ont suggéré une destination, la forteresse de Brog où son père s'est jadis brillamment illustré, et lui ont donné à voir son père vivant ; elle veut donc absolument s'y rendre afin de trouver un quelconque moyen de lui venir en aide. En outre, elle sait qu'elle risque désormais sa vie si elle demeure chez elle : Aedon, son frère, être fourbe s'il en est, n'aura de cesse de l'éliminer.

La voilà sur les routes, poursuivie sans relâche par les sbires d'Aedon, tâchant de rallier Brog, tout en essayant de comprendre le sens de ses visions nébuleuses... Elle croise (heureusement) bien vite le chemin d'Enoch, jeune (séduisant, agaçant) parfumeur, et de Mettius, soldat à la retraite devenu éleveur de porcs. Ce qu'elle ignore, c'est que bien des yeux non humains sont braqués sur elle...

  "La forêt veillait sur elle, elle n'aurait su dire comment ou pourquoi, mais elle en était certaine, au fond de son cœur. Une ou deux fois, elle tourna à demi la tête, de manière très discrète, comme pour apercevoir un esprit ou un ami dans le sous-bois. Elle ne vit rien, bien sûr. Mais elle entendait la forêt vivre autour d'elle, les appels des oiseaux nocturnes, les froissements des mulots sous les herbes, les crapauds coassant près des trous d'eau... Son instinct lui soufflait que tant que les bois bruisseraient, cela signifierait que tout allait bien." [p. 43]

 

J'ai beaucoup aimé suivre le cheminement personnel de la jeune fille, héroïne au caractère affirmé, contrainte de faire face à son destin ; j'ai apprécié Enoch et Mettius, tous deux attachants malgré leur "côté obscur". Chacun des héros a en effet des choses à se reprocher et les certitudes de la veille se lézardent  avant de voler en éclats.

Je me suis immergée avec grand plaisir dans cette Gaule du Ve siècle où les croyances s'affrontent : l'atmosphère, les lieux, les odeurs, prennent vie sous la plume "à la sauce antique" de l'auteure qui, visiblement, s'est abondamment documentée.

  l'approche de la Via Aquitania, Thya ressentit un frisson d'excitation, malgré les menaces qui planaient au-dessus d'elle. Enfin, elle allait voir, mieux, elle allait voyager sur une de ces Voies Romaines qu'elle suivait du doigt sur des cartes, depuis qu'elle était enfant. Ces routes qui irriguaient l'Empire, qui avaient conduit les légions de son père presque jusqu'aux confins du monde... Inconsciemment, elle se tendait en avant, tirait sur son cou pour mieux voir. Déjà elle imaginait les soldats défilant sur les larges pavés gris, le métal des casques et des cottes de mailles étincelant sous le soleil, leur éclat répondant au rouge vif des tuniques, aux blasons dorés des étendards... Tandis que, de loin en loin, des bornes leugaires, des cylindres de pierre plus hauts qu'un homme, rappelaient les noms d'anciens empereurs, Octave Auguste, Caius Tetricus, ou des consuls ayant consolidé la route, Mummius Tuscus, Quintus Clodius... Ça, et la distance qu'il restait à parcourir jusqu'aux prochaines villes. Oui, Thya rêvait tout éveillée. Et puis les arbres s'écartèrent, la Via Aquitania apparut. Enoch fit ralentir le cheval. Le visage de Thya s'assombrit, comme celui d'une petite fille déçue, qui voit sans comprendre un jour de soleil se changer en pluie.

   La Via Aquitania était encore passante, en cette fin d'après-midi. Mais la chaussée avait perdu sa splendeur d'antan. L'entretien des pavés plusieurs fois centenaires avait été abandonné depuis longtemps. Le ruderatio, le revêtement de dalles, était parcouru de larges fissures, et des herbes folles y croissaient, vivaces, résistant au piétinement des voyageurs. Les lichens et le lierre effaçaient les noms sur les bornes, dont certaines, descellées, penchaient bizarrement vers le sol. Et les voyageurs eux-mêmes n'avaient que peu en commun avec ceux que décrivaient les grands poètes latins. Le monde entier convergeait vers cette route, certes, mais un monde qui, désormais, n'avait plus grand-chose de romain. C'était une foule hétéroclite où se mêlaient les étoffes barbares, de lin rugueux ou de grosse laine, quelques moutons, des chariots où s'entassaient les tonneaux de vin miellé." [p. 73 - 74]

 

J'ai savouré la fantasy alliée à l'Histoire : elle apparaît à travers les créatures surnaturelles qui tentent de survivre dans cette époque troubl(é)e, bien décidées à venir en aide à l'adolescente en qui elles reconnaissent une des leurs. Mention particulière pour le Faune et le facétieux Sylvain...

  "L'être qui se balançait sur le rebord du banc, c'était... c'était très différent. Il s'agissait d'une créature haute comme deux fois sa main, dont le peau ressemblait à l'écorce d'un arbre, et qui portait deux petites cornes plantées au milieu du front." [p. 310]

 

Je lirai bien volontiers la suite. Pour rappel, Estelle Faye est à l'honneur durant ce mois sur Book en Stock, c'est le moment d'aller l'y découvrir ; elle sera présente au Festival Trolls et Légendes, à Mons, le WE de Pâques.

Un grand merci à Book en Stock pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (14/20), "Un genre par mois" (historique pour mars - genre auquel appartient aussi ce récit -), "de la Licorne 3" et "Littérature de l'imaginaire" (9/24).

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14:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/03/2017

La carotte et le bâton, Delphine Pessin

Présentation.

Toute la semaine, j'ai gardé la sensation désagréable d'être épiée.

Qu'est-ce qu'ils mijotaient tous ?

Le vendredi, Johnny s'exclama suffisamment fort pour que je l'entende :

- Tu sais que les rousses sentent mauvais ?

J'ai rougi d'un coup.

- Carotte ! triompha-t-il.

Cette fois, le doute n'était plus possible. J'étais au centre de quelque chose qui m'échappait.

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Mon avis. Un excellent récit à faire lire aux adolescents. Absolument.

C'est la rentrée scolaire pour Émilie : "nouvelle sœur, nouvelle ville, nouveau collège, nouveaux profs, nouvelle classe, nouveaux amis." [p. 7].

L'appréhension lui noue l'estomac. Elle aimerait tant se fondre dans la masse, mais elle sait déjà que cela risque d'être difficile ; elle attire en effet inévitablement les regards car elle est rousse : "Pas blond vénitien, j'aurais préféré, ni même auburn, ce qui aurait été un moindre mal. Ils sont roux, d'un roux flamboyant. Orange, il faut bien appeler un chat un chat. Mes sourcils sont roux aussi et mon nez est parsemé de taches de rousseur. Je n'ai pas tiré les meilleures cartes, c'est sûr..." [p. 8].

Heureusement, elle a rencontré par hasard Cloé qui étudie dans le même établissement et mieux, dans la même classe. Les choses semblent donc se présenter "moins mal que prévu". C'est sans compter sur Barbara, alias Barbie, la peste qui cumule toutes les "qualités", extérieurement s'entend :

  "J'ai découvert, devant moi, en montant dans notre salle, une fille élancée. Alors même que je ne voyais d'elle que son dos, je n'avais pas besoin de demander la raison de son surnom. Moulée dans un short si court que ma mère en aurait eu une syncope, ses jambes semblaient interminables. Ses cheveux lisses arrivaient jusqu'à sa taille. Blonds, évidemment. Elle avançait, légère, gracieuse, indifférente à la bruine qui me transperçait les os." [p. 14 - 15]

 

Commence alors pour Émilie une véritable descente aux Enfers : tous les élèves, ou presque, calquent leur comportement sur celui de Barbie. Brimades, humiliations, coups, se succèdent à qui mieux mieux et si Cloé ne l'abandonne pas à son sort, elle prend ses distances pour ménager la chèvre et le chou, désireuse de ne pas devenir elle-même un souffre-douleur...

Le lecteur suit, totalement impuissant, les vexations subies par Émilie, se demandant si cette spirale infernale va se briser un jour, ressentant douloureusement la pression qui pèse sur les épaules de l'adolescente qui n'est désormais plus que souffrance, s'étiole, passe de plus en plus de temps dans les toilettes ou au CDI pour se ménager quelques rares moments de respiration. La tension monte. Inexorablement. Et trouve sa pleine mesure avec un "divertissement" baptisé La carotte et le bâton.

  "Je n'imaginais pas que ce n'était que le début. J'ai passé le reste de la récréation dans les toilettes, à enlever le fromage qui engluait mes cheveux." [p. 83]

  "Aujourd'hui, je me sentais aussi vulnérable que ce chaton. Rejetée comme une erreur de la nature." [p. 100]

Parution le 16 mars 2017.

 

Un grand merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat ; je rajoute d'ores et déjà ce titre sur les listes de propositions de lecture pour mes élèves.

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (13/20).

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16:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

05/03/2017

Blue gold, Elizabeth Stewart

Présentation.

AMÉRIQUE

Fiona vit à Vancouver. Après une fête arrosée, elle envoie à son petit ami un selfie dénudé qu’elle pourrait bientôt regretter… car là où le téléphone portable est roi, les lois de la réputation sont impitoyables.

AFRIQUE

Sylvie a fui le Congo avec sa famille. Son père a été tué dans le conflit autour du coltan, le minerai qui sert à la fabrication des téléphones portables. Dans un camp en Tanzanie, l’avenir des siens repose désormais sur ses épaules : doit-elle se marier ? Ou tenter de fuir ?

CHINE

Laiping débarque dans la grande ville de Shenzhen. Venue de la campagne, elle rêve de travailler dans une usine de fabrication de téléphones. Mais la réalité est tout autre : le travail est épuisant, et Laiping va vite apprendre qu’il vaut mieux ne pas protester…

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Mon avis. Un récit à (faire) découvrir...

Trois voix/voies : celle de Fiona, 16 ans, qui vit à Vancouver et a des préoccupations de son âge, à savoir les amis, les sorties, l'argent de poche... Au cours d'une soirée (beaucoup) trop arrosée, elle cède à son copain du moment qui lui demande de lui envoyer une photo sexy. Lorsqu'elle recouvre ses esprits, elle commence à se demander si le selfie ne risque pas d'être vu par d'autres destinataires...

 

Sylvie est la deuxième narratrice : âgée de 15 ans, elle a fui le Congo en compagnie de sa maman et de ses frères et sœur ; la famille est désormais parquée dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Depuis que sa maman est de plus en plus souvent "dans un mauvais jour, un de ceux où son esprit n'était qu'à moitié avec eux, dans le présent" [p. 22], Sylvie fait office de chef de famille, s'occupant de tous, tracassée par le mauvais coton filé par son frère Olivier. Elle échappe à son triste sort lorsqu'elle donne des cours aux petits, leur professeur officiel d'un des "établissements scolaires" du camp faisant trop d'erreurs, ou encore quand elle gagne quelque argent en travaillant à la clinique de la Zone 3 auprès de Mélissa Pierre, docteur canadien.

  "Jamais elle n'oublierait l'arrogance de ces soldats qui avaient fait irruption dans leur village comme s'ils possédaient tout, même les gens. Elle était écœurée de la reconnaître chez son propre frère." [p. 49]

 

Laiping complète le trio : la jeune fille a quitté ses parents afin de travailler à Shenzhen, troisième ville de Chine, où l'attend sa cousine Min, ouvrière dans l'immense complexe constitué d'usines plus "performantes" les unes que les autres. Elle passe sa première nuit sur une couchette qu'elle partage avec Min, dans un dortoir où des lits superposés garnissent les murs "du sol au plafond sur trois niveaux." [p. 36] Laiping est loin de se douter qu'elle a mis le doigt dans un engrenage dont les maitres-mots sont productivité et délation.

  "Encore une heure, et elle pourrait rentrer au dortoir et dormir. Carte de circuit - condensateur - fil à souder - condensateur - fil à souder ; carte de circuit - condensateur - fil à souder - condensateur - fil à souder. Il lui semblait que son corps avait épousé ce rythme, plus naturel que les battements de son cœur." [p. 163]

 

A l'intersection de ces trois destins, blue gold, l'or bleu, le coltan, composant indispensable - extrait des mines congolaises - des téléphones portables qui est à l'origine d'un nombre incalculable de victimes, un génocide où "le viol systématique des femmes, des enfants et des hommes est utilisé comme arme de guerre" [p. 371]. Laiping incarne l'une des ouvrières exploitées par les multinationales dont l'objectif est de produire un maximum à moindre coût, bafouant en toute impunité les droits des travailleurs. Fiona, plus réfléchie que ce que les apparences pouvaient le suggérer à première vue, représente le consommateur à l'autre bout de la chaîne.

Le récit alterne les trois points de vue, même si celui de Fiona est nettement moins présent que celui de Sylvie et Laiping ; il donne à réfléchir sur les conditions de (sur)vie des travailleurs de l'ombre qui crèvent littéralement afin que nous, Occidentaux, disposions du superflu.

Un texte qui remet (douloureusement) les choses en perspective, tout en faisant la part belle à l'action, dans tous les sens du terme...

Traduction : Jean-Luc Defromont.

Titre VO (2014) : Blue gold.

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (12/20).

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20:13 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/03/2017

L'enfant, la baleine et l'hiver, Benji Davies

Présentation. On retrouve Noé, le héros de L’Enfant et la Baleine, qui vit toujours au bord de la mer avec son papa. Mais, pour cette histoire-ci, c’est l’hiver. Un soir, une tempête empêche son papa de rentrer. Noé part à sa recherche, tout seul, dans la nuit, le froid et la neige…

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Mon avis. Un superbe album où le graphisme est au service de l'histoire et inversement.

On y retrouve le jeune héros de L'enfant et la baleine que je n'ai personnellement pas (encore) lu. Noé vit avec son papa pêcheur ; lors de sa dernière sortie en mer de la saison, ce dernier tarde à rentrer ; le petit garçon s'arme de courage pour affronter la tempête de neige et tenter de retrouver son papa...

Si le blanc et le bleu dominent (logiquement) dans cet album pour les scènes relatives à la tempête, de multiples couleurs réchauffent les pages ; les dessins sont magnifiques et les traits tout en courbes et rondeurs, à l'image de la "bonne bouille" de Noé.

Testé avec succès auprès de mes petits-enfants.

Titre VO (2016) : The Storm Whale in Winter.

Adaptation française : Mim.

 

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

09:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/03/2017

Mars : le mois de...

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Vous disposez de 31 jours pour aller poser vos questions, aussi sérieuses, farfelues, humoristiques, saugrenues, existentielles... soient-elles, à Estelle Faye sur Book en Stock.

11:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/02/2017

Arena 13, tome 2 : La proie, Joseph Delaney

Présentation.

ENTREZ DANS L’ARÈNE 13

CEUX QUI S'AFFRONTENT ICI

SAVENT QUE LA MORT N'EST JAMAIS LOIN.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec plaisir Leif, cet adolescent découvert dans le tome 1. Alors que la saison des combats est terminée, le jeune homme part sur la trace de ses racines : il se rend auprès des Genthai, peuplade à laquelle appartenait son père. Difficile pour lui de se forger une place au milieu de ces hommes fiers, courageux, âpres au combat... eux aussi confrontés au Mal. Leif se rend vite compte que, quoi qu'il entreprenne, il ne sera jamais considéré par le peuple de son père, pas plus que par celui de sa mère, comme un des leurs puisqu'il (n')est (qu')un "sang mêlé".

  "J'écarquillai les yeux. Ce que Konnit venait de me décrire m'évoquait les combats de l'Arène 13, mais dans une version de cauchemar." [p. 49]

 

L'adolescent rejoint ensuite Gindeen, heureux à l'idée de retrouver Kwin et espérant pouvoir enfin en découdre avec l'infâme Hob. Les choses sérieuses - et particulièrement dangereuses - vont commencer.

J'ai davantage apprécié ce deuxième opus où Leif "prend de la bouteille" et tente (!) de réfréner ses ardeurs afin de mettre tous les atouts de son côté dans sa lutte contre le djinn. Pourtant, un épisode m'a particulièrement déplu (euphémisme) : celui qui concerne la shatek ; j'ai très peu goûté (!) le côté grand-guignolesque de cette partie qui a quelque peu douché l'enthousiasme ressenti jusqu'alors durant cette lecture.

Côté personnages, outre Leif lui-même, je retiens particulièrement Tyron, contraint de "ménager la chèvre et le chou" ; Deinon, compagnon d'armes de Leif ; le lacre Thrym, aux facultés exceptionnelles ; la précieuse Ada ; sans oublier le mystérieux Négociant dont j'attends de découvrir "la pleine mesure".

  "Le lacre me regarda à nouveau. Son expression était troublante. Presque humaine." [p. 223]

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Arena 13, The Prey.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne (lecture supplémentaire), "Jeunesse/Young Adult" (11/20) et "Littérature de l'imaginaire" (8/24).

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17:09 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/02/2017

La Lune avait bu, Florence Médina

Présentation. Plus rare que la Comète de Halley et totalement imprévisible, la Lune Andrinople est un phénomène astral méconnu. Une nuit, tandis qu’il erre dans les rues, Balthazar Borek est victime des rayons particulièrement féroces de cette lune exceptionnelle.

Misanthrope, esthète joufflu, gourmet érudit, Balthazar ne vit que pour et par la bonne chère. Le reste, et en particulier ses contemporains, ne l'intéresse guère. Or, suite à l’inlunation, il devient le jouet d'événements étranges, et parfois catastrophiques, qui bouleversent l'harmonie maniaque de sa vie bien réglée, le forcent à sortir de sa coquille, l’envoient valdinguer en terres inconnues : la diététique, l'entomologie, l'amour...

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Mon avis. Un (court) récit original, loufoque ; un ovni gastronomique...

Le "héros" se nomme Balthazar, prénom peu banal s'il en est, pour un personnage unique : Balthazar vit seul, fraie le moins possible avec ses (dis)semblables et est animé par une passion dévorante (!), à savoir la gastronomie. Le gourmet se voit contraint, sous l'action facétieuse de la Lune Andrinople, de trouver l'amour dans les trois mois sous peine de subir une étrange métamorphose...

"Pour conjurer le sort de ce réveil vaseux, il se prépara un petit déjeuner princier. Brioches et confitures maison, œufs brouillés à la truffe, mini-saucisses au curry, Darjeeling en provenance directe de chez Harrods, celui-là même que la Reine Mère sirotait tous les matins, son légendaire petit doigt pointé vers le ciel. Le tout servi sur porcelaine de Sèvres agrémentée de couverts en argent. Déguster un repas digne de ce nom dans une vaisselle en arcopal ou en plastique bariolé, fût-elle suédoise, eût été une hérésie."

 

Le lecteur est emmené par le bout du nez (!) dans le sillage de Balthazar qui se retrouve confronté à une réalité (?) qui va balayer ce qui, jusque-là, constituait son quotidien.

J'ai apprécié suivre les (més)aventures de ce héros, me demandant vers quel horizon il se laissait emporter ; à cet égard, j'ai été quelque peu déçue par la fin. En revanche, l'écriture est superbement travaillée : les mots sont judicieusement choisis et l'humour est présent tout au long du récit.

Merci à l'auteure pour cette découverte.

 

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" (en février, livre pour lequel on n'a pas encore lu d'avis sur la blogosphère), "Littérature de l'imaginaire" (7/24) et "de la Licorne".

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17:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

25/02/2017

J'ai avalé un arc-en-ciel, Erwan Ji

Présentation. Plongez dans le blog d’une jeune Franco-Américaine, un journal intime avec une voix pétillante et forte qui vous fera passer par toute la palette des émotions.

En racontant sa vie, ses amis, ses amours, sa famille, l’héroïne propose un véritable décryptage du monde du lycée américain.

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Mon avis. Une agréable lecture ; une friandise, en quelque sorte...

On découvre le quotidien de Capucine, alias Puce, une Franco-Américaine de bientôt dix-huit ans qui termine ses études secondaires dans un lycée huppé qui "coûte la peau des fesses" et auquel elle n'a pu avoir accès que parce que sa mère y enseigne. La jeune fille commence "tout doucement" à cogiter sur le parcours universitaire qui se profile à l'horizon.

Ce récit se lit aisément ; Puce y relate ses joies, ses peines, ses déboires, ses souffrances, ses bonheurs - petits ou grands  -, l'amitié, l'amour...

  "Dans ce blog, je vais parler de ma vie, mais aussi de la vie. Parce que ce qui compte quand on navigue, ce n'est pas le bateau. C'est l'océan, l'équipage, et les étoiles au-dessus de nos têtes." [p. 8]

 

L'équipage en question, à savoir ses amis, occupe une place prépondérante dans sa vie : Sara, Vaneck et Soupe, le "FPC", Forever Pals Club, le Club des Amis pour Toujours. Chacun a dû trouver sa place au fil des ans au sein de la hiérarchie codée du lycée : les freshmen - au bas de l'échelle -, les sophomores, les juniors et enfin, les seniors, stade ultime enfin atteint par le quatuor. Celui-ci n'appartient à aucune des cliques recensées en lycée ; ni Populaires, Artistes ou Athlètes, pas plus que Hipsters ou Nerds :

  "Mes amis et moi, on est à mi-chemin entre les Nerds et les Populaires. On fait des soirées vidéo et plateau télé, mais on va à des fêtes aussi. On fait nos devoirs, mais ça nous arrive de nous planter aux exams. On n'est pas les plus populaires, mais on connaît tout le monde. On ne passe pas notre temps à coucher les uns avec les autres, mais on peut parler de sexe sans rougir." [p. 24]

 

Puce ("comme le son "u" n'existe pas en anglais, la plupart de mes amis m'appellent "Pouce". Résultat des courses, quand je n'ai pas un nom de plante ou un nom de bestiole qui gratte, j'ai un nom de doigt." [p. 21]) est dans une période de son existence où elle se cherche ; à certains moments, elle "se trouve", à d'autres non, à d'autres encore, elle se découvre en (in)adéquation avec l'image que les autres ont d'elle...

J'ai apprécié découvrir certaines coutumes américains dont je n'avais jamais entendu parler ; j'ai surtout aimé l'humour qui se dégage du texte.

Le seul léger bémol est que dans la première partie du récit, Capucine a, me semble-t-il, des réflexions de "gamine" qui cadrent peu avec une personnalité de dix-sept ans alors que, par la suite, elle gagne en maturité. Selon moi, cette évolution est trop rapide, à tel point que l'on a presque l'impression de voir se dérouler les (més)aventures de deux personnes différentes. J'ai de loin préféré la Capucine plus mature, celle qui voit s'ouvrir devant elle des sentiers nouveaux...

Un grand merci aux éditions Nathan pour ce partenariat.

Parution : le 2 mars.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (10/20).

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11:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2017

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, Martin Michaud

Présentation. Quand elle se réveille sur un lit d'hôpital, Simone Fortin apprend qu'elle a été victime d'un chauffard et sort tout juste du coma. Et pourtant, elle est persuadée d'avoir passé les 24 dernières heures avec un inconnu, Miles. Incapable d'accepter que cette rencontre n'était que le fruit de son imagination, elle va tout faire pour le retrouver... Et s'il ne s'agissait pas que d'un accident ? Et si le chauffeur de la voiture lui voulait du mal ? Y aurait-il un lien entre cette affaire et les meurtres des deux hommes tués exactement de la même manière à une journée d'intervalle ?

C'est ce que tente d'élucider le commissaire Victor Lessard, pour faire oublier sa dernière bavure mais aussi pour ne pas penser à l'échec de sa vie familiale. Jusqu'à ce que son propre fils soit mêlé à ses recherches...

Une jeune femme lancée à la poursuite d'un homme qui pourrait ne pas exister. Un enquêteur de la police de Montréal sur deux affaires inquiétantes. Un chasseur impitoyable qui pense que chacun doit payer pour ses fautes. Trois destins qui vont se croiser inéluctablement, pour le meilleur et pour le pire...

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Mon avis. Après la lecture de S.A.S.H.A. et Sous la surface,  je poursuis ma découverte d'un des maîtres québécois du thriller avec la première enquête de Victor Lessard (tant qu'à faire, je compte les lire dans l'ordre).

Victor Lessard est un "flic de son temps" : à l'instar de bon nombre de policiers de papier contemporains, il est cabossé, pas toujours droit dans ses bottes, ni dans sa tête d'ailleurs ; il lui arrive de flirter avec la ligne rouge...

Par touches infimes, l'auteur dessine l'immense toile de cette histoire qui entraîne le lecteur sur des sentiers inexplorés, ceux qui font la part belle au fantastique ; parallèlement à l'enquête qui le conduit dans de multiples directions, Lessard essaie de garder la tête hors de l'eau car son existence, dans laquelle l'alcool avait pris une (trop) grande place, s'effiloche, c'est le moins que l'on puisse dire : il en est réduit à s'arrêter devant la maison de son ex-femme afin de grappiller de fugitives images de sa famille...

"Il se sentit tout à coup découragé. Il n'y arriverait pas. Il pensa à se cacher sous les couvertures avec un verre. Un tout petit verre de rien du tout.

   Ne gâche pas tout, Lessard." [p. 67]

 

Il semble que les crimes sur lesquels le commissaire est chargé de faire la lumière soient liés, d'une manière ou d'une autre, à Simone Fortin (la narration en "je" de l'histoire), la jeune femme qui, renversée par un chauffard, vient de sortir du coma et met tout en œuvre pour retrouver un certain Miles avec qui elle a passé une journée mémorable. Le hic, c'est que personne ne semble le connaître...

J'ai vraiment passé un très bon moment en compagnie de Victor Lessard, son équipe, ainsi que les autres protagonistes, victimes ou non ; difficile de lâcher le livre une fois commencé. Cerises sur le gâteau : le vocabulaire et les expressions québécois que je prends plaisir à découvrir.

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 comme "lecture supplémentaire".

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14:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

17/02/2017

Juste à temps, Philippe Curval

Présentation. Parvenu à l'âge des bilans, Simon Cadique, réalisateur de séries télé, décide de se lancer dans la réalisation d'un film dont le sujet lui tient à cœur : rendre hommage à des figures injustement oubliées par l’histoire. Les frères Caudron, deux fils de la paysannerie picarde, furent à l’aube du XXe siècle des pionniers de l’aviation. Les machines volantes qu’ils fabriquaient prenaient leur envol au-dessus des plages de la baie de Somme. Lorsque Simon retourne dans ces lieux imprégnés des souvenirs de sa jeunesse, un phénomène étrange se produit : de mystérieuses marées du temps surgissent, brassant les années, contaminant le passé, le présent, le futur. Amitiés, richesses, amours, filiations : toutes les cartes sont en passe d'être rebattues.

Mon avis. Je ne suis jamais vraiment rentrée dans le récit...

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Le propos est très intéressant : le projet de réalisation d'un film hommage aux frères Caudron (dont je n'avais jusqu'alors, je le reconnais, jamais entendu parler) sur les lieux mêmes où ces agriculteurs ont pris leur envol (!), à savoir la plage du Crotoy, mis en œuvre par Simon Cadique, ballotté par des marées qui projettent les êtres humains dans le temps, tantôt dans le passé, tantôt dans le futur...

Ces voyages temporels seront pour lui l'occasion de découvrir "en temps réel" les deux héros de son film, ainsi que des "exilés" du temps, avec un décor qui prend vie et en devient presque un (superbe) personnage : la baie de Somme et plus particulièrement Le Crotoy.

J'ai l'impression d'avoir été moi-même balancée de droite et de gauche par ces mouvements temporels, n'arrivant jamais à m'arrimer solidement, si bien qu'à certains moments, je tournais allègrement les pages, tandis qu'à d'autres, je m'enlisais dans les mots. J'ai finalement jeté l'éponge après avoir lu près de 400 pages mais je suis persuadée qu'il ne s'est agi que d'une question de "timing" (!) : ce ne devait pas être pour moi le bon moment pour le lire...

Merci au Livre de poche pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (6/24).

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12:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/02/2017

Canicule, Jane Harper

Présentation. Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

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Mon avis. Le livre est à l'image de la couverture : un régal, idéal pour réchauffer nos soirées d'hiver (à l'instant où j'écris ces lignes, il neige et l'osso bucco mijote).

Dès le prologue, j'ai été happée par le récit, agacée de devoir en interrompre la lecture pour "vaquer aux tâches du quotidien" : le triple meurtre qui ébranle Kiewerra y est évoqué. La scène s'inscrit d'emblée dans l'esprit du lecteur, figée dans la chaleur accablante du lieu, avec pour seuls mouvements le ballet des mouches qui ont commencé leur festin, accompagné des pleurs du bébé...

Ce drame est "l'occasion" pour Aaron Falk de revenir malgré lui "au pays", un endroit qu'il a quitté vingt ans auparavant en compagnie de son père, après que les choses ont "dérapé" suite à la mort suspecte d'une de ses proches amies. Or Luke Hadler, celui qui a tué femme et enfant avant de se donner la mort, est son ami d'enfance, celui qu'il a perdu de vue lors de son départ, même s'ils se voyaient très épisodiquement lorsque Luke se rendait à Melbourne où Aaron exerce son métier d'agent fédéral dans le service du renseignement financier.

Aaron a fait ce qu'il a pu pour "se défiler", de nouveau prêt à invoquer le prétexte du travail pour éviter de se rendre aux funérailles, jusqu'à ce qu'il reçoive ces quelques mots du père de Luke : "Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…"

Falk est donc présent : "Il jeta un coup d’œil à la route qui menait à la sortie de la ville, puis regarda sa montre. Les obsèques, la veillée funèbre, une nuit sur place, et salut la compagnie. Il calcula : dix-huit heures. Pas une de plus." [p. 12]

Il a à peine franchi la porte de l'église que certains le reconnaissent et la mémoire des "éventuels distraits" sera bien vite rafraîchie lorsque seront projetées d'anciennes photos. L'atmosphère déjà oppressante en raison de la sécheresse va s'alourdir durant tout le récit : on sent que la moindre étincelle mettra le feu aux poudres (dans tous les sens du terme).

  "- Dieu sait que ce n'était déjà pas terrible avant. Tout le monde n'avait que deux choses en tête : le fric et la sécheresse. Et puis voilà que nous tombe dessus cette histoire avec Luke et sa famille. C'est horrible, Aaron. Absolument horrible. On n'arrête pas d'y penser. On se traîne tous comme des zombies. Sans savoir quoi dire ni quoi faire. On se surveille les uns les autres. En essayant de deviner qui sera le prochain à péter les plombs." [p. 23]

 

Lorsque des secrets (que l'on espérait) enfouis dans le passé refont surface, couche après couche, à l'instar d'un oignon dont on ôte pelure après pelure, le risque d'ex/implosion est grand. Nombreux sont ceux qui mettent en garde Falk, dont les moindres déplacements sont épiés, surtout lorsqu'il décide de "donner un coup de main" au sergent Greg Raco débarqué récemment au commissariat, histoire d'être bien certain que les conclusions de l'enquête relative au triple homicide ne souffrent aucune incertitude.

Point d'action effrénée ici, point de courses-poursuites, mais un lieu chauffé à blanc qui porte sur les nerfs de tous et un passé qui resurgit constamment, entre autres via des passages en italiques, et pourrait bien éclairer le présent. Au point que le lecteur se perd en conjectures, allant jusqu'à soupçonner tour à tour bon nombre des protagonistes...

  "Il se peut que la personne qui se trouvait ici ce jour-là n'ait pas tué le bébé tout simplement parce qu'elle n'avait pas besoin de le faire, lâcha finalement Falk. Il n'y avait rien de personnel là-dedans. Peu importe qui vous soyez, les enfants de treize mois ne font pas de bons témoins." [p. 62]

 

Un livre que je vous recommande ; un grand merci à Babelio et aux éditions Kero pour ce partenariat.

Traduction : Renaud Bombard.

Titre VO : The Dry.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" et comme lecture supplémentaire dans le challenge de la Licorne.

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14:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

09/02/2017

La journée de Cookie et Nougat, Marc Clamens et Laurence Jammes

Présentation. Connais-tu Cookie et Nougat ?

Pour savoir ce que ces deux hamsters font de leurs journées, ouvre ce livre animé, soulève les volets, tire les tirettes...

Et découvre le monde de ces petits animaux de compagnie!

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Mon avis. Un bel album cartonné qui ravira les petits...

Les journées de Cookie et Nougat sont bien remplies entre jeux divers, baignades et repas ; les deux charmants personnages évoluent dans un décor superbement coloré qui s'escamote à qui mieux mieux, leur permettant ainsi de jouer à cache-cache avec les jeunes lecteurs et offrant à ceux-ci l'occasion de manipuler la balançoire à bascule, faire tourner la roue ou encore soulever les volets afin de retrouver les petits chenapans...

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce livre entre dans le challenge "Un mois = une illustration" : dominante de blanc pour cette session 20.

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19:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/02/2017

Soul breakers, Christophe Lambert

Présentation. Un voyage épique dans l’Amérique des années 1930, et au cœur des âmes humaines.
USA, 1936.
Des milliers d’Américains victimes de la Grande Dépression sont jetés sur les routes. Parmi eux, Teddy Gentliz, 15 ans, voyage vers la Californie avec son père et sa petite sœur Amy dans l’espoir d’une vie meilleure.
En Arizona, la famille croise un étrange groupe de forains et son charismatique chef : Sirius Huntington. Après avoir assisté à leur spectacle, Amy est soudainement frappée par un mal mystérieux…
Persuadé que les forains ont volé l’âme de sa sœur, Teddy se lance à leur poursuite à travers les États-Unis.
Sur son chemin, entre dangers, amitiés, amour et magie, l’adolescent va faire l’apprentissage intense du monde. Et de lui-même.

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Mon avis. Une agréable aventure qui devrait plaire aux 12 - 14 ans...

Nous sommes aux États-Unis durant la Grande Dépression. Teddy a quatorze ans et vit en compagnie de son père et sa petite sœur Amy dans un camp de migrants qui font route vers la Californie où ils espèrent trouver du travail.

Au cours d'une étape, ils croisent la route d'un groupe de forains ; les deux enfants assistent au spectacle et le lendemain, Amy a perdu toute énergie. Pour Teddy, il ne fait aucun doute que la petite fille est victime d'un sort lancé par les forains mais comment se faire entendre ? Et que faire pour qu'Amy recouvre l'esprit ?

L'adolescent n'a d'autre choix que de partir à la recherche des saltimbanques pour espérer conjurer le sort. De quelle manière ? Nul ne le sait mais Teddy se fait fort d'essayer. Il laisse donc derrière lui son père et le corps désormais amorphe d'Amy et entreprend un long voyage dont il risque de ne pas revenir...

Plutôt que l'aspect fantastique du récit, c'est davantage l'épopée entreprise par l'adolescent qui m'a plu : il se retrouve seul, tantôt sur des routes désertiques, tantôt en ville, là où le guettent de nombreux dangers. Obligé de se débrouiller, il sera confronté à l'adversité ; d'un autre côté, les rencontres se succèdent et lui ouvrent les portes de l'amitié : je retiens tout particulièrement deux personnalités très attachantes, à savoir Duca, le sympathique écrivain en herbe, ainsi que Chef, l'Indien mystérieux.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (9/20), "Littérature de l'imaginaire" (5/24) et "de la Licorne" (Fantastique).

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21:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/02/2017

Patients, Grand Corps Malade

Présentation. À tout juste 20 ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu'on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d'une renaissance.

Patients.jpgMon avis. Indépendamment des dernières phrases qui m'ont amené quelques larmes au bord des yeux, je retiens de ce témoignage les sourires qui en imprègnent les pages...

Un souvenir reste à jamais gravé en moi à propos de Grand Corps Malade : j'étais allée le découvrir au théâtre royal de Mons alors que sa carrière en était à ses balbutiements. Je ne connaissais que ses Voyages en train et je me déplaçais déjà en chaise roulante. Soudain, le choc. Les larmes surgissent, s'écoulent. Lentement. Sûrement. J'entends pour la première fois Sixième sens. Et je me le prends en pleine figure, ce sixième sens. Il évoque tant de choses en moi. Une résonance.

Le film tiré du livre Patients sera présenté lors de cette édition 2017 du Festival du Film d'Amour. J'irai le voir. Mais auparavant, je souhaitais avoir lu le livre. C'est désormais chose faite.

Ce témoignage ne sombre jamais dans le pathos, il dépose des mots sur des maux ; un regard de l'intérieur alors que le futur en apparence tracé a fui, redistribuant les cartes de l'existence du jeune homme.

Une scène m'a d'emblée marquée : la vision du plafond qui durant des semaines est le seul horizon qui s'offre à lui. J'ai envie de retenir les traces d'humour présentes à travers le texte, cet humour qui aide à "tenir", même s'il se mue parfois en cynisme.

  "Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l'horloge. La patience est un art qui s'apprend patiemment." [p. 39]

  "Un jour, il m'a dit : "Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent pour la première fois, tu n'es rien d'autre qu'un handicapé. Tu n'as pas d'histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s'ils prennent un peu le temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l'humour, si tu es dépressif... Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s'ajoute à ton statut de handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois..."

   J'ai trouvé ça intéressant et très utile pour la suite. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la côtoyer, le statut de handicapé (surtout en fauteuil roulant) est tellement marquant (effrayant, dérangeant) qu'il masque complètement l'être humain qui existe derrière. On peut pourtant croiser chez les personnes handicapées le même genre de personnalités qu'ailleurs : un timide, une grande gueule, un mec sympa ou un gros con." [p. 66 - 67]

  "Je les verrai toujours comme des icônes de courage, mais pas un courage de héros, non, un courage subi, forcé, imposé par l'envie de vivre." [p . 166]

20:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/01/2017

La fortune des Rougon, Émile Zola

Présentation. Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d’État du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman...

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Mon avis. Je renoue avec mes anciennes amours : je me suis en effet volontairement replongée dans ce premier tome de la saga des Rougon-Macquart.

Zola et moi, c'est une histoire qui avait (très) mal démarré : j'avais quinze ans lorsque j'ai dû lire Le rêve. Ma réaction a très vite été la suivante : plus jamais, je ne lirai du Zola. Suite à cette expérience, je reste d'ailleurs persuadée qu'il ne faut jamais brûler les étapes : vouloir aller trop vite, c'est risquer de dégoûter les élèves plutôt que de les amener à la lecture...

Ce n'est que lorsque j'ai commencé les romanes que j'ai lu les Rougon-Macquart en commençant par celui qui m'a "ouvert la porte" des autres : Germinal. Inoubliable. Hormis La débâcle que j'ai abandonné en cours de route (un titre prédestiné) et que je n'ai, depuis lors, toujours pas découvert, j'ai lu tous les autres : ayant décidé de faire mon mémoire sur Le docteur Pascal (le 20e), je me devais d'avoir lu les précédents.

J'ai quand même toujours une appréhension avant de relire des classiques (beaucoup) appréciés en leur temps car il arrive que je n'y retrouve plus le charme du passé ; c'est ainsi que j'avais été quelque peu déçue lors de la relecture de L’œuvre ; ce fut bien pire lors de ma relecture de Salammbô. Allais-je de nouveau apprécier ce tome d'ouverture ?

Verdict ? J'ai de nouveau passé un "bon" moment en compagnie des fondateurs du clan mémorable (les guillemets s'expliquent en raison des traits de caractère "particuliers" de certains/bon nombre des membres de cette famille).

Le récit commence avec l'évocation de l'aire Saint-Mittre, lieu de rencontre de Silvère et Miette, deux jeunes de 17 et 13 ans que la vie a déjà bien malmenés et qui trouvent l'un en l'autre du réconfort. Impossible de rester insensible face à ces deux enfants apparemment déjà marqués par le sceau de la fatalité...

Silvère descend des Macquart par sa mère, Ursule, la fille de la matriarche Adélaïde Fouque ; il vit désormais auprès de sa grand-mère qu'il surnomme affectueusement Tante Dide et dont il adoucit les vieux jours. Pétri par des idées de liberté, le jeune homme rejoint les rangs des résistants au coup d’État du 2 décembre 1851. Les pages consacrées à Silvère et Miette sont touchantes et instillent un peu d'humanité dans ce tome où la joie de vivre est absente, c'est le moins que l'on puisse dire...

Pas un pour rattraper l'autre dans cette famille : Pierre Rougon est un être faible, habilement manipulé par Félicité  - rarement la signification d'un prénom fut à ce point aussi peu en accord avec la personnalité d'un personnage -, animé uniquement par l'appât du pouvoir ; il arrive rapidement à spolier sa mère et son demi-frère. Quant à Antoine Macquart, il excelle dans l'oisiveté et l'art de dépenser pour lui seul ce que sa famille a durement gagné. Ursule s'est mariée relativement vite pour échapper aux brimades de ses frères et meurt précocement.

 

J'ai retrouvé dans ce premier opus la Félicité dont j'avais gardé le souvenir suite à mon travail sur Le docteur Pascal : sèche comme une trique, amère, envieuse, habile stratège qui attend de ses enfants un "retour sur investissement". Voilà pourquoi Pascal ne trouvera jamais grâce à ses yeux.

La plume de Zola décrit de façon minutieuse lieux, personnages et états d'âme ; j'ai quand même trouvé (particulièrement) longs deux passages en particulier : l'évocation des discussions dans le "salon jaune" qui suinte l'aigreur tous azimuts, et celle de la rencontre entre Silvère et Miette et leur "apprivoisement" respectif.

  "Pascal fixait un regard pénétrant sur la folle, sur son père, sur son oncle ; l'égoïsme du savant l'emportait ; il étudiait cette mère et ces fils, avec l'attention d'un naturaliste surprenant les métamorphoses d'un insecte. Et il songeait à ces poussées d'une famille, d'une souche qui jette des branches diverses, et dont la sève âcre charrie les mêmes germes dans les tiges les plus lointaines, différemment tordues, selon les milieux d'ombres et de sommeil. Il crut entrevoir, comme au milieu d'un éclair, l'avenir des Rougon-Macquart, une meute d'appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d'or et de sang." [p. 416 - 417]

  "Enfin, ils mordaient aux plaisirs des riches ! Leurs appétits, aiguisés par trente ans de désirs contenus, montraient des dents féroces. Ces grands inassouvis, ces fauves maigres, à peine lâchés de la veille dans les jouissances, acclamaient l'empire naissant, le règne de la curée ardente. [...] Et, au loin, au fond de l'aire Saint-Mittre, sur la pierre tombale, une mare de sang se caillait." [p. 434 - 435].

 

Ce titre entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" [titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session] et "Comme à l'école" [lettre "F"].

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C'était aussi une lecture commune ; voici l'avis de Flo_bouquine ;

15:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

27/01/2017

Viens avec moi, Castle Freeman Jr.

Présentation. Au fin fond du Vermont, la jeune Lillian est devenue la cible de Blackway, le truand local. Alors que le shérif se révèle impuissant, Lillian se tourne vers un étrange cénacle. Sous la houlette de Whizzer, ancien bûcheron en chaise roulante, quelques originaux de la région se réunissent chaque jour dans une scierie désaffectée. Avec ses deux anges gardiens peu ordinaires : un vieillard malicieux, Lester, et un jeune garçon, Nate, plus baraqué que fut, Lillian se met à la recherche de Blackway dans les sombres forêts qui entourent la ville. De bar clandestin en repaire de camés, la journée qui s’annonce promet d’être mouvementée, l’affrontement final terrible.

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Mon avis. Thriller ? Nenni. Roman noir ? Oui. Ou plus exactement gris foncé...

L'intrigue tient en quelques mots : ceux présentés sur la quatrième de couverture. Ni plus. Ni moins. Inutile de chercher autre chose, vous seriez déçus. Et je reconnais que j'en attendais (aussi) autre chose...

Les mots qui me viennent à l'esprit suite à cette lecture sont "atmosphère" et "rien". "Atmosphère" car celle qui imprègne le récit est tout à fait particulière : elle colle à la peau, elle sent la sueur et le glauque dans le "trou du cul de l'Amérique (très) profonde" alias Est Connardville. "Rien" car il ne se passe rien, hormis la "balade" de Lillian, jeune femme décidée à ne pas se laisser faire (Clint Eastwood dirait - cf. Gran Torino - que Blackway est tombé sur celle qu'il ne fallait pas faire chier), Lester, le vieux briscard pire salopard et le grand Nate sur le chemin qui conduit à Blackway (!).

On attend donc la confrontation entre le trio et la crapule du cru, un périple entrecoupé par les dialogues (de sourds) de Whizzer et ses comparses demeurés dans la scierie désaffectée devenue leur point de ralliement. Confrontation (trop) vite expédiée, selon moi.

Un petit air de Des souris et des hommes avec ce récit bref que j'aurais davantage apprécié si l'intrigue avait été un tantinet plus étoffée.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Fabrice Pointeau.

Titre VO : Go with me (2008).

19:15 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/01/2017

Les petites reines sur les planches...

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Les petites reines, c'est un roman de Clémentine Beauvais qui fut pour moi un véritable coup de cœur ; il a reçu le prix de "meilleur livre jeunesse 2015", élu par la rédaction du magazine Lire.

L'aventure continue pour Mireille (Laplanche - un nom prédestiné -), Hakima et Astrid puisque le livre est aujourd'hui adapté au théâtre par Justine Heynemann et Rachel Arditi, dans une mise en scène de Justine Heynemann assistée de Pauline Susin, avec Rachel Arditi, Justine Bachelet, Barbara Bolotner, Manon Combes et Mounir Margoum.

À découvrir le 7 mars au théâtre Montansier à Versailles - infos disponibles ICI - et d'une manière générale dans la région parisienne dès le mois prochain.

 

17:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/01/2017

Blue, Camille Pujol

Présentation. Blue n’est pas une adolescente comme les autres. À seulement 17 ans, elle dissimule un lourd secret qui l’a obligée à changer brutalement de vie, à déménager avec ses parents et son jeune frère, et à rester discrète pour ne pas attirer l’attention.

Mais ses mystérieux cheveux bleus captent inévitablement tous les regards et attisent la curiosité des élèves de son nouveau lycée. Et comment se fondre dans la masse alors que son ex violent refait surface et que Nathan, un jeune homme à la réputation sulfureuse, a décidé de la percer à jour ?

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Mon avis. Le contenant, oui ; le contenu, nettement moins...

J'ai d'emblée tiqué avec la 4e de couverture ("rester discrète pour ne pas attirer l'attention" en se teignant les cheveux en bleu ?) mais j'étais intriguée et je me suis dit que ce roman pourrait peut-être plaire à mes élèves ; je m'y suis donc lancée, grâce à ce partenariat avec les éditions Michel Lafon.

Blue débarque dans un nouveau lycée à Toulouse alors que l'année scolaire touche à sa fin ; constamment sur la défensive, elle semble ne pas vouloir frayer avec les autres lycéens.

Dès la première heure, elle tombe sur Nathan, le bad boy du bahut (belle allitération, n'est-ce pas ?) et... et... eh bien oui, tout est (déjà) dit, ou presque. Oh, bien sûr, les secrets de l'un et l'autre ne seront que progressivement dévoilés, mais quand même, l'histoire est cousue de fil blanc bleu.

Ce n'est pourtant pas à cause de cela que le bât m'a blessée : l'écriture est désespérante. J'avais l'impression de lire le premier jet d'une copie d'élève : phrases courtes, accumulation de faits lancés sur papier sans aucune recherche stylistique, dialogues peu vraisemblables à travers lesquels l'adjectif "lunatique" est poussé à la puissance 10 ("je le déteste, il m'exaspère, je veux l'étriper"... et à la ligne suivante "d'accord, je lui réponds en souriant"). S'ajoutent les clichés, les situations invraisemblables - y compris jusque dans des détails de la vie en lycée -, la vitesse phénoménale avec laquelle s'enchaînent les événements...

J'ai donc fini par faire quelques recherches sur l'auteure : hé bien voilà, j'avais "tout bon", elle est âgée de seize ans ; ceci explique cela... mais pas - ce n'est que mon avis - la publication.

Seul l'épilogue s'approche de ce que pourrait être la réalité ; j'ai en effet poursuivi ma lecture jusqu'à l'ultime page car - et c'est là le seul point positif pour moi - le récit se lit très vite.

Ce titre ne rejoindra pas ceux que je propose à mes élèves. CQFD.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (8/20), "Un genre par mois" (jeunesse/YA pour janvier) et "Un mois = une illustration et/ou un thème" (dominante de bleu).

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13:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |