17/08/2017

The sun is also a star, Nicola Yoon

Présentation. Daniel, 18 ans, est fils de Coréens immigrés à New York. L'année prochaine, il intègrera certainement la prestigieuse Université de Harvard.

Natasha, 17 ans, est arrivée de la Jamaïque dix ans auparavant. Ce soir, elle quittera peut-être les États-Unis pour toujours.

Il croit à la poésie et à l'amour. Elle croit à la science et aux faits explicables.

Ils ont 12 heures pour se rencontrer, se connaître, et s'aimer. Au-delà des différences.

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Mon avis. Un très bon moment de lecture...

Après avoir beaucoup apprécié Everything, everything, je craignais d'être déçue par ce roman ; il n'en fut rien.

J'ai pourtant eu un peu de mal à entrer dans le texte car les chapitres alternent le point de vue de Daniel et Natasha ; jusque-là, rien de dérangeant - cela devient même habituel dans les romans actuels - mais dans ce cas-ci, ce qui m'ennuyait, c'est que les chapitres du début sont très courts : autrement dit, impossible de "faire vraiment la connaissance" d'un des deux héros que déjà, l'on en arrivait à l'autre. Heureusement, la donne change très vite pour passer à "du plus consistant".

S'installe alors une vitesse de croisière qui alterne donc la vision de chacun, à laquelle s'ajoute, çà et là, le point de vue de l'un ou l'autre "intervenant extérieur", dans une perspective intéressante.

Indépendamment de la relation qui se noue, d'abord laborieusement, entre les deux jeunes gens, le récit met en évidence des problèmes relatifs aux préjugés, qu'ils soient liés à la culture ou à la perception  de l'autre : ainsi, il serait inimaginable pour la famille - coréenne "pur jus" - de Daniel que celui-ci sorte avec une Afro-Américaine. Natasha, quant à elle, rejette en bloc ce qui n'est pas analysable, mesurable, explicable ; de plus, la poésie est pour elle indigne d'intérêt, or Daniel passe son temps à écrire des poèmes dans un petit carnet noir. S'amorce parallèlement une réflexion sur le destin et ce qu'il peut éventuellement initier.

NATASHA

   "Les êtres humains ne sont pas des créatures raisonnables. Au lieu d'être gouvernés par la logique, nous sommes gouvernés par les émotions. Si c'était le contraire, les gens sur cette Terre seraient plus heureux. Par exemple, à cause d'un simple coup de téléphone, j'ai commencé à espérer un miracle.

   Je ne crois même pas en Dieu." [p. 65]

DANIEL

   "Un adolescent du coin prend une décision critiquable.

   Ma mère, qui est si pacifiste, me tuerait si elle savait ce que je viens de faire. J'ai décalé l'horaire de mon entretien. Pour une fille. Même pas une Coréenne, mais une Noire. Une fille noire que je ne connais pas vraiment, et qui peut-être ne m'apprécie même pas." [p. 153]

 

La relation entre les deux adolescents progresse par petites touches : si Daniel est presque conquis d'avance, il devra faire preuve d'ingéniosité et d'un humour délicieux pour briser les défenses de Natasha.

  NATASHA

   "Il trouve que mes cheveux sentent la pluie printanière. Je m'efforce de rester stoïque et indifférente. Je garde à l'esprit que je n'aime pas le langage poétique. Je n'aime pas la poésie. Je n'aime pas les gens qui aiment la poésie.

   Mais je ne suis pas morte au fond de moi pour autant." [p. 191]

DANIEL

  "Bien qu'elle me l'ait interdit, je la dévisage. J'adore la manière dont elle a l'air de ressentir les choses avec son corps tout entier. Et je me demande pourquoi une fille qui est si manifestement passionnée est si résolument opposée à la passion." [p. 204]

 

La question n'était pas de savoir s'ils allaient tomber amoureux, mais plutôt de voir ce qu'il allait advenir à la fin de la journée puisque la famille de Natasha va être expulsée. Prendre le parti de réussir à empêcher l'expulsion, c'eût été trop fleur bleue et les séparer en fin de journée, c'eût été bien triste. Je me demandais comment l'auteure allait s'en sortir et ma foi...

Traduction : Karine Suhard-Guié.

Titre VO : The sun is also a star (2016).

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (24/20).

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17:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/08/2017

Artis ou Les tribulations orientales d'un jeune homme de bonne fortune, Bruno Albert-Gondrand

Présentation.

   Chers parents, chers voisins,

   Ma petite maison, avec mon chat, mon jardin et son petit arbre au milieu, est sûrement le lieu le plus délicieux en ce bas monde. L'ennui, hélas, me tient compagnie. Je pars mener ce mauvais sentiment un peu plus loin pour m'en débarrasser sur le chemin du retour.

   À tout de suite,

   Aristide de Bonne-Fortune.

Ici même, le 28 septembre 1759

   N.B. : Il reste de la soupe de potiron dans la marmite sur le poêle. Ne pas donner de poisson au chat.

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Mon avis. Mi-figue, mi-raisin...

Ce récit m'apparaît comme une sorte de réécriture de Candide qui a ici les traits d'Aristide de Bonne-Fortune, alias Artis, un adolescent qui décide de partir à l'aventure car il s'ennuie dans son jardin "avec un arbre au milieu". Ses pas le mènent jusqu'à l'Amphitrite, "un remarquable petit navire de charge construit sur le modèle des flûtes hollandaises". [p. 13]

Le bateau conduit vers l'Asie le jeune Artis et ses compagnons (d'infortune), François-Marie de Maubriand, (pseudo) chevalier de Sa Majesté le roi et le docteur Magnolet, (pseudo) médecin et chirurgien du roi. Les (més)aventures s'enchaîneront alors.

Les tribulations de ce trio font inévitablement penser à celles vécues par Candide dès lors qu'il est chassé du château de Thunder-ten-tronckh ; en outre, Artis - d'humeur toujours égale - réussit, sans le vouloir, à se dépêtrer de situations rocambolesques et dramatiques. S'ajoute une langue truculente, l'humour parfois grinçant et l'exagération qui font partie intégrante du conte philosophique, ainsi que la dénonciation des travers de la société. La guerre déclenchée pour des motifs ridicules en est un exemple.

Pourquoi donc évoquer un avis mitigé, me direz-vous ? Tout simplement parce que l'ensemble m'a paru long et qu'à certains moments, je n'ai moi-même pas échappé à l'ennui que voulait fuir le jeune Artis. Or ce récit est destiné aux adolescents, je me demande donc dans quelle mesure ils ne risquent pas, eux aussi, d'être parfois lassés par le propos...

Merci aux éditions HongFei pour ce partenariat.

 

Ce texte entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (23/20) et "Comme à l'école" (vêtement).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

13/08/2017

Le Cercle, Bernard Minier

Présentation. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

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Mon avis. Un seul mot : excellent !

Mieux vaut tard que jamais : voici belle lurette que je souhaitais découvrir Bernard Minier et l'occasion m'en a été donnée par mon kiné qui me l'a prêté pour les congés (merci, Gilles). Un roman comme je les aime : un de ceux dans lesquels on entre sitôt les premières pages tournées. Oh bien sûr, je sais que celui-ci est le deuxième opus des aventures de Servaz mais peu importe...

Le livre commence avec l'évocation d'une captivité (Dans la tombe) : une femme est enfermée depuis des semaines, (des mois ?) par un malade qui "joue avec elle" comme un chat avec une souris et lui fait subir de nombreux sévices. Les pages relatives à cette captivité reviennent de temps à autre au cours du livre, à l'instar d'un "fil rouge".

Focus ensuite sur Servaz qui se retrouve aux prises avec un passé qu'il croyait avoir tenu à distance lorsqu'une ex-amie, qu'il n'a plus revue depuis une bonne vingtaine d'années, le contacte et lui demande de l'aide : son fils est accusé d'un meurtre particulièrement horrible. Or elle est tout à fait certaine qu'il est incapable d'avoir commis ce crime.

C'est ainsi qu'il va œuvrer afin que l'enquête lui soit dévolue et se rend à Marsac, où sa fille Margot poursuit ses études : "Marsac était la meilleure prépa de la région. La plus exigeante. Il fallait faire preuve d'excellence pour y être admis. Servaz lui-même l'avait été vingt-trois ans plus tôt, à l'époque où il voulait devenir écrivain. Au lieu de ça, il était devenu flic." [p. 70]

 

Ce récit est d'une efficacité redoutable : il harponne le lecteur pour ne plus le lâcher, le secouant dans tous les sens au fur et à mesure que surgissent les embryons de piste et chaque fois que Servaz et ses coéquipiers  - Vincent Espérandieu (!) et Samira Cheung - pensent tenir le bon bout, un morceau du puzzle échappe à l'ensemble. "Cerise sur le gâteau" : l'ombre (?) de Julian Hirtmann, le tueur en série de Glacé échappé du centre psychiatrique où il était détenu, (semble) plane(r) aux alentours...

  "Il avait quelques heures devant lui. Il allait en profiter pour dormir un peu. Puis il se dit qu'il n'y arriverait probablement pas. Il songea à Hirtmann. Le Suisse occupait toutes ses pensées." [p. 146]

  "Peut-être qu'il se faisait des illusions, se dit-il en se faufilant sur la rampe de sortie. Peut-être qu'il avait tendance à compliquer les choses. Peut-être que Hirtmann n'avait rien à voir là-dedans... Vincent avait raison : comment l'aurait-il pu ? Mais peut-être aussi que c'était lui qui avait raison et qu'ils avaient tous tort, raison de regarder dans son dos, raison d'être sur ses gardes, raison d'appréhender l'avenir.

   Raison d'avoir peur." [p. 334]

 

J'ai aimé le foisonnement des pistes susceptibles de mener au(x) coupable(s) potentiel(s), les personnages et leurs (profondes) fêlures ainsi que l'atmosphère oppressante qui imprègne le récit ; j'ai en outre beaucoup apprécié m'être laissé mener par le bout du nez.

Je lirai la suite puisque c'est le double volume (Le Cercle/N'éteins pas la lumière) édité par France Loisirs qui m'a été prêté : à bientôt, Martin Servaz...

19:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

06/08/2017

Les archives de Roshar, tome 2 : Le Livre des Radieux, 1, Brandon Sanderson

Présentation. Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.

Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des Rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

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Mon avis. Un plaisir de me replonger dans cet univers haut en couleur...

Ce volume se centre cette fois principalement sur Shallan et Kaladin. La jeune fille continue sa formation auprès de Jasnah et se retrouve confrontée à un sprène bien "sympathique", le bien nommé Motif.

  "Tandis que le dernier trait séchait, le motif se suréleva devant elle. Elle entendit un soupir très net s'échapper du papier, comme sous l'effet du soulagement.

   Elle sursauta, laissa tomber la page et se précipita sur son lit. Contrairement aux fois précédentes, le relief ne s'évanouit pas, mais il quitta le papier - s'épanouissant à partir de son dessin - et se déplaça sur le sol.

   Elle ne pouvait pas le décrire autrement. Le motif se déplaça curieusement du papier vers le sol. Il atteignit le pied de sa couchette et s'y enroula, puis grimpa vers le haut jusqu'à sa couverture. Il ne donnait pas l'impression que quelque chose se déplaçait sous la couverture ; ce n'était qu'une approximation grossière. Les lignes étaient bien trop précises et le tissu ne se tendait pas. Un objet se trouvant sous la couverture n'aurait formé qu'une masse indistincte, mais cette forme-ci était précise.

   Il s'approcha. Il ne semblait pas dangereux, mais elle se surprit à trembler malgré tout. Ce motif-là était différent des têtes de symbole de ses dessins mais il leur était également semblable, d'une certaine façon : une version aplatie, sans torse ni membres. C'était une abstraction de l'un d'entre eux, de la même façon qu'un cercle contenant quelques traits pouvait figurer un visage humain." [p. 85 - 85]

 

Motif devient en quelque sorte l'interlocuteur privilégié de Shallan à l'instar de Syl - toujours délicieuse - pour Kaladin. Une aide bienvenue pour la jeune fille obligée de grandir (encore) plus vite que prévu. Son personnage évolue beaucoup dans ce volume : elle aura fort à faire pour (tenter de) perdre sa naïveté et donner une image d'elle autre que la réalité. Elle n'a pas le choix, il en va de sa (sur)vie.

Kaladin, pour sa part, a été promu capitaine par Dalinar, au grand dam des pâles-iris pour qui un sombre-iris ne peut "logiquement" pas récolter un tel honneur. Le jeune homme, vénéré par les hommes du Pont Quatre, se débat comme il le peut pour rester fidèle à ses principes tout en (essayant de) témoigner un semblant de respect aux pâles-iris de "moindre qualité". En outre, ses pouvoirs s'expriment parfois malgré lui, ce qui risque de lui porter préjudice. S'ajoute l'animosité d'Adolin...

Quant à Dalinar, il se retrouve en mauvaise posture : même s'il dispose - pour le moment - du soutien du roi Elhokar, la plupart des Hauts Princes se sont ligués contre lui. Par ailleurs, le conflit avec les Parshendis risque de prendre une tout autre tournure et "l'assassin" rôde toujours.

  "Qui est donc cet homme ? se demanda Kaladin en regardant s'éloigner la silhouette de Dalinar Il dirigeait effectivement son camp. On pouvait juger quelqu'un, comme le faisait Kaladin, aux hommes qui le suivaient.

   Cela dit, un tyran pouvait avoir un camp bien organisé et des soldats disciplinés. Cet homme-ci, Dalinar Kholin, avait contribué à unir Alethkar - et il l'avait fait en pataugeant dans le sang. À présent... il parlait comme un roi, même quand le roi en personne se trouvait dans la pièce.

   Il veut reformer les Chevaliers Radieux, songea Kaladin. Ce n'était pas là le genre de tâche que Dalinar Kholin pouvait accomplir par la simple force de sa volonté.

  À moins que d'autres ne l'y aident." [p. 138]

 

J'ai beaucoup aimé retrouver ce monde d'une extrême densité mais certains passages m'ont parfois semblé longs ; de plus, il m'est difficile de rattacher les intermèdes à quelque chose de bien précis, tant ils sont fugitifs. Côté personnages, Kaladin et Syl demeurent mes préférés.

Traduction : Mélanie Fazi.

Titre VO : Words of Radiance (2014).

Un grand merci au Livre de Poche pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (17/24) et "Un genre par mois" (Fantasy, aventure en août).

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12:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/08/2017

La Maison bleu horizon, Jean-Marc Dhainaut

Présentation. Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

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Mon avis. Une découverte à l'image du très beau titre...

Il est rare qu'un roman réussisse à tenir la distance lorsqu'il plonge dans le fantastique ; c'est pourtant ici le cas, et de bien belle manière.

Le lecteur entre d'emblée dans cette maison qui constitue le cadre principal de l'action : on y découvre la famille Anneraux, à savoir la maman, Hélène, la fille, Peggy, le fils, Thomas, la servante, Mélanie, ainsi que le vieux chien, Lascar. Le papa, quant à lui, est parti quelques jours pour affaires. Or il ne donne pas de nouvelles et sa femme n'arrive pas à le joindre ; en outre, une/des "présence(s)" semble(nt) hanter les lieux, perturbant de plus en plus le sommeil de tous. C'est pourquoi, après moult hésitations, Hélène en arrive à contacter Alan Lambin, "enquêteur en phénomènes paranormaux".

  "- Vous savez, s'il n'y avait eu que les bruits, cela ne m'aurait pas poussée à vous contacter. Mon petit garçon, Thomas, voit presque chaque nuit un homme dans sa chambre. Il dit que celui-ci le regarde méchamment, puis semble chercher quelque chose dans la pièce. La nuit dernière, vers cinq heures du matin, il s'est mis à hurler. Il disait que l'homme était encore là. Lorsque je suis arrivée, j'ai entendu des pas, puis la porte de sa chambre s'est refermée brutalement. Alors que nous tentions, la domestique, ma fille et moi, de l'ouvrir avec peine, celle-ci s'est ouverte brusquement." [p. 22]

 

Alan se donne toujours pour mission d'à tout le moins rassurer ceux qui font appel à lui ; si la situation s'avère plus "compliquée", il tâche alors d'aider les "esprits" éventuels à partir en paix. Quoi qu'il en soit, la première chose à faire est d'analyser la situation afin de découvrir si présence(s) il y a. Ce semble être le cas...

J'ai aimé le récit et la manière dont le mystère est habilement entretenu ; j'ai aussi beaucoup apprécié la tension palpable imprégnant cette maison qui devient elle-même un personnage à part entière, d'autant que le froid polaire et la neige tempétueuse coupent tout moyen de communication.

  "Malgré l'obscurité, Alan n'en croyait pas ses yeux. Il était devant une maison conforme aux clichés qu'il avait tant dénoncés. Pour lui, ces lieux hantés dans lesquels il avait tant enquêté n'avaient jamais ressemblé à ça, à toutes ces idées reçues sur ces vieilles habitations assurément "pleines de fantômes". Il expliquait toujours, lors de ses conférences, qu'une maison hantée pouvait être celle de notre voisin. Celle dans laquelle les enfants jouent dans le jardin, devant laquelle nous passons chaque jour sans nous douter des sombres présences qu'elle renferme." [p. 45]

 

Enfin, j'ai été très émue par l'histoire sous-jacente relative à la Grande Guerre, et particulièrement les dernières pages, extrêmement touchantes...

Un grand merci aux éditions Taurnada pour cette très belle découverte ; pour découvrir les origines du roman, c'est ici.

 

Ce roman entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (17/24).

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16:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/07/2017

#Maviederêve, Anna Mainwaring

Présentation. Prenez une école privée de filles et posez-la dans un quartier chic - au hasard, le sud de Manchester -, truffé de stars du foot, de médecins, de dentistes, d'avocats, de présentateurs télé et autres artistes. Tous désireux de voir leur petite princesse devenir la MEILLEURE. Vous obtenez Hunger Games sans les arcs et les flèches : une lutte à mort pour être sacrée la plus intelligente, la plus mince et la plus belle des élèves.

Le problème, c'est que je ne suis ni belle, ni mince... et que je fréquente ce lycée.

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Mon avis. Ne vous fiez pas à la couverture : c'est une chouette lecture qui plaira aux adolescentes et qui, sous une apparente légèreté, suscite la réflexion...

Nous sommes à Manchester et suivons quelques mois de la vie de Jess : la jeune fille est en dernière année de lycée et mène une vie "normale", passe de bons moments en compagnie de ses amies Hannah et Izzie. Quelques ombres au tableau : son surpoids qui la gêne, surtout à cause du regard des autres ; sa grande passion, liée à son surpoids d'ailleurs : cuisiner ; les superbes pestes filiformes qu'elle côtoie en cours.

Jusqu'alors, Jess a répondu avec humour aux attaques "de poids" (!) dont elle était la cible mais ce "3 mai, c'est journée "tenue libre" au lycée. Autrement dit le jour le plus angoissant de l'année." [p. 7]  Et les choses vont déraper de telle sorte que l'adolescente, révoltée par l'injustice subie, sèche les cours et se retrouve dès lors convoquée chez le Directeur ; en outre une vidéo de ses "exploits" se retrouve sur Internet. Voilà pour les circonstances du récit.

Autour de cet incident, gravite tout ce qui constitue la vie des adolescentes, à savoir les relations, quelles qu'elles soient : amicales, (potentiellement) amoureuses, avec les profs ainsi que les conflits avec les parents et la fratrie. En l'occurrence, Jess se sent comme un vilain (gros) canard aux yeux de sa maman "cougar potentielle et mannequin des mains" [p. 9] et de sa sœur aînée, toutes deux très à cheval sur le nombre de calories tolérables par repas. Le papa, adepte de "la fumette" est surtout spécialiste dans l'art de ne rien faire ; la seule qui lui accorde une véritable attention est sa grand-mère qui vit "à l'étage".

  "Règle implicite n° 3 : si un élève ne rend pas un devoir à temps, il écope dune retenue. Si un prof ne corrige pas ses copies, rien. Les retenues, chez les profs, ça n'existe pas." [p. 27]

  "Nous nous dirigeons vers le couloir principal, ballottées par une mer de cinquièmes avec leurs cartables. Le volume de leurs sacs semble inversement proportionnel à leur taille. Je parie qu'on pourrait l'expliquer par une équation, ce qui en ferait l'unique problème utile jamais résolu dans un cours de maths au XXIe siècle." [p. 36 - 37]

  "- Écoute, Maman, nous avons des conceptions très différentes du bonheur. Je crois que ce qui me rend heureuse, c'est de passer du temps avec mes amis, de faire des choses qui comptent à mes yeux et d'avoir des idées plein la tête. Pas de me transformer en poupée plastique comme on en voit dans les magazines, pour qui les questions métaphysiques se limitent à se demander si leur sac est assorti à leur petite culotte.

   Le silence devient glacial. Nous savons toutes les deux que c'est elle que je décris." [p.61]

  "Je voudrais que quelqu'un dans cette famille remarque quelque chose. Peine perdue. Car sous ce toit, chacun mène sa petite vie dysfonctionnelle dans son coin, se complaît dans son malheur et personne ne se décide à tendre la main pour aider l'autre." [p. 133]

 

J'ai beaucoup apprécié l'humour, parfois cynique, qui caractérise Jess ; en outre, la réflexion liée au regard porté sur soi ou que les autres portent sur soi est intéressant. Petit bémol : l'histoire du selfie est selon moi superflue, ou les conséquences auraient dû être envisagées...

Traduction : Marie Cambolieu.

Titre VO : Rebel With A Cupcake (2016).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (22/20) et "Comme à l'école" (vêtement pour cette session).

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16:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/07/2017

L'heure du leurre, Collectif

Présentation. Comment se fait-il que des gens intelligents se mettent à croire que des solutions simples peuvent régler les problèmes les plus complexes ?

En ces temps de repli sur soi, tout porte à croire que l’heure du leurre a sonné.

Onze écrivains décortiquent les rouages de la démagogie et du populisme. Déresponsabilisation, abandon paresseux des valeurs humanistes, repli sécuritaire, exclusion prennent le pas sur l’ouverture, le partage, la solidarité et la lumière.

Un recueil qui génère la réflexion et les débats nécessaires à la renaissance d’une démocratie vacillante.

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Mon avis. Un recueil dont les textes interpellent, d'une manière ou d'une autre...

Tout comme dans Le peuple des Lumières, le texte le plus percutant est celui qui ouvre le recueil, en l'occurrence un témoignage - et non une fiction - : La dictature et moi, de Jang Jin-Sung, poète qui relate la manière dont il est devenu un haut fonctionnaire nord-coréen, avant d'opter pour l'exil.

Toutes les nouvelles touchent du doigt la notion de populisme, cette "tendance politique démagogique visant à défendre les intérêts du peuple" [Linternaute.com].

Souvent dans un recueil, je n'aime pas forcément toutes les nouvelles et puisque je n'ai d'autre prétention que celle de donner mon avis, je prends ici le parti de mettre en lumière (!) celles qui m'ont le plus interpellée...

Le champion est pour moi Nicolas Ancion avec Comme par magie : une immersion dans un certain monde politique, celui qui fait présentement trop souvent la Une de l'actualité. Un petit bijou de cynisme...

Le Lilong, de Geneviève Damas, m'a aussi beaucoup plu : l'héroïne est très touchante dans sa découverte de Lilong, un quartier d'une grande ville chinoise, destiné à être rasé.

  "Au coin d'une rue, elle avait aperçu une petite marchande, aux cheveux noirs, qui vendait des pantoufles disposées à même le sol. Elle était ridée comme une pomme et si, de loin, Anna l'avait crue plus jeune parce qu'elle se tenait résolument droite, de près, elle s'était rendu compte qu'elle devait approcher les quatre-vingt-dix ans." [p. 41-42]

Dans Faire le ménage, Armel Job appuie là où ça fait mal en pointant du doigt la délation et les dégâts irréversibles qu'elle occasionne ; impossible de ne pas songer aux rumeurs si facilement lancées et aux jugements péremptoires exprimés ouvertement sur les réseaux sociaux, tout en demeurant "protégé" derrière son PC...

  "Le mal est contagieux. Il s'empare des gens, il réveille la méchanceté présente au fond des êtres les plus inoffensifs en temps ordinaire." [p. 65]

 

Principe de précaution, d'Emmanuelle Urien, met en évidence les conséquences de la tendance à "faire des amalgames" : s'appeler Khalil, suivre les cours d'arabe et s'intéresser à son pays d'origine implique inévitablement, pour les membres du parti Jeune France, la radicalisation.

Le texte qui clôt l'ensemble, Belgica Supernova, de Grégoire Polet, propose une réflexion sur ce que pourrait devenir la Belgique si elle permettait aux citoyens d'exercer eux-mêmes le pouvoir, et si elle mettait véritablement l'accent sur la préservation de l'environnement et du bien-être. Une utopie ?

Des textes à (faire) lire avant d'initier la discussion...

Merci aux éditions Ker pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge Un genre par mois (nouvelle ou novella pour juillet).

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16:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/07/2017

L'emprise du passé, Charlotte Link

Présentation. Qui pouvait bien en vouloir à Richard Linville, ancien inspecteur de police, retrouvé assassiné chez lui ? L'enquête piétine : Kate, sa fille unique, décide de prendre les choses en main. Tant pis si ça doit froisser Caleb Hale, à qui le dossier a été confié, et qui compte bien en profiter pour redorer son image...

Elle n'a pas plutôt mis le nez dans l'affaire que les pistes se multiplient et, avec elles, les morts.

Tandis que Caleb épluche les archives de la police, Kate, de son côté, va creuser la vie de ce père dont elle croyait tout savoir... Mais est-elle vraiment prête à remuer le passé ?

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Mon avis. J'ai lu des critiques parfois mitigées à propos de ce roman mais pour ma part, je l'ai beaucoup aimé...

Le livre commence avec une espèce de prologue qui se déroule en 2001 avant de se poursuivre avec les événements de 2014 : Richard Linville est chez lui et se fait littéralement exécuter, non sans avoir été torturé. Qui s'en est pris à ce policier retraité exemplaire ?

Trois mois plus tard, sa fille Kate, sergent à Scotland Yard, débarque à Scalby : officiellement, elle est en congé et vient débarrasser la maison familiale ; officieusement, elle est bien décidée à mener ses propres investigations, même si l'inspecteur Caleb Hale préférerait l'avoir hors des pattes.

  "En fait, elle semblait avoir renoncé à le soigner, le mal. Elle n'avait à cœur qu'une seule chose : faire justice de l'assassin de son père." [p. 57]

 

Parallèlement, on suit Jonas et Stella Crane, un couple parti se ressourcer avec leur fils dans les North York Moors, en un lieu isolé de tout et tous.

  "Ce ne fut que plusieurs semaines plus tard que Jonas lui avoua la vérité : lui aussi avait éprouvé un mauvais pressentiment. Une inquiétude vague et sourde, qu'il s'était empressé de refouler." [p. 46]

 

Le récit alterne les chapitres consacrés à l'enquête - menée tantôt par Caleb et/ou ses subordonnés, tantôt par Kate qui n'a aucune autorité pour s'y atteler mais n'en fait qu'à sa tête - et ceux relatifs à la famille Crane. S'ajoutent en outre des passages centrés sur une certaine Melissa Cooper.

Personnellement, je n'ai jamais été déstabilisée par cette multiplicité de points de vue, même si l'on attend longtemps avant de commencer à voir de quelle manière ces bouts d'histoire se rejoignent.

J'ai beaucoup aimé les nombreuses ramifications de cette intrigue ainsi que les personnages, tantôt héros, tantôt anti-héros, tout comme les (fausses) pistes envisagées. Cerise sur le gâteau : la fin que je n'ai pas vue venir ; je m'étais pourtant bien creusé la cervelle afin d'essayer de reconstituer le puzzle...

Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette belle découverte.

Traduction : Marion Roman.

Titre VO : Die Betrogene (2015).

14:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

14/07/2017

(Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire, Stéphanie Pélerin

Présentation. Quand Ivana se fait larguer comme une vieille chaussette par Baptiste, après huit ans d’amour, il ne lui reste plus que ses kilos et ses rides à compter. Pas facile de se retrouver sur le marché des célibataires à la trentaine, quand, pour couronner le tout, on manque de confiance en soi.

Tentant d’ignorer son chagrin, elle décide de reprendre sa vie (et son corps) en main et s’inscrit sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Si l’offre est alléchante, les produits sont souvent de second choix, voire des retours de marchandise... Heureusement, il reste les amies et le bon vin.

À travers des expériences étonnantes, Ivana doit réapprendre à prendre soin d’elle. Mais rien ne sert de courir… il suffit juste d’être au bon endroit, au bon moment.

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Mon avis. Un agréable moment...

Voici quelques mois, ce roman a trouvé la route de ma PAL et un matin, j'ai décidé de m'y plonger : aussitôt commencé, aussitôt terminé...

J'ai apprécié le personnage d'Ivana dont les réflexions et l'humour sont particulièrement plaisants. En outre, l'air de ne pas y toucher, l'auteure aborde des problèmes de société liés à la femme et à la difficulté de se forger la place souhaitée sans tenir compte du regard de l'autre. Une gageure.

    "Après tout, le pire n'était pas arrivé : sa mère n'avait pas annoncé qu'elle débarquait pour les vacances d'été." [p. 14]

  "Si ce M. Lambert, dont elle ne connaissait pas le prénom, racontait l'aventure à ses potes, il passerait pour un mec malin : ils lui taperaient même sur l'épaule pour le féliciter. Au mieux, ils ne feraient pas de commentaire sur la nana dont il ferait vaguement mention. Au pire, elle en prendrait pour son grade, cette salope qui l'avait reçu à moitié nue... il n'y avait pas besoin de chercher bien loin ce qu'elle voulait. De son côté, en racontant cette histoire à certaines de ses copines, elle avait peur de récolter leurs regards désolés et des "tu mérites mieux". Envieuses, moralisatrices ? Elle se demandait si un jour une femme pourrait assumer ses choix de vie sexuelle sans craindre le regard accusateur des gens." ´[p. 115 - 116]

 

Comment se (re)construire quand on se fait larguer (mal)proprement et que l'image de soi est sérieusement écornée ?

Quelques heures de lecture bien agréables ; seul petit bémol pour moi : la fin que j'ai moins appréciée que l'ensemble...

16:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/07/2017

ADN Vampire, tome 1 : Carmine, Élodie Loch-Béatrix

Présentation. Ils sont les V1, la première génération d’enfants nés vampires… Carmine n’est pas une adolescente comme les autres, elle est une V1. Après un incident à New-York, sa famille s’installe à Inverness, en Écosse, et Carmine entre au prestigieux Saint Andrew College où elle compte bien s’amuser avec ses nouveaux pouvoirs et défier l’autorité de ses parents pro-humains. Elle va cependant devoir apprendre à cerner ses propres limites : est-elle prête à blesser ses amis humains ? Se laissera-t-elle entraîner par Arthur, lui aussi un V1 ? Comment gérer pulsions amoureuses et soif de sang ? Sa curiosité et son goût des polars vont aussi l’engager dans une enquête dangereuse qui pourrait bien réveiller des démons du passé.

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Mon avis. Un récit facile à lire et qui devrait plaire aux adolescent(e)s...

Le monde des vampires évolue aussi : désormais les enfants nés vampires existent et ils apprennent à vivre dans le respect des humains, surtout quand ils résident dans des zones "pro-hum". Carmine est de ceux-là. Elle vient de s'installer à Inverness avec sa famille et comme toute adolescente qui se respecte, elle "râle" car ce changement d'existence ne lui plaît en aucun cas, même s'il est en partie dû à une bêtise de sa part...

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans le prologue l'ombre de Jamie avec l'évocation de 1746 et la sanglante bataille de Culloden. Par la suite, à plusieurs reprises, certains chapitres relateront des événements survenus à cette époque, en relation avec le Bonnie Prince Charlie. Et bien sûr, ces faits du XVIIIe siècle sont liés à l'histoire de Carmine, on l'apprend vers la fin du roman.

Au XXIe siècle, la jeune fille est confrontée aux soucis des jeunes de son âge, mais s'ajoute  la difficulté d'apprendre à contrôler sa nature intrinsèque, surtout quand les sentiments s'en mêlent...

  "Gary MacDowall aurait pu être une créature surnaturelle tant il irradiait de charisme. Sa silhouette élancée et musclée, son regard orageux et les traits doux de son visage le rendaient aussi séduisant que mystérieux." [p. 47]

En outre sont commis dans la région des meurtres sanglants qui semblent être perpétrés par une créature animale et certains connaissances de Carmine en ont été victimes : l'enquête est difficile et s'avère dangereuse, d'autant qu'il est difficile de savoir à qui faire confiance.

Aucun temps mort dans ce récit dont l'atmosphère étrange cadre bien avec les faits ; seul bémol :  les coquilles qui émaillent le texte.

  "L'automne avait laissé place à l'hiver sans que le paysage de Lande en soit très changé, jusqu'à l'arrivée de la neige. La fine pellicule de givre craquait sous les bottes de Carmine. Quelques flocons tourbillonnant venaient se prendre dans les mèches brunes qui dépassaient de son bonnet. Elle souffla dans ses gants pour se réchauffer les mains puis rejoignit Lukas au bord de la falaise. Dorloch Castle se dressait sur la presqu'île telle une cité fantôme perdue dans la brume." [p. 123]

Merci aux éditions Le Gâteau sur la cerise pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (21/20) ; "Littérature de l'imaginaire" (16/24)  et "Comme à l'école" (vêtement pour cette session).

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16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/07/2017

Graines de sable, Sibylle Delacroix

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Un très bel album dont les dessins crayonnés sont superbes : ils instillent à l'ensemble une impression de douceur.

Le noir domine ici avec, çà et là, le bleu des vêtements des enfants ou des vagues ; le jaune est cependant omniprésent puisque le sable s'offre aux deux jeunes héros et au lecteur.

De retour de vacances, la petite fille - dont le prénom n'est pas cité - trouve du sable dans ses chaussures : cette trace des vacances devient l'occasion d'imaginer, en compagnie de son frère Ulysse, ce qui serait susceptible de pousser s'ils décidaient de semer les graines de sable...

De jolies pages dans lesquelles les traits s'accordent tout à fait à la nostalgie évoquée...

Merci à Bayard Jeunesse pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Comme à l'école" (vêtement).

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21:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/07/2017

16 ans, 2 étés, Aimee Friedman

Présentation. Summer est sur le point de quitter les États-Unis pour rejoindre son père en Provence le temps des vacances d'été. A l'aéroport, son téléphone portable sonne. Répondra ? Répondra pas ?

Deux possibilités, deux étés très différents. Et pourtant, Summer n'aura qu'une fois seize ans...

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Mon avis. Une lecture bien agréable ; elle devrait plaire aux (grands) adolescents...

Le récit repose sur la réaction potentielle, oh combien banale,  de Summer : répondre, ou non, à l'appel qu'elle reçoit in extremis avant son embarquement pour la France, début juillet.

Les parents de la jeune fille sont divorcés et Summer vit aux États-Unis auprès de sa mère, tandis que son père réside à Paris et passe l'été en Provence. Malgré les évidentes réticences de sa maman, Summer a décidé d'accepter l'invitation de son père à le rejoindre dans le sud français.

  "Lui, c'est mon père, l'ennemi juré de ma mère. L'agacement qu'elle éprouve à son égard m'énerve. Oui, ils ont divorcé quand j'avais onze ans, une rupture nette et précise, comme un boucher qui tranche un morceau de viande. Papa est alors parti en Europe tandis que maman et moi sommes restées à Hudsonville, une ville banale de l’État de New York. Et oui, papa n'a été qu'une présence fantôme depuis, envoyant de temps en temps un mail ou appelant à l'occasion sur Skype. Il est revenu une fois à Hudsonville pour m'emmener prendre un rapide déjeuner ("Comment ça se passe à l'école ? Comme tu as grandi ! Faut que je file, mon cœur,") avant de s'évanouir de nouveau." [p. 20]

 

Le roman alterne ensuite les chapitres : ceux qui racontent l'enchaînement des événements si Summer répond au fameux appel téléphonique et ceux qui s'enchaînent si Summer ne prend pas l'appel. Je craignais de ne pouvoir entrer véritablement dans le récit à cause de cette manière d'envisager les choses : il n'en a rien été. J'ai apprécié découvrir les opportunités susceptibles d'être saisies par la jeune fille ainsi que les points de convergence entre les deux routes qui s'offrent à elle.

Un roman qui, l'air de rien, entrouvre les portes de la réflexion ; les apparences sont parfois trompeuses...

Traduction : Alison Jacquet-Robert.

Titre VO : Two Summers (2016).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (20/20) et "Comme à l'école" (vêtement).

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21:07 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

06/07/2017

Sauveur & fils, Saison 2, Marie-Aude Murail

Présentation. Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants.

Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n'oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis, et en guest-star : Pépé le putois !

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Mon avis. Un régal, comme souvent avec Marie-Aude Murail...

Nous retrouvons Sauveur là où nous l'avons laissé à la fin de la saison 1, à savoir en train de tisser des liens avec Louise mais aussi (et surtout) de passer de longues journées à écouter et (tenter de) venir en aide à ses patients, (très) jeunes ou moins jeunes...

Certains sont de "vieilles connaissances" comme Ella, de plus en plus Elliot, et pour qui la situation se détériore encore davantage à l'école ou Blandine qui peine à trouver sa place au sein de sa famille. Madame Dumayet, aujourd'hui en charge d'une classe mêlant CM1 et CP, surnage difficilement.

De nouvelles têtes s'ajoutent comme Samuel dont l'aversion pour l'hygiène est l'arbre qui cache la forêt ; la souffrance prend aussi les traits de la petite Raja : l'enfant consulte en compagnie de sa maman ; la famille vient de Mossoul et s'est réfugiée en France depuis peu, il s'agira avant tout de mettre en confiance la petite fille qui a déjà connu son lot d'horreurs...

Côté domicile, Gabin - à propos duquel s'immisce l'appréhension depuis qu'il a réussi à se procurer un certain sésame - semble s'installer "tout petit doucement" à demeure chez Sauveur et Lazare ; la maison verra en outre arriver un ancien légionnaire aujourd'hui SDF alors que Louise et Paul s'en vont et s'en viennent, ballottés au gré de la mauvaise humeur d'Alice : pas évident de recomposer une famille, même pour (un) Sauveur...

  "La vie ne se déroulant jamais comme prévu, tout l'art de l'homme est de s'adapter. Ainsi philosophait Sauveur, buvant son troisième café du lundi matin et regardant la pluie tomber sur le jardin. Ce week-end avait sonné la débâcle de ses projets de famille recomposée." [p. 209]

 

Bon nombre de problèmes susceptibles d'être rencontrés par les (jeunes) adolescents sont ici évoqués avec beaucoup de justesse, de tendresse et d'humour, dans des échanges extrêmement savoureux entre thérapeute et patients, entre parent(s) et enfant(s)...

Un série à découvrir. Absolument.

Ce titre entre dans le jeunesse "Jeunesse/Young Adult" (19/20).

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20:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

30/06/2017

Oops & Ohlala, At the Beach !, Mellow & Amélie Graux

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Un album pour les petits proposé dans la collection bilingues Français & English chez Talents Hauts.

Le petit format carré et les solides pages glacées conviennent particulièrement bien aux menottes éventuellement malhabiles.

Chaque double page présente d'un côté Oops et de l'autre, Ohlala ; Oops s'exprime en anglais, Ohlala en français mais les phrases de l'un(e) ne correspondent pas à la traduction de celles de l'autre, elles se complètent.

Et si d'aventure, vous avez oublié la prononciation de l'un ou l'autre mot anglais, don't worry : il suffit d'aller sur le site de Talents Hauts et de télécharger gratuitement la version audio du titre.

Have fun !

18:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/06/2017

Je viens d'Alep, Itinéraire d'un réfugié ordinaire, Joude Jassouma, avec Laurence de Cambronne

Présentation. Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de réfugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

Ce livre a été écrit avec Laurence de Cambronne.

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Mon avis. Un témoignage à (faire) lire pour dessiller les yeux de ceux qui ne voient en le réfugié que celui venu d'ailleurs...

Dans le cadre d'un projet mené durant deux ans avec des classes du troisième degré, nous avons eu, l'an passé, l'opportunité d'accueillir en classe une jeune réfugié syrien qui a raconté son "parcours" depuis son pays d'origine jusqu'à son arrivée chez nous : son témoignage n'a laissé personne indifférent...

Il en va de même pour ce livre qui relate un pan de la vie de Jehad, cet enfant d'Alep qui, devenu grand, se passionne pour la langue française et dont le rêve, apparemment inaccessible, est d'enseigner la langue de Voltaire. Même s'il n'est en théorie pas destiné à poursuivre des études...

Le récit commence avec l'évocation d'un jour d'avril 2015 :

  "J'étais heureux, marié depuis un an. Aya était enceinte. Quelques mois plus tôt, nous avions quitté notre ville, Alep, parce que, une fois de plus, notre immeuble avait été bombardé.

   Nous nous étions réfugiés à Ariha, à 70 kilomètres à l'ouest, près d'Idlib. Nous étions bien installés dans un petit appartement. J'avais acheté un frigo, une télé, des fauteuils...

   Je marchais donc tranquillement quand quelque chose au pied d'un pilier du pont attire mon attention. Il me semble que ce sont des bouts d'os. Intrigué, je descends pour en avoir le cœur net et me retrouve devant une main coupée. [...]

   Je dépose la main au fond du trou et la recouvre de terre.

   Je pense soudain à Antigone qui voulait donne une sépulture à son frère...

   Je récite la sourate du Coran, Al-Fatiha, cette prière que l'on dit avant de commencer quoi que ce soit.

   Toute la journée je n'arrête pas d'y penser. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quel degré de barbarie avons-nous atteint ? On n'enterre donc plus les morts, ici, à Ariha ? N'est-ce pas la première marque de civilisation que de ne pas laisser les animaux dévorer des restes humains ?" [p. 9 - 11]

 

Jehad - aujourd'hui devenu Joude - va alors raconter "comment ils en sont arrivés là" et comment il a décidé de ne pas être contraint de choisir entre la peste et le choléra et de partir avec femme et enfant, pour tenter de rester en vie. Ils arriveront en Bretagne, dans un village proche de Rennes, Martigné-Ferchaud.

  "Je ne retournerai pas en Syrie si Bachar al-Assad gagne la guerre.

   Je n'y retournerai pas non plus si les islamistes sont toujours là, disséminés partout dans le pays, prêts à ressortir de leurs planques et à commettre des attentats.

   Un gouvernement d'union nationale ? Une démocratie ? Je n'y crois pas. Nous nous orientons vers une victoire de la Russie et de l'Iran. Mais la reconquête des territoires rebelles sera très lente. Daech est encore à Raqqa et dans les environs. J'ai des cousins entre Alep et Raqqa qui, depuis trois ans, ne sont pas sortis de leur village. Ils n'ont pas le droit d'écouter de la musique. Ma cousine vit en permanence dans son niqab noir." [p. 185 - 186]

 

Anne, le jeune Syrien venu en classe avait aussi raconté l'impossibilité de choisir "l'un ou l'autre camp" ; il osait encore espérer un nouveau gouvernement qui ferait table rase du passé...

Ce texte rappelle celui d'Abdalaziz Alhamza, Chronique de Raqqa, qui ouvre le recueil Le peuple des Lumières.

Merci à Babelio et aux éditions Allary pour ce partenariat.

18:34 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/06/2017

Place des Ombres, après la brume, Véronique Biefnot & Francis Dannemark

Présentation. 1980, place de la Montagne aux Ombres. Égarée dans les brumes d'une ville étrange, Lucie, étudiante en lettres, entre dans une herboristerie tenue par un très vieil homme, au rez-de-chaussée d'un immeuble ancien. Soixante-dix ans plus tôt, des événements tragiques ont marqué ces lieux. À son insu, en s'installant dans la demeure, la jeune femme va réveiller les démons d'autrefois, au péril de sa vie. Son amie, Maud, découvrira-t-elle la clef du mystère qu'elle-même n'a pas trouvée ?

Vingt ans plus tard, il ne reste que des souvenirs de ces semaines bouleversantes. Le passé semble bel et bien enterré, mais plusieurs drames viennent de frapper coup sur coup la famille de Maud. Une nuit, perdue dans le parking souterrain d'un hôtel, elle rencontre un homme taciturne, au nom et au comportement peu ordinaires...

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Mon avis. "Atmosphère, atmosphère", bel et bien "une gueule d'atmosphère"...

Ce récit est de nouveau né d'une collaboration entre Véronique Biefnot et Francis Dannemark, après La route des coquelicots et Kyrielle Blues ; l'exercice est cependant cette fois quelque peu différent puisque précédemment, il s'était agi de récits à quatre mains ; présentement, si les quatre mains demeurent d'actualité, c'est plus précisément deux plus deux puisque Véronique Biefnot a écrit (La) Place des Ombres et Francis Dannemark, Après la brume.

Verdict : j'ai préféré les romans précédents, même si j'ai encore passé un bon moment.

(La) Place des Ombres se centre d'abord sur Lucie, une jeune étudiante en lettres qui, par un étrange concours de circonstances, est amenée à "koter" au dernier étage d'une mystérieuse maison ; le rez-de-chaussée en est occupé par un vieil herboriste apparemment subjugué par la chevelure de la jeune femme ; au premier étage vit une dame âgée, clouée dans une chaise roulante.

L'atmosphère qui se dégage des lieux et qui entoure les protagonistes est lugubre, oppressante, anesthésiante même, et malgré son prénom, Lucie est loin d'entrevoir la lumière au bout de ce qui s'apparente à un tunnel : les murs eux-mêmes étouffent l'étudiante qui s'étiole lentement mais sûrement, hantée par des cauchemars qui la laissent pantelante, à l'image des Fleurs du Mal, recueil de Baudelaire qui ne la quitte jamais.

"Filer dans le parc dès la fin des cours devint vite une habitude. Dépassée par l'agitation des citadins, elle avait besoin de retrouver la compagnie apaisante des arbres et l'immuable sérénité des pierres. Et chaque jour, elle s'aventurait un peu plus loin, explorant les rues qui entouraient cet îlot de verdure au cœur de la ville et la menaient vers des quartiers où de vieilles demeures assoupies avaient connu des jours meilleurs. [...]

   Réalisant son erreur, elle voulut faire demi-tour en empruntant une ruelle. Celle-ci l'amena dans un quartier inconnu. Une légère brume entourait d'un halo jaunâtre les lampadaires qui venaient de l'allumer. Lucie essaya de se calmer, de voir dans cette escapade une opportunité de découvrir la ville, pourtant son cœur s'emballait et une petite voix obstinée lui reprochait son imprudence." [p. 23]

 

Des événements insolites surviennent, de plus en plus fréquemment, et l'angoisse étreint Lucie ; elle est cependant quelque peu rassurée par la présence d’Élie, un grand chien noir surgi de nulle part (!) et qui semble veiller sur elle. Jusqu'à ce que...

La deuxième partie voit arriver Maud, l'amie de Lucie, jusque-là évoquée en pointillés, la vie ayant instauré de la distance, dans tous les sens du terme, entre les deux jeunes femmes. C'est à partir de l'arrivée de Maud que le récit a pris pour moi une autre dimension : j'ai en effet peu apprécié la personnalité de Lucie car il est vrai que j'ai toujours un peu de mal avec les personn(ag)es qui subissent les événements au lieu d'(essayer de) se battre... Maud va tâcher d'aider Lucie à "s'en sortir", mais peut-être est-il déjà trop tard...

Après la brume commence vingt ans plus tard avec cet "homme de l'ombre" que vient de rencontrer Maud ; cette fois, c'est sur cette dernière que le sort (?) semble s'acharner depuis un an : elle a perdu son mari ; son fils Vincent "souffre d'une maladie si rare qu'elle n'a pas de nom, en tout cas les médecins ne sont pas d'accord sur le nom à lui donner." [p. 276] ; son père "perd la boule" et commence à devenir un danger tant pour lui-même que pour les autres. Maud navigue à vue dans son existence malmenée...

Inévitablement resurgissent les souvenirs survenus vingt ans auparavant, qu'elle croyait/espérait enfouis à tout jamais. La frontière entre le réel et l'irréel semble s'amenuiser. L'angoisse sourd des pièces du château racheté par le père de Maud.

Il faut attendre la fin de ce diptyque pour que s'assemblent les pièces de cet immense puzzle qui trouve son origine dans un lointain passé et que la lumière éclaire (enfin) d'un jour nouveau lieux et personnages, humains - je retiens particulièrement Émile Marage, l'instituteur retraité - ou animaux - un/le chien noir, entre autres-.

  "Elle jeta un œil sur le siège arrière. Le chien ne dormait pas. Il la regardait. Impossible de savoir ce qu'ils racontaient, ces yeux-là. L'histoire de la pluie, peut-être, où tout se noie. D'où tout renaît." [p. 328]

Comme toujours la plume est très belle, ou plus exactement les plumes sont très belles ; quoi de plus normal quand Baudelaire imprègne les pages, lui qui souhaitait "extraire la beauté du mal" ?

Merci aux auteurs pour le livre et la dédicace.

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire"  (15/24) et "Objectif du mois" (en juin : lire un livre écrit par un auteur - deux en l'occurrence - ayant la même nationalité que le lecteur).

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16:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/06/2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi, Carène Ponte

Présentation. Quand on a trente ans, on n'est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C'est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.

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Mon avis. Une agréable lecture estivale.

Voici un récit dans lequel on entre dès les premières pages : Molly vient de perdre sa meilleure amie, sa sœur de cœur, Marie, décédée suite à un cancer. Avant de tirer sa révérence, Marie a fait promettre à Molly de vivre "à sa place", autrement dit d'accomplir toute une série d'activités pour elles deux, même si Molly est désormais seule.

La jeune femme se retrouve donc dans "l'obligation morale" de tenir sa promesse et si certains défis s'avèrent amusants ou anodins, d'autres lui coûtent davantage, surtout ceux qui risquent de bouleverser fondamentalement son existence. Mais ne serait-ce pas le petit coup de pouce (le bon coup de pied)  dont avait besoin Molly pour vivre enfin, tout simplement ?

Même si l'on comprend très vite le chemin qu'empruntera Molly, le roman, qui se lit aisément, fait passer au lecteur un bien agréable moment ; cerise sur le gâteau : l'humour bel et bien présent... jusque dans les notes de bas de page, autant de clins d’œil de l'auteure.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat, et à Carène Ponte pour la dédicace.

14:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/06/2017

Port d'Âmes, Lionel Davoust

Présentation. Rhuys ap Kaledán a été condamné, adolescent, à huit ans de servitude dans la Marine. A vingt-deux ans il est toujours en vie mais a tout perdu : sa demeure, sa famille, ses titres de noblesse...

Lorsqu'il débarque à Aniagrad, la Cité franche, il a la tête pleine d'idéaux et est bien décidé à se faire un nom et, qui sait, à retrouver la place qui aurait dû être la sienne. Mais la cité du mensonge va vite le faire déchanter. S'il veut survivre, Rhuys devra faire bien des concessions et, même, prendre les prédateurs qui le chassent à leurs propres pièges.

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Mon avis. Une très belle plume...

Si je connaissais le nom de l'auteur (à l'honneur en ce mois de corrections intenses sur Book en Stock) depuis déjà un bon moment, je n'avais jamais eu l'occasion de le lire ; c'est désormais chose faite et je ne le regrette nullement.

Focus sur Rhuys ap Kaledan, 14 ans, adolescent destiné à suivre la voie tracée par son père, baron rhovélien. Son destin se déploiera pourtant différemment de ce qui était prévu lorsque son père est définitivement ruiné ; pire, pour éponger les dettes familiales, Rhuys est contraint de donner huit années de sa vie à la Marine.

Il aurait pu - il aurait dû - y laisser sa peau ; cependant, c'est fort de cette expérience "à la dure" qu'il débarque à Aniagrad, la cité où tout est possible, où tout se monnaie, à condition de ne pas trop vite se retrouver dans le collimateur de l'omnipotente administration.

"Il sourit et leva la tête vers les mouettes qui tournoyaient au-dessus du mât. La ville se dévoilait comme une légende sous les faisceaux ensoleillés tombant des nuages. Aniagrad, qui enserrait dans ses venelles d'innombrables espoirs et tragédies ; le port franc où s'étaient construits et défaits mille destins, où se nouaient de fructueux accords commerciaux et où s'achetaient les armes pour les trahir. La cité du bout du monde qu'on n'atteignait qu'au prix d'une interminable traversée, quand les escales exotiques se fondaient en une succession de nuits vaporeuses." [p. 27 - 28]

 

Le "souci", c'est que Rhuys est pétri d'idéalisme. Absolument. Indéfectiblement. Irrémédiablement. Comment, dès lors, tenter de concilier ses convictions profondes avec les "règles du jeu" imposées par la ville ?

Le récit tourne autour de cette "inconciliabilité" et suit ce jeune homme foncièrement attachant, même s'il arrive que, de temps à autre, l'on en arrive à remettre en question certains de ses choix. Les personnages rencontrés sont pour la plupart nuancés, à l'instar des humains qui ne sont jamais entièrement bons ou mauvais. Je retiendrai particulièrement Rhuys lui-même, mais aussi Vaillance, le vieux loup de mer qui a un temps servi de modèle à notre héros ; la Vendeuse grâce à qui le phénomène du Transfert n'aura (presque) plus de secret pour Rhuys ; ou encore Camil Katraz qui réussit à rendre touchants les principes que l'on a décidé de suivre, envers et contre tout.

L'univers dépeint dans ce roman est extrêmement riche, fouillé, et évoque "l'air de rien" des sujets de société tout à fait contemporains ; il m'a fait songer, par moment, à ceux imaginés par Brandon Sanderson. Cerise sur le gâteau : la plume qui fait la part belle à la poésie et rend agréables à lire les passages parfois un peu longs.

  "Il éprouva une curiosité insatiable, que la sienne propre reconnut et salua comme sa sœur. La joie solitaire de l'inconnu bourgeonna en lui, lui rappelant les moments où, seul dans la mâture, il avait contemplé l'immensité des océans et songé à tous les chemins à sa disposition, à l'avenir qui n'était pas encore. La nuit ne dissimulait pas dangers et cauchemars ; elle affranchissait au contraire celui qui acceptait d'en emprunter les sentiers obscurs, de s'ouvrir à ses trouvailles. Il n'y avait rien à découvrir ; il fallait seulement distinguer l'infinité des croisements à la faveur de l'ombre." [p. 189 - 190]

 

Merci à Book en Stock et Folio pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (14/24). 

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18:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/06/2017

Comme tout le monde, Charlotte Erlih et Marjolaine Leray

Présentation. Une petite roulotte, bariolée et un peu boulotte, sillonne le vaste monde. Une fin de journée, elle fait halte à l’orée d’un joli bourg fleuri. Mais aussitôt, au village, les commentaires font rage. Ses roues, ses couleurs de fleurs et son toit sans cheminée : tout est prétexte à cancaner… La petite roulotte fait pourtant de gros efforts pour être comme tout le monde. [...]

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Mon avis. Ce bel album, soutenu par Amnesty International, met en évidence le sort d'une petite roulotte dont le seul tort est d'être quelque peu différente des autres.

Alors qu'elle fait une halte dans un bourg fleuri, elle est aussitôt montrée du doigt par les maisons du cru qui cancanent à qui mieux mieux à la vue de cette habitation qui ne ressemble à nulle autre.

  "La petite roulotte est bariolée et un peu boulotte... mais elle n'est ni sourde ni gourde."

Désireuse de se faire accepter, elle modifie pas à pas ce qui, chez elle, dérange les autres, tâchant d'occulter sa nature profonde.

Pourtant, rien n'y fait, quoi qu'elle entreprenne, elle demeure "l'Autre", celle qu'on montre du doigt...

J'ai beaucoup aimé cet album, illustré par de grossiers coups de crayon, qui met en évidence et valorise la différence.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

12:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/06/2017

Bourbon Kid, 3 : Le Cimetière du Diable, Anonyme

Présentation. Vous n’avez pas lu Le Livre sans nom ? Vous êtes donc encore de ce monde, et c’est tant mieux. Vous allez pouvoir assister à un spectacle sans précédent, mettant en scène Judy Garland, James Brown, Johnny Cash, les Blues Brothers, Kurt Cobain, Elvis Presley, Janis Joplin, Freddie Mercury, Michael Jackson… et le Bourbon Kid.

Les héros du Livre sans nom se retrouvent cette fois dans une délicieuse petite bourgade en plein milieu du désert pour assister à un festival de musique au nom prometteur : Back from the dead. Imaginez un Dix petits nègres rock revu et corrigé par Quentin Tarantino… Vous y êtes ? C’est encore mieux !

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Mon avis. Un bon moment, déjanté comme il se doit avec cette saga, mais dans lequel je n'ai pas retrouvé la "magie" du premier opus qui avait été un véritable coup de cœur (oui, oui, Sophie).

On y retrouve bien sûr le "fameux" Bourbon Kid - qui a définitivement pris pour moi les traits du grand Clint dans Le bon, la brute et le truand -  découvert dans le non moins fameux Livre sans nom dont je m'étais ré-ga-lé-e. Par la suite, je n'avais pas raffolé de L’œil de la lune.

Nous sommes cette fois emportés dans l'Hôtel Pasadena, un endroit qui "revit" tout particulièrement à Halloween, lors d'un concours de chant appelé Back from the dead, un nom particulièrement approprié pour une compétition qui voit s'affronter les sosies de stars décédées. La récompense est à la hauteur du prestige des vedettes rassemblées sur place : 100.000 dollars.

Le Kid est toujours "odieusement sympathique" et pince-sans-rire ; il trucide à tour de bras, bons ou méchants, sans état d'âme. Deux nouveautés cependant : il se retrouve relativement vite à court de munitions ; en outre, il se laisse un tantinet émouvoir (si, si) par Judy Garland, tout droit sortie du Magicien d'Oz.

Bémol : quelques erreurs qui, je suppose, doivent être liées à la traduction ; au hasard, des passés simples qui n'en sont pas ou "pour l'heure" qui devient "pour lors".

Traduction : Diniz Galhos.

Titre VO : The Devil's Graveyard.

D'autres avis dans le cadre de cette LC : MaToutePetiteCulture ;

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de imaginaire" (13/24).

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15:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

03/06/2017

Antigone, Jean Anouilh

Présentation. "L' Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre."

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Mon avis. Une relecture pour préparer l'examen de rhéto, dans le cadre d'un parcours relatif au mythe, illustré par la lecture du Quatrième mur, de Sorj Chalandon.

L'Antigone d'Anouilh est définitivement "la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre." [p. 9]

Tout est dit dès le prologue, nul suspense puisque la tragédie, en tant que telle, n'offre jamais de porte de sortie...

J'aime beaucoup la plume d'Anouilh et la manière dont il joue avec ses personnages, tout comme avec le lecteur, d'ailleurs. Ce qui m'a frappée, lors de cette relecture, c'est le côté buté d'Antigone ; je dois bien l'avouer, elle m'a souvent agacée. Pourtant, c'est son obstination qui la rend aussi profondément admirable et cela, même si Polynice ne méritait nullement qu'elle meure à cause de lui, même si Etéocle ne méritait nullement que Créon fasse exécuter sa nièce à cause de lui.

Mais c'est une tragédie. Et le fil de l'histoire se déroule. Inéluctablement.

  "Je ne veux pas comprendre. C'est bon pour vous. Moi je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et pour mourir." [p. 82]

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (classique, théâtre pour mai) et "Comme à l'école" (vêtement).

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15:52 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/06/2017

Juin, le mois de...

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Vous disposez de 30 jours pour aller poser vos questions, aussi sérieuses, farfelues, humoristiques, saugrenues, existentielles... soient-elles, à Lionel Davoust sur Book en Stock.

18:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/05/2017

La fille dans le rétroviseur, Linwood Barclay

Présentation. État de New York, près de la frontière canadienne, de nos jours.

C'est la nuit, il pleut, et Cal Weaver n'a qu'une envie : rentrer chez lui. Mais à un stop, l'ex-flic hésite : Claire Sanders, la fille du maire, cherche désespérément une bonne âme pour la ramener chez elle. Bien sûr, prendre une adolescente en stop n'est jamais très prudent. Les rumeurs vont vite dans les petits patelins. Mais quand cette dernière l'implore en lui disant qu'elle était amie avec Scott, son fils décédé tragiquement quelques semaines plus tôt, Cal craque. Quel mal y a-t-il à aider cette gamine ? Quelques kilomètres plus loin, Claire est malade et Cal s'arrête dans un bar. Dix minutes plus tard, la jeune fille qui s'installe dans la voiture n'est pas Claire Sanders... Où est-elle ? Que fuit-elle ?

Dans quel piège Cal vient-il de se fourrer ?

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Mon avis. Découverte de cet auteur déjà connu de bon nombre d'entre vous : je devrais réitérer l'expérience...

Dès les premiers mots s'inscrit une atmosphère pesante : il pleut, Cal s'en retourne chez lui et se fait "harponner" à un stop par une jeune autostoppeuse. Il a bien conscience qu'il est hasardeux pour un homme d'âge mûr d'embarquer une adolescente, mais celle-ci le reconnaît et pour le convaincre de la déposer un peu plus loin, elle prononce le "nom magique". Douloureusement magique. Scott. Le fils de Cal. Décédé peu de temps auparavant dans des circonstances tragiques. C'est parti pour un récit sans temps mort. Je parle du temps, car pour le reste...

Cal en aura bien vite conscience, il vient de mettre le doigt dans un engrenage qui s'emballe et que rien ne semble pouvoir arrêter. Et en tant qu'ex-policier devenu aujourd'hui détective privé, il connaît la (dramatique) chanson.

Tout en continuant à essayer de trouver des réponses relatives à la mort de son fils, tout en essayant de préserver le semblant de couple qu'il forme encore (si peu) avec Donna, il doit tenter de sortir du pétrin dans lequel il (s')est plongé et ce n'est pas son beau(f)-frère, chef de la Police municipale, aux méthodes "callahaniennes" qui risque de lui venir en aide. Au contraire.

  "Je n'étais qu'à trois ou quatre minutes de la maison, mais la douleur qui me martelait les tempes et le front commençait déjà à faiblir lorsque j'ai tourné dans notre rue.

   Puis, sans crier gare, elle est revenue en force.

   Le fait qu'une voiture de patrouille de la police de Griffon soit garée en travers de notre allée y était sans doute pour quelque chose." [p. 63]

  "Il m'est apparu à ce moment-là qu'emmerder le chef de la police aux réunions familiales année après année n'avait peut-être pas été une bonne idée." [p. 202]

 

De temps à autre, l'histoire, relatée par Cal, est entrecoupée de chapitres en italiques qui dévoilent les pièces d'un puzzle qui prend forme au fil du texte, lentement mais sûrement.

Un récit qui tient le lecteur en haleine et dont les personnages présentent diverses facettes...

 

Traduction : Renaud Morin.

Titre VO (2013) : A tap on the window.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge "Objectif du mois" (un des genres littéraires favoris pour mai).

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17:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

26/05/2017

Le jour où..., Paul Beorn

PrésentationLE MARCHAND DE SABLE EST PASSÉ...

Tous les adultes ont sombré, les uns après les autres, dans un mystérieux coma... Enfants et adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans une petite ville, Léo et Marie, deux lycéens de seize ans, rassemblent autour d’eux quelques amis pour vivre ensemble dans un vieil immeuble.
Mais d’autres adolescents, parmi les plus âgés, profitent de la situation, s’accaparent les réserves de nourriture et deviennent de plus en plus violents. Léo et sa bande doivent apprendre à se battre pour défendre leur liberté quand d’autres voudront imposer la loi du plus fort. Parviendront-ils à survivre jusqu’au réveil des adultes ?
Et si ces derniers ne se réveillaient jamais ?

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Mon avis. Une très belle découverte...

Voici quelques mois, une de mes élèves m'amène un livre en classe, me disant que c'est un de ses préférés et que je dois absolument le lire. J'avoue que je crains toujours quelque peu ce genre de situation car si je n'aime pas le livre en question, je doucherai l'enthousiasme de l'élève et cela m'ennuie.  [Pour info., cela m'est arrivé avec un roman encensé par tous : Le parfum, de Patrick Süskind]. Je me suis tracassée inutilement : j'ai entamé la lecture et j'ai été aussitôt happée par le récit... [Merci, Clara]

Nous sommes d'emblée plongés dans un Paris où les adultes se sont endormis les uns après les autres, laissant "derrière eux" les jeunes de moins de 17 ans. Passés les premiers moments d'euphorie ("chouette, plus de parents sur le dos !"), il devient indispensable de s'organiser pour (tenter de) survivre. Les choses sérieuses commencent, les premiers drames surviennent...

Le récit alterne les points de vue de deux personnages majeurs : Léo(nard), 16 ans, promu chef presque malgré lui, désireux d'assurer la protection des plus faibles, particulièrement les très jeunes et les bébés ; Marie, fidèle amie (profondément amoureuse) de Léo, celle qui organise, planifie, calcule, prévoit. Autour de ces deux piliers gravitent Paul, "un mètre quatre-vingt-dix, toujours le sourire aux lèvres et beau comme un champion, on peut compter sur lui" ; Sam, "la jolie métisse de mauvais poil", "elle a fait huit ans de karaté et on peut compter sur elle, aussi." [p. 11] ; et encore Marcello, celui qui "sait tout sur tout", diminué physiquement, ainsi que Lisa, la "directrice" de la "crèche improvisée".

La survie s'est organisée vaille que vaille ; le souci, c'est que des bandes ont pris possession de certains quartiers et contrairement à la Cantine où l'entraide est le maître-mot, toutes ne sont pas animées par le respect de l'autre, loin s'en faut : quand l'anarchie menace, le "chacun pour soi" devient vite le leitmotiv. Ainsi, les Cracheurs ont pris possession du supermarché et quiconque s'en approche est susceptible de tâter de la barre de fer.

Ce récit est à mille lieues de la (supposée) candeur que l'on prête parfois aux jeunes ; certaines scènes sont dures et mettent le doigt là où cela fait mal, en appuyant très fort, à l'instar de la violence (parfois) bel et bien présente dans notre société.

  "Dans la logique des bandes armées, les chefs qui s'en sortiront seront les plus violents, ceux qui sauront se bâtir une réputation par la terreur et rassembler de grands groupes autour d'eux. Et nous aussi, on va devoir faire la même chose : rassembler autour de Léo toutes les bonnes volontés possibles. Sinon, on disparaîtra."[p. 53]

  "Cette fois, le silence ne fait pas juste une petite visite. Il nous tombe dessus, il s'installe. C'est que ça pèse lourd, parfois, le silence. Ce que vient de dire ce gosse... On ne joue plus à cache-cache, là. Ils sont allés un cran plus loin, ils ont dépassé le point de non-retour, la ligne qui sépare les gens normaux des salauds. C'est Marie qui avait raison à leur sujet : le prochain coup, ce sera un meurtre." [p. 63]

 

Un récit qui ne laisse pas indifférent, à réserver aux élèves du secondaire supérieur.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (18/20), "Littérature de l'imaginaire" (12/24), "de la Licorne 3", "Objectif du mois" (un des genres littéraires favoris pour mai).

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21:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

10/05/2017

Petites surprises sur le chemin du bonheur, Monica Wood

Présentation. A 104 ans, Mlle Ona Vitkus pensait en avoir fini avec les sentiments. Mais l'arrivée dans sa vie si ordonnée d'une jeune garçon pas comme les autres va tout chambouler.

Du jour au lendemain, la vieille dame se trouve embringuée au cœur d'une famille en plein tourment, et même dans un road trip inattendu et burlesque. Chemin faisant, elle découvre que la vie lui réserve encore bien des surprises, et, surtout, qu'elle a encore beaucoup à offrir à ceux qui croyaient avoir tout perdu...

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Mon avis. Nulle bonne surprise, nul bonheur sur le chemin...

Alléchée par la couverture, j'ai eu envie de découvrir ce récit, pensant qu'il était susceptible de m'entraîner sur les traces d'une Alice ou d'une Emiliana. Ce ne fut malheureusement pas le cas.

Le récit commence lorsque Quinn se rend chez Ona Vitkus, 104 ans : il prend la relève de son fils, jeune scout de 11 ans qui venait effectuer régulièrement de menus travaux chez la vieille dame.

On y découvre la curieuse relation nouée entre l'aïeule et l'enfant : celui-ci, passionné par les records en tout genre répertoriés dans la collection Guiness, est bien décidé à faire figurer Ona dans le prestigieux palmarès. Le roman alterne alors les chapitres relatifs à ces deux personnages et ceux relatifs à Quinn et Ona.

Alors que j'aurais pu/dû être touchée par les liens tissés par les protagonistes, cela n'a jamais été le cas : hormis lors de trop rares moments durant lesquels quelques traces d'humour sont présentes, je me suis profondément ennuyée durant la lecture, finissant par lire le texte "en diagonale", pressée de l'avoir terminé.

Un coup dans l'eau, cette fois ; cela arrive...

Traduction : Emmanuelle Heurtebize.

Titre VO : The-One-in-a-Million Boy (2016).

Merci aux éditions Kero pour ce partenariat.

13:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

06/05/2017

Outlander, 8 : À l'encre de mon cœur, partie II, Diana Gabaldon

Présentation. Dans la foulée de la bataille de Monmouth, en 1778, Claire et Jamie Fraser doivent déterminer quelle sera leur prochaine destination. Resteront-ils à Philadelphie, où Fergus, le fils adoptif de Jamie, possède toujours son imprimerie, ou se hasarderont-ils à revenir à Fraser's Ridge, en Caroline ? Jamie souhaite aussi se réconcilier avec son fils naturel, William, qui ne veut rien savoir de son père biologique et qui a choisi la cause loyaliste, tout comme l'homme qui l'a élevé, lord John Grey.

Brianna, la fille de Claire et Jamie, tentera elle aussi de retisser la toile familiale en partant à la recherche de son mari, Roger, dont le voyage dans le passé l'a ramené vers son propre père. L'amour et la famille triomphent dans cette quête qui mènera les personnages jusqu'à l'Amérique révolutionnaire, en passant par l'Écosse de 1739 et celle de 1980.

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Mon avis. Ce n'est pas encore cette fois que je me lasserai de faire un bout de chemin en compagnie de la (grande) famille Fraser...

Ce volume commence là où s'était terminé le précédent : souvenez-vous, les troupes continentales affrontent les loyalistes et Claire vient d'être grièvement blessée par balle. Jamie est auprès d'elle mais il ne peut rien faire, hormis prier de toute son âme pour qu'elle ne lui soit pas enlevée... La souffrance est telle, de part et d'autre, que Claire songe à "tirer sa révérence" sans combattre ; quant à Jamie, il connaît la douleur d'une blessure au ventre et tâche de se préparer à "intervenir" pour ne pas la laisser souffrir inutilement au cas où tout espoir s'avérerait définitivement perdu.

La convalescence sera longue et difficile : Claire a coutume de prendre les choses en main et est peu encline à dépendre de son entourage ; elle devient vite (encore plus) insupportable (que d'habitude).

La première partie du roman se centre sur le continent américain du XVIIIe siècle, autour de la famille "élargie" des Fraser : le couple fondateur bien sûr, toujours aussi uni ; Fergus, Marsali et leurs enfants ; Ian et Rachel. Dans "l'autre camp", William qui refuse d'entretenir une quelconque relation avec son "infâme père naturel", tout comme avec celui qui l'a élevé d'ailleurs, Lord John ; Lord John lui-même qui a fort à faire avec celui qu'il soupçonne d'être un espion...

Contrairement à certains volumes de la série qui souffraient parfois certaines longueurs, celui-ci ne m'a lassée à aucun moment (il est vrai que même si nous sommes toujours au cœur du conflit, les scènes de combats n'apparaissent pas) ; j'ai même regretté que l'accent soit (trop) peu mis sur les conséquences d'un événement extrêmement dramatique (des larmes ont coulé) qui survient au sein du clan.

Par la suite, on retrouve Brianna, toujours au XXe siècle, et Roger, retourné en compagnie de son ancêtre en Écosse, au XVIIIe siècle, mais pas dans l'année désirée. Les chapitres alternent alors les péripéties du pasteur et celle de sa femme, désireuse de le rejoindre, même si "retraverser les pierres" est toujours dangereux, d'autant que ses enfants devraient l'accompagner...

Je suis bien décidée à poursuivre la découverte des aventures des Fraser lorsqu'elles paraîtront.

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO (2014) : Written in my own heart's blood.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Objectif du mois" (genre littéraire favori ; dans ce cas-ci : un de mes genres littéraires favoris).

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12:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/04/2017

Mosquitoland, David Arnold

Présentation. Je m'appelle Mary Iris Malone, et je ne vais pas bien.

1. Ma mère est partie.

2. Elle est malade.

3. Mon père a une copine.

4. Il me croit folle.

5. Et je ne vous parle même pas du gros scoop...

Alors j'ai décidé de prendre la route.

Distance à parcourir : 1524 km.

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Mon avis. Une héroïne déconcertante, curieuse dans tous les sens du terme, décalée. Et profondément touchante...

Date : premier septembre.

Personnage : Mary Iris Malone, alias Mim, a décidé de quitter Jackson, Mississippi (Mosquitoland) où elle a suivi, contrainte et forcée, son père et sa belle-mère désireux de "prendre un nouveau départ".

Direction : Cleveland, Ohio, à 1524 km de Mosquitoland.

Objectif : retrouver sa mère dont elle n'a plus de nouvelles depuis quelques semaines.

Moyen de locomotion : autocar de la société Greyhound.

Moyens financiers : 880 dollars astucieusement subtilisés dans une boîte à café en fer disposée dans la commode de sa belle-mère.

Mim a entendu par la porte entrebâillée du bureau de son proviseur une conversation entre ce dernier, son père et sa belle-mère, relative à la maladie de sa maman. Dès lors, sans avoir planifié quoi que ce soit, elle se lance dans cette expédition qui devrait lui permettre de retrouver sa maman pour le Labour Day

  "Notre Héroïne tourne le dos à la porte en chêne et sort calmement du bureau, de l'école, de la cour. En proie à la confusion, elle essaie de recoller les morceaux. Au bout du terrain de foot, les andouilles de sportifs ricanent, mais elle ne les entend guère. Ses fidèles chaussures chinées chez Goodwill la portent sur le trottoir délabré, tandis qu'elle songe aux trois semaines d'absence de lettres et de coups de téléphone de sa mère. Notre Héroïne emprunte le raccourci derrière le restaurant Taco Hole, sans prêter attention aux délicats fumets de viande. Elle parcourt les rues désertes de son nouveau quartier, contourne le chêne haut comme un immeuble et marque une pause dans l'ombre de sa nouvelle demeure. Elle ouvre la boîte aux lettres - vide. Comme d'habitude. Elle compose alors sur son téléphone le numéro de sa mère pour la centième fois, entend la voix de la même femme-robot pour la centième fois, se décourage pour la centième fois.     

  "Nous sommes désolés, ce numéro n'est plus attribué."" [p. 12]

 

Le voyage peut commencer...

Mim a seize ans et souffre de troubles mentaux pour lesquels elle est soignée : sa perception très aiguë de la réalité ainsi que son analyse constante et minutieuse d'une société dans laquelle elle ne trouve pas sa place la distinguent du commun des mortels.

  "Pour résumer, je suis une anomalie à 110 %, plus peut-être 33 % d'esprit d'indépendance et 7 % de génie libre-penseur. Ce qui nous fait 150 %, mais en tant qu'anomalie sur pattes, c'était prévisible. Bim." [p. 97]

 

La jeune fille raconte son expédition et se dévoile par la même occasion ; en outre, elle écrit, à travers un journal intime, à une certaine Isabel. Les rencontres se succèdent au fil des kilomètres qui défilent et la rapprochent de Cleveland, rencontres tantôt heureuses, tantôt malheureuses, tantôt encore complètement loufoques. Des rencontres qui, d'une manière ou d'une autre, façonneront son être en devenir. Parmi celles-ci, je retiens Walt, un jeune trisomique, et Beck, le gars "super mignon" du siège 17C.

  "- Sali-salut, moi c'est Walt.

   Le propriétaire des Converse mesure à peu près ma taille, doit avoir mon âge, et il pourrait bien avoir passé tout l'après-midi à se présenter. Ses cheveux, qui dépassent d'une vieille casquette de baseball des Chicago Cubs, ne sont pas tant longs qu'en bataille et filasse, comme les poils d'un chien errant. Il tient un Rubik's Cube dans une main et une bouteille de cinquante centilitres d'un Mountain Dew presque vide dans l'autre. Sans me laisser le temps de me présenter à mon tour, il incline la tête en arrière et ingurgite cul sec la fin de son soda. Avec une grande autorité.

   Mon sourire se déclenche tout seul." [p. 126]

  "17C est pile la bonne quantité de lui-même.

   Il est mon anomalie parfaite." [p. 111]

 

Indépendamment de son fil conducteur (!), le récit tient la route (!) grâce à la profondeur et la nuance des personnages, Mim, Walt et Beck en tête ; l'humour est en outre omniprésent, allié à l'émotion, comme lorsque les larmes s'instillent, l'air de rien, dans le (sou)rire et que l'on en arrive à ne plus savoir ce qui, du (sou)rire ou des larmes, a commencé.

  "Et je m'émerveille sur les vertus des méchants. [...]

   Et je m'émerveille sur les failles des héros.

   Peut-être, tout de même, existe-t-il du noir et du banc. Dans nos choix. Dans mes choix." [p. 346 - 347]

Traduction : Maud Ortalda.

Titre VO : Mosquitoland (2015).

Un grand merci aux éditions Milan pour cette très belle découverte.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (17/20).

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14:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/04/2017

Les enquêtes de Tracy Crosswhite, 1 : Le dernier repos de Sarah, Robert Dugoni

Présentation. Tracy Crosswhite a passé vingt ans à mettre en doute les faits qui ont entouré la disparition de sa sœur Sarah et le procès criminel qui s’en est suivi. Elle ne croit pas qu’Edmund House – le violeur qui purge sa peine et a été condamné pour l’assassinat de Sarah – soit le véritable coupable. Pour que justice soit rendue, Tracy est devenue enquêtrice criminelle dans la police de Seattle, et a dévoué sa vie à la recherche des tueurs.

Lorsque les restes de Sarah sont finalement découverts dans la ville où elles ont passé leur enfance, dans les montagnes de la région des Cascades, dans l’État de Washington, Tracy est décidée à obtenir des réponses à ses questions. Dans sa poursuite du véritable criminel, elle met à jour des secrets enfouis depuis longtemps, qui vont modifier la relation qu’elle entretient avec son passé, et ouvrir la porte à un danger mortel.

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Mon avis. Rien d'original sous le soleil, mais un roman qui agrippe le lecteur et ne le lâche plus...

Focus sur Tracy Crosswhite, devenue enquêtrice dans la police de Seatlle après avoir enseigné la chimie durant quelques années. Depuis vingt ans, Tracy (sur)vit avec un énorme sentiment de culpabilité lié à la disparition de sa sœur Sarah : celle-ci a été enlevée et si celui qui a été désigné comme coupable croupit en prison, Tracy est loin d'être persuadée que les forces de l'ordre ont mis la main sur le véritable criminel.

Des indices n'ont pas été exploités, des témoignages n'ont visiblement pas été recueillis et depuis lors, Tracy enquête à ses "heures perdues" sur cette affaire qui la touche de très près, ce qui lui a déjà coûté son mariage.

Survient un élément nouveau : des restes humains ont été découverts dans le périmètre qui a vu disparaître Sarah et il s'avère très vite qu'il s'agit effectivement de ceux de la jeune fille. Une piste nouvelle s'ouvre enfin pour Tracy, peut-être l'opportunité de faire la lumière sur les faits tragiques qui l'empêchent de dormir depuis vingt ans ?

  "- Cela remonte à vingt ans, lieutenant. Pendant vingt ans, pas une journée ne s'est écoulée sans que j'y pense. Je continuerai à traverser les jours qui viennent de la même façon, une journée pourrie après l'autre." [p. 69]

 

Dans un premier temps, le récit principal relate les difficultés rencontrées par Tracy pour disposer de l'autorisation officielle de participer, d'une manière ou d'une autre, aux investigations, malgré les réticences évidentes de sa hiérarchie, et surtout celles des habitants de l'endroit où vivait à l'époque sa famille. Il raconte ensuite la "nouvelle enquête" à proprement parler.

Des passages en italiques plongeant dans le passé ponctuent ce récit et évoquent, par bribes, les circonstances relatives à la disparition de Sarah, ainsi que les jours et les mois qui ont suivi.

Un thriller efficace, indubitablement.

Traduction : Hélène Amalric.

Titre VO : My Sister's Grave (2014).

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois"  (thriller, polar, policier pour avril).

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20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

22/04/2017

Le maître d'armes, Xavier Dorison et Joël Parnotte

Présentation. "L'honneur, quand on n'a plus rien, c'est tout ce qui reste."

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Mon avis. Je n'ai pas été véritablement conquise par cette BD, même si elle m'a fait passer un "bon" moment...

L'action se déroule au seizième siècle, une époque dure, âpre, où tout doucement s'annoncent les prémices d'un changement dans la manière dont la religion pourra être appréhendée : la Réforme, avec son lot de souffrances, tortures et exécutions.

On y suit Stalhoffer, maître d'armes de François Ier ; il remet son "titre" en jeu lors d'un combat contre le fourbe Maleztraza.  Aucun n'en sort vainqueur mais Stalhoffer décide de jeter le gant. Maleztraza n'est pas près d'oublier cette pseudo-victoire...

Quatre ans plus tard, les deux hommes se retrouvent : Maleztraza est bien décidé à "se venger", Stalhoffer à se défendre.

C'est sur fond de querelles de religions que ces deux-là s'affronteront à nouveau, pris au piège d'une forêt et d'une montagne dont ils risquent bien de devenir les victimes...

J'ai bien aimé l'histoire et la mise en évidence des travers de l'époque envisagée, ainsi que les dessins extrêmement fouillés ; j'ai moins apprécié en revanche les couleurs très sombres, mais c'est purement subjectif (je n'ai pas d'autre prétention que de donner mon avis) car je reconnais que ces couleurs cadrent tout à fait bien avec le propos.

  "Qui triomphera ? La médecine de Vésale, les textes d'Aristote, l'imprimerie de Gutenberg... ou les bûchers des obscurantistes, nul ne le sait." [p. 3]

Merci à PriceMinister pour ce partenariat organisé dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival".

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14:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/04/2017

Le vertige des falaises, Gilles Paris

Présentation. Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d’une imposante maison de verre de d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île toute entière. Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis. Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ?

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Mon avis. Mystère est le maître-mot de ce roman où la nature s'assure une place de choix...

L'histoire se déroule au fil des sentes sauvages et escarpées de l'Ïle, "personnage" principal du récit qui façonne en quelque sorte ses habitants et particulièrement les personnages féminins : Marnie, une étrange adolescente dévouée à Rose, sa maman rattrapée par la maladie, et Olivia, sa grand-mère, personnalité hors du commun.

  "On remonte lentement l'allée du cimetière, la maison des morts avec toutes ces tombes grisâtres où ont été ensevelis des hommes, des femmes et des enfants que je n'ai pas connus et pour lesquels je ne ressens absolument rien. Tout comme avec grand-père et papa. J'ai mes raisons. Olivia s'appuie sur mon épaule et fait peser son grand âge. En un an elle a perdu un mari et un fils. Je serais presque heureuse de rentrer à la maison si maman n'était pas si malade. On n'a pas besoin des hommes. Ils n'apportent que du malheur." [p. 10]

 

Toutes trois vivent dans une immense maison de verre et d'acier battue par les vents, œuvre renommée du défunt mari d'Olivia.

  "Et pourtant, si l'Île avait su le sort réservé aux femmes à Glass, jamais ils n'auraient jugé aussi facilement ce clan. Personne, sur cette Île, ne peut envier le sort de Rose et d'Olivia de Mortemer." [p. 45]

 

Les chapitres adoptent le point de vue d'un des personnages apparaissant, à un moment ou un autre, dans le récit ; outre Olivia, c'est Marnie qui occupe le plus souvent le devant de la scène haut de la falaise, décortiquant les faits et gestes de tout un chacun, avec le regard parfois cynique de l'adolescent. Les héroïnes ont connu/connaissent en effet leur lot de souffrances et se jettent à corps/cœur perdu dans la bataille face à l'adversité, quelque forme que prenne celle-ci...

Merci à Gilles Paris et aux éditions Plon pour ce partenariat.

19:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |