27/05/2015

Risque zéro, Pete Hautman

Présentation. Imaginez un monde où tout risque est banni, un monde où le danger n'existe plus, où tout ce qui peut nuire est un délit.
Fini le sport, trop dangereux ! Interdites, les passions, trop violentes ! Ce monde du risque zéro, c'est celui des États-Sécurisés d'Amérique, en 2074. C'est aussi celui de Bo Martensen, 16 ans. Pour lui, ce monde est un cauchemar. Et il a décidé de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement...

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Mon avis. J'ai été déçue par cette lecture...

Bien sûr, c'est une énième dystopie mais ce n'est pas à cause de cela que le bât m'a blessée. En fait, j'ai assisté en spectatrice aux déboires de Bo et je ne me suis jamais attachée au personnage : je me disais que la problématique aurait sans nul doute été très intéressante si l'adolescent avait été un rien plus "âgé".

Et que vois-je en préparant ce billet ? Il est censé avoir 16 ans !?! Il y a pourtant une grande marge entre la manière dont s'exprime le héros (12, 13 ans) durant la majeure partie de l'histoire - sauf les dernières pages - et la façon dont s'exprimerait un jeune de 16 ans (même les plus gamins parmi mes élèves).

Si l'auteur ne s'était pas contenté d'esquisser le thème du "risque zéro imposé", même si ça et là, une réflexion sur cette société aseptisée - qui n'est pas sans rappeler (de loin) celle évoquée dans Le passeur de Lois Lowry - s'amorce, ce roman aurait probablement fait mouche.

En quelque sorte un pétard mouillé, selon moi, malgré une fin assez judicieuse.

Traduction : Marie Cambolieu.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (31) et "À vos nombres".

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09:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

25/05/2015

Décollage immédiat, Fabien Clavel

Présentation. Lorsque sa mère, hôtesse de l’air, disparaît en lui laissant l’ordre de fuir et une consigne, Lana Blum n’est plus sûre que d’une chose : sa vie est en danger.
Tandis que les rouages d’une terrible conspiration s’animent, l’adolescente piste le moindre indice laissé par sa mère. D’aéroport en aéroport, à travers l’Europe, aidée par un hacker baptisé Creep, Lana remonte jusqu’à la source d’une impensable vérité.

decollag-immediat.jpgMon avis. Une lecture sans temps mort, une espèce de Lola rennt du roman ; en l'occurrence, c'est Lana qui "court", de la première à la dernière page. Ou presque.

Dès le début, la jeune fille se fait agresser dans son appartement ; passée la première "surprise", elle ne demande pas son reste et comprend qu'elle doit fuir. Mais pour aller où ? Et où est passée sa mère qui l'a appelée quelques secondes en lui disant de quitter les lieux ?

Lana doit à tout prix sauver sa peau, tout en tâchant, tant que faire se peut, de démêler l'écheveau qui l'a conduite à se méfier de tout et de tous, sauf peut-être (?) de Creep, un hacker qui semble bien connaître la mère de Lana...

Un léger bémol : la fin un peu trop "facile", selon moi.

Première lecture de cet auteur [au demeurant bien sympathique - j'ai eu l'occasion de "tailler une petite bavette" avec lui à Trolls et Légendes -] mais pas la dernière. Ce récit - typiquement le genre à (ré)concilier les jeunes avec la lecture - conviendra bien pour le deuxième degré.

 

Ce roman entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (30).

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19:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

21/05/2015

Le bal des ardentes, Ghislain Gilberti

Présentation. En plein cœur de Marseille, un attentat extrêmement violent souffle un bâtiment entier, faisant nombre de victimes. Le commissaire Ange-Marie Barthélemy, de la SDAT (Sous-direction antiterroriste), est immédiatement dépêché sur place pour prendre en main cette affaire au retentissement énorme, à la hauteur du massacre.

Les premiers résultats de l’enquête lui font comprendre que cet acte non revendiqué est lié au trafic de drogue. Dès lors, accompagné par son groupe aux allures de meute, Barthélemy étudie le biotope local et s’immerge dans le milieu impitoyable du crime organisé au sein de la cité phocéenne.

Grâce à l’assistance d’un agent d’Interpol et d’un groupe spécialisé dans les analyses de scènes de crime post-explosion, l’équipe constate que le poseur de bombes a déjà sévi sur tous les continents. Son profil est plus proche de celui d’un tueur en série que d’un terroriste. Mode opératoire scrupuleux, signature, monomanie… L’homme se révèle un dangereux psychopathe et donne des prénoms féminins à ses engins de mort en les gravant dans l’acier.
Une course-poursuite contre ce véritable fantôme va être mise en place avec l’aide de la police locale. La commissaire Cécile Sanchez va elle aussi apporter son concours à l’enquête de Barthélemy.

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Mon avis. Un excellent thriller...

J'ai eu l'opportunité de découvrir ce récit alors même que je n'ai lu ni Le festin du serpent, ni Le baptême des ténèbres, du même auteur, mais comme il m'avait été dit que cela ne devrait pas poser problème, je me suis lancée. Et j'ai bien fait.

J'ai accroché tout de suite au texte qui se focalise d'abord sur le terroriste, "artificier hors pair", à la fois en raison de son expertise en engins explosifs que de sa faculté à jouer avec les apparences, afin de tromper ceux qui auraient eu, par hasard, "l'insigne honneur" de croiser sa route en ne l'ayant pas payé de leur vie. Au "menu du jour" : un attentat à Marseille qui fait de nombreuses victimes.

Le commissaire Ange-Marie Barthélémy, alias l'Archange, est dépêché sur place en compagnie de son équipe. Très vite, la piste semble mener vers des trafiquants de drogue de la cité phocéenne, quels qu'ils soient : Corses, Italiens, Russes, Arméniens.

Commence alors un travail de fourmi : récupérer les fragments de tous ordres (!) éparpillés lors de l'explosion et les analyser minutieusement afin de "lister" un maximum d'informations relatives à la bombe. Ce qui va permettre de trouver des similitudes avec des attentats antérieurs.

J'ai apprécié cheminer aux côtés des policiers afin de récolter les indices susceptibles de conduire au terroriste ; j'ai aussi beaucoup aimé l'écriture : la précision et la richesse du vocabulaire permettent d'éviter l'écueil éventuel des répétitions. Le seul petit bémol, pour moi en tout cas, ce sont les descriptions récurrentes des armes employées... qui devraient cependant ravir les amateurs.

Je vous conseille ce roman qui sort aujourd'hui.

Un grand merci aux éditions Anne Carrière pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (en mai, contemporain).

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16:15 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

16/05/2015

Sans raison, Mehdy Brunet

Présentation. Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient.
Je m'appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend.
Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d'assister, impuissant, à la naissance d'un prédateur.

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Mon avis. Un récit dont les pages se tournent (presque) toutes seules...

Dès les premières lignes, le ton est donné : la grande faucheuse a frappé, tuant une maman et sa petite fille de huit ans. Face aux cercueils, Josey Kowalsky et William, mari et père, fils et frère désormais amputés à vie.

Kowalsky raconte alors les circonstances qui ont conduit à ce double deuil : éprouvantes, atroces, horribles. Il ne sera dès lors définitivement plus la même personne. Ne risque-t-il pas de franchir la ligne rouge, celle qui conduit au point de non-retour ?

La chasse est ouverte, celle qui ne lui permettra de toute façon pas de retrouver le sommeil et lèvera un coin du voile sur ce(lui) qu'il est devenu. Inexorablement. Des scènes qui font froid dans le dos, de part et d'autre de la frontière qui (ne) sépare (plus) le Bien du Mal.

Un grand merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

18:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

15/05/2015

Tes seins tombent, Susie Morgenstern

Présentation. «Mais tes seins tombent !» lance Yona, 13 ans, à sa grand-mère qui partage la même petite chambre, à l'occasion de vacances passées en Corse. L'aïeule aura bien du mal à décrocher d'autres mots de la part de l'ado qui, dans la splendeur de ses seins naissants, se pavane en bikini, l'attention constamment et entièrement portée sur son téléphone portable.

Chacune est une énigme pour l'autre, l'arrogance de la jeunesse face aux questionnements, aux défaillances de l'âge. Que va retenir Yona de sa jeunesse ? Quel adulte sera-t-elle ? Mais comment lui parler ?

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Mon avis. Un court récit de la collection "D'une seule voix" qui met l'accent sur le gouffre apparent qui peut séparer les générations, en l'occurrence une grand-mère et sa petite-fille âgée de 13 ans.

Toutes deux sont ensemble en vacances en Corse et l'adolescente ne se prive pas de faire ressentir à sa grand-mère les émotions qui l'animent, sans prendre de gants, bien sûr.

Difficile d'engager la conversation quand les deux protagonistes semblent vivre sur deux planètes différentes.

J'ai apprécié ce livre, parfois touchant, souvent bourré d'humour, tout en finesse, qui s'adresse à tous, jeunes et moins jeunes ; j'aurais cependant souhaité prolonger ce moment passé en leur compagnie...

 

Ce titre entre dans les challenge "Jeunesse/Young Adult" (29) et "Un mois, une consigne" (livre de moins de 200 pages en mai).

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12:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/05/2015

LDPA ou Livra'deux pour pal'Addict, 13e session

13e session de ce Livra'deux (modalités) ; je participe de nouveau avec Lisalor.

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Parmi les livres de sa PAL, j'ai sélectionné :

Un livre que j'ai lu et que j'aimerais lui faire découvrir : Le projet Morgenstern, de David Khara car c'est toujours un plaisir de retrouver Eytan...

Un livre à propos duquel j'aimerais avoir l'avis d'un ami : Le chardon et le tartan, tome 8 : Le temps des rêves, de Diana Gabaldon car je viens de découvrir cette série et je l'adore.

Un titre qui m'interpelle pour son résumé : Le tueur intime, de Claire Favan, d'autant que les critiques sont souvent (très) positives.

Lisalor a choisi Le projet Morgenstern.

 

Pour moi, elle a sélectionné :

- Un livre qu'elle a lu et aimerait me faire découvrir : Les talons hauts rapprochent les filles du ciel d'Olivier Gay ("il faut absolument que tu fasses la connaissance de Fitz").

- Un livre à propos duquel elle aimerait avoir l'avis d'un ami : Bird Box, de Josh Malerman ("beaucoup de bons avis, je l'ai trouvé bien mais pas non plus génial").

- Un titre qui l'interpelle pour son résumé : Cherche Jeune femme avisée, de Sophie Jomain ("c'est pour te détendre").

J'ai choisi Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, afin de découvrir Olivier Gay dans un registre autre que "jeunesse".

21:39 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/05/2015

After, Saison 1, Anna Todd

Présentation. Tessa est une fille gentille avec un adorable petit ami, Noah. Elle est décidée, ambitieuse et sa mère veille à ce que cela continue. Mais elle vient à peine de s'installer dans son dortoir d'étudiante qu'elle se heurte à Hardin. Avec ses cheveux châtains ébouriffés, son p... d'accent anglais, ses tatouages et son piercing sur la lèvre, Hardin est vraiment mignon et tellement différent des garçons qu'elle connaît. Mais il est aussi grossier, voire violent et Tessa devrait donc le détester... Ce qu'elle fait jusqu'au jour où elle se retrouve seule avec lui. Quelque chose du caractère sombre d'Hardin l'attire et leur baiser fait naître en elle une passion jusqu'alors inconnue. Il lui dit qu'elle est belle, qu'il n'est pas un garçon pour elle et il disparait, et ce, à plusieurs reprises.

Malgré la façon dont il la traite, Tessa va chercher au plus profond d'Hardin et derrière ses mensonges qui il est réellement. Plus il la repousse et plus Tessa sera entraînée plus près du gouffre. Tessa a déjà un petit ami parfait. Alors pourquoi fait-elle tant d'efforts pour surmonter sa fierté blessée et les ravages qu'Hardin fait à de belles filles comme elle ? À moins que... ce ne soit ça l'amour ?

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Mon avis. J'avoue, j'ai fait ma "quinquamidinette" : je me suis inscrite à une LC de cette romance YA, ma fille m'ayant prêté le tome un (merci Morgane).

Verdict  ? C'est la première fois que ça m'arrive : j'ai été entraînée par ce récit à tel point que dès que je disposais du moindre moment, je m'y replongeais [j'en ai même délaissé mes corrections... bon, ok, cet argument n'est pas recevable puisque je délaisse trèèèès volontiers mes corrections] et pourtant, il est moyen...

D'abord, il n'est pas bien écrit : il est écrit. Point. Avec des répétitions à n'en plus finir : c'est ainsi que le "(gras du) pouce" s'immisce partout (hem) ; le verbe "ricaner" revient un nombre incalculable de fois, tout comme "grogner", et cela, dans le chef du héros, Hardin, bad boy de service au boxer noir et T-shirt blanc. [Est-ce lié à la traduction ou conforme à la VO ?] Ce type de vocabulaire relatif à Hardin explique peut-être que je sois (presque) toujours restée sur mes gardes ???

En outre, le livre est pétri (comme le couple) de clichés plus stéréotypés (je sais, ça ne se dit pas mais j'avais envie de renforcer l'idée) les uns que les autres : le bad-boy-piercé-tatoué qui cache un passé que l'on devine torturé ; une jeune fille (femme ?) d'une naïveté con-fondante [à ce point, cela existe vraiment ?], toujours prête à... s'aplatir face pardonner à celui qui lui fait constamment verser des (chaudes) larmes.

Enfin, trop de scènes érotiques finissent par tuer l'érotisme, d'autant que les détails "croustillants" sont répétés à chaque fois. Autrement dit, constamment. Diable(sse), quelle santé !

Néanmoins, la sauce (...) a pris : tournent, tournent les pages car les chapitres sont astucieusement courts. Du coup, on les enchaîne aisément, se disant qu'on va encore en lire un, puis un autre, et encore un autre, jusqu'à ce que les heures défilent.

Quand la relation est tendue (dans tous les sens du terme...) entre eux (très souvent), on attend que le beau temps revienne ; lorsque "tout va bien" (rarissime et relatif), on attend de savoir quand elle cela va de nouveau basculer. C'est ainsi que je me suis (consciemment, je vous rassure) laissé mener par le bout du nez, avide de savoir où j'allais être conduite. Et même si l'idée révélée à la fin m'avait incidemment effleurée (...), je l'avais vite remisée dans un coin (obscur) de ma mémoire, tout en me posant (quand même) des questions sur certains détails...

Et vous savez quoi ? Hé bien, malgré les nombreux bémols, je lirai la suite...

Traduction :Marie-Christine Tricottet.

 

L'avis de Sélénya47 ; Liloo ; Doris ; Sailormoon ;

 

Ce récit entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (28).

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15:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (11) |

06/05/2015

Je n'étais qu'un fou, Thierry Cohen

Présentation. New York, Upper East Side. Samuel Sanderson est un écrivain célèbre et adulé qui profite de sa notoriété pour séduire ses lectrices... Jusqu'au jour où un curieux message lui arrive sur Facebook : "Je suis toi dans vingt ans. Et je viens t'avertir des drames à venir."

Qui se cache derrière cette mise en garde ? Un lecteur dément ? Un confrère jaloux ? Une femme délaissée ? Un proche qui voudrait lui faire changer de vie ?
Ou s'agit-il vraiment de son double ?

Pris au piège, Samuel part à la recherche de son mystérieux messager. Une quête effrénée et paranoïaque qui le conduira aux frontières de l'amour et de l'impossible.

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Mon avis. J'ai passé un bon moment en compagnie de Samuel, mais sans plus.

Ce roman se lit aisément et les pages se tournent (presque) toutes seules. Cependant, j'ai trouvé que la première partie, celle où le personnage principal est présenté, tire un peu en longueur, d'autant qu'il n'est pas vraiment nécessaire de s'étendre sur Samuel : il est détestable. Point.

J'aurais ainsi préféré entrer plus rapidement dans le vif du sujet, à savoir l'interaction avec son "correspondant anonyme", cette mystérieuse personne qui ne semble pas lui vouloir du bien.

Progressivement, la tension monte et Samuel ne sait que faire pour se débarrasser de l'importun dans un premier temps ; de se protéger, ainsi que les (rares)  personnes qu'il aime, dans un second temps.

Quant à la fin, c'est assez paradoxal : elle a tout à fait répondu à "mes souhaits", mais elle m'a paru s'éloigner de ce qui s'était inscrit en filigrane tout au long du récit. À vous de lire pour comprendre le fond de ma pensée.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "des 170 idées" (vue depuis un appartement, bureau, maison... - j'aime d'ailleurs beaucoup la couverture -) et "Un genre par mois" (contemporain pour mai).

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12:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

02/05/2015

Nom de code : Blackbird, 1 : Cours ou meurs, Anna Carey

Présentation.

Je suis à Los Angeles
Je me suis réveillée sur les voies du métro à la station Vermont-Sunset.
Je suis une fille et j'ai de longs cheveux noirs.
J'ai un oiseau et un code (FNV02198) tatoués sur le poignet droit.
Je suis en fuite.
Des gens essaient de me tuer.

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Mon avis. Un récit jeunesse qui ferre le lecteur et ne le lâche plus...

Même s'il m'a fallu curieusement un peu de temps avant d'entrer dans le roman, je me suis rapidement retrouvée harponnée par cette jeune fille, Sunny (?), qui se réveille "un beau jour" sur les voies de métro à Los Angeles sans savoir qui elle est.

Sa mémoire semble s'être complètement effacée ; elle comprend cependant vite que sa vie est en danger et qu'elle doit fuir. Elle réalise aussi qu'elle a des réflexes et un instinct de survie ahurissants pour une adolescente ; à cela s'ajoute un "mode de fonctionnement" qui flirte (le mot est faible) souvent avec l'illégalité.

La narration est particulière puisque l'histoire est racontée à la 2e personne du singulier, une manière d'interpeller en permanence le lecteur... qui se laisse (volontiers) balader par la jeune fille, contrainte de se méfier de chaque personne croisée au cours de cette course effrénée. Le suspense et la tension sont constamment présents.

Lentement, elle tâche de collecter les pièces d'un puzzle susceptible de faire la lumière sur le rôle qu'elle incarne au milieu de ce qui a l'apparence d'un échiquier morbide.

L'épisode qui précède tout juste la fin m'a "uppercutée" : je n'avais rien vu venir (!) ; quant à la fin proprement dite, elle appelle inévitablement la suite...

Traduction : Éric Moreau, qui évoque ici son travail de traduction.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (27).

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16:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/04/2015

Outlander, Livre 4 : Les tambours de l'automne, Diana Gabaldon

Présentation. Pour fuir l'oppression anglaise, Claire et Jamie embarquent pour le Nouveau Monde, où ils espèrent enfin trouver la paix. Toutefois, lorsqu'ils échouent sur les rivages de Caroline du Nord en 1767, l'Amérique est à l'aube de son Indépendance : tandis que la révolution se prépare, les deux amants vont une fois de plus être emportés par le tourbillon de l'Histoire.

Restée en sécurité dans le XXe siècle, leur fille Brianna cherche à percer le secret de sa naissance. Quand elle découvre qu'un sort tragique guette ses parents, elle met tout en œuvre pour les rejoindre dans le passé... avant que les portes du temps ne se referment sur eux.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec grand plaisir mes amis de papier dont je suis volontiers les aventures depuis quelques mois ; je fais effectivement partie des "nouveaux lecteurs", autrement dit ceux qui viennent de découvrir la série.

J'ai parfois des difficultés à lire une (longue) série ; ainsi, il y a longtemps, j'ai lu une dizaine de tomes de Fortune de France, de Robert Merle, jusqu'à ce que je n'accroche pas à un des volumes (La Gloire et les Périls ?) ; j'ai alors laissé tomber.

C'est ici le 4e tome (plus de 1000 pages à chaque fois) et pour le moment, je ne m'en lasse pas du tout : j'ai l'impression de (continuer à) faire un bout de chemin avec des amis, en l'occurrence Claire, Jamie (ahhhhhh), Ian, Brianna, Roger, John Grey...

Gros plan cette fois sur le Nouveau Monde, celui qui offrira (peut-être) à Claire et Jamie une tranquillité, toute relative d'ailleurs car même s'il leur sera (probablement) plus facile d'échapper à la couronne anglaise sur ce territoire, leur quotidien risque d'être (davantage encore) parsemé d'embûches : faune, flore, autochtones, climat, isolement...

Brianna et Roger occupent une grande place dans le récit : j'ai trouvé l’Écossais très touchant dans sa relation avec la jeune femme ; John Grey réapparaît, de nouveau délicieusement caustique ; Ian s'affirme et gagne en maturité.

Parallèlement, l'auteur dévoile les conditions de vie de l'époque, tantôt sur une plantation où l'esclavage est la norme, tantôt en des lieux presque inexplorés où la nature règne en maître, tantôt encore au sein de tribus indiennes.

Suite au prochain épisode...

Traduction : Philippe Safavi.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans le challenge "Un genre par mois"(historique pour avril).

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17:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/04/2015

Refuges, Annelise Heurtier

Présentation. Mila, une jeune Italienne, revient sur l'île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l'assaille depuis un drame familial. Très vite, d'autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l'autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances. Un roman envoûtant qui, depuis la lointaine Erythrée jusqu'à Lampedusa, invite à comprendre et à garder les yeux grands ouverts.

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Mon avis. Un très beau texte aux accents tristement d'actualité.

D'une part, le récit met en scène Mila, une jeune Italienne de retour, pour la première fois depuis longtemps, sur l'île de Lampedusa, un lieu magnifique où elle a coulé des jours heureux, en compagnie de sa famille, avant "le drame".

D'autre part, le récit est parsemé de chapitres en italiques qui correspondent à un bout d'histoire de jeunes décidés à fuir l'Erythrée où ils n'ont rien à attendre de leur existence, cadenassée par une dictature aux mains de fer, et empreinte de misère et d'une souffrance lancinante.

En écho à la douleur ressentie par Mila, celle qui vit au-dedans d'elle depuis que le malheur s'est abattu sur sa famille comme une chape de plomb, celle qui a chassé l'insouciance des jours passés, celle qui a privé l'adolescente des parents tels qu'elle les aimait, répondent ces voix africaines qui relatent les brimades, la fuite, les passeurs, le froid, la faim. La lueur d'espoir aussi, tremblotante, infinissime. L'Europe. Si proche. Si éloignée.

Un regard lucide et émouvant sur les migrants. Un regard humain. 

Un grand merci aux éditions Casterman pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (26).

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15:20 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

23/04/2015

Le détroit du Loup, Olivier Truc

Présentation. Le printemps dans le Grand Nord, une lumière qui obsède, une ombre qui ne vous lâche plus. À Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie, au bord de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique, tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes et la transhumance… Là, autour du détroit du Loup, des drames se nouent.

Alors que des rennes traversent le détroit à la nage, un incident coûte la vie à un jeune éleveur. Peu après, le maire de Hammerfest est retrouvé mort près d’un rocher sacré. Et les morts étranges se succèdent.

En ville les héros sont les plongeurs de l’industrie pétrolière, trompe-la-mort et flambeurs, en particulier le jeune Nils Sormi, d’origine sami.

Klemet et Nina mènent l’enquête pour la police des rennes. Mais pour Nina une autre quête se joue, plus intime, plus dramatique. Elle l’entraîne à la recherche de ce père disparu dans son enfance. Une histoire sombre va émerger, dévoilant les contours d’une vengeance tissée au nom d’un code d’honneur implacable.

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Mon avis. J'ai lu ce livre, reçu pour mon anniversaire (merci Laurence), dans le cadre du challenge LDPA, suite aux propositions de Lisalor.

J'ai eu des difficultés à y entrer, il m'a fallu un peu de temps avant que je ne me laisse apprivoiser. Est-ce en raison du cadre peu familier ? Peut-être. Ou parce que ça bouge peu ? Peut-être aussi.

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas été d'emblée happée par l'histoire, jusqu'à ce que je prenne goût à ce rythme de croisière particulier.

Une remarque préalable : je n'ai pas lu Le dernier Lapon mais cela ne m'a pas posé problème.

Le récit commence avec la noyade "accidentelle" d'Erik, un des rares jeunes éleveurs de rennes, un de ceux désireux de perpétuer la tradition, tout en n'étant pas réfractaires à la modernité. D'autres personnes trouvent ensuite aussi la mort : très curieux pour ce bout de Norvège où il ne se passe "jamais rien". Klemet et Nina, de la police des rennes, enquêtent.

Dépaysement garanti au cours de ces investigations qui voient s'opposer partisans des éleveurs, liés à la culture sami et la nature, et ardents défenseurs de l'industrie pétrolière. David contre Goliath.

Côté personnages, j'ai beaucoup apprécié Anneli, la veuve d'Erik, tellement "poétiquement touchante".

Voici une contrée où je ne pourrais pas vivre, c'est sûr, à cause du froid, des distances à parcourir d'un lieu à un autre (je sais que tout est relatif et que je vois les choses à l'échelle de mon petit pays mais une ou deux heures de route pour aller voir quelqu'un, pour moi, ce n'est pas "un saut de puce") et de cette absence de nuit qui m'a profondément marquée et quelque peu oppressée.

Lisalor a, quant à elle, lu L'effet papillon, de Jussi Adler Olsen.

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18:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/04/2015

Leurre

Juste quelques mots pour ce rendez-vous du lundi proposé par Leiloona.

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© Kot

 

 

 

Le ciel pleure, cinglant les vitres lumineuses, havre illusoire de chaleur, reflets qui se cognent à l’indifférence du chacun pour soi, perdu dans les mots de l’éphémère…

06:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |

17/04/2015

... Ma tempête de neige, Thomas Scotto

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Mon avis. Un très beau texte qui n'est autre qu'un chant d'amour d'un jeune futur papa de dix-neuf ans à son enfant à naître.

Zacharie raconte à son enfant sur le point de naître les circonstances qui les ont conduits, lui et Katell, à devenir parents.

Le jeune homme évoque ses interrogations, il a conscience que les jours à venir ne seront pas toujours faciles, mais constamment, il revient sur le fait que depuis le "début", son enfant a été désiré, quoi que puissent en penser certains.

  "Je ne l'ai pas su dans la minute, mais je voulais toi, avec Katell. Tu le crois, ça ? Eh oui, t'es bien obligé... Tu seras tellement notre preuve par sang, bientôt. Y aura ta respiration sur ma joue. Je vais te tenir tout léger. Tu seras peut-être même sur mon torse, pour le bain." [p. 21]

  "Y en a qu'ont un vertige, juste au-dessus des fleuves. Mais ils y sont. On y est. Tu vas arriver. Tu vas naître. Et tu vois comme t'es attendu... tu vois, t'es attendu." [p. 58]

 

Je me demandais comment allaient réagir mes élèves de 15, 16 ans à l'audition de ce texte car il n'y a pas véritablement d'action : ils m'ont dit qu'il était tout à fait différent de La piscine était vide et très touchant.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" et "Un mois, une consigne".

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11:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

16/04/2015

Cet été-là, Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Présentation. Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cet étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, Windy aime encore jouer. Chacune d’elle se débat en parallèle avec ses problématiques familiales. Une plongée toujours fine et juste dans l’adolescence.

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Mon avis. J'ai eu l'occasion de lire ce roman graphique dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival", de Price Minister.

J'ai apprécié le récit mais sans plus, même s'il met en évidence, de manière subtile, une tranche de vie adolescente ; j'aurais effectivement préféré que les sujets évoqués (la relation avec les parents, les premiers émois amoureux, l'amitié,...) soient traités davantage en profondeur alors qu'ils sont ici esquissés. J'aurais aimé, en outre, m'attacher aux personnages, ce qui n'a pas été le cas, hormis quelque peu Windy.

En revanche, j'ai trouvé le graphisme superbe : il met bien en évidence la tourmente dans laquelle Rose et Windy se laissent parfois emporter, bon gré mal gré.

Traduction : Fanny Soubiran.

 

Merci à Price Minister pour cette découverte à laquelle j'attribue la note de 14/20.

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16:19 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

13/04/2015

Singularité(s)

Cette semaine, j'ai pris le temps de laisser vagabonder ma plume (!) pour ce rendez-vous proposé par Leiloona.

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© Julien Ribot

 

Du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle avait eu conscience de sa différence. Oh, non pas qu'elle-même se sentît différente mais les autres semblaient toujours avoir mis l'accent sur cette singularité. Sa singularité.

Un regard, détourné ou fixé, un sourire (parfois à peine) esquissé, un rire même, sonore ou atténué, un geste tellement significatif.

Alors, elle avait essayé de se faire une raison, œuvrant douloureusement pour refouler au-dedans de son cœur écorché les larmes qui sourdaient naturellement.

Un travail de tous les instants : ne jamais baisser sa garde, rester constamment à l'affût du moindre sentiment désireux de surgir, subrepticement, au moment où elle s'y attendait le moins, pour fissurer la carapace qu'elle s'était forgée.

Vainement.

Contrainte de s'avouer qu'elle souffrait toujours autant. Davantage même.

Jusqu'au jour où...

 

Du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle avait eu conscience de sa différence. Oh, non pas qu'elle-même se sentît différente mais les autres semblaient toujours avoir mis l'accent sur cette singularité. Sa singularité.

Un regard, détourné ou fixé, un sourire (parfois à peine) esquissé, un rire même, sonore ou atténué, un geste tellement significatif.

Alors, elle avait essayé de se faire une raison, œuvrant douloureusement pour refouler au-dedans de son cœur écorché les larmes qui sourdaient naturellement.

Un travail de tous les instants : ne jamais baisser sa garde, rester constamment à l'affût du moindre sentiment désireux de surgir, subrepticement, au moment où elle s'y attendait le moins, pour fissurer la carapace qu'elle s'était forgée.

Sa réussite n'en fut que plus éclatante : c'est elle, désormais, dont les autres s'émerveillaient, heureux ou jaloux du vilain petit canard métamorphosé en cygne.

Apparence. Illusion. Car enfoui en elle... loin... très loin...

07:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

11/04/2015

Les petites reines, Clémentine Beauvais

Présentation. On les a élues "Boudins de l'année" sur Facebook.

Mais Mireille Laplanche et ses "boudinettes", Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort !

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris...

... pour s'incruster à l’Élysée !

Place aux Petites Reines !!!

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Mon avis. Je profite des congés pour lire et décidément, jusqu'à présent, la pioche est bonne. Bonne ? Que dis-je ? Excellente !

Ce récit est un concentré de bonne/belle humeur, tendresse et réflexion (intelligente) sur (une certaine frange - pour ne pas dire une frange certaine - de) la société.

Mireille n'est rien moins qu'un poème qui a appris, par la force des choses, à décliner ses vers avec humour, celui du clown parfois mélancolique...

Focus sur l'adolescente qui, pour la troisième année consécutive, est montée sur le podium des "Boudins" de son lycée burgien. Le jury ? Un connard du nom de Malo, "ami" d'enfance de Mireille. Une variante cependant cette année : Mireille a perdu son titre de "Boudin d'Or" au profit de celui de "Boudin de Bronze".

Qu'à cela ne tienne, elle rencontre les deux autres "lauréates" et en moins de temps qu'il n'en faut pour l'imaginer, elles mettent sur pied une escapade vélocipédique qui les conduira à Paris, le 14 juillet, jour de la réception officielle à l’Élysée. Et puis, comme on est boudin ou on ne l'est pas, tant qu'à faire, elles vendront du boudin au cours de leur périple. Ce qui n'a, dans un premier temps, été envisagé que comme une boutade se concrétise tout "naturellement".

Les boudinettes, Astrid, Hakima et Mireille, seront accompagnées par Kader - le Soleil aux yeux de Mireille -, le frère de Hakima, ancien militaire de l'Armée française, en chaise roulante depuis qu'il a perdu ses jambes - et ses hommes - dans une embuscade au Galéristan. La motivation qui anime chacun des membres de ce quatuor insolite s'exprimera lors de la garden-party de l’Élysée, qu'il s'agira de gate-crasher.

 

J'ai beaucoup (sou)ri au fil de cette lecture : les réflexions exprimées par Mireille - je me demandais quelle était la raison du choix de ce prénom peu usité aujourd'hui ; l'air de rien, l'explication s'inscrit à travers les mots à la fin -, à voix haute ou "pour elle-même", sont bourrées d'humour, tantôt tendre, tantôt (délicieusement) grinçant ; c'est le cas aussi des surnoms qu'elle attribue à bon nombre des personnages évoqués dans le texte.

 

  "Voilà Maman qui entre dans la cuisine. Astrid lève les yeux vers elle, me regarde, puis regarde à nouveau maman, puis moi. Elle se demande sans doute, comme tout le monde, par quelle terrible méprise un gnome de mon acabit a pu sortir de l'avatar de Catherine Deneuve qu'est ma mère." [p. 25]

  "La boîte à outils de Philippe Dumont est exactement à l'image des ambitions bricolagières de Philippe Dumont : immenses mais à jamais irréalisées. Il ne l'a ouverte qu'une seule fois, pour soupeser les différents outils." [p. 49]

 

Et puis, çà et là, surgissent des phrases percutantes, qui "parlent d'elles-mêmes" :

  "Et là vous savez, c'est l'un de ces moments où notre existence, qu'on a jusque-là un peu laissée vagabonder, se télescope brutalement à l'intérieur d'elle-même en un claquement élastique." [p. 185]

  "Oui, les vrais gens qui existent semblent tous nous aimer. Il y a un tel gouffre entre les mots sur Internet et ceux des gens qu'on rencontre ! Et c'est bizarre, cette popularité. Je n'ai pas l'habitude qu'on me sourie comme ça. Je n'ai pas l'habitude qu'on me demande comment je vais. C'est peut-être ça que ça fait d'être beau ; j'ai toujours remarqué que les gens beaux attiraient les sourires et les "ça va ?". On n'aime pas voir des gens beaux aller mal. Les moches, eux, évidemment qu'ils vont mal, ils sont moches." [p. 197]

  "Et toi, hypocrite lecteur ?

   Quel dénouement préférerais-tu à notre aventure ? Voudrais-tu que Malo nous brûle notre pick-up, qu'on n'arrive jamais à Paris, et qu'on soit punies d'être moches et grosses ? Ou bien es-tu un cœur tendre, un petit sensible ?  [p. 204]

[Puisque tu me le demandes, Mireille, je précise que j'appartiens irrémédiablement à la deuxième catégorie.]

 

Un roman qui amène le "sourire-banane" sur le visage du lecteur mais aussi, de temps à autre, mine de rien, embue le regard...

Un tout grand merci aux éditions Sarbacane pour cette magnifique découverte.

 

Ce titre entre dans les challenges "des 170 idées" (idée n° 35 : un vélo) ; "Jeunesse/Young Adult" (24) et "Un mois, une consigne".

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15:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

10/04/2015

Le dernier pape, Luís Miguel Rocha

Présentation. 29 septembre 1978 : le monde apprend que le pape ­Jean-Paul Ier a été retrouvé mort dans son lit, 33 jours après son élection. Pourtant, jamais jusque-là un pape n’est mort sans témoin. Et le Vatican ordonne que le corps soit ­embaumé dans les 24 heures, excluant toute autopsie...

2006 : Sarah Monteiro, journaliste portugaise installée à Londres, vient à peine de découvrir dans son courrier une liste de noms – dont celui de son propre père – qu’elle subit une première agression. À coup sûr, cette liste la met en danger. Aiguillée à distance par son père, elle se retrouve aussitôt embarquée dans une course-­poursuite incroyable entre l’Angleterre, le Portugal, les États-Unis et le Vatican.

Protégée par le très mystérieux Rafael, confrontée à des hommes prêts à tout pour mettre la main sur cette liste, Sarah va, bien malgré elle, se retrouver mêlée à un véritable et terrifiant complot, qui ne serait pas sans rapport avec le décès de Jean-Paul Ier…

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Mon avis. Une course effrénée qui emporte le lecteur sur les sentiers nébuleux de l'Histoire, autour de la mort de celui que l'on a appelé il Papa del sorriso, le Pape du sourire...

Le récit démarre sur les chapeaux de roue et ne s'essouffle jamais, entraînant dans son sillage Sarah Monteiro, une jeune journaliste qui rentre de vacances : elle réintègre son domicile londonien après être allée au Portugal rendre visite à ses parents.

Elle relève son courrier et n'a pas le temps de "se poser" qu'elle est victime d'une agression dont elle réchappe miraculeusement. C'est pour Sarah le premier jour du reste de sa vie... une vie qui risque davantage de s'inscrire en heures ou - avec un peu de chance - en jours, plutôt qu'en années, car ceux qui la poursuivent sont bien décidés à tout mettre en œuvre pour récupérer la liste de noms que Sarah a reçue par courrier. Sur cette liste apparaît le nom de Raul Monteiro, le père de la jeune femme.

Passé l'ahurissement qui dans un premier temps a presque réussi à la tétaniser - on le serait à moins -, elle est bien décidée à vendre chèrement sa peau, aidée en cela par un sauveur providentiel. Ce dernier, prénommé Rafael, est visiblement un professionnel des combats, rapprochés ou non.  Mais même lui est forcé de reconnaître que, parfois, la situation est désespérée...

J'ai beaucoup apprécié cette intrigue - dont on aimerait tant qu'elle ne soit que pure fiction - dans laquelle les crapules ne rigolent absolument pas, avides de pouvoir et d'argent, sous des apparences tellement "catholiques"...

Traduction : Vincent Gorse.

Merci aux éditions de l'Aube pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir ce jeune auteur malheureusement décédé le mois dernier.

 

Ce livre entre dans le challenge "Un genre par mois" (historique en avril).

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21:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

08/04/2015

La Ballade d'Hester Day, Mercedes Helnwein

Présentation. C’est l’histoire d’une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d’un apprenti poète qui l’a épousée pour trouver l’inspiration, et d’un petit garçon rondouillard qui, à défaut d’être cow-boy de l’espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux.

L’équipée sauvage d’Hester Louise Day s’annonce comme un fiasco épique. Parce que la famille, même bricolée, ce n’est jamais un long fleuve tranquille [...].

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Mon avis.  Un coup de cœur ; une touchante balade à travers les mots de cette ballade...

Le prologue donne d'emblée le ton de cette histoire peu conventionnelle : "Mes parents m'ont appelée Hester Louise Day, Hester en mémoire d'une sœur décédée, Louise en mémoire d'une tante décédée, et Day en mémoire de l'homme, décédé il y a longtemps, qui fonda cette famille quelque part en Europe, au cours d'une nuit noire et fougueuse." [p. 9]

Hester a toujours vécu en décalage par rapport à sa famille : une mère désespérée par cette fille qu'elle n'a jamais comprise - pas plus qu'essayé de comprendre d'ailleurs -, atteinte par une espèce de "bovarysme à la sauce XXIè siècle" ; un père qui n'accorde d'importance qu'au golf et s'ennuie prodigieusement aux côtés de sa femme ; une sœur, Hannah, qui (heureusement pour les parents) suit le chemin tracé pour elle.

 

  "Ça faisait longtemps que je n'essayais même plus d'éprouver la culpabilité qu'on attendait de moi, et j'observais la scène comme si elle se déroulait dans une autre maison, à l'autre bout du pays." [...]

"J'observai le visage éteint de ma mère. Le soleil avait commencé à faire fondre ses couches de maquillage superposées. On pouvait voir que tout était mort et enterré dans sa stupide vie, et elle n'en paraissait que trop heureuse.

   Et puis je pensai : Pourquoi ne pas adopter un de ces enfants dont la vie est placardée sur des panneaux publicitaires ?

   L'idée était assez absurde pour que je puisse m'y accrocher de toutes mes forces. Plus j'y réfléchissais, moins ça avait de sens et plus j'étais ravie." [p. 41 - 43]

 

  "Pourquoi tu ne demandes pas à Hannah si elle serait d'accord pour t'emmener avec elle à l'une de ces fêtes où elle va toujours ?"

   Eh bien, probablement parce que je préférerais nettoyer des toilettes publiques avec ma langue.

   Elle prit un air ennuyé, pour ne pas dire constipé.

  "Pourquoi tu ne me réponds jamais quand je te parle ?

  - Désolée, dis-je en me passant une main froide sur le front. Mon train de pensée a déraillé."

   Elle se détourna de moi et, pour la seconde fois, monta le son de la télé.

  "Chérie, il y a un truc quoi cloche chez toi. Vraiment." [p. 105]

 

Hester n'entre pas non plus dans le moule que la société semble avoir forgé pour elle ; c'est pourquoi les amis potentiels ne se bousculent pas au portillon. Pourtant, Hester ne s'en formalise pas : elle reste elle-même - au grand dam de ses "congénères" - en toute circonstance.

Plus souvent qu'à son tour, elle met les pieds dans le (la) plat(e) (existence d'autrui), ce qui lui vaut bon nombre de remontrances.

J'ai vraiment été conquise par Hester, malgré le portrait peu nuancé des personnages et les quelques "coïncidences" - énormes - qui jalonnent cette épopée mémorable en camping-car au cours de laquelle Hester va, peut-être, trouver sa voie en compagnie d'un jeune poète, presque aussi inadapté qu'elle, et de Jethro, son cousin de onze ans, "kidnappé pour l'occasion".

J'ai aussi beaucoup apprécié l'ironie, voire le cynisme, présents à travers le récit...

Traduction : Francesca Serra.

Un grand merci aux éditions La belle colère pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (23) et "Un mois, une consigne".

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17:19 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/04/2015

SEPeut-être possible ?

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Cela fait très longtemps que je n'ai plus donné de nouvelles, autres que "livresques", alors en voici quelques-unes, histoire de faire le point.

Depuis un an et demi environ, je me déplace tout le temps en chaise, y compris à la maison. Le cap a été très difficile à passer ; je ne vais pas écrire "accepter" car jamais, je n'accepterai cette saleté de SEP. Bref.

J'ai pourtant (presque) l'impression d'avoir trouvé une espèce de rythme de "croisière", dans le sens où, pour le moment, je continue à travailler et figurez-vous que j'aime toujours ça.

Malgré la fatigue parfois présente - mais finalement pas plus que chez chacun, la fatigue n'ayant jamais été, jusqu'à présent en tout cas, un symptôme handicapant -, les jambes toujours aux abonnés absents et le temps s'égrenant (c'est que je n'ai plus vingt ans !), je garde jusqu'à présent mon enthousiasme.

J'ai en outre un cours en rhéto (terminale), à côté de ceux de quatrième (seconde) et même si cela me demande bien davantage de travail, j'y prends beaucoup de plaisir. Et depuis quelques années, j'ai vraiment de "chouettes classes".

J'ai bien conscience que si mon travail n'était pas rythmé par les pauses des congés, il y a probablement belle lurette que j'aurais été contrainte de jeter l'éponge.

Bien sûr, je ne peux savoir durant combien de temps cela durera encore mais curieusement, je me dis que... peut-être... pourquoi pas... il serait possible de tenir encore quelques années... Oh bien sûr, pas jusqu'à l'âge de la retraite [d'ici là, on devra probablement travailler jusqu'à quatre-vingts ans ; cela dit, je suis "équipée"] mais chaque jour, chaque semaine, chaque mois écoulé(e)(s) est malgré tout une victoire.

Pourvu que ça dure...

 

[Illustration : http://www.lapinou.com]

10:52 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

06/04/2015

L'élite, 2 : Sous surveillance, Joelle Charbonneau

Présentation. Cia a survécu au Test. Elle est officiellement reçue à l’université qui forme l’élite du pays. Mais elle découvre l’enregistrement qu’elle avait fait à la fin du test, dans lequel elle racontait son expérience. Elle a du mal à croire ce qu’elle entend, surtout les doutes à propos de l’intégrité de Tomas, son petit ami.

À l’université, elle intègre l’unité de sciences politiques mais elle est surveillée de près par la direction de l’université. Désormais Cia va devoir faire face à des menaces bien plus subtiles. Bien plus vicieuses. Et surtout à la plus grande d’entre elles : le doute.

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Mon avis. De nouveau un régal...

C'est avec un réel plaisir que j'ai retrouvé l'élite, celle qui avait, tant bien que mal, réussi à triompher des épreuves destinées à sélectionner les "meilleurs", et particulièrement, parmi ceux-ci, Cia.

L'adolescente a, comme prévu, oublié ce qu'elle a vécu lors du fameux Test ; pourtant, elle en a entendu quelques traces évoquées par elle-même lors de l'enregistrement réalisé avant que sa mémoire ne soit effacée. Elle ne veut cependant pas y croire.

Difficile effectivement pour elle "d'accepter" ce que la société leur a imposé ; douloureux d'imaginer que Tomas ne soit pas tout à fait celui au charme duquel elle a succombé ou qu'elle doive continuer à rester constamment sur ses gardes alors qu'elle pensait que "tout cela" était derrière elle...

J'ai davantage encore apprécié ce deuxième opus centré principalement sur Cia, Tomas demeurant cette fois la plupart du temps dans l'ombre.

La jeune fille reste fidèle à elle-même, à ses convictions et aux valeurs que lui ont transmises ses parents, ce qui ne plaît pas à tout le monde, qu'il s'agisse des autorités académiques ou des ses coéquipiers/adversaires. Car Cia n'est décidément pas prête à tout pour arriver à ses fins. En outre, elle aimerait se faire des amis, ce qui semble n'être la priorité de personne...

J'aime décidément beaucoup ce personnage hors du commun... Vivement la suite !

Traduction : Amélie Sarn.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (22) et "Un mois, une consigne".

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18:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/04/2015

Le suivant sur la liste, Manon Fargetton

Présentation. Izia bifurqua dans la rue du collège. Elle consulta sa montre. Parfait. Izia collectionnait les mots sur son carnet de liaison et se faisait un devoir de ne jamais arriver à l'heure. Elle leva un sourcil étonné en apercevant Nathan qui déboulait sur son vélo à l'autre bout de la rue. Elle s'apprêtait à traverser en snobant le passage clouté lorsqu'une Mercedes aux vitres teintées surgit du carrefour. Trop vite. Beaucoup trop vite.
Elle distingue sans peine le regard déterminé du conducteur qui enfonçait la pédale d'accélérateur.
La voiture était déjà sur Nathan.
Elle cria.

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Mon avis. Un récit mené tambour battant, que j'ai beaucoup apprécié...

Au préalable, je remercie Dup et Phooka, de Book en Stock, ainsi que les éditions Rageot pour ce partenariat.

Ce roman jeunesse entre d'emblée dans le vif du sujet alors qu'Izia assiste, médusée, à un accident... qui n'en est pas un : elle a clairement vu une Mercedes foncer délibérément sur Nathan pour le renverser. Le jeune homme n'a pas survécu.

C'est le début de la reconstitution d'un puzzle qui va réunir des adolescents qui, à priori, n'ont rien à voir les uns avec les autres : Izia, Morgane, Timothée, Samuel et Nathan lui-même qui avait découvert, avant sa mort, des éléments troublants relatifs à chacun d'eux et a laissé des traces de ses recherches.

Ces jeunes ont un point commun dont ils n'ont absolument pas conscience et qu'ils se doivent de découvrir s'ils veulent rester en vie ; en outre, chacun est doté d'une personnalité bien particulière, d'une manière ou d'une autre attachante.

Le récit est relaté en des chapitres courts, qui se focalisent tour à tour sur un personnage précis ; tout semble tourner autour de la clinique Les cigognes, là où est internée depuis des années la maman de Morgane ; là où Timothée se protège des autres...

Voici une lecture qui devrait plaire aux adolescents ; je la recommande pour le deuxième degré.

Ne me reste plus maintenant qu'à lire la suite : La nuit des fugitifs.

Je vous rappelle que si vous souhaitez découvrir plus avant l'auteure, vous pouvez aller voir là-bas.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (21).

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14:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

01/04/2015

Le mois de...

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En ce rendez-vous mensuel chez Book en Stock, Dames Dup et Phooka mettent en lumière Manon Fargetton.

Pour découvrir l'auteure et lui poser vos questions, c'est ICI.

11:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/03/2015

Inhuman, T. 1, Kat Falls

Présentation. Un virus destructeur a transformé une partie de la population en animaux et contraint à séparer les États-Unis en deux zones. Lane vit à l'ouest, dans la zone saine, et se voit confier une mission : passer dans la zone contaminée pour rapporter une photo et ainsi sauver son père. Lors de son périple, elle trouve des alliés et le moyen de combattre le virus...

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Mon avis. Un roman que je proposerai inévitablement à mes élèves...

Je suis entrée très vite dans cette histoire qui met en exergue Delaney, alias Lane. L'adolescente vit la plupart du temps seule : sa mère est décédée et son père, Mack, la plupart du temps en vadrouille, à la recherche d’œuvres d'art.

Dès les premières pages, Lane est arrêtée à cause de son père qui, lui apprend-on, profite de ses escapades pour franchir Le Mur. Celui qui est érigé entre l'ouest et l'est des États-Unis depuis qu'un virus s'est répandu et a décimé une bonne partie de la population : les humains se terrent à l'ouest ; à l'est survivent les mutants, mi-hommes, mi-animaux.

Un marché est proposé à la jeune fille : elle peut sauver son père de l'exécution qui l'attend - quand les autorités l'auront retrouvé - si elle réussit à mettre la main sur une photo. Trois problèmes de taille : l'objet convoité se trouve à l'est, autrement dit "de l'autre côté" ; Lane découvre, abasourdie, cette facette inconnue de Mack ; la jeune fille n'a rien d'une aventurière...

Bien sûr, le thème d'un monde coupé en deux n'est pas neuf dans la dystopie, pas plus que celui du virus ravageur, mais j'ai apprécié la manière dont ils sont traités, avec la réflexion sur les hybrides.

Les personnages m'ont aussi plu : Lane, arrachée à sa vie confortable, aseptisée, monotone et contrainte (d'essayer) de s'endurcir et faire ses preuves ; Everson, le garde figé, impassible... en apparence ; Rafe, "voyou du futur", attachant... parfois. Entre les deux, le cœur de Lane balance. Le mien aussi d'ailleurs mais après mûre (!) réflexion, il penche plutôt pour Everson...

Je lirai volontiers la suite.

Traduction :Christine Bouard-Schwartz.

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (20).

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10:44 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/03/2015

Larme ultime, Shin Takahashi

Présentation. Frêle et timide lycéenne, Chise est amoureuse de Shuji. Rien de plus banal, sauf qu’une nouvelle guerre mondiale ébranle la planète. Le Japon est victime de sanglants raids aériens. Mais Chise n’est pas aussi fragile qu’elle n’y parait, en réalité, c’est une arme secrète, particulièrement meurtrière, œuvrant pour le compte du gouvernement.

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Mon avis. Désireuse de trouver de nouvelles lectures susceptibles d'intéresser mes élèves dans le cadre du romantisme, je me suis lancée dans ce manga dont les critiques sont très positives.

Verdict ? Un flop. Je suis passée complètement à côté...

J'ai apprécié le côté graphique et l'impression de flou qui s'en dégage; en revanche, l'histoire m'a paru extrêmement confuse : elle part dans tous les sens, entre le conflit mondial bel et bien présent, la personnalité nébuleuse des "héros" et la relation étrange qu'ils entretiennent.

Bref, je ne lirai pas la suite...

Traduction : Sae Cibot

Ce titre entre dans le challenge "Un mois, une consigne" pour mars (lettre "T").

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15:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/03/2015

Le sauveteur de touristes, Éric Lange

Présentation. Je suis le sauveteur de touristes. C'est mon métier, une sorte de détective privé ne travaillant que sur des affaires de touristes en perdition. Les cas les plus courants sont les emprisonnements pour trafic et consommation de drogues illégales, mais les plus intéressants sont les disparitions, volontaires ou non.
Cette histoire est celle de ma première enquête. Elle m'entraîne à New York, Bangkok, Goa, Tanger et Alice Springs, à la recherche d'Émilie...

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Mon avis. J'ai beaucoup apprécié ce récit mais peut-être pas pour les raisons escomptées...

Tom, le narrateur, évoque au préalable les circonstances dramatiques qui l'ont amené à devenir "sauveteur de touristes", profession pour le moins originale s'il en est : journaliste, il a un "beau" jour pété les plombs et s'est vu contraint de changer de boulot. L'occasion lui est offerte d'entreprendre des recherches en vue de retrouver Émilie, une jeune fille de bonne famille qui a disparu du jour au lendemain. Enquête privée. Rémunération très intéressante. Frais remboursés. Nouveau départ.

J'ai bien sûr aimé suivre Tom dans ses pérégrinations destinées à pister la jeune femme mais davantage encore, c'est la découverte des pays traversés par le quadragénaire qui m'a plu : l'évocation des contrées visitées est particulièrement intéressante et le lecteur perçoit des sensations liées à la moiteur, la chaleur, les odeurs, les bruits, les habitudes,... selon les villes où séjourne le "héros". Émilie l'entraine ainsi hors des sentiers battus, là où agissent des personnages pour le moins insolites.

Je trouve que c'est typiquement le genre de récit qui pourrait devenir une série, le touriste à retrouver devenant alors le fil conducteur.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

18:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/03/2015

La piscine était vide, Gilles Abier

Présentation. Le bonheur et la honte après l'annonce de l'acquittement. Mais pour Célia, c'est de sa vie qu'il s'agit. Une vie sans Alex, et pourtant une vie à vivre.

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Mon avis. Un de mes plus grands plaisirs liés à mon métier, c'est indéniablement la lecture en classe. Je viens d'ailleurs à nouveau de terminer dans mes deux classes Simple, de Marie-Aude Murail. Ce devait être au moins la trentième fois... Quand je m'en lasserai, peut-être cela signifiera-t-il qu'il est temps de prendre ma retraite ?

Le souci arrive quand il s'agit de trouver un deuxième récit à lire après Simple : il faut qu'il soit facile à écouter pour les élèves qui n'ont pas de support écrit et qu'il les intéresse d'une manière ou d'une autre.

Jusqu'il y a peu, je ne connaissais pas la collection D'une seule voix, chez Actes Sud Junior mais les blogs de Jérôme, Cajou et La fée y ont remédié et j'ai décidé de plonger dans la piscine, qui pourtant était vide...

Le récit commence alors que Célia vient d'apprendre qu'elle est acquittée : des circonstances dramatiques ont conduit à la mort d'Alex, celui qui rendait sa vie si lumineuse. Mais l'adolescente avait très vite été accusée de l'avoir poussé dans cette piscine. Vide.

Célia raconte son soulagement à l'énoncé du verdit et revient sur cet épisode douloureux de sa vie ; un de ceux qui font qu'à jamais, il y a un avant et un après. Des mots qui s'entrechoquent pour tâcher de dire l'indicible. Jusqu'à la fin. Percutante.

Je le lirai donc en classe et j'ai d'ores et déjà commandé Au moins un, d'Irène Cohen-Janca, ainsi que Tes seins tombent, de Susie Morgenstern... mais en occasion car là où le bât blesse, c'est que ces courts récits coûtent très cher pour quelques dizaines de minutes de lecture...

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (19).

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11:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

20/03/2015

Last : Minute, Jeff Abbott

Présentation. Ex-agent de la CIA, Sam Capra voit sa vie basculer le jour où le cartel des Neuf Soleils affirme qu'il détient son fils. Pour tenter de sauver son enfant, Sam doit éliminer un hacker qui possède des informations plus que compromettantes sur le cartel. Les heures sont comptées. Aidé d'une jeune ingénieure en informatique dont la fille a aussi disparu, Sam se lance dans un contre-la-montre impitoyable.

Lorsque Mila, bien connue de Sam, intervient dans cette traque, les menaces se multiplient. Qui sont les mystérieux individus qui ont mis à prix la tête de Mila ? En saurait-elle plus qu'il n'y paraît ? Sam n'a pas le choix, le temps presse, la vie de son fils est en jeu.

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Mon avis. C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Sam Capra, aux prises à la fois avec le groupe Novem Soles qui détient son fils, ce bébé qu'il n'a pas encore tenu dans ses bras, ainsi qu'avec le FBI. Il doit faire face sur tous les fronts et pour essayer de sauver Daniel, il se voit contraint de faire équipe avec Léonie dans le but d'éliminer un jeune hacker.

Léonie sera la "tête chercheuse", celle dont la spécialité est de fournir de nouvelles identités à ses clients et dans le cas qui nous occupe, de mettre tout en œuvre pour retrouver le génie en informatique. Quant à Sam, il sera l'exécutant des basses besognes, autrement dit "l'exécuteur".

Comme dans le premier opus, Sam court dans tous les sens, tâchant d'éviter, tant que faire se peut, de se faire trucider, dans le but ultime d'assassiner le jeune hacker.

Parallèlement, Mila se retrouve en grand danger, elle qui a plutôt l'habitude d'être celle dont il faut se méfier ; ce sera l'occasion pour le lecteur de découvrir plus avant le passé trouble de cette femme mystérieuse.

Pas une minute de répit dans ce roman, ni pour les protagonistes, ni pour le lecteur. Je lirai très volontiers la suite des aventures du séduisant Sam, même si j'ai préféré le premier tome, d'autant que la fin de celui-ci m'a paru assez invraisemblable.

Traduction : Anath Riveline.

 

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

17:49 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

13/03/2015

Les Ptimounes - 1 : Chacun fait son nid ! ; - 2 : Un poisson à la maison, Madeleine Brunelet

Chacun fait son nid !

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Présentation. Panique au réveil, les Ptimounes découvrent un trou dans le toit de leur maison.
Et zut ! Il n'y a plus une seule brindille dans les alentours pour le réparer...
Comment faire ?

Dans ce premier opus, les Ptimounes se rendent compte que deux oiseaux sont occupés à détruire le toit de leur maison, ils disposent de peu de temps pour trouver de l'aide et limiter les dégâts...

 

Un poisson à la maison

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PrésentationEn jouant au bord de la mare, les Ptimounes sauvent la vie d'un petit poisson.
Ils s'en occupent, le nourrissent...
Mais quelle n'est pas leur surprise lorsque le poisson grandit !

Mon avis. Dans cette deuxième aventure, les Ptimounes sont confrontés à un poisson qu'ils sauvent et qui grandit, grandit, à tel point qu'ils sont contraints, progressivement, de lui trouver un récipient de plus en plus grand. Mais ce poisson bizarre est vraiment différent de ce qu'ils connaissent...

 

Cette nouvelle collection relate les aventures survenues à Alizé, Bise, Mistral, Tempête et Zéphyr, des êtres minuscules appelés Ptimounes.

Les illustrations m'ont ravie : j'ai beaucoup aimé le dessin, aux couleurs chatoyantes, qui fait la part belle aux rondeurs et aux courbes. Des personnages qui devraient plaire aux tout petits.

18:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/03/2015

Le noir est ma couleur, 3 : La riposte, Olivier Gay

Présentation. Depuis que Jordan, un jeune mage, est arrivé au lycée, Manon est en danger. Il menace de révéler son secret et de la dénoncer au Conseil si elle ne s'éloigne pas d'Alexandre.
Mais l'union fait la force. Quand Alexandre découvre les manœuvres de son rival, il persuade Manon de riposter.
Violemment.
Va-t-elle commettre l'irréparable ?

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Mon avis. Au risque de me répéter : j'ai retrouvé avec grand plaisir Manon et Alexandre.

Ce troisième tome commence là où s'était terminé le précédent ; Manon se retrouve aux prises avec l'horrible Jordan. Ce dernier la soumet à un chantage douloureux : ou elle rompt tout contact avec Alexandre, ou il révèle aux parents de la jeune fille sa "récente nature particulière".

Contrainte et forcée, désireuse de protéger Alexandre, elle lui envoie un laconique message de rupture... que celui-ci ne comprend absolument pas, même s'il fait "bonne figure" devant ses copains.

S'ensuit alors une lutte de tous les instants entre Alexandre et Jordan, Manon s'évertuant à "compter les points (poings)". Jusqu'à ce qu'elle se décide à réagir, avec les (puissants) moyens dont elle dispose, tout en essayant (!) de rester discrète (!), histoire que ses parents - et le Conseil - ne découvrent pas le pot aux (pas) roses.

Outre la relation entre Manon et Alexandre - qui se retrouve dans de sales draps -, ce volume soulève un coin du voile qui occultait jusque-là les Mages noirs, permettant ainsi au lecteur de se rendre compte (noir sur blanc)... que tout n'est jamais noir ou blanc.

Une aventure qui jamais ne s'essouffle et que je continuerai à suivre, bien volontiers. D'autant qu'une fois encore, la fin appelle la suite. Inévitablement.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (18) et "Un genre par mois" (fantasy ou fantastique en mars).

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16:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |