24/02/2017

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, Martin Michaud

Présentation. Quand elle se réveille sur un lit d'hôpital, Simone Fortin apprend qu'elle a été victime d'un chauffard et sort tout juste du coma. Et pourtant, elle est persuadée d'avoir passé les 24 dernières heures avec un inconnu, Miles. Incapable d'accepter que cette rencontre n'était que le fruit de son imagination, elle va tout faire pour le retrouver... Et s'il ne s'agissait pas que d'un accident ? Et si le chauffeur de la voiture lui voulait du mal ? Y aurait-il un lien entre cette affaire et les meurtres des deux hommes tués exactement de la même manière à une journée d'intervalle ?

C'est ce que tente d'élucider le commissaire Victor Lessard, pour faire oublier sa dernière bavure mais aussi pour ne pas penser à l'échec de sa vie familiale. Jusqu'à ce que son propre fils soit mêlé à ses recherches...

Une jeune femme lancée à la poursuite d'un homme qui pourrait ne pas exister. Un enquêteur de la police de Montréal sur deux affaires inquiétantes. Un chasseur impitoyable qui pense que chacun doit payer pour ses fautes. Trois destins qui vont se croiser inéluctablement, pour le meilleur et pour le pire...

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Mon avis. Après la lecture de S.A.S.H.A. et Sous la surface,  je poursuis ma découverte d'un des maîtres québécois du thriller avec la première enquête de Victor Lessard (tant qu'à faire, je compte les lire dans l'ordre).

Victor Lessard est un "flic de son temps" : à l'instar de bon nombre de policiers de papier contemporains, il est cabossé, pas toujours droit dans ses bottes, ni dans sa tête d'ailleurs ; il lui arrive de flirter avec la ligne rouge...

Par touches infimes, l'auteur dessine l'immense toile de cette histoire qui entraîne le lecteur sur des sentiers inexplorés, ceux qui font la part belle au fantastique ; parallèlement à l'enquête qui le conduit dans de multiples directions, Lessard essaie de garder la tête hors de l'eau car son existence, dans laquelle l'alcool avait pris une (trop) grande place, s'effiloche, c'est le moins que l'on puisse dire : il en est réduit à s'arrêter devant la maison de son ex-femme afin de grappiller de fugitives images de sa famille...

"Il se sentit tout à coup découragé. Il n'y arriverait pas. Il pensa à se cacher sous les couvertures avec un verre. Un tout petit verre de rien du tout.

   Ne gâche pas tout, Lessard." [p. 67]

 

Il semble que les crimes sur lesquels le commissaire est chargé de faire la lumière soient liés, d'une manière ou d'une autre, à Simone Fortin (la narration en "je" de l'histoire), la jeune femme qui, renversée par un chauffard, vient de sortir du coma et met tout en œuvre pour retrouver un certain Miles avec qui elle a passé une journée mémorable. Le hic, c'est que personne ne semble le connaître...

J'ai vraiment passé un très bon moment en compagnie de Victor Lessard, son équipe, ainsi que les autres protagonistes, victimes ou non ; difficile de lâcher le livre une fois commencé. Cerises sur le gâteau : le vocabulaire et les expressions québécois que je prends plaisir à découvrir.

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 comme "lecture supplémentaire".

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14:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/02/2017

Juste à temps, Philippe Curval

Présentation. Parvenu à l'âge des bilans, Simon Cadique, réalisateur de séries télé, décide de se lancer dans la réalisation d'un film dont le sujet lui tient à cœur : rendre hommage à des figures injustement oubliées par l’histoire. Les frères Caudron, deux fils de la paysannerie picarde, furent à l’aube du XXe siècle des pionniers de l’aviation. Les machines volantes qu’ils fabriquaient prenaient leur envol au-dessus des plages de la baie de Somme. Lorsque Simon retourne dans ces lieux imprégnés des souvenirs de sa jeunesse, un phénomène étrange se produit : de mystérieuses marées du temps surgissent, brassant les années, contaminant le passé, le présent, le futur. Amitiés, richesses, amours, filiations : toutes les cartes sont en passe d'être rebattues.

Mon avis. Je ne suis jamais vraiment rentrée dans le récit...

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Le propos est très intéressant : le projet de réalisation d'un film hommage aux frères Caudron (dont je n'avais jusqu'alors, je le reconnais, jamais entendu parler) sur les lieux mêmes où ces agriculteurs ont pris leur envol (!), à savoir la plage du Crotoy, mis en œuvre par Simon Cadique, ballotté par des marées qui projettent les êtres humains dans le temps, tantôt dans le passé, tantôt dans le futur...

Ces voyages temporels seront pour lui l'occasion de découvrir "en temps réel" les deux héros de son film, ainsi que des "exilés" du temps, avec un décor qui prend vie et en devient presque un (superbe) personnage : la baie de Somme et plus particulièrement Le Crotoy.

J'ai l'impression d'avoir été moi-même balancée de droite et de gauche par ces mouvements temporels, n'arrivant jamais à m'arrimer solidement, si bien qu'à certains moments, je tournais allègrement les pages, tandis qu'à d'autres, je m'enlisais dans les mots. J'ai finalement jeté l'éponge après avoir lu près de 400 pages mais je suis persuadée qu'il ne s'est agi que d'une question de "timing" (!) : ce ne devait pas être pour moi le bon moment pour le lire...

Merci au Livre de poche pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Littérature de l'imaginaire" (6/24).

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12:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/02/2017

Canicule, Jane Harper

Présentation. Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

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Mon avis. Le livre est à l'image de la couverture : un régal, idéal pour réchauffer nos soirées d'hiver (à l'instant où j'écris ces lignes, il neige et l'osso bucco mijote).

Dès le prologue, j'ai été happée par le récit, agacée de devoir en interrompre la lecture pour "vaquer aux tâches du quotidien" : le triple meurtre qui ébranle Kiewerra y est évoqué. La scène s'inscrit d'emblée dans l'esprit du lecteur, figée dans la chaleur accablante du lieu, avec pour seuls mouvements le ballet des mouches qui ont commencé leur festin, accompagné des pleurs du bébé...

Ce drame est "l'occasion" pour Aaron Falk de revenir malgré lui "au pays", un endroit qu'il a quitté vingt ans auparavant en compagnie de son père, après que les choses ont "dérapé" suite à la mort suspecte d'une de ses proches amies. Or Luke Hadler, celui qui a tué femme et enfant avant de se donner la mort, est son ami d'enfance, celui qu'il a perdu de vue lors de son départ, même s'ils se voyaient très épisodiquement lorsque Luke se rendait à Melbourne où Aaron exerce son métier d'agent fédéral dans le service du renseignement financier.

Aaron a fait ce qu'il a pu pour "se défiler", de nouveau prêt à invoquer le prétexte du travail pour éviter de se rendre aux funérailles, jusqu'à ce qu'il reçoive ces quelques mots du père de Luke : "Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…"

Falk est donc présent : "Il jeta un coup d’œil à la route qui menait à la sortie de la ville, puis regarda sa montre. Les obsèques, la veillée funèbre, une nuit sur place, et salut la compagnie. Il calcula : dix-huit heures. Pas une de plus." [p. 12]

Il a à peine franchi la porte de l'église que certains le reconnaissent et la mémoire des "éventuels distraits" sera bien vite rafraîchie lorsque seront projetées d'anciennes photos. L'atmosphère déjà oppressante en raison de la sécheresse va s'alourdir durant tout le récit : on sent que la moindre étincelle mettra le feu aux poudres (dans tous les sens du terme).

  "- Dieu sait que ce n'était déjà pas terrible avant. Tout le monde n'avait que deux choses en tête : le fric et la sécheresse. Et puis voilà que nous tombe dessus cette histoire avec Luke et sa famille. C'est horrible, Aaron. Absolument horrible. On n'arrête pas d'y penser. On se traîne tous comme des zombies. Sans savoir quoi dire ni quoi faire. On se surveille les uns les autres. En essayant de deviner qui sera le prochain à péter les plombs." [p. 23]

 

Lorsque des secrets (que l'on espérait) enfouis dans le passé refont surface, couche après couche, à l'instar d'un oignon dont on ôte pelure après pelure, le risque d'ex/implosion est grand. Nombreux sont ceux qui mettent en garde Falk, dont les moindres déplacements sont épiés, surtout lorsqu'il décide de "donner un coup de main" au sergent Greg Raco débarqué récemment au commissariat, histoire d'être bien certain que les conclusions de l'enquête relative au triple homicide ne souffrent aucune incertitude.

Point d'action effrénée ici, point de courses-poursuites, mais un lieu chauffé à blanc qui porte sur les nerfs de tous et un passé qui resurgit constamment, entre autres via des passages en italiques, et pourrait bien éclairer le présent. Au point que le lecteur se perd en conjectures, allant jusqu'à soupçonner tour à tour bon nombre des protagonistes...

  "Il se peut que la personne qui se trouvait ici ce jour-là n'ait pas tué le bébé tout simplement parce qu'elle n'avait pas besoin de le faire, lâcha finalement Falk. Il n'y avait rien de personnel là-dedans. Peu importe qui vous soyez, les enfants de treize mois ne font pas de bons témoins." [p. 62]

 

Un livre que je vous recommande ; un grand merci à Babelio et aux éditions Kero pour ce partenariat.

Traduction : Renaud Bombard.

Titre VO : The Dry.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" et comme lecture supplémentaire dans le challenge de la Licorne.

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14:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

09/02/2017

La journée de Cookie et Nougat, Marc Clamens et Laurence Jammes

Présentation. Connais-tu Cookie et Nougat ?

Pour savoir ce que ces deux hamsters font de leurs journées, ouvre ce livre animé, soulève les volets, tire les tirettes...

Et découvre le monde de ces petits animaux de compagnie!

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Mon avis. Un bel album cartonné qui ravira les petits...

Les journées de Cookie et Nougat sont bien remplies entre jeux divers, baignades et repas ; les deux charmants personnages évoluent dans un décor superbement coloré qui s'escamote à qui mieux mieux, leur permettant ainsi de jouer à cache-cache avec les jeunes lecteurs et offrant à ceux-ci l'occasion de manipuler la balançoire à bascule, faire tourner la roue ou encore soulever les volets afin de retrouver les petits chenapans...

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce livre entre dans le challenge "Un mois = une illustration" : dominante de blanc pour cette session 20.

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19:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

07/02/2017

Soul breakers, Christophe Lambert

Présentation. Un voyage épique dans l’Amérique des années 1930, et au cœur des âmes humaines.
USA, 1936.
Des milliers d’Américains victimes de la Grande Dépression sont jetés sur les routes. Parmi eux, Teddy Gentliz, 15 ans, voyage vers la Californie avec son père et sa petite sœur Amy dans l’espoir d’une vie meilleure.
En Arizona, la famille croise un étrange groupe de forains et son charismatique chef : Sirius Huntington. Après avoir assisté à leur spectacle, Amy est soudainement frappée par un mal mystérieux…
Persuadé que les forains ont volé l’âme de sa sœur, Teddy se lance à leur poursuite à travers les États-Unis.
Sur son chemin, entre dangers, amitiés, amour et magie, l’adolescent va faire l’apprentissage intense du monde. Et de lui-même.

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Mon avis. Une agréable aventure qui devrait plaire aux 12 - 14 ans...

Nous sommes aux États-Unis durant la Grande Dépression. Teddy a quatorze ans et vit en compagnie de son père et sa petite sœur Amy dans un camp de migrants qui font route vers la Californie où ils espèrent trouver du travail.

Au cours d'une étape, ils croisent la route d'un groupe de forains ; les deux enfants assistent au spectacle et le lendemain, Amy a perdu toute énergie. Pour Teddy, il ne fait aucun doute que la petite fille est victime d'un sort lancé par les forains mais comment se faire entendre ? Et que faire pour qu'Amy recouvre l'esprit ?

L'adolescent n'a d'autre choix que de partir à la recherche des saltimbanques pour espérer conjurer le sort. De quelle manière ? Nul ne le sait mais Teddy se fait fort d'essayer. Il laisse donc derrière lui son père et le corps désormais amorphe d'Amy et entreprend un long voyage dont il risque de ne pas revenir...

Plutôt que l'aspect fantastique du récit, c'est davantage l'épopée entreprise par l'adolescent qui m'a plu : il se retrouve seul, tantôt sur des routes désertiques, tantôt en ville, là où le guettent de nombreux dangers. Obligé de se débrouiller, il sera confronté à l'adversité ; d'un autre côté, les rencontres se succèdent et lui ouvrent les portes de l'amitié : je retiens tout particulièrement deux personnalités très attachantes, à savoir Duca, le sympathique écrivain en herbe, ainsi que Chef, l'Indien mystérieux.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (9/20), "Littérature de l'imaginaire" (5/24) et "de la Licorne" (Fantastique).

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21:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/02/2017

Patients, Grand Corps Malade

Présentation. À tout juste 20 ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu'on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d'une renaissance.

Patients.jpgMon avis. Indépendamment des dernières phrases qui m'ont amené quelques larmes au bord des yeux, je retiens de ce témoignage les sourires qui en imprègnent les pages...

Un souvenir reste à jamais gravé en moi à propos de Grand Corps Malade : j'étais allée le découvrir au théâtre royal de Mons alors que sa carrière en était à ses balbutiements. Je ne connaissais que ses Voyages en train et je me déplaçais déjà en chaise roulante. Soudain, le choc. Les larmes surgissent, s'écoulent. Lentement. Sûrement. J'entends pour la première fois Sixième sens. Et je me le prends en pleine figure, ce sixième sens. Il évoque tant de choses en moi. Une résonance.

Le film tiré du livre Patients sera présenté lors de cette édition 2017 du Festival du Film d'Amour. J'irai le voir. Mais auparavant, je souhaitais avoir lu le livre. C'est désormais chose faite.

Ce témoignage ne sombre jamais dans le pathos, il dépose des mots sur des maux ; un regard de l'intérieur alors que le futur en apparence tracé a fui, redistribuant les cartes de l'existence du jeune homme.

Une scène m'a d'emblée marquée : la vision du plafond qui durant des semaines est le seul horizon qui s'offre à lui. J'ai envie de retenir les traces d'humour présentes à travers le texte, cet humour qui aide à "tenir", même s'il se mue parfois en cynisme.

  "Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l'horloge. La patience est un art qui s'apprend patiemment." [p. 39]

  "Un jour, il m'a dit : "Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent pour la première fois, tu n'es rien d'autre qu'un handicapé. Tu n'as pas d'histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s'ils prennent un peu le temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l'humour, si tu es dépressif... Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s'ajoute à ton statut de handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois..."

   J'ai trouvé ça intéressant et très utile pour la suite. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la côtoyer, le statut de handicapé (surtout en fauteuil roulant) est tellement marquant (effrayant, dérangeant) qu'il masque complètement l'être humain qui existe derrière. On peut pourtant croiser chez les personnes handicapées le même genre de personnalités qu'ailleurs : un timide, une grande gueule, un mec sympa ou un gros con." [p. 66 - 67]

  "Je les verrai toujours comme des icônes de courage, mais pas un courage de héros, non, un courage subi, forcé, imposé par l'envie de vivre." [p . 166]

20:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/01/2017

La fortune des Rougon, Émile Zola

Présentation. Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d’État du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman...

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Mon avis. Je renoue avec mes anciennes amours : je me suis en effet volontairement replongée dans ce premier tome de la saga des Rougon-Macquart.

Zola et moi, c'est une histoire qui avait (très) mal démarré : j'avais quinze ans lorsque j'ai dû lire Le rêve. Ma réaction a très vite été la suivante : plus jamais, je ne lirai du Zola. Suite à cette expérience, je reste d'ailleurs persuadée qu'il ne faut jamais brûler les étapes : vouloir aller trop vite, c'est risquer de dégoûter les élèves plutôt que de les amener à la lecture...

Ce n'est que lorsque j'ai commencé les romanes que j'ai lu les Rougon-Macquart en commençant par celui qui m'a "ouvert la porte" des autres : Germinal. Inoubliable. Hormis La débâcle que j'ai abandonné en cours de route (un titre prédestiné) et que je n'ai, depuis lors, toujours pas découvert, j'ai lu tous les autres : ayant décidé de faire mon mémoire sur Le docteur Pascal (le 20e), je me devais d'avoir lu les précédents.

J'ai quand même toujours une appréhension avant de relire des classiques (beaucoup) appréciés en leur temps car il arrive que je n'y retrouve plus le charme du passé ; c'est ainsi que j'avais été quelque peu déçue lors de la relecture de L’œuvre ; ce fut bien pire lors de ma relecture de Salammbô. Allais-je de nouveau apprécier ce tome d'ouverture ?

Verdict ? J'ai de nouveau passé un "bon" moment en compagnie des fondateurs du clan mémorable (les guillemets s'expliquent en raison des traits de caractère "particuliers" de certains/bon nombre des membres de cette famille).

Le récit commence avec l'évocation de l'aire Saint-Mittre, lieu de rencontre de Silvère et Miette, deux jeunes de 17 et 13 ans que la vie a déjà bien malmenés et qui trouvent l'un en l'autre du réconfort. Impossible de rester insensible face à ces deux enfants apparemment déjà marqués par le sceau de la fatalité...

Silvère descend des Macquart par sa mère, Ursule, la fille de la matriarche Adélaïde Fouque ; il vit désormais auprès de sa grand-mère qu'il surnomme affectueusement Tante Dide et dont il adoucit les vieux jours. Pétri par des idées de liberté, le jeune homme rejoint les rangs des résistants au coup d’État du 2 décembre 1851. Les pages consacrées à Silvère et Miette sont touchantes et instillent un peu d'humanité dans ce tome où la joie de vivre est absente, c'est le moins que l'on puisse dire...

Pas un pour rattraper l'autre dans cette famille : Pierre Rougon est un être faible, habilement manipulé par Félicité  - rarement la signification d'un prénom fut à ce point aussi peu en accord avec la personnalité d'un personnage -, animé uniquement par l'appât du pouvoir ; il arrive rapidement à spolier sa mère et son demi-frère. Quant à Antoine Macquart, il excelle dans l'oisiveté et l'art de dépenser pour lui seul ce que sa famille a durement gagné. Ursule s'est mariée relativement vite pour échapper aux brimades de ses frères et meurt précocement.

 

J'ai retrouvé dans ce premier opus la Félicité dont j'avais gardé le souvenir suite à mon travail sur Le docteur Pascal : sèche comme une trique, amère, envieuse, habile stratège qui attend de ses enfants un "retour sur investissement". Voilà pourquoi Pascal ne trouvera jamais grâce à ses yeux.

La plume de Zola décrit de façon minutieuse lieux, personnages et états d'âme ; j'ai quand même trouvé (particulièrement) longs deux passages en particulier : l'évocation des discussions dans le "salon jaune" qui suinte l'aigreur tous azimuts, et celle de la rencontre entre Silvère et Miette et leur "apprivoisement" respectif.

  "Pascal fixait un regard pénétrant sur la folle, sur son père, sur son oncle ; l'égoïsme du savant l'emportait ; il étudiait cette mère et ces fils, avec l'attention d'un naturaliste surprenant les métamorphoses d'un insecte. Et il songeait à ces poussées d'une famille, d'une souche qui jette des branches diverses, et dont la sève âcre charrie les mêmes germes dans les tiges les plus lointaines, différemment tordues, selon les milieux d'ombres et de sommeil. Il crut entrevoir, comme au milieu d'un éclair, l'avenir des Rougon-Macquart, une meute d'appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d'or et de sang." [p. 416 - 417]

  "Enfin, ils mordaient aux plaisirs des riches ! Leurs appétits, aiguisés par trente ans de désirs contenus, montraient des dents féroces. Ces grands inassouvis, ces fauves maigres, à peine lâchés de la veille dans les jouissances, acclamaient l'empire naissant, le règne de la curée ardente. [...] Et, au loin, au fond de l'aire Saint-Mittre, sur la pierre tombale, une mare de sang se caillait." [p. 434 - 435].

 

Ce titre entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" [titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session] et "Comme à l'école" [lettre "F"].

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C'était aussi une lecture commune ; voici l'avis de Flo_bouquine ;

15:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

27/01/2017

Viens avec moi, Castle Freeman Jr.

Présentation. Au fin fond du Vermont, la jeune Lillian est devenue la cible de Blackway, le truand local. Alors que le shérif se révèle impuissant, Lillian se tourne vers un étrange cénacle. Sous la houlette de Whizzer, ancien bûcheron en chaise roulante, quelques originaux de la région se réunissent chaque jour dans une scierie désaffectée. Avec ses deux anges gardiens peu ordinaires : un vieillard malicieux, Lester, et un jeune garçon, Nate, plus baraqué que fut, Lillian se met à la recherche de Blackway dans les sombres forêts qui entourent la ville. De bar clandestin en repaire de camés, la journée qui s’annonce promet d’être mouvementée, l’affrontement final terrible.

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Mon avis. Thriller ? Nenni. Roman noir ? Oui. Ou plus exactement gris foncé...

L'intrigue tient en quelques mots : ceux présentés sur la quatrième de couverture. Ni plus. Ni moins. Inutile de chercher autre chose, vous seriez déçus. Et je reconnais que j'en attendais (aussi) autre chose...

Les mots qui me viennent à l'esprit suite à cette lecture sont "atmosphère" et "rien". "Atmosphère" car celle qui imprègne le récit est tout à fait particulière : elle colle à la peau, elle sent la sueur et le glauque dans le "trou du cul de l'Amérique (très) profonde" alias Est Connardville. "Rien" car il ne se passe rien, hormis la "balade" de Lillian, jeune femme décidée à ne pas se laisser faire (Clint Eastwood dirait - cf. Gran Torino - que Blackway est tombé sur celle qu'il ne fallait pas faire chier), Lester, le vieux briscard pire salopard et le grand Nate sur le chemin qui conduit à Blackway (!).

On attend donc la confrontation entre le trio et la crapule du cru, un périple entrecoupé par les dialogues (de sourds) de Whizzer et ses comparses demeurés dans la scierie désaffectée devenue leur point de ralliement. Confrontation (trop) vite expédiée, selon moi.

Un petit air de Des souris et des hommes avec ce récit bref que j'aurais davantage apprécié si l'intrigue avait été un tantinet plus étoffée.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Fabrice Pointeau.

Titre VO : Go with me (2008).

19:15 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/01/2017

Les petites reines sur les planches...

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Les petites reines, c'est un roman de Clémentine Beauvais qui fut pour moi un véritable coup de cœur ; il a reçu le prix de "meilleur livre jeunesse 2015", élu par la rédaction du magazine Lire.

L'aventure continue pour Mireille (Laplanche - un nom prédestiné -), Hakima et Astrid puisque le livre est aujourd'hui adapté au théâtre par Justine Heynemann et Rachel Arditi, dans une mise en scène de Justine Heynemann assistée de Pauline Susin, avec Rachel Arditi, Justine Bachelet, Barbara Bolotner, Manon Combes et Mounir Margoum.

À découvrir le 7 mars au théâtre Montansier à Versailles - infos disponibles ICI - et d'une manière générale dans la région parisienne dès le mois prochain.

 

17:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/01/2017

Blue, Camille Pujol

Présentation. Blue n’est pas une adolescente comme les autres. À seulement 17 ans, elle dissimule un lourd secret qui l’a obligée à changer brutalement de vie, à déménager avec ses parents et son jeune frère, et à rester discrète pour ne pas attirer l’attention.

Mais ses mystérieux cheveux bleus captent inévitablement tous les regards et attisent la curiosité des élèves de son nouveau lycée. Et comment se fondre dans la masse alors que son ex violent refait surface et que Nathan, un jeune homme à la réputation sulfureuse, a décidé de la percer à jour ?

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Mon avis. Le contenant, oui ; le contenu, nettement moins...

J'ai d'emblée tiqué avec la 4e de couverture ("rester discrète pour ne pas attirer l'attention" en se teignant les cheveux en bleu ?) mais j'étais intriguée et je me suis dit que ce roman pourrait peut-être plaire à mes élèves ; je m'y suis donc lancée, grâce à ce partenariat avec les éditions Michel Lafon.

Blue débarque dans un nouveau lycée à Toulouse alors que l'année scolaire touche à sa fin ; constamment sur la défensive, elle semble ne pas vouloir frayer avec les autres lycéens.

Dès la première heure, elle tombe sur Nathan, le bad boy du bahut (belle allitération, n'est-ce pas ?) et... et... eh bien oui, tout est (déjà) dit, ou presque. Oh, bien sûr, les secrets de l'un et l'autre ne seront que progressivement dévoilés, mais quand même, l'histoire est cousue de fil blanc bleu.

Ce n'est pourtant pas à cause de cela que le bât m'a blessée : l'écriture est désespérante. J'avais l'impression de lire le premier jet d'une copie d'élève : phrases courtes, accumulation de faits lancés sur papier sans aucune recherche stylistique, dialogues peu vraisemblables à travers lesquels l'adjectif "lunatique" est poussé à la puissance 10 ("je le déteste, il m'exaspère, je veux l'étriper"... et à la ligne suivante "d'accord, je lui réponds en souriant"). S'ajoutent les clichés, les situations invraisemblables - y compris jusque dans des détails de la vie en lycée -, la vitesse phénoménale avec laquelle s'enchaînent les événements...

J'ai donc fini par faire quelques recherches sur l'auteure : hé bien voilà, j'avais "tout bon", elle est âgée de seize ans ; ceci explique cela... mais pas - ce n'est que mon avis - la publication.

Seul l'épilogue s'approche de ce que pourrait être la réalité ; j'ai en effet poursuivi ma lecture jusqu'à l'ultime page car - et c'est là le seul point positif pour moi - le récit se lit très vite.

Ce titre ne rejoindra pas ceux que je propose à mes élèves. CQFD.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (8/20), "Un genre par mois" (jeunesse/YA pour janvier) et "Un mois = une illustration et/ou un thème" (dominante de bleu).

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13:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Challenge "Un genre par mois"

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Je me suis inscrite à la quatrième édition du challenge "Un genre par mois", sous la houlette d'lluze.

Voici le planning pour 2017 :

1.  Janvier : jeunesse, young adult > Blue, de Camille Pujol.

2.   Février : romance, chick lit, érotique.

3.   Mars : historique.

4.   Avril : thriller, polar, policier.

5.   Mai : classique, théâtre.

6.   Juin : BD, comics, manga.

7.   Juillet : nouvelle, novella.

8.   Août : fantasy, aventure.

9.   Septembre : non-fiction.

10.  Octobre : fantastique, horreur.

11.  Novembre : contemporain.

12.  Décembre : science-fiction.

 

Deux niveaux prévus :

- L'Explorateur, qui participe tous les mois, avec deux jokers (deux possibilités de prendre un livre d'un autre genre que celui recommandé, si vous n'avez pas de livre dans ce genre-là ou s'il ne vous tente pas, par exemple) ;


- Le Touriste, qui participe les mois où ça le tente.

Me voici redevenue "exploratrice".

 

Les renseignements sont disponibles ICI.

12:09 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/01/2017

Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot

Présentation. Vendredi, 13 novembre 2015. B. était à la terrasse d'un café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s'en sort indemne.

Il quitte l'hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d'un passager.

Il reconnaît le visage de l'un des tueurs et décide de le suivre.

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Mon avis. Un très beau texte, un de ceux qui ouvrent les portes de la réflexion mais n'imposent pas les réponses...

J'ai aimé plein de choses dans ce récit : le découpage en A/actes et entr(e)actes ; le parti pris par l'auteur de ne nommer dans un premier temps le "héros" que par l'initiale de son prénom (étrange, l'impression que j'ai ressentie quand survient ce prénom, trace d'humanité) ; le kaléidoscope de points de vue qui, tous, sont liés (in)sensiblement aux attentats du 13 novembre 2015.

B. a perdu son frère Pierre alors que tous deux étaient attablés à la terrasse d'un des cafés visés par les terroristes lors de cette funeste soirée du 13 novembre. Blessé légèrement dans sa chair, iI est emmené à l'hôpital pour y être soigné ; blessé profondément dans son être, il quitte l'établissement sans avoir appelé ses parents, laissant définitivement son frère derrière lui...

  "B. regarda ailleurs, par la vitre, jusqu'à ce que la rame démarre. Dans le noir du tunnel, il lut les graffitis sur les murs - inscrits par des types qui se laissent enfermer la nuit dans les stations, qui pensent qu'il suffit d'écrire sur les murs pour qu'ils nous appartiennent. Écrire sur la nuit, dans les ténèbres.

   La nuit, aussi, essaie d'écrire sur nous." [p. 27]

 

Lors de cette fuite, le jeune homme "tombera" par hasard (?) sur un des terroristes, celui qui était sur le siège arrière de la voiture lorsque la fusillade a commencé, celui qui ne s'est pas donné la mort. Presque sans s'en rendre compte, B. entame une filature discrète, ne perdant pas de vue celui dont les traits se sont imprimés de manière indélébile dans son regard. Il ne sait pas ce qu'il a là entrepris ; il ignore où ses pas l'entraînent à la s/fuite de cette silhouette macabre.

  "Plus tard, il se souviendrait d'un grand éclat de rire, sauvage, dans son ventre. Et l'instant d'après, sans prévenir, la trouille. Une peur panique." [p. 66]

 

Ce roman est l'histoire de rencontres, certaines à peine esquissées, voire inconscientes, d'autres porteuses de germes, quels qu'ils soient...

  "- C'est ça, mec... Sûrement... Tu vas aller en enfer. On est tellement nombreux à y être, depuis hier soir." [p. 82]

 

Un livre à (faire) lire...

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (7/20).

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21:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/01/2017

Haig, 3 : Le Sang des sirènes, Thierry Poncet

Présentation. Je ne suis guère qu'un gosse parti pour l'aventure.
Quand les douaniers marocains me laissent franchir leur barrière, je me dis que j'ai du bol.
Quand le salopard en cavale monte à mon bord, je crois lui offrir sa chance.
Quand la ferme isolée apparaît dans nos phares, je pense que la bonne fortune nous a trouvé un refuge.
Je me trompe sur toute la ligne.
Un gamin, c'est fait pour se gourer.
Et apprendre...

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Mon avis. Une aventure hors des sentiers (a)battus...

Ce troisième opus des aventures de Haig est chronologiquement le premier et comme chacun peut se lire indépendamment des autres, je me suis lancée...

L'histoire démarre sur les chapeaux de roues (!) : Haig a seize ans et demi et le chemin qu'il aura parcouru à la fin du récit l'aura irrémédiablement changé.

Le jeune homme qui a (déjà) commis de menus larcins vient d'entrer au Maroc "sans souci" alors qu'il dispose de faux papiers et que "sa" voiture n'est pas vraiment la sienne. La liberté, rien de tel, surtout quand on laisse derrière soi la grisaille... Du moins quand on le pense...

Nul temps mort (!) durant cette épopée qui vire au cauchemar : Haig s'est cru malin en venant au secours d'un malfrat. LE malfrat. La crapule. L'abjection faite "homme". Tout s'emballe alors qu'ils se retrouvent dans une ferme abandonnée de tout/tous, là où (sur)vit la misère, là où le "compagnon" de l'adolescent va pouvoir exprimer sa pleine (dé)mesure...

Le texte est percutant, caustique, dérangeant parfois lorsque l'on se demande jusqu'où les choses vont dégénérer ; les phrases courtes, hachées, cadrent bien avec la (dé)perdition dont il est question...

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" (déterminant article défini dans le titre).

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17:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/01/2017

On dirait nous, Didier van Cauwelaert

Présentation. « On dirait nous, à leur âge... »
Deux jeunes amoureux en détresse.
Un vieux couple irrésistible qui envahit leur vie et réalise leurs rêves.
Le bonheur absolu ?
Ou le plus dangereux des pièges... ?

Soline est une jeune violoncelliste, Illan un brillant glandeur au potentiel en sommeil. En dehors de leur amour, rien ne va plus dans leur vie... jusqu'au jour où un vieux couple attachant leur propose une existence de rêve. Mais qu'attendent-ils en échange ?

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Mon avis. J'espère que mes lectures à venir me raviront (bien) davantage que celle-ci...

Tout avait pourtant bien commencé : deux jeunes pour le moins originaux, Soline et Illan, vivent depuis peu en couple et rencontrent Georges et Yoa, au crépuscule de leur vie... Ces derniers font à Soline et Illan une proposition qui ne pourra les laisser de marbre, les embarquant par là même dans une relation étrange...

J'ai apprécié le point de départ du récit qui emporte le lecteur sur des sentiers peu conventionnels ; les choses se sont corsées ensuite : je me suis profondément ennuyée au fil de ces échanges interminables entre les protagonistes... Et cela n'a rien à voir avec le côté irréaliste du "marché" : le vieux couple, attachant dans un premier temps, devient de plus en plus agaçant et le "sort réservé" aux jeunes a fini par me laisser complètement indifférente. Je me suis donc perdue entre les pages, continuant à les tourner pour passer à autre chose...

21:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/12/2016

Gigi Reine de la Mode, Livre-CD de Philippe Eveno, illustré par Charlotte Gastaut

Présentation. Gigi est une très jeune et talentueuse styliste, qui fait la renommée de la maison Grandchamp (fondée en 1927).

Mais un jour, c'est la panne. Gigi a beau se creuser la tête, rien ne vient : elle a perdu son inspiration ! Elle est désespérée, lorsque son chemin croise celui d'une mystérieuse gitane. Pour Gigi, c'est le début d'une folle aventure qui va lui faire remonter le temps...

Un livre-CD inspiré et joyeux de Philippe Eveno, lu et chanté par Julie Depardieu avec la participation de Philippe Katerine et Claire Tillier, illustré par Charlotte Gastaut.

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Mon avis. Un album à regarder, à écouter, à fredonner...

J'ai eu la chance d'être tirée au sort pour remporter ce superbe album-CD (dédicacé par Julie Depardieu) : un grand merci aux éditions Actes Sud.

L'ouvrage relate l'histoire de Gigi, une jeune fille qui vit avec son papa tailleur ; elle-même crée déjà de superbes robes. Un "froid matin d'hiver", le destin frappe à sa porte en la personne de Charlotte Grandchamp, célèbre directrice de mode, qui remarque aussitôt le talent de Gigi. Ni une, ni deux, celle-ci  est engagée et la renommée est d'emblée au rendez-vous...

Pourtant, un jour, l'inspiration déserte Gigi qui ne dispose dès lors plus que de quelques heures pour proposer les croquis de la nouvelle collection, sans quoi elle perdra son emploi.

C'est alors que le destin lui adresse un nouveau clin d’œil : une bohémienne lui vient en aide, propulsant l'adolescente dans une aventure où le temps n'a plus de frontières...

L'histoire peut être lue et/ou écoutée puisque l'album est accompagné d'un CD qui relate, par la voix de Julie Depardieu, les aventures de Gigi, entrecoupées de chansons au rythme entraînant interprétées par Julie Depardieu, Philippe Eveno, Claire Tillier et Philippe Katerine. 

Le lecteur est ainsi emporté dans le passé, aux côtés de Gigi qui n'en croit ni ses yeux, ni ses oreilles, et engrange de fabuleuses expériences qui nourriront son talent de créatrice.

Les illustrations de Charlotte Gastaut, où noir, blanc et rouge se marient harmonieusement, sont de toute beauté.

Un album aux allures de conte musical qui ravira petits et grands...

 

Ce titre entre dans le challenge Littérature de l'imaginaire (4/24).

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11:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

28/12/2016

Le Cycle de Wielstadt, 2 : Les Masques de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation du tome 1 : Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Toujours autant de plaisir à lire les devisances du sieur Pevel...

Le tome 2 commence trois ans après Les ombres de Wielstadt ; on y retrouve le Chevalier Kantz  qui tente, en compagnie des Templiers, de mettre la main sur une "abomination" réfugiée dans les ruines d'une abbaye : c'est le début d'un chassé-croisé avec un véritable démon, secondé par des spadassins sans foi ni loi et des spectres assassins, qui fait passer de vie à trépas quiconque ose se dresser sur son chemin. Kantz est du nombre...

Les informations relatives au XVIIe siècle foisonnent, distillées à petites ou grandes doses selon le cas, dans une langue toujours aussi savoureusement surannée, si bien que le lecteur est aisément immergé dans cette époque tourmentée.

Kantz demeure fidèle à lui-même : habile, intelligent, courageux et (dangereusement) mystérieux. Il peut compter sur l'aide des Templiers - même si ceux-ci font parfois montre de réticence à son égard -, et de ses "familiers" : sa servante Heide, son valet Stefan, son ami le faune Zacharios, sans oublier Chandelle, la fée-demoiselle.

Entre sbires de la Sainte-Vehme, de la Rose-Croix et du Roi Misère, le chevalier aura fort à faire pour lutter contre le danger, présent au coin de chaque (sombre) venelle, derrière les masques de cuir ou d'or...  sous le "regard" du dragon protecteur de la ville et de la mystérieuse Dame en rouge...

  "Trois silhouettes sortirent des ténèbres environnantes. Elles n'y étaient pas dissimulées : elles en naquirent. Kantz sentit la paume de sa main tatouée le démanger ; le pentacle commença à palpiter en rougeoyant." [p. 259 dans l'intégrale]

  "Le Roi Misère fixa longtemps le chevalier impassible.

   "Il faudra un jour que nous parlions bec à bec, et que tu me contes ton histoire. Tu as de grands secrets et les secrets ne me plaisent que si je les partage." Kantz sourit. "Te plairait-il, céans, de me dire d'où te vient le dessin qui orne cette main toujours gantée ? Ou qui te donna cette épée capable de prodiges, à ce que l'on dit ?

   - Non, il ne me plairait pas."

   Le Roi Misère se renfonça dans son fauteuil, sans doute plus amusé qu'agacé. Il devait s'attendre à cette réponse." [p. 303 de l'intégrale]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 3 (fantasy), "Littérature de l'imaginaire" (3/24) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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13:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/12/2016

Ma vie sous tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Anna, quand viendras-tu ?
Elle a promis. Promis de venir nous rendre visite, à ma fille Liz et moi. Pourtant, les semaines ont défilé depuis le 14 février, et rien. Pas un coup de fil, pas un mot qui vienne casser la routine de ma vie de père célibataire. Aurait-elle oublié notre rencontre à l’aéroport et le chocolat chaud ? Notre nuit intense, passionnée, magique ? Je ne peux pas l’oublier. Son sourire timide, son parfum de vanille, l’éclat sombre de ses yeux noyés de désir...chaque seconde passée ensemble me hante. Je dois la retrouver.

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Mon avis. Euh...

J'ai acheté cette suite dès la fin de la première partie (l'avantage du numérique) et comment dire ? Hé bien, "ça ne l'a pas fait". Du tout, même...

Le récit avait pourtant bien commencé puisque cette fois, il est raconté à travers le point de vue de Mark et je trouvais cette perspective intéressante.

Le charmant Mark (aux mains calleuses) se languit d'Anna qui, godverdomme, n'a pas donné de nouvelles depuis la nuit torride qu'ils ont passée ensemble. Et s'il lui a donné son numéro de téléphone, Anna ne lui a pas donné le sien ; résultat : il attend désespérément un signe, qui finira évidemment par survenir.

La nouvelle est aussi bien écrite que la précédente, mais - car vous l'avez compris depuis le premier mot, il y a un "mais" - les choses s'enfilent s'enchaînent à la manière d'un TGV qui a décidé de battre son record ! Je peux comprendre qu'ils soient ravis de se retrouver à un point aisément imaGinable, mais quand même, "il ne faut pas pousser bobonne dans les orties" (... surtout quand elle n'a pas de culotte...). Ainsi, les réticences d'Anna, pourtant évidentes, s'envolent aussi vite que ses (sous-)vêtements.

Dommage...

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella pour décembre) dont l'édition 2016 se clôture ici.

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14:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/12/2016

Une nuit dans tes étoiles, Emily Blaine

Présentation. Pour la Saint-Valentin, Anna avait imaginé à peu près tous les scénarios sauf celui-là. Exit le diner romantique à New York, les pétales de roses et le magnifique bijou en cadeau. Non, cette année, Cupidon a tranché : ce sera tempête de neige, aéroport blindé et trois cacahuètes pour tout repas. De quoi détester le 14 février…

Sauf que l’angelot a plus d’un tour dans son carquois, et il se pourrait bien qu’il envoie une petite fille en robe rouge pour guider Anna vers son soleil.

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Mon avis. L'envie d'une lecture "girly" en cette période de Noël, combinée au thème de décembre du challenge "Un genre par mois" (nouvelle ou novella), m'a naturellement conduite vers ce titre qui a récolté de bonnes critiques.

Verdict ? Un récit très rapide et agréable à lire, servi par une belle écriture : il a tout à fait répondu à ce que j'en attendais - même si Anna me paraît avoir, par ses réactions et réflexions, davantage que les 25 ans renseignés.

Nulle surprise concernant l'intrigue, encore que la fin ne correspond pas forcément à ce que l'on pouvait supposer, mais cette fin n'en est pas une puisqu'il y a une suite... que j'ai lue dans la foulée.

  "Il pivota pour me faire face et son regard sincère me transperça. Je réalisai que cela faisait bien longtemps qu'un homme ne m'avait pas regardée avec une telle sincérité. Cela me sidéra et, pendant une seconde, il n'y eut que ce regard, ce vert puissant, fort, net, dépourvu d'agressivité, de rancœur, de jugement. Aux yeux de quelqu'un, j'étais enfin moi, juste moi."

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20:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Le grand saut, Tome1, Florence Hinckel

Présentation. Iris, Paul, Rébecca, Marion, Alex et Sam sont amis depuis la sixième. Aujourd'hui, ils entrent en Terminale, cette dernière année tant attendue, tant redoutée. Enfin la libération ? Une chose est sûre, bien que le soleil baigne leur petite ville de La Ciotat, chacun sent que l'orage gronde... [...]

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Mon avis. Une lecture qui ouvre les portes de la suite...

C'est l'histoire du "Club des Six" qui est ici mise en scène : celle de six amis soudés comme les doigts (+ un) de la main. Nous sommes sous le soleil ciotaden, face à la mer, immense. Chacun est présent pour les autres, le groupe est uni depuis quelques années déjà.

Le bleu semble cependant se teinter çà et là de quelques touches de gris à l'aube du grand départ vers des horizons forcément différents, puisqu'ils entrent en Terminale.

Trois filles : Iris, Rébecca, Marion ; trois garçons : Paul, Alex, Sam. Des soucis familiaux ou scolaires, petits ou grands, selon les cas. Des secrets enfouis au fond de soi afin d'(essayer d')éviter les drames, petits ou grands, selon les cas. Des sentiments, exprimés ou occultés, selon les cas.

  "Était-il triste ou furieux ? Lui-même ne savait pas démêler ses sentiments. En tout cas il vécut le trajet de retour comme dans un rêve, hors de lui-même." [p. 47]

  "Parfois... je me demande si quelqu'un n'aurait pas dû vivre à ma place ?" [p. 207]

 

Le "Tous pour un, un pour tous" a-t-il (définitivement) vécu ?

 

J'ai vraiment apprécié faire la connaissance de ce groupe d'amis. Petit bémol pour moi : la narration se focalise surtout sur trois d'entre eux : Iris, Paul et Rébecca ; personnellement, j'aurais aimé rentrer aussi dans l'intimité des trois autres. Peut-être avec la suite ?

Cela dit, il est vrai qu'avec autant de personnalités, aussi attachantes les unes que les autres, il est effectivement difficile de chacune les développer dans un volume...

Merci aux éditions Nathan pour ce partenariat ; livre à paraître le 5 janvier 2017.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (6/20) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par un déterminant article défini pour cette 31e session).

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16:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/12/2016

Colère noire, Jacques Saussey

Présentation. Un industriel est retrouvé mort dans sa baignoire et les premiers éléments accréditent la thèse du suicide. Mais pour le capitaine Daniel Magne, il s'agit d'un meurtre. Reste à trouver le coupable et c'est le début d'un jeu de domino mortel qui se met en place. Chaque suspect devient victime et les morts se succèdent. De Paris à New York en passant par l'Afrique du Sud, l'enquête s'annonce pleine de rebondissements et truffée de périls pour Magne et sa coéquipière Lisa Heslin.

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Mon avis. Difficile de déposer le livre une fois commencé...

Même si je connaissais le nom de l'auteur, je n'avais jusqu'à présent jamais eu l'occasion de le découvrir ; c'est désormais chose faite et je ne devrais pas m'arrêter là...

Focus sur Serge Taillard, l'industriel qui va "se prendre un coup de jus" et y laisser la vie. L'enquête démarre d'emblée alors que Daniel Magne rentre de quelques jours de congé. Très vite, les premières constatations s'orientent vers la thèse du suicide, un suicide "à la Cloclo" (!) ; après observation attentive de l'appartement de la victime, Magne pressent qu'il s'agit plutôt d'un homicide. Encore faut-il (tenter de) le prouver car tout est fermé de l'intérieur et aucune trace d'effraction n'est décelée.

  "Il ne lui restait donc plus qu'une seule possibilité.

   Le meurtre.

   Cela semblait impossible, au vu des circonstances et de la configuration des lieux, mais également le plus probable. Quelqu'un avait balancé cette foutue radio dans le bain de Taillard. Le tout était de savoir comment. [p. 57]

Le capitaine se lance dans de minutieuses investigations en compagnie de Lisa, sa jeune coéquipière, avec le soutien de son équipe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les suspects ne manquent pas étant donné la "charmante" personnalité de la victime. Bon nombre des suspects potentiels sont d'ailleurs eux-mêmes aussi détestables que Taillard.

Les choses s'accélèrent lorsque Lisa "tombe sur un os" : à partir de ce moment-là, j'ai tourné les pages de manière assez frénétique... et sérieusement rogné sur mes heures de sommeil.

J'aime entrer directement dans le feu de l'action : ce fut ici le cas ; j'aime que l'écriture soit à la hauteur de l'intrigue : ce fut le cas ici ; j'aime que les personnages secondaires aient eux aussi de la consistance (mention particulière pour Mark et "le Duke") : ce fut le cas ici.

Dernière chose notable : la qualité du papier de cette collection Polar des éditions French Pulp.

Un grand merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (lecture supplémentaire en thriller - policier).

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15:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/12/2016

Les belles vies, Benoît Minville

Présentation. Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au cœur de la Nièvre... Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

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Mon avis. Chouette : un nouveau titre à proposer à mes élèves !

Le récit commence à l'aube des congés scolaires d'été : Vasco et Djib ont eu maille à partir avec Malik, un autre lycéen, et se retrouvent au commissariat. Ils n'en mènent pas large, c'est le moins que l'on puisse dire, et redoutent la sanction, tant scolaire, judiciaire que familiale...

Sans préjuger la suite, le couperet parental tombe : les deux amis sont envoyés dans un trou perdu de la Nièvre où ils passeront l'été, chez un couple qui accueille des enfants/jeunes "en difficulté". À charge pour eux d'aider Tonton à la réfection d'une grange et de participer, sous la houlette de Tata, à la vie "en communauté" : travaux de jardinage, "ravitaillement", coup de main pour les repas et le ménage,  et autres tâches quotidiennes...

  "Pendant que la fratrie s'abreuve de dessins animés, Tonton et Vasco partent pour la cueillette. Il faut prendre la B.X. jusqu'à l'orée du bois de Champeneau, puis le reste se fait à pied et avec les yeux.  Ils vont contourner l'étang de Dli. Vasco écoute, tous ces noms franchouillards l'amusent. Il espère simplement ne pas tomber sur un sanglier. Il doit y en avoir... La campagne c'est la campagne, après tout." [p. 78]

 

La cohabitation est loin d'être évidente entre un Dylan torturé qui "n'a pas besoin de Mamadou ici, ni de toss, ni de gris, ni de voilées" [p. 42], sa sœur Jessica qui "tortille volontiers du cul" face à un Vasco qui n'en demandait pas tant (!), les "petits" qui ont déjà vécu les expériences douloureuses de plusieurs vies, et certains jeunes du village pas toujours bien disposés à l'égard de ce groupe insolite.

L'été s'annonce chaud, dans tous les sens du terme, et interminable.

Et pourtant...

Et si...

Encore que...

Un récit qui, à l'instar de Rural noir, m'a par certains aspects de nouveau rappelé Stand by me ; une histoire d'amitiés où la tendresse n'arrive parfois à s'exprimer que par des chemins de traverse...

  "Trois fois, son esprit lui souffle les mots qu'il crève d'envie d'offrir à sa belle ; trois fois il reste bloqué à la contempler. Elle l'embrasse sur le nez et se sauve." [p. 133]

 

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [de nouveau un de mes auteurs favoris] et "Jeunesse/Young Adult" [5/20].

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16:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/12/2016

La Main de l'Empereur, tome 1, Olivier Gay

Présentation. Rekk n’a pas eu une enfance facile, et sa vie ne le sera pas non plus. Gladiateur puis soldat dans l’armée impériale, il se fait repérer par l’Empereur dans le bourbier des jungles koushites. Il deviendra son instrument pour soumettre les barbares, puis son bras armé pour toutes les basses œuvres. Un homme haï, craint, dont la renommée ne cesse de grandir.

Mais que se passe-t-il lorsque notre propre légende nous échappe ? Car si Rekk a toujours eu un vrai talent pour survivre, ses proches ne peuvent en dire autant…

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Mon avis. Après avoir apprécié Les Épées de glace 1 et 2, je me suis lancée à la découverte du passé de Rekk, cette "main de l'empereur". Verdict ? Ce n'est pas encore cette fois que l'exception confirmera la règle puisque j'ai à nouveau beaucoup aimé les (més)aventures rekkiennes...

Trois parties dans ce volume : la première se focalise sur les jeunes années de notre héros qui grandit au milieu des courtisanes de Musheim ; champion en devenir des arènes, il est entraîné par Shar-Tan, son mentor, celui à qui il doit tout. Et davantage encore.

  "Le brouhaha devint clameur alors que les spectateurs enragés demandaient leur part de sang et de spectacle. Oblan ferma les yeux, marmonna une prière au Dieu des Épées. Rekk avait beaucoup de défauts mais il ne s’était jamais montré impressionnable. Au contraire, c’était toujours lui qui se mettait dans les ennuis jusqu’au cou. Et il avait l’air si impatient tout à l’heure…"

 

La deuxième partie entraine Rekk dans la touffeur de la jungle koushite, là où l'envoie l'Empereur, une personnalité manipulatrice qui déplace ses pions au gré des objectifs poursuivis. Il a d'emblée parié sur  le potentiel fédérateur de Rekk ; il ne se privera donc pas d'en user très habilement avec celui qui deviendra Le Danseur Rouge, une dénomination qui donnera son titre au Livre III.

  "Difficile de savoir ce qui était le plus désagréable. La chaleur oppressante, l’humidité omniprésente ou les chemins à moitié absents. Les rares cavaliers avaient pris possession de la route principale alors que le reste de l’armée avançait sur deux flancs au beau milieu des arbres.

Rekk agita la main pour déloger des moustiques, puis s’écarta alors qu’une branche basse lui revenait dans la figure. Il marchait juste derrière Asulf et, si le géant roux se frayait un chemin avec aisance, il prenait rarement garde à ceux qui venaient après lui. Autour d’eux, les animaux s’étaient tus, les bruits habituels de la jungle noyés par le martèlement des bottes, le cliquetis des armures et les jurons des soldats."

  "Un héros aux multiples conquêtes. Le champion de Vesyria. La foule entière lui mangeait dans la main, et il allait dîner à la table de l’Empereur. On savait à quel point l’affection du peuple comme des monarques était fragile, mais il pourrait en profiter tant que ça durerait. On allait le couvrir d’or. Toutes les femmes – et plusieurs hommes – seraient à ses pieds. Certains bébés porteraient sans aucun doute son nom en hommage. On l’appelait le Magnifique, le Sauveur, l’Invincible. Certains blasphémaient en l’imaginant descendre du Dieu des Épées.

Oui, il menait une vie enchantée.

Alors pourquoi avait-il l’air si triste ?"

 

J'ai apprécié découvrir les (douloureuses) circonstances qui ont façonné le (futur) Boucher ; j'ai retrouvé avec grand plaisir Dareen ; j'ai apprécié également la personnalité du légat Evar, ainsi que celle de M'bao, "le plus grand des Koushites",... nettement moins (!) celle de (la sublime) Bishia...

J'ai davantage encore aimé ce(tte) préquel(le) mais je me demande dans quelle mesure il n'est pas plus judicieux de lire celui-ci avant Les Épées de glace. (Nouvelle) cerise sur la gâteau : la couverture illustrée par Magali Villeneuve.

Un grand merci à Book en Stock et Bragelonne pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "de la Licorne 3" [Fantasy], "Objectif du mois" [un de mes auteurs préférés] et "Littérature de l'imaginaire" [2/24].

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20:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/12/2016

Sauveur & Fils, saison 1, Marie-Aude Murail

Présentation. Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…

   Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.

   Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage?

   Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

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Mon avis. Un régal... à tel point que je me suis demandé si je ne le lirais pas en classe à la place de Simple...

Sauveur (ça ne s'invente pas !) est un (charmant) psychologue qui reçoit à domicile des patients aux problèmes très variés ; à force d'écoute, de patience, de jugeote, il réussit souvent à les aider, (petit) pas à (petit) pas.

De l'autre côté de la porte (entrouverte) de son cabinet traînent (souvent) deux oreilles : celles de Lazare, son fils de 8 ans, un petit garçon intelligent, perspicace, curieux de tout, souvent livré à lui-même en raison des horaires extensibles de son papa, un papa qui élude systématiquement les questions relatives à sa femme décédée.

Cette première saison se centre sur Sauveur et Lazare, ainsi que sur certains des (jeunes) patients du psychologue ; l'écriture est savoureuse, l'humour présent et les personnages extrêmement attachants, avec une mention particulière pour Lazare, dont les interventions judicieusement naïves déconcertent souvent ses interlocuteurs. Le récit aborde, l'air de rien, des sujets variés, comme la différence, le racisme, le mal-être des adolescents, l'homosexualité, les relations entre parents et enfants, qu'elles soient (apparemment) harmonieuses, tendues, voire douloureuses, les petits bonheurs aussi. La vie, tout simplement.

  "- Tu te scarifies ou tu es phobique scolaire ou autre chose? demanda Lazare à son compagnon de route, plutôt par politesse que par réel intérêt.

   - Tu es complètement dingue, le rembarra Gabin.

   - Papa dit que les gens qui vont mal, ils t'apprennent plein de choses sur toi.

   - Vous êtes dingues, tous les deux." [p. 77]

 

Je lirai bien sûr la suite.

Ce titre entre dans les challenges "Objectif du mois" [ pour décembre, lire un ouvrage de son auteur préféré ; Marie-Aude Murail fait partie de mes auteurs préférés] et "Jeunesse/Young Adult" [4/20].

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17:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

03/12/2016

Les enfants-rats, Françoise Jay

Présentation. Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes.

Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire...
En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie...

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Mon avis. Voici un bon bout de temps que j'avais repéré ce roman, si bien que lorsque l'occasion de le lire s'est présentée, je n'ai pas hésité. Je ressors cependant déçue de cette lecture...

Le propos est tout à fait intéressant : nous sommes dans un futur (proche) où de très nombreux enfants n'ont d'autre choix pour (tenter de) survivre que de se réfugier dans les égouts. Ils vivent en hordes, remontant à la surface pour trouver de quoi manger, en essayant de ne pas se faire alpaguer par la Police... ou des hordes rivales. Ce sont les enfants-rats.

Irielle, une adolescente de dix-sept ans, refuse ce type d'existence à travers laquelle l'humanité présente en chacun s'étiole à petit feu : elle vit avec Jode, un enfant qu'elle a trouvé alors qu'il n'était qu'un bébé et qu'elle a élevé, lui apprenant à lire et écrire, ainsi que les règles, inlassablement répétées, qui leur permettent de survivre.

L'intrigue bien ficelée suscite indéniablement la réflexion. D'où vient donc mon manque d'enthousiasme, me direz-vous ? De l'écriture trop peu "travaillée" à mon sens ; je peux comprendre que l'on veuille aller à l'essentiel, mais de là, par exemple, à laisser tomber tout passage potentiellement descriptif, il y un pas à ne pas franchir, me semble-t-il.

Dans le même ordre d'idée, les choses évoluent trop vite, s'enchaînant parfois en deux coups de cuillère à pot et c'est vraiment dommage car les personnages sont réellement attachants et auraient mérité davantage de "considération". En fait, ce récit mériterait d'être plus amplement développé...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (3/20) et "Littérature de l'imaginaire" (1/24).

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18:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/11/2016

Éloge de la faiblesse, Alexandre Jollien

Présentation. Éloge de la faiblesse retrace un itinéraire intérieur, une sorte de conversion à la philosophie. L’auteur, handicapé de naissance, imagine recevoir la visite de Socrate en personne. Dès lors, s’ensuit un échange où de proche en proche émergent des outils pour apprendre à progresser dans la joie, garder le cap au cœur des tourments et ne pas se laisser déterminer par le regard de l’autre.

La philosophie est ici un art de vivre, un moyen d’abandonner les préjugés pour partir à la découverte de soi et bâtir sa singularité. Peu à peu, une conversion s’opère, le faible, la vulnérabilité, l’épreuve peuvent devenir des lieux fertiles de liberté et de joie.

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Mon avis. Un bref billet pour évoquer ce texte que j'ai proposé, parmi d'autres, à mes élèves de rhéto, en lien avec un parcours relatif à la philosophie...

La philo, ce n'est pas vraiment pas ma tasse de thé ; la partie n'est donc jamais gagnée d'avance lorsque je m'aventure sur ce terrain. Qu'est-ce donc qui a motivé mon choix ? D'abord le conseil de ma collègue (merci, Cécile) ; ensuite "le critère épaisseur" : l'objectif est d'inciter les élèves à lire, inutile donc, la plupart du temps, d'espérer les appâter avec une "brique" ; enfin, je ne peux m'empêcher d'être sensible au thème du handicap.

Ce texte court se présente sous une forme originale : un dialogue entre l'auteur et Socrate himself. Cette façon de procéder par question/réponse rend la lecture aisée ; en outre elle entrouvre des portes : libre au lecteur de les refermer discrètement, ou de les ouvrir plus avant afin de poursuivre l'éventuelle réflexion.

 SOCRATE

Tout cela voudrait dire que la pitié blesse plus que le mépris?

ALEXANDRE

Oui, pas de pitié. Une fois de plus, je donne raison à Nietzsche. Je crois qu'il voit juste quand il condamne la pitié, l'hypocrisie ou le paraître. Chaque jour, je rencontre ce regard condescendant qui croit me faire plaisir, peut-être sincèrement, mais qui nie ma liberté et me nie ipso facto. [p. 45]

 

SOCRATE

Ne fais-tu pas là l'apologie de la souffrance ?

ALEXANDRE

Je dis simplement qu'il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à tirer profit, même de la situation la plus destructrice. J'insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables. Rien ne sert de discourir, épiloguer des heures durant sur la souffrance. Il faut trouver des moyens pour l'éliminer et, si on ne le peut pas, l'accepter, lui donner sens." [p. 57]

 

Ce livre entre dans les challenges "Un genre par mois" (non-fiction pour novembre) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par une voyelle pour cette session).

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19:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/11/2016

Tout n'est pas perdu, Wendy Walker

Présentation. Alan Forrester est psychiatre dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a fait l'objet d'un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une terrible agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée.

Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur.

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Mon avis. Un roman qui explore les méandres de l'être humain...

La narration du récit est pour le moins particulière : Alan Forrester est psychiatre et reçoit en consultation Jenny Kramer, une adolescente qui a été violemment agressée et a reçu un traitement destiné à effacer les souvenirs de cette agression. Il n'en demeure pas moins que la jeune fille souffre profondément, même si elle est incapable de mettre des images sur cette douleur.

  "Jenny a en effet survécu. Et c'est là que j'entre en scène." [p. 71]

Forrester ne voit qu'un seul moyen pour (tenter d') apaiser Jenny : lui faire recouvrer la mémoire. Pour ce faire, il procède par étape. Chaque pas accompli, directement par Jenny ou par l'intermédiaire de patients qui, d'une façon ou d'une autre, à un moment, ont (eu) un contact avec l'adolescente, lui permet de lever un coin du voile sur les circonstances du drame.

Si la première partie souffre selon moi certaines longueurs, la suite m'a totalement happée : c'est (im)patiemment que le lecteur attend que les parties du puzzle viennent s'imbriquer les unes dans les autres pour peindre une gigantesque toile aux nombreux détails.

J'ai beaucoup apprécié découvrir les points de vue des différents protagonistes relatés par l'intermédiaire de Forrester ; celui-ci manœuvre habilement afin de leur faire exprimer les non-dits, enfouis au plus profond d'eux, décortiquant chaque élément susceptible d'aider Jenny. Mais ne serait-il pas en train d'entrouvrir la boîte de Pandore ?

Traducteur : Fabrice Pointeau.

Titre VO : All is not forgotten (2016).

 

Ce livre est une "lecture supplémentaire" dans le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier).

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20:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/11/2016

Les Épées de glace, tome 2 : Le Châtiment de l'Empire/La Servante, Olivier Gay

Présentation. Le Boucher est vaincu. Prisonnier de l’Empereur, chaque heure qui passe le rapproche inexorablement de son exécution. Mais un empire est-il capable de détruire une légende ? Alors que Shani et Mahlin cherchent une solution désespérée pour sauver Rekk, certains au sein même du pouvoir pourraient voir quelque avantage à sa libération...

Aucun fer ni aucune blessure ne feront oublier sa vengeance au Boucher. Que l’Empire se prépare ; les épées de glace sont en marche.

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Mon avis. Il suffit de découvrir le recensement des lectures dans la colonne de droite de ce blog(ue) pour se rendre compte que "tout petit doucement", Olivier Gay est en train de rattraper Fabrice Colin [mon "champion", c'est Émile Zola, mais internet n'existait pas à cette (lointaine) époque]. Et cela devrait continuer car La Main de l'empereur ET Faux frère, vrai secret m'attendent déjà dans ma PAL...

J'avais beaucoup apprécié Le Sang sur la Lame et j'ai tout autant aimé cette suite qui commence exactement là où s'était terminé le premier opus : Rekk, alias le Boucher, a été blessé, capturé, et attend son exécution dans une des geôles impériales. Shani et Mahlin ont quant à eux réussi - grâce à l'aide du Boucher lui-même - à échapper aux gardes et à sauver leur peau en plongeant dans le Verdoyant...

Les deux jeunes gens n'ont plus qu'une idée en tête : tenter le tout pour le tout pour délivrer Rekk. La partie est pourtant loin d'être gagnée. Qu'à cela ne tienne, ils se/lui doivent de réussir ; l'aide de Laath, Darenn et Eleon - intéressé, cela va de soi - sera la bienvenue.

  "La montée était plus angoissante qu'elle l'avait imaginé. L'orage à l'extérieur rendait l'air humide et les marches glissantes. Des meurtrières à intervalles réguliers s'illuminaient à chaque éclair. Les torches fumaient et grésillaient lorsque l'eau s'infiltrait au gré des bourrasques. L'escalier tournait et tournait, s'enroulant comme un escargot à la coquille boueuse.

   Shani commençait à s'habituer à l'obscurité lorsque des bribes de dialogue descendirent vers elle, entrecoupées par le sifflement du vent." [p. 411 - intégrale]

 

Rekk entraînera ses "acolytes" dans une quête éperdue de vengeance, face à un adversaire de taille : Theorocle, le nouvel Empereur, falot, mais à la tête de bon nombre de soldats.  Le Boucher n'a cependant plus rien à perdre depuis la mort de Deria...

L'action, relatée par une plume toujours aussi savoureuse, est bel et bien au rendez-vous, les combats sont légion, le sang coule et Rekk demeure fidèle à lui-même : un personnage que l'on devrait théoriquement détester. Théoriquement.

Le caractère de Shani évolue, reléguant aux oubliettes la jeune servante effacée, face à un Mahlin souvent désorienté.

  "- Rekk, vous vouliez partir à l'assaut de l'Empire ? Alors allons-y ! S'il faut qu'il y ait une guerre, il y aura une guerre. Je veux voir Theorocle hurler. Je veux qu'il saigne. Je veux qu'il pleure. Je veux qu'il supplie. JE VEUX QU'IL MEURE !" [p. 509 - intégrale]

 

À noter la superbe illustration de couverture de l'intégrale (Bragelonne), réalisée par Magali Villeneuve.

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 3 (Fantasy).

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17:49 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/11/2016

Au pays de l'Ailleurs, Tahereh Mafi

Présentation. Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d'un don magique. La blanche Alice n'a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria.
Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n'a-t-elle plus qu'un seul but : le retrouver.
Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l'horizon... Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n'est ce que l'on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n'avait décelé chez elle. Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?

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Mon avis. Comment dire ?  Une déception proportionnelle à la beauté de la couverture, veloutée à souhait...

Désireuse de découvrir la plume de l'auteure de la série Insaisissable, encensée sur bon nombre de blogs, je me suis volontiers laissé tenter par ce roman à la couverture magnifique, à l’œil et au toucher... mais le contenu n'est, selon moi, clairement pas à la hauteur de l'écrin...

Alice au pays des merveilles vit à Ferenwood, un monde pétri de magie, où les couleurs sont de mise, où l'on savoure les fleurs, où la nature est bel et bien vivante, et dans lequel l'adolescente ne trouve pas sa place : sa pâleur a entraîné son exclusion.

De plus, son père, la seule personne à lui manifester de l'amour, a disparu du jour au lendemain ; depuis, Alice tente d'agir comme si rien ni personne ne la touchait. Ce n'est qu'une apparence.

Arrive le jour où sa "mission" va lui être assignée, comme à tout jeune de son âge, mais les choses risquent encore une fois de ne pas se dérouler comme elle l'espérait...

Je reconnais volontiers que l'univers dépeint (!) est original - ainsi que les interpellations du narrateur - mais point trop n'en faut et ici, le trait est vraiment forcé ; en outre, Alice est extrêmement agaçante, heureusement, il n'en va pas de même pour le personnage d'Oliver. Enfin, même si la plume est belle, les (més)aventures des deux adolescents m'ont ennuyée, à tel point que s'il ne s'était pas agi d'un partenariat, j'aurais probablement définitivement refermé l'ouvrage - cette situation me conforte d'ailleurs dans mon idée de proposer, dans la mesure du possible, plusieurs possibilités de lecture à mes élèves parce que quand on n'apprécie pas un livre, il est vraiment pénible de le poursuivre.

En fait, j'ai ressenti l'étrange impression qu'il avait été question d'écrire à tout prix près de 400 pages là où quelques dizaines auraient suffi - et m'auraient permis d'apprécier "le conte"-.

 

Traduction : Jean-Noël Chatain.

Titre VO : Furthermore (2016).

 

Ce roman entre dans les challenges "de la Licorne, 3" (fantasy), "Jeunesse/Young Adult", 6 (2/20), "Comme à l'école" (élément végétal) et "Lire sous la contrainte" (titre commençant par une voyelle).

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18:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/11/2016

La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet

Présentation. Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire.

Un jour, des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue.

Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres n'ont plus droit de cité…

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Mon avis. Une subtile dystopie...

Ce récit raconte l'histoire de Lila K., une jeune fille qui, arrachée à sa mère, a été placée dans un Centre et tente de faire la lumière sur les premières années de sa vie, ce passé qui permettrait d'expliquer un tant soit peu les troubles dont elle souffre : elle ne supporte pas qu'on la touche ; elle est obligée la plupart du temps de porter des lunettes de soleil, tant la lumière l'agresse ; elle a subi un certain nombre d'opérations dont les causes demeurent floues ; en dehors du pâté, elle est dégoûtée par la nourriture ; elle apprécie particulièrement les espaces clos.

L'action se déroule en France, dans un futur relativement proche où les individus sont constamment contrôlés, surveillés, évalués - pour leur bien, évidemment... -, où la technologie est omniprésente, où les "livres papier" sont bannis. Tout "élément subversif" doit être identifié et "recadré".

Extrêmement intelligente, Lila se rend très vite compte que si elle veut (essayer de) trouver des réponses à ses multiples questions, elle doit, tant que faire se peut, "passer inaperçue" et donner l'illusion qu'elle "file droit"...

C'est petit à petit, en cheminant à ses côtés, que le lecteur découvre les pièces du puzzle relatif à la vie de Lila, un personnage auquel on s'attache ; l'occasion d'attirer l'attention sur les dérives d'une société ultra-sécurisée... mais nullement sécurisante.

  "La troisième année du protocole a été l'occasion d'un grand bouleversement. Un matin, M. Kauffmann a débarqué dans ma chambre en poussant devant lui un énorme caisson à roulettes.

   - Qu'est-ce que c'est, monsieur Kauffmann ?

   Il s'est assis sur le lit, l'air mystérieux, et d'un geste solennel a soulevé le couvercle du caisson.

   -Viens donc voir, fillette !

   Je me suis approchée.

   - On appelle ça des livres. Tu vas voir, tu n'en reviendras pas.

   J'ai levé un sourcil sceptique. Il avait beau dire, ça ne payait pas de mine. Mais lui semblait très excité. Il s'est emparé d'un volume, puis il l'a soulevé à hauteur de mes yeux.

   - Regarde bien, Lila.

   J'ai vu le livre s'ouvrir entre ses mains, éclater en feuillets, minces, souples et mobiles. C'était comme une fleur brutalement éclose, un oiseau qui déploie ses ailes.

   - Ça t'en bouche un coin, n'est-ce pas ?

   Je n'ai pas répondu. Je regardais ses gros doigts qui feuilletaient les pages, couvertes de signes noirs et de taches colorées.

   - Eh bien, tu as perdu ta langue ?

   - Comment dites-vous que ça s'appelle ?

   - Un livre. C'est ce qu'on avait, avant les grammabooks.

   - Et... qu'est-ce qu'il y a écrit, là-dedans ?

   - Ça dépend du livre.

   J'ai ouvert des yeux ronds. Je n'y comprenais rien." [p. 53 - 54]

 

Un texte à faire lire aux élèves du secondaire supérieur ; grand merci, Vinciane, pour cette découverte...

18:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/11/2016

Un bruit étrange et beau, Zep

Présentation.

La mort m'a fait si peur, ce jour-là, que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle.

Et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort.

Pour m'habituer.

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Mon avis. SU-PER-BE, tant pour le dessin, les couleurs, que l'histoire...

Cette BD du "papa de Titeuf" relate une parenthèse dans la vie de Don Marcus, un homme qui, voici 25 ans, a fait vœu de solitude, pauvreté, obéissance, chasteté et silence en entrant dans l'ordre des Chartreux. Depuis, sa vie (rassurante ?) est rythmée par les offices, la prière, les "repas" et la méditation.

Son existence est soudain "bousculée" par l'obligation de se rendre à Paris afin d'obtenir une part de l'héritage de sa tante défunte. Il n'a que faire des biens matériels mais comme le précise le prieur, "Le toit de l'aile sud est est dans un piteux état... Cet héritage est peut-être une réponse du Seigneur à nos prières ?" [pl. 19]

Don Marcus redevient William et renoue le contact avec un monde qu'il ne (re)connaît plus : il (re)découvre ainsi les odeurs, les bruits, l'agitation... Et celui qui avait réussi au fil des ans à trouver une certaine sérénité est confronté au doute : un doute qui a toujours été présent mais qu'il avait (presque) réussi à étouffer ; pourtant, cette fois, il en ira peut-être différemment...

Indépendamment de la relation de ces instants de vie, j'ai beaucoup aimé le trait, les couleurs qui déclinent les palettes du bleu, du violet, de l'ocre, ou encore du vert, ainsi que "l'estompé" du cadre qui délimite les vignettes.

Une très belle découverte...

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Cette BD entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" (un titre qui commence par une voyelle pour cette session) et "Comme à l'école" (élément végétal sur la couverture - au dos, principalement -).

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20:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |