24/11/2014

Lumerote

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (143).

atelier143.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

©Romaric Cazaux

 

Depuis maintenant plusieurs mois, la "Madame Météo de la RTBF" termine son bulletin quotidien avec quelques mots relatifs au "black-out potentiel" du lendemain.

Traduction : le risque plus ou moins accru, selon l'endroit où l'on vit, de "délestage" en matière d'électricité. Voire de coupure nette et franche, l'espace de - théoriquement - quelques heures.

Il se fait qu'hier, le sigle était noir pour ma localité : délestage effectif.

Ce soir donc, éclairage à l'ancienne.

Premier jour du reste de notre vie en blanc et noir.

 

[Hiver 2014-2015. Quelque part en Belgique.]

06:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (20) |

21/11/2014

Ballade pour Georg Henig, Victor Paskov

Présentation. Cette Ballade raconte une magnifique histoire d’amitié entre un vieux luthier tchèque, Georg Henig, et un enfant de ­Bulgarie, Victor. Au-delà des sentiments et de la trans­mission du savoir, c’est l’amour de l’Art qui est ici chanté, et nous ne sommes pas près d’oublier la chanson du bois dont sont faits buffet et violons… 

À sa lecture, Tzvetan Todorov écrivit : "Cette Ballade est une petite merveille, un hymne à la musique en guise d’air de la liberté. C’est aussi un acte de combat, un livre politique dans le meilleur sens du mot. (…) ­Paskov sait brosser en quelques lignes des vignettes dignes de Woody Allen, extrêmement drôles et profondément mélancoliques."

Un enchantement.

ballade-georg.jpg

Mon avis Ce texte berce le lecteur dans une douce mélancolie, celle qui va unir un petit garçon, Victor, à son "grand-père de substitution", Georg Henig.

Henig est un vieux luthier dont Victor a fait la connaissance alors que le père de l'enfant vient commander au "maître" un "huitième de violon". L'enfant ne deviendra pas le prodige espéré mais la rencontre avec celui qui est capable d'apprivoiser l'âme des violons bouleversera définitivement sa vie.

  "À compter de ce jour, Georg Henig devint le quatrième membre de notre famille. Tous les matins, je lui apportais le petit déjeuner et, à midi, ma mère préparait les trois gamelles bleues que l'on pouvait superposer et je partais vers sa cave, où mon père jetait les fondements de son buffet."' [p. 53]

Car effectivement, le bois est essentiel dans le récit, matériau noble à la fois du violon que du buffet qui devient personnage.

 

J'ai apprécié ce récit qui noue le cœur et dépeint subtilement l'amitié indéfectible qui liera le vieil homme et l'enfant. Malgré (ou à cause ?) de la pauvreté, de la misère même. De la solitude aussi.

  "Mais pour l'âme du violon, je ne pus retenir ma langue plus longtemps et lui demandai :

   Grand-père Guéorgui, comment sais-tu exactement où la placer ?

   - Demander bois, lui dire tout seul. Tu vois carré ? Eh bien mettre doigt dans carré, attendre, attendre, attendre, mais bois se taire. Mettre doigt dans autre carré. Et encore attendre. Demander, déplacer ; quand bois voir maître patient, prendre temps, alors dire lui-même. Mettre là." [p. 146 - 147]

 

Traduction : Marie Vrinat.

 

Merci aux éditions de l'aube pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "À la découverte d'auteurs" (28), ainsi que "Comme à l'école".

challenge-mira.jpg

challenge-co-ecole.gif

 

 

20:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/11/2014

Lourdingue

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (142).

atelier142.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Kot

 

Putain... c'qu'elle est lourdingue, l'emmerdeuse de français.

Déjà qu'avec elle, il faudrait qu'on s'tape cinquante livres sur l'année ! Comme si on n'avait qu'ça à faire. "Hé, ho, l'ancêtre, tu m'as d'jà bien regardée ? Y a pas qu'ton cours, non plus. Nanmého."

Et bla bla bli, et bla bla bla : "vous devez travailler régulièrement, on ne découvre pas avec horreur - intonation ironique, of course - son cours la veille de l'examen, on prend l'avance..."

Mais qu'est-ce qu'elle croit, l'autre ? Y a des choses plus importantes dans la vie qu'étudier, y s'ra toujours bien temps après.

Puis, ses feintes à la con, elle peut s'les garder, hein. Le jour où j'sou(rirai) en cours de français, c'est pas d'main la v(i)eille.

Et aujourd'hui, le pompon. THE cerise sur THE gâteau - ouais ben, l'anglais, c'est pas mon fort (tiens, i'm sembl' qu'y a un vieux schnock à la télé qui s'appelle comme ça -) non plus : j'ai pas fait UN pas dans la classe que son regard de la mort qui tue se fixe sur mon froc et elle sort : "Ah non, Margot, pas pour venir à l'école, ce n'est pas une tenue correcte".

J't'en foutrai moi, des tenues correctes. J'ai soupiré brrrruyamment en levant les yeux au ciel, histoire qu'elle comprenne qu'elle m'emmerdait grave mais bon, quand même, j'ai rien répondu. J'avais pas envie d'me taper deux heures de retenue.

Quand j'pense au fric dingue qu'j'ai dépensé pour ce froc. Merde, quoi. Va falloir penser à ne plus l'mettre quand j'vais en français.

Tant pis, demain, j'arrive dans sa classe avec des ch'veux roses et on va bien voir si elle moufte encore : y a rien dans le règlement sur la couleur des ch'veux ! J'ai vérifié !!!

06:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (16) |

16/11/2014

LDPA ou Livra'deux pour pal'Addict, 11e session

11e session de ce Livra'deux (modalités) ; je participe avec Morgaxia.

 

  LDPA.png

 

 

 

 


Parmi les livres de sa PAL, j'ai sélectionné :

 

Orgueil et Préjugés de Jane Austen car j'aime beaucoup l'auteure.

Le jeu de l'ombre de Sire Cédric car c'est un récit que j'ai beaucoup apprécié.

Peur express de Jo Witek car je viens de découvrir l'auteure et je lirais moi-même volontiers ce livre, qu'une de mes collègues devrait d'ailleurs bientôt me prêter.

 

Morgaxia a choisi Peur express.

 

 

Elle m'a proposé :

 

Bourbon Kid, tome 2, L'œil de la lune, Anonyme : "J'adore cette série, en particulier son humour noir et son côté un peu décalé. Je voulais donc connaître ton avis en particulier en comparaison avec le tome 1."

Chasseurs de tête, de Jo Nesbo : "J'ai déjà lu un livre de cet auteur  (c'était Le Léopard) et j'avais aimé la complexité de son intrigue. Alors j'aurais voulu savoir ce que tu  pensais de lui."

Mémoire d'un maître faussaire, de William Heaney : "Je ne connais ni le livre ni l'auteur mais j'aime le fantastique et le résumé m'intrigue, j'aimerais donc avoir un avis."

 

Je choisis L'œil de la lune : il y a très longtemps que je l'ai dans ma PAL et comme j'ai a-do-ré L'homme sans nom, je me laisse volontiers tenter par ce deuxième opus.

19:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/11/2014

Sortie noire, Christian Laurella

Présentation. Après vingt ans passés derrière les barreaux, Daniel‚ prisonnier modèle et complètement amnésique‚ bénéficie d'un régime de semi-liberté et trouve un emploi dans une menuiserie.

En parallèle‚ deux femmes, dont l'une est au service de l'autre, habitent une maison isolée en province. L'arrivée d'une lettre annonçant la libération de Daniel va bousculer l'apparente quiétude qui semblait être le quotidien des deux femmes et allumer un feu d'enfer dans la maison.

sortie-noire.jpg

Mon avis. Un récit dont les pages se tournent aisément...

Plongée dans la "vie" de Daniel, ou plus exactement ce qu'il en reste : condamné à vingt ans de réclusion pour un crime dont il ne se souvient absolument pas, Daniel va pouvoir se frotter à la liberté retrouvée, à mi-temps du moins puisque le jour, il est autorisé à travailler à l'extérieur et le soir, il réintègre sa cellule jusqu'au lendemain suivant. Il est loin de se douter que cette situation aura une incidence particulière auprès d'Elisabeth, une vieille dame vivant avec sa "bonne", la machiavélique Marlène.

J'ai apprécié ce récit : je désirais savoir (jusqu')où l'intrigue allait m'entraîner, ou plus exactement ce qu'il allait advenir de Daniel et Marlène, les deux personnages sur lesquels est centrée la narration. Le lecteur passe de l'un à l'autre sans que cela ne pose problème, jusqu'à l'épilogue.

J'ai noté cependant quelques maladresses : les événements s'enchaînent, selon moi, trop rapidement/facilement ; en outre, la description de certains meurtres a un côté grand-guignolesque qui m'a un peu gênée.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce récit entre dans le challenge "A la découverte d'auteurs" (27).

challenge-mira.jpg

 

14:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

11/11/2014

Les Géants, Benoît Minville

Présentation.

ÇA SE PASSE SUR LA CÔTE BASQUE.

Les Géants, ce sont eux :

Deux familles, un clan qui se serre les coudes depuis toujours.

Les parents, ouvriers et pêcheurs, gardent la tête haute.

Leurs fils ont le surf pour vocation, peu ou pas d'horizon.

 

ET SOUDAIN, LA VAGUE ARRIVE :

César, le grand-père revient.

Il a passé 20 ans en prison ; tout ce temps, on a fait croire qu'il était mort...

... et il a des comptes à régler.

 

DE LOURDS SECRETS À DÉTERRER.

les-geants.jpg

Mon avis. Décidément, les éditions Sarbacane font mouche avec cette collection Exprim' destinée aux (grands) adolescents. C'est une nouvelle fois le cas avec ces Géants.

Direction le Pays Basque où nous découvrons deux amis "à la vie à la mort", Marius et Estéban, soudés aussi par une passion commune : le surf.

  "Le mouvement. Tout résidait dans le mouvement. La vie n'était que mouvement, et ils étaient persuadés que le corps ne devenait réalité que dans l'alchimie du vent et de l'eau." [p. 44]

 

Pour eux, la vie, ce n'est pas "tout rose et violette" : les parents de Marius ont parfois du mal à nouer les deux bouts et le jeune homme est au chômage.

La famille d'Estéban, quant à elle, vit dans un mobil-home "en transhumance" lorsque le camping où elle réside accueille les vacanciers d'été ; elle tire toujours le diable par la queue. Estéban et sa maman se crèvent au travail pendant que le papa, Henriko, noie plus souvent qu'à son tour dans l'apéro sa honte et son orgueil blessé, depuis qu'un accident de travail l'a laissé sur le carreau et que Bartolo, son plus jeune fils, a été diagnostiqué "légèrement autiste". Nouvelle erreur de parcours pour ce père désormais sans repères. Les deux familles s'épaulent quand les temps sont vraiment trop durs.

Ban a trouvé son soleil en la personne d'Alma, la sœur de Marius mais personne n'est au courant de cette lumineuse relation. Personne ne peut l'être d'ailleurs même s'ils savent qu'un jour, il faudra bien le leur apprendre.

Le fragile (dés)équilibre est rompu lorsqu'en pleine nuit débarque chez Marius un homme qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam : son grand-père, officiellement mort depuis bien longtemps. Des lézardes apparaissent alors dans la cellule familiale qui s'effrite, lentement mais sûrement, avec l'arrivée inopinée de ce tonton grand-père (ex-)flingueur qui vient de recouvrer la liberté après vingt ans à l'ombre.

J'ai beaucoup aimé ce récit qui met le doigt là où ça fait mal : les relations parfois tendues entre adolescents et parents ; l'acceptation difficile du handicap ; le regard des autres lourd de signification ; les problèmes financiers qui rendent le sommeil difficile ; la remise en question des valeurs sur lesquelles on s'est construit ; la difficulté de (continuer à) croire en ses rêves, quoi qu'il puisse en coûter...

L'écriture est telle que l'on ressent une pression qui imprègne les pages à l'instar de la chaleur omniprésente : on tourne les pages, désireux de connaître la suite du récit, tout en redoutant de voir s'inscrire les mots/maux...

Un extrait de la bande-son.

 

Grand merci aux éditions Sarbacane pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "A la découverte d'auteurs" (26) et "Jeunesse/Young Adult" (5).

challenge-mira.jpg

challenge-jeunesse-YA.jpg

 

 

 

17:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/11/2014

Ma meilleure ennemie

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (141).

atelier 141.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 © Romaric Cazaux

 

La force de l'habitude ?

Peut-être.

 

Quand la distance s'est-elle s'installée ?

Oh, je ne sais pas vraiment.

 

Après dix ans, la complicité des débuts s'est émoussée.

Après vingt ans, les blancs ont commencé à émailler nos conversations.

Après trente ans, nous n'essayions même plus de combler les vides.

Aujourd'hui demeure envers et contre tout - envers et contre nous ? - notre "rendez-vous" hebdomadaire, celui qui nous conduit bon an mal an dans la brasserie où nos regards se sont croisés pour la première fois. 

Aujourd'hui, il est rare que nos yeux se posent ailleurs que sur la carte ou la pièce ceinturée de miroirs que nous connaissons désormais sur le bout des doigts.

Nous n'espérons plus rien.

 

Mais que voulez-vous ?

La force de l'habitude.

 

Ou bien...

06:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (21) |

08/11/2014

Outlander, Livre 2 : Le talisman, Diana Gabaldon

Présentation. 1968. À la mort de son mari, Claire Beauchamp emmène sa fille en Écosse, sur les lieux mêmes où, vingt ans plus tôt, elle a vécu d'extraordinaires aventures... Des aventures qui, dans ce second tome, vont conduire Claire et Jamie dans le Paris du siècle des Lumières.

Leur but ? Empêcher Charles-Eduard Stuart d'accéder au trône, un événement qui marquerait le début d'une répression sanglante dans les Highlands. Mais dans leur course effrénée, le couple découvrira à ses dépens qu'on ne peut modifier le cours de l'histoire impunément... La suite d'une série incontournable !

outlander 2.jpg

Mon avis. Nul étonnement, j'imagine, si je vous dis que j'ai retrouvé avec grand plaisir le couple (...Jamie...) rencontré dans la première intégrale.

Le début du récit est déconcertant  : la narration commence en 1968 alors que nous avions laissé le couple au XVIIIe siècle. Claire, est revenue dans le présent et fait découvrir à sa fille Brianna l’Écosse si chère à son cœur (douloureux), plus précisément les Highlands.

Elle a cependant aussi une autre idée en tête : en savoir plus, grâce à Roger, le fils adoptif du révérend Wakefield - désormais décédé -, sur ce qu'il est advenu du clan Fraser et des autres familles engagées dans la lutte sanglante contre les Anglais.

Pour ce faire, elle devra livrer à sa fille et au jeune homme l'h(H)istoire incroyable qui lui est arrivée vingt ans plus tôt, au risque de perdre Brianna. C'est alors que nous replongeons, en sa compagnie, dans un passé qui se décline encore aux côtés de Jamie.

Focus sur les amoureux, toujours profondément épris l'un de l'autre - ce qui ne signifie nullement qu'ils soient du même avis à tout propos -, désireux, tant que faire se peut, d'éviter à leurs "compatriotes" le bain de sang "annoncé" face aux Anglais. Les voici donc, dans un premier temps, embarqués vers la France où ils auront fort à faire pour tâcher de modifier le cours de l'Histoire. Mais une telle éventualité est-elle envisageable ? Quels sont les risques encourus à la fois dans le passé et dans le futur ? D'autant que l'ombre de Jonathan Randall plane toujours sur le couple oh combien aventureux.

Le retour au XXe siècle est abrupt : pris par l'action, les alliances, les trahisons, les combats, on en avait presque oublié que Claire est bel et bien revenue dans notre présent. Presque.

Si j'ai beaucoup apprécié ce deuxième opus, j'ai trouvé qu'il souffrait parfois quelques longueurs, notamment lors de leur séjour en France, mais il est bien évident que je lirai la suite.

Un grand merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Philippe Safavi.

17:59 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

05/11/2014

Impressions Lointaines, Elodie Agnesotti

impressions-lointaines.png

Une fois est peu coutume, je me suis lancée dans la lecture d'un recueil de poésie et ce fut réellement une incursion dans une bulle de légèreté...

La jeune auteure m'a contactée, me demandant si je souhaitais éventuellement découvrir ses textes ; après en avoir lu quelques-uns, j'ai accepté car je sentais que je risquais de les apprécier. Je ne m'étais pas trompée ; j'en ai d'ailleurs acheté la version "papier" afin de pouvoir lire quelques poèmes en classe, accompagnés de la photo initiatrice.

Ces "impressions lointaines" mettent le cap sur la Mongolie (m'est revenu en "images" le roman d'Annelise Heurtier, Là où naissent les nuages) et la Chine, alliant harmonieusement photographies et mots. Plaisir des yeux. Plaisir des sons. Plaisir des sens/d'essence..

J'ai beaucoup aimé ces très beaux textes qui emportent le lecteur hors des sentiers battus. Laissez-vous tenter...

 

I.

MONGOLIE

 

01h54

Oiseau de métal,

hublots fermés comme des paupières ;

ne plus savoir vraiment

si le soleil dort

derrière [p. 7]

 

 imploin002.jpg

 

 

 

 

 

Nous sommes

les ombres malhabiles

d'une peinture d'enfant

 

Au coin

les couleurs

se dévorent entre elles

 

Coup de pinceau

comme un caprice :

une silhouette

En bord de ciel

 

la nuit mongole

se déshabille

 

à l'abri des étoiles [p. 11]

 

La vue est

sourde

depuis le toit des siècles

 

Au troisième

battement de ciel

même le vent

 

s'est tu dans mes pupilles [...] [p. 29]

 

II. CHINE

 

imploin001.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

peut-être

faut-il apprendre

à se noyer

et couler nos sommeils

 

dans les étendues

bleu regard

d'un rêve d'enfant

 

peut-être... [p. 38]

 

Ce recueil entre dans le challenge "A la découverte d'auteurs" (25).

challenge-mira.jpg

19:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/11/2014

Ces mains-là...

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (140).

atelier140.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Maman Baobab

 

J'aurais aimé que ma petite main se retrouve dans la tienne comme un oiseau se blottit dans son nid

J'aurais aimé que tes années soient gonflées d'amour à mon égard

J'aurais aimé pouvoir me réjouir d'aller te rendre visite

J'aurais aimé...

 

Au lieu de cela

Je garde de toi un souvenir à mille lieues de celui que j'aimerais laisser à mes petits-enfants

Un souvenir qui s'effiloche

A l'image de celui que tu m'as laissé

Pas même quelques miettes de tendresse

Pas même...

 

Ces mains-là

Jamais ne seront la mienne et la tienne

Comme jamais elles n'ont été la mienne et la tienne

Toi qui ne fus que la grand-mère aux grands yeux de colère

06:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (12) |

30/10/2014

Une autre idée du bonheur, Marc Levy

Présentation. Quand une vie ordinaire devient extraordinaire.

Philadelphie. Au premier jour du printemps 2010, Agatha sort de prison, mais pas par la grande porte. Après trente ans derrière les barreaux, il ne lui restait que quelques années à faire. Alors pourquoi cette évasion ?
Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly et l'entraîne dans sa cavale sans rien lui révéler de sa situation.
Dotée d'un irrésistible appétit de vivre, Agatha fait voler en éclats la routine confortable de Milly. Trente ans les séparent, mais au fil du voyage les deux femmes partagent ces rêves qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser et évoquent ces amours qui ne s'éteignent pas.
Cinq jours en voiture à travers les États-Unis... À chaque étape, une rencontre avec un personnage surgi du passé les rapprochera du secret d'Agatha.
Jusqu'où devons-nous aller dans notre quête insatiable du bonheur ? À quoi ne faut-il jamais renoncer ?

Dans ce roman, Marc Levy réaffirme notre besoin inconditionnel de liberté et nous fait aussi découvrir un pan méconnu de l'histoire américaine.

bhr-levy.jpg

Mon avis. Il y a longtemps que j'avais lu un récit de Marc Levy ; celui que j'ai préféré demeure l'un de ceux qui ont parfois déplu à ses fans inconditionnels, à savoir Les enfants de la liberté.

J'ai reçu celui-ci pour mon anniversaire et je n'ai pas tardé à l'ouvrir.

Ce roman se lit aisément et rapidement, je me suis retrouvée dans une espèce de road movie qui n'est pas sans rappeler Thelma et Louise ; en l'occurrence, ici, Agatha et Milly.

Le lecteur découvre dans un premier temps Tom, celui qui se lance à la poursuite d'Agatha : cette dernière vient de s'évader de prison alors qu'elle approchait "tout doucement" de sa libération. Ensuite, focus sur Milly dont l'existence, monotone, est réglée comme du papier à musique.

Les deux femmes, que tout sépare, vont faire un (long) bout de chemin ensemble : l'une évoque son passé pour "mieux" échapper à son futur ; l'autre tient peut-être là l'occasion d'écrire son avenir dans d'autres tonalités. Peut-être. Sur leurs traces, le fameux Tom qui, visiblement, a bien connu la fugitive.

J'ai passé un agréable moment en compagnie des personnages malgré un (fameux) bémol : la fin que j'ai trouvée (beaucoup) trop "facile".

 

La couverture illustre l'idée n° 42 du challenge des 170 idées (borne, point de repère d'une ville).

challenge170idees.jpg

20:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/10/2014

Challenge "Un mois = une consigne"

1mois-1consigne.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Je me suis inscrite à un nouveau challenge pour 2015 : "Un mois = une consigne".

Il s'agit de lire au moins un livre par mois répondant à une consigne particulière, à savoir :

 

Janvier : Lire un roman sorti/édité en 2014.


Février : Quel est ton genre favori ? Lis donc un livre de ce genre...


Mars : Lire un roman dont le nom ou prénom de l'auteur commence par T.


Avril : Si on lisait une romance pour l'arrivée du printemps ? Vous n'aimez pas ça ? Ok alors vous pouvez lire un roman Young Adult...


Mai : Lire un livre de moins de 200 pages.


Juin : En été, on va lire un roman d'un auteur francophone.


Juillet : Sous le parasol, on va lire un roman dont l’héroïne est une femme.


Août : Un livre jaune sera entre vos mains en ce mois d'août.


Septembre : C'est la rentrée alors on va lire un livre de la rentrée littéraire.


Octobre : Halloween viendra frapper à ta porte, alors tu liras un roman effrayant.


Novembre : Envie de découvrir un auteur ? C'est le moment: sors de ta pal un livre dont tu ne connais pas encore l'auteur...


Décembre : La neige couvrira la couverture de ton roman (couverture blanche ou à motif de neige).

 

Pour les renseignements, c'est ICI.

20:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Challenge "Comme à l'école", session 10

 challenge-co-ecole.gif

 

 

 

 

 

Les modalités ?

Il s'agit de lire au moins un titre commençant par une lettre imposée (mode 1) ou un livre ayant un rapport avec le thème imposé (mode 2) ou encore un livre combinant les 2 : lettre et thème imposés (mode 3).

Cette dixième session court du 27/10/14 au 01/01/15 ; la lettre est le "C" (premier mot du titre sans l'article éventuel) ; le thème est "musique".

Je me suis inscrite en mode 2 pour cette session.

 

De plus amples renseignements sont disponibles chez Gr3nouille.

20:15 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/10/2014

Renaissance, Jean-Baptiste Dethieux

Présentation. Le psychiatre m’avait pourtant prévenu. Il ne fallait pas tenter cette plongée dans les abîmes, tout seul. Surtout pas ! Vouloir remonter le temps ou plutôt le dérouler sans l’aide d’un compagnon de route, d’un guide de haute montagne aguerri, grand connaisseur du terrain et de tous les pièges que représente cette virée dans les recoins de ma mémoire, c’était de la folie !

renaissance.jpg

Mon avis. Ce récit entraîne le lecteur dans les méandres d'une mémoire entre parenthèses, qui ressemble à une plongée en eaux troubles.

Une histoire d'absences se (dé)voile au lecteur : celles auxquelles Jean Malenc est visiblement sujet, son esprit semblant dériver plus souvent qu'à son tour sur des rives nébuleuses ; celles relatives à la disparition des deux femmes de sa vie, à savoir sa femme Liz et sa fille et Blanche.

L'homme est bien décidé à faire la lumière sur ce qu'il leur est arrivé, même s'il doit, pour cela, remuer un passé qui risque de mettre au jour des secrets enfouis.

Ce roman se lit facilement et, dans d'incessants allers et retours, égare le lecteur sur les sentes à peine tracées de sous-bois étranges au bout desquelles s'esquissent quelques réponses...

Merci aux éditions Taurnada pour cette découverte.

Ce titre entre dans les challenges "Rentrée littéraire 2 %" (15/6) et "A la découverte d'auteurs" (24).

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

 

 

20:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Méandres

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (139).

atelier139.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Kot

 

Si près, si loin...

Elle marche devant moi et je ne vois qu'elle, mes yeux s'abreuvent de ses courbes parfaites ; son déhanchement à peine perceptible fait naître en moi des délices que je n'ose pas encore me formuler...

Depuis des semaines, elle passe de temps à autre devant la boutique. Oh, je suppose que je ne l'ai pas remarquée la première fois, elle a dû n'être qu'une image fugace bien vite envolée jusqu'à ce qu'un mercredi matin, je la voie nettement se détacher sur le fond de ma routine. Peut-être en raison de sa robe rouge. Éclair flamboyant dans ma grisaille quotidienne au milieu de l'encadrement de la vitrine. Feu rétinien. Arrêt sur image qui s'éternise à tel point que lorsque je me secoue enfin et franchis la porte de ma boutique, elle a disparu. Je rentre dans mon antre, me demandant si j'ai rêvé. Je retrouve les couleurs variées des tatouages des clients, jeunes ou moins jeunes, venus imprimer dans leur chair qui un désir, qui un soupir, qui un espoir.

Deux jours plus tard, nouvelle fulgurance, le temps de boire du bleu sous de longs cheveux châtain. Cette fois, je me dégrise presque instantanément et pousse la porte qui s'ouvre vers cet ailleurs que j'ai à peine entrevu. J'ai planté là le type venu marquer son avant-bras avec le clown du maître King, sans doute poussé par les blagues de mauvais goût perpétrées ces dernières semaines dans le nord de la France par des plaisantins en "mâles" de sensations. Je l'avoue, je l'ai suivie quelques centaines de mètres avant de rebrousser chemin. Piteuse mine de celui qui n'ose.

Depuis des semaines, client ou pas client, je scrute chaque jour la rue, avide de revoir la piétonne de mon cœur. Lorsque son image s'immisce dans mon champ de vision, je m'évade et parfois, je plante là le futur tatoué :

- "Je reviens tout de suite".

Je dispose mes pas dans les siens. Discrètement. Avant de faire demi-tour.

Pourtant, un jour prochain, j'oserai :

- "Mademoiselle ? Mademoiselle ?"

Je le sais.

06:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (14) |

25/10/2014

Le massacre des innocents, Mallock

Présentation. La tour Eiffel, un ciel bleu, un soleil citron, une petite fille en robe jaune à pois blancs, ses parents, son frère, un policier en sueur. Brutalement, l'homme en uniforme ouvre le feu ! Ainsi commence la nouvelle enquête du commissaire Mallock.

Un peu partout en France, les massacres s'enchaînent. Virus ? Secte ? Terrorisme ? Le mystère est total, la panique à son comble. Le pays apprend à vivre avec le couvre-feu et l'armée dans la rue. Mallock et son équipe enquêtent dans une atmosphère de folie furieuse. Le commissaire, autant redouté pour son expertise que célèbre pour ses intuitions, saura-t-il arrêter le massacre des innocents ?

mallock2.jpg

Mon avis.  J'ai profité de la sortie du livre en poche pour en proposer une lecture commune ; après les troisième, quatrième et premier volets (j'ai fait les choses dans le désordre), voici donc le deuxième pour lequel il vaut mieux (aussi) avoir le cœur bien accroché - tout comme les tripes d'ailleurs -.

J'ai retrouvé avec plaisir Mallock, tant le commissaire que (la plume de) l'auteur, même si l'on sait que l'enquête risque de ne pas être une partie de plaisir.

Le massacre des innocents, c'est en quelle sorte la chronique d'une barbarie annoncée, savamment dosée, minutieusement programmée, "artistiquement" mise en scène.

Le début du récit donne d'emblée le ton, proposant aux regards écœurés, qui en ont pourtant déjà vu d'autres, toutes les nuances du sang : "Du rouge partout, et sur toutes ses formes. Traînées, gouttes, flaques, éclaboussures, jets... Ici et là, des débris d'os et de cervelle tentaient d'imposer, en surnageant sur cette vasque sanglante, leur blancheur tragique. Des rivières de sang et d'urine se rejoignaient pour prendre la couleur du cuivre, avant de se précipiter dans le vide en repeignant les poutrelles." [p. 31]

 

Le grand chef du Fort est en vacances à Andernos-les-Bains et laisse s'étendre la fêlure qui fait désormais partie de son quotidien depuis la mort de son fils, quand il doit rentrer au "36" suite aux épisodes de crise de démence qui se répètent sur le territoire. Eros et Thanatos semblent prendre plaisir à se lancer dans une sarabande macabre.

Bien vite, Mallock et son équipe sont lancés dans une course contre le temps, ce grand horloger devenu désormais l'artisan de la mort.

Difficile d'interrompre la lecture une fois le livre commencé car les enquêteurs pataugent (!) et l'on se demande comment ils vont pouvoir stopper cette hémorragie. Mallock devra recourir, une fois de plus, à ses talents cachés afin de capturer les bribes d'intuition qui surgissent çà et là et espérer entrevoir le bout du tunnel car l'instigateur de ces massacres est diablement intelligent.

  "- Tu sais, j'en ai déjà tant vu que seul le bonheur m'étonne encore." [p. 75]

La fin du récit m'a émue ; la dernière phrase m'a laissée K.O.

 

Dans un registre plus léger, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous un des autres talents de l'attachant commissaire :

  "Il ne fallait pas couper les tomates en tranches trop épaisses. Comme la mozzarella d'ailleurs. Ni trop fines non plus. C'était une question d'équilibre. Le coefficient d'imprégnation de l'huile dans le légume et dans la porosité accueillante du fromage faisait partie des petits secrets d'une recette apparemment facile.

  "Tout en déplorant de devoir pousser plus avant la provocation, il faut bien reconnaître que j'adore les tomates." [Pierre Desproges]

   - Cœur de bœuf, articula-t-il pour lui-même.

   Le nom des tomates faisait partie de leur charme. Du moins aux yeux d'Amédée, qui s'y retrouvait étrangement. Lui aussi était boursouflé et tordu par la vie, plus soucieux d'être généreux que de paraître, lourd et puissant comme un bœuf, le cœur battant gorgé de sang.

   Après les tomates, contrairement à ce qu'il est d'usage de faire, Mallock trancha trois petits oignons nouveaux en fines rondelles et commença à couper la bufflonne en admirant sa déliquescence lactée. En fait, lorsqu'elle était de cette qualité, Giustina, il n'utilisait pas de couteau, mais la déchirait avec les doigts. Ça mettait en valeur les fibres et respectait la texture du fromage frais. L'huile d'olive et les condiments pénétreraient sans peine une aussi tendre pâte." [p. 108 - 109]

 

  "L'huile et le vinaigre doivent toujours être choisis avec le plus grand soin. [...]

   Dans un saladier, au fond duquel il avait mis une petite poignée de sel, il versa deux cuillerées de vinaigre de Xérès, plus quelques gouttes de véritable balsamique. Il remua pour faire dissoudre le sel, avant d'y jeter ses tomates. Au-dessus, il posa la mozzarella déchirée, la saupoudra de six tours de moulin à poivre - Penja du Cameroun - et fit couler son huile d'olive. C'était important de marier séparément les tomates au vinaigre, et le fromage à l'huile. Il laissa reposer dix minutes. [...]

   Au moment de servir, il fit tomber quelques gouttes de Tabasco et mélangea vigoureusement légume et fromage sans se soucier de l'apparence. [...] Dernière touche personnelle : peu partisan du basilic trop marqué, Mallock ajouta quelques morceaux de persil plat ciselés frais. Pour la couleur, mais pas seulement. Il trouvait que la verdure allongeait, en bouche, le goût de la tomate. Puis, touche finale, il termina de saler l'ensemble par une petite pluie de fleur de sel." [p. 114 - 115]

 

L'avis de Cécile ;

13:59 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/10/2014

Vers le bleu, Sabrina Bensalah

Présentation. Ornella et Anoushka vivent dans une caravane avec une mère loufoque et immature.
Alors que la petite Anoushka prépare l’élection de Mini-Miss Camping, Ornella se prépare à quitter le trio devenu étouffant pour enfin vivre sa vie, sa vie à elle ! Malheureusement, elle sera devancée par "La Mère", qui se sauve avec un vieil ami d’enfance fraîchement retrouvé… Et Ornella, qui rêvait de liberté, doit assumer l’éducation de sa sœur, l’impayable Noush.

Mais rapidement, Noush se révèle très débrouillarde. Elle entraîne sa sœur dans de drôles de combines pour survivre – et parsème de fantaisie le difficile quotidien.

vers-le-bleu.jpg

Mon avis. Un texte touchant qui raconte le quotidien de deux sœurs qui, par la force des choses de leur mère, ont grandi trop vite...

Ornella et Anoushka, alias Nel et Noush, vivent dans une caravane avec leur mère, ou en tout cas celle qui leur a donné naissance car pour le reste, c'est une autre paire de manches...

Nel a dû renoncer à sa dernière année de lycée, faute de moyens, et est contrainte de "jouer à la maman de substitution" pour sa petite sœur ; elle supporte d'ailleurs à peine "la Mère" qui lui a bel et bien confisqué son adolescence et pense davantage à "tortiller du cul" qu'à élever ses filles. Du jour au lendemain, cette figure qui n'a de maternel que le titre plie armes et (très peu) de bagages et disparaît en compagnie d'un ex qui a refait surface.

Noush souffre de l'absence de sa maman, tandis que Nel souffre davantage pour sa sœur, oscillant entre tristesse, colère et dégoût. Elle va devoir se "débrouiller" seule ou presque - certains des habitants du camping étant discrètement présents - avec la gamine qui n'est pas de tout repos et colore la vie de ceux qui la côtoient davantage dans des tons vifs que pastel...

Durant ce même été, quelques villas achetées à prix d'or par de riches touristes sont vandalisées, mettant ainsi en exergue une (im)pitoyable spéculation immobilière.

L'auteure décrit cette dure réalité grâce à des mots à la fois percutants et enchanteurs, souvent empreints d'humour, à l'image de Noush en quelque sorte...

 

  "Désolée, mon gars. Désolée si ma soeur se comporte mal mais, tu vois, la vie pour nous n'a rien d'un arc-en-ciel... Ce serait plutôt un nuage gris qui menace sans cesse de nous ratatiner d'une bonne pluie de grêle.

   Mais un jour les couleurs. Un jour le bleu - et alors Noush rotera la bouche fermée." [p. 14]

  "Les étoiles ont continué de filer et de tracer de mille feux ma ligne de vie dans le sombre du ciel." [p. 136]

  "Mais reviens vite, et offre-moi le temps qu'il te restera. Quelques minutes tes bras, autour de mon existence." [p. 170]

Merci aux éditions Sarbacane pour ce partenariat - qui me permet (à nouveau) d'ajouter un titre sur les listes de lecture proposées à mes élèves -.

 

Ce roman illustre les challenges "Rentrée littéraire 2 %"  (14/6), "A la découverte d'auteurs" (23), "Un genre par mois" et "Jeunesse/Young Adult" (4).

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

un-genre-par-mois-octobre-320x250.png

challenge-jeunesse-YA.jpg

15:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

21/10/2014

Battista revenait au printemps, Renata Ada-Ruata

Présentation. Titto et Neto partagent une même tendresse pour Ghitta, leur grand-mère. Un même attachement à leur village, perdu dans les montagnes du Piémont italien. Une même admiration pour le maître d’école, qui n’a de cesse de les voir s’ouvrir au monde. De mêmes émois amoureux avec la fantasque Angiolina. Et un même travail saisonnier, qui les emmène chaque année avec leurs aînés dans la vallée alors que l’Histoire gronde, sous la montée du fascisme dans une Italie divisée.

Battista-printemps.jpg

Mon avis. Une douce balade en compagnie de Titto sur les routes d'Italie, de Suisse et de France... Un roman qui se doit d'être lu sans hâte aucune, au fil du regard porté par Titto sur l'existence.

Ce récit est d'abord déconcertant en raison de l'énonciation perpétuellement "en mouvement" : Titto se désigne d'une phrase à l'autre par le "je" ou le "tu" ; le "nous" englobe Titto et son ami Neto ou bien Titto et d'autres membres de sa famille ou encore les deux garçons et leur maître d'école ; le "vous" fait référence à ce dernier ou à Titto et d'autres personnages... Bref, passée la première surprise qui m'a fait relire l'un ou l'autre passage, histoire de voir si je m'étais "emmêlé les pinceaux", j'ai adopté ce rythme de narration étrange.

  "Ensuite, j'ai réfléchi à ce récit que je tente d'écrire. J'ai repris mes pages d'écriture et je les ai relues. Je me suis dit que vous les trouveriez certainement sans queue, ni tête. Je n'avais pas su construire un récit et puis cette lubie de vouloir raconter à deux voix, moi et un autre, moi et vous, et les autres, toutes ces voix mêlées." [p. 281]

 

Titto vit dans un petit village de montagne piémontais ; jeune adolescent, il se lance sur les routes hivernales du pays avec les hommes de la famille - père, oncles, cousins selon les années - afin d'en ramener un peu d'argent grâce à leur travail de rémouleurs et réparateurs de chaudrons, casseroles et autres récipients. Une fois la belle saison de retour, ils s'en reviennent au pays aider les femmes demeurées au village.

Titto est profondément attaché à Neto, son cousin ; un lien si fort qu'il n'est souvent nul besoin pour eux de mots pour se comprendre. Tous deux aiment profondément Ghitta, leur grand-mère. C'est elle qui donnera à Titto le goût des histoires, aidée en cela par le maître d'école qui entretiendra toujours chez le jeune garçon le goût des mots, dans un monde où la lecture "pour le plaisir" est très souvent considérée comme inutile.

  "Des questions, je m'en posais, sur tout. Je ne demandais rien au père parce qu'il avait pour habitude de répondre à un Pourquoi par un, Si on te demande, tu diras que tu ne sais pas. Tu repartais un peu honteux mais surtout fâché, et si tu baissais la tête, c'était pour qu'il ne voie pas ta colère. Quand Grand-mère assistait à ce genre de scène, elle attendait que le père s'éloigne et elle me donnait son explication à elle [la réponse du poète chez Pierre Bottero en quelque sorte].

   Pourquoi la lune n'est jamais pareille ? Eh bien parce que les merveilles ne se découvrent que petit à petit, aussi la Lune ne nous montre son visage en entier que toutes les trois semaines, et encore quand il n'y a pas de nuages pour nous la cacher, parce que les nuages sont jaloux. Pourquoi le taureau quand il vient, il monte sur la vache ? Il vient parce qu'il est amoureux, aussi il est normal qu'il essaie de la prendre das ses bras, non ? Je faisais remarquer que ce n'étaient pas des bras mais des pattes. Nos pattes de devant à nous s'appellent des bras, répondait-elle." ´[p. 111]

  "Et j'ai entendu la voix de Grand-mère qui me redisait que les pleurs lavent le cœur, font du bien à l'âme et que les larmes de douleur étaient les diamants noirs du ciel." [p. 235]

 

Inutile de vouloir se hâter avec ce texte qui se déroule comme la chronique "d'une écriture annoncée", au fil des mois rythmés par la nature, la marche, la recherche d'un toit, le froid, avant le retour auprès de Ghitta. Pendant ce temps, petit garçon (naïf) devient grand et se découvre, si proche et à la fois si éloigné des siens...

   "Ce qui m'apportait du plaisir d'ailleurs, ce n'étaient pas les mêmes choses que lui [= son père]. Là où il entendait le son d'un travail bien fait, toi tu entendais le chant de la pierre contre le métal, là où il voyait le travail terminé, tu voyais une courbe parfaite, et le brillant de la lame t'emportait vers la surface argentée des lacs et le scintillement de la lune. Ton regard différent n'empêchait pas le travail de se faire". [p. 101]

Merci aux éditions de l'aube pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Rentrée littéraire 2 %" (13/6) et "A la découverte d'auteurs" (22).

21:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/10/2014

Faux-semblants

Une nouvelle (très brève) participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (138).

atelier138.jpg

 

© Marion Pluss

 

Façade de circonstance

Mannequins de photos verglacées

À l'image du givre destructeur

Illusions perdues

Cendres éparpillées

De ce qui fut notre union

"Forfait mariage"

Miettes d'autrefois

Qui gagne a perdu...

06:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

17/10/2014

Typos, 2 : Poison noir, Guido Sgardoli

Présentation. Dans une société où l'information est un mensonge, Typos défend la vérité.
Un virus, appelé le "poison noir" sème la panique à Maximum city. Cette micro-bactérie qui s'attaque aux récoltes entraîne une crise alimentaire et économique sans précédent. Une puissante société, AgroGen, prétend avoir trouvé un anti-virus. Mais pour l'équipe de Typos, cette solution miracle cache quelque chose.
Le pouvoir en place menace l'avenir des hommes. Une mission de tous les dangers...

typos2.jpg

Mon avis. J'ai retrouvé avec plaisir la fine équipe rencontrée dans le premier opus : Arlequin, Dusker, Gipsy et Morph . J'avais apprécié le tome précédent mais j'ai davantage aimé celui-ci.

C'est à partir des curieuses démangeaisons cutanées d'Arlequin que commencent les investigations du groupe : un champignon noir a décimé les cultures et comme par hasard, la puissante multinationale AgroGen semble avoir trouvé le remède miracle à ce fléau.

Les jeunes gens, chapeautés par Sybil, un de leurs professeurs, et Seth, le papa d'Arlequin désormais exilé dans l'espace, se mettent en recherche des informations susceptibles de faire la lumière sur cette affaire. Dans l'ombre, l'inévitable "homme au chapeau". Terrible.

L'enquête est dangereuse et ceux qui leur viennent en aide, volontairement ou pas, risquent d'en payer le prix fort. J'ai particulièrement aimé la manière dont le personnage de Gipsy acquiert de la profondeur...

Pas de temps mort dans cet épisode qui touche à un sujet sensible et actuel.

Traduction : Faustina Fiore.

Merci à Flammarion pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenge "Rentrée littéraire 2 %" (12/6), "A la découverte d'auteurs" (21), "Un genre par mois" et "Jeunesse/Young Adult".

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

un-genre-par-mois-octobre-320x250.png

challenge-jeunesse-YA.jpg

 

15:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/10/2014

Les mots qu'on ne me dit pas, Véronique Poulain

Présentation. “Salut, bande d’enculés !" C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison. Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds. Je vais leur prouver que je dis vrai. “Salut, bande d’enculés !” Et ma mère vient m’embrasser tendrement.

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte. Son père, sourd-muet. Sa mère, sourde-muette. L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot. Le quotidien. Les sorties. Les vacances. Le sexe. D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie. D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

vpoulain.jpg

Mon avis. Un beau texte, aux phrases courtes et percutantes, qui évoque la surdité : celle des parents de l'auteure entendante. Un monde où le silence des mots le dispute aux bruits des gestes.

Le récit se construit à partir de situations liées à ce quotidien particulier, tantôt cocasses, tantôt touchantes, tantôt grinçantes : la vie avec ses différences, montrées (in)délicatement du doigt ; celle où la narratrice navigue entre deux eaux, (très) agacée par ces parents hors-normes. (Très) fière d'eux aussi.

   "Je suis bilingue. Deux cultures m'habitent.

   Le jour : le mot, la parole, la musique. Le bruit.

   Le soir : le signe, la communication non verbale, l'expression corporelle, le regard. Un certain silence." [p. 13]

   "Dans la langue de mes parents, il n'y a pas de métaphores, pas d'articles, pas de conjugaison, peu d'adverbes, pas de proverbes, maximes, dictons. Pas de jeux de mots. Pas d'implicite. Pas de sous-entendus. Déjà qu'ils n'entendent pas, comment voulez-vous qu'ils sous-entendent ?" [p. 217]

  "Dans la famille, la vraie muette, c'est moi.

   Pour tout ce qui concerne l'affectif, les sentiments, muette comme une carpe. [...]

   Je peux me fermer comme une huître.

   M'enfermer dans un monde qui n'appartient qu'à moi.

   Un monde de silence.

   Pour l'autre, c'est pénible.

   Pour moi, c'est un cauchemar." [265 - 266]

 

Ce livre - en lecture commune - entre dans les challenges "Rentrée littéraire presque 2 %" (11/6) et "A la découverte d'auteurs" (20).

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

 

13:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

13/10/2014

Indomptables, Philippe Arnaud

Présentation. Ils vivent dans deux mondes différents. Jean-Jules grandit à ciel ouvert dans son pays, le Cameroun, à l’abri du manguier où il retrouve chaque jour son ami Mohamadou. Olivia naît en France, en guerre contre le monde entier sans savoir pourquoi.

De l’enfance à l’adolescence, Jean-Jules mord la vie à pleine dents, pendant qu’Olivia déchire la sienne de toute sa rage. Pour se rencontrer, il leur faudrait traverser les mers et les enfers…

indomptables.jpg

Mon avis. J'ai passé un bon moment avec Jean-Jules et Mohamadou, deux enfants camerounais que l'on suit au fil des ans jusqu'à ce qu'ils deviennent jeunes adultes.

La vie n'est pas facile : trouver quoi se nourrir est une lutte quotidienne. Mais les rencontres régulières des deux garçons sous le manguier leur apportent du soleil au coeur. Une amitié indéfectible qui les marque à jamais. Même quand le papa de Mohamadou "s'intégrise" petit à petit et régente sa famille comme jamais auparavant, y compris "physiquement" ; même quand Mohamadou lui-même est bien obligé de mentir à Jean-Jules. Question de survie.

Quant à Olivia, elle intervient de temps à autre au fil du texte jusqu'à ce que le lien s'esquisse entre les deux continents, à l'unisson de ces personnages bouleversés et bouleversants. Une ouverture sur le monde...

Merci aux éditions Sarbacane pour ce partenariat.

Ce roman entre dans les challenges "Rentrée littéraire - un peu plus d' - 1 %" (10/6), "A la découverte d'auteurs" (19) "Un genre par mois" et "Jeunesse/Young Adult".

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

un-genre-par-mois-octobre-320x250.png

challenge-jeunesse-YA.jpg

17:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Il était une fois...

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (137).

atelier137.jpg

 

 

 

 

 

 

 

© Romaric Cazaux

 

En 2014, celle que l'on appelait la crise avait atteint en Europe un point que l'on pensait (espérait) culminant. Partout, des voix s'élevaient contre de potentielles dérives nationalistes ; partout le tonnerre grondait contre les mesures anti-sociales livrées au grand jour.

Le 7 octobre, les forces belges de la coalition gouvernementale à venir étaient parvenues à un pré-accord relatif au recul de l'âge de la retraite. Cerise ôtée du gâteau s'amenuisant inexorablement.

Depuis bien des années, l'idée me titillait de "tout" lâcher ; "tout" étant un grand mot puisque ma femme avait pris longtemps auparavant la poudre d'escampette et mes enfants semblaient se souvenir très peu de moi. J'étais parti. Définitivement. À la recherche de moi-même. Et vous savez quoi ? Je me suis trouvé. Enfin. Débarrassé des leurres encombrants...

 

 

05:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (9) |

06/10/2014

Un hiver en enfer, Jo Witek

Présentation. "Edward avait l'impression de se trouver dans un cauchemar. À regarder sa mère si calme, si parfaite, déblatérer les preuves criantes de l'isolement dément qu'elle lui faisait subir, Edward comprit qu'elle était vraiment dangereuse. Complètement tarée. Je n'aurai pas le temps de trouver les preuves avant de devenir dingue, moi aussi, pensa-t-il. C'est peut-être ce qu'elle cherche. M'emporter dans son délire. Il faut que je me casse d'ici, et vite !"

Pour échapper à l'enfer familial, Edward, adolescent fragile, se réfugie dans sa vie virtuelle. Prisonnier des liens malsains d'une mère qui n'a jamais su l'aimer et soudain l'étouffe, l'isole. En plein cœur de l'hiver, Edward se sent en danger de mort. Deux êtres. Deux folies ? Une seule vérité sera possible.

hiver-enfer.jpg

Mon avis. J'ai beaucoup apprécié ce roman découvert grâce au billet lu sur Charabistouilles : un thriller qui met le doigt sur diverses souffrances que peuvent rencontrer les adolescents, à savoir le mal-être, le harcèlement, le décès d'un parent, le désamour de la part de l'autre, la naissance d'une belle amitié, la fuite dans le virtuel...

Edward est un adolescent qui tâche de donner le change mais souffre intérieurement : enfant unique, il adore son père qui le lui rend bien ; en revanche, il a toujours été très éloigné de sa mère qui n'a jamais réussi à lui donner une once d'amour.

Au lycée (huppé) où il étudie, les choses se passent mal : comme d'autres logés à la même enseigne, il fait partie des souffre-douleur régulièrement harcelés et rackettés par un groupe de "fils à papa".

Rose, sa mère, revient à la maison après un séjour en hôpital psychiatrique et le jeune homme a bien du mal à prendre sur lui pour ne pas rejeter de manière trop ostensible celle qui ne lui a jamais témoigné d'affection, même si aujourd'hui elle assure qu'elle est guérie.

C'est alors le drame : ses parents sont victimes d'un accident de voiture au cours duquel son papa décède. La tension monte petit à petit, dans tous les sens du terme, et si dans un premier temps, l'adolescent apprécie la nouvelle facette de sa maman, il en arrive bientôt à déchanter, avant d'être carrément effrayé par celle-ci, plus malade psychologiquement que jamais. À moins que ce ne soit lui qui devienne paranoïaque...  Le lecteur en arrive également à ne plus savoir sur quel pied danser cette sarabande macabre. Transir ou pas, telle est la question...

 

Ce roman entre dans les challenges "Rentrée littéraire - un peu plus d'- 1 %" (9/6) ; "À la découverte d'auteurs" (18)  ; "Un genre par mois" consacré en octobre à la littérature jeunesse ou young adult ; "Jeunesse/Young Adult".

challengerl2014.png

challenge-mira.jpg

un-genre-par-mois-octobre-320x250.png challenge-jeunesse-YA.jpg

18:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Lune noire, John Steinbeck

Présentation. Les échos de la guerre ne parvenaient qu'à peine dans ce village perdu au fin fond de la Scandinavie. Jusqu'au jour où les premiers soldats nazis apparurent au sommet de la côte...
Quel comportement adopter ? C'est finalement une forme de résistance qui va prévaloir, malgré ceux qui, à l'instar du commerçant Corell, préfèrent jouer le jeu de l'occupant. Une résistance sourde, silencieuse, obstinée, animée par le maire, Orden, et son vieil ami le médecin Winter, qui va d'abord contraindre l'ennemi à la terreur, puis l'acheminer peu à peu vers l'angoisse, le désespoir...
C'est en 1942 que l'auteur de À l'est d'Eden - plus tard prix Nobel de littérature - publia ce roman, édité clandestinement en France. Un huis clos où le village, cerné par la neige, apparaît peu à peu comme un microcosme de l'Europe confrontée à la barbarie totalitaire.

lune-noire.jpg

Mon avis. Un texte susceptible de devenir le point de départ d'une intéressante réflexion mais j'ai été moins captivée par celui-ci que par ceux lus auparavant.

Le récit commence par l'arrivée éclair dans le village des Allemands : en deux coups de cuillère à pot, la messe est dite. Apparemment, en tout cas. S'ensuivent alors des brimades et la volonté pour les occupants de montrer leur supériorité.

Mais c'est sans compter avec la rébellion latente des villageois, soucieux de ne pas se laisser faire ; ils s'organisent et, mine de rien, en arrivent à faire peser sur les épaules allemandes un découragement progressif. À tel point que les rôles semblent s'inverser...

  " - Nous nous sommes engagés dans un sacré travail, n'est-ce pas ?

    - Oui, répondit le maire, le travail le plus vain du monde, la seule chose qui ne peut pas être faite.

   - C'est-à-dire ?

   - Écraser en permanence l'esprit des hommes." [p. 73]

 

Ce livre entre dans le challenge "Un classique par mois".

classiqueparmois.jpg

 

 

 

17:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Un regard

Une nouvelle participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (136).

atelier136.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Kot

Enfin, Esteban pouvait courir vers son futur, un futur qu'il attendait depuis longtemps, un futur aux couleurs de son papa retrouvé...

Le petit garçon n'avait pas compris pourquoi, du jour au lendemain, son papa n'était plus rentré à la maison. Il n'avait pas compris pourquoi sa maman pleurait souvent le soir. Il n'avait pas compris pourquoi il n'avait pu alors voir son papa que quelques heures de temps en temps, sans dormir chez lui. Il n'avait pas compris pourquoi son papa et sa maman ne lui tenaient plus chacun la main, au même moment. Il n'avait pas compris pourquoi les repas se déroulaient souvent avec maman, parfois avec papa, jamais avec papa et maman.

Mais il avait compris qu'aujourd'hui, il allait enfin passer un week-end complet avec papa.

Esteban courait vers son futur, un futur qu'il attendait depuis longtemps, un futur aux couleurs de son papa. Aussi. Avec un regard vers sa maman, comme pour lire dans ses yeux son accord. Aussi.

06:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

05/10/2014

Challenge Jeunesse/Young Adult

challenge-jeunesse-YA.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me suis inscrite au Challenge Jeunesse/Young Adult proposé par Mutinelle et Kalea, dans la catégorie 2 : "Badine avec les royaumes de l'enfance".

Il s'agira donc pour moi de lire 20 ouvrages Jeunesse ou Young Adult d'ici au 30 septembre 2015 ; si je vois que je dépasse ce nombre (à en juger par les dernières années, ce devrait être le cas), je pourrai toujours passer dans la catégorie supérieure.

Pour les renseignements, c'est ICI.

 

Le 06/10/14 : Un hiver en enfer, Jo Witek.

Le 13/10/14 : Indomptables, Philippe Arnaud.

Le 17/10/14 : Typos, 2 : Poison noir, Guido Sgardoli.

Le 22/10/14 : Vers le bleu, Sabrina Bensalah.

Le 11/11/14 : Les Géants, Benoît Minville.

11:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

01/10/2014

Le poison d'amour, Eric-Emmanuel Schmitt

Présentation. Quatre adolescentes en quête d'amour s'échangent des messages sur leurs désirs et leur impatience. Entre rêves sentimentaux et pression sociale, les jeunes filles aspirent à devenir des femmes. Jusqu'au jour où...

poison-d-amour.jpg

Mon avis. Je me suis laissé emporter dans cette lecture par la couverture ainsi que par le sujet touchant à l'adolescence.

Elles sont quatre, quatre amies soudées, interpellées par la découverte de l'amour, avec ses joies, ses émerveillements. Ses errements et ses souffrances, aussi.

Le récit se présente sous la forme d'extraits du journal de chacune des jeunes filles : Julia, Anouchka, Colombe et Raphaëlle.

J'ai commencé par "tiquer" à la lecture du début, là où s'exprime Julia : j'ai eu l'impression de lire une prose artificielle mais cette impression s'est vite estompée par la suite.

Chacune des adolescentes se pose un grand nombre de questions relatives à l'amitié et à l'amour ; chacune a en outre fort à faire avec sa propre vie et l'image qu'elle donne aux autres, parfois bien différente de ce qu'elle ressent en son for intérieur.

Le fil conducteur devient bien vite, à côté de la profonde amitié qui les rassemble, la pièce de Shakespeare, Roméo et Juliette, au centre de bon nombre de préoccupations, avouées ou non.

Ce roman se lit facilement et met en évidence les excès et les doutes inhérents à ce que l'on appelle l'âge ingrat.

 

Quelques phrases qui font mouche :

  "Sommes-nous si ennemis que nous ne puissions même pas jouer à être ennemis ?" [p. 49]

  "Colombe a raison. Aujourd'hui, avec les couples qui se font, se défont et se refont ailleurs, être un enfant requiert beaucoup d'indulgence envers ses géniteurs." [p. 63]

  "Le destin me gâte ! C'est tellement bon d'aimer que ça finit par faire mal.' [p. 138]

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

La couverture me permet d'illustrer l'idée n° 92 du challenge des 170 idées  : une pomme. Ce roman entre en outre dans le challenge "Rentrée littéraire - un peu plus d'- 1 %" (8/6).

challenge170idees.jpg

challengerl2014.png

17:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

29/09/2014

Nalki, T. 1 : Matricule 307, Alice Adenot-Meyer

Présentation. Nous sommes en Serdane, pays écrasé sous le joug d'une dictature brutale et corrompue.
En rentrant de leur cours de musique, Nalki, quinze ans, et sa sœur Perle, treize ans, sont accueillis par des policiers venus les arrêter. Les deux adolescents sont séparés de leurs parents et déportés dans un camp de redressement.
Soumis au travail forcé, ils vivent des heures particulièrement difficiles et rêvent de trouver un moyen pour regagner leur liberté.

Nalki1.jpg

Mon avis. C'est le billet de Melisende (merci à toi, Meli !) qui m'a fait découvrir et acheter ce récit. En voici encore un qui rejoindra les propositions susceptibles d'intéresser mes élèves.

Le récit commence à dérouler sa partition alors que Nalki s'en revient du Conservatoire, en compagnie de sa sœur, Perle. Tous deux portent la musique dans le cœur, jusqu'au bout des doigts : lui, le violon ; elle, le violoncelle.

Arrivés chez eux, ils entrouvrent la porte de l'enfer : la police a investi leur domicile, leurs parents ont disparu et ils sont aussitôt emmenés à Blache, un camp de redressement destiné à (re)mettre "sur le droit chemin" ceux qui auraient dévié de la route uniforme tracée par le dictateur serdan Sorbier Pamor.

L'horrible lieu fait inévitablement penser aux camps de concentration nazis : séparation des filles et garçons, appel interminable dans le froid, brimades, coups, humiliations, faim, travaux forcés. Le seul "tort" pour bon nombre d'entre eux : avoir de la famille forsenne. Les citoyens de nationalité forsenne sont devenus, depuis quelque temps, des parias.

"Les détenus marchaient dans un silence presque total. Le chemin s'ouvrait devant eux, taillé comme une blessure dans les profondeurs sauvages de la forêt. [p. 47]

  "Face à la violence et l'agressivité qui sévissaient dans le camp, il se sentait démuni. Tous ses repères s'effondraient. [p. 54]

  "Nalki et Saule avaient cessé de compter les jours. Ils évaluaient la durée de leur détention à trois semaines environ.

   Un enfer, du lever au coucher.

   Le pire était sans conteste la faim. Elle torturait Nalki en permanence, tournait à l'obsession.

   Abruti, les membres douloureux, tremblant de froid et affamé tout au long de la journée, il tombait la nuit dans un sommeil trop agité pour être reposant.

   Perle, il ne l'apercevait qu'à l'appel, tôt le matin. Au fil des jours, le visage de la jeune fille se tendait, se creusait. Le frère et la sœur échangeaient de loin des regards sinistres." [p. 55]

 

Nalki est intelligent : il comprend vite qu'il a intérêt à faire profil bas s'il veut survivre dans cet enfer ; pourtant, il a parfois bien du mal à se contrôler car la révolte face à l'injustice gronde au plus profond de lui.

C'est alors qu'une infime lumière vient éclairer le gouffre noir dans lequel il est plongé : la musique n'a pas joué sa dernière note. Mais se retrouver aux prises avec le colonel Vladàn n'est pas une sinécure. Vraiment pas....

J'ai beaucoup aimé l'écriture d'Alice Adenot-Meyer : même si le récit s'adresse aux adolescents, la langue est très riche et ne tombe jamais dans la facilité.

Les personnages sont nuancés, ce qui les rend particulièrement intéressants : je pense à Nalki, heureux de s'épargner les corvées imposées et manger à sa faim en intégrant l'orchestre du camp mais se sentant coupable par rapport à ses compagnons d'infortune ; je pense au colonel Vlatàn, un être face auquel il est difficile de savoir sur quel pied danser. "Jouer" au funambule devient alors un art...

Je lirai bien sûr le tome 2.

 

La couverture de ce titre me permet d'illustrer l'idée n° 17 du challenge des 170 idées : un instrument de musique. J'ajoute en outre un auteur au challenge "A la découverte d'auteurs" (17).

challenge170idees.jpg

challenge-mira.jpg

14:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

Gainsbye

Une deuxième (très brève) participation à l'atelier d'écriture proposé par Leiloona : Une photo quelques mots (135).

atelier135.jpg

 

Je précise que comme j'avais vu sur FB qu'il y avait une inscription sur la photo, j'en ai regardé uniquement les 2/3 supérieurs et "il" a spontanément surgi.

 

 

 

 

 

"Dieu" n'est plus un fumeur de gitanes

Les volutes bleues s'en sont envolées.

Fumée d'évanescence.

Lunettes cerclées de la mort font la nique au vivant.

Gainsbarre s'est barré un après-midi martial.

A tiré sa révérence musicale.

Pour retrouver Gainsbourg.

Qui sait ?

06:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |