19/09/2014

Tristan et Yseult, Krystin Vesterälen

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Mon avis. Le récit relate l'histoire originelle du célèbre couple dans une version destinée à être "contée". Le texte très vif va donc à l'essentiel et permet d'appréhender facilement les péripéties vécues par les amants devenus légendaires.

Il est précédé d'informations relatives aux personnages qui permettent d'en saisir leurs personnalités et le rôle joué dans l'intrigue ; enfin, les dernières pages évoquent le cadre historique de l'action, dévoilant le décor d'un banquet avec les mets présentés, les animations proposées ainsi que les vêtements portés.

Une belle incursion dans cet univers médiéval grâce à ce "livre-passerelle"

"entre le jadis et le maintenant

entre l'oralité et l'écrit

entre le conteur et les auditeurs

entre l'auteur et les lecteurs" [K. Vesterälen]

Merci à l'auteure pour ce partenariat.

 

Le récit entre dans le challenge "À la découverte d'auteurs" (15).

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20:21 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/09/2014

La gueule du loup, Marion Brunet

Présentation. "Elles se tiennent à bras-le-corps pour continuer leur montée dans la nuit noire, brutalisées par le vent, le déluge et les caillasses sur leurs pieds nus.
Du village, quelques lumières – aucune aide en perspective."

À 18 ans, le bac en poche et des projets plein la tête, Mathilde et Lou partent à Madagascar pour des vacances de rêve, dans "un paysage de carte postale". Mais le voyage qui s’offre à elles n’aura rien de l’idylle insulaire qu’elles imaginent…

Du monde bruissant des contes de l’enfance aux clameurs froides des ténèbres adultes, les deux amies vivront une expérience terrible – de celles qui laissent des traces pour toujours.

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Mon avis. Un récit qui m'a tenue en haleine...

De Marion Brunet, j'ai lu (l'excellent) Frangine et L'ogre au pull vert moutarde ; j'étais curieuse de découvrir un genre tout à fait différent et je n'ai pas été déçue. Il devrait plaire aux adolescents avides de suspense.

Le prologue donne d'emblée le ton: "Elles essaient de courir mais glissent, leurs jambes molles, affaiblies par la panique. Elles ne pensent plus. Terrifiées, elles grimpent maladroitement le long des talus du cimetière. Lou tombe, mains dans la boue, bouche ouverte ; pousse un cri au milieu du fracas de l'orage. Mathilde, derrière elle, évite la chute de justesse, se penche pour aider son amie." [p. 11]

Deux amies, Mathilde et Lou, sont en vacances à Madagascar, histoire de décompresser après le bac et avant de s'engager sur le chemin esquissé de la rentrée. Elles sont complices et pourtant, ces vacances seront l'occasion pour Lou, l'effacée, d'exprimer à son amie son agacement lancinant lié à son statut de "suiveuse contrainte et forcée". Une découverte pour Mathilde qui ne pressentait pas que sa personnalité trop énergique pouvait devenir parfois une souffrance pour Lou.

J'ai apprécié cette confrontation révélant une fêlure entre les deux jeunes filles qui ne remet pourtant pas en cause leur profonde amitié.

"- C'est pas ça... C'est juste que tu bouffes tout sur ton passage, avec ton enthousiasme ! Je sais même pas si j'avais envie de venir : je ne me suis même pas posé la question. T'as trop d'énergie, d'émotions ! C'est génial et en même temps... j'ai l'impression que ça me bouffe.

   Le silence, à nouveau. Mathilde encaisse, soufflée par la minute-vérité qui lui tombe sur la gueule. Son ventre gargouille d'émotions contraires, desquelles surnagent colère et vexation." [p. 25 - 26]

Alors qu'elles se cherchent un modus vivendi qui conviendrait à chacune, elles doivent faire face à un personnage maléfique qui transformera leurs vacances de façon dramatique alors qu'elles font la connaissance d'une jeune Malgache, Fanja. La course pour la (sur)vie est lancée...

J'ai aimé aussi découvrir l'île par l'intermédiaire du regard des jeunes filles. Cerise sur le gâteau : l'écriture qui rend parfaitement la tension palpable présente au fil du récit - émaillé de beaux textes poétiques et d'angoissants extraits en italiques -, à tel point que j'ai, durant quelques secondes, été tentée d'aller lire les dernières lignes afin d'être éventuellement "apaisée" (j'ai bravement résisté).

  "Tana la rouge se referme sur elle, la noie dans les cris des mendiants et les rires des gosses - qui sont les mêmes." [p. 42]

 

Merci aux éditions Sarbacane pour ce partenariat.

 

Un livre qui entre dans le challenge "Rentrée littéraire 1 %" (6 : objectif d'ores et déjà atteint).

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21:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

15/09/2014

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness [d'après une idée originale de Siobhan Dowd], Jim Kay

Présentation. Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. À minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l'apparence d'un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage. Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour : sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école. Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

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Mon avis. Ce livre, je l'ai acheté suite au billet de Lelf et depuis, il "traînait" dans ma PAL ; quand Nelcie me l'a proposé parmi d'autres dans le cadre du challenge LDPA, je l'ai sélectionné. Réaction à chaud ? Mais pourquoi diable ai-je attendu si longtemps avant de le lire ? C'est pour moi un coup de cœur...

Ce roman présente deux facettes : l'histoire à proprement parler et les illustrations de Jim Kay, en adéquation parfaite avec le propos qui met en scène Connor, un jeune garçon dont l'existence est profondément bouleversée par le cancer qui ronge sa maman, une maladie qui semble gagner du terrain.

À cela s'ajoute le fait qu'il est devenu le souffre-douleur de sa classe. Seule Lily prend sa défense mais Conor repousse son aide. Quant à son papa, il vit désormais "en Amérique" où il a désormais refait sa vie : autant dire que les relations s'effilochent entre père et fils.

Conor fait régulièrement le même cauchemar et depuis peu, un monstre à l'apparence d'arbre fait irruption dans ses nuits, avec la "consigne imposée" de lui raconter des histoires auxquelles le petit garçon ne comprend rien. Doit-il craindre cet if étrange ? Ce dernier est-il un allié ?

 

"Il regarda la colline derrière la maison, le clocher de l'église qui épinglait les nuages.

   Et l'if qui se balançait doucement au-dessus du cimetière, comme un géant assoupi.

   Conor se força à l'observer, pour se convaincre que c'était juste un arbre, un arbre comme n'importe quel arbre, comme tous ceux qui bordaient la voie ferrée.

   Un arbre. Ce n'était qu'un arbre. Rien d'autre.

   Un arbre qui prenait peu à peu la forme d'un visage géant, qui le regardait dans un rayon de soleil, et qui tendait les bras, et l'appelait - Conor... [p. 37]

 

Malgré le propos poignant, le récit se lit sans difficulté, les mots sonnent juste, mettant le doigt là où la douleur est intense : Conor a perdu ses repères et souffre avec et aux côtés de sa maman, pressentant que l'heure est grave. Il est pourtant obligé (d'essayer) de composer avec la maladresse de son entourage, bien démuni face à la maladie : sa maman elle-même, son papa, sa grand-mère si peu "maternelle" avec qui il est forcé de cohabiter.

  "- C'est ce que je voulais dire, soupira son père. C'est ce que je sous-entendais quand j'ai dit que tu allais devoir te montrer courageux.

   - C'est ce que tout le monde dit. Comme si ça signifiait vraiment quelque chose." [p. 99]

 

Un très beau texte destiné à tous. Coïncidence (?) : la sortie en poche est prévue en octobre ; c'est (vraiment) l'occasion d'en profiter.

 

Traduction : Bruno Krebs.

 

Outre le challenge LDPA, ce livre illustre les challenges "Comme à l'école" ainsi que "À la découverte d'auteurs" (14).

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19:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

14/09/2014

Manuel de survie à l'usage des incapables, Thomas Gunzig

Présentation. Comment un jeune employé malheureux, un assistant au rayon primeur, un baleinier compatissant et quatre frères, Blanc, Brun, Gris et Noir, quatre jeunes loups aux dents longues surentraînés et prêts à tout pour se faire une place au soleil, se retrouvent-ils liés par la conjonction fortuite d’un attentat frauduleux et d’un licenciement abusif ?

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Mon avis. Déconcertant, tel est l'adjectif qui me vient à l'esprit à propos de ce récit...

Ce roman hors-norme commence sur un baleinier harponnant une baleine "Nike" et forcé de la relâcher. Il se poursuit avec l'évocation de Jean-Jean, un pauvre type employé dans un supermarché qui obéit au doigt et à l'œil à sa femme ; une armoire à glace qui œuvre dans le rayon fruits et légumes de ce même supermarché ; quatre loups, des frères unis dans l'adversité qui ne connaissent qu'une seule loi : la leur.

Il m'a fallu un peu de temps avant de me prendre au jeu (?) de cette histoire centrée sur une société de consommation à outrance où les relations de force entre les uns et les autres sont mises en exergue. Mais une fois que les pièces du puzzle commencent à s'assembler, j'ai pris goût à la découverte.

Les personnages sont la plupart du temps dépeints selon des caractéristiques animales : c'est bien sûr le cas des quatre loups, mais également de Marianne, la femme "castratrice" de Jean-Jean, "mamba vert modèle", ou encore de Blanche de Castille Dubois, spécialiste ès Sécurité Intérieure pour les supermarchés Eichmann, associée à la loutre "increvable".

  "Tout le monde savait qu'on n'avait pas d'ennuis avec les quatre jeunes loups à trois conditions : ne pas se mêler de leurs affaires, éviter de prononcer leur nom et ne pas s'approcher trop près de la porte de leur appartement parce que Noir était paranoïaque et qu'il fallait éviter qu'il vous suspecte d'écouter aux portes.

   Personne ne savait vraiment ce qui pouvait se passer si quelqu'un venait à enfreindre une de ces trois règles, mais personne n'avait vraiment envie de le savoir." [p. 70]

  "Un type comme lui, qui rentre après une journée de merde pour attaquer une soirée de merde en compagnie d'une fille aussi sèche et froide qu'une peau de serpent.

   Et ça, que le contact avec Marianne lui faisait parfois penser à celui d'avec un serpent, c'était sans doute normal d'ailleurs, vu le modèle de Marianne : l'entrée de gamme Hewlett-Packard, connu pour sa résistance aux maladies, pour son calme, pour sa fiabilité générale. Tout ça obtenu en saupoudrant délicatement les chaînes ADN avec du code de mamba vert dont la production naturelle de neurotoxine était une garantie contre une large palette de maladies dégénératives du système nerveux [...]." [p. 77]

 

Les chemins de ce "charmant" petit monde vont se croiser et se recroiser jusqu'à ce que la boucle soit bouclée ; curieusement, les pires ordures se retrouvent parfois - rarement, il est vrai - pourvues d'une once d'humanité...

 

Ce roman entre dans les challenges des 170 idées (ampoule) et "À la découverte d'auteurs" (13).

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19:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

13/09/2014

Correspondances, Valence Rouzaud

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Mon avis. Une fois n'est pas coutume, j'ai eu l'occasion de recevoir ces lettres poétiques de Valence Rouzaud - que je remercie -, réunies dans le recueil Correspondances. La poésie est un genre que je lis peu mais dans lequel il m'arrive de plonger de temps à autre.

Ces lettres écrites à divers moments entre 2000 et 2012 à des destinataires variés évoquent les aléas de l'acte d'écrire de ceux qui, vaille que vaille, s'adonnent à la poésie, qu'il s'agisse de l'anonyme ou de poètes illustres. Des mots qui font mouche...

  "De mon imaginaire j'ai fait mon bureau, où à coup sûr s'écrivent mes rêves." [p. 14]

  "Nous sommes tous des rois, il suffit de trouver son royaume." [p. 32]

  "Rien n'y a fait, je n'ai eu aucun lecteur mais j'ai vécu en poète." [p. 37]

  "Vieux comme un mage et jeune comme un jeu, pendants des années j'ai choisi d'écrire, puisque l'âme ne prend son bain que dans les livres. Certains voient la poésie comme une collation, alors que c'est un festin." [p. 63]

 

Ce recueil entre dans le challenge "À la découverte d'auteurs" (12).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Meurtre sous le signe du zen, Oliver Bottini

Présentation. Quand son supérieur la tire de ses vapeurs alcoolisées, le commissaire Louise Bonì se rebelle : il neige à gros flocons. Son mari l'a quittée par temps de neige, son frère s'est tué en voiture à cause de la neige et c'est dans la neige qu'elle a abattu un pédophile meurtrier. Quel danger peut bien présenter un moine bouddhiste qui marche, pieds nus dans ses sandales ?
Une énigme angoissante qui mènera l'enquêtrice jusqu'au plus profond de la forêt, du trafic d'enfants, de l'ignominie. Et de son propre abîme.

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Mon avis. J'ai vraiment apprécié ce livre, malgré son rythme lent. C'est typiquement le genre de récit que vous pouvez laisser au bord du chemin si vous souhaitez de l'action à tout prix ; dans le cas contraire, laissez-vous tenter...

Au point de départ, un moine bouddhiste, apparemment blessé, marche dans le paysage enneigé, sans s'arrêter ou presque.

Louise, alias Luis pour ses collègues, enquêtrice "imbibée" plus souvent qu'à son tour (une bouteille de Jägermeister est sa "meilleure ennemie") est envoyée dans le petit village allemand avec pour mission d'en apprendre plus sur ce curieux moine.

Louise est sur la sellette en raison de son alcoolisme chronique : elle est censée jauger la situation et passer la main pour se mettre au vert. En d'autres termes, se retrouver en congé forcé de désintoxication.

Les réflexions de l'enquêtrice ont autant d'importance dans le récit que le fil, très ténu dans un premier temps, des recherches. Elle sait qu'elle va devoir lever le pied mais elle pressent que derrière "cette affaire qui n'en est pas (encore) une" se cache probablement une horrible réalité. Tenace, elle s'incruste. Envers et contre tout. Envers et contre tous. Si tant est qu'elle soit capable de rester lucide alors que survient le drame.

  "Elle savait qu'elle devait lui demander quelque chose, mais elle ne se rappelait plus quoi. [...]

   Sur le coup de minuit, un nom commença à émerger tout doucement de la mémoire de Louise pour s'imposer à son esprit. Au début, l'image qu'il évoquait se composait uniquement de deux immenses lobes d'oreille. Puis elle entendit une voix décontractée." [p. 216 - 217]

 

Les rencontres faites deviendront peut-être des bouées de sauvetage. Peut-être.

 

Merci aux éditions de l'aube pour ce partenariat.

Traduction : Didier Debord.

Ce livre entre dans les challenges "Rentrée littéraire 1 %" (5) et "À la découverte d'auteurs" (11).

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17:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/09/2014

Contrecoups, Nathan Filer

Présentation. Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…

Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui "ressemble à un serpent". Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.


Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

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Mon avis.

Une lecture peu commune relative à un sujet particulier...

Ce roman raconte l'histoire de Matthew, un garçon pas comme les autres qui souffre d'une maladie sournoise : la schizophrénie.

  "J'ai une maladie, une affection qui sonne comme un serpent et y ressemble. Chaque fois que j'apprends quelque chose de nouveau, elle l'apprend aussi." [p. 83]

 

Le jeune homme relate, à travers un texte peu conventionnel qui ressasse certaines phrases tel un leitmotiv, les émotions sur lesquelles il tâche de mettre des mots, sa perception du monde et de ses proches, l'événement (douloureusement) marquant de son existence : le décès accidentel, quelques années auparavant, de son frère aîné, prémices d'une descente aux enfers pour Matthew. Un autre personnage sort du lot : Nanny Noo, sa grand-mère. Présence tendre et lumineuse.

  "Je découvrais notre nouveau portrait de famille : nous trois, assis côte à côte, les yeux fixés sur l'espace occupé d'habitude par Simon." [p. 27]

  "Je dirais que ce que je fais en ce moment, c'est un peu pareil : je m'intègre dans mon propre récit et je le raconte de l'intérieur." [p. 229]

 

J'ai d'abord eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, décousue s'il en est, mais petit à petit, j'ai cheminé volontiers aux côtés de Matthew, de plus en plus touchant, sans que jamais le récit n'en devienne larmoyant.

Traduction : Philippe Mothe.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce roman participe aux challenges "Rentrée littéraire 1 %" (4),  À la découverte d'auteurs" (10) et "Comme à l'école".

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18:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

05/09/2014

Écriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Présentation. Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain.

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Mon avis. Voici un texte qui relève à la fois de l'autobiographie et de l'essai et éclaire sur l'acte d'écrire.

Il se présente en plusieurs parties : dans la première, Stephen King évoque sa vie, depuis l'enfance, pointant du doigt des (micro-)événements qui, par la suite, à un moment ou un autre, se sont transformés en mots avant de devenir des récits, qu'il s'agisse de nouvelles ou de romans.

Dans la deuxième, il raconte ce que doit contenir la "boîte à outils" de celui qui désire se lancer dans l'écriture.

Suivent alors des conseils relatifs à l'écriture, à proprement parler : dialogues, thématique, personnages, relecture(s). En guise de préalable : "Si vous voulez devenir écrivain, il y a avant tout deux choses que vous devez impérativement faire : lire beaucoup et beaucoup écrire. Il n'existe aucun moyen de ne pas en passer par là, aucun raccourci." [p. 170] Une idée parmi d'autres m'a marquée : celle de "laisser tomber" au maximum les adverbes [personnellement, j'ai parfois - souvent - tendance à (ab)user des adverbes dans mes billets, on m'en a déjà fait la remarque].

Il relate après les circonstances de l'accident qui a failli lui coûter la vie en 1999, alors qu'il s'est fait renverser par un van lors de sa promenade quotidienne. Un drame qui a eu une grande importance dans sa vie, y compris dans son métier.

S'ajoutent enfin la correction d'un extrait d'un texte personnel ainsi qu'une longue liste de livres lus dans les dernières années précédant cet essai.

J'ai passé un très bon moment en sa compagnie...

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" consacré en septembre à l'essai ou tout autre genre non fictionnel.

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20:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/09/2014

Outlander, Livre 1 : Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

Présentation1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.

Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

Le début d’une série incontournable !

1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.
Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saurat- elle revenir à son existence d’autrefois ?
Le début d’une série incontournable ! - See more at: http://vitrine.edenlivres.fr/publications/43442-outlander-1-le-chardon-et-le-tartan#sthash.o3uHo9xy.dpuf
1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.
Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saurat- elle revenir à son existence d’autrefois ?
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1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.
Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saurat- elle revenir à son existence d’autrefois ?
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Mon avis. Je découvre - très tardivement - cette série à l'occasion de la réédition du premier tome par les éditions J'ai Lu. Je le dis tout de go : c'est pour moi un véritable coup de cœur. Je suis ravie de pouvoir me dire que j'aurai le plaisir d'en découvrir la suite...

Il y a longtemps que cela ne m'était plus arrivé : je suis tombée amoureuse d'un personnage... Ah(hhhhhhhhhhhhhh), Jamie...

Le roman commence avec Claire et son mari Frank qui se (re)découvrent à l'issue de la deuxième guerre mondiale alors que, fraîchement mariés, ils ont à peine eu le temps de faire connaissance lorsqu'ils ont été séparés par le conflit mondial. Ils s'apprivoisent dans les Highlands, en Écosse, un lieu où Frank s'adonne à sa passion : l'Histoire, et particulièrement les recherches relatives à la reconstitution de son arbre généalogique.

Lors d'une promenade, la jeune femme se retrouve propulsée dans un passé vieux de deux cents ans. Passée la première surprise (!), elle tombe malencontreusement sur l'ancêtre anglais de Frank aux prises avec un groupe d'Écossais en rébellion. C'est ce clan MacKenzie qu'elle est contrainte de suivre jusque dans le château de Léoch.

La suspicion est de mise en cette période trouble et la jeune femme est constamment épiée même si les lois de l'hospitalité jouent en sa faveur, tout comme ses connaissances bienvenues en botanique.

Je me suis plongée avec plaisir dans la découverte de cette époque, un cours d'Histoire dans l'histoire en quelque sorte - comme Les piliers de la terre, de Ken Follett -, raconté d'une manière telle que je n'ai pas vu défiler les 850 pages.

J'étais aux côtés de Claire lorsqu'elle essayait de soigner, avec les moyens du bord, les (graves) blessures du quotidien ou occasionnées par les armes ; lorsque, désireuse de fuir, elle tentait de tromper la vigilance de ses geôliers ; ou encore lorsque s'est nouée (in)sensiblement sa relation avec Jamie, un jeune homme à la chevelure flamboyante, dans la ligne de mire des Anglais.

 

   "C'était une nuit sans lune, mais la lueur vive des étoiles faisait briller les reflets métalliques des harnais. Levant la tête, je restai émerveillée. La voûte céleste n'était qu'un immense tapis scintillant. Jamais je n'avais vu autant d'étoiles. Suivant du regard la ligne d'horizon, je compris pourquoi. Puisque aucune ville dans les environs ne voilait le ciel de son halo, les astres se révélaient dans toute leur splendeur." [p. 91 - 92]

  "Le jardin de simples, réserve précieuse de plantes aromatiques et médicinales, était niché dans une cour intérieure, juste assez large pour laisser entrer les rayons de soleil mais protégée des vents du printemps. Un puits en occupait le centre. Le mur de l'est était bordé de buissons de romarin, celui du sud de camomille, et celui du nord d'amarante. J'identifiai correctement les piques vertes des derniers crocus et les tiges tendres du laurier-rose perçant la belle terre riche et brune. Mme FitzGibbons m'indiqua de la digitale, de la bétoine et d'autres espèces que je ne reconnus pas. [p. 153]

  "Un Highlander en tenue d'apparat est déjà un beau spectacle en soi, même s'il s'agit d'un vieux pépé ratatiné et boiteux. Un jeune et grand Highlander se tenant bien droit et vu de près est une vision franchement renversante.

   Son épaisse tignasse dorée était brossée et tombait en boucles sur le col de sa chemise en batiste. Il portait un plastron, des manches bouffantes, de longs poignets retournés et un jabot en dentelle, rehaussé d'une épingle en rubis.

   Son tartan cramoisi et noir éclatait de couleur au côté de ceux, vert et blanc, des MacKenzie. Le tissu flamboyant, fixé à l'épaule par une broche ronde en argent, formait un gracieux drapé retenu par une ceinture aux incrustations d'argent, avant de retomber jusqu'à ses bottes noires à la boucle d'argent. Une épée, une dague et un sporran en blaireau complétaient l'attirail.

   Avec sa grande taille, ses épaules carrées et son beau visage lisse, il n'avait plus grand-chose à voir avec le cavalier crotté auquel je m'étais habituée, et il en était pleinement conscient. Il plia un genou et me fit une révérence impeccable en déclarant d'un air espiègle :

   - À votre service, madame." [p. 316]

 

Inutile de dire que je lirai bien volontiers la suite.

Grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

Traduction : Philippe Safavi.

 

Un livre qui entre dans le challenge "À la découverte d'auteurs" (9).

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15:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

03/09/2014

Lire sous la contrainte, session 16

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Dans le cadre du challenge "Lire sous la contrainte", Philippe nous propose, pour cette 16e session, de lire un(des) titre(s) comportant un pronom relatif.

 

Échéance : le 12 octobre.

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21:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/09/2014

Cœurs hybrides, Anna Combelles

Présentation. Au XIXe siècle, dans un monde où les dirigeables ont conquis le ciel et où les robes à dentelles frémissent dans tout Paris, les femmes sont pourtant considérées comme des êtres inférieurs. Rebelle, Jade, issue de la lignée des "Charismas" aux dons extraordinaires, décide alors de fuir la capitale, ravagée par une guerre fratricide entre sangs purs et hybrides.

À des milliers de kilomètres de là, Ethan parti chercher l'oubli, rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie.

Les destins de Jade et Ethan se trouveront liés d'une étrange façon.

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Mon avis. J'ai craqué pour la couverture du livre et l'ai acheté d'emblée. J'ai décidé de le lire dans le cadre du challenge "Un mot, des titres...". Verdict ? Hé bien, je dois avouer que j'ai été un peu déçue...

Je m'attendais, comme l'évoquait la 4e de couverture, à ce que la "problématique" des femmes considérées comme inférieures soit un thème mis en évidence, ce qui n'a pas été le cas.

En fait, le cadre et le propos mis en avant par la présentation de l'éditeur étaient, selon moi, vraiment prometteurs mais je suis restée sur ma faim : le récit aurait gagné, me semble-t-il, à être centré aussi sur l'univers dans lequel gravitent les personnages alors que le seul fil conducteur de l'histoire est la relation qui existe entre eux..

Ce livre entre également dans le challenge "À la découverte d'auteurs" (8).

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07:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/08/2014

Half Bad, Traque blanche, Sally Green

Présentation. Dans l’Angleterre d’aujourd’hui, deux clans de sorciers vivent en secret au côté des humains : les adeptes de la magie blanche et les sorciers noirs. Mais la naissance de Nathan vient bousculer l’équilibre des forces car il est à la fois un sorcier blanc et un sorcier noir. Son père est un des plus puissants et cruels sorciers du monde. Sa mère, adepte de la magie blanche, est morte.

À 16 ans, Nathan va recevoir ses pouvoirs comme tous les sorciers. Mais il n’est pas comme tous les sorciers… Son clan va décider de l’enfermer : Nathan est piégé dans une cage, battu et menotté. Les frontières entre le bien et le mal n’ont jamais été aussi floues et menacées.

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Mon avis. Un bon moment de lecture... sans plus.

Le début du récit est quelque peu confus puisqu'il mélange les pronoms personnels employés pour l'expression du narrateur ; heureusement, par la suite, le choses se cadrent sur le personnage de Nathan.

Dans un premier temps, on découvre l'adolescent enfermé dans une cage, soumis à des corvées et exercices (très) intensifs (inhumains), sous la surveillance d'une geôlière "peu commode". Le passé du jeune homme est ensuite évoqué : il est le fruit d'une union entre une sorcière blanche et un sorcier noir. En tant qu'être différent, il est (évidemment) rejeté par le clan dominant, à savoir les défenseurs de la magie blanche. À mille lieues d'être "tout blancs".

Le roman raconte ainsi les souffrances endurées par Nathan, obligé de demeurer constamment sur ses gardes, dans un monde où la méfiance est le maître mot. En permanence.

J'ai suivi avec intérêt les (més)aventures de Nathan mais j'ai trouvé que le récit s'enlise par moments, notamment dans l'attente de l'éventuelle rencontre avec (la mystérieuse) Mercury.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat. Pour en savoir plus, c'est ICI.

 

Un titre à rajouter aux challenges "À la découverte d'auteurs (7)" et "Rentrée littéraire 1 %".

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10:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

23/08/2014

On aurait dit une femme couchée sur le dos (ses longs cheveux de pierre descendant jusque dans l'eau), Corine Jamar

Présentation. Fuyant son père et son passé, Samira a trouvé en Crète un lieu pour vivre, un univers qui, s’il lui demeure un peu étranger, est devenu profondément le sien, sublimé par la mer et les montagnes qui en forment les contours. Elle épouse là le bel Eleftheris et ouvre une petite cantine sur la plage de l’Akrotiri, mondialement célèbre depuis le succès du film Zorba le Grec. Son bonheur n’est cependant pas sans ombres [...]

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Mon avis. Voici un récit qui réchauffe en ce mois d'août (très) frais puisqu'il se déroule en Crète...

La Crète, la mer, le sable, les montagnes dessinent le cadre enchanteur de cette histoire ; ce paysage "âprement idyllique" joue d'ailleurs lui-même le rôle d'un personnage à part entière, fidèle à lui-même. Toujours.

Le récit est raconté par le fils de Samira et Eleftheris, un couple profondément amoureux de la Crète, le pays où est né Eleftheris, le pays que Samira a fait sien. Autour d'eux gravitent bon nombre de personnages, avec leurs fêlures.

"Ma mère aurait tant voulu garder son rêve de Crête intact, vierge, pur et immaculé comme l'étaient les plages avant l'arrivée de l'homme." [p. 9]

 

Ils vivent en communion avec la mer, au creux d'une nature alors encore préservée, dans la petite cantine qu'ils tiennent sur la plage de l'Akrotiri. Mais une ombre palpable obscurcit le ciel de Samira depuis que la trahison s'est immiscée dans leur vie. La sienne. Mais pas seulement.

Le malaise grandit (im)perceptiblement, comme une boule au creux du ventre qui se (dé)noue, jusqu'à l'explosion, à l'instar - comme il se doit - d'une tragédie grecque.

"Le matin, en se levant, quelque chose, elle l'a senti, avait changé. Le ciel était d'un bleu plus froid, plus métallique que la veille. La chevelure de pierre de la montagne grisonnait par endroits et la mer paraissait très silencieuse, comme à l'écoute du message que lui envoyaient, soufflant dans le laurier sauvage et l'acanthe épineuse des bords de chemin, les dieux [...]." [p. 173]

"C'est drôle comme souvent dans la vie, on obtient ce qu'on veut au moment où ça nous occupe moins l'esprit, au moment où [...] on lâche enfin prise." [p. 212]

Un beau voyage...

Merci à l'auteure et à Francis Dannemark pour ce partenariat.

 

Un titre qui entre dans les challenges "A la découverte d'auteurs" (6) et "Rentrée littéraire 1 %" (2). 

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11:34 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

20/08/2014

Lecture commune Le massacre des innocents, Mallock

Je vous propose une lecture commune du deuxième opus des enquêtes du commissaire Mallock, Le massacre des innocents, qui sort en format poche le mois prochain.

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Les billets seront mis en ligne entre le 25/10 et le 08/11.

 

Qui en est ? Angeselphie, Cécile, Pascale, paikanne

 

 

 

 

Mon avis sur Les Visages de Dieu, Le cimetière des hirondelles, Les larmes de Pancrace.

12:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

18/08/2014

Helena Vannek, Armel Job

Présentation. Dans la campagne flamande, juste avant la Seconde Guerre mondiale, Helena assiste à la mort de sa mère, ce qui livre la famille à la terrible autorité du père, Théo. Brusquement, sous le prétexte de distraire le frère d'Helena de son chagrin, Théo introduit dans la maison un jeune et mystérieux étranger.

Tout le monde se prend d'affection pour le nouvel arrivant, sauf Helena qui se met à l'aimer tout court. Mais il faudra compter avec tous les destins...

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Mon avis. Un billet express à propos d'un récit qui m'a déçue ; je souhaitais le découvrir car j'ai beaucoup apprécié Loin des mosquées.

J'ai été vite lassée lors de la première partie, d'autant qu'Helena n'était, pour moi, absolument pas attachante. En outre, la manière dont elle relate les événements s'apparente davantage à l'écriture d'une adolescente plutôt qu'à celle d'une jeune institutrice. Enfin, les "révélations" de la fin n'en furent pas car j'avais pressenti les choses en lisant la lettre écrite par Guido. Mon côté rationnel peut-être ?

Bref, une déception qui ne m'empêchera cependant pas de poursuivre l'exploration des récits de cet auteur.

17:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

17/08/2014

Les Visages de Dieu, Mallock

Présentation. 24 décembre, le Père Noël rajuste sa barbe, les sapins clignotent et la neige tombe lentement sur la dernière scène de crime du Maquilleur. Ce tueur en série, hors normes, fait de chacun de ses meurtres une œuvre d’art baroque, sculptant sauvagement les corps et peignant les visages dans des décors d’Apocalypse.

Amédée Mallock, commissaire visionnaire au cœur mélancolique, va tenter de résoudre une terrifiante énigme, une course contre la montre et la mort. Plus il avancera, plus les questions s’accumuleront. Le Maquilleur est-il plusieurs ? Pourrait-il être immortel ? Le diable croit-il en Dieu ?

Polar mystique, thriller théologique. Les Visages de Dieu croise une formidable intrigue avec une quête vertigineuse dans les abîmes de la barbarie humaine. Superbe et captivant !

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Mon avis. J'ai "fait les choses" dans le désordre : après avoir lu Le cimetière des hirondelles et Les larmes de Pancrace, soit les troisième et quatrième volets des enquêtes du sieur Mallock, j'ai poursuivi avec Les Visages de Dieu, le premier opus.

J'ai volontiers retrouvé le commissaire et sa fine équipe, embarqués dans une enquête aux ressorts très sanguinolents. Mieux vaut d'ailleurs avoir le cœur bien accroché (!) lorsque l'on découvre, par le regard des protagonistes, les victimes, de tous âges... Les policiers, qui en ont pourtant vu d'autres, ont parfois "l'impérieuse" obligation de déconnecter l'espace de quelques heures avant de poursuivre leurs investigations relatives à celui que l'on appelle le Maquilleur.

Le meurtrier met minutieusement en scène des crimes particulièrement horribles, "travaillant" ses victimes à l'instar d'un "artiste - artisan - du macabre" et Mallock "patauge" (dans tous les sens du terme) ; il devra faire appel plus souvent qu'à son tour à ses étranges facultés afin de (tâcher de) mettre fin à l'élaboration de ces infernaux tableaux.

  "Cette fois-ci, c'était pire. Normalement, chaque meurtre amenait avec lui, gentiment collé sous ses bottes, un morceau du puzzle. Le métier de policier consistait souvent à être patient, attendre le prochain meurtre avec sa moisson d'indices et de recoupements possibles, la pièce qui permettrait de découvrir l'image globale, celle de l'assassin. Là, rien. En tout cas, rien de probant. Les listes étaient éparses, les horaires approximatifs, les empreintes fantômes, les mobiles inexistants, les victimes dissemblables. Et puis, il n'y avait aucun alibi à vérifier puisque aucun suspect, ou presque. Les dossiers de Grimaud étaient bien tenus, mais effroyablement vides.

   Rien à se mettre sous les dents pour un Mallock affamé." [p. 114]

 

Même si une fois commencé, j'ai eu des difficultés à faire des arrêts dans ma lecture, j'ai préféré les deux romans lus précédemment à celui-ci parce que j'ai parfois eu "un peu - beaucoup - de mal" avec les scènes de crime.

L'avis de Sophie, embarquée avec moi dans l'aventure mallockienne :-)

Et puisque le n° 2, Le massacre des innocents, sort bientôt en format poche, que diriez-vous d'une lecture commune pour le 18/10 ?

 

La couverture me permet d'ajouter une nuance supplémentaire au challenge "Haut en couleurs" (violet).

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20:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

16/08/2014

Une semaine dans la vie de Stephen King, Alexandra Varrin

Présentation. "Il entre sans se presser, désinvolte. Un sourire au coin des lèvres, grand, un peu voûté, la démarche hésitante. Sous les flashs qui crépitent, ses yeux pétillent. Mi-gêné, mi-amusé, l’air de rien, il sort de sa coquille, prend quelques secondes pour observer la foule, curieux, vulnérable, perplexe. Le temps de traverser l’estrade, il est vêtu d’une nouvelle carapace, drapé dans le statut qui a réuni ici trois cent journalistes venus du monde entier : celui de l’écrivain le plus célèbre au monde."

Du 12 au 16 novembre 2013, Stephen King a passé une semaine à Paris pour promouvoir son nouveau livre, Docteur Sleep. L’occasion pour des milliers de lecteurs de rencontrer leur auteur fétiche, et pour Alexandra Varrin de transformer cet événement exceptionnel en véritable quête identitaire et introspective. 

Au cours des cinq rendez-vous qui jalonnent cette semaine, elle se replonge dans l’œuvre monumentale de son idole, et poursuit, tout en interrogeant notre rapport à la fiction, son autoportrait.

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Mon avis. Deux éléments sont intervenus dans le choix de ce livre : le titre et la couverture. Ou inversement.

Entendons-nous bien, je ne suis pas mordue (!) de Stephen King comme l'auteure, je ne lui arrive même pas au talon, pour ne pas dire la cheville. J'ai eu ma période Stephen King durant mon adolescence, jusqu'à la trentaine. Et puis, je me suis quelque peu lassée. Parmi les romans qui m'ont marquée : Christine, Misery, La peau sur les os.

J'ai renoué avec l'auteur voici deux ans lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'étais intéressée par Dôme, elle en avait acheté les deux tomes sans réussir à "y entrer". Je dois avouer que j'avais une légère appréhension : allais-je retrouver ce que j'avais apprécié par le passé ? En fait, j'ai lu les deux volets à la suite l'un de l'autre tellement je m'étais retrouvée coincée sous le dôme dès les premières pages - en compagnie de la marmotte -. J'ai depuis lu aussi Docteur Sleep.

Je me suis dit que je risquais peut-être de passer à côté de ce récit étant donné que je suis loin d'avoir lu une bonne partie des romans de Stephen King mais j'ai malgré tout décidé de m'y lancer. Et je ne le regrette pas du tout.

Ce livre raconte la venue en France l'an passé de Stephen King, un événement que n'aurait manqué pour rien au monde Alexandra Varrin. Elle évoque ainsi cette semaine unique, ces rencontres organisées autour de l'auteur ; elle a fait des pieds et des mains pour y assister et elle a réussi. Il n'aurait pu en être autrement.

Mais à côté de ces moments magiques, elle évoque la manière dont elle s'est construite par, grâce à, au travers de l'auteur. Passionnée par cette personnalité hors du commun et ses romans, elle l'est et le restera. Indéfectiblement.

  "Voir de mes propres yeux que Stephen King est une belle personne en plus d'un grand écrivain, c'est comme apprendre que mon père, que je n'ai jamais connu, aurait été résistant pendant la guerre et sauvé des tas de vies. L'amour instinctif est puissant et ne se questionne pas, mais quand l'esprit et le cœur ont leurs violons accordés, on entend la plus belle mélodie du monde." [p. 168]

  "Ces liens qui existent au travers des mots, des espaces, des âges et des continents sont plus forts que le dicible, que nos cinq sens, plus forts que la réalité. Ce sont des liens qu'on ne doit pas confronter au quotidien sous peine de les voir se rompre, de même que certaines histoires d'amour ne sont pas faites pour être vécues car elles ne sont que passion, et la passion se change en amertume quand on refuse de croire qu'elle est éphémère.

   Stephen King n'est ni mon ami ni mon père de substitution. Il est quelqu'un pour qui aucun mot n'existe. Le lien qui m'unit à lui est pareil à son univers : vraisemblable mais pas réaliste. Il n'est pas fait pour exister, il est fait pour être vécu." [p. 237]

L'émotion s'immisce dans les dernières phrases ; subsiste une envie : lire Le Fléau...

A découvrir sans modération : le club Stephen King.

 

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat ; cinquième lecture dans le cadre du challenge "A la découverte d'auteurs" ; première pour le Challenge rentrée littéraire 1 % ; la couverture illustre le blanc dans le challenge "Haut en couleurs".

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21:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

Challenge rentrée littéraire 1 %

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 C'est la première fois que je participe au challenge 1 % rentrée littéraire proposé par Herisson : je me suis dit que lire 6 livres concernés avant le 15 juillet 2015, c'est tout à fait envisageable, d'autant que le premier est déjà lu.

En revanche, c'est au fil de mes pérégrinations bloguesques que je ferai mon choix : pas de liste préétablie pour moi.

17:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

10/08/2014

Le colonel et l'appât 455, Fariba Hachtroudi

Présentation. Elle était « l’appât 455 », la plus célèbre prisonnière d’une impitoyable République théologique. Lui, un des colonels les plus proches du Commandeur suprême. Lorsqu’ils se retrouvent, des années plus tard, loin de leur pays, une relation étrange et ambiguë se noue entre eux. Leur passé resurgit, mais aussi la violence perverse du système dictatorial dans lequel ils ont vécu et la passion amoureuse qui les a conduits à l’exil.

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Mon avis. J'ai choisi de lire ce roman dans le cadre du challenge "Destination" : en l'occurrence l'Iran pour cette session.

Le propos est dur et évoque la rencontre fortuite (?) entre le Colonel, un ancien militaire de la république théologique, aujourd'hui en exil et demandeur d'asile après qu'il a trahi le régime servi auparavant, et "l'appât 455", autrefois prisonnière, humiliée, violée, torturée - mais pas détruite - dans la prison la plus dure de ce même régime, Devine. Elle fait office d'interprète dans le centre de réfugiés.

Lui la reconnaît puisqu'il a œuvré à sa libération dans des circonstances que l'on découvrira au fil du récit ; elle reconnaît la manière dont il pose le pied droit en marchant, la seule chose qu'elle était capable de discerner sur les quelques millimètres volés vers le bas au bandeau serré sur ses yeux durant les séances de torture.

Le récit alterne les passages au cours desquels le Colonel évoque l'amour incommensurable qu'il porte à sa femme et l'a conduit là où il est... et ceux évoqués par l'ex-prisonnière, dont l'amour incommensurable porté à son mari l'a conduite là où elle est...

Un fil conducteur tragique, pour chacun d'eux, raconté sans pathos.

Quatrième lecture dans le cadre du challenge "A la découverte d'auteurs".

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11:20 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

09/08/2014

Ce qui nous lie, Samantha Bailly

Présentation. Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler... et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie "normale", celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens.

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Mon avis. J'ai apprécié ce livre que j'ai lu aisément ; il m'a fait passer un bon moment.

Même si je suis restée à distance d'Alice que je n'ai pas trouvée (du tout) attachante, j'avais envie de savoir ce qu'il allait advenir de son don : la jeune femme voit les liens qui unissent les gens sous la forme de fils lumineux, plus ou moins épais selon la force des sentiments éprouvés.

Elle s'est d'abord servie de cette faculté pour dénoncer les hommes infidèles mais décide d'arrêter de jouer ce rôle. Elle trouve un boulot dans un cabinet de recrutement : un vrai nid de "jeunes (séduisants) cadres dynamiques".

Alors qu'elle tente de se dépêtrer de relations passées aux conséquences douloureuses, elle fait la connaissance de Raphaël, son manager, qui ne la laisse pas indifférente et dont curieusement, elle n'arrive pas à voir les "liens".

Le récit alterne les parties consacrées au présent, au passé et au "futur" d'Alice ; il sera surtout l'occasion de découvrir la manière dont elle va évoluer et "apprendre de ses erreurs"...

21:34 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

08/08/2014

Le dernier jardin, tome 1 : Éphémère, Lauren DeStefano

Présentation. Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?
Les scientifiques ont créé des enfants génétiquement parfaits, immunisés contre toutes les maladies. L'humanité a cru voir son avenir assuré... jusqu'au jour où le verdict accablant est tombé. Ces jeunes gens ont une espérance de vie incroyablement courte : 25 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes, sans exception. Dans ce monde désolé, des jeunes filles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames pour la survie de l'espèce.

Rhine, âgée de seize ans, a été enlevée de force à son frère. Elle se réveille enfermée dans une prison dorée, un manoir où des serviteurs veillent à ses moindres désirs. Malgré l'amour sincère de son mari et la confiance qui s'instaure petit à petit avec ses sœurs épouses, Rhine n'a qu'une idée en tête : s'enfuir de cet endroit.

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Mon avis. Il y a longtemps que que je souhaitais lire ce récit mais n'en avais pas encore pris le temps. C'est désormais chose faite : j'ai profité pour cela du challenge "un genre par mois" consacré à la science-fiction.

Ce roman est une dystopie, genre que j'aime beaucoup, mais cette fois, la sauce n'a pas pris : en fait, tout est dit dans la présentation et je me suis (très) souvent ennuyée au fil de ma lecture.

Rhine a été capturée par les "Ramasseurs" en compagnie de ses futures "sœurs épouses".

La plus jeune, Cecily, se satisfait apparemment de son sort de "prisonnière de luxe" ; l'aînée, Jenna, apparaît détachée de tout/tous. Rhine, quant à elle, garde toujours intacte sa volonté de fuir cet endroit.

Mais si leur mari semble finalement assez inoffensif, il n'en va pas de même de leur beau-père, le cruel Vaughn, prêt à tout pour trouver l'antidote au virus qui condamne les jeunes à une mort prématurée.

En bref, j'ai beaucoup attendu : fuite ou pas fuite. Là (seulement) était la question...

Traduction :Tristan Lathière.

Troisième lecture dans le cadre du challenge "A la découverte d'auteurs".

 

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12:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/08/2014

Comme des larmes sous la pluie, Véronique Biefnot

Présentation. Écrivain à succès, Simon Bersic n'en est pas moins fragile et malheureux : il ne parvient pas à surmonter la perte de sa femme et vit reclus avec son fils. Sa rencontre avec Naëlle va-t-elle lui offrir une seconde chance ? Naëlle, magnifique et mystérieuse, qui lui échappe et qu'il finira par apprivoiser.

Lorsque les amants se retrouvent au cœur d'un sordide fait divers qui secoue la Belgique, Simon va devoir affronter l'insupportable.

Implacable scénario, entrecoupé d'énigmatiques séquences où une petite voix enfantine s'élève dans la nuit, recouvrant le récit d'un voile d'ombre, Comme des larmes sous la pluie est un étourdissant thriller amoureux. 

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Mon avis. Je n'ai pas fait les choses dans l'ordre puisque j'ai d'abord lu Là où la lumière se pose, le dernier tome de la trilogie, avant celui-ci, le premier. Ce qui signifie que le "jeu" est quelque peu faussé : en effet, je connaissais bon nombre des faits censés n'y être dévoilés que petit à petit. Et pourtant, j'ai autant apprécié cet opus même si les "surprises" n'en étaient plus.

Le récit, à l'écriture savoureusement poétique, commence par des pages qui entrecoupent, tel un leitmotiv, le texte - celles d'un "enfant" qui évoque des événements dramatiques - centré tour à tour sur un des personnages essentiels, le plus souvent Naëlle et Simon.

 

"C'est le noir.

Il nous a oubliés ?

C'est le noir depuis trop longtemps.

Il nous a oubliés !

Elles, elles dorment, je crois.

Je dois veiller." [p. 11]

 

Naëlle est une magnifique jeune femme, solitaire, insensible à l'admiration qu'elle peut susciter. Elle vit dans un petit appartement avec son chat Nicolas et travaille dans un entrepôt de tissus bruxellois. Les contacts avec ses semblables sont réduits à leur plus simple expression.  Son passé, dont elle garde très peu de souvenirs, demeure extrêmement obscur ; çà et là surgissent des impressions angoissantes.

 

   "De toute façon, Naëlle souriait rarement, même les jours bleus. [...]

   Pourtant, et ce n'était là qu'une des nombreuses contradictions dans la vie de Naëlle, elle ne faisait rien pour se fondre dans la masse, pour paraître plus ordinaire. Elle aurait pu renoncer aux talons hauts mais elle appréciait la jolie cambrure qu'ils donnaient à ses jambes, elle aurait pu couper ses longs cheveux, mais elle aimait les sentir caresser sa taille au moindre mouvement, elle aurait pu cesser de les décolorer, mais ce blond léger, enfantin, la rassurait." [p. 17 - 18]

  "Et cette pause déjeuner fila bien plus vite que Naëlle ne l'aurait cru ; elle comprit pourquoi ce matin la journée lui avait paru blanche : blanche comme la page vierge d'une nouvelle histoire... [p. 63]

  "Elle se sentait comme un coquillage, fermé à l'extérieur, apparemment solide mais sans colonne vertébrale interne, soutenue seulement par les obligations, les petits gestes quotidiens qui nous forcent à nous tenir debout : se lever, se laver, s'habiller, faire la vaisselle, ouvrir le courrier, payer les factures.

   Est-ce que c'est ça qui fait qu'on continue à vivre, à se lever le matin ?" [p. 106]

 

Simon, quant à lui, a élevé seul son fils Lucas, désormais jeune adulte, depuis le décès prématuré de sa femme : une souffrance toujours bel et bien présente. Aujourd'hui auteur à succès, il trouve du réconfort auprès d'amis proches.

 

  "Grégoire, Céline et leurs enfants animaient son quotidien, lui offraient l'illusion d'une vraie famille avec, au gré des saisons, les repas traditionnels, les week-ends à la mer du Nord ou à la campagne, les petits soucis partagés et résolus ensemble.

   Après toutes ces années d'amitié indéfectible, Simon les voyait comme un frère et une sœur d'élection, références inébranlables dans cet univers désagréablement mouvant." [p. 80]...

  "Aujourd'hui, il voulait y croire enfin...

   Il s'adossa à la rambarde, les mains dans les poches pour dissimuler le tremblement qui les agitait depuis des heures.

   Elle sortit... et tout ce qui restait encore de lumière dans le ciel se concentra, incendiant sa silhouette, un couloir étincelant la reliait à lui, effaçant tout alentour, il était happé par elle ; sa vie, à présent, lui semblait-il, en dépendait.

   Cette certitude l'effrayait et l'enivrait à la fois. Sans se préoccuper du trafic, il traversa et lui prit la main." [p. 213]

 

Progressivement se dévoile un passé que Naëlle avait enfoui au plus profond d'elle. Question de survie. Difficile de savoir si Simon réussira à lui venir en aide, tant les traces sont prégnantes. Même si, entre eux, la rencontre est Comme une évidence...

12:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

05/08/2014

Histoire d'un bonheur, Geneviève Damas

Présentation. Quel est le secret d'Anita Beauthier ?
Rien ne la prédestinait à rencontrer Noureddine, élève en difficulté dans une école de la ville ni à lier avec lui une relation faite de crainte et de tendresse. Rien ne laissait penser non plus que Simon, beau-frère d'Anita, homme solitaire et taciturne, rencontrerait Nathalie, la voisine, trahie par son mari.
Histoire d'un bonheur est le récit de ces rencontres improbables, porteuses de vraies questions : qu'est-ce que le bonheur ? Et comment se libérer des conventions d'une vie toute tracée pour découvrir, peut-être, son propre chemin ?

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Mon avisJ'ai découvert ce livre grâce à la sélection du prix des Lycéens et franchement, je l'ai beaucoup apprécié même s'il me laisse un goût de "trop peu". J'aurais volontiers poursuivi ce voyage en compagnie d'Anita, Noureddine, Simon et Nathalie.

Histoire d'un bonheur, c'est l'évocation des déboires de quatre personnages qui prennent chacun "la parole" dans une partie du récit.

La première, c'est Anita, une quinquagénaire particulièrement horripilante au début du roman : très (très) aisée financièrement, elle veille à ce que tout soit "parfait" à tous points de vue, extérieurement parlant, dans une vie "lisse comme un miroir qui ne réfléchit rien" (ne cherchez pas l'expression, c'est une invention de ma part). Le seul "hic" dans son existence vient de sa fille Géraldine qui a, selon sa mère, trop tendance à ruer dans les brancards.

  "Il y a chez Géraldine quelque chose qui n'a jamais grandi, qui m'échappe et me terrifie. Parfois, je ne la reconnais pas, je ne reconnais rien de moi en elle. Ni son caractère, ni son corps. Je ne peux reconnaître son corps. Pourtant elle est sortie de mon ventre, j'en suis sûre et je l'ai follement attendue. Mais cette attente s'est révélée trop souvent, malheureusement, décevante." [p. 23 - 24]

Elle entretient une "vraie relation" avec Wouki, son chien, et (presque) curieusement, son beau-frère Simon. La fêlure, bien vite devenue (large) déchirure, viendra de son fils Hervé.

 

Le deuxième narrateur est Noureddine, un gamin "mal barré" qui fait la connaissance d'Anita dans une école de devoirs lyonnaise où elle remplace une de ses amies.

  "Je ne pourrais pas avaler un truc, Mamita ? Tout ce chemin, ça donne soif."

   Elle se taille illico et revient avec une cruche d'eau.

  "Tu n'as pas autre chose ?

   - Du jus de pamplemousse.

   - Ton frigo, il a la même taille que ton clebs ou quoi ?"

   Je dis ça pour rire mais, vu la tronche de Mamita, je comprends direct qu'elle et moi, ce soir, on n'a pas le même humour.

  "Je ne t'attendais pas, Noureddine. Tu apprendras que c'est ça, le risque, quand on arrive sans être annoncé.

   - Si chaque fois j'attends d'être annoncé, Mamita, je risque d'arriver au bout de la vie sans qu'il ne se soit rien passé." [p. 68 - 69]

 

Survient ensuite Nathalie, la voisine "bonjour, bonsoir" d'Anita, rien en commun avec cette dernière, présentement en (grosse) crise de couple.

  "Elle porte un legging gris clair et franchement, si c'était ma sœur, je lui dirais d'ôter ça tout de suite parce qu'elle n'a pas le physique pour. Le seul truc potable ce sont ses yeux : vert très clair, comme si tu les avais dilués à l'eau. Incroyable. Avec des yeux comme ça, si elle était belle, tu mourrais tout de suite sur place. C'est pourquoi Allah l'a faite moche." [p. 100]

 

C'est enfin le tour de Simon - avant la clôture du livre avec Anita -, le beau-frère éducateur dans l'école de Noureddine, anéanti par un grave accident et une rupture amoureuse.

  "Mon diplôme en poche, il me laisserait partir. Je m'étais inscrit à l'école de commerce. Les deux premières années, je ne m'en étais pas trop mal tiré. Jusqu'à cette nuit de Noirmoutier, bien sûr. Où tout s'est, comment dire, arrêté. Cela fait vingt-huit ans maintenant, et si l'on regarde ma vie, c'est presque comme si elle s'était figée. Bien sûr, j'ai rencontré des gens, entrepris des choses, voyagé un peu, en apparence, mais au fond je n'ai fait que tuer le temps, sans rien inscrire durablement. Je me suis occupé en attendant que quelque chose arrive qui n'est jamais venu. Quand je mourrai, je ne laisserai rien." [p. 161]

 

Chacun ou presque se met à nu avec lucidité mais quand la réalité vous éclate au visage, combien est-il dur de faire face... encore que...

 

Deuxième titre qui entre dans le cadre du challenge "A la découverte d'auteurs".

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18:44 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

04/08/2014

LDPA ou Livra'deux pour pal'Addict, 10e session

10e session de ce Livra'deux (modalités) ; je participe de nouveau avec Nelcie.

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Parmi les livres de sa PAL, désireuse de varier les genres, j'ai sélectionné :

Le secret, d'Anna Henquist, dont le texte de présentation m'a séduite.

À l'ouest, rien de nouveau, de Erich Maria Remarque, un récit qui permet de découvrir la Grande Guerre vue depuis "l'autre côté".

La pourpre et l'olivier, de Gilbert Sinoué car j'aime beaucoup les récits historiques.

Nelcie a choisi La pourpre et l'olivier.

 

Elle m'a proposé :

La onzième plaie, d'Aurélien Molas, dont le synopsis lui parle bien !

À vos souhaits, de Fabrice Colin, parce qu'elle avait trouvé l'histoire sympa, distrayante.

Quelques minutes après minuit, de Patrick Ness, parce qu'elle a cliqué sur le nouveau bouton de Livraddict  "un livre au hasard" et que c'est tombé sur lui.

J'ai choisi Quelques minutes après minuit dont les échos sont très positifs.

21:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/08/2014

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

Présentation. Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, fringante octogénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l'existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l'adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l'approche de la cinquantaine va peu à peu s'affirmer et reprendre goût à la vie.

Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour.

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Mon avis. Je n'ai lu que des éloges à propos de ce livre et c'est tout naturellement qu'une lecture commune est venue pointer le bout du nez : merci Nelcie.

J'ai passé un excellent moment en compagnie des personnages évoqués dans le récit : Evelyn qui, au fil des visites rendues à sa belle-mère dans la maison de retraite de Rose Terrace, se prend d'une tendre amitié pour Ninny, un charmante vieille dame de quatre-vingt-six ans; Ninny qui se régale à évoquer son passé à Whistle Stop dont le Whistle Stop Café, inauguré en 1929, est un lieu stratégique, point de rencontre obligé pour qui veut prendre la température de la petite ville et manger un morceau en cette période troublée...

Aux commandes de l'établissement, Idgie Threadgoode et son amie Ruth Jamison, secondées par Sipsey et Onzell, "deux femmes de couleur" ainsi que de "Big George, le mari d'Onzell, [qui] s'occupe du barbecue." [p. 7]

Le récit se déroule jusqu'à la fin des années '80, alternant la plupart du temps les anecdotes racontées à Evelyn par Ninny et les bulletins hebdomadaires rédigés par Dot Weems, le tout dans une déconstruction de la chronologie qui déconcerte au premier abord mais ne m'a nullement gênée.

L'Amérique profonde est admirablement dépeinte avec ses travers - le racisme n'étant pas le moindre -  mais aussi la solidarité qui existe dans cette communauté évoquée par le petit bout d'une lorgnette tantôt (si) douce, tantôt (très) amère où les femmes jouent, souvent l'air de rien, un rôle prépondérant.

Un récit touchant à bien des égards mais qui ne tombe jamais dans la mièvrerie ; les dernières lignes m'ont particulièrement émue.

Traduction : Philippe Rouard.

 

Les avis de Prettybooks ; Anissia ; Nelcie ; PetiteMarie ;

 

La couverture me permet de participer au challenge des 170 idées (quelque chose en bois) et "Comme à l'école" (arbre) ; première participation aussi au challenge "A la découverte d'auteurs", proposé jusqu'au 31/12/14 par Mira Tomique.

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20:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (13) |

02/08/2014

Le Pacte des Marchombres, Ellana, tome 2 : L'Envol, Pierre Bottero

Présentation. Encore apprentie marchombre, Ellana est chargée par Jilano, son maître, d’une mission à haut risque : escorter une caravane au chargement précieux et mystérieux. Mais au fil de ses rencontres, Ellana peine à identifier ses véritables ennemis, la voie tend à se dérober devant elle et les choix qui engagent sa loyauté et ses sentiments se révèlent périlleux.


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Mon avis. Je me suis inscrite pour cette lecture commune proposée par harmo20 car j'avais beaucoup apprécié le premier tome du Pacte des Marchombres.

Il m'a fallu un (très) long moment avant d'accrocher à tel point que l'idée m'a même effleurée d'éventuellement abandonner la lecture. Mais abandonner "un Bottero", cela ne se peut. J'ai donc continué et bien m'en a pris... C'est à partir de la deuxième partie (page 85 quand même) que les choses prennent une tournure différente et que j'ai véritablement eu l'impression de retrouver l'Ellana que je connaissais.

L'aventure se déploie en même temps qu'un personnage qui m'a beaucoup plu : Hurj, le Thül observé précédemment dans les arènes d'Al-Jeit. Une relation particulière se noue entre eux deux, sur fond de trahison, dans un monde où les Marchombres sont sur le déclin.

 

  "Ellana ne bougea pas.

   - Si tu veux me parler, parle-moi. Je ne vois pas pourquoi je devrais te suivre pour t'écouter.

   Hurg Ingan soupira.

   - Par les côtes de mon arrière-grand-père, Piu, es-tu obligée de toujours ergoter ?

   - Ergoter est un mot trop difficile pour qu'un Thül l'utilise sans risque.

   - Très bien face de Raï. Si tu exiges que je me comporte en Thül basique, je peux t'accorder ce plaisir mais ça va te faire drôle.

   - C'est-à-dire ?

   - Je commence par te filer une beigne pour que tu la fermes, ensuite je te charge sur une épaule, je t'emmène là où j'ai envie, je te file une beigne pour te réveiller et on cause.

   Ellana afficha un air surpris.

   - Quelle délicatesse ! Dois-je en conclure que tu es civilisé ? Pour un Thül, j'entends.

   - Mes parents ont parfois honte de moi, c'est pour dire.

   - C'est bon, je capitule. Où veux-tu que nous allions discuter ?" [p. 121]

 

Un autre personnage se distingue aussi : Aoro, une espèce de Don Quichotte très attachant. Notons également l'apparition fugitive de Doudou, le troll évoqué dans Le chant du troll.

Quant à Jilano, il veille, encore et toujours, de près ou de loin tandis qu'Ellena s'interroge beaucoup sur les tenants et les aboutissants de la voie des Marchombres.

 

  "Jilano écoutait la nuit.

   Parfaitement immobile.

   Son cœur battant au ralenti.

   Sa respiration imperceptible.

   Il écoutait la nuit.

   Ce qu'elle soufflait à son oreille.

   Il écoutait la nuit.

   Ce qu'elle soufflait à son oreille et murmurait à son esprit distillait en lui une froide angoisse mais il ne devait pas intervenir.

   Pas encore." [p. 265]

 

Le récit se termine sur les prémices du troisième tome. S'ajoute alors un bonus qui donne la pleine (délicieuse) mesure de ce qu'aurait pu être la série si elle n'avait pas été publiée dans une collection destinée à la jeunesse.

 

Les avis de

19:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

01/08/2014

Challenge "Comme à l'école", session 9

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Les modalités ?

 

Il s'agit de lire au moins un titre commençant par une lettre imposée (mode 1) ou un livre ayant un rapport avec le thème imposé (mode 2) ou encore un livre combinant les 2 : lettre et thème imposés (mode 3).

Cette neuvième session court du 01/08 au 15/10 ; la lettre est le "O" (premier mot du titre sans l'article éventuel) ; le thème est "arbre".

Je me suis inscrite en mode 2 pour cette session.

 

De plus amples renseignements sont disponibles chez Gr3nouille.

23:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Le labyrinthe, James Dashner : le film

Petit coucou à mes élèves : bientôt (octobre 2014), le film, réalisé par Wes Ball, tiré du roman Le labyrinthe de James Dashner.

23:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/07/2014

Loin des mosquées, Armel Job

Présentation. À la Tannerie, le quartier turc de cette ville des Ardennes belges, on marie Evren, l'ancien gardien de but du Sporting. Étrange et grave cérémonie que ce mariage arrangé où le bonheur, comme le soleil, semblent absents. C'est qu'Evren, le marié, rêve encore de sa cousine Derya - Derya la farouche, la sauvage, Derya la sultane qui l'a refusé...

Les traditions et l'honneur familial sont saufs. Mais, malgré l'interdit, la liberté n'a pas dit son dernier mot...

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Mon avis. Oserais-je dire que c'est le premier livre d'Armel Job que je lis ? Trop tard, c'est fait. Ce ne devrait en tout état de cause pas être le dernier.

Il y est question de confrontation entre des cultures différentes et entre des cultures à la base identiques mais qui ont (in)sensiblement emprunté des sentiers différents...

Les chapitres sont, chacun, centrés sur le point de vue d'un personnage central : René, entrepreneur des pompes funèbres qui ouvre et termine (logique !) le récit ; Evren, le jeune Turc éconduit par sa cousine Derya ; Derya elle-même dont la vie va basculer à cause de Renoir (oui, oui, le peintre) ; Yasemin enfin, la jeune épousée, dont les apparences d'innocence sont trompeuses...

  "En principe, un corbillard n'a jamais d'accident." [René - p. 9] Un accident qui jouera un rôle fondamental...

  "Quand on veut l'amour d'une femme, le dernier moyen qu'on imagine, c'est un mariage arrangé. Moi, j'étais l'exception. Je voulais l'amour de Derya et je n'avais d'autre recours pour l'obtenir que le Grand-Guignol des mariages de convenance." [Evren - p. 51]

  "C'est curieux la façon dont le malheur entre dans la vie. L'instant d'avant, on est à table. Rien n'existe que le clafoutis aux cerises qui vient d'être servi et qui nous a mis l'eau à la bouche. On le dévore des yeux tandis qu'il passe de main en main. Et maintenant, les fruits fondent entre la langue et le palais, nous livrant fidèlement les saveurs de noyau que nous avions prévues. Tout est parfait. Que pourrait-il nous arriver ? Le bord de notre assiette nous sert d'horizon.

   Puis le téléphone sonne, là-bas, très loin, dans le corridor où il est relégué, comme un accessoire indésirable au cœur du foyer. " [Derya - p. 75]

  "Ma mère était opprimée, mais elle ne savait pas si elle devait se ranger avec moi dans le camp des opprimés. Quoi qu'on en pense, même pour les persécutés, le camp le plus séduisant, c'est celui du plus fort." [Derya - p. 151]

  "Le lendemain, mon père m'a convoquée à la cuisine. Une nouvelle fois, les mâles étaient disposés autour de la table, comme des juges. Et ma mère debout, en retrait, appuyée contre le chambranle de la porte du salon où elle avait voulu se réfugier sans doute avant que mon père lui ordonne de revenir." [Derya - p. 155]

 

Indéniablement un beau texte. Tout en nuances.

13:46 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

25/07/2014

Le bouc émissaire, Daphné du Maurier

Présentation. John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean…

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Mon avis. Plutôt que Rebecca vu en adaptation télévisée et théâtrale (coucou à ma fille qui jouait Rebecca), j'ai choisi de lire "ce bouc émissaire" dans le cadre de la lecture commune proposée autour de cette auteure...

Et comme dans (le souvenir que j'ai de) Rebecca, l'atmosphère y joue un rôle prépondérant...

C'est l'histoire d'une rencontre entre deux sosies, l'un anglais, John, le narrateur ; l'autre français, Jean.

John enseigne l'histoire à Londres et est venu passer quelques semaines en France, pays qu'il affectionne particulièrement ; il est arrivé à un carrefour de l'existence où il se pose quantité de questions sur celui qu'il est et surtout celui qu'il peut encore éventuellement devenir.

Jean est visiblement fatigué de la pression familiale qui pèse sur ses épaules ; il décide alors de laisser à son "double" - sans lui demander son avis - toute latitude pour se dépêtrer à sa place de situations inextricables.

C'est ainsi que, du jour au lendemain, John "devient" Jean du Gué sans y avoir été le moins du monde préparé. La première surprise passée, il tâtonne pour se glisser dans la peau du personnage. Bien vite, il se prend "au jeu" avant de se rendre compte que la marche arrière s'avère impossible... Faisant contre mauvaise (?) fortune bon cœur, il va tâcher de venir en aide à cette famille où les femmes, souvent fragiles et (donc) excessives, jouent un rôle non négligeable : de la petite fille à l'épouse en passant par la belle-sœur ou la mère...

Le nouveau Jean reconstitue, pièce par pièce, le puzzle de l'histoire familiale, mettant le doigt sur des secrets (peu profondément) enfouis...

Je continuerai très volontiers ma découverte de l'auteure.

Traduction : Denise Van Moppès.

 

Les autres participants : La Fée a relu Rebecca ;

Céline a lu Rebecca : "J'ai eu du mal à rentrer dedans au début (notamment à cause de la longueur des phrases) mais il faut bien admettre qu'on se laisse très vite embarquer par cette atmosphère particulièrement "visuelle", on se sent vraiment dans l'ambiance, on a l'impression de tout ressentir (merci à la narration en "je" ) ... J'aurais bien aimé un rythme un peu plus rapide, ça trainait un peu par moment pour moi mais ça reste une très agréable lecture." ; 

Miss Marguerite a lu Mad ;

Scarlett a lu L'amour dans l'âme ;

 

Ce titre entre dans le challenge "Un classique par mois".

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09:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |