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28.01.2012

Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld

Présentation : Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux – voleurs, vagabonds, prostituées – qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942. À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. […]

appelfeld.jpgMon avis.  J’ai lu ce récit dans le cadre du challenge Destination Israël proposé par evertkhorus.

Ce témoignage diffère beaucoup de ce que j’ai pu lire, jusqu’à présent, sur la Shoah comme Si c’est un homme de Primo Levi, La nuit d'Elie Wiesel ou encore Le grand voyage et Le mort qu’il faut de Jorge Semprún. Les conditions de (sur)vie des Juifs y sont évoquées dans ce qu’elles ont de plus atroce.

Le propos est dans le cas présent différent dans le sens où l’auteur évoque des bribes de ce que sa mémoire a bien voulu lui laisser… Et aussi curieux que cela puisse paraître, j’ai à plusieurs reprises songé aux synesthésies chères à Baudelaire tant les sens sont présents dans ce résit. Les perceptions du narrateur sont tellement liées à des circonstances, on ne peut plus dramatiques, qu’elles ressurgissent, bien des années plus tard, au détour d’un paysage, d’un objet, d’une odeur, d’un son... qui l’envahissent et le submergent avant qu’il n’arrive de nouveau à les verrouiller.  Tant que faire se peut.

Une plongée dans "l'intimement (in)dicible".

Chez Méloë ; Mimi54 ; A propos de livres ; Frankie ; jostein ;

11:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

La trilogie de l'Empire - 1 : Fille de l'Empire, Raymond E. Feist et Jenny Wurst

Présentation : c'est au moment où Mara, unique héritière du clan des Acoma, s'apprête à prononcer les mots qui la consacreront prêtresse pour le restant de ses jours, que Papéwaio, le plus fidèle des soldats du clan, interrompt la cérémonie pour lui annoncer la mort de son père et de son frère.
Propulsée à la tête du clan, Mara doit regagner ses terres en urgence pour sauver sa maison de la ruine et de la honte. Car au Jeu du conseil, les ennemis des Acoma sont nombreux. Il faut reformer au plus vite l'armée décimée, pérenniser les liens commerciaux qui assurent au clan ses revenus et nouer des alliances politiques susceptibles de mettre en échec les plans des maisons rivales.
À condition, bien sûr, de survivre aux assassins toujours plus nombreux qui viennent la traquer jusque dans son fief...

mara.gifMon avis ? Je me suis inscrite pour cette lecture commune proposée par Mayella par volonté de découvrir R. E. Feist que n’avais jusqu’alors jamais lu, mais aussi séduite par la couverture …

Passées les quelques pages introductives durant lesquelles une Mara anxieuse tâche de se recueillir, dans l’attente des vœux qu’elle va prononcer afin de vouer sa vie à Lashima, l’action démarre sur les chapeaux de roues (pauvres esclaves porteurs de palanquins) : l’adolescente se retrouve bien malgré elle à la tête d’une des plus prestigieuses maisons de l’empire et d’emblée, elle sait qu’elle n’aura pas droit à l’erreur si elle veut espérer ne pas jeter le déshonneur sur ses ancêtres… à la condition préalable qu’elle survive.

Car dans le "jeu du Conseil", les alliances des familles, puissantes ou désireuses de l’être, se font et se défont, sans tenir compte de ceux qui en pâtiront, seul compte l’honneur, placé au-dessus de tout, au-dessus de tous, un honneur qui oblige à manœuvrer intelligemment car il importe que les apparences soient sauves, même s’il ne s’agit que des apparences.

Nous suivons une personnalité hors du commun soutenue par sa vieille nourrice, Nakayo, Keyoke, commandant de l’armée des Acoma et son fidèle Papéwaio, bientôt rejoints par des "soldats" qu’il a bien fallu recruter par la ruse…

Pas de temps mort au cours de cette aventure qui verra la jeune Mara aux prises avec les ennemis de sa famille.  Elle est obligée de s’aguerrir rapidement, comme si elle était destinée à œuvrer au sein du jeu du Conseil, pourtant masculin à outrance. 

J'ai beaucoup aimé ce récit d’aventures, à l'écriture agréable, qui emporte le lecteur dans le sillon de cette fougueuse jeune fille, même si je n’adhère toutefois pas toujours à son comportement : il me serait en effet tout à fait impossible de calculer et manœuvrer de la sorte, même contrainte et forcée, sans tenir compte de ce que l’on nommerait aujourd’hui des "dégâts collatéraux" humains…

L'avis de Mayella ; Moutmoutyoda ;

11:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27.01.2012

Les Bertignac, tome 1 : L'Homme à l'Œil de Diamant, Paul Eyghar

Présentation. Salut, je m’appelle Tarko. Quand nous sommes pris dans une tempête tropicale, ma sœur Lou et moi, et que notre petit avion s’écrase au cœur de l’Amazonie, nous ne donnons pas cher de notre peau. Il faut dire qu’en plus des mygales, des anacondas et des caïmans, nous sommes attaqués au milieu de la jungle par des dinosaures d’un autre âge. Pourtant, grâce à l’aide inespérée de Toulouse, un aventurier chercheur de diamants, de son guide Mato Grosso, un indien Bororo maousse costaud et de la tribu des indiens Murmures, du clan des Invisibles, nous allons échapper aux dangers de la jungle. Mais je comprends vite que rien n’est dû au hasard, et qu’un destin magique m’attend pour affronter un adversaire bien plus terrifiant : l’Homme à l’œil de Diamant. [...]

bertignac.jpgMon avis.  Merci à "Paul Eyghar" de m’avoir contactée afin de me proposer de lire son roman et découvrir ainsi son univers.
Un univers, il faut bien le dire, loufoque, déjanté, ahurissant véritablement, à travers les aventures de ce jeune garçon intelligent mais peu débrouillard, alias Tarko,  aux côtés de sa jeune sœur, cliché de la gamine insupportable. Et pourtant, ces deux-là, ils s’aiment, même s’ils préféreraient souffrir mille morts plutôt que de se l’avouer ; expression à prendre au sens propre puisqu’ils vont passer,  dans la jungle amazonienne, près de 500 pages à tenter d’éviter la mort sous toutes ses formes, y compris les plus invraisemblables…

Si vous voulez de l’aventure, foncez (!), vous risquez de passer un long moment en apnée tellement le rythme est endiablé et ne laisse respirer, ni les protagonistes, ni le lecteur par la même occasion. 

Pourtant, je dois bien avouer que j’ai fini par m’essouffler, contrairement à Tarko, car autant j’ai savouré, dès le départ, l’écriture originale parsemée d’humour et d’interventions du jeune garçon à l’égard de l’auteur et du lecteur, autant dans le dernier tiers, j’ai fini par m’en lasser, lisant alors le récit "en diagonale".

Un roman qui peut intéresser, me semble-t-il, les jeunes lecteurs (10-12 ans) à condition, toutefois, qu'ils ne soient pas rebutés par "son épaisseur"…

20:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

25.01.2012

Les Chevaliers d'Émeraude, t. 1 : Le Feu dans le ciel, Anne Robillard

Présentation : L'Empereur Noir, Amecareth, a levé ses armées monstrueuses pour envahir les royaumes du continent d'Enkidiev. Bientôt, la terre de Shola subit les attaques féroces des sinistres dragons et des impitoyables hommes-insectes. Pourquoi les troupes d'Amecareth reviennent-elles sur le continent après des siècles de paix, mettant à feu et à sang le royaume glacé de Shola ? Les sept Chevaliers d'Émeraude - six hommes et une femme - sont les seuls à pouvoir percer ce mystère, inverser le destin et repousser les forces du Mal. Ils devront pour cela accomplir l'étrange prophétie qui lie Kira, une petite fille de deux ans, au sort du monde.

chevaliersemeraude.jpg

Mon avis. D’abord un tout grand merci aux Éditions Michel Lafon qui m’ont permis de découvrir cette série !
Première impression : d’emblée, je suis séduite par le format et la couverture glacée de ce livre ainsi que son prix susceptible de plaire à mes élèves - ou plus exactement à leurs parents -, lecteurs potentiels. Car lecteurs de cette saga, certains risquent bien de le devenir, d’autant que je l’inscris de suite dans mes propositions de lecture.

Intéressants, ces Chevaliers que nous apprenons à connaître dans ce premier opus : des êtres ingénieux, courageux, forts, doués de pouvoirs magiques, chacun dans "sa spécialité", élevés à la cour d’Émeraude Ier pour défendre, si besoin est, les différents royaumes d’Enkidiev.

Et malheureusement, est venu le temps d’éprouver leurs compétences car l’Empereur Noir, aux commandes de dragons sanguinaires menés par des hommes-insectes, a décidé de lancer à nouveau sa déferlante de troupes sur le continent. Ces adolescents exceptionnels ont fort à faire puisqu’ils doivent prévenir le souverain de tous les royaumes de l’attaque imminente et cela, sous l’égide de leur "Chef", Wellan, jeune homme particulièrement respecté par ses pairs, malgré ses défauts. Car oui, les Chevaliers ont leurs faiblesses, ce qui les rend par ailleurs humains…

À cela s’ajoute Kira, une enfant arrivée inopinément au château et qui se distingue par son aspect "monstrueusement particulier", suscitant par là même, le plus souvent, appréhension, terreur ou dégoût selon les cas.

Malgré le côté répétitif de l’histoire (description du paysage des diverses contrées, explications fournies au roi de l’endroit, sympathique et accueillant… ou pas…), je ne me suis nullement ennuyée. Je suppose que chaque personnalité sera par la suite mise en valeur, ce qui faciliterait leur reconnaissance par le lecteur qui s’emmêle parfois quelque peu les pinceaux vu le grand nombre de personnages.

Un début qui appelle la suite…


17:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

24.01.2012

Etre ses livres

J'ai pris mon temps, mais voici le tag proposé par Calypso : il s'agit de "se définir" par des titres de livres lus dans l'année écoulée, soit 2011.

livresgaston.gif










* Décris-toi : Un coeur insoumis

* Comment te sens-tu ?  La voie du guerrier

* Décris là où tu vis actuellement : Bibliomanies

* Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ?  Le village au bout du monde

* Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Côté face

* Toi et tes amis, vous êtes : Là où les mots n'existent pas

* Comment est le temps ? Delirium

* Ton moment préféré de la journée : Entre chiens et loups

* Ton animal préféré : La porte aux oiseaux

* Ton moyen de transport préféré : Le Nom du Vent

* Ta passion : La belle amour humaine

* Le défaut qui t’horripile le plus : Angel

* Le métier qui te fait rêver : La voleuse de livres

* Ton histoire d’amour : Je suis né un jour bleu

* Qu'est-ce que la vie pour toi ? Le monde attend derrière la porte

* Ta peur : Les vestiges de l'aube

* Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Breaking the wall

* Pensée du jour : Personne n'y échappera

* Comment aimerais-tu mourir ?  Le chant des âmes

* La condition actuelle de ton âme : Le Poids des secrets

* Ton rêve le plus cher : Non Stop


Si le coeur vous en dit, je vous passe le relais...

16:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

22.01.2012

Blue Jay Way, Fabrice Colin

Présentation : Julien, jeune Franco-Américain féru de littérature contemporaine, a perdu son père le 11 septembre 2001 dans l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone. Désireuse de lui faire oublier ce drame, la célèbre romancière Carolyn Gerritsen, qui l’a pris en amitié, lui propose d aller vivre à Los Angeles chez son ex-mari producteur, afin qu’il officie en tant que précepteur auprès de leur fils Ryan.

À Blue Jay Way, villa somptueuse dominant la ville, Julien est confronté aux frasques du maître des lieux, Larry Gordon, et à une jeunesse dorée hollywoodienne qui a fait de son désœuvrement un art de vivre : un monde où tous les désirs sont assouvis, où l’alcool, les drogues et les parties déjantées constituent de solides remparts contre l’ennui. Peu à peu, Julien se laisse séduire par ce mode de vie délétère et finit par nouer une relation amoureuse avec Ashley, la jeune épouse de Larry (et belle-mère de Ryan). Lorsque la jeune femme disparaît mystérieusement, il doit tout faire pour dissimuler leur liaison sous peine de devenir le principal suspect. […]

blue jay way.jpg

Mon avis.  Au préalable, un grand merci à Sonatine et à Fabrice Colin pour cette découverte.

Il est toujours délicat de se lancer dans la lecture d’un roman dont on [je] risque d’attendre beaucoup : la déception pourrait alors être à la hauteur des attentes. Deux a priori positifs pour moi ici : Sonatine dont j’ai toujours aimé l’objet livre, tout autant que le nom d’ailleurs, ainsi que les œuvres que j’ai pu lire, et Fabrice Colin que l’on ne présente plus. Allait-il pouvoir me captiver dans ce registre comme il avait réussi à le faire en littérature jeunesse ?
Si je vous dis que j’ai commencé cette lecture le dimanche et que le mercredi soir, j’arrivais au terme, vous aurez déjà quelques éléments de réponse à cette question…

Le récit se met en place progressivement avec la rencontre de Julien et Carolyn Gerritsen,  l’auteure qu’il admire et à propos de laquelle il souhaite écrire. Par ailleurs, Julien nous livre, par bribes, des éléments de son passé qui nous le présentent comme un être passablement en lutte avec ses propres démons.

De fil en aiguille, le jeune homme se retrouve à Los Angeles, Blue Jay Way précisément, "modeste résidence" de l’ex-mari de Carolyn, un producteur qui ne doit même plus savoir comment dépenser son argent. Et Julien dans tout ça ? Il est censé venir en aide et veiller sur le fils de Carolyn et Larry, un Ryan déjà détruit psychologiquement par le néant qui le submerge, malgré ses "amis",  parasites aussi douloureusement désabusés que lui. Un travail rémunéré pour Julien, cela va sans dire, rétribution infime pour le maître des lieux, substantielle pour le jeune homme.

Plongée dans un monde qu’il découvre les yeux écarquillés, mi-fasciné, mi-dégoûté. Ou l’inverse. Un monde à mille lieues de ce qu’il connaît et qu’il appréhende comme il le peut, bientôt englué dans la torpeur californienne, au sein d’un cadre sublime et enchanteur, à première vue.  Désenchanté, surtout. Une atmosphère paralysée par un soleil brûlant ; des êtres vivants (?) à l’image de ce que l’on attend d’eux dans cet univers friqué : en totale déliquescence ; "un monde où tous les désirs sont assouvis, où l’alcool, les drogues et les parties déjantées" ne constituent même plus "de solides remparts contre l’ennui"… 

Les problèmes surviennent pour le Français lorsqu’il entame une relation, "physiquement très intense", avec la jeune épouse de son patron : difficile de ne pas être capturé dans ses filets. La peur d’être surpris s’insinue peu à peu en lui, alors qu’Ashley semble, apparemment, beaucoup s’amuser de la situation. Jusqu’au jour où elle disparaît…

Ce fil conducteur est parfois interrompu par des séquences liées à d’autres personnages appartenant au passé, principalement un être brisé dès sa naissance et un autre qui a, depuis toujours, élevé le Mal au rang d’art.

Le lecteur suit ainsi à la trace (à la page) les différents destins en attendant, (im)patiemment, de reconstituer cette toile qui risque d’amener l’un ou l’autre vers une once de délivrance. Peut-être. Ou peut-être pas.

Ce fut pour moi une lecture prenante, malgré le malaise prégnant, rehaussé par la chaleur permanente de ce lieu "mirifique". Un roman qui, indéniablement, a "une (belle) gueule d’atmosphère"…

Sortie le 16 février.

12:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

17.01.2012

Scandinavie noire et blanche

Via le blog de Catherine, j'ai découvert le challenge "Scandinavie noire et blanche" organisé par Prune sur "Mon jardin de minuit" ; il me permettra de poursuivre mon exploration de la littérature nordique.

catc3a9gorie-ourson.jpg

Je m'y suis inscrite dans la catégorie "ourson", Scandinavie blanche et noire à la carte, ce qui signifie la lecture d'un roman de chacun des pays suivants : Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède ; qu'il s'agisse ou non de polars.  D'ici le 31 décembre 2013, cela ne devrait pas poser de problème Clin d'œil.

A ce jour (22/1), j'ai prévu de lire L'armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen (Finlande) ; L'homme inquiet et L'homme qui souriait de Henning Mankell (Suède) ; un roman de Jo Nesbø (Norvège) ; Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark).

21:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

15.01.2012

À la croisée des mondes, I : Les Royaumes du Nord, Philip Pullman

Présentation : ce n'était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son daemon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures.
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d'une extraordinaire particule. D'une taille microscopique, la Poussière que l'on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord, est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises...
Jetée au cœur d'un terrible conflit, Lyra sera forcée d'accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s'opposent des forces que nul ne l'avait préparée à affronter.

royaumes nord.jpgMon avis. Voici un classique de la littérature jeunesse que j’ai dans ma PAL depuis quelques mois et je l’en ai sorti pour participer au challenge de "Un mot, Des titres…". 
Hé bien, mon avis est sensiblement différent de ce que j’ai pu généralement lire sur la blogosphère. En effet, je me suis parfois (souvent) ennuyée et pourtant, ce n’est nullement dû à d’éventuelles descriptions trop longues et d'une manière générale, le "style" n’est pas en cause. Cette impression est davantage liée à des péripéties qui m’ont paru de temps à autre tirées inutilement en longueur.

J’ai lu aussi que Lyra y est très attachante : je dois alors être une des rares à être restée indifférente à cette enfant, ce qui ne fut pas le cas à l’égard de son daemon. La relation qui unit Lyra et Pantalaimon est, elle, touchante mais la jeune fille ne l’a pas été pour moi. En revanche, Iorek m’a plu, tout comme les liens qui l’unissent à Lyra.

J’ai déploré en outre, à certains moments, un côté confus dans l’apport massif d’informations.

Tout ceci pour dire que je n’ai nulle envie de lire la suite, découvrir plus avant le destin de Lyra ne m’intéresse pas ; j’avais envie de lire les derniers chapitres pour passer à autre chose, pas par curiosité...

12:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (24) |

14.01.2012

L'Éternéant, Neal Shusterman

Présentation : après un accident de voiture auquel ils n’ont pas survécu, les âmes de Nick et d’Allie se retrouvent bloquées à mi-chemin entre la vie et la mort, dans un univers qu’on appelle l’Éternéant. Il s’agit d’un lieu à la fois magique et dangereux où l’on croise toutes sortes d’âmes et d’objets errants. La reine autoproclamée de l'Éternénant, Mary Tourcélèste, a réuni ses ouailles dans un des rares buildings passé dans les limbes : les Twin Towers.

Or, Nick et Allie n’ont aucune envie de rester coincés dans ce monde bizarre ! [...]

éternéant.gifMon avis. Au préalable, un grand merci aux Éditions du Masque (MsK) qui m’ont permis de lire L’Éternéant de Neal Shusterman. Cet auteur, je l’ai découvert voici peu avec Les fragmentés qui m’a littéralement emballée. Je dois avouer que la sauce n’a pas pris de la même manière pour moi avec ce récit mais c’est simplement, me semble-t-il, en raison du lectorat davantage ciblé par cette histoire : plus jeune que celui auquel est destiné Les fragmentés (un roman très "adulte" dans lequel tous peuvent largement trouver leur "bonheur").  

Le point de départ est intéressant : les enfants morts se retrouvent prisonniers de l’Eternéant, à mi-chemin entre vie et la mort. Or il est capital d’apprendre très vite les règles qui régissent ce monde si l’on veut éviter un sort encore plus horrible, éternel.

Deux jeunes adolescents, Allie et Nick, sont propulsés dans cet espace particulier en raison d’un accident de voiture et sont amenés, dans un premier temps en compagnie de Racine, à l’explorer, allant de découverte en découverte, souvent l'occasion de réflexions relatives à la vie et à la mort. 

Deux personnages majeurs se détachent des autres : Mary Tourcéleste, sorte de bienfaitrice dont les intentions restent longtemps difficiles à cerner ; et le McGill, espèce de monstre à la difformité insoutenable, celui qui effraie irrémédiablement les enfants.

Le récit est bien écrit et empreint de mots créés pour coller à cet univers particulier mais néanmoins tout à fait compréhensibles ; la première aventure de ces êtres particuliers nommés Illumières (joli nom, n’est-il pas ?), parfois (très) attachants, parfois moins. Ce tome sera suivi de deux autres.

17:18 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10.01.2012

Rani, Jean Van Hamme et François Forestier

Présentation : 1743. Amoureuse d'un bel officier anglais, une jeune noble française, Jolanne de Valcourt, abominablement trahie par son demi-frère Philippe, est accusée à tort de meurtre et de trahison. Après avoir été marquée au fer rouge de la fleur de lys, elle est condamnée à la déportation en Inde. […]

rani.jpgMon avis. Aventures, c’est le mot qui me vient d’emblée à l’esprit pour évoquer Rani. J’ai lu à ce propos la référence au personnage dAngélique ("je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître") et l’évocation me paraît tout à fait pertinente.

De l’action, donc, à tire-larigot : spoliée, dépouillée, condamnée, sur le point d'être exécutée, Jolanne sera amenée à vivre les péripéties de plusieurs vies, ballottée, le plus souvent contre son gré, d’un endroit à l’autre lors de concours de circonstances parfois (souvent) hautement improbables. Les sauvetages inespérés ainsi que les renversements de situation sont légion mais, emportée par l’action, je suis malgré tout facilement passée outre ces nombreuses invraisemblances.

Une écriture "simple", privilégiant avant tout un rythme effréné, pourtant parfois empreinte de maladresses : je pense par exemple aux indices qui joueront un rôle dans la suite du récit et qui sont répétés à plusieurs reprises au cas où le lecteur, particulièrement novice, serait "dur de comperdure". 

Côté personnages, un petit coup de cœur pour l'adorable Chandi.

Malgré ces faiblesses, j’ai passé un bon moment, sans prise de tête, une agréable lecture "entre deux" en quelque sorte ; merci à Livr@ddict et aux Editions Michel Lafon pour ce partenariat.

14:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

04.01.2012

Blog neutre en carbone

Après le succès rencontré par l’initiative Pas de publicité SVP pour sauver un million d’arbres en Allemagne, nous avons lancé l’opération Blog zéro Carbone : une grande opération de reboisement par et pour la blogosphère. En collaboration avec I plant a tree, nous vous proposons en effet de compenser les émissions de CO2 de votre blog en plantant un arbre.

Vous aussi, prenez part au mouvement !

En participant à notre initiative Blog zéro Carbone vous pouvez nous aider à protéger l’environnement. Pour participer, c’est très simple : voici comment faire, en trois étapes !

Un petit badge sur une page (le mieux étant dans la barre de navigation de gauche, pour que le badge soit visible sur toutes les pages), et un petit article pour expliquer votre démarche, et voilà votre Blog zéro Carbone. Envoyez nous ensuite un lien vers votre blog à blog-zerocarbone@bonial.fr et nous nous chargerons, avec notre partenaire, de planter votre arbre. Celui-ci compensera tout au long de sa vie les émissions de CO2 dérivant de votre blog. C’est simple !

badge-co2_blog_bleu_125_tpt.gif 

 

14:17 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |

Le léopard, Jo Nesbø

Présentation : deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre inter-services, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur.

La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent. Ce flic s’appelle Harry Hole…

Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Harry Hole, le détective au grand cœur et à la gueule cassée, Jo Nesbø nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant.  […] Nesbø mène son récit tambour battant, comme au volant d’un bolide lancé à tombeau ouvert jusqu’à la dernière page. Un thriller magistral.

Le leopard.jpgMon avis : une brique (760 pages) reçue à la Noël (merci maman), commencée très vite et lue en une semaine.  Un "héros" comme je les aime, c’est-à-dire "avec peur et reproche", cassé, meurtri, un homme avec ses faiblesses, simplement. Enfin, pas tout à fait : il a la capacité exceptionnelle de faire fonctionner ses neurones à 200 % lorsqu’il s’agit de retrouver un assassin particulièrement retors et pervers. Quant à œuvrer à bon escient dans sa vie personnelle, c’est une autre paire de manches…

Je ne connaissais pas Jo Nesbø, ou plutôt, j’avais déjà entendu ce nom et l’avais associé, allez savoir pourquoi, à l’Afrique du Sud. Or Nesbø est norvégien, rien à voir, donc. Décidément, les polars scandinaves sont bel et bien présents sur le marché littéraire et cet auteur n’a rien à envier à Stieg Larsson et autre Camilla Läckberg, bien au contraire. Il va falloir que je remédie à ma méconnaissance en lisant les "aventures" précédentes de Harry Hole, surtout Le bonhomme de neige, afin d’en apprendre davantage sur ce personnage particulier qui a fait tellement de dégâts chez Hole.

Un Hole que j’ai découvert à Hong Kong, au fond du trou (!), animal blessé désireux de creuser son (dernier) terrier en compagnie de l’alcool et du tabac, conjugués à la drogue. C’est là que Kaja Solness, une jeune enquêtrice de la Brigade criminelle d’Oslo est chargée, dans un premier temps, de le débusquer, et dans un deuxième temps, de le ramener dans ses bagages en Norvège. Car cet "inspecteur Harry" est, selon son (ancien) chef, susceptible de les aider dans une enquête qui stagne et risque bientôt de défrayer la chronique. C’est ainsi que commencent les pérégrinations de ce duo particulier qui emmènera le lecteur d’Asie en Europe, avec incursions en Afrique, la Belgique étant d’ailleurs diablement bien présente lors de ce périple avec une arme léopoldesque particulièrement piquante...

Indépendamment de ces voyages au sens propre, le lecteur est également baladé de piste en piste, au fil des réflexions de cet enquêteur qui dépose incidemment de nombreuses traces, plus ou moins évidentes à décoder, mais elles foisonnent tellement qu’il faudrait presque en arriver à prendre des notes pour ne pas passer à côté. Ce que l’on fait de toute façon, inévitablement. Car l’enquête connaît bon nombre de ramifications, en quelque sorte à l’image du personnage central, à l’esprit toujours en alerte, à l’affût de la moindre "sensation" susceptible de le faire progresser sur ce chemin de tous les dangers ; bien vite, il est lui-même personnellement impliqué dans ce jeu macabre.

Les personnages qui gravitent autour de ce policier perpétuellement enfumé sont également psychologiquement intéressants : à côté de Kaja, elle aussi passablement "torturée", je pense particulièrement au père de Harry qui vit ses derniers jours et éprouve bien des difficultés à communiquer verbalement avec son fils ; ou bien à Bellman, le flic aux dents longues de la Kripos, prêt à "écrabouiller" quiconque se dresse sur son chemin ; ou encore au lensmann Krongli, à la double facette…

Pour l’anecdote, j’ai associé à de multiples reprises Hole à Nicolas Bedos [à propos duquel je n'ai pas encore décidé si je l'appréciais, ou pas], peut-être en raison des récentes apparitions télévisées répétées de ce dernier [et de sa taille.] Curieux quand même, n’est-il pas ?

12:20 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

30.12.2011

2011 : des livres, la vie et Bruce...

Il semblerait (pas envie de recompter attentivement) que j'aie lu 127 livres cette année (dont 8 albums/BD et deux billets de romans terminés mais à publier en janvier -LC-) ; heureusement, bon nombre sont liés à des partenariats : merci à tous, sites, maisons d'édition, attaché(e)s de presse, auteurs, amis réels ou "virtuels"... qui me donnez l'occasion de faire de bien belles découvertes.

Là pourtant nMatthys 16-12.jpg'est pas le principal et j'espère réellement que 2012 se teintera d'une palette de couleurs davantage dans les tons chauds que dans les tons froids. Il y a eu un immense soleil voici quelques semaines avec la naissance de Matthys mais beaucoup de brouillard récemment. Parce que la vie n'est pas toujours (souvent) facile et de temps à autre, si les miracles de la fiction pouvaient se mêler à la réalité, hé bien, cela ne ferait pas de tort... Pas de résolutions particulières donc, puisque je ferai comme je pourrai avec les moyens dont je disposerai.

Message personnel : Bruce, si d'aventure tu passes par la Belgique, n'oublie pas de venir me faire un petit coucou (nous sommes déjà deux à l'école à t'accueillir bien volontiers Sourire).

 

19:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

Room, Emma Donoghue

Présentation : sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

room.jpgMon avis : étrange expérience que la lecture de cet ouvrage. En effet, durant presque un tiers du livre, je suis restée à distance des deux personnages du récit : Jack et sa maman. Je découvrais petit à petit leur histoire, atroce, mais sans véritablement ressentir d’empathie. Après Robe de marié, encensé par tous, sauf moi, j’en arrivais presque à me demander si quelque chose "clochait" chez moi puisqu’il en allait apparemment de même pour Room

Apparemment seulement parce qu’une fois que la maman décide de tout mettre en œuvre pour tenter de rejoindre "l’extérieur", le lecteur est entraîné à vibrer avec Jack, tâchant de lui insuffler la force nécessaire à cette entreprise oh combien dangereuse. Je me suis alors sentie complètement concernée par le sort de ces deux personnages, proche d’eux comme rarement je l’ai été.

Virage à 180 degrés.

Place à l’émotion, tout particulièrement en compagnie de Jack, cet enfant finement observateur, découvrant que le langage peut être figuré. Lui qui a cru durant cinq ans que le monde se réduisait à cette chambre dont il connaissait les moindres recoins, cette chambre aux compagnons rassurants comme Madame Baignoire, Madame Plante, Petit Tapis, Petite Jeep, Madame Télé, Petit Dressing, Madame Lucarne. Lui qui pensait que les images retransmises par Madame Télé ne correspondaient pas au réel. Lui qui pensait que la réalité, c’étaient ces quelques mètres carrés dans lesquels sa maman et lui évoluaient, dans une relation d’amour fusionnel. Question de survie.

Quelle prouesse d’arriver à voir les choses à travers les yeux de cet attendrissant petit bonhomme qui porte un regard neuf sur les choses et, par là même, force le lecteur à faire un arrêt sur les mots, tout comme il est obligé de se poser des questions sur ce difficile (ré)apprentissage du "Dehors", au sein d’une société voyeuriste qui se permet, parfois, souvent, de porter un jugement.

Le langage particulier employé par Jack aurait pu être un frein à la fluidité du texte mais cela ne fut pas le cas en ce qui me concerne. Un ouvrage rempli d’(in)humanité que je recommande chaleureusement…  Merci à Sophie pour ce prêt Sourire


   Le bon Dieu ne montre pas sa figure aujourd'hui, Maman dit que la lumière a du mal à percer à cause de la neige.

   " Quelle neige ?

   Ca brille un petit peu en haut de Madame Lucarne, mais le reste de sa vitre est tout noir. La neige de Madame Télé est blanche mais la vraie, non : bizarre. "Pourquoi elle nous tombe pas dessus ?

   - Parce qu'elle est à l'extérieur.

   - Dans l'Espace ?  Si elle était dedans je pourrais jouer avec elle.

   - Oui, mais elle fondrait parce qu'il fait bien chaud ici."  Maman se met à fredonner et je devine tout de suite que c'est "Let It Snow". Je chante le deuxième couplet. Après je choisis "Winter Wonderland" et elle chante la mélodie avec moi, mais plus aiguë. [p. 19-20]


   " Les vautours sont là", dit Madame l'Agent Oh.

   Où ça ?

   " Pas de photos !" crie Monsieur la Police.

   Quelles photos ?  Je vois pas de vautours, juste des figures de gens avec des gros bâtons noirs et des machines qui lancent des éclairs. Ils crient mais je comprends pas. [p. 203]


   " - Qu'il est chou !" répond la dame au tablier.

   Je ne suis pas un chou. Maman m'explique en chuchotant que la dame m'aime bien alors je dois la laisser m'appeler comme ça. [p. 244]

14:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

29.12.2011

Flop, flop, flop

Présentation : c’est l’histoire d’une jeune fille que j’ai nommée Alice Arcania. Aussi mystérieuse qu’étrangement intelligente, elle tente de recommencer sa nouvelle vie à Seattle. C’est une fille simple mais avec des passions légèrement hors du commun. Ancienne sériephile, elle découvre le Monde autrement que derrière un écran d’ordinateur. La vraie réalité s’offre à elle lorsqu’elle commence à travailler au FBI. Cannibale, tueur en série, psychopathe en furie, protection des témoins, agent double… Alice se voulait au pays des Merveilles mais elle se retrouve au pays des crimes et ça ne la gêne pas. Elle excelle même dans ce domaine.

Ceci est la présentation d'Alice au pays des crimes d'Alisone H. Rutcity, reçu en partenariat avec Les Agents Littéraires.

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Mon avis sera bref étant donné qu’il m’a été impossible de poursuivre la lecture de ce roman. Après une petite centaine de pages, non seulement je ne prenais pas de plaisir à me plonger plus avant dans l’histoire, mais surtout, cette découverte devenait extrêmement pesante et je n’imaginais pas pouvoir tenir jusqu’au bout (près de 500 pages). 

Où donc le bât a-t-il blessé ? Alors que le début m’avait paru quelque peu prometteur avec l’espèce de jeu entre le narrateur et le lecteur ou encore les multiples références aux séries télévisées, bien vite, j’ai été ennuyée, puis franchement agacée, par les nombreuses erreurs de tous ordres : orthographe, "style", ponctuation, répétitions. Bien sûr, par mon métier, j'y suis sans doute plus sensible que d’autres lecteurs, mais elles en arrivaient réellement à gâcher la lecture. Se sont alors ajoutées les invraisemblances liées à l’intrigue : dans cet ouvrage, j’aurais pu moi-même travailler pour le FBI sans que cela ne pose problème à quiconque. Il me semble qu’un minimum de recherche est nécessaire pour que les péripéties soient plausibles. Elles ne l’étaient nullement. Ou alors, il aurait fallu que le lecteur se retrouve dans un récit complètement déjanté, un genre de parodie, mais ce n’était pas non plus le cas. 

Pour être franche, j’avais l’impression, toute proportion gardée eu égard à la longueur du texte, de lire une copie d’élève nécessitant de nombreuses annotations, remarques, corrections. Autrement dit, ce livre me paraît être un premier jet intéressant. Mais seulement un premier jet. Il aurait dû être sérieusement remanié avant publication.

C’est donc un coup dans l’eau, pour moi, à tout le moins.

12:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28.12.2011

Swap "Noël en hiver"

Je m'étais inscrite, voici quelque temps, au swap "Noël en hiver" organisé par Juliah ; en recherche d'une "swappée/swappeuse", j'ai alors proposé à briggy13 de "binômer" avec moi et elle a accepté.

Voici donc le contenu de ce colis arrivé en cette période festive...

L'ensemble, à l'intérieur et à l'extérieur de la boîte ; les gourmandises : chocolat et café ; les surprises : post-it, surligneurs et superbes boucles d'oreilles ; décorations de Noël accompagnées du Père Noël ; marque-pages et livres : La captive de l'hiver de Julie Kagawa, Les trois crimes de Noël de Christian Jacq et Entre Dieu et moi, c'est fini de Katarina Mazetti (qui était dans ma "wish-list").

Un tout tout grand merci à briggy13 qui a accepté de se lancer dans cette aventure avec moi alors que nous ne nous "connaissions" pas (même pas virtuellement) !

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11:21 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

20.12.2011

Le Projet Shiro, David S. Khara

Présentation. 1957. États-Unis, Maryland. Centre de recherches bactériologiques de l'armée américaine. Le professeur Jane Woodridge mène des expérimentations à haut risque. Soudain, l'alarme retentit...

De nos jours, République tchèque. Au mauvais endroit, au mauvais moment ! Fuyant ses problèmes conjugaux, Branislav Poborsky se rend chez ses parents. Sur la route, il découvre un village bouclé par la police et voit sa vie basculer...

Lorsque son mentor se fait enlever, l'agent du Mossad Eytan Morgenstern doit faire équipe avec sa rivale. Enrôlé de force dans un combat qui n'est pas le sien, il devra tout tenter pour mettre fin aux agissements d'un mystérieux groupuscule entré en possession d'armes de destruction massive. Quand vos ennemis d'hier deviennent vos meilleurs alliés, quand l'humanité semble prête à répéter les erreurs du passé, que peut bien faire un homme contre la folie qui ne va pas manquer de suivre...

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Mon avis. Après Non Stop, je ne vais de nouveau pas me démarquer de bon nombre de blogueurs puisque j’ai lu Le Projet Shiro et cela, pendant les examens (si c’est pas de la procrastination, ça). Bien avant la première page, je me réjouissais de refaire un bout de chemin au côté d'Eytan, ce "géant vert" aux énormes paluches rencontré dans Le Projet Bleiberg. Et d’emblée, j’ai eu l’impression de retrouver quelqu’un d’appréciable laissé temporairement au bord de la route, un compagnon côtoyé l’espace de quelques heures mais avec lequel  le courant est passé.

Première constatation : l’humour qui, chez moi, avait fait mouche lors de la lecture du Projet Bleiberg est toujours présent et j’en suis ravie ; il est une composante majeure de ces récits, comme s’il était indispensable de décompresser face à un propos lourd, presque indicible.

S’immisce malgré tout assez vite en moi, progressivement, un malaise insidieux lorsqu’Eytan est forcé de collaborer avec Elena, son ennemie "wonderwomanesque", aussi chaleureuse qu’un pain de banquise, dénuée de tout sentiment, à la Kristanna Loken dans Terminator 3 : Le soulèvement des machines.  Conséquence : je reste sur le qui-vive, très attentive aux mots, parce je me dis que cette sculpturale beauté glaciale n’aura de cesse d’éliminer Eytan ; je me devais donc de rester vigilante (comme si, je pouvais avoir une quelconque influence sur l’évolution de l’action !).

Un duo d’enfer (on ne peut mieux dire) donc, chargé de retrouver la trace d’un groupe qui semble s’être procuré une arme bactériologique… Les pièces du puzzle s’assemblent petit à petit, au fil des flashbacks qui permettent d’écrire la trame de cette intrigue d’où l’Homme ne ressort nullement grandi. Au contraire. Des faits à travers lesquels la souffrance et la douleur n’ont d’égales que la cruauté.

De nouveau beaucoup d’efficacité dans cette enquête mâtinée d’Histoire ; un fil que l’on déroule l’air de rien, au rythme des pages qui se tournent, presque animées d’une vie propre, tant la curiosité est pressante… 

Pour info., Le Projet Bleiberg vient de sortir en format poche : un beau cadeau pas cher Clin d'œil

15:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

16.12.2011

Non Stop, Frédéric Mars

Bombes humaines. (Non) STOP. Cœurs explosifs. (Non) STOP. Fausses pistes. (Non) STOP.  Ingénieux terroristes.  (Non) STOP. Cruauté humaine. (Non) STOP. Hyperréalisme. STOOOOOOOOP.

Présentation (mais est-il encore bien utile de présenter cette "belle brique" ?) : 9 septembre 2012, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz Mc Geary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. […]

La cavale sans fin de ceux qu'on appelle les Death Walkers, les marcheurs de la mort, ne fait que commencer.

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Circonstances : il m’arrive parfois de n’avoir pas envie de lire un roman dont tout le monde parle et qu’il "faut" à tout prix avoir lu.  Ainsi, en son temps, je me faisais presque une joie de dire que je n’avais pas lu le Da Vinci Code, alors que tous, ou presque, l’avaient lu et (presque) tous l’avaient apprécié.  J’ai fini par le lire, bien sûr (?), une fois le soufflet retombé [et pour info., l’avais aimé mais pas trouvé exceptionnel].

Comment donc ne pas avoir entendu parler de Non Stop, à moins de s’être exilé, ces derniers mois, au fin fond de l’Amazonie ? Bon nombre de blogueurs avaient eu l’occasion de le découvrir bien avant sa sortie.  Pas moi. J’ai alors participé à tous les concours permettant de le gagner et l’effort fut payant. 

Pourquoi cet empressement ?  Pour deux raisons : la première, c’est que la 4e de couverture est on ne peut plus alléchante et je sentais que je risquais fortement d’apprécier, d’autant que les allusions à 24h chrono fusaient de toutes parts et c’est une des rares séries que j’ai pris plaisir à regarder. En fait, c’était presque couru (marché !) d’avance que j’accrocherais. 

La deuxième, c’est que j’avais beaucoup apprécié Le sang du Christ du même auteur, bien sûr à mille lieues de celui-ci, mais je partais dès lors avec un a priori positif. Quelle pression donc sur les épaules de Frédéric Mars car plus on attend d’un roman, plus la déception est grande si la sauce ne prend pas aux yeux du lecteur. Bien heureusement, il n’en a jamais eu conscience. Ouf.  Alors ?

Mon avis : hé bien, indéniablement, inévitablement même, la sauce a pris, à tel point que les "pauses lecture" censées émailler les longs moments de corrections (examens de français) ont alors changé de visage : il s’agissait, à partir du moment où j’ai commencé à suivre John Artwood et Sam Pollack (et en chaise, ce ne fut pas évident, n’est-ce pas, j’en ai usé mes pneus !), de "pauses corrections" entre les heures de lecture. Car une fois que l’on est pris dans cet engrenage, à l’instar des malheureux protagonistes, on continue, inexorablement. Rassurez-vous, je disposais de temps entre le jour des examens et celui des conseils de classe…

Alors, 24 h ou pas 24 h ?  Le rapport est évident, renforcé d’ailleurs par un petit clin d’œil à Jack Bauer, évoqué par Grâce, la fille de Pollack.

  "-   J’ai été comme embauché de force par le Homeland Security.

   -   Ils t’ont confondu avec Jack Bauer, ou quoi ?

   -   Très drôle." [p. 235]

Cela dit, l’action ne se concentre pas sur 24 heures mais s’étale sur 3 jours.  Non stop (facile !).  Au cœur (!) de cette intrigue, un président Cooper à l’image "obamesque" ou "palméresque", selon que l’on compare à la réalité ou à la fiction télévisée.

Côté personnages, impossible pour moi de rester indifférente aux divers protagonistes, y compris ceux "de passage" et qui y laisseront ou pas la vie ; me restent ainsi en mémoire tout particulièrement l’obstétricien de Houston ou Earl, compagnon d’infortune d’une des personnalités du récit, ou encore le cardiologue Kyle Retner "au faux air d’Harrison Ford". 

Quant aux autres, chacun est subtilement dépeint et le lecteur prend plaisir à assembler les pièces de chacune des personnalités au rôle affirmé : un Sam Pollack meurtri onze ans auparavant et qui ne peut/veut se reconstruire, une Liz Mc Geary exceptionnelle de professionnalisme, "encarapacée" au maximum, une Grâce touchante dans la détresse qu’elle s’efforce de cacher (héritage paternel, sans doute), un bostonien Benton que l’on en arrive à aimer détester de moins en moins, un président Cooper humaniste, une terroriste dévouée corps (!) et âme à sa cause.  Finalement, indépendamment des terroristes, un se détache du lot, le genre d’ignoble personnage qui ne mérite que le mépris : Edgar Wendell…

La plume de Frédéric Mars est agréable à lire, terriblement efficace et emporte le lecteur aux quatre coins des États-Unis, ou ailleurs, durant cette course effrénée ; les lieux sont abondamment décrits sans que cela nuise jamais au rythme haletant du récit.  Chapeau bas pour cet hyperréalisme qui fait froid dans le dos et a dû demander une abondante recherche.  Admirative, je suis. À noter également la présence d’humour, çà et là, malgré le propos.

Si je me permettais, et juste histoire de faire la fine bouche, ne demeurent que deux choses que personnellement, j’aurais tournées différemment : le sort réservé à Grâce (à vous de découvrir ce à quoi je fais allusion), ainsi que les derniers éléments relatifs à Sam et Liz.

   "L’automne avait choisi cette nuit-là pour faire son retour, précoce. Des vents froids balayaient les avenues sans rencontrer désormais d’autres obstacles que les poubelles éventrées et des détritus.  Le plan quadrillé favorisait leur circulation, offrant des courants d’air salvateurs en été, qui viraient au blizzard dès les premières fraîcheurs. 

   Les seuls véhicules encore de sortie étaient des patrouilles de police. Même les taxis avaient déserté la ville, faute de clients, ou par peur que les derniers d’entre eux ne soient l’un de ces passagers explosifs. Comme le prévoyait le niveau d’alerte 5, tous les bâtiments publics et tous les transports étaient fermés. Des barrières vert sapin interdisaient l’accès aux bouches de métro." [p. 259]

Vous l'aurez compris, j'ai adoré Non Stop et vous le recommande...

16:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (11) |

La Maison de Soie, Anthony Horowitz

Présentation : Un an après la mort de Sherlock Holmes, Watson entreprend de consigner l’une des enquêtes les plus noires qu’il a menées avec le célèbre détective...

Londres, novembre 1890. Edmund Carstairs, marchand d’art, craint pour sa vie. Faute de preuves, Holmes ne peut qu’attendre. Le lendemain, ce n’est pourtant pas d’un meurtre, mais d’un vol dont Carstairs est la victime. Holmes l’avait prévu. Ce qu’il ne pouvait imaginer, en revanche, c’est qu’en confiant à Ross, l’un des Irréguliers de Baker Street, la charge de monter la garde, il l’envoyait en fait à la mort. Et qu’avec ce meurtre horrible, c’était ce que Londres a de plus sordide qui se révélait aux deux enquêteurs... "La partie reprend." Et cette fois, Holmes et Watson n’en sortiront peut-être pas indemnes.

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Mon avis.  Au préalable, merci à Livraddict et Hachette Jeunesse pour cette découverte, double, en ce qui me concerne : à la fois celle de la plume d’Anthony Horowitz dont j’ai déjà entendu le nom, bien sûr, mais que je n’avais jusqu’alors jamais lu, mais aussi celle de Conan Doyle dont je ne connais finalement que très peu l’œuvre ; cette lecture m’a permis en quelque sorte de "réactiver" un univers presque oublié. Par conséquent, je ne peux être qu’un piètre juge à propos de la manière dont Horowitz a réussi à prolonger l’œuvre du maître ; pourtant, autant l’écriture que l’atmosphère, ou encore les fines observations/déductions de l’enquêteur, proposées par Horowitz, me paraissent cadrer  de manière pertinente avec l’œuvre originale. 

Indépendamment de la "double enquête" apparente [commencer à investiguer au sujet de la menace qui plane sur un marchand d’art, Edmund Castairs, et se retrouver confronté à l’assassinat, particulièrement horrible, d’un de "ses Irréguliers de Baker Street"], j’ai particulièrement apprécié l’atmosphère dans laquelle est amené à évoluer notre duo : Londres, 1890, noyé dans un brouillard qui opacifie les êtres, les lieux, ainsi que des agissements sur lesquels il s’agira de faire la lumière, une espèce de chape brumeuse de mauvais augure, qui recouvre tout, laissant planer, çà et là, des relents de Jack l’Eventreur.

En outre, la société de l’époque est critiquée "l’air de rien" : celle qui se débarrasse de ses enfants pauvres dont elle ne sait que faire, comme on se décharge d’un fardeau, à peine trop lourd ; un aspect du roman important, me semble-t-il, à côté, bien évidemment, des neurones holmesiens perpétuellement en action.

Je pense que ce roman risque bien de ravir, aussi, les amateurs et/ou spécialistes de Holmes et Watson…

10:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

07.12.2011

Swap "Fais-moi frémir !"

C’est avec Océane, alias Vozrozhdenyie, que j’étais alliée dans le cadre du swap "Fais-moi frémir !".

Or Vozrozhdenyie, en Chattamiste émérite, a réussi à manœuvrer tellement habilement que le colis est arrivé à la maison le jour de la Saint-Nicolas (j’ai ainsi été fêtée) et, cerise sur la gâteau, j’étais là pour le recevoir.  Il fallait avoir bien enquêté pour savoir qu’un jour plus tôt (soit lundi) ou plus tard (soit mercredi), je n’aurais pas été là pour le réceptionner.  Perspicace, Voz.

Découvrez donc les photos …

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Côté gourmandises : barres de chocolat et sucettes, accompagnées de dosettes de Nescafé (sans Georges Clin d'œil).

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Deux marque-pages : l’un en cuir (!) du musée Sherlock Holmes et l’autre, chattamesque comme il se doit.

        Surprises : des DVD’s  réalisés à partir de l’œuvre de Stephen King à savoir Ca, The tommykonckers, La peau sur les os et Carrie.

Et les livres me direz-vous ? Hé bien coïncidence : alors que je suis présentement en train de lire La Maison de Soie d’Anthony Horowitz pour un partenariat LA, il se fait qu’a surgi de la boîte Good Night Mr Holmes de Carole Nelson Douglas. Et le nec plus ultra, à propos duquel je nourrissais d’ailleurs quelques soupçons en raison d’indices glanés çà et là sur le Net, La promesse des ténèbres de Maxime Chattam à qui Voz voue, je crois, une passion sans borne. Et dédicacé s’il vous plaît !!!

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Une énigme chattamesque est venue chapeauter le tout (que je n’ai pas réussi à résoudre dans sa totalité) dont la solution m’a été donnée par mon chouchou à moi : Bruce en personne.  Willis, of course.  A défaut de Georges…

Un tout grand merci Voz pour ce colis "frémissant". 


 

21:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (9) |

06.12.2011

"Dis maman...?" Histoires mère veilleuse, Lore Leight

Présentation : C’est l’histoire de Déya, petite fille de 7 ans. 7 ans de joie, de rire, de légèreté. 7 ans de curiosité de la vie. Une enfant simple, et unique en son genre. C’est l’histoire de Déya, petite fille de 7 ans, le cœur plein de questions : « Dis maman… ? »

Quand magie et poésie s'unissent pour vous conter le rêve. Quand tout finalement nous ramène à l'essentiel : la quête de l'amour inconditionnel.

Car qu'est-ce la vie, après tout, si ce n'est se hâter de grandir pour chercher toujours à retrouver notre âme d'enfant ? "

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Mon avis. Merci aux Agents littéraires pour la découverte de ce livre un peu particulier dans lequel je vous invite à entrer présentement, presque sur la pointe des pieds, comme s’il était question de ne pas déranger les personnages qui vont vous y accueillir, très joliment illustrés par Thomas Ros.

Un livre à mille lieues des courses effrénées que l’on parcourt de temps à autre, un livre par lequel on doit prendre le temps de se poser. Un livre destiné (à être lu) aux enfants… ou à ceux que nous sommes tous (je l’espère) restés. Des pages relatant cinq contes, histoires de "mère veilleuse" (le titre lui-même n’ouvre-t-il pas déjà la porte du rêve ?) à la saveur très poétique, des mots joliment tournés pour mettre en lumière des sentiments, des relations importantes entre les êtres humains, quelquefois occultés et qu’il s’agit de raviver, à l’instar du Karumaï, cadeau magique que chaque enfant reçoit à sa naissance et parfois oublié… En outre, si le cœur vous en dit (expression qui prend ici tout son sens), un "arbre de transmission" vous est offert en fin d’ouvrage pour que la mémoire de ces mots ne se perde pas…

   "Et vous partez ensemble, main dans la main, vous promener, pour sentir la terre sous vos pieds nus ; comme c’est rafraîchissant !  À chaque pas que vous faites, une bulle légère et brillante sort de terre, s’envole, flottant dans l’air et au contact d’un rayon de soleil, se transforme en papillon."

Je vous convie à entrer dans cet agréable nuage… 

16:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03.12.2011

Robe de marié, Pierre Lemaitre

Circonstances : j’ai offert ce roman à ma maman voici quelques mois en raison des critiques souvent élogieuses trouvées sur le net. Elle ne l’a pas du tout aimé et au fil de sa lecture, l’évoquait généralement de manière négative. Je lui avais alors dit de l’abandonner, que la lecture se doit avant tout d’être un plaisir mais non, elle voulait absolument le terminer. Elle me l’a ensuite prêté et je m’y suis mise il y a peu. Hé bien, je comprends tout à fait qu’elle ne l’ait pas apprécié…

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Présentation : nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite ; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Mon avis. Quatre parties inégales, aux points de vue différents, découpent le récit et pour chacune, mon impression a varié. Et si j’avais dû m’arrêter à la deuxième, mon avis aurait été (presque) exclusivement négatif. Mais ce n’est pas si simple…

La première partie se focalise sur Sophie, une jeune femme tout à fait déstructurée et "psychologiquement très malade", que l’on découvre presque avec horreur au fil des pages. Pourquoi "presque" ? Tout simplement parce que cette facette du personnage me paraissait en quelque sorte trop "uniforme" et j’avais l’impression qu’il devait y avoir, derrière cette façade complètement fissurée, autre chose. De fait. C’est donc le mot "curiosité" qui a prévalu durant ces pages : l’envie d’en savoir davantage, sans qu’il s’agisse pourtant d’un insoutenable suspense…

La deuxième partie ouvre sur un second personnage, masculin cette fois : Frantz. Impossible de dire grand-chose à son sujet sans trop en dévoiler. S’est alors ouvert sous mes pieds un gouffre d’une horreur incommensurable et s'en est suivi un malaise profond : je me suis identifiée à la victime de cette ordure à tel point que j’aurais bien arrêté là ma lecture. C’est d’autant plus curieux que j’ai terminé il y a peu Les morsures de l’ombre (billet à venir car LC de janvier) où la victime souffre aussi énormément mais l’effet a été totalement différent sur moi ; il est vrai que "l’identification" était moins aisée pour de multiples raisons.

La troisième partie prolonge "simplement" la deuxième et le gouffre restait béant mais j’avais recouvré mon souffle, bien décidée à découvrir le "fin mot" de l’histoire.

Heureusement, survient la quatrième partie qui m’a (presque) réconciliée avec l’ensemble : je me suis en quelque sorte délectée de ces mots qui, enfin, permettaient de "remettre les choses à leur place". Je ne me serais pas crue cruelle à ce point, par procuration en tout cas. On résout alors bien vite l’énigme du titre mais peu importe, le principal demeure ce qu’il advient. À l’un et à l’autre. Avant le magistral coup de théâtre final.

Bref, un bilan quelque peu mitigé pour moi, éloigné des éloges de la blogosphère...

16:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (13) |

01.12.2011

Le poids des secrets, T. 4 : Wasurenagusa, Aki Shimazaki

Présentation : Après un premier mariage raté, Kenji Takahashi découvre qu'il est stérile. Accablé, il quitte la maison familiale. Seule compte encore pour lui sa nurse, Sono. Lorsqu'il fait la connaissance de Mariko, qui vit seule avec son fils Yukio, il en tombe amoureux et l'épouse contre l'avis de ses parents, qui le déshéritent.

Quarante-six ans plus tard, retraité et affaibli, il recherche les traces de Sono. Au moment où il retrouve sa tombe, sur laquelle est inscrit le nom de la fleur de myosotis (wasurenagusa), il découvre le secret de ses origines et le malheur qui a frappé ses parents.

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Mon avis : j’ai choisi de lire ce quatrième volet de la série Le poids des secrets intitulé Wasurenagusa dans la cadre du challenge "Un mot, Des titres…" organisé par Calypso.

C’est avec un plaisir toujours renouvelé que je retrouve l’écriture particulière d’Aki Shimazaki : des phrases d’une grande sobriété, épurées, tellement empreintes de poésie et intensément porteuses de sens.

Je dois pourtant avouer que je crois avoir été un petit peu moins touchée par cet opus qui met en scène Kenji, le père adoptif de Yukio. Je dis "je crois" car du temps s’est écoulé depuis que j’ai lu les précédents et il m’est devenu assez difficile de comparer. Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression d’être restée, cette fois, davantage à distance du personnage principal mais cela ne signifie pourtant nullement que je suis déçue. Il ne me reste plus qu’à lire le cinquième tome, Hotaru, et par la suite, idéalement, je devrais relire l’ensemble afin d’y porter un regard neuf, voire différent...

16:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |

27.11.2011

Delirium, Lauren Oliver

Présentation : Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour "la Procédure", Lena fait une rencontre inattendue… […] "Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge."

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Mon avis : dans le cadre de mon exploration des mondes dystopiques, je tenais absolument à lire Delirium afin de le proposer éventuellement à mes élèves. S’il y a bien un roman pour lequel l’adverbe "éventuellement" n’est maintenant plus de mise, c’est celui-ci. Je remercie Black Moon pour cette belle découverte…

Encore une dystopie, me direz-vous ? Hé bien oui, mais ce n’est pas avec celle-ci que je risquais de me lasser.

Comme dans tout récit de ce type, la société apparemment parfaite existe. Apparemment. Cette fois, c’est l’amour qui a été éradiqué car source de bien des maux. C’est ainsi que vers l’âge de dix-huit ans, les jeunes sont évalués et subissent, quelque temps après, ce que l’on nomme le Protocole : une opération destinée à supprimer, dans le cadre d’un avenir aseptisé, tout sentiment amoureux.

(Magda)Lena compte les jours la séparant de cette étape fondamentale de sa vie, à la fois animée par l’impatience (qui n’attendrait pas le bonheur promis ?) et l’angoisse (même si les bienfaits de ce futur (in)connu lui sont ressassés depuis son plus jeune âge, entre autres par sa tante Carol et son oncle William chez qui elle vit, elle ne peut qu’être nerveuse et le redouter malgré tout).

La dictature chère aux dystopies est ici centrée sur l’amour, l’amor deliria nervosa, maladie qui a pu être éliminée grâce au Protocole auquel chacun est tenu de se soumettre. La société est si bien formatée que les proches œuvrent dans ce sens et prêtent, si nécessaire, main forte aux représentants de l’autorité pour contraindre quiconque aurait éventuellement choisi de ne pas obéir à la Loi, à l’instar du soleil qui étend sa chape de plomb sur tous.

J’ai fort apprécié, dans ce récit, l’évolution de Lena qui avait, jusqu’alors, réussi à faire taire la faible voix qui, de temps à autre, s’immisçait dans ses pensées et ouvrait la porte à bien des questions. Survient alors Alex qui déstabilise la jeune fille mais combien est-il difficile de gommer des années de conditionnement. Même quand sa meilleure amie, Hana, ne cesse de l’interpeller à ce sujet. Et surtout si la dramatique destinée de sa maman décédée lui rappelle, jour après jour, qu’elle ne doit en aucun cas être contaminée. Quoique…  Point de facilité donc pour la jeune fille, tiraillée en son for intérieur. Alex est pour sa part attendrissant de lucidité. L’éblouissante Hana permet aussi à Lena de progresser. Je m’en voudrais d’oublier de citer Gracie, la petite cousine de Lena, au mutisme tellement éloquent.

Les couleurs, superbes, abondent paradoxalement dans cette ville terne et sans beauté, à travers le regard de Lena, nouveau, ou plus exactement différent. Principalement grâce à sa relation avec Alex, magiquement décrite mais sans mièvrerie aucune.

   "Nous atteignons le sommet de la côte, pantelants tous trois à cause de l’ascension, et découvrons la baie qui se déploie sur notre droite, semblable à une immense carte aux bleus et aux verts éclatants. Hana retient son souffle. La vue est époustouflante : dégagée et parfaite. Le ciel est rempli de nuages pommelés qui m’évoquent des oreillers de plume, les mouettes décrivent des cercles paresseux au-dessus de l’eau, et les oiseaux au loin forment des motifs qui s’éparpillent aussitôt." [p. 78]

La fin monte en puissance et bouleverse, les dernières pages sont emplies d’émotion. 

  Je préfère mourir selon ma propre volonté plutôt que vivre selon la leur.

20:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

25.11.2011

Angel, T. 1, L. A. Weatherly

Présentation : Willow sait qu’elle est différente des autres filles. Et non pas seulement parce qu’elle aime réparer les voitures. Willow a un don. Elle peut regarder à travers les gens et voir leurs futurs, connaitre leurs rêves, leurs espoirs et leurs regrets, juste en les touchant. Mais elle n’a aucune idée d’où lui vient ce pouvoir.

Mais Alex, lui, le sait. Splendide et mystérieux, Alex connait le secret de Willow et a reçu la mission de la tuer. Les forces obscures derrière Willow la rendent dangereuse – et irrésistible. […]

angel1.jpg

Mon avis : je dois bien avouer que ce roman ne m’attirait, a priori, pas particulièrement mais puisqu’il me paraissait susceptible de plaire à mes élèves, je n’ai pas trop tardé avant de m’y lancer.  Et je ne le regrette pas.  J’ai été d’emblée emballée par l’histoire et les deux personnages principaux, qu’il s’agisse de Willow, en raison de ses particularités, tant officielles qu’officieuses, ou d’Alex, ce T.A. (Tueur d’Anges) dont on se méfie beaucoup dans un premier temps mais qui devient bien vite attachant, lui aussi.

Même si je ne suis pas du tout une "spécialiste des anges", j’ai vraiment apprécié le traitement original du statut de ceux-ci qui, c’est peu dire, sont très loin de l’être vis-à-vis des humains. À partir de cette situation peu conventionnelle, l’action démarre sur les chapeaux de roue, au sens figuré comme au sens propre d’ailleurs, puisqu’Alex sillonne le pays au fil de ses "missions". La suite est plus convenue puisque l’on imagine très vite dans quelle direction progressent les relations entre les deux jeunes adultes. Cela ne serait pas trop dérangeant si le récit ne s’étendait si longuement, inutilement me semble-t-il, sur cette romance par trop teintée (noyée) de guimauve. Dommage car durant cet étalage de bons sentiments où Willow et Alex, pourtant seuls au monde, ne succombent jamais à "la tentation", le temps s’étire (pour le lecteur, s’entend) et l’on attend que l’action redémarre. Et elle redémarre heureusement à tel point que finalement, je lirais volontiers le tome 2 !

Merci à Gallimard Jeunesse qui m’a donné, en tant que chroniqueuse onlitplusfort, l’occasion de faire cette découverte.

20:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

22.11.2011

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Présentation : "La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. […]"

Merci à PriceMinister qui m'a donné l’opportunité de recevoir ce livre de Delphine de Vigan, auteure que je n’avais jamais lue jusqu’à présent ; ce fut l'occasion de participer à cette "Rentrée littéraire" 2011.

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Mon avis ? Il m’est quelque peu difficile de donner mon avis sur ce récit dans le sens où j’ai l’impression que je ne peux nullement me le permettre, moi, tant il serait malvenu de "porter un jugement", en quelque sorte.

Alors je vais me contenter d’évoquer pêle-mêle quelques impressions ressenties au fil du texte, après avoir été attirée, d'abord, par la superbe couverture...

La première, c’est que le texte se lit aisément (si j’ai pris mon temps, c’est que ce "roman" était lu uniquement le soir) et que j’en ai véritablement goûté l’écriture qui arrive à devenir poésie malgré la dureté du propos. Il s’agira que je poursuive ma découverte de l’auteure, ne serait-ce que pour retrouver cette saveur.

À plusieurs reprises, je me suis dit (car c'est un livre qui donne à "cogiter", inévitablement) que les actes que l’on pose peuvent avoir des répercussions que l’on est loin de mesurer ; combien le passé peut-il devenir source de bien des dégâts. Apparents. Ou non. Ou à travers les mots écrits après. Ou pendant. Et cachés. Ou pas. 

Le cheminement de Delphine de Vigan est interpellant : très souvent, elle s’interroge sur la pertinence, sur le besoin, sur le droit, sur le devoir d’écrire (sur) Lucile ; le lecteur aussi. Quel parcours difficile à retracer. Dur. Empreint de souffrance, exprimée et aussi tellement indicible. Quel poids terrible à porter pour Lucile que cette cellule familiale (ce père) grandement éprouvée par le malheur ; quel poids aussi pour ses filles, Delphine et Manon, souvent obligées d’inverser les rôles théoriquement dévolus à la mère et aux enfants. Devoir soutenir, vaciller, en tentant de ne pas être submergées.

Finalement, j’ai été touchée et véritablement bouleversée par moments ; à d’autres, je suis davantage restée à distance, sans que rien ne l’explique vraiment…

19:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

18.11.2011

Fils-des-Brumes, T. 1 : L'empire ultime, Brandon Sanderson

Présentation : Les brumes règnent sur la nuit, le Seigneur Maître sur le monde.

Vin ne connaît de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de mille ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux. Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un projet fou : renverser l’Empire.

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Mon avis : au préalable, un tout tout grand merci à Livr@ddict et au Livre de Poche pour ce partenariat qui m’a procuré des heures de lecture intense. C’est dans de pareilles occasions que l’on aimerait être en congé permanent afin de ne pas devoir s’interrompre ou en tout cas, le moins possible (dormir est aussi importantClin d'œil).

Je n’ai découvert Brandon Sanderson qu’il y a peu avec le tome 1 d’Elantris, que j’avais d’ailleurs bien apprécié ; cependant, je dois dire que j’ai trouvé ce premier opus de Fils-des-Brumes, L’empire ultime de qualité supérieure ; il me paraît plus abouti, plus réfléchi, plus nuancé.

Que dire du propos ? Bien sûr, il s’agit de la rencontre magique (!) entre Kelsier, célèbre voleur de l’Empire et surtout, rescapé de l’Enfer, et Vin, gamine des rues qui a grandi au sein de bandes de voyous, en compagnie de son frère Keer. Elle a réussi jusque-là à survivre malgré l’abandon de ce dernier qui lui a laissé pour seul héritage un leitmotiv lancinant : "tout le monde te trahira, Vin.  Tout le monde". Alors quand Vin rencontre Kelsier et sa bande, finalement pas si antipathiques, elle se laisse à peine approcher ; quant à l’apprivoiser, inutile même d’y songer.  Encore que…

Tandis qu’à Elantris, la saleté est omniprésente, ici, c’est la cendre qui recouvre tout, à l’instar de flocons noirs qui ne cessent de tomber. Le soir arrivé, les brumes prennent possession des rues et les skaa, peuple misérable exploité jusqu’à la mort, préfèrent alors se calfeutrer en leur masure pour éviter d’affronter les sinueuses langues brumeuses…

La magie a droit de cité dans Luthadel et brille par son aspect peu conventionnel : les métaux apportent à ceux qui pratiquent l’allomancie tantôt la force (le potain), tantôt une perception particulièrement affinée (l’étain), tantôt la faculté de percevoir qui pratique cet art des métaux (le bronze), tantôt encore le don de ne pas être perçu par d’autres alors que l’on est en train d’user de la puissance des métaux (le cuivre)…  Kelsier va initier Vin à cette force présente en elle dont elle n’avait pas encore réellement perçu les effets.

Outre l’écriture qui "donne à voir" les événements, j’ai apprécié découvrir cette magie pour le moins originale, ainsi que les personnages qui me paraissent nuancés dans le sens où certains se posent bon nombre de questions, acceptant parfois de n’en pas trouver les réponses, alors que d’autres évoluent, imperceptiblement, y compris ceux qui semblaient quelque peu enferrés dans leurs préjugés.

Impossible de passer en revue tous les protagonistes majeurs mais chacun, selon moi, est rendu attachant d’une manière ou d’une autre : bien sûr Vin et Kelsier occupent le devant de la scène mais aux côtés de ces personnages hauts en couleurs gravitent des "seconds couteaux" extrêmement dignes d’intérêt. C’est le cas de Sazed, le mystérieux Terrisien dévoué à Vin, Gardien d’un savoir qu’il s’efforce de nourrir chaque jour ; Hammond, le Cogneur philosophe à ses heures ; Brise, l’Apaiseur au regard réaliste ; Dockson, compagnon émérite de Kelsier ; Clampin, le bougon, officiellement maître charpentier, officieusement Enfumeur ou encore Marsh, frère de Kelsier et Traqueur émérite. Dans le clan ennemi, Le Seigneur Maître est particulièrement percutant, assisté de ses obligateurs et autres Inquisiteurs d’Acier aux yeux percés de clous. Sans oublier Elend Venture. Ah, Elend, tout un programme, ce jeune noble séduisant, par définition du "mauvais côté", et particulièrement sensible au(x) charme(s) de Vin. La réciproque est vraie. Mais rien de bon ne peut advenir d’une relation entre une skaa et un noble…

Je pense avoir été suffisamment (trop) longue mais ce récit est tellement dense que j’estimais pouvoir prendre cette liberté. J'espère vous avoir donné l'envie d’entrer dans cet univers…

19:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

13.11.2011

"Aller-retour entre théâtre et cinéma"

Je m'étais inscrite ce samedi à une formation intitulée "Aller-retour entre théâtre et cinéma" organisée par le Manège Mons et animée par Jaco Van Dormael. Je dois bien avouer que je m'étais aussi décidée en raison du formateur. 

Bien m'en a pris !  Ce fut une belle journée, intéressante, riche, centrée sur les passerelles existant entre théâtre et cinéma et cela, à partir notamment du spectacle "Kiss and Cry", mis en scène par Jaco Van Dormael (Création collective de Michèle Anne De Mey, Grégory Grosjean, Thomas Gunzig, Nicolas Olivier, Sylvie Olivé, Jaco Van Dormael) déjà joué l'an passé mais auquel je n'avais pu assister alors ; j'ai pu le découvrir, en partie, lors de cette journée, vu "de l'autre côté de la lorgnette".

kiss&cry.jpg

Non seulement, j'ai réellement été époustouflée par cette performance artistique, particulièrement originale, mais j'ai été également véritablement charmée par ce Monsieur au grand talent, qui parle de son métier avec tellement d'enthousiasme, en toute simplicité...  Chapeau bas !

[Photo : http://www.moustique.be]

17:25 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |

09.11.2011

Yrmeline ou le chant des pierres, Bleuette Diot

Présentation : le beau et fougueux chevalier allemand, Lanz von Malberg, ne rêve que d'une chose : intégrer l'ordre militaire et religieux des chevaliers teutoniques. Au cours de l'été 1338, il quitte Mayence et prend le premier navire en partance pour l'Estonie.

Là, de terribles épreuves l'attendent, mais Lanz n'en aimera pas moins ce pays farouche dont ni l'évangélisation, ni la force des armes n'ont su réprimer l'âme irréductiblement païenne. Aux prises avec les sortilèges qui émanent de ces contrées mystérieuses, le jeune homme se verra rapidement confronter aux survivances d'un autre âge. Sous l'égide de la belle et sensuelle Yrmeline, commencera alors pour lui un éprouvant parcours initiatique dont il ne sortira pas indemne, tant l'amour qu'il conçoit pour elle le dévore.

D'où Yrmeline tient-elle ses effrayants pouvoirs ? Quelle étrange et dangereuse société secrète a réussi à infiltrer les rangs de l'ordre teutonique ? En tentant de démystifier le redoutable chef du Temple Noir, Lanz découvrira les vestiges d'une incroyable civilisation disparue et l'étonnant message que véhiculent les tablettes d'argile de l'antique Mésopotamie. […]

C’est après avoir lu bon nombre de billets (très) élogieux relatifs à ce roman que j’ai décidé de me le procurer, je me doutais en effet que je risquais de passer un bon moment puisque j’aime beaucoup, a priori, les romans historiques.

Mon avis ?  Hé bien, j’ai apprécié cette lecture, à l’intrigue fouillée et très documentée, d’une rare densité, même si je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un coup de cœur.

yrmeline1.jpeg

Je me suis retrouvée dans un contexte complètement inconnu pour moi puisque l’action se déroule en Estonie, au XIVe siècle ; ce fut un réel plaisir de découvrir cette contrée au Moyen Âge, d’autant que la plume de l’auteure est indéniablement savoureuse. Les phrases sont ciselées de manière admirable, artistiquement travaillées...

 

  "Dehors, les éléments se déchaînaient. C’était une tempête digne de l’Apocalypse. Des éclairs rutilants fusaient sans relâche dans le ciel assombri.  Une pluie diluvienne se déversait avec fracas sur les toits du manoir du haut desquels chenaux et gargouilles vomissaient de véritables torrents d’eau bouillonnante. Un vent sauvage mugissait, s’insinuait sous les portes en gémissant et ronflait dans le conduit de la cheminée. Des bourrasques soufflant par rafales sur les cendres chaudes du foyer, de hautes gerbes d’étincelles cuivrées s’en échappaient en crépitant." [p. 277]

   "L’été poudrait la plaine opulente d’une chaude lumière blonde. L’air fleurait bon le miel et le foin.  Dans l’azur limpide du ciel, des hirondelles de rivage dessinaient de gracieuses arabesques en piaillant. Tout en cheminant, Yrmeline laissait errer son regard sur le charmant paysage qui déclinait à l’infini toutes les nuances de vert, des plus ardentes aux plus subtiles. Des marguerites et des coquelicots ponctuaient, çà et là, l’étendue monotone des pâturages et des champs cultivés qui ondulaient jusqu’aux pieds des lointaines collines." [p. 339]

L’histoire apporte un éclairage tout à fait nouveau sur l’origine de notre civilisation et entraîne le lecteur dans une réflexion à laquelle il est peu accoutumé, et cela, grâce à des personnages hauts en couleur et dépeints de fort belle manière.

À cet égard, j’avoue avoir eu un petit faible pour Lanz et surtout pour Konwoïon, même si la fin apporte apparemment (?) un éclairage nouveau sur ce dernier. En revanche, au risque de me faire incendier, j’oserai dire que le personnage d’Yrmeline ne m’a pas séduite. Je m’interroge d’ailleurs à ce sujet ; peut-être les éloges récurrents relatifs à sa beauté exceptionnelle m’ont-ils quelque peu lassée ? Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié son côté obscur et mystérieux, beaucoup plus nuancé que sa beauté évidente pour tous.

Trois légers bémols malgré tout : j’ai parfois trouvé que certains passages faisaient par trop étalage de savoir "en un bloc", ce qui alourdissait alors le propos et déséquilibrait l’ensemble. En outre, les erreurs de ponctuation m’ont ennuyée (déformation professionnelle, je m’en excuse). Enfin, il est bien dommage que les notes soient reléguées en fin de volume ; il aurait été beaucoup plus aisé pour le lecteur de les avoir à disposition en bas de page.

Je recommande ce roman riche et superbement écrit aux amateurs d’Histoire… revisitée à la sauce fantastique.

18:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

04.11.2011

Les fragmentés, Neal Shusterman

Présentation : dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, la charte de la vie vient d’être signée. Elle stipule que l’on peut "fragmenter" un adolescent âgé de treize à dix-huit ans.

La fragmentation consiste à "résilier" un enfant rétroactivement sans y mettre techniquement fin.

Connor, Risa et Lev se retrouvent tous les trois sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, survivre alors qu’ils sont traqués par les Frags, la police des Fragmentés.

Thriller d’anticipation original et rythmé, ce roman initiatique de Neal Shusterman propose une réflexion intelligente sur l’indépendance et la quête de soi.

fragmentés.jpg

Circonstances : c’est tout à fait par hasard que j’ai découvert, au hasard de mes pérégrinations sur la Toile, ce roman de Neal Shusterman, paru voici déjà quelques années (2008) dans la collection MSK (à ce propos, un grand merci à MSK).

Encore une dystopie, me direz-vous ? Oui. Mais celle-ci est antérieure à bien d’autres qui ont bénéficié depuis un an d’une énorme publicité. Oui. Mais celle-ci m’a paru de qualité supérieure à certaines que j’ai eu l'occasion de lire dernièrement. À cet égard, j’en arrivais d’ailleurs parfois à me demander si je ne commençais pas, tout simplement, à me lasser quelque peu du genre.

Et là, je me rends compte que l’auteur "fait un carton" aux USA mais que seul Les Fragmentés a été publié en français jusqu’à présent. Il y a de ces bizarreries, parfois…

Mon avis ?  Comme je le disais précédemment, voici une dystopie qui vaut indéniablement le détour et que je recommanderai chaudement à mes élèves (je suis très enthousiaste quand j’aime).

L’écriture de Neal Shusterman est très agréable à lire (même s’il reste çà et là quelques coquilles). L’auteur dépeint un monde futur dans lequel les adolescents de 13 à 18 ans, non désirés ou décimés (destinés dès leur plus jeune âge), sont soumis à la Fragmentation, autrement dit sont éliminés en tant que personne pour continuer à "vivre" malgré tout mais de façon "horriblement différente".

Le lecteur découvre cette histoire à travers divers points de vue ; certains n’apparaissent qu’une fois au fil du texte, d’autres sont récurrents : ceux de Connor, Risa et Lev, héros bien malgré eux de cette "aventure". Chacun est destiné à être fragmenté, pour des raisons totalement différentes.  Leurs chemins vont converger dès le début ; par la suite, séparations et retrouvailles alterneront.

La réflexion relative à cette société prête à se débarrasser de ses enfants non désirés, "encombrants" ou "difficiles" est très interpellante, d’autant que, hormis les premiers concernés, tout le monde semble trouver cette situation tout à fait normale ou préfère fermer pudiquement les yeux.

J’ai beaucoup apprécié le fait que les trois adolescents, dont on suit plus particulièrement l’itinéraire, aient leur "propre" vision de la question et que ce regard évolue au fur et à mesure du récit, au fil des rencontres et des expériences. Car tout n’est jamais blanc. Ou noir.

Je me suis sentie plus proche de ces personnages que dans d’autres dystopies et malgré la dureté du propos, je n’ai pas ressenti la "froideur" généralement inhérente à ce type de roman.

L’émotion est présente à plusieurs reprises : impossible de rester insensible en "assistant en direct" à une fragmentation ; le destin final de Connor, Risa et Lev est aussi bouleversant.

Un roman à lire, à recommander, à faire tourner.

 

IV

 Destinations

   En 2002, un internaute voulut mettre son âme aux enchères sur le site Internet eBay.  Voici la réponse du site :

    Merci d’avoir pris le temps d’écrire à eBay. Nous sommes heureux de pouvoir vous aider.

    Si l’âme n’existe pas, eBay ne peut autoriser sa mise en vente puisqu’il n’y aurait rien à vendre.  S’il s’avérait que l’âme humaine existe, eBay ne pourrait non plus autoriser sa mise en vente, conformément à la réglementation en vigueur concernant le corps humain. L’âme serait alors considérée comme une partie du corps humain et, bien que ce ne soit pas spécifiquement indiqué dans nos conditions générales, eBay ne peut autoriser la mise en vente d’une âme humaine. [p. 209]

18:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |