23/04/2018

Le fruit de ma colère, Mehdy Brunet

Présentation de l'éditeur. Le jour où Ackerman vient demander de l'aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.
Il faut faire vite, agir rapidement.
Josey n'hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.
Et s'il était déjà trop tard ?

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Mon avis. Une quête menée tambour battant...

Le récit commence par l'évocation du calvaire vécu par un homme, enfermé dans une cage, qui attend "l'épreuve ultime" infligée par ses tortionnaires...

On retrouve dans ce roman deux des protagonistes de Sans raison, à savoir Paul Ackerman et Josey Kowalsky ; les rôles sont ici inversés puisque c'est le (désormais ex-) flic qui vient demander de l'aide à Kowalsky. Ce dernier s'est réfugié en Espagne et tente de survivre auprès - et si loin - de son fils, dévasté lui aussi par les événements passés.

Ackerman est sans nouvelles de son frère jumeau et puisque ses anciens collègues ne prennent pas cette disparition au sérieux, il se tourne vers Kowalsky, supposant que celui-ci risque de pouvoir lui donner un sérieux coup de main. Et tant pis s'il "franchit la ligne", sans espoir de retour...

Le récit alterne les parties relatant les recherches entreprises par les deux hommes qui mettent très vite le pied dans une fourmilière, et celles racontant le calvaire vécu par le prisonnier.  Une course contre la montre ; une course contre la mort...

Peu à peu s'esquissent les contours d'une vaste entreprise, menée de main de maître(sse) par une pieuvre aux multiples ramifications...

Un roman qui se lit d'une traite... ou presque.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de La Licorne 4 et Lire sous la contrainte (son "è").

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13:57 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/04/2018

Gens de Cogne, Xavier Deutsch

Présentation de l'éditeur. C’est l’histoire d’un village de montagne dans les Alpes italiennes, en 1958.

Une existence paisible à l’écart des bruits du monde. Jusqu’à ce que surgissent des tourments, des tempêtes hivernales.

De grands vents tournent et hurlent dans la nature, dans le cœur des femmes et des hommes.

Un petit garçon se fait agresser, un carabinier est égorgé, une brèche est percée dans la muraille.

Et des militaires britanniques patrouillent en montagne.

« Ce fut un basculement, soudain, de Cogne dans les ténèbres et dans le tourment. »

Le lieutenant Challant fait face. Mais face à quoi ?

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Mon avis Une plume poétique au service d'une histoire âpre...

D'emblée le lecteur plonge dans ce village de montagne où les conditions de vie sont parfois difficiles ; la nature y dicte souvent sa loi, elle propose et les hommes disposent.

Dès la première phrase, le ton est donné : "Il faisait grand jour et l'hiver reprenait sa respiration. Le ciel était vaste, lumineux, glacial comme il ne l'avait pas été depuis douze ans. La montagne laissait couler un filet d'air métallique depuis les crêtes. Du village, en levant les yeux, on lisait le contour des arbres noirs et, plus haut, la ligne des arêtes de granit, effilées comme des lames de serpe, avec une netteté rare, et tout le monde savait qu'on n'en avait pas terminé. Que l'accalmie préparait de nouveaux assauts." [p. 7]

 

Focus sur Gauvain Challant, carabinier installé à Cogne avec sa femme Gloria, village où tous n'ont d'autre choix que de vivre en symbiose avec la nature ; or cette "grande dame" paraît présentement annoncer des jours particulièrement sombres, dans tous les sens du terme. Quiconque est attentif se rend compte que l'atmosphère a changé : des signes, aussi infimes soient-ils, sont bel et bien présents, avant-coureurs de "l'indéfinissable". Comment dès lors (tenter d')y faire face ?

Challant se rend chez Jules Chabloz : le petit garçon a été agressé ; qui donc a bien pu s'en prendre à l'enfant sans raison apparente ? Un trou a été percé dans le mur qui cerne, en partie, le village ; quel intérêt ? Peu de temps après, un des hommes de Challant est retrouvé égorgé ; qu'a-t-il pu se produire ? Les questions sont nombreuses, les réponses inexistantes ; la nature elle-même semble être au diapason de ces drames.

  "Il était alors seize heures trois et Challant nota qu'il redescendait la même ruelle que la veille vers le centre de Cogne, sous le même ciel d'une transparence redoutable, et subissait la morsure du gel avec la même intensité.

   Mais, en un jour, quelle brutalité avait eu le temps de s'abattre !

   Il leva les yeux vers le col du Piémont, et il eut son cœur serré par des mâchoires : un ourlet de vent noir, venu de l'arrière, submergeait la crête, pour déferler." [p. 96 - 97]

 

Pas d'action effrénée dans ce roman mais un faisceau d'événements qui, tous, convergent vers Cogne, "personnage" à part entière du récit, en une sarabande qui mêle passé et présent ; une histoire dont l'inéluctabilité m'a fait songer, à certains moments, à Cent ans de solitude ou encore Chronique d'une mort annoncée, de Gabriel García Márquez.

  "Le soleil, blanc comme la lune, se levait dans l'axe du col du Piémont. Il ne fallait rien espérer de lui." [p. 131]

 

Un très beau texte...

19:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/04/2018

Du feu de l'enfer, Sire Cédric

Présentation de l'éditeur. Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang.

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Mon avis. Une fois encore, un excellent "tourne-pages"...

La Mort - avec une majuscule - est de nouveau présente dans ce roman puisqu'au centre de l'intrigue, le lecteur découvre Manon, jeune thanatopractrice qui aime beaucoup son métier, si particulier soit-il. Collé à ses basques, son frère Ariel, le boulet par excellence, immature, profiteur, égocentrique, tête à claques, manipulateur. Mais c'est son frère. Quand même. Malgré "tout".

Au cours d'un de ses "petits trafics de merde(ux)", Ariel s'est cette fois frotté à des personnes particulièrement dangereuses et le lecteur comprend très vite, avant même Ariel - et dans une moindre mesure Manon -, que quand la machine est lancée, rien ni personne ne pourra l'arrêter. Tout au plus pourra-t-on espérer l'enrayer. Espérer...

Difficile de poser le livre une fois celui-ci commencé ; impossible de ne pas subir aux côtés de Marion les affres de la peur, de l'angoisse, voire à certains moments de la terreur. En revanche, je dois avouer que le sort d'Ariel, davantage parasite que frère, m'importait finalement très peu. Au milieu du jeu de quilles, le (séduisant) capitaine Raynal qui, malgré les pressions de sa hiérarchie, ne peut s'empêcher de venir en aide à la jeune femme, au grand plaisir de cette dernière.

Quant aux "méchants", hé bien, ils le sont vraiment et ne s'encombrent d'aucun état d'âme ; pire, exécuter leurs victimes ne prend pour eux tout son sens/sang que s'ils peuvent :les faire souffrir, avec beaucoup de "raffinement".

  "Sa bouche tordue et l'expression déchirante de ses traits trahissaient l'intensité de la douleur qu'on lui avait infligée. Il suffisait de voir ses bras, retenus de part et d'autre, pour comprendre pourquoi. Ses poignets étaient perforés, les os transpercés par d'énormes vis aux têtes boulonnées." [p. 71]

 

J'ai lu ce récit presque en apnée, redoutant à chaque page tournée de découvrir à quelle sauce l'auteur avait décidé de manger Manon. Entre ce que l'on redoute de lire, ce que l'on espère lire et la signification des mots au fur et à mesure de la lecture, il y a souvent une marge.

 

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 4.

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18:27 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/04/2018

Les décharnés, Une lueur au crépuscule, Paul Clément

Présentation de l'auteur. Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu'une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné. Mais le monde bascule dans l'horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang... de sang humain. S'il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l'assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu'il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?

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Mon avis. Une "chouette" lecture, si tant est que l'on puisse qualifier de la sorte le fait de voir des personnages confrontés à des zombies...

Focus sur la Provence, un jour de juin que rien ne distinguait des autres. A priori. A priori seulement. Patrick, un agriculteur bougon, qui n'a de comptes à rendre qu'à lui-même - et s'en trouve ravi -, regarde au loin la route qui traverse ses champs, encombrée par des voiture pare-choc contre pare-choc. Profondément ironique à l'égard du "spectacle" qui se déroule sous ses yeux, il assiste, impuissant, à la transformation de ces humains en zombies. Il a juste le temps de se barricader à l'étage de sa maison avec quelques vivres, une petite fille miraculeusement indemne sous le bras, après avoir bloqué l'escalier avec les meubles jetés pêle-mêle afin d'empêcher les créatures de gravir les marches.

La survie s'organise : la petite fille reste prostrée dans une garde-robe tandis que Patrick rationne les provisions et l'eau, tout en prenant conscience qu'il faudra bien "un jour" tenter une sortie.

J'ai apprécié cette lecture mais je dois reconnaître que c'eût été davantage le cas si je ne regardais pas The Walking Dead : l'impression de déjà-vu s'est avérée récurrente, d'autant que, comme dans la série, une fois que les protagonistes ont compris comment (essayer de) se protéger des zombies, il faudra "composer" avec les éventuels autres survivants...

La relation entre l'agriculteur aigri et la petite fille est très touchante : cette dernière arrivera à rendre au "vieil" homme l'humanité qu'il avait (in)sensiblement perdue, paradoxe dans un monde désormais privé d'humanité.

Petit bémol : quelques maladresses stylistiques parsèment çà et là le texte, sans gêner cependant la lecture.

 

Ce titre entre dans les challenges de La Licorne, 4 et "Lire sous la contrainte" - son [e] -.

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11:29 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

28/03/2018

Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard

Présentation de l'éditeur. Tout le monde change durant l'adolescence. Maëlle n'est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s'habiller, quitte son petit ami.... Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180°. S'il y a une chose qui ne change pas chez Maëlle, c'est son caractère déterminé. C'est pour sauver le monde que, victime d'un rapt mental, elle rejoint les combattants de Daesh.
Maëlle devient Ayat.

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Mon avis. Un livre - dont la couverture m'a happée - à (faire) découvrir...

Le récit raconte l'histoire de Maëlle, une adolescente ordinaire qui, (in)sensiblement, glisse dans ce que l'on a coutume aujourd'hui de nommer la "radicalisation". Son comportement change au contact d'un "recruteur"  avec qui elle entretient des échanges réguliers via les réseaux sociaux. Seule Jeanne, sa petite sœur, se rendra compte, dans une (très) faible mesure, de ce qui est en train de se tramer mais sans en mesurer les conséquences dramatiques, d'autant que Maëlle essaie de la "convertir", elle aussi, et que la gamine se pose à son tour bon nombre de questions...

Le roman commence alors que Maëlle, devenue Ayat, est rentrée de Syrie avec, dans ses "bagages", l'enfant qu'elle porte, celui de Redouane, son mari épousé à Raqqa, un jeune Français lui aussi embrigadé. Un jeune Français qu'elle aimait. Un jeune Français qui l'aimait. Elle est aujourd'hui assignée à résidence...

  "Je suis veuve, deux fois veuve, et je n'ai que seize ans. Mon premier mari a été pulvérisé par une roquette avant que j'aie eu le temps de le rencontrer. Ils ont tué le second quand nous avons fui la Syrie ensemble." [p. 12]

 

J'ai beaucoup apprécié découvrir le cheminement de pensée de Maëlle qui, à un moment où elle est vulnérable, se raccroche à "quelqu'un" qui lui tiendra un discours qu'elle a alors besoin d'entendre.

J'ai aussi aimé le fait que le récit se construise progressivement à partir des points de vue de ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont été touchés par son histoire : sa sœur Jeanne ; sa maman Céline ; des lycéens de sa classe ; Aïcha, la femme de la cellule de "déradicalisation" chargée du "dossier"; Redouane ; son professeur de français ; Amina, une "sœur d'armes"... Chaque personnage apporte une touche, aussi infime soit-elle, au portrait de Maëlle/Ayat.

  "Des fois, je me demande s'il est possible de réparer les âmes cassées. Pour Maëlle, il restait encore pas mal de travail." [Aïcha, p. 37]

 

Une note précise à la fin de l'ouvrage que, si les personnages appartiennent à la fiction, l'auteur s'est abondamment documenté avant l'écriture.

 

Ce livre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" - son [e] -.

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16:03 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/03/2018

Bug, livre 1, Enki Bilal

Présentation de l'éditeur. Dans un avenir proche, en une fraction de seconde, le monde numérique disparaît, comme aspiré par une force indicible. Un homme, seul, malgré lui, se retrouve dans une tourmente planétaire.

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Mon avis. Un "bug" tout à fait intéressant...

Nous sommes dans un futur proche. Un gigantesque "bug" touche l'ensemble de la planète : plus de connexion, quelle qu'elle soit ; le numérique semble s'être "volatilisé", en quelque sorte aspiré. Par qui, par quoi ? Nul ne le sait. Les conséquences sont gigantesques, à de multiples points de vue.

Le récit se focalise sur deux personnages : Gemma, une jeune Parisienne dont le père, Kameron Obb,  est en mission spatiale ; et Obb lui-même, unique rescapé de cette fameuse mission lors de laquelle tout l'équipage a péri. Il ignore ce qui s'est passé ; seules certitudes : la tache bleue qui affuble son œil gauche ; un trou au niveau du cou par lequel "quelque chose" semble s'être introduit en lui ; et surtout, des capacités mémorielles exceptionnelles : il est apparemment devenu la mémoire de l'humanité. Dès qu'un problème se pose à lui, il trouve dans sa "banque de données personnelles" les éléments dont il a besoin pour le résoudre. Il devient l'Homme à s'approprier, quels que soient les moyens utilisés...

J'aime beaucoup le dessin "flouté" aux abondantes tonalités grises et bleues qui cadre tout à fait avec ce que sont en train de vivre les hommes : ils ne savent en effet pas ce à qui/quoi ils ont affaire. En outre, le point de départ de l'intrigue est très actuel. Ainsi, certaines personnes se retrouvent fondamentalement désœuvrées à partir du moment où elles sont déconnectées ; d'autres, ayant depuis toujours eu les yeux rivés sur un écran, ne savent pas regarder les autres dans les yeux. Bémol : l'histoire part dans tous les sens, si bien que l'on se perd parfois en chemin...

Merci à PriceMinister qui m'a permis de découvrir cette BD [15/20] dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival".

20:26 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/03/2018

Sauveur & Fils, Saison 3, Marie-Aude Murail

Présentation de l'éditeur. Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg.

Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s'interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur.

Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l'attention de ses parents ; Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe ; Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu'il passe ses nuits dans World of Warcraft ; Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa sœur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »...

Sauveur peut-il les sauver ? Il n'a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l'être humain.

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Mon avisAu risque (assumé) de me répéter : un régal...

Ce sera un avis peu développé car je l'ai lu voici quelques semaines et n'en ai pas rédigé d'emblée un billet. Pêle-mêle : j'ai retrouvé avec grand plaisir la famille en voie de (re)composition de Sauveur, Lazare, Louise, (l'insupportable) Alice et Paul, sans oublier (l'apparemment flegmatique) Gabin et Jovo, l'ex-légionnaire aujourd'hui SDF.

Parmi les nouveaux patients, je retiens particulièrement Wiener, pianiste - père de Samuel - qui semble n'avoir jamais vraiment grandi et Maïlys, 4 ans, qui n'a pas trouvé d'autre moyen que de se taper la tête dans le mur pour attirer l'attention de ses parents "hyper connectés" ; tendresse particulière pour Ella/Elliot, sans oublier Nanou, la pétillante belle-mère de Louise.

Nouveauté dans le chef de Sauveur : on le croyait (presque) parfait et pourtant le "presque" prend ici un peu de consistance. Mais motus et bouche cousue.

Cette série est une friandise, sans mièvrerie aucune, saupoudrée d'humour et d'émotion, ancrée dans notre réalité contemporaine : une douceur que l'on savoure sans jamais s'en lasser. Je prête à tour de bras à mes élèves (et collègues) l'un ou l'autre opus ; nul doute que si la série est un jour publiée en intégrale, elle deviendra LE cadeau idéal.

Merci, Madame Murail.

20:38 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/03/2018

La Magie de Paris, 1 - Le cœur et le sabre, Olivier Gay

Présentation de l'éditeur. Chloé, élève en seconde, assiste un jour par hasard à un combat à l'épée entre Thomas, un élève d'une autre classe qu'elle connaît à peine, et une sorte de démon. L'adolescente tente d'intervenir mais est blessée et perd connaissance. À son réveil, la créature est morte et Thomas lui explique qu'il est un mage et que sa mission est de repérer et fermer les failles vers le monde des démons.

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Mon avis. Oh, quel excellent moment en compagnie de Chloé...

Voici un récit susceptible de happer les adolescents férus d'action et puisque c'est un tome 1, le risque est (très) grand qu'ils aient envie de lire les suites (c'est le prof machiavélique qui parle).

On y retrouve des thèmes présents dans la série Le noir est ma couleur (1 - 2 - 3 - 4 - 5) : la magie (traitée ici différemment) et la rencontre entre des adolescents que l'irrationnel oppose, sauf qu'ici, c'est la jeune fille qui est "normale" et le(s) jeune(s) homme(s) qui est (sont) pour le moins particulier(s).

La grand(issim)e Chloé, 16 ans, 1 mètre quatre-vingt-trois et demi (!) se retrouve confrontée, par un malencontreux concours de circonstances, à la Magie, avec une majuscule. Parce que, même si personne ne le sait, sauf les premiers concernés, des mages œuvrent par le monde, inlassablement, afin de lutter contre les démons.

Chloé est entraînée dans une histoire abracadabrante, qui la dépasse complètement, lors de laquelle elle mettra en pratique ses dons naturels pour l'escrime. La voici promue, à son corps défendant, Mousquetaire, elle qui s'est nourrie des récits d'Alexandre Dumas. Tout cela alors qu'elle a aussi des soucis liés à l'adolescence : sa singularité (sa taille), le lycée, les amies, la maman peu présente...

Nul temps mort dans ce roman qui se lit en un temps record et est bourré d'humour : à l'instar d'Alexandre dans Le noir est ma couleur, c'est Chloé qui débite, plus souvent qu'à son tour, des "feintes" à 2(00) balles.

  "Je baissai les yeux vers ma poitrine, paniquée. Je portais toujours ma cuirasse - et il y avait bien un trou dedans. Un tache rougeâtre s'étendait autour et ressemblait diablement à du sang séché.

   La première pensée qui me traversa fut : Ma mère va faire la gueule, elle va avoir du mal à rattraper ça.

   La deuxième : Tu parles, comme d'habitude, c'est moi qui ferai la lessive.

   La troisième : Comment suis-je encore en vie ?

   La quatrième : C'est quoi, ce bordel ?" [p. 30-31]

 

Je n'ai finalement qu'un seul regret : devoir attendre l'année scolaire prochaine pour pouvoir le proposer sur mes listes de lecture, les matières à venir ne s'y prêtant pas.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 4.

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20:57 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

16/03/2018

Une maison de fumée, François Lévesque

Présentation de l'éditeur. Malacourt, septembre 1982. Deux fillettes se volatilisent sur une route de campagne près de la petite ville. La même nuit, Diane Chartier perd la vie dans l’incendie criminel de sa maison. Son fils Dominic, huit ans, est sauvé in extremis.

Malacourt, septembre 2012. Léanne Saint-Arnaud, onze ans, manque à l’appel depuis trois jours…

Pour Dominic Chartier, maintenant policier au SPVM, les circonstances des deux affaires sont trop similaires pour n’être dues qu’au hasard. Sur un coup de tête, il prend quelques jours de congé et décide de retourner à Malacourt, afin d’aider aux recherches.

Vincent Parent est l’enquêteur de la Sûreté du Québec chargé localement de l’affaire. Si l’arrivée d’un policier de Montréal – un « bleu » – a tout pour lui déplaire, il fait fi de son orgueil et accepte d’intégrer officieusement Chartier à son équipe d’enquête. Ainsi, il pourra le garder à l’œil, car pour Parent, les motifs véritables de Dominic semblent nébuleux.

Alors que les espoirs de retrouver vivante la petite Léanne diminuent d’heure en heure, la présence de Dominic sur les lieux de son enfance fait resurgir en lui des souvenirs qu’il croyait enfouis à jamais. Mais ces souvenirs ne sont peut-être qu’un vaste écran de fumée qui dissimule ce qui s’est réellement passé, cette fatale nuit de 1982…

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Mon avisUne plongée bien "agréable" au cœur du Québec...

L'enquête commence d'emblée alors que Dominic arrive sur les lieux qui l'ont vu grandir jusqu'à ce que, trente ans plus tôt, un drame l'en ait chassé : sa maison est partie en fumée ; sa mère a perdu la vie dans l'incendie alors que lui-même, âgé de huit ans, a été sauvé in extremis grâce à l'intervention d'un voisin. La veille du drame, deux gamines avaient été portées disparues.

Dominic s'en revient à Malacourt parce qu'une enfant a de nouveau disparu et il lui semble inconcevable que ce soit une coïncidence. Oh bien sûr, le coupable est depuis lors en prison, mais il a toujours clamé son innocence. Et si... ?

Si Dominic veut être honnête avec lui-même, force est de constater qu'il espère aussi recouvrer la mémoire perdue depuis le drame... tout en redoutant en même temps que le voile se déchire. Car ses cauchemars, ses "absences en demi-sommeil", ses aigreurs d'estomac récurrentes ont de quoi (lui) faire peur...

C'est donc à une double enquête qu'assiste le lecteur : celle qui tâche de retrouver la trace de la petite Léanne, et celle qui conduit Dominic, (presque) à son corps défendant, sur les rives de son passé, trouble s'il en est...

L'angoisse est palpable tout au long du récit, à tel point que le lecteur se demande parfois, lui aussi, s'il est bon de remuer le passé et si Dominic ne risque pas d'y "laisser la boule".

J'ai beaucoup aimé l'atmosphère du récit qui m'a rappelé, de temps à autre, celle dans laquelle l'on s'immerge chez R. J. Ellory et j'ai a-do-ré la savoureuse langue québécoise, "personnage" à part entière du récit.

Un grand merci aux libraires de "La Belle Province" qui, lors de la Foire du Livre de Bruxelles, m'ont recommandé cet auteur.

 

Ce titre entre dans les challenges de La Licorne, 4 et "Lire sous la contrainte" - son [e] -.

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21:39 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

14/03/2018

Arena 13, tome 3 : Le guerrier, Joseph Delaney

Présentation de l'éditeur. Les habitants de Gindeen se sont débarrassés du Protecteur et ont repris le contrôle de Midgard, leur ville. Mais ils vivent toujours dans la peur du djinn Hob.

Les Genthai préparent une expédition de l'autre côté de la Barrière. Leif accepte de les accompagner : grâce à ce voyage, il en apprendra plus sur les djinns. [...]

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Mon avis. De la Fantasy sans véritable surprise ; à cet égard, j'ai d'ailleurs supprimé la dernière phrase de présentation du récit pour éviter que tout, absolument tout, ne soit dévoilé...

La saison des combats s'achève et nous retrouvons Leif dans l'Arène alors qu'il assiste au premier affrontement de Kwin ; jusque-là, seuls les hommes ont pu combattre dans ce lieu mythique et le changement est loin de plaire à tous.

Leif profitera peu de la trêve puisque les Genthai, dont une délégation est maintenant établie à Midgard, décide de lancer une expédition visant à traverser la Barrière. Et même si le jeune homme aurait volontiers envisagé de passer d'agréables moments en compagnie de Kwin, il ne peut refuser l'invitation qui lui est faite de se joindre à eux. C'est l'occasion pour le lecteur de faire de nouveau un (agréable) bout de chemin avec (le géant) Garrett...

La "rencontre" avec les djinns d'outre la Barrière est intéressante, et particulièrement le personnage de Peri ; ce qui m'a gênée et rend les choses trop "rapides" à mon goût, c'est la confrontation avec Hob et "l'arme ultime" employée à son encontre...

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Arena 13, book 3: The Warrior (2017).

 

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17:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

05/03/2018

L'Académie des Âmes Abîmées, Thierry Cohen

Présentation. À l’Académie des Âmes Abîmées, réparer les vivants est un enseignement, une vocation. Mieux : une mission.
Quand Lana et Dylan, deux adolescents en perdition, y sont recueillis, ils sont loin d’imaginer ce qui les attend. Blessés par la vie, perdus dans un monde de haine et de violence, ils vont tenter de se reconstruire. Mais peut-on retrouver confiance un jour après avoir survécu à de tels drames? Et quel rôle leurs parrains, Dimitri et Romane, joueront-ils dans la reprise en main de leur destin ?
Entre renaissance, découverte des sentiments, échanges avec des professeurs hors normes et mise en pratique des cours, cette institution secrète dessine un nouvel avenir… Et si elle pouvait changer le monde ?

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Mon avis. Un roman à la hauteur de la superbe couverture...

L'Académie des Âmes Abîmées est un lieu pour le moins étrange : un centre hors des sentiers battus qui recueille des jeunes que la vie a déjà très sérieusement malmenés et essaie, dans un premier temps, de panser leurs plaies avant de les (re)construire et leur forger un solide avenir en les aidant à mettre au jour et développer les capacités qui sont les leurs.

Focus sur Lana et Dylan. Lana a atteint un point de non-retour depuis qu'elle est harcelée au lycée : agressée dans sa chair et dans son cœur, elle ne voit pas comment elle pourrait s'en sortir. Dylan, quant à lui, est le souffre-douleur de son père : régulièrement roué de coups, il est contraint de vivre dans la grange de la ferme familiale après avoir trimé comme une bête de somme. Un troisième personnage, Kevin, est évoqué de manière récurrente.

Lana et Dylan se retrouvent donc à l'Académie des Âmes Abîmées, dirigée par Léo et Anton ; d'abord méfiants, les deux jeunes vont apprendre à vivre dans ce lieu particulier, en compagnie des autres élèves et de leurs tuteurs", à savoir des "anciens" chargés de les chapeauter : Romane pour Lana et Dimitri pour Dylan.

Ce roman se lit aisément et allie action et réflexion, pointant du doigt certains "préceptes" pertinents relatifs à l'éducation, tout en mettant l'accent sur la psychologie des adolescents.

Un récit qui m'a beaucoup plu et conviendra, me semble-t-il, aux élèves du secondaire supérieur ; je le reprends d'ores et déjà sur mes listes de lecture.

Un grand merci aux éditions Plon pour cette belle découverte, et à l'auteur pour la dédicace.

 

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17:04 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/02/2018

Ça a commencé comme ça, Anne Morelli

Présentation. Ça a commencé quand Flore a fait brûler sa confiture de groseilles . Ou alors, quand son père l’a appelée à l’aide, coincé entre les branches du vieux pommier. En fait, non, ça a vraiment commencé quand ses amis l’ont inscrite au concours de confitures. Oui, c’est à partir de ce moment-là que la vie de Flore a pris un tournant inattendu. Car la jeune mère célibataire presque trentenaire a dû faire face à un obstacle de choix : confectionner une confiture aux figues… sans figues. Et, malgré la mobilisation de tout le village pour la soutenir dans sa quête, impossible de trouver les fameux fruits au beau milieu de cette canicule qui frappe le Sud-Ouest de la France. Impossible ? Non, pas tout à fait. Car il y a bien quelqu’un qui en a, des figues : Corto, le beau jardinier mystérieux que tous les habitants du village considèrent avec méfiance. [...]

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Mon avis. En cette période (presque) polaire, une lecture qui sent bon l'été...

Même si l'histoire est prévisible, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Flore, délicieuse gaffeuse "hors compétition" qui tire le diable par la queue ; ainsi, la chaudière de la bâtisse dans laquelle elle vit en compagnie de son père et sa fille a rendu l'âme mais ce n'est pas avec son job de confiturière qu'elle risque de trouver de quoi financer la réparation.

L'occasion de se renflouer un tant soit peu se présente avec l'organisation d'un concours de confitures auquel elle décidera finalement de participer. Sur sa route, le mystérieux Corto qui pourra peut-être lui fournir des figues, impossibles à trouver en cet été particulièrement caniculaire. Le séduisant jeune homme semble pourtant avoir (bien) des choses à cacher et Flore risque de se brûler les ailes. Et si la "chance" (?) se devait (quand même) d'être saisie ?

Une lecture légère, teintée d'humour, et ma foi bien agréable...

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" - son [e] -.

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19:30 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/02/2018

Quand la nuit devient jour, Sophie Jomain

Présentation. "On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.

J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016."

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Mon avis. Un coup de cœur allié à un coup au cœur... ou inversement.

Sujet délicat au centre de ce récit : la Dépression, avec une (énorme) majuscule tellement le mal-être de Camille est profond et inextinguible.

Camille a vingt-neuf ans et du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours ressenti, au dedans d'elle, une souffrance telle que se regarder dans un miroir constituait une véritable épreuve : elle les évitait donc autant que possible. Davantage encore quand ses troubles alimentaires ont commencé à régenter son existence. Elle a pourtant eu des parents aimants. Elle a pourtant suivi thérapie sur thérapie. Rien n'a changé. Les douleurs physiques se sont intensifiées au fur et à mesure qu'a grandi en elle ce vide, la laissant, après chaque "crise", toujours plus pantelante.

Camille n'en peut plus ; elle sait que jamais, elle ne sera heureuse ; pire, elle sait que jamais, elle n'aura une idée, aussi infime soit-elle, du sens du mot "bonheur". Alors, en (dés)espoir de cause, elle demandera "l'euthanasie volontaire assistée".

La première partie du récit relate les "jeunes années" de Camille, qui l'ont conduite à devenir celle qu'elle est aujourd'hui, celle qui a tout essayé mais ne peut plus continuer à (tenter de) survivre. Elle ne s'attend pas à être soutenue par ses parents mais elle espère (secrètement) qu'ils essayeront de la comprendre. Alors, elle leur fait part de sa décision. Mais comment des parents pourraient-ils "accepter" cette volonté de leur fille unique ? Unique à bien des égards...

L'auteure réussit l'exploit de décrire la souffrance de la jeune femme de telle manière que le lecteur l'accompagne dans son cheminement et en arrive à la comprendre, laissant de côté le jugement spontané qui aurait éventuellement pu être le sien.

Sa demande d'euthanasie ayant été validée en Belgique, Camille sera prise en charge dans une clinique médico-psychiatrique spadoise, un centre où l'équipe médicale tentera de l'aider au mieux à "profiter" des dernières semaines avant l'inéluctable.

J'ai été très touchée par ce roman car j'ai "côtoyé" la dépression dans la famille et certaines phrases avaient pour moi une résonance particulière ; et même si la fin est particulièrement bouleversante, le récit n'est jamais déprimant...

  "Mon existence tout entière était lourde à porter, à assumer, depuis si longtemps. Si seulement mon image avait été la seule en cause... Je ne parvenais plus à combattre ma souffrance psychique, à raisonner, à camoufler mon mal-être, et il me semblait parfois que la mort était la seule solution pour arrêter mon calvaire. La dépression prenait possession de moi. Je ne supportais plus de vivre parmi les gens, de les croiser, de leur parler, je n'étais plus capable de faire semblant." [p. 33]

 

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

14:30 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

16/02/2018

L'autre sœur, Cylin Busby

Présentation. Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu'au jour où elle réapparaît... Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s'il ne s'agit pas d'une imposture. Comment réagir si c'est le cas ?

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Mon avis. Une lecture qui ne laisse pas indifférent...

La vie des Morris a été dévastée voici quatre ans lorsque Sarah, 15 ans, a disparu. Depuis lors, aucune nouvelle de l'adolescente... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse, dépourvue de souvenirs mais vivante, même s'il est évident qu'elle a subi des sévices...

C'est à travers le regard de Nico, 11 ans à l'époque, 15 aujourd'hui, que nous découvrons la douleur de la famille pour qui la vie s'est en quelque sorte arrêtée avec cette disparition. Nous découvrons également le regard que portait/porte Nico sur sa sœur : une superbe adolescente qui régentait son monde, à qui tout - ou presque - était dû ; une personnalité à mille lieues de l'image idéale qu'elle renvoyait. Mais Nico n'a jamais pu s'ouvrir à quiconque des multiples brimades subies à l'époque.

Lorsque Sarah refait surface, Nico est la seule à trouver curieuses certaines différences entre "sa sœur d'avant" et celle d'aujourd'hui, la plus étrange étant son comportement à l'égard de Nico : la "tortionnaire" d'autrefois est devenue attentive à sa cadette.

Le fil de l'histoire est entrecoupé de passages à travers lesquels Sarah raconte des bribes de ce qu'elle a (douloureusement) vécu.

Le roman joue constamment sur les doutes nourris par Nico à l'encontre de Sarah et met en évidence la nouvelle relation nouée entre les deux sœurs. Et même si certaines situations manquent parfois de réalisme, j'ai apprécié cette lecture.

Traduction : Sarah Dali ; éditions Milan, 2017.

Titre VO : The Stranger Game, HarperCollins Publishers, 2016.

 

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

12:16 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

12/02/2018

After Anna, Alex Lake

Présentation. Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. [...]
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Mon avis. Voici ce que j'appelle un "tourne-pages", autrement dit un roman que j'ai eu bien des difficultés à poser pour "vaquer aux tâches quotidiennes"...

Une remarque préalable : j'ai volontairement amputé le texte de la quatrième de couverture des trois dernières phrases car je trouve qu'elles en dévoilent trop.

Il est donc question d'un enlèvement : celui d'Anna qui a disparu à la sortie de l'école ; elle semble s'être volatilisée. Le ciel s'effondre sur la tête des  parents, Julia et Brian, surtout sur celle de Julia qui se sent extrêmement fautive ; en effet, si elle n'était pas arrivée en retard à l'école, le drame ne se serait (probablement) pas produit. En outre, elle ne trouve aucun réconfort auprès de son mari car elle lui a annoncé, peu de temps auparavant, son intention de demander le divorce et la pilule est amère pour l'époux éconduit.

Le lecteur entre alors de plain-pied dans les pensées les plus intimes de Julia : la douloureuse culpabilité qui la laisse souvent pantelante ; le conflit avec son (futur ex-) mari ; la relation tendue (doux euphémisme) avec sa belle-mère qui régente toutes et tous depuis toujours ; le regard des autres, tour à tour empli de pitié, dédaigneux ou accusateur ; l'image que la presse - vautours avides de détails "croustillants" - renvoie d'elle : une mère indigne qui non seulement était en retard, mais de surcroit n'a pas prévenu l'école de ce retard ! L'enquête piétine.

Parallèlement, le lecteur découvre de temps à autre des pages relatées par le ravisseur qui distillent çà et là des indices, infimes, sur cette personnalité "particulière".

Jusqu'à ce que...

Stop.

Je n'en dirai pas plus.

D'autant que c'est loin d'être terminé.

Très loin...

Traduction : Thibaud Eliroff ; Pygmalion, 2017.

Titre VO : After Anna (2015).

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne, 4 et "Comme à l'école".

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16:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

07/02/2018

L'Atelier des souvenirs, Anne Idoux-Thivet

Présentation. Lorsqu'elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s'installer à la campagne. Elle se lance alors dans l'animation d'ateliers d'écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien... les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.
Au fil des séances d'écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s'attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l'aider à trouver l'amour ! atelier-souvenirs.jpg

Mon avis. Un roman "feel good", autrement dit une véritable friandise...

Alice ne sait plus que faire pour trouver du travail : la sociologie ne mène visiblement pas à grand-chose, aussi brillante soit la jeune femme. En désespoir de cause, elle s'est établie dans la maison que lui a léguée sa grand-mère, et puisqu'il faut décidément bien gagner sa croûte, elle accepte, "en attendant des jours meilleurs", l'offre qui lui est faite d'animer un atelier d'écriture dans deux maisons de retraite de la région.

Très vite, ce qui devait n'être qu'un pis-aller se mue en agréables moments partagés, d'une part avec "ses petits vieux", d'autre part avec les enfants du lieu, eux aussi bientôt inscrits à cet atelier des mots.

Si Alice est attachante, ses élèves du quatrième âge le sont tout autant, chacun avec sa personnalité, chacun avec ses aspirations, chacun avec ses fêlures, aussi.

Ce délicieux récit fait la part belle aux bons sentiments, sans jamais tomber dans la mièvrerie ; oh, bien sûr, on comprend vit ce qu'il risque d'advenir mais peu importe, on passe un bon moment en compagnie de cette jeune femme qui se cherche et qui finira, peut-être, par trouver un équilibre dans sa vie...

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte.

14:38 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

31/01/2018

L'effet Pygmalion, Christophe Lambert

Présentation. Ned, 16 ans, petit génie solitaire, porte un exosquelette depuis l'enfance.
Son domaine : l'intelligence artificielle.

Lawrie, 50 ans, inventeur à la pointe de l'innovation technique, vit reclus dans sa tanière avec ses créatures.
Sa spécialité : les robots.

Après avoir lancé un défi à la communauté scientifique, Ned tente de convaincre Lawrie de s'associer à lui.
Leur mission : créer un humanoïde si parfait que personne ne pourra le distinguer d'un être humain.
Mais parfois, il suffit que l'amour s'en mêle pour que tout dérape...

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Mon avis. Une agréable lecture qui, me semble-t-il, conviendra particulièrement aux élèves du secondaire inférieur...

Ned est un adolescent surdoué, doté depuis toujours d'un exosquelette à cause d'une maladie rendant ses os extrêmement fragiles.

Au cours d'une convention relative aux performances robotiques, Ned se lance le défi de réaliser, pour le rendez-vous de l'année suivante, un robot aux caractéristiques telles qu'il sera impossible de le différencier des êtres humains.

Pour ce faire, il va devoir convaincre Lawrie, génial inventeur, entre autres des fameux "robots de plaisir", de s'adjoindre à lui, mais peut-on vraiment compter sur quelqu'un de plus en plus rongé par l'alcool ? Pourtant la "créature" qu'ils parviennent à élaborer, aux (superbes) traits d'Audrey Hepburn, semble tenir ses promesses...

Un roman sans véritable surprise mais qui aborde des questions dignes d'intérêt comme la frontière (ténue ?) entre la machine et l'humain ou la difficulté de s'intégrer dans la société quand, décidément, on n'entre pas dans des cases bien définies.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

17:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/01/2018

Ceux d'ici, Jonathan Dee

Présentation. Howland, petite ville du Massachusetts, est un havre de paix pour les vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts. Engagé par Philip Hadi, New-Yorkais richissime, bien décidé à s'installer à Howland, il est fasciné par cet homme qui brasse des millions. Et si le moment était venu pour lui de tenter sa chance ? Avec son frère, Mark décide de se lancer dans les placements immobiliers.

Lorsque Hadi devient maire de la ville, utilisant ses fonds privés pour faire la pluie et le beau temps, le fossé se creuse encore un peu plus entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville...

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Mon avis. Difficile pour moi d'évoquer ce roman car je suis passée complètement "à côté" et ce n'est pas en raison d'éventuels défauts du livre...

La peinture sociale est bel et bien présente : alors que le 11 septembre vient de prendre une (horrible) signification nouvelle, nous suivons Mark, un entrepreneur qui réussit, tant bien que mal, à faire vivoter son entreprise en bâtiment, embauchant du personnel de manière ponctuelle quand se présente un gros chantier. C'est le cas lorsque Philip Hadi, riche New-Yorkais, s'installe à Howland et lui commande d'importants travaux.

Par la suite, Hadi prendra les rênes de la ville, puisant dans ses deniers personnels pour la faire vivre et en renforcer la sécurité.

Mark et sa famille constituent en quelque sorte le fil conducteur du roman qui dépeint le comportement étriqué, mesquin, insipide, revanchard, "provincial", de bon nombre de ses habitants avec, en ligne de mire, le New Yorkais fraichement débarqué qui commence tout doucement à imposer sa loi.

Point d'action véritable ici et des changements de focalisation parfois abrupts ; je me suis souvent laissé distancer : probablement n'était-ce pas "le bon moment"...

Traduction : Élisabeth Peellaert.

Titre VO : The locals (2017).

 

Merci aux éditions Plon (Feux croisés) pour ce partenariat.

17:35 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

15/01/2018

Un cœur sombre, R. J. Ellory

Présentation. Combien de temps peut-on échapper à sa conscience ?
Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd'hui, il a touché le fond, et la grosse somme d'argent qu'il doit à Sandià, le roi de la pègre d'East Harlem, risque de compromettre toute son existence, voire de lui coûter la vie.

Il n'a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent mal : il doit se débarrasser de ses complices, et une petite fille est blessée lors d'échanges de tirs. Rongé par l'angoisse et la culpabilité, Madigan va s'engager sur la dernière voie qu'il lui reste : celle d'une impossible rédemption.

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Mon avis. Encore une fois, je partais avec un a priori positif ; encore une fois, Ellory est demeuré, avec ce livre, une valeur sûre...

Focus sur Vincent Madigan, cerveau d'un casse sanglant au cours duquel, en compagnie de voyous sans foi ni loi, il vole une somme faramineuse à Sandià, "parrain" local à qui il doit... une somme faramineuse. Il sait qu'il risque gros car si ce dernier a des soupçons, Madigan y laissera la vie, non sans avoir subi des supplices raffinés avant de rendre son dernier souffle... Les choses prennent une tournure dramatique lorsqu'une fillette, qui "n'aurait pas dû" se trouver sur les lieux prend une balle et se retrouve entre la vie et la mort ; en outre, Madigan est contraint de se débarrasser de ses complices.

  "Quand il regarda son reflet dans le miroir, il se demanda si quelqu'un d'autre pouvait voir la culpabilité et la peur évidentes dans ses yeux." [p. 56]

 

Plonger dans Un cœur sombre, c'est s'immerger dans un roman noir (!), un de ceux où le "héros" est difficilement excusable, quoi qu'il entreprenne, et quand - détail -, ce "héros" est un flic, on nage dans la vilenie... Et pourtant, on finit par se soucier de ce flic pourri cerné de tous côtés : chargé de l'enquête officielle par sa hiérarchie, chargé de l'enquête officieuse par Sandià lui-même qui lui verse des pots-de-vin de manière récurrente, il doit aussi composer avec les affaires internes... Bref, un travail d'équilibriste pour Madigan qui finit par se perdre dans le dédale des mensonges qu'il sert sur un plateau aux uns et aux autres.

  "Peut-être qu'il était temps de s'enfoncer dans les ténèbres et d'y faire face." [p. 121]

 

J'ai apprécié sonder ce "cœur sombre", menteur, corrompu, drogué, qui se sent dépassé par ce qu'il s'est lui-même ingénié à bâtir depuis de longues années ; une constante cependant : il se souvient de temps à autre qu'il a des enfants, même s'il ne les voit plus et qu'il s'est séparé, chaque fois, de leur mère. J'ai aussi beaucoup aimé la fin... même si...

Traduction : Fabrice Pointeau ; éditions Sonatine, 2016.

Titre VO : A dark and broken heart (2012).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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16:53 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/01/2018

Alix Pix, 1 : Du rififi au royaume des contes, Camille Masson et Brice Magnier

Présentation. Alix Pix, petite sorcière malicieuse, est bien étonnée. D'où vient l'étrange lettre qu'elle a reçue ? Quel secret se cache derrière les révélations mystérieuses qu'elle contient ? les dirigeants du royaume des contes seraient-ils de vulgaires menteurs ? Ils sont pourtant si parfaits, ces descendants de Cendrillon et des autres héroïnes... [...]

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Mon avis. Un chouette (!) récit évoquant les personnages des contes de fées...

Alix est une jeune sorcière, intelligente et pétillante, à qui il ne faut pas en conter (!) ; en compagnie de sa chouette (voici l'explication du point d'exclamation de la première phrase), elle est amenée à enquêter sur les Gentilles Familles, celles auxquelles appartien(nen)t l'un ou l'autre personnage célèbre (Cendrillon, La Belle au bois dormant...) et qui dirigent le royaume : il semblerait que ces familles cachent un certain nombre de secrets inavouables...

La présentation de ce livre est assez particulière : il alterne tantôt des pages presque exclusivement réservées au dessin, tantôt le texte occupe une grande partie de la page, tantôt encore, des bulles s'en viennent évoquer la BD ; en outre, il se termine par Le carnet secret d'Alix, mini-magazine ludique détachable.

Le cadre est posé dans ce tome 1 où le lecteur suit volontiers cette jeune héroïne intrépide, attachante et "féministe avant l'heure"...

Merci aux éditions Le Gâteau sur la Cerise pour ce partenariat.

14:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/12/2017

Glacé, Bernard Minier

Présentation. Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise. Ce même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, 40 ans, flic mélomane et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.

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Mon avis. Excellent... même si j'avais lu Le Cercle avant celui-ci...

Je n'ai pas fait les choses dans l'ordre puisque j'ai lu Le Cercle voici quelques mois, prêté par mon kiné. Lorsqu'il m'a prêté Glacé, je m'y suis plongée aussi vite, à tel point que rentrée du réveillon tôt le matin, j'ai lu une bonne heure avant de jeter l'éponge et coïncidence (?), j'ai découvert les dernières pages, se déroulant le jour de Noël, ce 25 décembre 2017...

Il y a donc un élément lié à l'enquête dont j'avais déjà connaissance et pourtant, cela n'a pas entaché mon plaisir de lecture de ce récit qui s'ouvre sur une scène ahurissante, horrifiante : celle d'un cheval décapité accroché entre les câbles et les poulies du terminus d'une télécabine... Vision glaçante (!) s'il en est...

Au même moment, Diane Berg, psychologue, arrive à l'Institut Wargnier, "Centre de psychiatrie pénitentiaire" où sont enfermés ceux dont on ne sait (plus) que faire ailleurs.

  "En amont du cours d'eau, sur l'autre rive, plus haut sur la pente : deux longs bâtiments en pierre de taille. Malgré la distance, elle devina leurs dimensions. Une architecture de géants. Cette même architecture cyclopéenne qu'on retrouvait un peu partout dans la montagne, dans les centrales comme dans les barrages et les hôtels du siècle dernier. C'était bien ça : l'antre du cyclope. Sauf qu'il n'y avait pas un Polyphème au fond de cette caverne - mais plusieurs.

   Diane n'était pas du genre à se laisser impressionner, elle avait voyagé dans des endroits déconseillés aux touristes, elle pratiquait depuis l'adolescence des sports qui comportaient une part de risque : enfant comme adulte, elle n'avait jamais eu froid aux yeux. Mais quelque chose dans cette vision provoqua un trou d'air dans son ventre. Ce n'était pas une question de risque physique, non. C'était autre chose... Le saut dans l'inconnu..." [p. 26 - 27]

 

Martin Servaz, commandant quadragénaire, déjà passablement fatigué et "revenu de beaucoup de choses", est chargé de l'enquête : une enquête difficile car 1) il est impossible que les gardiens n'aient rien vu ni entendu ; c'est pourtant ce qu'ils affirment au risque d'être d'emblée suspectés en raison de leurs "antécédents" ; 2) le cheval en question, Freedom, appartenait à Éric Lombard, richissime homme d'affaires originaire de la région, ce qui justifie une enquête approfondie "pour un cheval", l'homme ayant le bras (extrêmement) long.

Est adjointe à l'enquête (la sculpturale) Irène Ziegler, capitaine de la Section de recherche de Pau, alors qu'il s'avère bien vite que Freedom ne sera pas la seule victime de cet/ces assassin(s) retors et particulièrement organisé(s).

J'ai été happée dès le début par l'atmosphère de cette enquête, "engourdissante" en raison du froid prégnant et de la méforme de Servaz ; pesante aussi principalement lors des scènes se déroulant dans l'Institut : impossible de ne pas sursauter ou regarder derrière son épaule en même temps que Diane Berg lorsqu'elle en arpente les couloirs "sécurisés". J'apprécie également le fait que les "héros" aient, eux aussi, leur part d'ombre...

Je lirai bien sûr les opus suivants.

  "À mesure qu'il en découvrait les détails, cette affaire de cheval prenait des proportions de plus en plus importantes dans son esprit. Il avait l'impression d'être un légiste qui déterre un doigt, puis une main, puis un bras, puis le cadavre entier. Il se sentait de plus en plus inquiet. Tout, dans cette histoire, était extraordinaire. Et incompréhensible. D'instinct, comme un animal, Servaz percevait le danger. Il se rendit compte qu'il frissonnait, malgré le soleil." [p. 122]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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18:48 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

26/12/2017

La pâtissière de Long Island, Sylvia Lott

Présentation. 1932. Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer chez ses frères. Elle débarque à New York avec deux secrets dans ses bagages : son coeur brisé et la recette ancestrale d'un savoureux gâteau au fromage blanc. 2002. Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie à son tour la recette du cheesecake...

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Mon avis. Une bien agréable lecture qui souffre cependant parfois quelques longueurs...

Le récit commence en 2002 alors que Marie, qui va bientôt fêter ses nonante ans, envoie une lettre à Johann, son frère toujours en Allemagne, lui demandant de venir lui rendre visite aux États-Unis - tant qu'il est encore temps et que sa mémoire défaillante n'a pas tout à fait rompu les amarres -, histoire de mettre au clair certaines choses, occultées depuis les années trente, époque de l'exil. C'est ainsi que Johann vient voir Mariechen en compagnie de Rona, sa petite-fille qui sort d'une rupture douloureuse.

Arrivée à Long Island, Rona écoutera des heures durant Marie raconter sa vie depuis les circonstances qui l'ont conduite à quitter l'Allemagne pour rejoindre deux de ses frères établis depuis quelques années déjà sur le continent américain.

Le roman alterne les deux époques : 2003 et les années trente ; Marie en 2003, au crépuscule de son existence, livre ses souvenirs à une Rona de plus en plus captivée par ces traces du passé ; Marie en 1932 envoyée loin, très loin, parce que le jeune homme dont elle est amoureuse n'a pas l'heur de plaire à un père autoritaire et exigeant.

Un fil conducteur entre ces deux époques : un gâteau au fromage blanc, le Cheesecake New York Style, dont la recette a été transmise à Marie par sa tante Frieda ; un gâteau qui fera bientôt la renommée du Wiemkes' Coffee Shop, le tout petit établissement tenu par ses frères, Willi et Fritz ; un gâteau dont la recette ne peut être écrite ni dévoilée, hormis à une femme qui deviendra elle-même gardienne du secret avant le passage de flambeau ultérieur; un gâteau qui semble magique pour apaiser les tensions éventuelles, même s'il n'avait pas produit l'effet escompté lors du différend entre Marie et son père...

Malgré çà et là quelques longueurs, le récit se lit aisément et balaie une bonne partie du vingtième siècle, évoquant les aléas de la vie de Marie avec, en toile de fond, les prémices de la deuxième guerre mondiale ; Rona verra aussi son existence changer après la rencontre avec sa grand-tante.

  "Oui, étrange, non ? Parfois, il faut des années pour mûrir et parfois, on le sait en quelques secondes : C'est ça !". [p. 171]

Traduction : Lorraine Cocquelin.

Titre VO : Die Glücksbäckerin von Long Island (2014).

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

15:28 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/12/2017

Underground Railroad, Colson Whitehead

Présentation. Cora, 16 ans, est une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie. Grâce à Caesar, elle réussit à s'échapper. Leur première étape est la Caroline du Sud, dans une ville qui semble être le refuge idéal mais qui cache une terrible vérité. Il leur faut fuir à nouveau, d'autant plus que Ridgeway, le chasseur d'esclaves, est à leurs trousses.

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Mon avis. Un récit qui heurte, inévitablement...

Nous sommes aux États-Unis, en Géorgie plus précisément, et nous y découvrons Cora, une jeune esclave qui travaille sur une plantation de coton et tâche de (sur)vivre, tant que faire se peut, dans un monde profondément hostile pour qui n'a pas la peau blanche.

Amenée, presque à son corps défendant, à prendre la défense d'un enfant qui allait être "corrigé" (battu, s'entend) par "le Maître", elle subit elle-même les représailles de celui qui a tout pouvoir sur les esclaves ; elle pressent alors qu'elle doit tout faire pour se sauver si elle veut espérer faire de vieux os. C'est pourquoi, malgré la terreur qui l'étreint, elle accepte l'offre de Caesar, un des ses compagnons d'infortune qui lui propose de fuir...

Nous suivons le périple de Cora, accompagnée de Caesar dans un premier temps, seule ensuite ; la jeune femme découvre le chemin de fer clandestin - souterrain dans ce roman - mis sur pied rails par les abolitionnistes, qu'ils soient blancs ou noirs, pour venir en aide aux esclaves.

Cora fuit d'état en état, passant d'une cachette à l'autre, avec Ridgeway à ses trousses, chasseur d'esclaves à "l'efficacité" redoutable et redoutée par qui a entendu parler des "exploits" de celui qui se contente de ramener à leur maître les esclaves en fuite. Il est payé pour cela ; il ne s'encombre donc d'aucun sentiment face à ce qu'il adviendra de ces derniers lorsqu'ils retourneront au domaine qu'ils ont fui : la mutilation, la torture, avant la probable délivrance de la mort...

Si j'ai été profondément révoltée et en colère face à ce destin à l'image de milliers d'autres, curieusement, je suis souvent restée à distance de Cora, peut-être en raison de la plume de l'auteur qui, me semble-t-il, reste lui aussi à distance de ses personnages. Autrement dit, il m'est arrivé, à certains moments, de prendre le train en marche ; à d'autres, je restais sur le quai jusqu'au convoi suivant...

Traduction : Serge Chauvin.

Titre VO : The Underground Railroad (2016).

 

Merci à PriceMinister pour ce partenariat ; à ceux qui s'étonneraient de l'énorme retard de cette chronique dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire [#MRL17], je précise que cela s'explique par le fait que j'ai reçu le roman après la date ultime de remise des copies ;-)

18:32 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

07/12/2017

Sombres étoiles, Malorie Blackman

Présentation. L'amour peut-il naître au beau milieu de l'Univers ?

2164.

Vee et son jumeau Aidan sont seuls à bord de leur vaisseau depuis qu'un terrible virus a terrassé l'ensemble de l'équipage.Leur seul désir : regagner la Terre.

Nathan et ses amis sont des esclaves, qui vivent sur la planète Barros 5. Leur unique souhait : rejoindre la planète Callisto, où la vie sera plus douce.

Vee et Nathan n'auraient jamais dû se rencontrer. Mais la vie réserve parfois des surprises, même au fin fond de l'espace...

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Mon avis. Un avis mitigé, cette fois...

Le point de départ du propos est intéressant : des jumeaux décident, malgré les risques encourus, de porter secours à des humains en train de se faire massacrer sur Barros 5. Or, ce faisant, ils savent pertinemment qu'ils deviendront eux-mêmes la cible de ces prédateurs. Tant pis : Vee a pris sa décision, Aidan obtempère.

Comme souvent avec l'auteure, la différence est le thème central du récit, avec les conséquences parfois dramatiques qu'elle entraîne, chez les uns. Et chez les autres.

Où le bât m'a-t-il (sérieusement) blessée ? L'histoire d'amour entre les deux héros est amenée à une vitesse phénoménale, ôtant ainsi une part de crédibilité à l'ensemble. Pire : comme si cette rapidité d'enchaînement n'était pas suffisante, vient s'ajouter une situation (tout à fait invraisemblable) relative à ce couple qui m'a laissée perplexe... et c'est peu dire. Heureusement, la dernière partie atténue quelque peu cette déception.

Je pense cependant que ce livre est susceptible de plaire aux adolescents dans le cadre d'un parcours sur la science-fiction.

Finalement, ces étoiles eurent - pour moi - une tonalité relativement sombre...

Traduction : Amélie Sarn.

Titre VO : Chasing the stars (2016).

 

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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21:55 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/11/2017

Entre deux mondes, Olivier Norek

Présentation.

ADAM A DÉCOUVERT

EN FRANCE UN ENDROIT

OÙ L'ON PEUT TUER

SANS CONSÉQUENCES.

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Mon avis. Un roman (?) indispensable...

Le récit s'ouvre sur deux scènes qui prendront leur sens par la suite. L'une, intitulée L'enfant, se déroule "quelque part en Méditerranée" : dans l'embarcation qui transporte 273 migrants, une petite fille tousse de manière récurrente, si bien qu'elle risque de les faire repérer lorsqu'ils auront embarqué dans des camions. Il est alors demandé à la maman de jeter son enfant par dessus bord...

L'autre, Le fou, transporte le lecteur à Calais, en octobre 2016, au dernier jour du démantèlement de la "Jungle"(1) : alors que les pelleteuses viennent de déterrer des bouts de corps à la périphérie du camp, une silhouette sale, dépenaillée, surgit de la forêt, s'agenouille face au trou et se met à creuser la terre de manière frénétique, avant de repartir vers les bois.

Le récit se centre ensuite sur la Syrie, plus particulièrement la "salle d'interrogatoire" du centre de détention du service de renseignement militaire auquel appartient Adam, officiellement "agent dévoué de la police militaire du régime de Bachar el-Assad". Officieusement, Adam fait désormais partie de l'ASL, l'armée syrienne libre. Et le prisonnier "interrogé" - autrement dit torturé - fait aussi partie de l'ASL ; il a jusqu'à présent résisté mais Adam sait que c'est une question d'heures avant qu'il parle. Il doit donc organiser dans l'urgence la fuite de sa femme et sa fille avant de prendre lui-même le large.

Focus ensuite sur Calais, en juillet 2016, où vient d'être muté le lieutenant Bastien Miller. Il est loin de se douter qu'il va (tenter d') ouvrir les yeux sur un univers insoupçonné et insoupçonnable, alors qu'il n'a lui-même pas une vie de famille harmonieuse...

 "- J'ai l'impression que le camp de réfugiés est au centre de beaucoup de tensions. Cette Jungle, vous y allez souvent ?

   - Aux abords, tous les jours. À l'entrée, quand il le faut. Mais dedans, rarement. C'est à la fois une zone de non-droit et un bidonville.

  - Et votre job consiste en quoi ?

   Passaro perdit un instant sa bonhomie. Cortex et Sprinter se gardèrent de répondre ou de blaguer.

  - J'aurais presque honte de le décrire. Faut le vivre. Mais personne ne veut le vivre. Nous, on y arrive à peine." [p. 105]

"Ce job, il se fait en apnée", avait dit Passaro. [p. 132]

 

Le lien entre Bastien et Adam, ce sont leurs "réflexes de flic" ; c'est cette jungle avec ses (non-)droits, ses exigences, ses atrocités. Et ses marques d'humanité. Parfois. C'est aussi le petit Kilani dont le destin embue le regard.

La souffrance sourd des pages relatives aux migrants qui tentent "simplement" de survivre ; elle surgit également aux côtés des policiers qui ont la lourde tâche (d'essayer) de faire leur métier tout en conservant leur humanité.

Il est des livres dont on aimerait qu'ils ne soient que de la fiction. Entre deux mondes est de ceux-là.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

(1) "- C'est légèrement inapproprié. Qui a trouvé le nom ?

   - N'y voyez pas de racisme, ce sont les migrants iraniens eux-mêmes. Quand ils sont arrivés sur place, ils ont vu un morceau de forêt, alors ils ont appelé l'endroit "la Forêt". En langue perse, jangal. Ici, on a entendu "jungle", prononcé à l'anglaise. Un simple quiproquo." [p. 100]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne, 4.

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16:54 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

24/11/2017

Fourmi, Cyril Houplain

Présentation. 1870, une époque où le monde s'explore, s'invente et fourmille de nouvelles idées.

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Mon avis. Un album exceptionnel...

Ce n'est pas tant l'histoire racontée qui est remarquable mais sa conception graphique ; en effet, les illustrations sont réalisées uniquement en fourmis. Oui, vous avez bien lu : en fourmis.

Ainsi, ce sont des milliers de fourmis qui figurent l'histoire d'Alistair Burke, un jeune Londonien qui embarque, en tant que mousse, à bord d'un navire en partance pour le Nouveau Monde. Sa petite taille et son agilité le font surnommer "Fourmi".

Après un naufrage, il arrive à New York avant d'entamer un périple qui le conduira sur la route de l'Ouest américain...

Tous les dessins sont constitués de fourmis noires, sauf une, rouge, que l'on remarque d'emblée dès qu'elle apparaît : elle jouera un rôle particulier dans l'existence du jeune homme...

Une véritable prouesse graphique...

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

19:54 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/11/2017

Dans la peau d'un migrant, Arthur Frayer-Laleix

Présentation. L'immigration clandestine est un iceberg dont nous ne voyons que la partie émergée. Pour explorer cette mondialisation de l'ombre, Arthur Frayer-Laleix s'est grimé en clandestin, approchant ainsi les passeurs, les logeurs, les intermédiaires du trafic d'êtres humains, avant de reprendre sa casquette de journaliste pour interroger policiers, magistrats, avocats, et vivre parmi les migrants. Son enquête l'a mené du Pakistan à la Turquie, des Balkans à l'Allemagne, en passant par les rues de Calais.

La face cachée d'un "cinquième monde" vertigineux et désespérant qui nous reste invisible, mais dont les conséquences économiques, sociales et politiques ne peuvent laisser indifférent.

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Mon avis. Une lecture nécessaire pour qui veut ouvrir les yeux sur une insoutenable réalité...

Point de fiction puisque ce livre est en fait une enquête réalisée par un journaliste qui a décidé de rentrer dans la peau d'un migrant afin de "vivre" - si tant est que cela soit possible - les situations que ces déracinés sont amenés à rencontrer.

Il entrera ainsi en relation avec les acteurs de ce drame qui sacrifie sur l'autel du profit hommes, femmes, enfants. Indifféremment. Impitoyablement.  Inexorablement Il rencontrera les migrants eux-mêmes, ceux qui acceptent de témoigner ou le font sans en être conscients. Il rencontrera les passeurs, ceux qui acceptent de parler ou le font sans en être conscients. Il rencontrera aussi des "officiels", ceux qui tâchent de (se) convaincre que les pays "accueillants" agissent au mieux et ceux qui, à demi-mots, crachent leur impuissance face au drame.

  "Car derrière les cagettes de tomates, séparée d'elles par des planches en bois, Perry Wacker a aménagé une cache. A l'intérieur s'entassent 60 Chinois. Quand les douaniers de Douvres les découvrent, 58 d'entre eux sont déjà morts. Étouffés. Les corps sont entassés comme des pantins inertes, une montagne de chair, de membres, de torses, de têtes. Des corps quasi nus, car les clandestins ont ôté tous leurs vêtements dans un dernier effort pour survivre.

   Perry Wacker et son complice Ying Guo n'étaient que des petites mains dans le trafic de clandestins, des intermédiaires sans envergure, tout comme les Égyptiens, les Bulgares, les Albanais, les Kurdes, les Britanniques et les Français qui encombrent les salles de comparution immédiate du tribunal de Boulogne-sur-Mer. [...]

   "Peu à peu, [...] on commence à considérer que le trafic de clandestins est un crime", poursuit le policier. La France et l'Angleterre se dotent de lois ; Europol, fondé en 1999, constitue une cellule "Immigration" ; Frontex voit le jour en 2005.

   Pour autant, ce dispositif judiciaire et policier n'enraye pas la mécanique migratoire. Un problème central demeure aux yeux des spécialistes : le transport de clandestins n'est pas considéré comme un crime dans la plupart des pays de départ. Là-bas, les passeurs sont regardés comme des héros, pas des escrocs." [p. 340 - 346]

 

Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers

 

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

20:37 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/11/2017

Mauvaise pioche, Elisabeth Brami et Camille Carreau (KMie.)

Présentation. C'est décidé ! Moi, Elsa Klein, petite dernière d'une famille de quatre sœurs, je n'ai plus envie de faire comme si :

- comme si j'étais un gars ou mieux qu'un gars,

- comme si j'étais la plus heureuse des filles,

- comme si j'étais la plus géniale des quatre,

- comme si j'étais celle qui continue à croire à leur bobard : "Ta mère et moi, on voulait une fille exactement comme toi !"

Mon œil...

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Mon avis. Un petit livre amusant pour les plus jeunes...

Elsa se livre dans son journal intime : elle raconte la difficulté d'être la "petite dernière", dans une famille de quatre filles où un garçon était ardemment espéré. La difficulté de ne récolter que de mauvaises notes en classe alors que ses trois aînées sont excellentes, voire brillantes. La difficulté de se sentir différente et de n'avoir personne à qui confier ses doutes et ses peurs.

  "En tout cas, c'est à ce moment-là que mes parents ont rejoué au loto des bébés. Et encore une fois, ils ont fait mauvaise pioche ! Mais cette fois, qui est arrivé ? Qui ? Devinez !

   MOI ! Moi, Elsa Klein. La quatrième fille du docteur Klein." [p. 25 - 26]

L'enfant porte sur la fratrie et les parents un regard tantôt doux amer, tantôt humoristique.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

21:59 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/10/2017

La malédiction de Gabrielle, 2 : À l'ombre du diable, Andrea H. Japp

Présentation. 1348. La peste fait rage dans Paris et l'épidémie a changé la face du royaume. Aurait-elle aussi changé Gabrielle ? Déterminée à être maîtresse de son propre destin, plus rien n'arrête cette femme bafouée par son mari, joueur acharné qui dépensait leurs quelques sous dans les pires tripots et les plus sombres bordels. Elle quitte la capitale avec sa fidèle Adeline, emportant avec elle une peinture mystérieuse que les puissants veulent posséder coûte que coûte. Dans une France en panique, tout est possible.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec grand plaisir Gabrielle et Adeline, même si j'ai parfois quelque peu rongé mon frein...

Après un résumé - bienvenu - du tome 1, le récit s'ouvre sur un couple de riches bourgeois parisiens ayant fui la capitale - et la pestis - avec leur petite Angélique, pour rejoindre Les Loges-en-Josas, lieu où se sont réfugiées Gabrielle et Adeline.

Gabrielle tire le diable par la queue, malgré l'ingéniosité dont elle et Adeline font preuve pour essayer de trouver de quoi se nourrir ; elle se voit ainsi contrainte de cacher au notaire de son mari qu'elle a perdu l'enfant qu'elle portait ou d'agir de manière "peu recommandable"...

Dans l'ombre des deux femmes gravitent des personnages énigmatiques, voire tout à fait dangereux - dont une Marthe de Rolittret particulièrement retorse - et même si Gabrielle - qui n'a plus rien à voir avec la naïve jeune fille d'autrefois - et Adeline demeurent sur leurs gardes, il arrive que leur vigilance se relâche quelque peu... Or ils sont nombreux ceux qui veulent faire main basse sur le fameux diptyque. Quoi qu'il en coûte. Comme si les ravages de la peste ne suffisaient pas...

C'est en se méfiant de tous qu'elles réussiront peut-être à survivre. Peut-être.

Si j'ai écrit avoir quelque peu rongé mon frein, c'est parce que se tisse une toile gigantesque au milieu de laquelle se débattent nos héroïnes et que cet opus soulève bon nombre de questions... sans en apporter les réponses. Suite donc des aventures de Gabrielle d'Aurillay dans le prochain opus...

Éditions Flammarion (2016) ; éditions J'ai Lu (2017).

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Lire sous la contrainte" (apostrophe).

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11:45 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/10/2017

Il y a un monstre dans ce livre, Tom Fletcher et Greg Abbott

Présentation. Il y a un monstre dans ce livre ! Pour s’en débarrasser, il faut secouer l’album, souffler dessus, le faire tourner très fort… Cet ouvrage interactif et plein d’humour invite l’enfant à interagir avec lui à chaque page.

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L'avis des petits. Un album qui a beaucoup plu à mes petits-enfants...

Première réflexion : le monstre dont il est question est tout mignon...

Il y a donc un (joli) monstre dans l'album et l'enfant est chargé de le faire décamper en agissant de diverses manières : en penchant le livre tantôt à droite, tantôt à gauche ; en soufflant dessus ; en criant (très) fort. Mais c'est qu'il s'accroche aux pages, le diablotin.

Jusqu'au moment où il quitte le livre pour se réfugier dans la chambre. Hum, finalement, ne vaut-il pas mieux qu'il réintègre l'album ? Vite, vite, rappelons-le...

Le dessin est superbe et les pages regorgent de couleurs vives ; les enfants (3 et 6 ans) ont beaucoup aimé devoir "intervenir" lors de la lecture. Résultat : mamy a dû le lire cinq fois d'affilée...

Éditions Milan, octobre 2017.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

15:36 Écrit par Païkanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |