06/02/2016

Kyrielle Blues, Biefnot-Dannemark

Présentation. " Un blues, mais d'un bleu lumineux ! " (Simon Bersic)

Ce qui s'annonçait comme un pénible voyage vers le Nord va peut-être changer la vie de Nina. Le cœur lourd, elle a quitté Bordeaux pour rejoindre Hazebrouck. Un notaire l'y attend pour lui lire les dernières volontés de son père, Teddy, un pianiste de jazz réputé, qui l'a élevée seul.

Le testament commence par une énumération de biens, pour la plupart dérisoires, qui libère en Nina une troublante kyrielle de souvenirs. Mais l'essentiel est ailleurs : la confession finale de Teddy va entraîner Nina et le notaire, confident inattendu, très loin derrière le miroir. Là où sont enfouis les mensonges, les silences, les ressorts secrets d'une vie.

De révélations en surprises, ces aveux bouleversent passé et présent. Vont-ils changer la couleur de l'avenir et permettre de repeindre l'horizon en bleu ? En tout cas, très vite, l'histoire rebondit...

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Mon avis. Un récit-friandise qui déroule sa partition au fil des mots : ceux-ci deviennent notes et emportent le lecteur sur des sentiers lumineux.

Le premier mouvement nous emmène au printemps 2016 : Nina, Antoine et Kathy reçoivent, dans leur restaurant-club de jazz bordelais, un duo  de musiciens américains. C'est Antoine qui a organisé cette soirée au cours de laquelle il se mue en équilibriste : la surprise est de taille, dans tous les sens du terme, mais elle risque de n'être pas au goût de Nina...

Plongée dans le passé : dix-huit mois auparavant, Nina a accompli le voyage qui l'a conduite sur les traces douloureuses de son passé alors que, contrainte et forcée, elle "remonte" vers Hazebrouck, là où le notaire fera lecture du testament paternel.

Passée la tension palpable qui étreint Nina dès qu'elle franchit le seuil de l'étude de maître de Laval, le rendez-vous dévoile, lentement mais sûrement, des pans entiers de la vie de Teddy que sa fille ne connaissait ni d’Ève ni d'Adam et qu'elle aurait préféré laisser dans l'ombre.

Ce récit est l'histoire de rencontres : Antoine et Nina lors de la lecture du testament, Nina et le Teddy qu'elle n'a jamais soupçonné, Antoine et un Teddy qu'il découvre, ou encore Antoine et (la rayonnante) Kathy (ma préférée), l'amie cordon bleu de Nina. Des rencontres qui risquent de bouleverser l'existence de ces héros de papier...

 

  "Nina retient son souffle. Elle cherche quelque chose à quoi accrocher son regard. Ses yeux croisent ceux d'Antoine de Laval. C'est de la douceur qu'elle y voit. A-t-il deviné ses larmes anciennes ? D'un battement des paupières, elle lui dit de poursuivre." [p. 75]

  "Plus tard, dans la nuit, ils font lentement le chemin en sens inverse, sans dire un mot, pour permettre aux paroles de Teddy de trouver leur juste place au fond d'eux-mêmes." [p. 137]

  "Debout. Faire des pas. Dire doucement au revoir, à bientôt. À bientôt ?" [p. 191]

 

Rencontre aussi entre le lecteur et un très beau texte, agrémenté par les aquarelles de Véronique Biefnot, un de ceux qui font du bien et poétisent le temps écoulé en compagnie des personnages.

Grand merci aux auteurs pour ce partenariat ; le livre est disponible à partir du 11 février : n'hésitez pas.

 

Ce roman entre dans le challenge "Phileas Fogg".

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15:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/02/2016

Si c'est la fin du monde, Tommy Wallach

Présentation. Et si une météorite avait deux chances sur trois… de faire exploser la Terre dans deux mois ? Alors que la fin de la terminale approche pour Peter, Anita, Andy et Eliza, une météorite apparaît dans le ciel : elle a deux chances sur trois de percuter et faire exploser la Terre deux mois plus tard.
Tout à coup, l’avenir n’a plus la même importance… L’anarchie s’installe peu à peu : violence et pillages se multiplient, beaucoup arrêtent de travailler, la nourriture commence à manquer.
Les quatre adolescents doivent décider maintenant ce qu’ils feront du reste de leur vie, et peut-être, paradoxalement, en profiter pour être enfin libres et heureux, même pour peu de temps…

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Mon avis. Un bon moment de lecture mais si le thème avait été exploité plus en profondeur, c'eût été un très bon moment...

Nous nous retrouvons à Seattle, au milieu de jeunes dont le temps est désormais compté ; en effet, les probabilités de voir la Terre détruite par une météorite sont extrêmement élevées. Chacun tâche de continuer à "exister" en attendant la fin...

Le récit se centre tour à tour sur un des personnages principaux : Peter,  jeune homme "bien sous tous rapports", si l'on excepte un "faux pas" ; Eliza, étudiante brillante, passionnée de photographie, qui s'étourdit dans les relations d'un soir pour oublier l'épreuve qui touche son papa ; Andy, délaissé par ses parents et attaché (presque) malgré lui à Bobo, le voyou de service ; enfin Anita, jeune femme parfaite qui semble pourtant vouée à décevoir constamment l'imposante figure paternelle.

Petit à petit, les protagonistes réagissent, chacun à sa manière, face à l'inéluctabilité de l'événement : certains vont enfin se découvrir/se révéler ; d'autres vont se perdre... Ma déception réside dans le fait que le propos s'éparpille quelque peu ; en outre, j'aurais apprécié que les personnages soient davantage nuancés...

Traduction : Papillon.

Merci aux éditions Nathan pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (10) et "Littérature de l'imaginaire" (8).

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12:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/01/2016

Orange, 1, Ichigo Takano

Présentation. Un matin, alors qu'elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu'elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu'elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu'elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les évènements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… [...]

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Mon avis. Je risque de me faire présentement des ennemis : c'est clairement pour moi une déception...

Ce manga (shōjo) est encensé sur la Toile, j'ai donc choisi de le lire dans le cadre du challenge "Un genre par mois".

J'ai adoré le graphisme, les visages sont superbes et pleins de fraîcheur, très féminins aussi : il m'est arrivé, à plusieurs reprises d'y regarder à deux fois afin de "reconnaître les garçons".

L'intrigue est tout à fait intéressante : les lettres que Naho reçoit de la "future elle-même" initient une intrigue prometteuse ; elle l'est, du moins dans une certaine mesure : j'ai trouvé l'ensemble parfois quelque peu confus.

Mais là où le bât (m'a) bless(é)e, c'est dans le texte, tellement "simple", presque "balbutiant"... Dommage...

Traduction : Chiharu Chujo.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (BD, comics, manga pour janvier) et "Phileas Fogg".

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12:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/01/2016

Silo, Hugh Howey

Présentation. Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants occupent  un silo souterrain de 144 étages. Presque tout y est interdit ou contrôlé, y compris les naissances. Ceux qui enfreignent la loi sont expulsés en dehors du silo, où l'air est toxique. Avant de mourir, ils doivent nettoyer les capteurs qui retransmettent des images brouillées du monde extérieur sur un écran géant. Mais certains commencent à douter de ce qui se passe réellement dehors.

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Mon avis. Un récit que j'ai beaucoup apprécié...

Dès la première page, le lecteur se retrouve piégé dans le silo dont la colonne vertébrale n'est autre que l'escalier qui relie (ou sépare ?) les 144 étages de cette boîte gigantesque.

On accompagne d'abord Holston, le shérif du silo, en train de gravir les dernières marches, celles qui conduisent "au lieu ultime" : Holston est bel et bien déterminé à sortir, signant par là même son arrêt de mort.

Ensuite, focus sur Jahns, une dame vieillissante mais toujours énergique, qui occupe la fonction de maire ; suite au nettoyage entrepris par Holston, elle a pour mission de nommer un nouveau shérif. Pour ce faire, elle a décidé d'accomplir le "voyage" qui la mènera vers les Machines, soit 140 étages plus bas, en compagnie de Marnes, l'adjoint du shérif.

Troisième personnage : Juliette, une jeune femme qui travaille "au fond", une "graisseuse" comme disent ceux des étages supérieurs. C'est Juliette qui a été choisie par Jahns pour succéder à Holston mais tout le monde ne l'entend visiblement pas de cette oreille.

  "Elle et Marnes trouvèrent leur rythme de croisière, chaque pied déjà tendu vers la marche suivante, une sorte d'effondrement des os, de résignation à la gravité, se laisser tomber sur ce pied, glisser la main, tendre la canne, recommencer. Le doute s'insinua en Jahns aux abords du trentième étage. Ce qui semblait une belle aventure au lever du soleil lui semblait désormais une entreprise immense. Chaque pas se faisait à contrecœur, avec la conscience de l'effort éreintant qu'il faudrait pour reconquérir cette altitude.

   Au trente-deuxième, ils passèrent la station d'épuration du haut et Jahns réalisa que certaines parties du silo étaient presque nouvelles pour elle. À sa grande honte, il y avait une éternité qu'elle n'était pas descendue si bas. Et entre-temps, des changements étaient intervenus. Des constructions et des réparations étaient en cours. Les murs n'étaient plus de la même couleur que dans son souvenir. Encore qu'il lui était difficile de se fier à son souvenir..." [p. 96 - 97]

 

Ces trois personnages attachants jouent un rôle prépondérant dans l'histoire, grains de sable qui vont gripper la mécanique (finalement pas aussi) "totalitairement huilée" (que certains le voudraient). Dès lors, les nettoyages se suivent et (ne) se ressemblent (pas).

Je ne me suis pas ennuyée une seconde alors que certains (longs) passages décortiquent pourtant les lieux, et particulièrement celui où tout se (dé)noue : l'escalier, bientôt témoin muet du drame qui se joue...

Traduction : Yoann Gentric et Laure Manceau.

Merci au Livre de Poche pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (7) et "Phileas Fogg" (USA).

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19:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

17/01/2016

Fondation Deus, III : L'ombre des nuages, Pierre-Arnaud Francioso

Présentation. Après avoir été victime d'un terrible accident, Astrid est enlevée et se réveille avec une trentaine de personnes de tous âges dans un établissement pour mutants coupé du monde, la Fondation Deus, créée il y a près de trois cents ans. Alors qu'ils commencent à œuvrer pour l'école, certains élèves disparaissent dans des circonstances mystérieuses, victimes d'une menace insoupçonnée qui s'apprête à ravager la Fondation.

Héros ou égoïstes... Face à la mort, la vraie nature des mutants va se révéler. Découvrez certaines des heures les plus sombres de la Fondation Deus, et la lutte de ses occupants pour essayer de survivre aux dangers qui les guettent. Voyagez à travers les époques, comprenez pourquoi les murs de l'école semblent pleurer et percez les mystères du Gardien des Ombres.

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Mon avis. J'avais beaucoup apprécié le tome 1, intitulé Le Veilleur, à tel point que j'en avais parlé aux collègues ayant des élèves plus jeunes que les miens, le livre me paraissant convenir à des élèves du premier degré. L'auteur doit d'ailleurs revenir bientôt à l'école.

Mon avis est cependant mitigé concernant ce roman-ci, que l'on peut par ailleurs tout à fait découvrir sans avoir lu la deuxième partie puisqu'il prend place, chronologiquement, avant l'action du Veilleur...

Le récit commence de la même manière que le premier opus, à savoir la description des circonstances dramatiques qui conduisent une adolescente, en l'occurrence Astrid, à se retrouver au cœur d'un endroit très mystérieux : la Fondation Deus.

Des individus, jeunes ou adultes, venant d'époques et de lieux différents sont enfermés dans un espace clos, contraints de suivre des cours susceptibles de faire surgir en eux un "pouvoir potentiel". À l'issue des semaines d'observation programmées, des examens seront organisés, destinés à sélectionner les "vainqueurs"...

J'ai dans un premier temps retrouvé avec plaisir l'atmosphère particulière de la Fondation, dans laquelle les questions abondent, sans les réponses. Cependant, j'ai trouvé la "première partie", autrement dit celle de la (re)découverte, longue et répétitive. De plus, les personnages sont nombreux, même si l'attention se focalise sur certains d'entre eux, si bien que je me suis quelque peu perdue dans le dédale des personnalités. J'ai en revanche apprécié la relation, distillée çà et là, des bribes du passé de certains d'entre eux.

Mon intérêt a été relancé lorsque la Fondation est en proie à des attaques de "scorps" qui déciment petit à petit les rangs des membres de l'école, tant professeurs qu'élèves, mais j'ajouterai quelques bémols : outre le ver "grand-guignolesque" et les handicaps dont sont victimes certains des élèves qui passent "comme une lettre à la Poste", me semblant ainsi intégrés/acceptés trop facilement, j'ai trouvé la fin abrupte.

Côté écriture, le texte est très dense et me paraît cette fois davantage approprié à de plus grands adolescents.

Merci à Livraddict et à l'auteur pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (9), "Littérature de l'imaginaire" (6), "Lire sous la contrainte" (25e session) et "Comme à l'école" (Thème : Rouge).

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14:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

10/01/2016

Praërie, 2 : Le secret des Haoms, Jean-Luc Marcastel

Présentation. Le lieutenant Vincent Marty réussira-t-il à quitter le monde impitoyable de Praërie ?

Là, parmi ces descendants d’humains miniaturisés par erreur voici plus de vingt ans, il a trouvé des alliés en la personne de Lo'Hiss, redoutable chasseur, d’une étrange fille-guêpe et de Séfan, une jeune Sink aussi surprenante qu’attachante. Avec leur aide, il est parti à la recherche du laboratoire où se trouve le protocole qui lui permettra de retrouver sa taille d’origine.

Mais la Vertjungle est féroce et sans pitié pour qui ne connaît pas ses secrets… car le moindre ruisseau y devient un fleuve infranchissable hanté par des créatures redoutables, les insectes !

Pourtant, ici comme ailleurs, le plus terrible des prédateurs n’est pas toujours celui que l’on croit…

Praërie - Les vrais monstres sont sous nos pieds…

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Mon avis. J'avais déjà beaucoup apprécié le premier tome de Praërie, Le monde des Sinks ; j'ai davantage encore aimé ce deuxième opus.

Prêts à vous miniaturiser l'espace de quelques heures et à vous retrouver, infi(nissi)me, face aux carapattes de la Vertjungle ? Allons-y, mais que vos sens demeurent constamment aux aguets si vous ne souhaitez pas devenir une friandise pour insectes...

Le récit commence exactement là où s'était terminé le précédent : les quatre protagonistes pensent avoir retrouvé l'hélicoptère de Vincent mais il s'avère que ce n'est pas le cas. D'emblée commence une course effrénée alors que le petit (!) groupe composé de Vincent, Séfan, Lo'Hiss et la Fillvolmort deviennent des mets de choix pour les Grouillepinces, alias les fourmis, toutes mandibules dehors, cisaillant l'air en une espèce de répétition avant la "t/fournée générale".

Ce n'est que le début de leurs (més)aventures face aux monstres démesurés de Praërie, contées de main de maître(-poète) par Jean-Luc Marcastel, d'un combat mémorable contre une (gigantesque) ventrecroche (araignée) à la confrontation avec les filles-guêpes, Amazones corsetées de noir et or, en passant par un affrontement avec une (énorme) grouillecroche (scolopendre).

Et chaque fois qu'un combat s'engage, le sablier du temps s'écoule : si le groupe n'a pas retrouvé l'hélicoptère endéans quelques heures, il leur sera définitivement impossible de rejoindre Gradmonde.

  "Là, patiente, vigilante, guettait la maîtresse des lieux.

   Un frisson de terreur avait traversé Vincent.

   Deux de ses pattes, longues et puissantes, segmentées et velues d'une broussaille agressive, dépassaient hors de son antre.

   Elle attendait.

   Malgré ses jumelles dotées d'un filtre amplificateur, il ne distinguait d'Elle que quelques fragments, un reflet par-ci, égaré sur une portion de crâne énorme, un éclat par-là, luisant, agressif... celui du soleil se compromettant sur deux crochets que Vincent devinait presque aussi longs que lui.

   Un rien plus haut, huit points noirs, des petits et des grands, se détachaient de quelque masse plus sombre, infiniment plus imposante, repliée dans cet espace trop exigu pour elle...

   Cette ombre, c'était celle qui se tapissait au fond de ses cauchemars d'enfant, celle qui le guettait sous son lit, quand, tellement terrifié qu'il ne pouvait plus bouger, il attendait qu'une de ses pattes vienne se poser sur ses couvertures, puis une deuxième, tractant le corps boursouflé de venin jusqu'à lui, pour enfin le mordre, le paralyser et le vampiriser.

   Ces huit fragments de ténèbres pures, sans partage, qui n'offraient rien, mais absorbaient tout, fenêtres ouvertes sur le néant, la mort, il lui sembla un instant qu'ils le fixaient, le consommaient déjà." [p. 66]

 

J'ai vibré (!) avec les héros, et adoré la manière dont chacun apprivoise ses compagnons, osant par là même se rendre vulnérable afin de découvrir l'autre dans sa différence... [Et pour l'anecdote, je me suis même surprise à observer une araignée qui avait élu domicile dans la maison, imaginant les Sinks face à elle...]

 

Ce livre entre dans les challenges de la Licorne 2 ; "Jeunesse/Young Adult" (8) et "Littérature de l'imaginaire" (5).

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21:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

06/01/2016

Les anonymes, Roger Jon Ellory

Présentation. Washington. Quatre meurtres aux modes opératoires identiques. La marque d'un serial killer de toute évidence. Une enquête presque classique donc pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité. Qui était-elle réellement ? Et ce qui semblait être une affaire banale va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain...

Une fois encore, R. J. Ellory pousse le thriller dans ses retranchements.

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Mon avis. Mais comment diable ai-je attendu si longtemps avant de me lancer dans la découverte de l'auteur ? Impression que je risque peu d'être déçue avec Ellory...

Après Seul le silence, Les neuf cercles, voici donc Les anonymes, un récit qui s'ouvre sur une scène qui sort des sentiers battus : Catherine Sheridan, une (presque) quinquagénaire, est sur le point de se faire assassiner. Jusque-là, rien "d'original" si je puis dire, mais la particularité de cet homicide tient dans le fait qu'elle sait pertinemment que son meurtrier est dans sa maison, qu'elle va "y passer" et semble pourtant attendre, fataliste, que se produise l'inéluctable.

  "Ça y est, se dit-elle.

Je m'appelle Catherine. J'ai 49 ans, et ça y est.

   Merde.

   Elle bouge vers la droite, tend la main et touche la surface froide de l'évier. Elle s'agrippe au rebord et, en usant comme d'un levier, se retourne lentement vers la porte.

   Elle se demande s'il est déjà dans la maison.

   Elle se demande si elle ferait mieux de rester immobile et d'attendre, ou au contraire de bouger.

   Elle se demande ce qu'il veut d'elle.

   Elle met du temps à prendre une décision, mais, une fois qu'elle l'a prise, elle s'y tient.

   Elle traverse la cuisine jusqu'au salon - déterminée, concentrée. Elle sort un DVD de l'étagère contre le mur et, avec la télécommande, ouvre le lecteur, pose le disque, referme le lecteur, appuie sur des boutons et attend que le son arrive... Puis l'image apparaît. Elle hésite.

   Une musique.

   Elle monte le volume.

   Musique composée par Dimitri Tiomkin.

   La vie est belle." [p. 11 - 12]

  

L'inspecteur Miller, qui vient tout juste de réintégrer ses fonctions, est chargé de l'enquête et il a conscience qu'il n'a pas le droit à l'erreur. "On" l'attend au tournant depuis que les médias l'ont jeté en pâture au public... Or Catherine Sheridan est la quatrième victime d'un serial killer qui semble prendre un malin plaisir à mettre en scène des meurtres commis de manière particulièrement horrible.

À côté du mode opératoire sanguinolent, les indices sont peu nombreux : un ruban coloré "artistiquement" laissé sur les lieux, ainsi qu'une odeur écœurante de lavande. La Police du 2e district patauge, au sens propre comme au figuré.

Pas (infime) à pas (infime), l'équipe de Miller et Roth, son coéquipier, épluche toutes les pistes possibles et (in)imaginables : il est indispensable de coffrer celui qui se cache derrière tout cela.

Ce récit principal est entrecoupé de pages en italiques, rédigées par John Robey, un homme désireux de "dévoiler les ombres" et "montrer au monde ce qui s'y cache". [p. 62] Petit à petit, ce personnage se livre :

  "Je sais l'amour et le dépit, les cœurs brisés et les désillusions. J'ai compris que le temps sert à émousser cette lame de rasoir qu'est le deuil, jusqu'à ce que la plaie des souvenirs soit moins profonde et que ne subsiste plus que la douleur de l'oubli forcé.

   Je sais tout des promesses tenues comme des promesses trahies." [p. 60]

  "[...] j'attends - (in)visiblement - que la police frappe à ma porte et me dise ce que j'ai prévu d'entendre.

   Parfois je me surprends à retenir mon souffle en attendant cet instant-là." [p. 143]

 

Indépendamment de l'intrigue extrêmement fouillée, relative au Complot, teintée d'habile manipulation et de culpabilité, j'ai beaucoup apprécié les personnages principaux : Miller et ses (profondes) fêlures ;  Roth, soutien conventionnel de Miller ; le vieux couple Shamir qui tente de veiller "de loin" sur Miller, lui rappelant qu'il est bon de se nourrir de temps à autre ; John Robey lui-même, homme de l'ombre bien décidé à mettre en lumière ce qui n'était pas censé l'être. En outre, la relation qui se noue entre Miller et Robey est unique...

Traduction : Clément Baude.

 

Ce livre entre dans le challenge "Phileas Fogg" (auteur anglais).

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20:59 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

03/01/2016

Le Visage de Satan, Florent Marotta

Présentation. Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination. « Faites que je meure », implora-t-il en silence.

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Mon avis. Un titre et une présentation qui donnent le ton, sanglant s'il en est...

Quelques jours avant la "fin du monde programmée" de décembre 2012, les forces obscures se déchaînent et c'est par le biais de Gino Paradio, ex-policier, alcoolique (pas encore tout à fait) repenti, devenu détective privé, présentement sans travail, que le lecteur plonge dans une atmosphère glauque, dégoulinante de satanisme...

Gino est lui-même poursuivi par ses propres démons : sa sœur est décédée, renversée par un chauffard, et ses parents ont été assassinés. Depuis lors, la colère, la haine et la vengeance lui tiennent compagnie...

Alors qu'il se demande à quoi se raccrocher dans la vie, en lutte perpétuelle contre l'envie prégnante d'à nouveau s'oublier dans l'alcool, il est contacté par Sibylle Pech, une veuve sculpturale qui lui demande de prouver que son mari défunt, victime d'une crise cardiaque, a bel et bien été assassiné. Le détective ne "sent pas" cette affaire, mais il lui faut bien se nourrir - à défaut de boire - et le voici lancé dans cette enquête susceptible d'être pour lui la dernière...

Or il se fait que d'horribles crimes sont perpétrés dans la capitale française et Gino commence à se demander si ceux-ci et ses investigations ne seraient pas liés. Il sera contraint, à certains moments, de se dépouiller de la carapace qu'il s'est forgée et de son "armure cartésienne" s'il veut espérer trouver le "fin mot" de l'histoire, au risque de sombrer définitivement dans sa part d'ombre, celle qui ne demande qu'une chose : l'engloutir. Irrémédiablement.

Malgré les erreurs de langue qui émaillent çà et là le texte, et même si j'ai parfois été heurtée (!) par les crimes savamment orchestrés par le Mal(in), j'ai été happée par l'histoire et j'ai beaucoup apprécié le personnage principal, anti-héros perpétuellement sur le fil du rasoir (!), qui, à son corps défendant, entrouvre les portes de l'occultisme...

Âmes sensibles s'abstenir...

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (Thème : rouge).

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17:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/12/2015

Le Puits des mémoires, 1 : La Traque, Gabriël Katz

Présentation. Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver.

Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

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Mon avis. Un récit beaucoup apprécié, principalement en raison du trio mis en lumière...

Ce livre est dans ma PAL depuis quelques mois, plus exactement depuis que j'ai taillé une bavette avec l'auteur (facétieusement sympathique) lors de l'édition 2015 de Trolls et Légendes.

Début des hostilités : ils sont trois à se réveiller au milieu des débris d'un chariot complètement explosé. Un quatrième a, quant à lui, péri dans "l'aventure".

Point commun : aucun d'eux ne sait ni qui il est ni comment il s'est retrouvé là. Après les échanges d'amabilité d'usage mais réduits à leur plus simple expression étant donné la situation, ils se choisissent un nom : dorénavant, ils s'appelleront Nils, Karib et Olen.

Ils décident de rester ensemble, espérant que peut-être, l'union fera (l'apparence de) la force, face à la faim, au froid et à l'épuisement. Le trio est bien vite confronté à un groupe de mercenaires, visiblement désireux d'en découdre avec eux. C'est lors de l'altercation que chacun découvre en soi des "ressources" insoupçonnées...

Outre survivre dans un environnement désormais hostile depuis que leur tête a été mise à (cher) prix, Nils, Karib et Olen veulent savoir qui ils sont et dans quelles circonstances la mémoire leur a été ôtée. Chacun semble doté d'une personnalité hors du commun qu'il se doit de découvrir sans attirer l'attention : l'impassible Nils est vite persuadé qu'il sait y faire avec les chevaux ; la magie n'est apparemment pas étrangère à Karib, le colosse au cœur tendre - encore faut-il qu'il (ré)apprenne à s'en servir - ; Olen, Dom Juan de service, a visiblement appris à se battre dans "sa vie antérieure".

Sur leurs traces, l'implacable Fils de la Lune et ses sbires, dévoués à leur maître, corps et âme...

Un premier tome, non dénué d'humour, très agréable à lire...

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (Jeunesse ou Young Adult pour décembre) ; "Jeunesse/Young Adult" (7) ; "de la Licorne" (lecture fantasy supplémentaire pour décembre - janvier) ; "Littérature de l'imaginaire" (4) et "Lire sous la contrainte" (25e session).

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20:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/12/2015

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé

Présentation. La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. À Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobre. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie.

À l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

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Mon avis. "Tout petit doucement", je poursuis ma découverte de Laurent Gaudé : après Cris, Eldorado, voici que s'en viennent les Scorta, à la fois écrasés et ressourcés par la chaleur du soleil montepuccien...

Le récit débute lors de l'arrivée de Luciano Mascalzone à Montepuccio. Cérémonie d'ouverture de ce roman âpre, qui donne le ton à l'ensemble : après quinze ans de prison, Mascalzone revient dans son village, animé du seul désir d'enfin étreindre celle qui a occupé ses pensées durant toutes ses années de claustration.

"C'est ainsi que naîtra la famille des Mascalzone. D'un homme qui s'était trompé. Et d'une femme qui avait consenti à ce mensonge parce que le désir lui faisait claquer les genoux". [p. 27]

De ce "viol" naît Rocco, aussitôt éloigné du village par l'entremise du prêtre qui confie l'enfant à un couple de pêcheurs d'une paroisse voisine : les Scorta. Rocco grandit et devient un brigand qui écume la région et y fait régner sa loi.

Il aura trois enfants, Domenico, Giuseppe et Carmela : c'est l'histoire de cette lignée - à laquelle s'est adjoint le fidèle Raffaele - indéfectiblement liée à cette terre écrasée de soleil, qui nous est contée dans ce roman, dont le fil conducteur est entrecoupé par des passages en italiques, ceux où Carmela relate au prêtre don Salvatore les pages de leur vie, avant que sa mémoire ne lui fasse complètement défaut. À charge pour lui de la dévoiler, le moment venu, à Anna, la petite-fille de Carmela.

Un très beau texte, récompensé en 2004 par le prix Goncourt.

 

  "Le malheur allait fissurer les vies pleines de ces hommes et femmes, mais pour l'heure, personne n'y pensait. Antonio Manuzio se resservait un verre de grappa. Ils étaient tout à leur bonheur sous le regard généreux de Raffaele, que le spectacle de ses frères dégustant les poissons qu'il avait lui-même grillés faisait pleurer de joie.

   À la fin du repas, ils avaient le ventre plein, les doigts sales, les chemises tachées et le front en sueur mais ils étaient béats. C'est à regret qu'ils quittèrent le trabucco pour retrouver leur vie.

   Longtemps, l'odeur chaude et puissante du laurier grillé resta, pour eux, l'odeur du bonheur." [p. 131]

 

Ce livre entre dans les challenges "Phileas Fogg" (auteur français) et "LDPA 15" :

Lisalor avait sélectionné pour moi Le soleil des Scorta [merci Isabelle de me l'avoir offert], Les anonymes, de R. J. Ellory et Le poids des secrets, de Aki Shimazaki ; j'ai sélectionné pour elle Le chardon et le tartan/Outlander, tome 8, de Diana Gabaldon, Le Puits des mémoires, tome 2, de Gabriël Katz et L'avocat, le nain et la princesse masquée, de Paul Colize. C'est ce dernier qu'elle lira.

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10:46 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

15/12/2015

La Voix de l'empereur, 1 : Le Corbeau et la Torche, Nabil Ouali

Présentation. Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise, et le fils de l’empereur.

Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet.

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Mon avis. Un splendide écrin, tant le superbe "objet livre" que la plume, au service d'une intrigue qui, selon moi, s'éparpille quelque peu...

L'écriture de Nabil Ouali est poétique et dépeint artistiquement contours des lieux et personnages.

  "Ravel observa les pâles étoiles qui tentaient de percer la surface du monde. Les rites vespéraux devaient être entamés car les cieux recouvraient le soleil de ses draps d'horizon. Se tournant vers la plaine, il pria pour quil puisse à nouveau se lever." [p. 134]

 

Je n'ai cependant pas été entièrement conquise car je reste sur ma faim : les "héros", à savoir Ravel, Frimas, Elin et Glawol, sont à mon goût trop peu décrits, alors que chacun est doté d'un véritable potentiel. Deux personnages m'ont en outre beaucoup plu, pour le peu que j'en ai découvert : Gweleth et Aearonêl, ce dernier n'ayant pas déployé, je le pressens, sa pleine mesure.

Les ramifications tellement nombreuses de cette histoire auraient gagné, me semble-t-il, à être (bien) davantage étoffées : je me serais moins perdue dans les méandres de cet univers prometteur si ce premier tome avait été (beaucoup) plus développé.

Un grand merci à Book en Stock pour ce partenariat ; si vous voulez découvrir cet auteur au demeurant bien sympathique - à en juger par son interview -, rendez-vous ici.

 

Ce livre entre dans les challenges "de la Licorne" (fantasy pour décembre - janvier), "Littérature de l'imaginaire" et "Lire sous la contrainte" (25e session).

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16:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

14/12/2015

Challenge Phileas Fogg

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Je me suis inscrite à ce challenge saisonnier qui court du 22 décembre 2015 au 19 mars 2016.

Une consigne peu contraignante : lire des auteurs de nationalité différente, chaque nationalité étant comptabilisée une seule fois.

De plus amples informations sont disponibles ICI.

 

1. France : Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé.

2. Angleterre : Les anonymes, de R. J. Ellory.

3. USA : Silo, de Hugh Howey.

4. Japon : Orange, 1, de Ichigo Takano.

5. Belgique : Kyrielle Blues, de Biefnot-Dannemark.

12:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/12/2015

Vite fait, bien fait

Mousse de crevettes/poisson ; rapide à préparer et délicieuse.

 

Ingrédients (4 à 6 personnes) :

200 g de crevettes (ou saumon ou saumon fumé ou autre poisson cuit)

4 feuilles de gélatine

2 dl de crème fraîche

2 dl de fumet de poisson

100 g de beurre

sel et poivre

Préparation :

Laisser tremper la gélatine dans de l'eau.

Faire chauffer le fumet de poisson, ajouter la gélatine et le beurre. Laisser refroidir (~ 30°).

Mixer les crevettes ou le poisson avec la crème fraîche ; mélanger avec le fumet de poisson. Assaisonner.

Disposer dans un moule à cake et laisser au réfrigérateur au moins 3 heures.

La préparation peut aussi servir à garnir des toasts.

 

Bon appétit !

17:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Outlander, Livre 6 : La neige et la cendre, Diana Gabaldon

Présentation. En 1772, à l'aube de la révolution américaine, le brûlot de la rébellion flambe déjà : à Boston, des cadavres gisent dans les rues et, dans l'arrière-pays de la Caroline du Nord, des cabanes s'embrasent dans la forêt.

Au-dessus de la maison de Fraser's Ridge, où vivent Jamie et sa famille, une ombre grandit... La colonie tout entière est en émoi, et le gouverneur Josiah Martin a besoin d'une personnalité charismatique capable d'unir l'arrière-pays et d'apaiser les ressentiments des colons et des Indiens.

De l'avis de tous, Jamie est l'homme de la situation. Mais les choses ne sont pas si simples : tout comme sa fille Brianna et Roger, son gendre, Claire sait que, d'ici à trois ans, on tirera le premier coup de feu dont l'écho retentira partout dans le monde. Et que la guerre se soldera par l'indépendance.

Et, par-dessus tout, plane la menace révélée par une coupure de journal, retrouvée par Claire dans une gazette du XXè siècle, faisant état de la destruction de la maison de Fraser's Ridge et du décès de ses occupants, Jamie et Claire...

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Mon avis. J'ai  mis cette fois davantage de temps pour lire ce tome 6 : indépendamment des examens - et donc des corrections -, ce volume compte quand même plus de 1500 pages.

Je me demandais si je risquais "tout doucement" de me lasser des personnages. Verdict ? Je "rempilerai" volontiers pour le tome suivant ; cependant, j'ai quand même eu un "petit coup de mou" au fil de la lecture. En effet, j'ai trouvé que le récit souffrait quelques longueurs : les prémices tangibles de la "révolution à venir" tardent à se mettre en place.  Je me souviens que c'est avant "l'épisode de la malterie" que je commençais à trouver "le temps long".

L'ombre du conflit plane sur Fraser's Ridge  et puisque Jamie connaît, grâce à Claire, Brianna et Roger, l'issue de celui-ci, il sait pertinemment de "quel côté" il doit pencher s'il veut espérer que sa famille ait une chance de s'en sortir. Pourtant, il a engagé sa parole lorsqu'il a prêté serment d'allégeance aux Anglais et la parole d'un Highlander est sacrée...

Le couple formé par Claire et Jamie demeure solide ; en revanche, celui de Brianna et Roger rencontre quelques problèmes, d'autant que Stephen Bonnet ne s'est toujours pas fait oublier. Jocasta et Duncan connaissent eux aussi des difficultés, liées à "l'or du Français", au conflit annoncé ainsi qu'à leur relation personnelle.

Fergus et Marsali prennent dans ce volume moins de place que par le passé, c'est selon moi un peu dommage ; j'ai d'ailleurs trouvé que le coup que le sort leur réserve est assez vite "résolu".

Concernant les autres personnages, j'ai apprécié particulièrement Tom Christie et son côté "torturé" - indépendamment bien sûr du traitement qu'il inflige régulièrement à sa fille Malva -, Malva elle-même, à la curiosité insatiable.  Et je reconnais que je n'ai pas réussi à "détester totalement" Stephen Bonnet.

La fin de ce tome appelle la lecture de la suite. Inévitablement. Car de nouvelles portes se sont entrouvertes...

Traduction : Philippe Safavi.

Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Un mois, une consigne" (neige en décembre), "Littérature de l'imaginaire" et "Lire sous la contrainte" (25e session).

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14:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/12/2015

Challenge "Un genre par mois" (3)

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Je me suis inscrite à la troisième édition du challenge "Un genre par mois", cette année à venir sous la houlette d'lluze.

Voici le planning pour 2016 :

1.  Janvier : BD, Comics, Manga > Orange, 1, de Ichigo Takano.

2.   Février : Romance, Chick Lit, Érotique.

3.   Mars : Classique, théâtre.

4.   Avril : Fantasy, Aventure.

5.   Mai : Historique.

6.   Juin : Jeunesse, Young Adult.

7.   Juillet : Science-Fiction.  

8.   Août : Thriller, Polar, Policier.

9.   Septembre : Contemporain.

10.  Octobre : Fantastique, Horreur.

11.  Novembre : Non-fiction (essai, témoignage, biographie, livres pratiques, cuisine...)

12.  Décembre : Nouvelle, Novella

 

Deux niveaux prévus :

- L'Explorateur, qui participe tous les mois, avec deux jokers (deux possibilités de prendre un livre d'un autre genre que celui recommandé, si vous n'avez pas de livre dans ce genre-là ou s'il ne vous tente pas, par exemple) ;


- Le Touriste, qui participe les mois où ça le tente.

Me voici redevenue "exploratrice".

 

Les renseignements sont disponibles ICI.

17:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

01/12/2015

Arena 13, Joseph Delaney

Présentation.  Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde.

Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort...

Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition ? Combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie.

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Mon avis. Un récit qui me paraît convenir à des jeunes du secondaire inférieur, férus d'action et de combats ; ceux-ci se déroulent en l'occurrence dans une arène, à l'instar des joutes de gladiateurs à l'époque romaine : l'Arène 13.

Le roman se centre sur Leif, un adolescent à qui la vie a tout pris et qui n'a désormais qu'un seul désir : combattre dans l'Arène 13, afin de régler un compte avec Hob, "l'entité" qui règne en maître sanguinaire sur les derniers survivants humains. Le destin lui sourit (?) sous la forme d'un ticket de loterie gagnant, précieux sésame lui ouvrant l'accès aux arènes de Gindeen.

Il ne lui reste plus "qu'à" convaincre Tyron, le meilleur maître en la matière, de l'entraîner, ce qui n'est pas une mince affaire. Peut-être alors Leif aura-t-il "l'insigne honneur" d'aller combattre, au risque évident de se faire trucider. Mais le jeune garçon n'a maintenant plus rien à perdre, hormis la vie...

Ce premier tome d'une série, qui pose les bases d'un monde futur - dans lequel les "(simu)lacres", créatures façonnées à l'image de l'homme, sans la conscience, n'ont pas dit leur dernier mot, je le pressens - se lit facilement, et allie judicieusement fantasy et science-fiction.

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Un genre par mois" (jeunesse ou Young Adult pour décembre) ; "À vos nombres" (6) ; "Jeunesse/Young Adult" (6) ; de la Licorne 2 (fantasy pour décembre et janvier) ; "Littérature de l'imaginaire" (1).

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10:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

Le mois de...

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Qu'on se le dise : chez Book en Stock, Dames Dup et Phooka mettent en lumière, durant ce mois de décembre où les premiers frimas (!) pointent le bout de leur nez, Nabil Ouali.

Ce sera pour moi l'occasion de découvrir cet auteur avec le tome 1 de La voix de l'empereur - si vous lisez ce récit, vous comprendrez le sens du point d'exclamation ci-dessus -.

 

10:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/11/2015

Docteur Jekyll et Mister Hyde, Robert Louis Stevenson

Présentation. Quel rapport peut-il y avoir entre l'aimable docteur Jekyll et l'inquiétant Mr. Hyde ? Pourquoi Jekyll a-t-il fait son testament en faveur de ce monstre ? Est-il devenu fou ou serait-il victime d'un chantage ?

La vérité est si terrible que le vieux docteur Layon, l'ayant découverte, en mourra. Peut-on être à la fois homme de bien et criminel... Jekyll et Hyde ?

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Mon avis. J'ai profité du challenge "Un genre par mois" pour relire (L'étrange cas du) Docteur Jekyll et (de) Mister Hyde.

J'ai de nouveau apprécié ce texte qui met en lumière le thème du double mais je trouve qu'à partir du moment où l'on connaît le fin mot de l'histoire, il perd malgré tout un peu de sa saveur.

Ceci dit, c'est alors l'occasion d'être attentif aux indices susceptibles de permettre au lecteur de découvrir le pot aux (pas) roses.

Traduction : Jean Muray.

 

Ce roman entre dans le challenge "Un genre par mois" (classique ou théâtre pour novembre).

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17:13 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/11/2015

Les chiens, Allan Stratton

Présentation.

« ll y a quelque chose qui bouge près de la grange. Je tourne les yeux et ça disparaît. J’attends. Ça revient, près du champ de maïs.  Un mouvement, une forme. »

Cameron devait être à l’abri pour de bon, dans cette vieille ferme paumée au milieu de nulle part. Son père ne les dénicherait jamais dans un coin pareil, avait dit sa mère. N’empêche, dès le premier jour, Cameron sent bien que quelqu’un est déjà là. Invisible, mais il le sent. Il l’entend même parfois.
Quels secrets va-t-il découvrir dans cette baraque ?

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Mon avis. Une lecture captivante, à l'instar de la superbe couverture...

Ce récit commence avec la énième fuite de Cameron et sa mère : ils sont contraints de changer régulièrement de lieu de vie pour échapper au père de Cameron, un homme violent qui a déjà intenté à la vie de sa femme.

Cameron souffre de ces "nouveaux départs" récurrents, obligé qu'il est de chaque fois laisser derrière lui les quelques bribes de "vie normale" qu'il (dés)espère (de) se construire...

Tous deux se retrouvent dans un "bled paumé" où les fermes isolées sont légion ; c'est d'ailleurs dans l'une d'elles, passablement délabrée, qu'emménagent Cameron et sa maman.

À peine arrivé, Cameron se sent épié et lorsqu'au collège, des élèves "bien intentionnés" évoquent un drame horrible s'étant déroulé dans la ferme bien des années auparavant, la sensation d'être observé est de plus en plus prégnante. Cameron décide alors (de tenter) de faire la lumière sur cette sombre histoire...

Une fois entré dans le roman, il est difficile de le lâcher ; l'auteur a pleinement réussi à instiller le doute au fil des pages baignant dans une atmosphère oppressante : le lecteur se demande si ce que Cameron perçoit - ou croit percevoir - est le fruit de son imagination débridée, voire - qui sait ? - de sa "folie".

Une histoire qui balance entre cauchemar et réalité...

Traduction : Jacqueline Odin.

Un très grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Un mois, une consigne" (auteur jamais lu) ; "Jeunesse/Young Adult" (5) et "de la Licorne" (lecture supplémentaire).

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18:45 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Challenge Stephen King 2016

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Je me suis inscrite au Challenge Stephen King, organisé par Randall, en "mode (très) petite joueuse", puisque j'ai choisi la catégorie 1 : Shérif de la Désolation (un roman en 2016).

Ma lecture sera 22/11/63, qui m'a été gentiment prêté.

J'en ai profité pour faire un relevé des œuvres du King lues par le passé, certaines alors qu'Internet n'existait pas, ce qui signifie pas de trace sur le blog.

Carrie ; Christine ; La peau sur les os ; Misery ; Écriture : Mémoires d'un métier ; Dôme ; Docteur Sleep.

12:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/11/2015

Celles de la rivière, Valerie Geary

Présentation. La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…

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Mon avis. Cela ne m'arrive pas souvent : ce roman est pour moi un véritable coup de cœur.

Le récit commence avec la découverte, par Sam et Ollie, du corps d'une femme flottant sur la rivière Crooked. Les deux sœurs tentent de la ramener sur la berge mais le cadavre s'éloigne sans qu'elles ne puissent intervenir. C'est alors que la situation semble leur échapper, à l'instar de l'eau qui s'écoule et balaie tout sur son passage...

  "Habituellement, autour de nous, au-dessus de nous, les oiseaux et les feuilles produisaient une joyeuse symphonie de chants et de bruissements, mais pas aujourd'hui. Les oiseaux se cachaient. Les arbres étaient muets. Tout était trop calme, et les ombres étaient froides. Alors, j'ai fait presser le pas à Ollie." [Sam - p. 12 - 13]

 

Le livre alterne les points de vue de Samantha, 16 ans, et celui d'Olivia, 10 ans ; les deux jeunes filles ont perdu tout récemment leur mère et viennent "d'emménager" dans le tipi de leur père, surnommé Ours. Celui-ci vit en symbiose avec la nature, non loin de ses ruches, sur une prairie appartenant à un couple âgé, Zeb et Franny. Ours est censé essayer de trouver un travail "normal" afin de garder ses filles auprès de lui ; dans le cas contraire, celles-ci seront contraintes d'aller vivre avec leurs grands-parents maternels, à Boston, bien loin de ce lieu enchanteur.

Sam adore ce cadre où la nature prend sa pleine mesure et rêve de pouvoir y demeurer avec "sa famille" : Ollie, Ours, Zeb, Franny et les abeilles. Ollie est nettement moins enthousiaste et outre le fait qu'elle n'a plus prononcé un seul mot depuis la mort de leur maman, les mots n'arrivant plus à franchir ses lèvres, elle voit à ses côtés les morts qui n'ont pas encore pris leur envol vers la paix. Elle est ainsi "accompagnée" en permanence de sa maman à laquelle s'adjoint bientôt la "noyée".

"Les abeilles reconnaissent ceux qui les aiment, m'avait-il dit un jour. Elles savent qui respecte leur dur labeur et leur générosité, et qui ne cherche qu'à en tirer profit. Celui qui vient à la ruche avec reconnaissance et humilité ne se fait pas piquer. Il a posé son enfumoir en inox et a soulevé le couvercle. Des abeilles se sont mises à voler doucement autour de sa tête. Certaines s'accrochaient à sa grosse barbe et à ses cheveux cuivrés dont la couleur me faisait toujours penser à une robe de grizzly, mais il n'a pas cherché à les chasser. Il était calme et ses lèvres bougeaient. Nous étions trop loin pour l'entendre, mais je savais qu'il leur demandait comment allait leur reine, comment étaient les fleurs cet été, et si elles auraient la gentillesse de bien vouloir partager leur miel - c'était les questions qu'il posait toujours quand la période de la récolte approchait." [Sam - p. 15]

  "Moi, je vois des choses que personne ne voit.

   Moi, je les vois, ici, mais j'aimerais mieux ne pas les voir. Je voudrais dire qu'ils sont là et je ne peux pas.

   J'essaie, parce que ma sœur veut savoir ce que je sais sur cette veste et sur cet homme qu'on appelle Ours, qui est assis près de moi et qui est notre père. Oui, j'essaie. Mais ma sœur dit que je fais le bébé et elle ne m'écoutera que si je parle avec des mots. Sauf que, mes mots, ils sont partis, et j'ai bien peur qu'ils ne reviennent jamais." [Ollie - p. 24]

 

En raison de son mode de vie atypique et d'indices qui font de lui le coupable idéal, Ours est très vite soupçonné du meurtre de la jeune femme, dont le corps a entretemps été retrouvé. Sam est bien décidée à prouver l'innocence de son père mais elle prend conscience que l'image qu'elle a de lui ne correspond peut-être pas à la (sa) réalité et que le passé, dont elle n'avait jusque-là pas connaissance, risque de peser (très) lourd dans la balance...

Indépendamment de l'enquête à proprement parler, menée par Sam et Ollie, j'ai adoré la manière dont est dépeinte la relation entre les deux sœurs : chacune veille sur l'autre, tâchant de faire face, courageusement, à l'adversité ; j'ai beaucoup aimé aussi le couple Zeb/Franny, "grands-parents gâteau" de substitution, ainsi que (le respect de) la Nature, personnage à part entière qui offre au récit de très belles pages.

Je vous recommande très chaleureusement ce roman d'une grande sensibilité que, pour ma part, je proposerai à mes élèves : même si ce n'est pas un roman jeunesse, il peut effectivement être lu par les adolescents.

Traduction : Maryline Beury.

Un tout grand merci à Babelio pour cette découverte.

 

Ce livre entre dans le challenge "Un mois, une consigne" (auteur jamais lu auparavant pour ce mois de novembre).

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15:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (7) |

11/11/2015

Le Roi des Fauves, Aurélie Wellenstein

Présentation. Accusés de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont injustement condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d’humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu’on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstres, en berserkirs, ces hommes-bêtes enragés destinés seulement à tuer ou être tués.

Commence alors une course contre le temps, effrénée, angoissante, où les amis d’hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres… et surtout contre la bête qui grandit en eux. Existe-t-il une issue ? Existe-t-il un salut quand son pire ennemi n’est autre que soi-même ?  

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Mon avis. Une très belle écriture au service d'un récit (très) sombre...

Le roman s'ouvre sur le cheminement d'Ivar, un jeune homme qui, au petit matin, rejoint ses amis, Kaya et Oswald : le trio a décidé de prendre tous les risques afin d'essayer de braconner sur les terres du seigneur... Ils n'ont plus le choix car en ce rude hiver, les familles du village crèvent de faim : les jeunes gens sont transis de peur mais tentent de se persuader qu'ils n'ont (presque) plus rien à perdre.

Ce qui devait arriver arriva : ils sont pris sur le fait, capturés et "jugés coupables". Aucun moyen ne s'offre à eux pour se défendre et ils sont condamnés à se transformer en berserkirs, monstres mi-humains, mi-animaux, contraints de (sur)vivre sous le joug des hommes, en guise de "machines à (se faire) tuer". Ils sont ainsi forcés d'ingérer un lehrling, espèce de ver qui dispose de sept jours pour grandir en eux et détruire par là même leur humanité, ou plus précisément "révéler leur vraie nature".

Le trio va tenter de rester soudé et essayer de lutter le plus longtemps possible contre le parasite qui s'impose à eux. Inexorablement.

  "La lumière de l'aube teintait les flancs de la montagne de bleu, de mauve et de prune. Des ombres longilignes s'étiraient sur l'herbe gris-vert des collines. Assis par terre, Ivar profitait du spectacle de l'aurore. L'irréparable était arrivé. Le ver était en lui désormais, et commençait son travail de sape. Une immonde sensation de souillure lui rétractait les entrailles, mais paradoxalement, l'inéluctabilité de son avenir le rendait philosophe." [p. 93]

J'ai beaucoup apprécié ce récit âpre, ténébreux, à l'atmosphère inquiétante, habilement mis en œuvre par  la superbe écriture qui dépeint des personnages nuancés, confrontés à des situations particulièrement dangereuses, desquelles il leur sera impossible de sortir indemnes. Cerise sur le gâteau : la magnifique couverture d'Aurélien Police

Une très belle découverte, Prix 2015 des Halliennales.

 

Ce livre entre dans les challenges "Lire sous la contrainte" (animal dans le titre) ; "Jeunesse/Young Adult" (4) ; "Un mois, une consigne" (un auteur jamais lu auparavant).

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20:53 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

09/11/2015

Ce que je sais (enfin !), Carrie Hope Fletcher

Présentation. J’ai foncé tête baissée dans les galères que rencontrent toutes les adolescentes : le harcèlement, les garçons, la pression des aînés, les amis, les ennemis, les amiennemis… Et quand je vous regarde, vous qui êtes en train de vivre toutes ces choses, j’ai l’impression d’être coincée du mauvais côté de l’écran d’ordinateur… mais ça, c’était avant !

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Mon avis. Même si je n'avais jamais entendu parler de Carrie Hope Fletcher [je ne regarde jamais les vidéos de "Youtubers" car c'est pour moi inévitable : je ne peux m'empêcher d'être (trop) attentive aux erreurs à corriger tels les tics éventuels, les mots "parasites", les répétitions, hésitations... comme lorsque les élèves font une présentation orale, au détriment du message], j'avais envie de découvrir ce livre destiné à raconter les (nombreux) problèmes susceptibles d'être (mal) vécus par les adolescents.

Verdict ? Le "récit" se lit très facilement et évoque les situations vécues par la jeune fille, des relations entretenues avec ses amis ou ses "camarades" de classe, au harcèlement dont elle a été victime, en passant par le manque de confiance en elle, ses amours et ruptures ou encore Internet. Le livre est divisé en chapitres correspondant aux thèmes traités.

Même si la lecture était aisée, je dois bien reconnaître que je n'ai pas été passionnée : je crois tout simplement que j'ai "dépassé l'âge" (!). Je pense pourtant que les adolescentes - davantage que les adolescents - devraient apprécier ces tranches de vie rédigées sous la forme de conseils car il est évident que si un adulte, parent ou professeur, s'échine à répéter, par exemple, qu'il faut rester prudent lorsque l'on publie quelque chose sur le Net, cela risque d'être (nettement) moins efficace que si c'est Carrie Hope Fletcher...

Traduction : Julie Lopez.

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (3).

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20:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

07/11/2015

Challenge Littérature de l'imaginaire, 4e édition

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Je me suis inscrite au challenge Littérature de l'Imaginaire proposé, pour cette 4e édition, par Amarüel. L'objectif est de lire, entre le 1er décembre 2015 et le 1er décembre 2016, des ouvrages appartenant au Fantastique, à la Fantasy et/ou à la Science-fiction.

J'ai choisi l'échelon 1, Atterrissage dans l'irréel (au moins 12 livres) dans la catégorie C (Cerbère des mots : romans uniquement).

Les renseignements sont disponibles ICI.

 

1. Arena 13, Joseph Delaney.

2. Outlander, livre 6 : La neige et la cendre, Diana Gabaldon.

3. La Voix de l'empereur, 1 : Le Corbeau et la Torche, Nabil Ouali.

4. Le Puits des mémoires, 1 : La Traque, Gabriël Katz.

5. Praërie, 2 : Le secret des Haoms, Jean-Luc Marcastel.

6. Fondation Deus, III : L'ombre des nuages, Pierre-Arnaud Francioso.

7. Silo, Hugh Howey.

8. Si c'est la fin du monde, Tommy Wallach.

21:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

06/11/2015

Les neuf cercles, R. J. Ellory

Présentation. 1974. De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente.

La surprise est de taille : celle-ci n’est autre que Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt, dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent.

Traumatisé par le Vietnam, cette guerre atroce dont "seuls les morts ont vu la fin", John doit à nouveau faire face à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat, un combat singulier, cette fois, tant il est vrai qu’un seul corps peut être plus perturbant encore que des centaines.

Un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée, un combat contre les secrets et les vérités cachées de sa petite ville tranquille. Si mener une enquête vingt ans après le crime semble une entreprise périlleuse, cela n’est rien à côté de ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.

neuf-cercles.jpgMon avis.  J'ai découvert Ellory il y a peu, lors du challenge de Léa consacré à l'auteur ; c'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai gagné Les neuf cercles. Je peux dire maintenant avec certitude que je continuerai mon exploration de l'univers d'Ellory : j'ai en effet beaucoup apprécié ce roman, même si Seul le silence me paraît "un cran au-dessus".

Inutile de vous ruer sur ce récit si vous attendez de l'action, de l'action et encore de l'action : vous serez sans nul doute déçu car, derrière l'enquête, c'est la psychologie des personnages qui donne le ton à l'histoire.

Le livre se focalise sur John Gaines, un ancien du Vietnam, devenu, à son retour de(s neuf cercles de) l'Enfer, le shérif de Whytesburg, histoire "d'être cadré" et (d'essayer de) ne pas sombrer (trop vite) dans la folie...

Le récit s'ouvre avec la découverte d'un corps "désembourbé" des berges de la rivière : celui de Nancy Denton, une adolescente disparue 20 ans auparavant sans laisser de trace, jusqu'à ce jour fatidique.

John Gaines se retrouve dès lors, au fil de cette enquête qui s'avérera longue, difficile et douloureuse, confronté à des images, bruits, odeurs qu'il espérait (vainement) avoir laissé définitivement dans la forêt vietnamienne.

J'ai beaucoup aimé ce récit au cours duquel j'ai cheminé, (petit) pas à (petit) pas aux côtés de ce shérif torturé par ses souvenirs et cela, même si, je l'avoue, il m'est arrivé de "survoler" les pages relatives au Vietnam.

Gaines comprend, lorsque la Mort frappe à nouveau, qu'il est en train de ruer dans les brancards et qu'il joue gros car certains préfèrent visiblement que le passé demeure définitivement enterré... comme aurait dû le rester la jeune fille...

Traduction : Fabrice Pointeau.

 

Ce livre entre dans les challenges "À vos nombres" (neuf) et de la Licorne 2 (en guise de lecture supplémentaire).

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12:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/11/2015

Nuit blanche au lycée, Fabien Clavel

Présentation. Ce samedi après-midi, Lana est collée. Elle s’en moque car elle va enfin revoir ce week-end Jérémy, dit Creep, son amoureux. Alors qu’elle lui fait visiter incognito son lycée, ils surprennent, dans les couloirs, des hommes armés qui les capturent. Contrainte d’explorer pour eux les souterrains de l’établissement afin d’y trouver des documents anciens, Lana réussit à leur échapper et découvre les intentions réelles de ces preneurs d’otages tout en fédérant autour d’elle des alliés inattendus…

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Mon avis. Un récit qui se lit très vite même si j'ai préféré le premier opus des (més)aventures de Lana...

Je suis toujours en recherche de récits susceptibles d'être appréciés par mes élèves et le moins que l'on puisse dire, c'est que Décollage immédiat a plu à ceux qui avaient choisi de le lire ; j'ai donc acheté cette suite, me doutant que l'un d'entre eux me la demanderait en prêt. Cela n'a pas manqué ; je l'ai donc lu avant qu'il n'entame son périple voyageur.

L'on retrouve avec plaisir Lana, de nouveau aux prises avec le proviseur en raison de son comportement "peu amical" (!) à l'égard de son "meilleur ennemi" ; résultat : elle est "collée". Pas de chance alors que Jérémie, alias Creep, vient justement la rejoindre pour le week-end.

Qu'à cela ne tienne : elle réussit à le faire entrer dans le lycée ; il lui donnera un coup de main dans la tâche qui lui a été assignée...

C'est alors que les choses se corsent et c'est parti pour une course effrénée à l'intérieur même du lycée : un groupe (lourdement) armé a pénétré dans le bâtiment (presque) désert et ne rigole pas. Absolument pas.

Les pages se tournent d'elles-mêmes car de l'action, il y en a à gogo, comme dans le premier opus ; cependant certains faits sont peu vraisemblables, davantage encore que dans Décollage immédiat. Cela dit, je trouve que cette collection permet de (ré)concilier, si besoin est, les jeunes avec la lecture...

 

Ce récit entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (2).

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11:20 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/11/2015

Une nuit éternelle, David Khara

Présentation. Dans un Manhattan post-11 septembre vacillant, où le crime règne, les pierres se fendent et les empires s'écroulent, un être venu de l'ombre a décidé de placer tous ses espoirs sur un homme.

Werner a ainsi fait le choix de veiller sur l'humanité du haut de ses deux cents ans : il est devenu l'ami de Barry Donovan, un flic droit et intègre qui porte le deuil de sa femme et de sa fille, décédées dans l'effondrement d'une des tours jumelles.

Et leurs forces conjuguées ne seront pas de trop pour affronter les exactions qui se préparent. Un pasteur a été égorgé, sa main gauche, emportée. L'assassin s'est livré de lui-même, un ancien toxico, bien connu de Barry. Mais derrière ce bouc émissaire, un Ordre plus ancien que Werner lui-même étend son pouvoir sur les plus bas instincts des hommes...

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Mon avis. Lorsque des personnages sont récurrents, le lecteur a parfois l'impression de refaire un bout de chemin en compagnie de "vieux" amis : c'était le cas avec Eytan dans Le projet Bleiberg, Le projet Shiro et Le projet Morgenstern ; c'est aussi le cas ici avec Barry et Werner (l'adjectif "vieux", au sens propre, est tout à fait approprié pour Werner), rencontrés dans Les vestiges de l'aube et retrouvés avec beaucoup de plaisir dans cette nuit éternelle.

Ce deuxième opus s'ouvre sur une scène qui plonge le lecteur dans le dix-neuvième siècle, au cœur de la guerre de Sécession ; un personnage mystérieux et charismatique y apparaît : un certain Nicolae, entouré de fidèles empreints de déférence à son égard.

   "Dans cette armée faite de bric et de broc, il n'était pas rare de croiser de rudes gaillards grands et musclés. Mais ce qui émanait de ces types était d'une autre nature que la simple force. Ils transpiraient la puissance brute, animale, et, surtout, paraissaient d'un sang-froid et d'une assurance à toute épreuve." [p. 11 - 12]

Le ton est donné.

Bond dans le temps avec le chapitre suivant qui permet de renouer avec Barry et Werner que l'on retrouve à New York en 2003, alors que Barry se remet doucement de l'ablation de la rate subie quelques semaines auparavant. L'amitié des deux hommes s'est consolidée suite aux "mésaventures" vécues ensemble.

Le policier est amené à enquêter sur le meurtre d'un pasteur et de son jeune fils ; l'assassin s'est rendu.  Tout baigne (!). Apparemment du moins. Certains éléments "chipotent" cependant Barry qui va donc recouper les faits afin de se forger une certitude, aidé par son immortel ami.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, heureuse de retrouver ce "couple" pour le moins original. Les chapitres se focalisent tantôt sur le point de vue de Barry, tantôt sur celui de Werner ; l'humour est toujours bel et bien présent lors des échanges entre les deux hommes, humour habilement renforcé par la langue délicieusement surannée du second...

Werner ne sait pas encore que son passé va lui sauter à la gorge (!), faisant resurgir le "côté obscur de sa force".  Il risque gros. Barry aussi. Inévitablement.

Côté personnages "secondaires", j'ai beaucoup aimé le capitaine Stanton, "Spoutnik", ainsi que Fromhill...

Info pratique : Une nuit éternelle sort en poche dans quelques jours...

 

Ce roman entre dans le challenge de la Licorne en guise de "lecture supplémentaire".

20:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

25/10/2015

Reflex, Maud Mayeras

Présentation. Iris Baudry est photographe de l'identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex.

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Mon avis. Ne préparez pas la guillotine ou la corde pour me pendre - un sort d'ailleurs bien trop "doux" en regard de la manière dont meurent les victimes dans le récit - même si j'ose dire que j'ai très peu apprécié ce roman car je m'y suis (beaucoup) ennuyée. Cependant, j'avais envie de découvrir la fin qui, selon la majorité des blogueurs - il est beaucoup plus difficile de trouver un avis négatif/mitigé à propos de ce livre qu'un avis positif/dithyrambique -, allait (forcément) me "tournebouler".

Focus (!) sur Iris, "photographe de la mort" au service de la justice : elle décortique les scènes de crime et les fixe sur pellicule. Il se fait qu'elle est amenée, dans le cadre de son travail, à revenir sur les lieux qui l'ont vue grandir et qu'elle a quittés une bonne dizaine d'années auparavant - espérait-elle définitivement - suite à la disparition et au meurtre de son fils Swan, âgé de six ans.

Les souvenirs douloureux resurgissent, telle de la lave qui petit à petit embrase tout sur son passage : Iris évoque alors le passé, son passé, ce passé qui l'a anéantie. Les chapitres qui lui sont consacrés sont entrecoupés de parties titrées Silence, jusqu'à ce que les deux histoires se recoupent. C'est sans conteste cette "deuxième intrigue" que j'ai préférée.

Je n'ai pas aimé l'écriture, qui cadre pourtant bien, me semble-t-il, aux personnages et je n'ai nullement été touchée par "l'héroïne" ; en outre, j'attendais de me laisser submerger par l'atmosphère oppressante et la tension censées imprégner les pages : ce ne fut pas le cas. Ce n'est que vers la quatre centième (!) que j'ai été davantage accrochée par les phrases me conduisant vers ce dénouement qui devait normalement me percuter. Je l'ai été, oui, mais j'avais tant (et tant) attendu que le soufflé avait déjà sérieusement commencé à retomber et que le plat servi à table avait perdu toute "saveur"...

Je suis donc passée complètement à côté ; cela arrive. Allez lire d'autres billets : nul doute que vous aurez envie de vous forger votre propre avis.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (thriller ou polar ou policier pour octobre), "Un mois, une consigne" (roman effrayant en octobre) et "de la Licorne" (thriller-policier en octobre-novembre).

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18:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

24/10/2015

Le prof, moi & les autres, de Rachel McIntyre

Présentation. Lara a 15 ans et sa vie est un enfer.
Au lycée, elle fait office de souffre-douleur et subit sans cesse les moqueries des élèves.
Chez elle le tableau familial est sombre, l’alcoolisme de son père mène ses parents droit vers la séparation.
L’arrivée de Ben Jagger, le nouveau professeur de littérature, va lui redonner goût à la vie et pourrait bien tout changer…
Plus qu’une histoire d’amour, une leçon de vie.

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Mon avis. J'ai beaucoup apprécié ce récit jeunesse même si, selon moi, la fin s'égare quelque peu...

Ce roman se centre sur Lara, une adolescente en souffrance pour diverses raisons : la principale, c'est qu'elle est la cible des quolibets de ses "camarades" de classe ; ceux-ci n'ont de cesse de harceler la jeune fille. Constamment. Partout. Cela commence dès le matin, lors du trajet effectué en bus pour rejoindre le lycée. Cela continue durant et entre les cours ; Lara n'est nulle part à l'abri des moqueries, insultes, gestes déplacés et agressifs à son encontre. Certains passages sont réellement poignants.

S'ajoutent alors les disputes incessantes entre ses parents : l'atmosphère chez elle devient de plus en plus difficile à supporter depuis que les rentrées financières se font rares ; en effet, le papa de Lara a perdu son travail et le couple peine de plus en plus à nouer les deux bouts.

Dans ce climat morose survient un professeur de littérature remplaçant, Ben Jagger : une bulle d'oxygène pour Lara. Pour la première fois, elle existe vraiment pour elle-même et puise dans la considération du jeune homme à son égard la force de résister, tant que faire se peut, à la tourmente qui est en train de l'emporter. Une trouée de bleu dans un ciel noir.

Ce récit se lit aisément malgré les (nombreux) moments durant lesquels le cœur se serre à cause des brimades subies par l'adolescente ; cependant, la fin du récit m'a agacée, ou plus exactement dérangée...

Traduction : Amélie Sarn.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Envie de gagner ce roman ? Un coup d’œil ICI.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (1).

17:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

13/10/2015

Le fléau de Dieu, 1 : La malédiction de Gabrielle, Andrea H. Japp

Présentation.

1347. La Peste noire frappe le port de Marseille.

1348. Paris. Gabrielle d'Aurillay, 20 ans, mariée depuis deux ans à Henri, enceinte, est convaincue d'avoir épousé un prince charmant, en dépit de la modicité de leurs moyens. Jusqu'au jour où, atterrée, elle découvre que son époux n'est pas qui elle croit. Joueur, trousseur de puterelles, escroc, il est aussi en possession d'un diptyque énigmatique. Que recèle ce tableau ? Que signifient les phrases écrites en hébreu qu'il dissimule ? Est-il porteur d'un lourd secret, d'un message occulte ? Geoffroy d'Aurillay, chanoine et cousin d'Henri, connaît cette œuvre et met tout en branle pour s'en emparer. Quand la peste gagne Paris, le destin de tous bascule. [...]

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Mon avis. Un récit historique, abondamment documenté...

C'est la première fois que je lis cette auteure et pas la dernière : j'ai beaucoup apprécié ce roman historique, premier d'une série à paraître, qui devrait plaire aux amateurs du genre...

Le récit se focalise tour à tour sur divers personnages : Geoffroy d'Aurillac, chanoine  qui a prononcé des vœux qu'il bafoue allègrement et vendrait presque père et mère pour s'emparer d'un mystérieux manuscrit ; la jeune Gabrielle, nourrie de romans chevaleresques qui l'ont persuadée que le mari fraîchement épousé est un prince charmant mais ses yeux finiront par se dessiller ; Henri, le mari en question, ni prince, ni charmant ; et la Peste, fil conducteur/tueur du récit...

Si vous êtes désireux d'en apprendre plus sur cette période trouble, n'hésitez pas et plongez dans ce livre : vous ne le regretterez pas car les informations foisonnent, qu'elles soient relatives au quotidien, à la langue... ou au "fléau de Dieu".

C'est surtout à partir du moment où les pages se centrent davantage sur Gabrielle que j'ai été ferrée par l'h/Histoire : suivre ses péripéties et l'évolution de sa personnalité est un régal, d'autant qu'Adeline, sa compagne d'infortune, inspire elle aussi beaucoup de sympathie.

Je lirai bien volontiers la suite.

 

Merci à Gilles Paris et Flammarion pour ce partenariat.

11:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |