24/09/2016

Pétronille, Amélie Nothomb

Présentation. "Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans."

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Mon avis. Je pense qu'entre Amélie Nothomb et moi, ce ne sera jamais une (grande) histoire d'amour...

J'ai décidé de lire ce roman (un cadeau) dans le cadre du challenge "Un genre par mois", me disant que vu "l'épaisseur" (la page est à nouveau très chère), la lecture serait rapide. Elle le fut, effectivement, mais ne me (ré)conciliera pas vraiment avec l'auteure.

Le récit relate l'étrange relation qui se noue entre celle qui se donne l'apparence de l'auteure et une lectrice rencontrée lors d'une séance de dédicaces. C'est le champagne qui rythmera dès lors les rencontres entre les deux femmes, aussi "originales" l'une que l'autre.

Facile à lire, l'histoire ne m'a pourtant pas emballée : j'avais hâte de la terminer pour "passer à autre chose" ; cependant, j'en ai apprécié le côté caustique, ainsi que la fin, excellente.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (contemporain) et "Comme à l'école" (bleu).

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15:18 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/09/2016

Les mangues resteront vertes, Christophe Léon

Présentation. 1975 : Odélise a dix ans lorsque, peu avant la saison des mangues, elle est arrachée à sa famille et à son île de La Réunion avec une centaine d’autres enfants.
Elle est envoyée en métropole dans une famille d’accueil de la Creuse. Pour lutter contre le chagrin, l’isolement, mais aussi le froid et le déracinement, Odélise s’invente un double, Zeïla, qui ne la quittera plus.

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Mon avis. Un court récit, soutenu par Amnesty International, qui met le doigt là où cela fait mal...

Ce livre relate un épisode de l'Histoire française dont je n'ai jamais attendu parler : l'envoi massif en métropole d'enfants réunionnais littéralement arrachés à leur famille sous le prétexte fallacieux de leur procurer une "meilleure existence". En vertu de... de quoi ?

Le lecteur découvre Odélise, dix ans, qui voit débarquer trois personnes à Grand Bassin, deux hommes et une femme. Ceux-ci s'invitent dans quelques maisons et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, repartent avec un enfant à la main. Ils ont réussi, en quelques minutes, à convaincre les parents qu'ils disposent d'une chance unique d'envoyer "l'enfant élu" en France, lui procurant par là même l'opportunité de "poursuivre des études au-delà de leurs espérances. L’État prend tout à sa charge [...]." [p. 15]

La déportation d'Odélise, tout comme celle de nombreux enfants, a ainsi été scellée en un tournemain, ou plus exactement par l'empreinte digitale de son papa apposée au bas d'un bout de papier. Direction Saint-Denis de la Réunion, avant le déracinement total : l'envol vers Paris.

Odélise débarque dans la Creuse, chez les Tarteix, un couple d'éleveurs de vaches laitières qui a deux enfants de 14 et 12 ans, Nathalie et Julien.

   "Le froid m'a rongée comme une plaie qui ne guérit pas. Il a foré dans ma chair et dans mes os. Pas un jour sans grelotter. Les huit années que j'allais passer à Saint-Valentin-la-Chavane seraient placées sous le signe du froid." [p. 61]

Le récit relate l'hébétude de la petite fille et la souffrance qui devient la sienne lorsqu'elle réalise ce qu'il lui est arrivé, sachant dès lors que "les mangues resteront vertes" ; il relate la douleur, tant physique que psychologique du manque ; il relate la difficulté de se raccrocher à qui/quoi que ce soit...

Ce livre conviendra aux élèves de fin de primaire et premier degré du secondaire.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (36) et "Objectif du mois" (livre sorti cette année pour septembre).

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21:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

19/09/2016

L'échappée, Allan Stratton

Présentation. "Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."

Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne. Corps et âme.

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Mon avis. J'avais tellement adoré Les chiens du même auteur que je n'ai pas hésité une seconde avant de me lancer de ce roman : celui-ci n'arrive pas, selon moi, à la hauteur du précédent mais il faut dire que la barre était placée haut...

Leslie est une adolescente (très agaçante) qui relate son histoire : elle est tombée sous la coupe de Jason, un garçon de terminale craquant, séduisant, arrivé depuis peu dans son lycée. Le type même du "beau gosse" qui attire tous les regards. Mais derrière la gueule d'ange se cache une part d'ombre qui va très vite se révéler...

Là où le bât blesse, c'est que les choses évoluent beaucoup trop rapidement ; en outre, l'héroïne est tellement exaspérante que dans un premier temps, j'ai "observé" la situation en en demeurant à distance. Enfin, l'écriture m'a paru "brouillon" : était-ce bien l'Allan Stratton que j'avais apprécié auparavant ?

Heureusement, la deuxième partie du récit rattrape (quelque peu) le coup : le suspense vanté sur la quatrième de couverture y pointe le bout de son nez, entraînant le lecteur dans une course haletante,  si bien que j'ai alors retenu mon souffle, aux côtés de la jeune fille. Ouf !

Un avis mitigé, donc.

Traduction : Sidonie Van den Dries.

Titre VO : Leslie's Journal (2000 ; revu en 2008).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (35 - mission accomplie -) et "Objectif du mois" (en septembre : livre sorti cette année - 2016 pour l'édition française -).

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20:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

17/09/2016

Le Cycle de Wielstadt, 1 : Les ombres de Wielstadt, Pierre Pevel

Présentation. Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

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Mon avis. Je supposais que j'allais apprécier ce roman : je ne me trompais pas.

Le lecteur plonge au cœur du XVIIe siècle, à Wielstadt : des "ombres" ont fait leur apparition dans la ville et y sèment la terreur, trucidant de façon horrible des personnes qui semblent n'avoir aucun point commun. Le Chevalier Kantz, ancien prêtre, versé dans des pratiques occultes, exorciste à ses heures, tente de faire la lumière (!) sur ces crimes sanglants.

Ce roman mélange habilement investigations et fantasy dans un contexte historique. J'ai autant aimé l'univers "médiéval" que l'atmosphère sombre qui imprègne les ruelles, la magie présente d'emblée avec le dragon qui protège apparemment la cité, les créatures fabuleuses qui vivent en "bonne intelligence" avec les humains, ou encore les personnages : le mystérieux Kantz que je découvrirai volontiers plus avant - je le suppose - dans les tomes suivants ; Chandelle, la "fée-demoiselle" qui n'en fait qu'à sa (charmante) tête ; Zacharios, le faune tenancier de l'auberge "La Cigogne Noire" et son serviteur Feodor, un colosse un peu bêta ; le lieutenant criminel du prévôt nommé von Regenhalt.

En outre, j'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de Pierre Pevel, déjà très appréciée dans la trilogie des Lames du cardinal.

  "De profil, sa rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée.

   "Meurs", ordonna Kantz.

   Le démon poussa un cri strident d'agonie.

   Il n'était déjà plus que vapeur lorsqu'il arriva sur son bourreau." [p. 39] 

"Le soleil était bas dans le ciel lorsque le frère Berthold raccompagna Kantz aux portes de la commanderie, où l'attendait son cheval. Vite en selle, il échangea un dernier salut et s'en fut par des rues peu à peu désertées. La ville se préparait à passer la nuit. Chacun se réfugiait chez soi, par crainte des truands qui sortaient dès après le crépuscule et profitaient des ténèbres pour attaquer les imprudents. On fermait les volets ; on verrouillait les portes. Avant longtemps, Wielstadt ne serait plus qu'un dédale obscur et menaçant.

   Kantz, donc, ne traîna pas. Il avait d'ailleurs hâte d'ôter ses bottes et de dîner à la chaleur d'un feu crépitant. Peut-être lirait-il ensuite une heure, avant de se glisser dans un lit soigneusement bassiné par Heide. Il était épuisé, n'avait pas encore eu l'occasion de se remettre des fatigues d'une chasse à l'homme qui avait duré plusieurs jours et l'avait mené au-delà de Cologne, en plein hiver, par des routes peu sûres. Il lui fallait une bonne nuit de sommeil, peut-être deux." [p. 61]

 

Ce titre entre dans les challenges de la Licorne 2 (fantasy pour la 6e session) et Littérature de l'imaginaire (24/24).

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16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/09/2016

Le Rouge idéal, Jacques Côté

Présentation. Octobre 1979...
À Québec, une série d'événements sème la terreur : un message sanglant a été écrit sur un mur des corridors souterrains de l'Université Laval ; une chienne a été horriblement mutilée ; une main a été découverte plantée sur un piquet de clôture du collège Jésus-Marie avec, enroulé autour d'un doigt, un bout de papier portant les mots « Mes amours décomposés ».

Daniel Duval, lieutenant à la Sûreté du Québec, mène l'enquête, aidé, pour la première fois depuis l'affaire Hurtubise, de son coéquipier Louis Harel, maintenant cloué à un fauteuil roulant.

Mais pendant que les enquêteurs suivent toutes les pistes imaginables et que les spécialistes de l'Identité judiciaire tentent de faire parler le moindre indice, le meurtre sordide d'une jeune femme dans le cimetière de Sillery confirme leur pire crainte : un tueur fou est en liberté dans la ville et tout porte à croire qu'il est engagé dans une terrible spirale de violence !

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Mon avis. Malgré une enquête intéressante, je suis restée trop à distance des personnages...

Juste quelques mots relatifs à cette lecture. Voici un bon moment déjà que j'avais envie de découvrir cet auteur mais même si j'ai apprécié me perdre dans les multiples ramifications des investigations du lieutenant Duval et de sa "fine équipe", j'ai moins aimé l'écriture que j'ai trouvée peu "travaillée" et parfois répétitive (l'expression "à la blague", par exemple, est vraiment récurrente).

En outre, il est difficile d'être proche des personnages, de quelque manière que ce soit, en raison d'un point de vue qui semble se vouloir complètement extérieur, à l'instar d'une "caméra objective".

Bref, nul regret d'avoir lu ce roman mais je reste malgré tout sur ma faim. Je lirai probablement un autre opus des enquêtes de Daniel Duval, histoire de confirmer ou d'infirmer cette première impression.

 

Ce titre entre dans  le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p.).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/09/2016

La Sirène, Camilla Läckberg

Présentation. Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé.

Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace. L'affaire se complique lorsque la police découvre que l'une des proches connaissances de la victime, l'écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d'un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l'a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu'elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l'enquête de son côté.

À la veille du lancement de La Sirène, le roman qui doit le consacrer, Christian reçoit une nouvelle missive. Quelqu'un le déteste profondément et semble déterminé à mettre ses menaces à exécution.

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Mon avis. Voici quelques années déjà que ce volume des enquêtes d'Erica a atterri dans ma PAL. Jusqu'à présent, j'ai apprécié les aventures de la jeune femme que je lis de manière tout à fait décousue au fil des opportunités : j'ai commencé avec le premier, La Princesse des glaces, poursuivi avec le troisième, Le Tailleur de pierre, et j'ai fait un nouveau bond dans le temps avec ce sixième volet.

J'ai de nouveau passé un bon moment à Fjällbacka alors que l'équipe de Patrik n'a pas l'ombre d'une piste relative à la disparition de Magnus Kjellner. Toutes les semaines, sa femme Cia vient s'enquérir des progrès éventuels de l'enquête et c'est la mort (!) dans l'âme que l'enquêteur doit la renvoyer chez elle sans avoir pu lui procurer le moindre espoir. En son for intérieur, il sait qu'il est presque impossible d'imaginer revoir un jour l'homme vivant. Et effectivement, le corps de Magnus réapparaît, figé sous la glace.

Erica, quant à elle, est censée se ménager puisqu'elle attend des jumeaux et arrive à terme ; elle a "coaché" Christian Thydell, un écrivain prometteur. Le "hic" : ce dernier reçoit depuis bien des mois des lettres de menace dont il ne semble pas se formaliser. Erica décide donc de mener "discrètement" (?) ses propres investigations.

Le récit - ponctué par des pages en italiques plongeant dans le passé - démarre très lentement, et il faut attendre un bon tiers du livre avant que ne retentisse le cliquetis des rouages de cette gigantesque machinerie qui prend peu à peu sa vitesse de croisière pour ensuite s'emballer.

Même si j'avais pressenti la vérité avant la fin, ce fut pour moi une agréable lecture.

Traduction : Lena Grumbach.

Titre VO : Sjöjungfrun (2008).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 3 (thriller - policier ; + de 400 p. ; auteur féminin).

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15:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

30/08/2016

Le Jardin des secrets, Kate Morton

Présentation. 1913. Sur un bateau en partance pour l'Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l'ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d'un siècle d'histoire familiale...

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Mon avis. Une très belle histoire qui déroule sa partition sur plus d'un siècle : merci, Jacqueline...

Ce roman relate une intrigue qui s'étale dans le temps et aura pour cadre tantôt l'Australie, tantôt l'Angleterre. Fil conducteur : des personnages féminins qui semblent appartenir à une seule et même famille. Au cœur de celle-ci, un luxuriant jardin "magique" soigneusement caché, auquel on n'accède qu'au terme d'un parcours labyrinthique, dans tous les sens du terme...

Le point de vue de plusieurs héroïnes est relaté : 1913, le récit s'ouvre sur une enfant de quatre ans cachée sur un bateau qui relie Londres à Brisbane ; celle qui est nommée La Conteuse lui a expressément recommandé de rester derrière des tonneaux, de telle manière que personne ne puisse la découvrir, et lui a promis de revenir. Désireuse de lui obéir, la petite fille commence cependant à trouver le temps long.

  "Il faisait tout noir dans le recoin où elle était cachée, mais elle devait obéir à la dame qui lui avait dit d'attendre là, parce que c'était encore trop risqué, et qu'elles devaient se faire toutes petites, comme des souris dans le garde-manger. C'était le jeu, la petite fille le comprenait bien. Comme quand elle jouait à chat perché, à cache-cache." [p. 15]

 

1930, Nell, la fillette, a grandi et va fêter son 21e anniversaire, l'occasion pour son père adoptif de lui dévoiler les circonstances de son arrivée inopinée dans sa famille. Une révélation qui va bouleverser son existence.

  "Elle lui sourit, radieuse dans sa robe délicate tout ornée de dentelles.

   Il lui rendit son sourire.

   Puis il la fit asseoir à côté de lui sur un tronc de gommier tombé là, lisse et blanc. Et lui révéla à l'oreille le secret que sa mère et lui avaient gardé pendant dix-sept ans. Il guetta sur son visage un signe de compréhension, un subtil changement d'expression. Et vit basculer une existence entière - celle d'une personne qui vient de disparaître d'un coup." [p. 25]

 

2005, Cassandra, la petite-fille de Nell, accompagne sa grand-mère âgée de 95 ans durant ses derniers moments : la vieille dame n'a désormais plus toute sa tête et s'éteint lentement.

  "Quand sa grand-mère se fut à nouveau engloutie dans les eaux sombres du sommeil, Cassandra s'étonna ; comment le cerveau pouvait-il être assez cruel pour rejeter ainsi sur le rivage de la conscience certaines bribes du passé ? Pourquoi, au soir de sa vie, sa grand-mère avait-elle en tête la voix de personnes disparues depuis des lustres ?" [p. 28]

 

S'ajoutent alors des extraits de textes divers : le livre jongle habilement entre diverses époques au fil de la quête entreprise par Cassandra qui vit depuis quelque temps déjà "dans l'ombre", en quelque sorte "en pointillés". La jeune femme se retrouve subitement propriétaire d'une maison située en Cornouailles, léguée par Nell. Or personne n'a jamais entendu parler de "Cliff Cottage".

Même si certains éléments peuvent être devinés avant la fin, le lecteur reconstitue (im)patiemment l'immense puzzle de cette touchante histoire ; côté personnages, j'ai surtout apprécié celui de La Conteuse...

Traduction : Hélène Collon.

Titre VO : The forgotten Garden.

17:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/08/2016

La dame à la camionnette, Alan Bennett

Présentation. Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d’Alan Bennett. Victime de l’embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l’auteur.

Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans.

Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n’épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus.

Un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.

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Mon avis. J'interromps avec ce récit ma litanie des "(très) belles découvertes", entamée voici maintenant quelques semaines. Ce court roman se lit. Point barre. [Pour être complète, je peux ajouter que j'ai lu un bon tiers de Deux veuves pour un testament, de Donna Leon avant de l'abandonner : je m'y ennuyais et comme tant de livres m'attendent, j'ai préféré jeter l'éponge].

Ce livre rassemble, pêle-mêle, des réflexions de l'auteur relatives à sa cohabitation insolite avec Miss Shepherd, une vieille dame qui vit dans sa camionnette et finit par s'installer sur la propriété de l'auteur avec lequel elle a des contacts plus ou moins (ir)réguliers. D'après ce qu'il explique à la fin du volume, il a pris durant vingt ans des notes au sujet de celle qu'il appelle Miss S. ; c'est à partir de celles-ci qu'il a rédigé ce texte.

Évoquer sur la quatrième de couverture un "tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus" ainsi qu'"un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine" me semble pour le moins exagéré. Si ces facettes-là vous intéressent, vous risquez fort d'être déçus ; personnellement, je parlerais plutôt d'une "esquisse de tableau" et de "quelques traces d'humour, çà et là".

Merci à Nahe pour le prêt.

Traduction : Pierre Ménard.

Titre VO : The Lady in the van (1989).

12:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

22/08/2016

Sous la surface, Martin Michaud

Présentation. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l’écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett atterrit à l’aéroport de Lowell, Massachussets, en compagnie de son mari, Patrick Adams, candidat favori à l’investiture démocrate.

Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans y être jamais revenue, Leah voit son passé ressurgir avec violence. Des fantômes qu’elle croyait avoir ensevelis à jamais viennent la hanter, ravivant d’anciennes blessures, et laissant planer sur le présent leur ombre oppressante.

Commence alors un jeu cruel, dont Leah ne maîtrise pas les règles, et qui la précipite au cœur d’une toile complexe, faite de faux-semblants, de pièges retors et de secrets inavouables. Drames, histoires d’amour brisées et trahisons deviennent l’épicentre d’un ouragan, celui qui dévaste l’existence de chaque personnage et remue, sous la surface, les eaux troubles du pouvoir, à Washington…

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Mon avis. Un récit qu'il est difficile de lâcher une fois commencé...

Ce livre explore les arcanes de la politique américaine qui n'en sort nullement grandie, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais j'imagine que politique US ou d'un autre pays, c'est bonnet blanc et blanc bonnet...

Focus sur Leah Hammet, la femme de Patrick Adams, candidat (très bien placé) à l'investiture démocrate en cette année d'élection présidentielle. C'est entre autres via ce personnage principal féminin que se dévoilent les méandres de l'intrigue, pan après pan.

Le livre navigue entre passé plus ou moins proche et présent avec Leah en (superbe) fil conducteur. Indéfectible soutien de son mari en cette dernière ligne droite, elle atterrit à Lowell, un lieu quitté vingt-cinq ans auparavant, siège d'un drame qui a laissé Leah pantelante. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts mais la souffrance (qu'elle croit) enfouie demeure toujours présente. Il suffit de quelques mots pour que soit ravivée la douleur du passé.

Le "syndrome du chapitre court" joue impeccablement bien son rôle : le lecteur se laisse aisément emporter, se disant qu'il va lire le chapitre suivant, puis un autre... jusqu'à ce que se tournent les dernières pages. Et quand on pense avoir démêlé le sac de nœuds, l'ultime partie s'en vient refermer habilement la boucle.

  "Le temps passe et, à mesure que nos illusions se désagrègent, on a tous quelque chose à cacher. Lorsque le sommeil nous échappe, on espère que le matin tendra un voile sur nos remords. Mais quand on se réveille, la réalité tranche le monde en deux. Et tandis que mon passé enroulait ses doigts autour de ma gorge pour m'asphyxier, les coups répétés sur la porte des toilettes et la voix angoissée de Gene m'ont ranimée." [p. 35]

  "L'appât était en place.  L'appât ou le piège : tout était une question de point de vue." [p. 88]

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (thriller - polar - policier pour août).

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20:12 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

19/08/2016

Battle Royale, Koushun Takami

Présentation. Dans un pays asiatique imaginaire, existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant...
Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nippone.

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Mon avis. Une excellente découverte...

J'ai beaucoup entendu parler de Battle Royale lors de la sortie de Hunger Games : nombreux sont celles qui, parmi les personnes ayant lu les deux, ont indiqué que Suzanne Collins s'était très probablement inspirée du roman de Takami.

J'avais moi-même beaucoup apprécié les tomes 1 et 2 de la série américaine, moins le dernier - et pas du tout la fin -.  Effectivement, les ressemblances sont nombreuses et personnellement, je trouve que Battle Royale est meilleur, tant dans l'histoire et le traitement des personnages que dans l'écriture...

Le récit présente une classe de 3e tirée au sort pour participer au programme intitulé "Battle Royale" : 42 élèves sont dans un car qui les emmène en voyage de fin d'année. Voilà pour la théorie. La "pratique" est tout autre : 21 garçons et 21 filles de ~15 ans sont parqués sur une île déserte et vont devoir s'affronter. Un seul d'entre eux "remportera" cette épreuve imposée par un État asiatique totalitaire : tous les autres y auront perdu la vie.

  "Shûya avala sa salive. Dans le sac à moitié ouvert, on reconnaissait sans doute possible M. Masarô Hayashida, le prof principal de la classe de 3e B. Enfin, plus exactement l'ancien prof principal. On pouvait effectivement comprendre pourquoi Sakamochi s'était présenté comme le nouveau. Le précédent n'aurait plus les moyens d'assurer ses fonctions.

   Le costume bleu-gris bon marché de M. Hayashida était trempé de sang. De ses lunettes à large monture noire qui lui avaient valu le sobriquet de "Libellule", il ne restait que la moitié gauche. Ce qui n'était pas très étonnant, puisque de toute façon la tête elle-même avait perdu sa moitié droite. Derrière le seul verre correcteur restant, un œil rouge évoquant une bille dressait vers le plafond son regard atone. Le reste du crâne se résumait à un amas de cheveux agglutinés par une sorte de gelée grise - de la cervelle très probablement. [...]

  "M. Hayashida a eu, disons, quelques difficultés à accepter le bien-fondé du choix de votre classe pour le Programme, reprit Sakamochi d'une voix tranquille en se passant la main dans les cheveux. Je dois dire que cette sélection l'a pris quelque peu au dépourvu..."

   Plus personne ne pipait mot. Chacun venait enfin d'admettre que ce qu'ils venaient de voir, ce qui s'était produit depuis leur perte de conscience, était réel. Ça n'avait rien d'une erreur, ni d'une plaisanterie. Ils allaient bel et bien devoir s'entre-tuer." [p. 60 - 62]

 

Point de complaisance dans ce récit qui présente de façon plus ou moins détaillée chacun des participants ; si certains reviennent de manière récurrente, d'autres ne font que (tré)passer. Quelques-un(e)s parmi eux deviennent rapidement des "machines à tuer" qui se "prennent au jeu" ; quelques-un(e)s décident de s'unir pour faire face aux adversaires, sachant pourtant qu'ils deviendront rivaux, quoi qu'il leur en coûte. Alors...

La réflexion relative aux disparités en matière de comportement face à une situation extrême est vraiment intéressante et cela, même si l'une ou l'autre des personnalités est stéréotypée ; pas de temps mort (!) durant ce récit qui m'a solidement ferrée. Je me suis parfois quelque peu emmêlé les pinceaux dans les noms des protagonistes, mais sans que cela n'entrave véritablement la lecture... Une dernière chose : la fin est à la hauteur de l'ensemble ; mais dans une optique radicalement différente, le récit aurait également pu, selon moi, s'achever au chapitre 76.

Emportée dans mon élan, j'ai commencé à regarder le film tiré du livre, réalisé (2001) par Kinji Fukasaku : j'ai arrêté après une petite demi-heure. Les scènes et les personnages incarnés par les acteurs sont tellement "caricaturaux" qu'ils en devenaient complètement risibles alors que le propos ne l'est nullement.

Traduction : Patrick Honnoré, Tetsuya Yano et Simon Nozay.

Titre VO : Battle Royale (1999).

 

Avis de ceux qui ont participé à cette lecture commune : La blonde framboise ; nekotenshi

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (23/24) et "Comme à l'école" (bleu).

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21:21 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

15/08/2016

Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie II, Diana Gabaldon

Présentation. Tandis que la guerre d'Indépendance bat son plein dans les colonies sécessionnistes américaines, le couple Fraser parvient enfin à regagner l’Écosse. Toutefois, retenu par des problèmes familiaux, Jamie doit à regret laisser son épouse repartir dans les colonies, où ses patients ont besoin d'elle. Séparés par les circonstances, réussiront-ils à se retrouver dans un pays où le conflit fait rage ? Pendant ce temps, au XXe siècle, leur fille Brianna et son mari Roger ont fait l'acquisition du manoir familial de Lallybroch. Ils suivent les aventures de Claire et de Jamie grâce aux lettres que ces derniers leur ont laissées dans un coffre.

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Mon avis. Au risque de me répéter à nouveau : je ne suis toujours pas lassée des (més)aventures de Claire et Jamie ; après avoir terminé ce tome, je me suis d'ailleurs lancée dans la découverte de la série télévisée (je n'en avais vu jusque-là que quelques épisodes de manière tout à fait disparate). Inutile de dire que je suis autant sous le charme de Sam Heughan que du "Jamie de papier"...

Ce deuxième volume de L'écho des cœurs lointains continue à mettre l'accent sur la Révolution américaine et par là même, sur des combats, depuis de simples escarmouches aux batailles plus importantes, entre loyalistes et troupes continentales.

C'est l'occasion de "revoir" bon nombre de personnages en dehors du couple vedette, certains sur le continent américain, d'autres en Écosse : Ian sur qui plane toujours l'ombre d'Archie Bug, William Grey avec lequel les Fraser sont contraints de jouer à cache-cache, John Grey qui a fort à faire avec sa nièce, les quakers Denzell et Rachel Hunter, Brianna et Roger dans le Lallybroch du XXe siècle, ou encore Ian père et Jenny.

Je lirai la suite avec plaisir...

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO : An echo in the bone.

Merci aux éditions J'ai lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Comme à l'école" (bleu).

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14:46 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

09/08/2016

Les Assassins, R. J. Ellory

Présentation. Sur 18.000 meurtres par an aux États-Unis, seulement 200 sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu'ils ont été commis à la date anniversaire d'un meurtre passé, œuvre chaque fois d'un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s'inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

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Mon avis. J'ai découvert l'auteur "sur le tard", entendez par là voici seulement un peu moins d'un avec Seul le silence, et aussitôt, je me suis demandé comment j'avais pu passer aussi longtemps à côté. Depuis, j'ai lu Les neuf cercles, Les anonymes et voici que j'ai terminé Les Assassins. À nouveau, j'ai été solidement ferrée par l'écriture de R. J. Ellory. À nouveau, les pages se sont tournées aisément. À nouveau, je me suis vite attachée aux personnages.

Ce roman fait "la part belle" aux tueurs en série les plus célèbres (quel travail de documentation !) avec un fil conducteur : John Costello, 16 ans en 1984. Il a vu la mort de près : lui et sa petite amie, Nadia, ["espoir" en russe] se sont fait agresser par le Marteau de Dieu.  Lui en a réchappé. Pas Nadia.

  "Pendant longtemps, John Costello tenta d'oublier ce qui s'était passé.

   Fit semblant, peut-être, que ça n'était jamais arrivé.

   Le diable se présenta sous la forme d'un homme, enveloppé par l'odeur des chiens.

   À voir sa tête, on aurait cru qu'un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d'émerveillement satisfait.

   John Costello se souvenait d'un bruit d'ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène.

   Comme s'ils savaient." [p. 9]

 

On découvre le drame qui a touché Costello, ce drame qui a à jamais laissé une plaie béante dans son existence, faisant de lui un être "différent".

  "Aujourd'hui, il vit à New York.

   Il consigne tout par écrit. [...]

   Le lundi il mange italien, le mardi français, le mercredi des hot dogs avec ketchup et moutarde allemande, le jeudi il s'en remet au hasard. Le vendredi il mange iranien - gheimeh, ghormeh, barg. Un petit restaurant près de Penn Plaza, dans le quartier de Garment où il vit. L'endroit s'appelle le Persépolis. Le week-end, enfin, il mange chinois ou thaï, et s'il est inspiré, il se fait du gratin de thon.

   Pour le déjeuner, il va toujours au même endroit, à une rue et demie du journal où il travaille.

   Les rituels. Toujours les rituels.

   Et il compte les choses. [...]

   Les chiffres le rassurent." [p. 17 - 18]

 

L'on retrouve ensuite Costello en 2006 à New York, alors que sont commis d'horrible homicides. A priori, pas de points communs entre ceux-ci. A priori seulement. Car Costello qui, doté d'une mémoire phénoménale, emmagasine les faits relatifs aux tueurs en série, se rend très vite compte que ces crimes imitent dans les moindres détails certains perpétrés dans le passé par de célèbres tueurs en série.

L'inspecteur Ray Irving, un de ces flics qui ne s'accorde pas de vie privée, est chargé de ces affaires qui n'en deviendront finalement qu'une : il entre en contact avec John Costello par l'intermédiaire de Karen Langley, journaliste au New York City Herald et supérieure directe de Costello.

J'ai apprécié suivre l'enquête menée par Irving, une enquête qui patauge très longtemps tandis que se poursuivent inlassablement les "exécutions minutieusement programmées" - par un chat qui s'amuse avec des souris -, d'autant qu'il manque cruellement de moyens.

J'ai aimé la psychologie des personnages, d'un Costello toujours "plus ou moins" suspecté d'être lui-même l'assassin, à un Irving lassé, revenu de (presque) tout, en passant par Langley, soucieuse de préserver Costello, tant que faire se peut. Sans oublier certains des intervenants ponctuels dépeints de telle manière qu'ils prennent vie alors qu'ils ne font que (tré)passer...

  "Irving se massa les tempes. Il était exténué, mais il savait qu'il n'arriverait pas à dormir.  Il voulait de la compagnie, le genre de celle que Deborah Wiltshire lui avait donnée avec une telle facilité. Il voulait du sens, un but, il voulait de l'espace et de la raison, une explication simple à la vie qu'il menait. Il voulait savoir ce qu'il faisait, et pourquoi." [p. 215]

Traduction : Clément Baude.

Titre VO : The anniversary man (2015).

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (thriller - policier pour août).

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20:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

05/08/2016

La dernière Geste, 1 : Si loin du soleil, Morgan of Glencoe

Présentation. Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.

En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

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Mon avis. Un texte d'une grande qualité littéraire que je vous recommande si vous lisez en numérique : il n'est, en effet, pas (encore) sorti en version papier.

Dès les premières page, on est happé par la princesse Yuri, douze ans, qui n'a jamais pu être véritablement une "petite fille" puisque dès son plus jeune âge, elle a dû tenir son rang avec une dignité exemplaire : aucun frémissement ne peut troubler l'impassibilité de son visage. Celui-ci doit demeurer lisse en toute circonstance, à l'instar des pages à écrire de son (?) existence...

Ce jour-là, son père, l'Ambassadeur de l'Empire Japonais, a décidé de lui montrer combien les fées ne sont que des animaux en la faisant assister à une joute entre un Aeling et une Selkie, "digne" des combats de gladiateurs.

  "- Regarde Yuri ! lui ordonna pourtant son père. Regarde bien. Vois comme ils sont cruels. Vois comme elles sont bestiales. Vois et mesure à quel point l'aristocratie seule mesure le nom d'Humanité". [empl. 174]

 

Cette "leçon", Yuri ne l'oubliera jamais : elle aura une incidence sur la suite du récit qui permet dans un premier temps de retrouver la princesse alors qu'elle a vingt ans et se rend à Paris, par l'Orient-Express. Elle va y retrouver son père qu'elle n'a pas vu depuis sept ans. Elle obéit comme il se doit à l'ordre intimé, se demandant ce que cache l'injonction paternelle.

  "Elle avait lu et relu cette maudite lettre à plusieurs reprises, cherchant les innombrables sens cachés que recelaient habituellement les écrits paternels. En vain. La missive ne semblait rien vouloir dire de plus que les mots qu'elle contenait... C'était frustrant, car Yuri se trouvait donc privée d'indices sur les intentions de son père et les raisons du voyage qu'il lui imposait. Une lettre blanche en somme. Un saut dans l'inconnu. Même sa nourrice Mariko, qui excellait dans l'art du décryptage, n'avait rien trouvé. La princesse fit la moue. Jamais encore son père ne lui avait fait l'affront de lui envoyer une lettre blanche." [empl. 380]

 

Lorsque Yuri comprend ce qui l'attend effectivement à Paris, elle se sent trahie ; la douleur est énorme. Elle n'a cependant pas encore pris la pleine mesure des conséquences de cette immense déception...

Ce roman, extrêmement bien écrit, met l'accent sur l'importance de découvrir l'Autre, en l'occurrence ceux qui ont toujours été, jusque-là, considérés par Yuri comme des êtres inférieurs, humains ou non. Combien lui sera-t-il difficile d'essayer de mettre de côté vingt ans de "conditionnement habile".

La trame, sans temps mort, entraîne le lecteur à la suite de la jeune femme sur des sentiers obscurs (!) ; j'ai beaucoup aimé suivre le cheminement de ses pensées remettant en question les idées l'ayant depuis toujours façonnée. Mais la princesse n'est pas le seul personnage - nuancé - intéressant, voire touchant : le colonel Riûzaki et le lieutenant (hybride) HA-17, tous deux assignés à la protection de Yuri ; le Capitaine Trente-Chênes, seule femme à diriger une rame de convois ; et ceux considérés comme des "Rats" par les aristocrates, qu'ils soient créatures féériques - Aelings, Selkies, Feux-follets, Spectraux, Sylfes... - ou humains - Keltiens - : je pense tout particulièrement à Sir Edward, Bran, Taliesìn, Haruko... Petit peuple en théorie. En théorie seulement.

Deux éléments pour terminer : un univers extrêmement fouillé et beaucoup d'émotion, principalement à la fin du récit ; je lirai très volontiers la suite.

 

Ce titre entre dans les challenges "de la Licorne 2" (Fantasy pour cette session, "Littérature de l'imaginaire" (22/24) et "Comme à l'école" (bleu).

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12:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

31/07/2016

Le sel de nos larmes, Ruta Sepetys

Présentation. Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes... Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté...

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Mon avis. Un roman historique à (faire) découvrir...

Je n'ai pas longtemps hésité à participer à cette lecture commune initiée par BettieRose puisque j'avais adoré Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, du même auteur, que je propose d'ailleurs régulièrement à mes élèves.

Quatre voix dans ce récit pour quatre voies qui se rejoignent alors que l'Allemagne a d'ores et déjà perdu la guerre, autour d'une tragédie maritime méconnue : le naufrage du Wilhelm Gustloff, torpillé le 9 janvier 1945 par un sous-marin soviétique.

Johanna, jeune infirmière lituanienne, qui a quitté son pays en 1941 lorsque Staline l'a occupé. Sa mère ayant des racines allemandes, la famille a été autorisée par le régime nazi à retourner en Allemagne.

  "La culpabilité n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 9]

 

Florian, un Allemand d'une vingtaine d'années, mystérieux, taciturne, qui n'a visiblement pas intérêt à tomber entre les mains des Soviétiques. Pas plus qu'entre celles des Nazis.

  "Le destin n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 12]

 

Emilia, adolescente polonaise qui s'est échappée de Nemmersdorf, un village investi par l'Armée rouge quelques mois auparavant, y "commettant des crimes et des exactions d'une insigne cruauté". [p. 44]

  "La honte n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 14]

 

Enfin, Alfred, jeune "nazillon" abject, méprisable, veule, qui tente de se convaincre qu'un héros sommeille en lui.

  "La peur n'a de cesse de vous poursuivre." [p. 16]

 

Le récit donne la parole à chacun, tour à tour, dans de courts chapitres qui s'enchaînent en un rythme rapide ; les trois premiers se rencontrent lors de l'exode au cours duquel ils fuient les Russes ; quant à Alfred, il est déjà à Gotenhafen, le port d'où partiront le Wilhelm Gustloff et d'autres navires destinés à l'évacuation de soldats et civils allemands.

Chaque "héros" apporte un éclairage particulier sur la guerre selon ce qu'il a vécu, se dévoilant progressivement, et même si le lecteur sait dès le début ce qu'il adviendra du navire, il ignore si certains en réchapperont, ni, le cas échéant, le(s)quel(s).

Le personnage que j'ai préféré est Emilia à qui la guerre a tout pris, et davantage encore, et qui, pourtant, trouve encore la force d'avancer, vaille que vaille, dans le sillage de Florian.

L'auteure raconte, à la fin du livre, le long travail de recherche préalable à l'écriture de ce récit poignant.

 

Traduction : Bee Formentelli.

Titre VO : Salt to te sea (2016).

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (34/35) et "Comme à l'école" (- avec un jour d'avance - bleu).

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16:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/07/2016

Que du bonheur !, Rachel Corenblit

Présentation. Moi, Angela Milhat, presque quinze ans, les cheveux presque bruns, les yeux presque verts, les dents presque droites, je vais te raconter mon année maudite.

L'enchaînement des événements les plus pourris que tu peux imaginer : un nez cassé, un divorce à gérer, une ultra trahison d'une ex-meilleure amie, la mort d'un chat, des vacances en Ariège et l'élection de miss camping !

Sur mon calendrier des malheurs, j'ai même ajouté les photos.

Mais qu'est-ce que j'ai pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ?

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Mon avis. Oyé, oyé, bonnes gens, je crois avoir trouvé le livre que je lirai dans mes classes de quatrième (seconde en France) à la rentrée en guise de "Lecture-Plaisir". Depuis des années, je commence l'année avec Simple de Marie-Aude Murail que je leur lis à raison d'un chapitre par semaine (un de mes moments préférés en classe ; un autre, c'est lorsque je débarque avec mes caisses de romans, que je les leur présente - auteur, titre, couverture, "épaisseur" - critère fondamental pour certains - quatrième de couverture, lecture des premières pages - afin qu'ils en choisissent un - ou plusieurs - à lire).

Je me tâte encore mais je pense que je lirai Que du bonheur ! qui m'a conquise et devrait les intéresser.

Le lecteur rentre d'emblée dans ce récit bourré d'humour dans lequel la narratrice, Angela, relate le cumul des mésaventures vécues durant l'année scolaire. Le sort paraît s'acharner sur l'adolescente qui tâche pourtant de "surnager" au milieu de cette marée de déboires...

Chacun des (courts) chapitres est illustré par des dessins et/ou photos et commence par quelques (délicieuses) phrases en exergue :

  "Ceci est MON calendrier des MALHEURS. D'ailleurs, je tiens encore à préciser (au cas où il y aurait des doutes) que je n'ai pas brisé de miroirs, je ne suis pas passée sous une échelle, je n'ai pas été la treizième à table, je n'ai pas croisé de chat noir, je n'ai pas ouvert mon parapluie dans la maison ni posé de chapeau sur mon lit..." [p. 9]

 

Cette année scolaire s'est avérée catastrophique pour Angela (prénom choisi par ses parents en l'honneur d'Angela Davis) comme elle le précise dès la première page :

  "Tout est parti en cacahuète cette année. En sucette, en vrille, en live. Le grand n'importe quoi, [...]. Le défilé des mauvaises nouvelles. La foire à l'embrouille. Le bal de la maudite où j'étais la seule à valser.

   Je me suis souvent demandé  : qu'est-ce que j'ai pu faire, dans une vie antérieure, pour mériter ça ? J'ai dû être une sacrée pourriture. Genre marchand d'esclaves sadique, tueur d'enfants, nazi de base. Normal qu'à un moment, le prix à payer me retombe sur le coin de la tronche. Dans la grande logique du destin, de la roue qui tourne, les méchants, à un moment ou à un autre, doivent payer.

   Mais moi, dans cette vie-là, maintenant, à l'échelle de mon humanité, je ne suis pas du côté des mauvais. Tout au contraire. Je suis une gentille. Une gentille presque niaise. Une gentille boulotte.

   Quinze kilos, j'ai pris. En six mois. Ça fait partie de mon mauvais karma de cette année. Parce que, quand le malheur me frappe, je mange. Je bouffe. J'engloutis ce que je trouve, ce qui passe à portée de mon estomac." [p. 7 - 8]

 

Ouverture des hostilités : une chute monumentale devant bon nombre d'élèves, lors de son premier jour de lycée. Prémices d'une année scolaire mémorable. Pour les mauvaises raisons, s'entend.

Le journal d'Angela se savoure d'une traite ; l'adolescente, extrêmement touchante, porte un regard perspicace sur elle-même et les autres, parents et con-disciples, assaisonné d'une bonne dose d'humour.

  "Le chapitre treize porte malheur. Je préfère l'éviter..." [p. 55]

Une friandise...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (33/35) et "Comme à l'école"  (personnage féminin).

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20:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/07/2016

La porte de la salle de bain, Sandrine Beau

Présentation. J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits œufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ça a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça.

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Mon avis. Un texte court mais percutant...

Ce récit relate l'histoire de Mia, une jeune adolescente qui attend avec impatience que son corps se transforme, autrement dit que ses seins poussent. Et le jour arrive où "ils" éclosent. Oh, pas grand-chose pour commencer mais le processus est enfin enclenché. A sa grande joie. De courte durée, pourtant...

Car Mia se rend vite compte que le regard de certains hommes change à son égard et ce dont elle se réjouissait devient bientôt un calvaire : le compagnon de sa mère, le "musicien" qui fait la moule dans le canapé pendant que sa mère s'esquinte au travail, commence à la "reluquer d'une drôle de manière". Insidieusement. Sûrement. Pire : il entre désormais dans la salle de bain pendant qu'elle se douche.

Le malaise s'installe. Puis le mal-être. La jeune fille lutte avec les moyens dont elle dispose : elle use et abuse de subterfuges pour (essayer de) ne plus se doucher chez elle quand sa maman travaille le soir. Elle hurle sa souffrance avec les yeux, mais sa maman ne la voit pas.

Ce sujet tabou est traité avec beaucoup de pudeur via le point de vue Mia qui perd peu à peu l'insouciance qui aurait dû rester sienne quelques années encore. J'ai juste trouvé que, de temps à autre, les réflexions censées être celles d'une très jeune fille sont davantage celles d'un adulte.

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (32/35) et "Comme à l'école" (personnage féminin).

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21:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

24/07/2016

Meurtres à Pékin, Peter May

Présentation. Pékin, ville baignée de tradition mais avide de modernité, une société qui se rue dans le capitalisme moderne mais profondément marquée par le système communiste.

Le cadavre carbonisé d'un homme est découvert un matin dans le parc. Le même jour, deux autres corps sans vie sont trouvés à deux endroits différents de la ville. Pour seul indice, un mégot de cigarette à côté de chacun des trois corps, comme une signature.

Margaret Campbell, médecin légiste aux États-Unis, spécialisée dans les brûlés, qui se trouve à Pékin pour une série de conférences, va se voir embarquée malgré elle dans l'enquête de Li Yan, fraîchement promu commissaire. L'Américaine rigoureuse et le policier chinois, ironique et énigmatique, choisissent deux approches totalement différentes d'un même objectif. Deux mondes s'affrontent, mais devant la complexité d'une affaire qui cache un secret monstrueux, les deux investigateurs vont devoir taire leurs oppositions et unir leurs talents pour découvrir la vérité, fût-ce au péril de leur vie. Car si les lieux sont exotiques et chargés de traditions, les dangers, eux, sont bien du XXIe siècle : menace des OGM et remous dans les milieux politiques.

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Mon avis. Découverte de l'auteur : je ne devrais pas en rester là.

Le lecteur se retrouve d'emblée plongé dans la touffeur de Pékin où un homme a été retrouvé carbonisé. L'enquête commence au moment où Li Yan vient d'être promu commissaire. Il sait qu'il a intérêt à "assurer". 

Alors qu'il se rend dans son nouveau bureau, il fait la "rencontre percutante" du Docteur Margaret Campbell, médecin légiste spécialiste des brûlés, "fraîchement" débarquée des États-Unis pour assurer quelques semaines de cours universitaires. Elle est épuisée et (donc) de méchante humeur, et n'a pas daigné parcourir la documentation relative au pays qui lui avait été remise au préalable, si bien qu'elle a déjà subi à plusieurs reprises les remontrances implicites de l'agent de police Li Li Peng qui lui a été dévolue. Autant dire que "Docta Maggot Cambo" apprécie peu la collision au cours de laquelle "Lily" se fait copieusement insulter par le Chef Li, premier inspecteur de la Section n° 1 de la police municipale de Pékin. Elle se permet d'intervenir. Elle n'aurait pas dû : ce faisant, elle lui a "fait perdre mianzi" : la face. Sacrilège. C'était la leçon n° 1. Les autres suivront.

Indépendamment des investigations au cours desquelles le Chef Li et le Docteur Campbell seront amenés à collaborer après s'être affrontés, j'ai apprécié le choc des cultures chinoise et américaine : les deux protagonistes vont devoir essayer, tant que faire se peut, de dialoguer, voire - on peut rêver - de s'apprivoiser. Ce qui implique d'ôter leurs œillères et d'évacuer les clichés. De part et d'autre.

"Les parfums, les couleurs [, les odeurs] et les sons se répondent" au cœur de la cité pékinoise, pendant que l'enquête semble s'enliser et que les barrières tombent. Mais les yeux sont partout...

Traduction : Ariane Bataille.

Titre VO : The Firemaker (1999).

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 (thriller - policier pour cette session 5).

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20:02 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

23/07/2016

Les Épées de glace, tome 1 : Le Sang sur la lame/Le Boucher, Olivier Gay

Présentation.

-  Je ne suis pas sûr qu’un homme seul fasse la différence.

-  On m’a déjà donné de nombreux noms. Le Faiseur de veuves. L’Épée de glace. Le Danseur Rouge. Je suis Rekk. Le Boucher. Je fais toujours la différence.

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Mon avis. Après la série jeunesse Le noir est ma couleur (1, 2, 3, 4, 5), après les enquêtes de Fitz (1, 2), voici que je découvre une autre palette de l'auteur avec la Fantasy. Verdict ? Hé bien, je lirai volontiers la suite car j'ai beaucoup aimé les aventures du Boucher, de Mahlin et Shani...

Focus sur Deria, la fille d'un "baron du Nord" qui arrive à Musheim et fait son entrée, de manière pour le moins insolite, au palais impérial. Elle y rencontre Mahlin, un jeune garde, ainsi que Shani qui deviendra bientôt sa servante attitrée.

Malgré sa noble ascendance, Deria ne se conduit nullement comme il sied à une jeune femme : son caractère affirmé n'a d'égal que son expertise dans le maniement de l'épée. Ce que Deria veut, Dieu le veut, ce qui lui attire inévitablement des inimitiés. Elle n'en a cure et profite de son séjour à la cour pour aider Mahlin - après qu'il a "accepté" l'idée qu'il ne pouvait avoir, face à elle, que le titre d'élève -, avec qui elle a noué une amitié, à se perfectionner en escrime. Shani devient elle aussi son amie : Deria s'intéresse à la valeur des individus et n'a que faire des classes sociales.

Un jour, Deria disparaît et est bientôt retrouvée morte dans la Basse-Ville : elle a été violée et assassinée. Ses deux amis découvrent, ahuris, qu'ils étaient bien loin de connaître la jeune femme. Parallèlement, les "autorités" décident qu'il est hors de question que le baron Froideval apprenne le sort subi par sa fille : nul doute qu'il reviendrait à Musheim, désireux de la venger. Nul doute qu'il réussirait. Car celui-ci n'est autre que l'ancien bras armé de l'empire, maintenant exilé dans les contrées glaciales du nord, celui que la légende a surnommé le Boucher. Rekk le Boucher. Rekk le Tueur. Rekk le Sans-Pitié. Celui que les parents évoquent lorsqu'ils veulent faire obéir leurs enfants récalcitrants.

Mahlin décide d'aller porter au baron une lettre inachevée de Deria et Shani l'accompagne. Quels qu'en soient les risques. Bel et bien présents.

"L'un deux paraissait particulièrement dangereux. Son visage arborait de multiples cicatrices ; ses yeux étaient froids dans la lumière des torches, le pli cruel de ses lèvres. Shani réalisa avec une certitude épouvantable qu'elle venait de rencontrer le baron Froideval. [...]

   Il avait des yeux terrifiants, des yeux de meurtrier, des yeux de tueur. Deux épingles de nuit qui restaient fixées sur eux, leur ôtant toute énergie et tout espoir. Deux puits sombres, deux torrents d'obscurité prêts à les engloutir, qui les jaugeaient, les jugeaient, les pesaient, les appréciaient, les mettaient à nu, comme pour déceler s'ils représentaient un danger ou non, s'il convenait de les tuer ou non." [ch. 4]

 

Aucun temps mort - mais bon nombre de trucidés - dans ce récit, non dénué d'humour, qui relate le dangereux périple entrepris par les deux amis ainsi que la rencontre non moins dangereuse avec le Boucher, dont la réputation n'est pas usurpée...

Cet improbable trio est très attachant : Mahlin, jeune homme chevaleresque, sans reproche mais pas vraiment sans peur ; Shani, (presque) inodore, (presque) incolore, (presque) insipide, qui prend de la bouteille et s'affirme au fil des pages ; et le Boucher, personnage haut en couleur (rouge sang), qui jamais ne tente d'atténuer les atrocités commises : à cet égard, les piqûres de rappel émaillent le texte (au cas où le lecteur serait tenté de les occulter ? parce que quand même..., malgré tout...).

  "Les événements de ces derniers mois avaient bouleversé le monde rassurant dans lequel vivait la jeune fille. Plusieurs semaines passées à côtoyer Mahlin et sa belle assurance lui avaient prouvé que l'on pouvait faire ce que l'on voulait dans la vie - si l'on était prêt à en payer le prix."  [ch. 17]

Je lirai la suite avec grand plaisir.

Couverture : Magali Villeneuve.

 

Ce titre entre dans les challenges "Littérature de l'imaginaire" (21/24) et "Comme à l'école" (personnage féminin).

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21:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/07/2016

Ballon, redeviens tout rond !, Collectif, Centre Régional de Formation des Professionnels de l'Enfance

Présentation. Les personnages de cette superbe publication ont tous une particularité qui les empêche parfois de jouer ensemble. Cela les amène donc à réfléchir à trouver une solution commune, qui de ce fait leur fait créer ensemble un ballon qui convienne à toutes et tous. C'est ce qui donne le titre de l'ouvrage, accessible au plus grand nombre, Ballon, redeviens tout rond ! Des éléments tactiles au nombre de 12 sont répartis au cours des pages de cette production, cela afin d'éveiller autant les sens que la réflexion des petits lecteurs.

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Mon avis. Un bel album aux superbes couleurs...

Ce livre sollicite trois de nos sens : la vue, le toucher et l'ouïe. La vue comme tout album qui se respecte : nous sommes plongés dans la mer et par conséquent, le bleu décline toutes ses tonalités ; d'autres couleurs apparaissent avec les créatures sous-marines en feutrine : hippocampe, crabe, pieuvre, méduse, poisson, étoile de mer.

Le toucher est présent par l'intermédiaire du ballon, celui qui "redevient tout rond" : il est figuré par un rond découpé dans une matière particulière collé sur la page.

Enfin, l'ouïe : un CD accompagne l'ouvrage ; il contient la chanson "Ballon, redeviens tout rond !", ainsi que le texte chanté en diverses langues : le ch'ti est particulièrement savoureux.

L'histoire, quant à elle, met l'accent sur l'impossibilité, pour chacun des animaux marins, en raison de sa spécificité, d'attraper le ballon sans le détruire, les empêchant par là même de jouer ensemble ; ils doivent trouver une solution...

Un album qui met le doigt sur la différence...

 

Merci à Babelio et aux éditions Tartamudo pour ce partenariat.

21:44 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/07/2016

Mauv@ise connexion, Jo Witek

Présentation. Je me suis inscrite sur un nouveau tchat. J'ai tapé Marilou. Je trouvais que ce pseudo correspondait bien à la fille que j'avais envie d'être. Plus sexy, plus délurée, plus effrontée aussi. Marilou, une autre moi-même. Une fille qui l'a tout de suite attiré.

- Bonjour, Marilou. C'est joli comme prénom. T'as quel âge ?

J'ai menti : Seize. Et toi ?

- Vingt.

Mentait-il lui aussi ? Je ne me suis pas vraiment posé la question, trop heureuse de partager ma tristesse nocturne avec un garçon. J'ai poursuivi.

- Je viens de me disputer avec ma mère. Elle refuse que je fasse des photos de mode.

- Elle doit être jalouse de ta beauté.

- Merci. Je crois que tu as raison.

- Je sais de quoi je parle, je suis photographe de mode.

- C'est vrai ? - Oui, pour des défilés à Paris et des shooting magazines. On peut la voir quelque part ta jolie frimousse, Marilou ?

Voilà. Ça a commencé comme ça.

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Mon avis. Un récit qui met l'accent sur une réalité actuelle, à savoir un des dangers liés à l'utilisation d'Internet.

Julie a quatorze ans ; suite à une dispute avec sa maman, elle se crée un profil sur un tchat et devient Marilou, seize ans. Elle y fait une rencontre qui bouleversera sa vie ; elle ne sait pas encore que Laurent, le "jeune homme" dont elle va tomber amoureuse, l'a solidement ferrée : la dérive est amorcée et l'adolescente n'en sortira malheureusement pas indemne...

Ce court récit se lit aisément et met le doigt là où cela fait (très) mal ; il me semble approprié  pour amorcer une discussion avec les jeunes. Je suis cependant restée sur ma faim : je l'aurais davantage encore apprécié s'il avait été plus amplement développé.

 

  "Je ne mangeais presque plus et tardais à m'endormir, ressassant ad libitum nos échanges, nos promesses, nos rêves. Son histoire avec son ex-petite amie traînait en longueur ; je commençais à m'impatienter. Le voir devenait vital." [p. 31]

  "J'étais seule désormais, seule avec cette passion qui m'avait enfermée dans ma chambre, le corps relié à mon ordinateur". [p. 48]

  "Désormais, il pouvait tout me demander.

   C'est ce qu'il fit." [p. 69]

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (31/35) et "Comme à l'école" (personnage féminin).

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15:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

10/07/2016

Chasseurs de têtes, Jo Nesbø

Présentation. Roger Brown est le meilleur chasseur de têtes de Norvège : il fait subir aux candidats de véritables interrogatoires et ne laisse aucune place au hasard. Mais Roger a une faiblesse, sa femme, la splendide Diana... Voiture de luxe, vêtements de marque, loft immense, galerie d'art et vernissages au champagne, rien n'est trop beau pour elle. Pour financer sa vie privée, il dérobe des toiles de maîtres chez ses clients. Mais le jour où il décide de voler un Rubens à Clas Greve, qui avait pourtant le profil du parfait pigeon, les choses se gâtent. De chasseur, Roger devient proie et le pigeon se révèle être un terrible prédateur...

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Mon avis. Un thriller qui se laisse lire, sans être le moins du monde exceptionnel...

J'ai trouvé "la mise en bouche" très longue : durant un tiers du récit, on découvre la personnalité, nullement attachante - c'est le moins que l'on puisse dire - de Roger Brown, dont l'efficacité dans son travail de "chasseur de têtes" est inversement proportionnelle à la taille. Son "côté obscur" est aussi détaillé : il a besoin de "revenus parallèles" afin de mener un train de vie aisé et dépenser sans compter pour sa femme Diana.

L'engrenage bien huilé des combines mises au point avec un complice s'enraie lorsque Brown s'attaque à Clas Greve, "élément perturbateur" que l'on attend quand on a lu la quatrième de couverture - c'est mon cas -, mais - je me répète - cet épisode se fait (trop) longtemps attendre selon moi.

Les choses commencent à bouger - dans tous les sens du terme - lorsque commence le chassé-croisé, sans temps mort - mais pas sans cadavres - entre Brown et Greve : j'ai apprécié cette partie-là ; cependant, j'ai trouvé certains éléments de la fin quelque peu tirés par les cheveux.

Un avis mitigé, donc ; rien à voir avec Le léopard, du même auteur, qui m'avait tenue en haleine du début à la fin...

Traduction : Alex Fouillet.

Titre VO : Hodejegerne (2008).

 

Ce titre entre dans les challenges "de la Licorne 2" (thriller - policier pour cette session) et "Objectif du mois" (un livre du bas de la PAL pour juillet).

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11:24 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

08/07/2016

Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

Présentation. J’aurais préféré que ma mère me dise : "Tu sais, je crève de trouille et je ne peux rien te promettre." Ou bien qu’elle pleure franchement, à gros bouillons. Oui, qu’elle pleure ! Au lieu d’afficher ce sourire de façade. Le sourire "tout-va-bien-je-gère".

J'aurais voulu qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle se roule par terre en tapant des pieds, qu’elle fasse un truc pas calculé du tout, un truc qu’on ne voit pas dans les séries françaises à la télé, un truc pas bien élevé, pas conseillé par le guide J’élève mon ado toute seule, au chapitre "Comment lui annoncer votre cancer ?"

Entre rires et larmes, Tania nous raconte six mois de complicité avec sa mère malade, mais aussi les nouveaux défis qu’elle s’est lancés : devenir championne de cross… et tomber amoureuse.

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Mon avis. S'il n'est pas rare que j'apprécie les romans que je choisis de lire, il est en revanche moins courant que je parle de coup de cœur : celui-ci en a été un.

Le sujet est pourtant difficile puisqu'il y est question du crabe, cette saloperie à laquelle seront confrontées Tania et sa maman : après une série d'examens, cette dernière apprend qu'elle souffre d'un cancer du sein.

Comment (tenter de) faire face quand la maladie s'incruste dans l'existence et que l'ombre de la Grande Faucheuse plane sur le quotidien qui ne l'est plus ?

Même si Tania demeure une ado, avec des préoccupations liées à son âge, ses repères s'estompent, lentement mais sûrement ; malgré la souffrance de l'épreuve traversée, sa relation avec sa maman va se renforcer et s'engagera sur des sentiers jusque-là inexplorés.

J'ai beaucoup (sou)ri lors de cette lecture : les réflexions de Tania sont hilarantes et certaines situations sont franchement cocasses. Je pense particulièrement à celle de la piscine où les larmes sont venues se mêler au rire : non pas que j'aie pleuré de rire, mais j'ai pleuré en riant...

  "Ma mère tient un blog.

  Ça s'appelle "Lecture & Confitures". Tout un programme.

  Son billet du jour, je vous le fais partager, il vaut le détour :

   "Aujourd'hui, premier jour d'octobre (Trop fort ! ma mère sait lire un calendrier), bientôt nous entrerons dans la saison sombre, autrefois appelée Samain par les Celtes. (Mais où va-t-elle chercher tout ça ?) Regardez comme la nature est belle ! (Ici, incrustation d'un lecteur de musique pour diffuser une chanson de Jean Ferrat.) J'ai décidé de préparer du chutney de figues avec des pommes et des noix ramassées dans notre belle forêt (ici, photo d'un pot de confiture sur fond de feuilles mortes), qui se pare en ce moment de rouge, d'orange et de vert (super, ma mère n'est pas daltonienne). Admirez ses reflets mordorés ! (Au secours.) J'ai préparé des scones pour le goûter des loulous. [...]

   Nous, ceux qu'elle appelle ses loulous.

  Autrement dit, les créatures imaginaires que ma mère a inventées pour peupler son désert affectif." [p. 7 - 8]

  

  "Les copines qui me précédaient ont franchi la grille du collège. J'entendais derrière moi la conversation entre Zlatan ["le balourd des Balkans, alias le Yéti slovaque, alias la Patate qui venait du froid" - p. 36 -] et Brain ["Brian surnommé "Brain", le cerveau, parce qu'il est persuadé que le sien est particulièrement performant, tandis que nous, on doute même qu'il en ait un" - p. 36 -], qui tournait toujours autour de la course à pied. C'est monomaniaque, les mecs.

   Comme j'étais seule, je pouvais reprendre le cours de mes pensées. Je me suis dit qu'avec un peu de chance ce serait le droit. Comme ça ma mère pourrait tirer à l'arc...

   Comment ça, quel rapport ? Vous n'avez jamais entendu parler des Amazones ?" [p. 39 - 40]

 

Un récit que je vous recommande, dans lequel l'optimisme - jamais béat - est de mise ; il peut être proposé aux élèves à partir du deuxième degré.

Une partie des droits d'auteur sera reversée en soutien à l'association Le Cancer du Sein, Parlons-en !

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (30), "Comme à l'école" (personnage féminin) et "Un genre par mois" (joker).

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19:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

03/07/2016

Hanako, fille du Soleil levant, Élodie Loch-Béatrix

Présentation. Des ancêtres japonais, c’est sympa… sauf quand on est inscrite d'office à un cours d'ikebana ! Hanako préférerait mille fois passer du temps avec ses amis de 4e, Adam et Chloé, ou savoir ce que lui veut Matt, un beau lycéen. Mais impossible de négocier avec ses parents. Et tout se complique lorsque son père lui interdit de toucher à une mystérieuse boîte. Quel secret peut-il bien lui cacher ?

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Mon avis. Décidément, j'enchaîne les "chouettes lectures" depuis quelque temps ; c'est encore le cas cette fois avec Hanako, fille du Soleil levant. Ce roman est destiné à un lectorat plus jeune que mes élèves - je dirais ~ 11-13 ans - mais j'ai souhaité le lire pour découvrir la plume de l'auteure.

L'héroïne du récit est une collégienne au joli prénom d'Hanako, "enfant fleur" en japonais ; son papa, Akihito, souhaite que sa fille s'intéresse à sa culture et pour ce faire, l'a inscrite à un cours d'ikebana, sans lui demander son avis. Le moins que l'on puisse dire est que l'adolescente n'est pas ravie :

  "Ma vie est un désastre... le déménagement... la rentrée en 4e... et maintenant ça ! Princesse B, elle, va au cours de danse de Fahria, la gagnante de Top Dance. Et moi ? Moi, je vais faire de l'ikebana ! Je vais faire des bouquets avec des branches d'arbres ! Trop la classe !" [p. 5]

 

Hanako est bien décidée à ne pas s'éterniser dans ce "cours de plantes vertes" - d'autant qu'elle est la seule jeune du groupe - et cela, même si - elle doit se l'avouer - la prof, Odette, est sympathique.

Les personnages de ce récit plein de fraîcheur sont attachants : Hanako, préoccupée par les soucis rencontrés avec ses parents (ah, les parents !) et les relations entretenues avec ses fidèles amis, Chloé et Adam, ou avec le groupe des "pestes de service", menées par Princesse B, celle qui a (presque) tout pour elle ; Chloé et Adam ; les parents eux-mêmes  ; Madame Odette ; et Matt qui débarque sans crier gare dans son existence.

Hanako a par ailleurs son attention de plus en plus attirée par une boîte disposée dans le bureau de son père, à laquelle elle n'est pas censée toucher... mais dont elle  brûle - forcément ! - de percer le mystère.

  "J'ai foncé dans son bureau. Je me suis arrêtée net en le voyant avec la boîte interdite dans les mains. Il avait l'air très contrarié. En m'apercevant, il a vite remis plein de papiers dedans." [p. 44]

 

J'ai vraiment passé un excellent moment en sa compagnie et j'ai en outre apprécié découvrir quelques facettes de la culture japonaise, entre autres l'ikebana et le kendo.

  "Odette arpentait la salle en posant un œil bienveillant sur les créations des unes et des autres.

 - Je vous rappelle que l'air doit circuler dans vos bouquets ; chaque fleur a sa place... Vous ne mettriez pas vos invités sur la même chaise à la maison, alors laissez respirer ces fleurs !" [p. 63]

 

Un livre à recommander aux élèves du premier degré.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (29) et "Comme à l'école" (personnage féminin pour cette session).

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18:35 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/07/2016

Les Fils de George, Manu Causse

Présentation. Mardochée a quinze ans et appartient, depuis sa naissance, à la communauté du livre de George, une secte dirigée par le pasteur Wiggins. Au lycée, il fait la connaissance de Léo qui se prend d’amitié pour cet étrange garçon hors du temps. La mort de son coreligionnaire Chrysostome, entame la foi de Mardochée.

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Mon avis. Une couverture inquiétante pour un récit que l'on lit en retenant son souffle...

Mardochée fait partie de la Congrégation régie par le pasteur Wiggins : les Fils de George. Ce "gourou" mène ses fidèles à la baguette, au propre comme au figuré puisque pénitences et privations sont légion dans cette mystérieuse communauté qui vit recluse sur elle-même, frayant le moins possible avec le commun des mortels, les Restants.

L'adolescent a bientôt seize ans, l'âge où il se dépouillera de son statut d'Enfant pour embrasser celui de Converti. Et même s'il se répète inlassablement les mêmes formules étudiées depuis sa plus tendre enfance, quelques doutes s'immiscent en lui, d'autant que Léo, un élève de sa classe, semble lui manifester un intérêt sincère, lui proposant même de participer au repas de fin d'année. Mardochée a beau tenter de se convaincre que Léo incarne le Mal, il se pose des questions...

  "Léo est mince et grand, avec des cheveux longs, un regard clair et un air sérieux même quand il rit. Plusieurs fois, il nous a adressé la parole, à Chrysostome et à moi, comme s'il s'intéressait vraiment à nous. Je devrais en conclure qu'il est un agent de David [= le prophète du Mal] mais je ne peux m'empêcher de lui trouver un air sympathique." [p. 13]

 

Le roman alterne les chapitres relatifs à Mardochée et ceux qui se focalisent sur Léo, désireux de découvrir celui qui se cache sous ce Fils de George, "l'extraterrestre du lycée - le seul depuis que Chrysostome ne vient plus en cours - qui s'exprime bizarrement".

  "Les trois petits en descendent. Ils vont au collège à côté du lycée. Je les vois le soir, quand ils attendent la voiture-arlequin devant la grille. Avant, Mardochée et Chrysostome Georgeson les encadraient. Maintenant, Mardochée est tout seul, Chrysostome ne vient plus depuis le mois dernier. C'est affreux à dire, mais je me sens presque soulagé. Je l'ai toujours trouvé plutôt flippant : à le voir comme ça tout maigre, la peau toujours pâle, les yeux brillants, on se demandait s'il n'était pas malade. Contagieux, peut-être. Et quand il partait dans ses délires..." [p. 20]

  "- Écoute, Léo, c'est très gentil de ta part de t'assurer que je vais bien, mais je ne peux en aucun cas accepter que tu m'achètes à manger. Je suis désolé si j'ai eu des moments d'absence, mais cela n'est pas de ta responsabilité et je vais retourner auprès des miens, maintenant." [p. 52 - 53]

 

La réflexion suscitée auprès de Mardochée par Léo - et inversement - est réellement intéressante ; Léo dessillera (in)sensiblement les yeux de Mardochée sur le monde qui l'entoure - certaines scènes sont touchantes, comme celle de la dégustation des paninis banane-Nutella - et parallèlement, sur l’Église Congrégationniste du Livre de George, tandis que lui-même s'interrogera sur l'idée de/d'un Dieu.

Un texte de la collection EGO, "des romans courts et choc pour les ados qui disent je", à faire découvrir aux élèves, à partir du deuxième degré.

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge Jeunesse/Young Adult  (28).

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14:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/06/2016

Les loups chantants, Aurélie Wellenstein

Présentation. Yuri appartient à un clan d’éleveurs de rennes. Il vit dans un village entouré par un perpétuel blizzard. Il y a un an, son amour, Asya, a disparu dans la tempête, attirée par les hurlements hypnotiques des loups chantants. Bien que tout le monde la croie morte, le garçon espère qu’elle soit toujours en vie, quelque part, de l’autre côté du blizzard.

Un jour, la sœur de Yuri, Kira, contracte un mal étrange ; son corps se couvre de glace. Pour le chaman du clan, la jeune fille est maudite par le dieu de l’hiver ; elle est bannie, et condamnée à s’enfoncer seule dans le blizzard. Mais une amie, Anastasia, rejette farouchement ce verdict surnaturel. Selon elle, il s’agit d’une maladie soignable à la capitale, par la chirurgie.

Déterminés à tout tenter pour sauver Kira, Yuri et Anastasia prennent leurs traîneaux à chiens pour emmener la jeune malade à la capitale. Mais aussitôt partis à travers le blizzard, les loups les prennent en chasse.

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Mon avis. Une couverture magnifique qui ouvre la porte d'une écriture sublime...

J'ai beaucoup apprécié Le Roi des Fauves, d'Aurélie Wellenstein : je n'ai donc pas hésité à me lancer dans ce roman, d'autant que la superbe couverture - d'Aurélien Police - a d'emblée attiré mon regard. Je n'ai pas été déçue...

Mieux vaut se couvrir chaudement avant de commencer ce récit puisque le froid - le Froid, même - est prégnant ; à cet égard m'est revenue en mémoire l'atmosphère glaciale de l'excellent Combat d'hiver, de Jean-Claude Mourlevat.

Yuri ouvre le récit alors que la tempête se déchaîne et qu'il tente de ne pas se laisser submerger par le Blizzard ; apparaissent aussitôt des "personnages" très importants dans l'histoire : les loups. Ceux-ci, êtres enchantés et enchanteurs, sont animés par la volonté d'attirer l'adolescent dans leurs "filets" par le biais de leurs chants. Yuri essaie de résister, du mieux qu'il peut, entre autres grâce à la magie protectrice des Gardiens. Pourtant, depuis que son aimée, Asya, a été "emportée" par les loups un an auparavant, s'est immiscée en lui l'idée que s'abandonner à eux lui permettra peut-être de la rejoindre. Peut-être.

Rentré dans le camp, il découvre que sa sœur, Kira, est atteinte d'un mal pour le moins étrange : sa peau se couvre de glace, lentement mais sûrement. Le chaman décrète qu'il s'agit d'une malédiction de Korochun, le dieu souterrain des froids glaciaux : la jeune fille est bannie. Yuri n'envisage pas une seconde d'abandonner Kira ; il entame alors à ses côtés un périple éprouvant avec Anastasia, une amie qui les a persuadés que la guérison est possible.

Le livre relate ce voyage vers la capitale, sous des températures polaires : le trio attèle deux traîneaux ; Yuri pourra compter sur ses chiens, compagnons fidèles avec lesquels il entre en communion d'une manière particulière. Mais les loups chantants sont bien décidés à ne pas les laisser en paix durant cette course contre la montre/mort...

J'ai aimé la frontière floue entre songe et réalité, ainsi que le combat intérieur de Yuri raconté par la plume merveilleusement poétique de l'auteure...

  "Yuri s'avança autant qu'il l'osa dans le Blizzard. La tempête se déchaînait et les vents rugissaient à ses oreilles, le poussant en avant, en arrière, malmenant son manteau en peau de renne. Pour progresser dans cette furie blanche, il devait marcher pas à pas avec ses raquettes, courbé en deux, un bras replié sur la tête, mais même ainsi, les bourrasques lui coupaient la respiration et les flocons lui lapidaient le visage. Il finit par s'immobiliser, le souffle court, les cuisses et les bottes matelassées de neige." [p. 11]

  "Pourtant, il était bien placé pour savoir que parfois, le pire arrivait. Parfois, même les jeunes filles perdaient la vie. Même en bonne santé. Même à seize ans. L'Hiver les taillait en pièces." [p. 23]

  "Mais quand il arriva à Orion, son chien de tête, il hésita. Le malamute leva le museau vers lui. Yuri enroula les doigts dans sa douce fourrure. S'il le perdait, il mourrait de chagrin. Une boule lui obstrua la gorge. [...] Orion se jeta en avant. Les six huskies se ruèrent dans son sillage. La corde centrale se tendit avec un claquement sec. Le traîneau s'ébranla avant de glisser en souplesse sur la neige." [p. 50 - 51]

Couverture : Aurélien Police.

Un grand merci aux éditions Scrineo et à Livraddict pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (27) ; "Littérature de l'imaginaire" (20) et "Un genre par mois" (jeunesse pour juin).

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21:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/06/2016

Le grenier des enfers, Une enquête de l'inspecteur Pendergast, Preston & Child

Présentation. Deux cadavres sauvagement mutilés repêchés dans les égouts de Manhattan. Des blessures à faire froid dans le dos qui n’ont été infligées ni par un homme, ni par un animal. Une vague d’assassinats sanglants qui décime les sans-abri. Tous les indices et témoignages permettent de dresser le portrait d’une créature mi-humaine, mi-mutante, aussi dangereuse qu’intelligente.

Alors qu’une psychose collective s’empare de la ville, policiers et scientifiques traquent la bête dans le New York souterrain, au sein d’un labyrinthe de stations de métro abandonnées, de tunnels et de galeries lugubres, jusqu’au "Grenier des Enfers", là où se cache l’ultime secret du monstre.

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Mon avis. Un thriller qui a su me ferrer...

J'ai eu l'occasion de lire ce deuxième volet des "aventures de Pendergast" et je m'y suis volontiers immergée (verbe de circonstance !) même si je n'avais pas lu le précédent.

C'est grâce à un plongeur novice - Snow (!) - que deux cadavres "mal en point" (euphémisme) sont repêchés dans les égouts - Cloaca maxima - de Manhattan. Une des deux victimes est une jeune femme "de la haute" disparue deux mois auparavant, si bien qu'il est d'emblée indispensable de faire la lumière (!) sur cette sombre (!) affaire.

  "Même à travers sa combinaison étouffante, collante, l'eau lui fit une étrange sensation. Visqueuse, sirupeuse, elle ne lui bouillonna pas aux oreilles, ne lui fila pas entre les doigts.S'y enfoncer exigeait un effort. Il avait l'impression de nager dans de l'huile de vidange." [p. 15 - 17]

Le ton est donné.

Le groupe dont il a été question dans Relic - que je n'ai pas lu donc, si vous suivez - aura dès lors l'occasion de se retrouver : le lieutenant Vincent D'Agosta, le Docteur Margo Green, le journaliste Bill Smithback et, last [bien des pages se tournent avant qu'il n'apparaisse] but not least, l'inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI ; des personnages attachants.

L'enquête s'avère ardue, dangereuse et extrêmement pointue (un peu trop pour moi) en matière de mutations ; elle emmènera les protagonistes dans un labyrinthe de galeries souterraines, là où se terrent ceux qui ne voient que très peu, voire jamais, la lumière du jour : SDF, marginaux, drogués, exclus... appelés "les taupes". Un monde à part qui risque de leur faire perdre la tête. Au sens propre (!) comme au figuré.

Claustrophobes s'abstenir...

Traduction : Philippe Loubat-Delranc.

Titre VO (1997) : Reliquary.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 (thriller - policier pour cette session).

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21:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/06/2016

Le poids des secrets, T. 5 : Hotaru, Aki Shimazaki

Présentation. À la saison des lucioles (hotaru), lorsqu'elle rend visite à sa grand-mère Mariko Takahashi, Tsubaki est loin de se douter que celle-ci lui confiera bientôt le secret qui ronge sa vie depuis cinquante ans, incapable qu'elle fut de le révéler à son mari.

Étudiante en archéologie, Tsubaki apprend à travers cette confession les lois cruelles de la vie : l'innocence et la naïveté des jeunes filles sont souvent abusées par les hommes de pouvoir et d'expérience, et leur destinée s'en trouve à jamais bouleversée.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec plaisir la plume délicieuse d'Aki Shimazaki mais j'ai attendu trop longtemps avant de lire ce dernier tome : je suis certaine que j'aurais davantage savouré ce récit si j'avais eu une vision plus précise de l'ensemble.

Je n'avais pourtant pas tout à fait oublié les personnages dont il est question ici : Mariko, Tsubaki et, dans une moindre mesure, Yukio. La vieille dame, au crépuscule de sa vie, a perdu son mari depuis longtemps déjà et vit chez son fils Yukio. Son esprit semble maintenant dériver de temps à autre et Tsubaki essaie d'adoucir les jours de sa grand-mère.

Cette dernière va raconter à sa petite-fille le lourd secret qui pèse sur ses épaules, celui qu'elle n'avait jusqu'alors confié à quiconque, celui qui la replonge dans un passé qu'elle avait (tâché d')enfoui(r) en elle, celui qui, peut-être, éclairera d'une lumière nouvelle le chemin personnel de Tsubaki.

Il ne me reste plus qu'à relire un jour la pentalogie...

 

Ce titre entre dans le challenge "Objectif du mois", proposé par Xiou (pour juin, terminer une saga de plus de deux tomes).

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12:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

25/06/2016

Rural noir, Benoît Minville

Présentation. Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance.

Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence.

Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille.

Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature "préservée" – ou en friche.

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Mon avis. Une belle lecture qui m'a cependant laissée un tantinet sur ma faim : j'aurais en effet bien volontiers cheminé encore un peu en compagnie des personnages...

Ce récit m'a d'emblée fait penser au film - que j'aime beaucoup - Stand by me, de Rob Reiner [je précise que je n'ai pas lu la nouvelle de Stephen King - Le corps - dont est tiré le film].

C'est une histoire d'amitié, une amitié profonde, sincère, indéfectible : celle qui unit Julie, Vlad, Romain et Christophe, chacun des garçons étant "plus ou moins" amoureux de la belle Julie. "L'innocence serait fauchée cet été-là", [p. 11] faisant littéralement "éclater le groupe".

Dix ans plus tard, Romain "revient au pays" et retrouve la petite bande ; mais de l'eau a coulé sous les ponts et chacun tente de s'en sortir du mieux (du moins mal ?) qu'il le peut alors que la région subit la crise de plein fouet.

Le récit alterne présent, raconté à la troisième personne, et passé, relaté à travers le regard de Romain, chaque chapitre relatif au passé venant éclairer d'un jour nouveau le présent. Ces allers et retours temporels ne nuisent pourtant en rien à la compréhension de l'histoire.

Si l'amitié est essentielle dans le roman, la ruralité, celle que l'on nomme communément "la France profonde", y occupe également une place fondamentale,  avec sa force et le caractère entier de ses acteurs, avec les difficultés liées au monde moderne, aussi.

 

  "Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.

   Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d'exister et de grandir ensemble.

Nous quatre.

   Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître.

   On n'entend même pas l'eau qui dévale des nuages ni le tonnerre qu'on aura oublié demain matin, trop occupés à rire, accompagnés de nos quelques trésors pour honorer l'été : deux canettes de bière, piquées à mon père. Une clope aussi. Merde, presque quatorze ans après tout. Et de la bouffe, on a pillé nos frigos de tout ce qui est gras et peut se manger entre deux tranches de pain.

   Et cette musique envoûtante : quand ce ne sera plus AC/DC, y aura Black Sabbath ou Led Zep pour assurer le coup.

   Je les regarde mes potes :

   Chris, mon petit frère, les genoux esquintés par sa dernière gamelle à vélo, imite si mal Angus Young qu'on se pissera bientôt dessus, il se dandine et Vlad l'attire vers lui en passant son bras autour de son cou. Vlad, c'est mon meilleur pote. Il a déjà ouvert la deuxième bière. Il se marre, n'arrête pas de triturer sa boucle d'oreille. Julie l'a percée à l'épingle de nourrice." [p. 9 - 10]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 [thriller - policier pour cette session].

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18:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

22/06/2016

Le menteur, Nora Roberts

Présentation. Shelby Foxworth a d'abord perdu son mari, porté disparu en mer, puis ses illusions. Car celui qui l'a séduite alors qu'elle était chanteuse dans les bars du Tennessee pour lui offrir une vie dorée dans la banlieue de Philadelphie était un menteur. Infidèle et faux comme le diamant qu'il lui a passé au doigt, il la laisse criblée de dettes. Et quand elle ouvre son coffre-fort, c'est pour y trouver des papiers d'identité multiples, de l'argent liquide et une arme. L'homme qu'elle aimait n'est pas seulement mort : il n'a jamais existé.

Se réfugiant avec sa fille de trois ans dans sa ville natale, Shelby se reconstruit peu à peu et redécouvre timidement l'amour. Mais peut-on vraiment échapper à son passé ?

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Mon avis. Jusqu'à présent, j'avais toujours passé un agréable moment lors de la lecture d'un roman de Nora Roberts ; il en est allé différemment cette fois...

Shelby est veuve depuis peu et découvre, horrifiée, que son mari Richard n'avait de "richard" que l'apparence ; pire, il ne lui a laissé que des dettes énormes et de nombreux points d'interrogation. Heureusement, sa fille Callie va lui insuffler le courage nécessaire pour (tenter de) "repartir à zéro". Pour ce faire, la jeune femme retourne vivre auprès de sa famille, qu'elle avait délaissée depuis quelques années à cause de son mari.

Ce n'est pas tant le côté prévisible de l'histoire qui m'a dérangée - la lectrice sait pertinemment à quoi s'attendre en se plongeant dans ce type de récit  -, mais l'absence d'émotion. Et même si la lecture a été rapide, je n'ai jamais "frissonné" avec Shelby, ni de peur, ni de plaisir, ni de quelque manière que ce soit. Ce(tte absence de) sentiment a été accentué par les dialogues qui sonnent particulièrement faux.

Côté personnages, je retiendrai malgré tout Viola, la savoureuse grand-mère de la jeune femme.

Un coup dans l'eau donc pour moi...

Traduction : Joëlle Touati.

Titre VO (2015) : The liar.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges  "de la Licorne 2" (thriller - policier pour cette session) et "Comme à l'école" (personnage féminin pour le mode 2).

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19:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

20/06/2016

La brigade de l'ombre, 1 : La prochaine fois (,) ce sera toi, Vincent Villeminot

Présentation. Fleur vérifia sur son téléphone : son père ne lui avait laissé aucun message. C'était curieux, ces trois appels successifs. Pourtant, elle décida de faire la morte.

La morte... Une étrange façon de parler, à bien y réfléchir. Et glaçante, quand on l'associait aux coups de fil du commissaire Markowicz. Son père. Pour qui le pire était toujours sûr.

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Mon avis. C'est avec ce titre, susceptible de plaire, me semble-t-il, aux élèves du deuxième degré - et d'être adapté à l'écran -, que je découvre Vincent Villeminot.

Focus sur une Brigade "quelque peu (!) particulière", à savoir le commissaire Markowicz, géant taciturne, féru de littérature, alcoolique à ses (nombreuses) heures, à la jambe raide depuis l'Accident ; le commandant Bosco, alias Gimli, minuscule, "à la peau d'un noir presque violet", dont l'organisation, la réflexion et l'anticipation sont inversement proportionnelles à la taille ; le lieutenant Toussaint Fermeture, Jimi Hendrix de la bande, fumette comprise, champion toutes catégories lorsqu'il est question d'atteindre son but par des moyens (très) éloignés de la légalité ; les Parques, un trio féminin aux personnalités "variées".

S'est dernièrement ajoutée Joubert, immédiatement baptisée Diane de Moitié par Jimi. C'est par l'intermédiaire de cette nouvelle recrue que le lecteur découvre les membres de ce groupe bizarroïde, à première vue hétéroclite : le genre de personnes qui, comme on dirait par chez nous, "n'ont pas toutes leurs frites dans le même sachet".

La Brigade s'arroge le droit d'enquêter sur le meurtre, particulièrement horrible d'une jeune fille ; or, "hier midi, dans la cour intérieure, devant le cadavre de la jeune fille éventrée et démembrée, il [Marcowicz] avait entendu la chanson de l'ennemi, et celle de sa famille. Elles s'entremêlaient. Cela signifiait que quelqu'un en voulait à la famille - sa brigade, en l'occurrence, puisqu'il n'avait de facto plus de famille." [p. 46]

Même si les personnages sont (délicieusement) caricaturaux - la fille cadette du commissaire, Adé(laïde), est "un poème" - et même si l'humour est parfois (délicieusement aussi) de mauvais goût, j'ai apprécié cette lecture qui allie investigations et fantastique ; j'ai en outre beaucoup aimé la fin de ce premier opus qui appelle le suivant...

Merci à Livraddict et aux éditions Casterman pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (26) ; "de la Licorne 2" (thriller-policier pour cette session) ; "Littérature de l'imaginaire" (19) et "Un genre par mois" (jeunesse pour juin).

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16:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |