22/05/2016

Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie 1, Diana Gabaldon.

Présentation. Juillet 1776. Les treize colonies sécessionnistes ont signé leur déclaration d'indépendance, mais la guerre contre l'Empire britannique continue. Au lieu de s'engager dans l'armée de George Washington, Jamie Fraser décide de regagner l’Écosse afin de retrouver sa presse d'imprimerie. Pendant ce temps, William, fils adoptif de lord John Grey, débarque dans les colonies avec les armées envoyées par Sa Majesté pour écraser l'insurrection. [...]

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Mon avis. Me revoici sur les routes du passé en compagnie de Claire et Jamie, mes amis de papier...

J'ai à nouveau passé un bon moment en compagnie des Fraser. Le récit alterne les passages relatifs à Claire, Jamie et Ian alors que "la Grande Maison" est désormais partie en fumée, contraignant les membres du "clan élargi" de Jamie à s'entasser dans la cabane de Brianna et Roger.

Ces derniers sont, quant à eux, retournés avec leurs enfants au XXè siècle, à Lallybroch précisément, et "correspondent" en quelque sorte avec leurs parents : Claire et Jamie écrivent un maximum de lettres, espérant que certaines parviendront, dans le futur, à leurs enfants.

Enfin, le roman se centre également, par moment, sur William Grey - fils adoptif de Lord John Grey -, loyaliste convaincu en cette période de révolution.  Le lecteur voyage ainsi "allègrement" d'une époque à l'autre.

J'ai eu un peu de mal avec les péripéties du début du récit relatives à William Grey mais son personnage évolue par la suite, s'étoffe, laissant par-devers lui le jeune homme "gâté pourri" des débuts.

J'ai particulièrement apprécié, cette fois, les parties qui relatent des pans de la vie de Brianna et Roger à Lallybroch, ainsi que, vers la fin, la focalisation sur Ian.

Un grand merci à J'ai Lu pour ce partenariat ; je poursuivrai bien volontiers ma découverte d'Outlander...

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO : An echo in the bone (2009).

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (Historique en mai).

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18:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/05/2016

Miss Dumplin, Julie Murphy

Présentation. Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l'aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles.

Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit... s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. [...]

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Mon avis. Une agréable lecture...

C'est typiquement le type de récit qui "me parle" parce que, je dois bien le dire : je n'ai jamais été mince ["mince", késako ?] ; tant que j'y suis, j'irai même jusqu'à avouer que le surnom que me donnait une de mes tantes - bien affectueusement, je le précise - c'était "Bouboulina". Bref, les kilos et moi, ce fut toujours une histoire "d'amour".

Je me suis (donc) souvent reconnue dans le personnage de Willowdean : tant dans le regard qu'elle porte sur elle-même, que son propre regard sur les autres, ou encore celui des autres à son encontre.

Pourtant, de la personnalité, Will en a à revendre et elle se sentirait bien avec elle-même si seulement ceux qu'elle côtoie - compagnons de classe, inconnus, sa propre mère - ne lui renvoyaient pas constamment à la figure son image de "G.R.O.S.S.E." Seule Ellen, sa véritable - et unique - amie, ne la "réduit pas" à son poids.

Or, un "bo" jour, Bo, un étudiant qui travaille, tout comme elle, au Harpy's Burgers et Dogs, semble s'intéresser à elle, et apparemment pas dans le but de rire à ses dépens, comme cela arrive (trop) souvent.

  "Une vague de chaleur parcourt mon corps jusqu'à empourprer mes joues, et je passe les doigts le long de ma mâchoire tandis que mes pieds s'enfoncent dans le ciment comme dans des sables mouvants.

   Si vous voulez tout savoir, j'ai un affreux béguin pour Bo depuis notre première rencontre. Ses cheveux bruns décoiffés forment un désordre parfait au sommet de son crâne. Et il a l'air ridicule dans son uniforme rouge et blanc ; on dirait un ours en tutu. Ses manches en polyester hyper tendues menacent de craquer sur ses bras. Je crois que ses biceps et mes hanches ont beaucoup de choses en commun - hormis la capacité de soulever de la fonte. Le débardeur qu'il porte sous sa chemise laisse entrevoir une fine chaîne en argent et, grâce à son approvisionnement illimité en sucettes bourrées de colorants artificiels, il a les lèvres toutes rouges.

   Il tend ses bras vers moi comme s'il voulait me serrer contre lui. Je prends une grande inspiration, et la relâche lorsqu'il se contente de tirer la porte de livraison." [p. 15 - 16]

 

Cet intérêt (sincère ?) pour sa personne déconcerte profondément "Willowdean. Caissière. Fan de Dolly Parton, et la grosse de l'équipe." [p. 16]. Une Will qui manie l'ironie comme personne : ne dit-on pas que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ? Une Will qui fond (!) quand le jeune homme prononce son prénom. Une Will dont la carapace commence à se fissurer. Jamais, elle ne s'est sentie autant en danger.

  "Cette relation entre nous, c'est comme un grand huit. Les freins ne fonctionnent plus, et les rails sont en feu, mais je n'arrive pas à descendre." [p. 80]

 

Les liens qui se (dé)nouent entre Willowdean et Bo ne constituent pas le seul sujet du récit. Il y est aussi question du plus vieux concours de beauté du Texas organisé par la propre mère - mince et ancienne lauréate - de la jeune fille, celui de Miss Lupin Junior : il verra, pour la première fois, se présenter des candidates "différentes" ; la souffrance liée au deuil y est également présente : Lucy, la tante - et maman (obèse) de substitution - de Will est décédée récemment et lui manque terriblement ; l'amitié - et ses heurts douloureux - tient en outre une très grande place dans l'histoire ; enfin, Dolly Parton, personnage à part entière, imprègne le récit...


Traduction : Isabelle Troin.

Titre VO (2015) : Dumplin'.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce roman - à la couverture veloutée - entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (22).

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19:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

14/05/2016

Lecture commune : Battle Royale, de Koushun Takami

battle.jpgJe vous propose une lecture commune de Battle Royale de Koushun Takami.

"Dans un futur proche, un empire asiatique indéterminé aux tendances fascinantes a mis en application le programme "Battle Royale" pour servir d'exemple à la population - et tout particulièrement à sa frange la plus jeune.

Ce programme consiste à tirer au sort chaque année une classe de collégiens et à les emmener de force sur une île isolée du monde où, au terme de combats acharnés, un seul d'entre eux pourra rester en vie - dans le cas contraire, tous périront. Une course contre la mort s'engage donc, durant laquelle chaque élève devra faire face à ses amis d'hier, et accepter sa nature profonde."

Les billets seront mis en ligne entre le 15 et le 31 août 2016, cela nous laisse ainsi un peu de temps.

Qui me suit ?

21:30 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/05/2016

Concours Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie 1, Diana Gabaldon.

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Les éditions J'ai Lu me donnent l'opportunité de vous faire gagner le tome 7, partie 1, de la saga Outlander, de Diana Gabaldon. Il a pour titre L'écho des cœurs lointains.

Modalités de participation : envoyez un courriel à l'adresse renseignée sur la colonne de gauche du blog en précisant quel personnage de la saga, autre que Claire ou Jamie, vous préférez et pourquoi. N'oubliez pas d'indiquer vos coordonnées pour l'envoi du livre.

Le prénom du gagnant sera indiqué ci-dessous, après tirage au sort effectué le 16 mai 2016 dans l'après-midi ; le concours est ouvert aux Belges et aux Français jusqu'au 16 mai, 12h.

À vos claviers.

NB : le livre sera envoyé par mes soins ; je ne suis pas responsable des "éventuels égarements" de la Poste.

 

Gagnante : Amandine B.

09:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/05/2016

Louis le Galoup, 3 : Le Maître des Tours de Merle, de Jean-Luc Marcastel, illustrations de Jean-Mathias Xavier

Présentation : Les mâchoires du piège ont claqué à vide.

Louis et ses compagnons, avec l'aide de leurs nouveaux alliés, ont échappé de peu à Malemort et au Siblaire, les noirs barons du Vicomte de Marsac.

Mais on ne peut fuir indéfiniment. Il est temps pour Louis, s'il veut sauver ses amis et le royaume, de découvrir les secrets de ses origines, d'accepter sa double nature et de dompter sa bête intérieure.

Pour cela, il doit quitter Séverin et la Roussotte et se rendre, seul, dans une vallée sauvage où, austères et revêches, se dressent les ruines des Tours de Merle.

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Mon avis. J'ai réellement pris grand plaisir à retrouver l'univers des galoups - blancs ou noirs - ainsi que la langue colorée de Jean-Luc Marcastel et les superbes illustrations de Jean-Mathias Xavier.

Louis fait contre mauvaise fortune "meilleur cœur possible" : il n'a d'autre choix que de laisser - temporairement l'espère-t-il, sauf s'il passe de vie à trépas lors de cette dangereuse expédition - derrière lui Maistre Lebreton, dame Saniya, Séverin et la Roussotte. Direction les Tours de Merle, là où règne Maistre (galoup) Lionel de Roquevieille :

  "Les Tours de Merle sont tanière de galoup, jeune fille. Les lieux sont sauvages... C'est là villégiature pour un certain type de personne dont nous ne sommes pas. Louis, seul, y sera plus à l'aise. Nous ne ferions que le gêner." Il coula un regard vers le jeune homme, qui s'efforçait de se faire écorce pour mieux se confondre avec l'arbre. "Ce qu'il a à apprendre, il doit l'apprendre sans nous." [p. 14]

 

Et de découvertes, il en sera question pour Louis, à condition toutefois de réussir l'exploit de ne pas se faire occire d'emblée par le maître des lieux inhospitalier(s) - tant le maître que les lieux -. Cela risque de n'être guère chose aisée.

Ce tome m'a paru moins "jeunesse" que les précédents, peut-être en raison de la noirceur qui s'en dégage et des révélations fournies à Louis par Lionel de Roquevieille, personnage que j'ai beaucoup apprécié. J'ai aimé que soit soulevé un coin du voile (ténébreux) qui recouvre Malemort et j'attends de retrouver, pour la suite, la Dame de Rocamadour, ainsi que Matthieu, le jeune galoup noiraud. En revanche, le Siblaire et Marsac me font froid dans le dos.

J'ai de nouveau savouré les (jolies) tournures de phrase et le vocabulaire employés par le messire Marcastel même s'il m'est arrivé de trouver "longuettes" certaines descriptions. Je lirai bien évidemment la suite : le tome 4 se nomme La cité de pierre.

  "Avec une étrange tendresse, bourrue et triste tout à la fois, il chuchota aux ombres :

   "Tu lui ressembles tellement, mon pauvre garçon."

   Sans un mot de plus, il entraîna le jeune homme rompu par les couloirs de sa demeure.

   Il y faisait noir comme dans peu de fours. Aucune torche ne crachotait sa colère résineuse aux murs. L'obscurité, ici, était brutale, féroce, compacte. Pourtant, le seigneur des Tours traversa son logis sans une hésitation.

   Ses yeux, luisants comme seuls savent l'être ceux des bêtes chasseresses, perçaient le masque de la nuit sans coup férir.

   Quant  à ses pas, c'est à peine si un mulot les aurait entendus." [p. 61]

 

Ce tome s'achève avec un abondant dossier magnifiquement illustré intitulé Petit précis des terres d'oc à l'usage du voyageur ; il propose de nombreuses informations relatives aux personnages, aux lieux et Au réconfort du ventre.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (21), "de la Licorne" (session 4), "Comme à l'école" (animal sur la couverture) et "Littérature de l'imaginaire" (16).

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15:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/05/2016

Konshoku Melancholic, Ringo Yuki

Présentation. Souffrant d'un complexe d'infériorité, Miyashita est un lycéen passionné par la peinture qui passe ses journées isolé dans la salle d’art pour y peindre. Intrigué par ce dernier, Nishimura, un lycéen au caractère enjoué, décide de pénétrer dans son antre pour apprendre à le connaître et l’aider à s’ouvrir au monde, petit à petit.

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Mon avis. Je vais me permettre de le préciser d'emblée : ce manga est pour moi clairement une déception...

Il est classé dans la catégorie "Yaoi", ce qui correspond à des œuvres de fiction centrées sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre personnages de sexe masculin. Autant j'avais apprécié Deadlock, de Saki Aida & Yuh Takashina, lui aussi "Yaoi", autant celui-ci ne m'a pas plu, tant pour le graphisme que pour le propos.

J'ai en effet trouvé le dessin très "uniforme", dans le sens où j'ai eu l'impression qu'un seul visage - au menton exagérément pointu - avait servi de "modèle" pour tous ; en outre, ils m'ont parfois paru mal proportionnés.

Côté histoires - au pluriel car plusieurs sont présentées -, elles ne font qu'esquisser l'une ou l'autre facette des relations homosexuelles en train de se nouer ; en outre, les dialogues et réflexions "off" sont terriblement superficiels...

Celles que j'ai préférées sont Couleur mélancolie et Couleur sentiment, les récits qui ouvrent le recueil ; j'aurais bien davantage apprécié, me semble-t-il, ce manga s'il avait relaté, durant l'ensemble, uniquement les liens qui se tissent entre Miyashita et Nishimura, les héros de Couleur mélancolie et Couleur sentiment.

Autre bémol : une erreur dans le texte de présentation de la couverture ; il y est ainsi question de "Miyashita, un lycée - au lieu d'un lycéen - introverti et timide"...

Traduction : Nicolas Pujol.

 

Merci aux éditions Taifu Comics et à Livraddict pour ce partenariat.

20:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/05/2016

La Guitare magique de Frankie Presto, Mitch Albom

Présentation. Frankie Presto, né dans une église en feu et vite devenu orphelin, est élevé dans une petite ville d’Espagne par son professeur de musique aveugle. Puis la guerre bouleverse sa jeune vie... À neuf ans, il embarque sur un bateau pour l’Amérique, accompagné de ses seuls biens : un chien sans poils, une vieille guitare et six cordes dont il ignore encore la mystérieuse puissance.
Au cours de son irrésistible ascension comme le plus grand musicien de son temps, il découvre petit à petit l’immense pouvoir que lui confèrent ses six cordes de guitare magiques. Mais ce don sera aussi son fardeau…
Frankie réussira-t-il à trouver sa propre voie, et à retrouver Aurora, l’unique femme qui avait su toucher son cœur ?

Un roman foisonnant et plein de charme qui donne envie de fredonner sa chanson préférée !

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Mon avis. Une agréable lecture musicale...

Ce récit commence alors que des gens arrivent des quatre coins du monde dans la petite ville espagnole de Villarreal ; tous se rassemblent afin de rendre un dernier hommage à Francisco de Asís Pascual Presto, plus connu sous le nom de Frankie Presto. La narratrice qui nous conte l'histoire de ce guitariste-auteur-compositeur-interprète hors pair est particulièrement originale.

Comme le titre le laisse présager, la Musique - avec une majuscule - est omniprésente dans ce roman et donne d'emblée le ton : de la première à la dernière page, la partition se déroule en autant de notes, tantôt tristes, tantôt gaies, tantôt encore tendres ou douces-amères...

C'est lors des funérailles de Frankie Presto que commence le livre qui plonge dans le passé, lors de la naissance de celui qui deviendra un prodigieux guitariste, au talent inégalé, tissé par les mailles souvent douloureuses du Destin. Le récit est régulièrement ponctué d'interventions de grands noms liés d'une manière ou d'une autre à l'univers musical et qui ont croisé Frankie, à un moment de son existence, riche de rencontres, voyages, talent et amour. Celui d'El Maestro. Celui d'Aurora.

  "Tu m'appelleras El Maestro." [p. 60]

 

  "- Ne pleure pas si tu saignes pour quelque chose que tu aimes." [p. 70]

 

  "- Ça veut dire quelque chose, Aurora ?

   - Ça veut dire l'aurore." [...]

   Frankie ferma les yeux.

   "Aurora", dit-il comme s'il s'entraînait, "Au-ro-ra." [p. 99]

 

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces chroniques musicales du XXè siècle à travers lesquelles la fiction se mêle habilement à la réalité. Ou inversement.

 

Traduction : Michelle Cremnitz.

Titre VO : The magic strings of Frankie Presto (2015).

 

Merci aux éditions Kero pour cette très belle découverte.

18:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

01/05/2016

Harry Potter à l'école des sorciers, J. K. Rowling ; illustrations de Jim Kay

Présentation. Le jour de ses onze ans, la vie de Harry Potter est bouleversée à jamais quand Rubeus Hagrid, un géant aux yeux brillants comme des scarabées, lui apporte une lettre ainsi que d'incroyables nouvelles. Harry Potter n'est pas un garçon comme les autres : c'est un sorcier. Et une aventure extraordinaire est sur le point de commencer.

Cette toute première édition illustrée du roman de J. K. Rowling regorge de superbes images en couleurs réalisées par Jim Kay, lauréat de la Greenaway Medal. Ce livre est un régal absolu, tant pour les fans de la première heure que pour les nouveaux lecteurs.

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Mon avis. Je n'avais jusqu'à présent jamais eu envie de lire les aventures du jeune sorcier, ni même de regarder les films. Or, voici quelques mois, j'ai eu l'occasion d'assister au spectacle Potter Mania. L'idée de me lancer dans le premier tome a alors fait son chemin ; je n'ai plus hésité lorsque la version illustrée par Jim Kay a été publiée. Le Père Noël en a entendu parler et l'a déposée au pied du sapin (merci, Arnaud).

Verdict ? J'ai vraiment passé un très bon moment à la découverte de cet univers foisonnant dont je ne connaissais que quelques bribes glanées çà et là.

L'objet est SUPERBE : grand format qui met en valeur les magnifiques illustrations colorées de Jim Kay, au service du texte. Le titre qui orne la (douce) jaquette veloutée est en relief.

Je me contenterai de quelques réflexions, pêle-mêle : ce premier volume est "très jeunesse" et je peux tout à fait comprendre qu'il ait ouvert les portes de la lecture à bon nombre d'enfants/adolescents ; j'ai retrouvé dans ce tome des scènes et traits de caractère découverts dans le spectacle - le côté "peste" d'Hermione par exemple -; j'ai fait plus ample connaissance avec de célèbres protagonistes : ceux qui ont davantage attiré mon attention sont Ron, Hagrid, Rogue et Voldemort ; j'ai lu quelques mots relatifs aux dragées surprises de Bertie Crochue que mes élèves ont absolument voulu me faire goûter voici peu - dois-je préciser que j'étais tombée sur un "truc dégueu" dont je m'étais illico débarrassée dans la poubelle ? -.

Je lirai la suite petit à petit : je pense attendre la parution du deuxième tome en version illustrée pour poursuivre mon exploration de ce désormais classique. J'ai même envie de tenter le film...

Traduction :Jean-François Ménard.

Titre VO : Harry Potter and the Philosopher's Stone (1997).

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (20), de la licorne (session 4) et "Littérature de l'imaginaire"  (15).

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18:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/04/2016

Surtensions, Olivier Norek

Présentation. Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

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Mon avis. J'ai enfin découvert Olivier Norek et j'en suis ravie...

J'ai tellement entendu parler de cet auteur que j'avais envie de le lire et tant pis si j'ai "fait les choses à l'envers" puisque j'ai lu la troisième enquête de Victor Coste avant les précédentes. Et j'ai été d'emblée happée par ce roman diablement efficace.

Le récit donne le ton dès le prologue : des mots qui demeurent présents en permanence à l'arrière-plan, comme une esquisse d'idée logée à la frange de la conscience, mais que j'aurais préféré ne pas avoir lue, histoire que les événements empruntent une voie autre que celle-là.

J'ai plongé ensuite quelques mois auparavant, au Centre pénitentiaire de Marveil, au moment où les pièces (humaines) du puzzle prennent place, chacune à l'endroit précis où elle jouera le rôle qui lui est "judicieusement attribué", quoi qu'il risque d'en coûter aux autres.

J'ai apprécié les membres de l'équipe de Coste, et Coste lui-même, ainsi que les relations qu'ils entretiennent ; j'ai pris plaisir à découvrir cet immense échiquier où les déplacements des uns engendrent des conséquences (in)imaginables ; j'ai aimé en outre l'absence de complaisance.

Échec et mat.

  "Il s'assit à côté de lui et s'adossa contre le mur. Johanna et l'équipe qui l'accompagnait allaient arriver dans deux minutes à peu près. Sans se concerter, les trois flics décidèrent de passer ce temps sans rien faire, à juste rester là, ensemble. Ronan sur son plot de départ, Coste dans la piscine et Sam assis sur le rebord, les jambes dans le vide d'un bassin abandonné." [p. 134]

 

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat ; je lirai bien volontiers les précédents.

16:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19/04/2016

Everything, everything, Nicola Yoon

Présentation. Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de "maladie de l'enfant-bulle". En gros, je suis allergique au monde. Je viens d'avoir dix-huit ans, et je n'ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l'observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

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Mon avis. Un très beau texte qu'il est difficile de lâcher une fois commencé...

C'est l'histoire de Madeline, une jeune fille de dix-sept ans qui ne connaît de l'existence que l'espace de sa maison, celle dont elle est captive. Définitivement. Irrémédiablement. Car Madeline souffre d'une forme de DICS : Déficit Immunitaire Combiné Sévère.

  "Dans ma chambre blanche, le long de mes murs blancs, sur mes étagères d'un blanc immaculé, mes livres apportent la seule touche de couleur. Ce sont toujours des éditions en grand format flambant neuves - pas de poches d'occasion pleins de germes chez moi ! Elles m'arrivent du Dehors décontaminées, emballées sous vide dans une couverture de plastique." [p. 7]

 

Le temps s'écoule (lentement) entre ses cours d'architecture en ligne, la lecture et, selon les jours, les soirées film/Pictionary Juré-Craché/Scrabble phonétique. Aucun contact humain, hormis avec sa maman, médecin, et son infirmière attitrée, la pétillante Clara. Très rarement, le professeur Waterman vient lui rendre visite, après un passage obligé par le "sas de décontamination". Une vie (?) aseptisée à laquelle la jeune fille a fini par s'habituer, question de vie ou de mort. Jusqu'à ce que...

... jusqu'à ce qu'une nouvelle famille emménage dans la maison d'en face : les parents et leurs deux enfants, à savoir la fille, Kara, et le fils, Olly. Surtout Olly.

  "Puis je le vois, lui. Il est grand, mince, tout de noir vêtu : T-shirt noir, jean noir, baskets noires et bonnet de laine noire qui couvre complètement ses cheveux. Il a la peau blanche, avec un léger hâle couleur de miel, et des traits anguleux. Il saute de son perchoir derrière le camion, et il glisse dans l'allée avec tant de légèreté que les lois de la gravité ne semblent pas s'appliquer à lui de la même manière qu'aux autres. Il s'arrête, penche la tête sur le côté et considère sa nouvelle maison comme si c'était une énigme. [...]

   Il regarde vers moi. Nos yeux se croisent. Je me demande vaguement ce qu'il voit à cette fenêtre - une fille bizarre, tout en blanc, avec des yeux écarquillés ? Il me sourit, et son visage n'a plus la moindre trace d'austérité, de dureté. J'essaie de lui sourire aussi, mais je suis si troublée que je n'arrive qu'à froncer les sourcils." [p. 28 - 29]

 

Madeline sait qu'il est inutile d'entrer en contact, ne serait-ce que virtuellement, avec Olly puisque jamais ils ne pourront se rencontrer "pour de vrai". Voilà pour la théorie.

J'ai adoré ce roman qui m'a entraînée hors des sentiers battus ; j'ai aimé l'humour (pince-sans-rire) de Maddy, se débattant entre lucidité et (dés)espoir ; j'ai "palpité" lorsque les liens entre les jeunes gens se font plus intenses ; j'ai été heurtée lorsque les mots ont révélé l'impensable : une esquisse de cette idée m'avait subrepticement effleurée mais je l'avais d'emblée balayée, avant même qu'elle ne soit formulée...

  "Il est le plus grand risque que j'aie jamais pris." [p. 83]

  "Pour la première fois depuis longtemps, j'ai envie de plus que ce que j'ai." [p. 96]

  "Ce dont je suis certaine, c'est que vouloir quelque chose me fait vouloir davantage. Le désir est sans fin." [p. 98]

 

Traduction : Eric Chevreau.

Titre VO : Everything, everything.

Illustrations : David Yoon.

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (19).

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17:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/04/2016

Profession du père, Sorj Chalandon

Présentation. "Mon père disait qu'il avait été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet."

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Mon avis. Le ventre noué...

De Sorj Chalandon, je n'avais lu jusqu'à présent que Le quatrième mur, que j'ai beaucoup apprécié.

Ce récit est présenté comme (largement) autobiographique et c'est en cela qu'il est extrêmement bouleversant et remue le lecteur. Profondément. Douloureusement.

Émile raconte son histoire, raconte ses parents, ce "couple" rogné, "bouffé", "vampirisé" par celui que l'on nomme mari et père. Une appellation. Sans plus. Avec tellement plus.

Émile raconte les multiples professions, toutes plus "épatantes" les unes que les autres, de ce père, André Choulans, toujours présent dans l'appartement quand l'enfant se rend à l'école et en revient.

Émile raconte l'isolement de cette "cellule familiale" qui ne reçoit jamais personne. Qui ne rend visite à personne.

Émile raconte les sorties savamment orchestrées par le paternel, au cours desquelles ils "jouent" à l'espion, le petit obéissant au grand, dans le "culte de l'OAS".

Émile raconte les colères de Choulans se terminant (presque) inévitablement par les coups.

Émile raconte les réveils en pleine nuit ; il est alors contraint de se déshabiller et, grelottant, de "faire de l'exercice physique" sous la houlette du paternel.

Émile raconte le glissement des mules de cuir et les raclements de gorge, l'imperméable, le chapeau mou, les lunettes noires et le talkie-walkie.

Émile raconte le fantôme maternel et son épouvante face au mari : "Tu connais ton père."

Émile raconte la manipulation exercée par un esprit malade et retors.

Émile raconte ce qu'il a accompli pour plaire à son père.

 

  "Je ne pleurais pas. Je tremblais. Je gémissais, j'ouvrais et fermais les yeux très vite comme lorsqu'on va mourir, mais je ne pleurais pas. Je pleurais avant les coups, à cause de la frayeur. Après les coups, à cause de la douleur. Mais jamais pendant. Lorsque mon père me frappait, je fixais un point dans la chambre, le pied de mon lit, mon carnet déchiré, un livre jeté sur le sol, ses mules de cuir. Je pensais à tout ce qui finirait bien par disparaître. Parce qu'ils s'arrêtent, les coups. Toujours, ils s'arrêtaient. Lorsque mon père avait mal aux mains, que ma mère criait fort, que je ne bougeais plus." [p. 87]

 

Lorsque j'ai eu terminé le livre, j'ai repensé au "pacte autobiographique" évoqué par Philippe Lejeune, selon lequel les auteurs d'autobiographies nouent une espèce de pacte avec le lecteur qui consiste à raconter "la vérité". Je me suis dit que j'aimerais tellement que ce n'ait pas été le cas ici.

 

Ce livre entre dans le challenge "Un mot, des titres"  (mot "père" pour cette 39e session).

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15:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

14/04/2016

L'élite, 3 : Dernière épreuve, Joelle Charbonneau

Présentation. Cia a découvert les secrets du Test.

Aujourd'hui, elle veut y mettre fin.

Mais elle ne peut le faire seule.

En qui peut-elle vraiment avoir confiance ?

Pour le savoir, elle n'a qu'une solution : mettre au point son propre test et y soumettre son entourage.

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Mon avis. J'ai toujours une petite appréhension lorsque je lis le dernier tome d'une série que j'ai appréciée : et s'il n'était pas à la hauteur des précédents ?  Verdict ? Nulle déception, bien au contraire...

Nous retrouvons d'emblée (Valen)Cia en compagnie de Raffe, l'étudiant qui lui est venu en aide dans l'épisode précédent. Le "souci", c'est que l'adolescente ne sait pas si elle peut lui faire confiance. Une bonne partie du récit tourne d'ailleurs autour de la confiance à accorder, ou pas, et à qui. La seule personne qui, selon elle, en est digne, c'est Thomas ; or, elle le voit très/trop peu puisqu'ils ne suivent pas le même cursus universitaire...

Ce dernier opus est très centré sur le questionnement auquel est soumise/se soumet Cia : il est bien évidemment hors de question pour elle de "rentrer dans le moule", d'autant qu'elle a risqué sa vie durant les épreuves précédentes et que certains de ses camarades/amis y ont perdu la leur. Elle a grandi trop vite et même si elle ne peut être certaine du crédit à accorder à qui/quoi que ce soit, elle est bien décidée à rester fidèle à ses convictions : il est grand temps que les dirigeants revoient les règles de ce "jeu" ignoble.

Indépendamment de la réflexion sur la société, j'ai beaucoup aimé le fait que la jeune fille se retrouve en permanence sur le qui-vive, ne sachant si l'ami d'hier le restera ou deviendra un ennemi. Le lecteur l'accompagne dans cette hésitation perpétuelle...

  "Les visages de Zandri, Malachi, Ryme, Obidiah et Michal défilent devant mes yeux. Tous sont venus à la capitale pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Tous sont morts. Je dois éviter le même sort à mon frère. J'espère de tout mon cœur qu'il n'est pas trop tard." [p. 22]

"Mais je n'accomplirai rien seule. Ce serait impossible. Mon père m'a recommandé de ne faire confiance à personne. J'ai brisé cette promesse à plusieurs reprises, souvent à mon détriment. Je vais peut-être devoir recommencer." [p. 55]

Traduction : Amélie Sarn.

Titre VO : The Testing, 3 : Graduation Day (2014).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (18), "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (14).

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20:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/04/2016

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan

Présentation. États-Unis, années 1940. Glory, enceinte et déjà mère d'un petit garçon, souffre de l'absence de son mari, parti au front, de l'autre côté de l'Atlantique. À des centaines de kilomètres d'elle, Rita, femme et mère de soldat également, n'a pour compagnie que la fiancée de son fils.
Une lettre, envoyée comme une bouteille à la mer, va les réunir. Entre inconnues, on peut tout se dire. Les angoisses, l'attente des êtres aimés, mais aussi les histoires de voisinage, les secrets plus intimes et les recettes de cuisine. Les petites joies qui font que, dans les temps les plus difficiles, le bonheur trouve son chemin. 

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Mon avis. Une lecture très agréable : merci, Aurélie...

J'ai beaucoup apprécié ce récit épistolaire qui relate la correspondance entretenue de 1943 à 1946 entre deux Américaines directement touchées par la guerre.

Gloria, alias Glory, a vingt-trois ans et vit à Rockport (Massachusetts) avec son fils de deux ans, Robbie Jr ; elle est enceinte de sept mois et son mari, Robert, est au front.

Marguerite, alias Rita, a quant à elle une quarantaine d'années et vit à Iowa City ; son mari Sal et son fils Toby sont eux aussi au front.

La correspondance commence alors que Glory a décidé, à l'initiative du Club des femmes de Rockport, "d'écrire à une parfaite inconnue qui n'aura peut-être ni le temps ni l'envie de lui répondre" [p. 9]. Le hasard lui a fait tirer au sort "Sorcière aux mains vertes" : elle envoie ainsi sa première lettre à Rita. Celle-ci lui répond et s'ensuit un échange de courrier qui durera trois ans. Trois longues années placées sous le sceau du conflit mondial, chacune attendant que la paix se profile à l'horizon et que le(s) soldat(s) réintègre(nt) le domicile.

Par petites touches, Glory et Rita se confient l'une à l'autre : les relations (parfois tendues) avec les voisins ; les amitiés (parfois amoureuses) nouées ; l(e)'(dés)espoir dans l'attente du retour de l'être aimé ; les recettes de cuisine et les expériences (de vie) échangées ; les conseils de jardinage prodigués par Rita à Glory ; les petites et grandes souffrances qui constituent le quotidien de chacune.

Une histoire d'amitié qui, à certains moments, m'a fait songer à Beignets de tomates vertes, de Fannie Flagg. 

Et un jour, peut-être, la rencontre ? Qui sait ?

 

16 mai 1943

ROCKPORT, MASSACHUSETTS

Chère Rita,

   Deux lettres de vous en une même journée ! Elles sont si douces au creux de ma main. Quelle sensation agréable, au milieu du vide et de la fragilité qui m'entourent. En vérité, je me surprends à guetter vos lettres en retenant mon souffle. Elles sont devenues comme des talismans. [p. 46]

 

Traduction : Nathalie Perrony.

Titre VO : I'll be seeing you (2013).

16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/04/2016

Le noir est ma couleur, 5 : Le piège, Olivier Gay

Présentation. Manon et Alexandre ont atteint le repaire des Mages Noirs auprès desquels la jeune fille espère trouver des réponses à son pouvoir. Un pouvoir toujours plus sombre, toujours plus puissant.

De nouveaux alliés pourraient les aider à percer le secret qui pèse sur elle mais personne n’est à l’abri d’une trahison. Le piège ne va-t-il pas se refermer sur eux ?

Résisteront-ils aux forces qui tentent de les séparer ?

Deux destins liés malgré les apparences…

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Mon avis. La fin d'une (très) belle aventure...

Ce dernier tome commence exactement là où s'était terminé le précédent : Manon a découvert Alexandre en "bonne compagnie", celle de Lise, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est en colère. Très en colère. Quant à Alexandre, il ne comprend pas la situation puisque l'illusion créée par Lise était parfaite. Les Mages Noirs vont donc devoir intervenir... mais ce qu'ils mijotent risque de n'être pas du goût des deux adolescents.

Beaucoup d'action dans ce roman ; dans un premier temps, il s'agit que Manon et Alexandre rétablissent une "certaine forme de dialogue", ce qui n'est pas gagné. Contraints ensuite de fuir à nouveau, avec aux trousses Mages Noirs, Mages Blancs, Police..., ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

En outre, ils ont été forcés d'emmener trois Mages Noirs, et pas des moindres : (LA !) Lise, qui maîtrise de manière exceptionnelle (!) le Violet ; Théo, champion de l'Orange - et l'Orange, ça chauffe ! -, avec "une lueur de folie qui couve dans son œil, de violence primale, de haine pour l'humanité entière y compris lui-même" [p. 33] ; Arthur, comme un poisson dans l'eau (!) avec l'Indigo. Au milieu du jeu de quilles couleurs, Alexandre, fidèle à lui-même - et à Manon -: touchant et plein d'humour, parfois caustique.

  "- Je me lance à leur poursuite, moi aussi. Je n'ai pas l'aide du Rouge mais je suis Alexandre, le grand, le beau, le fort - le rapide.

   Mon souffle s'emballe, et je continue à accélérer. Aller jusqu'à mes limites. Plus loin que mes limites ! D'après Jordan, Manon m'a transmis un peu de Rouge par capilli... capilla... par transfert. Autant que ça soit utile." [p. 54]

 

J'ai pris grand plaisir à retrouver Manon et Alexandre - surtout Alexandre ! -, même si  j'étais en même temps désolée de me dire que c'était la dernière fois. Les personnages qui gravitent autour du couple sont eux aussi intéressants ; Olivier Gay dit d'ailleurs qu'il ne compte pas abandonner ainsi Lise et Théo. Personnellement, je referais bien (hé, oui) un bout de chemin aussi avec Fabrice.

Que dire de la/les fin(s) ? Le "pré-épilogue" m'a paru un tantinet "facile" ; l'épilogue est assez expéditif, mais l'auteur s'en explique dans la postface - dont les dernières lignes sont magiques (!) - ; l'épilogue d'Alexandre et l'épilogue de Manon sont savoureux.

Cette série est de celles qui (ré)concilieront les jeunes et la lecture, si besoin en est.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (17) ; "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (13).

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12:07 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/04/2016

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Présentation. Milo, 12 ans, est dans le coma après une chute à vélo sur une route de campagne. Tandis que l'enfant se bat pour sa vie, c'est toute sa famille qui vole en éclats. Dans ce ballet des aveux où défilent ses parents, son indéchiffrable grand-mère et sa jeune tante Marguerite, se dessinent peu à peu les mensonges, les rapports de force et les petits arrangements qui cimentent cette famille. L'amour suffit-il pour tout reconstruire ?

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Mon avis. Un beau texte sur les non-dits, qui laisse cependant une aigreur en bouche...

Le soleil brille. Milo, 12 ans, fait la course à vélo avec sa jeune tante Marguerite. Soudain, c'est la chute, suivie du coma.

L'accident aura des conséquences irréversibles sur cette famille où tout n'est qu'apparence : la lézarde apparue sur un des murs (porteurs) s'étend à l'ensemble du bâtiment, se ramifie jusqu'à craqueler, brique après brique, toute la structure, factice s'il en est.

Ce récit dévoile, par couches successives, les secrets profondément (?) enfouis, ceux qui, en réalité, n'attendaient qu'une brèche pour exploser à "la gueule" des protagonistes.

Chaque chapitre porte le prénom de celui qui s'y exprime. D'abord Céleste, la maman de Milo, sorte de "tampon" entre tous : Lino, son mari, et Jeanne, sa mère, cette dernière tolérant à peine son beau-fils ; Marguerite, sa jeune sœur exécrée par leur mère et Jeanne elle-même, la "pisse-vinaigre". Céleste se revoit d'emblée plongée dans "le jour noir" du passé, celui qui a déjà failli les laisser sur le carreau. Ensuite Lino, le papa, qui marche constamment sur des œufs dès qu'il se retrouve face à sa belle-mère, autrement dit presque en permanence. Jeanne, la (belle-)mère dévouée corps et âme à son aînée et pour qui Marguerite est une ex-croissance dont elle aimerait se débarrasser (définitivement). (La superbe) Marguerite enfin, celle qui jamais, au grand jamais, ne trouve "sa place". Nulle part.

La culpabilité est le maître-mot du roman et avec elle, le malaise qui suinte des mots/maux, explicites ou implicites. Chacun se sent coupable, d'une manière ou d'une autre, à des degrés divers. Le temps du pardon est-il arrivé ? Pardonnable ou impardonnable ?

J'ai apprécié l'écriture du récit et la manière dont l'auteure arrive à rendre compte de cette déliquescence ; j'ai aimé particulièrement Milo, le seul dont la parole ne s'exprime pas ouvertement. Et pourtant.

Cependant, je suis quelque peu restée à distance des autres personnages, qui n'ont pas réussi à véritablement m'émouvoir, peut-être en raison de l'énormité et de l'accumulation des événements douloureux...

  "J'ai pensé, il est difficile de composer avec une vie dont on ne détient que des fragments, quand on n'a même pas idée de ce qui nous échappe, quand tout autour de nous n'est constitué que de pièces manquantes dont on ignore les contours." [p. 179]

 

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

21:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/04/2016

Les Prodiges, Jeremy Scott

Présentation.

Ils sont six

Ils sont handicapés

Personne ne croit en eux

Pourtant leurs pouvoirs sont incroyables

Ils sont les Prodiges


DES SUPERHÉROS

COMME VOUS N'EN AVEZ JAMAIS VU !

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Mon avis. Décidément, les chouettes lectures se suivent ; pourvu que cela dure...

Même si les héros sont jeunes, le propos m'a d'emblée tapé dans l’œil puisqu'il y est question de handicap.

C'est Phillip, douze ans, qui raconte l'histoire : celle-ci commence alors que son père l'emmène "faire un tour" en vue dune discussion, celle que Phillip redoute parce qu'il n'a nulle envie de parler de ça avec son père.

  "Je compris que quelque chose couvait dès que papa prononça son premier mot.

   - Fils...

   Ses entretiens avec mon frère ou moi pendant notre enfance pouvaient atteindre trois degrés de sérieux - "sérieux modéré", "sérieux normal" et "supersérieux" -, degré reconnaissable au tout premier mot de sa toute première phrase. S'il attaquait par notre diminutif - Phil pour moi, Pat pour mon frère -, nous étions dans le domaine du "sérieux modéré", donc nullement obligés d'interrompre notre activité ni de tourner la tête vers lui, tant que nous entendions ce qu'il disait et parvenions à le lui répéter.

   Les discours commençant par notre prénom entier, ou bien par notre prénom et notre nom de famille accolés, étaient du type "sérieux normal" : laisse tomber ce que tu es en train de faire, tourne-toi et écoute ; il y a probablement une nouvelle règle que tu devras appliquer une fois l'entretien terminé. Cette variété-là détenait presque toujours un potentiel d'escalade latent, aussi fallait-il s'y engager avec précaution.

   Si la discussion débutait par "fils", alors là, c'était accroche-toi sous peine de mort." [p. 11 - 12]

 

Phillip se fourvoie : son père n'a pas l'intention de lui parler de "sexualité" comme l'adolescent s'y attend ; il veut "juste" évoquer les "superpouvoirs" de son fils ! Habitué à l'humour foireux de son paternel, Phillip attend "la chute" : comment imaginer qu'il dispose d'un quelconque pouvoir, lui qui est aveugle ?  Et pourtant...

C'est ainsi que Phillip découvre qu'il vit désormais dans une ville pour le moins particulière où sont rassemblés presque exclusivement des êtres hors-norme, dont sa famille fait partie.

Chaque "gardien" - ou protecteur des habitants de la Terre -  dispose d'un pouvoir particulier qui se révèle théoriquement à l'adolescence et se doit d'être exploité de manière optimale. Les circonstances sont telles que Phillip se retrouve bientôt dans une classe spéciale : celle qui regroupe les jeunes gardiens touchés par un handicap.

Six d'entre eux sont au centre du récit : Phillip, aveugle et télékinésiste ; Henry, en chaise roulante et télépathe ; James, aveugle et téléporteur ; Fred, asthmatique chronique, atteint de gigantisme ; Bentley, ataxique aux capacités cérébrales supérieures ; et enfin Donnie, trisomique dont le pouvoir n'a pas encore été révélé.

Les membres de ce petit groupe apprennent à se connaître et s'épaulent malgré les dissensions occasionnelles, d'autant que la différence attire l'attention, parfois malveillante, des autres élèves.

Parmi les Prodiges - à la personnalité nuancée - qui ne savent pas encore qu'il s'agira pour eux de rester soudés car le Mal rôde, indépendamment de Phillip lui-même, à l'humour ravageur, j'ai particulièrement apprécié Bentley et Donnie...

Ce roman devrait (beaucoup) plaire aux élèves du secondaire inférieur.

Traduction : Michel Pagel.

Titre VO : The Ables (2015).

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (16) ; "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (12).

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18:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/04/2016

La Belle et le Maudit, Page Morgan

Présentation.

UNE PART DE TÉNÈBRES

SOMMEILLE EN CHACUN DE NOUS...

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Mon avisUn excellent moment dans le Paris de la fin du XIXe siècle...

Le récit met en scène Ingrid, 17 ans, Gabriella, 15 ans, et leur mère Lady Charlotte Brickton. Toutes trois ont quitté Londres pour Paris où Charlotte est censée ouvrir une galerie d'art. Grayson, le frère jumeau d'Ingrid, les a précédées dans la Ville Lumière, histoire de rendre le lieu - en l'occurrence une abbaye en ruines - un tantinet "accueillant". Leur père ne devrait pas tarder à les rejoindre. Cet emménagement tombe à pic (!) pour Ingrid, désormais "grillée" (!) dans l'aristocratie anglaise. Le "beau parti" qu'elle était susceptible d'incarner s'est envolé (!) en fumée (!).

L'atmosphère est sombre, pesante, lugubre, dans cet endroit où les gargouilles sont omniprésentes ; atmosphère renforcée par l'enlèvement et le meurtre horrible de plusieurs jeunes Parisiennes, ainsi que la disparition récente de Grayson dont personne, parmi les domestiques engagés, ne paraît réellement se soucier. Le sujet semble tabou.

  "Elles avaient des gueules béantes qui semblaient pousser des cris silencieux, des dents acérées comme des poignards, des yeux globuleux, des oreilles de chien et des serres enfoncées dans la bordure du toit en pierre. Leurs ailes étaient tantôt largement déployées, tantôt repliées derrière leur dos vouté.

   Ingrid, plantée devant la grille, avait l'estomac noué. Les créatures de pierre étaient assez hideuses pour lui donner la chair de poule. Quelle idée de mettre des gargouilles sur une église ! Elle détourna les yeux." [p. 21]

 

En outre, le regard posé sur Ingrid par Luc, un des membres du personnel, est pétrifiant (!) :

  "Aussitôt, tout s'immobilisa : la pièce, son esprit, sa respiration. Les yeux qui la transperçaient étaient ceux d'un jeune homme. Les iris, d'un vert moucheté d'or, évoquaient une pâle mousse de forêt longtemps oubliée par le soleil. D'épais cils couleur de charbon les ombrageaient.

   Il ne devait avoir qu'un an ou deux en plus qu'Ingrid, et il l'observait avec une curiosité indiscrète qui la mettait mal à l'aise. Percevant de l'hostilité dans son regard, elle le fixa à son tour. Il ne grimaçait pas, mais la légère dilatation de ses narines traduisait un mépris manifeste. Comme si Ingrid lui avait fait du tort d'une façon ou d'une autre." [p. 29 - 30]

 

La famille Brickton est très loin de se douter qu'elle vient de mettre le doigt (le bras tout entier, devrais-je dire) dans un engrenage maléfique...

J'ai beaucoup aimé ce récit jeunesse - à tel point que le "triangle amoureux habituel" ne m'a même pas agacée - qui propose un imaginaire original, centré entre autres sur les gargouilles et le rôle qu'elles jouent dans notre monde. Les personnages principaux sont attachants et nuancés ; la couverture est superbement veloutée [dommage que le vêtement de la jeune fille ne corresponde nullement à l'époque évoquée dans le livre].

Je lirai volontiers la suite...

Traduction : Bee Formentelli.

Titre VO : The Beautiful and the Cursed (2014).

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (15), "Lire sous la contrainte" (personnage célèbre - La Belle -), "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure), "Comme à l'école" (Lettre "O" ou thème "Animal") et "Littérature de l'imaginaire" (11).

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15:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

30/03/2016

Le Sculpteur, Scott McCloud

Présentation. En mal d'inspiration, David Smith, jeune sculpteur torturé, se voit proposer un pacte qui lui permettra de réaliser son rêve d'enfance : sculpter ce qu'il souhaite à mains nues.

Mais rien n'est éternel et tout a un prix. En échange de sa vie, il aura deux cents jours pour créer son Œuvre. Et il va le payer encore plus cher : au lancement du compte à rebours, il rencontre le grand amour... De quoi ébranler toutes ses certitudes.

Une interprétation moderne, implacable et poétique du mythe de Faust.

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Mon avis. Un régal...

David Smith est un jeune sculpteur en mal de reconnaissance ; exigeant envers lui-même, il a longtemps tenté de se persuader que viendrait son heure ; il est maintenant en pleine désepérance. Il n'a plus vendu de sculpture depuis un an et vivote plutôt mal que bien.

Alors qu'il mange un bout dans un bistrot de New York, il est rejoint par son grand-oncle, décédé depuis de longues années. Celui-ci lui propose un pacte impossible : David aura désormais la faculté de sculpter des œuvres à mains nues en contrepartie d'un temps de vie (plus que) réduit. Le jeune homme accepte puisqu'il n'a "rien" à perdre. Il lui reste désormais deux cents jours à vivre. C'était sans compter sur un clin d’œil (?) du destin (?) : il rencontre Meg et sa perspective change. Peut-être. Encore que. Oui. Mais...

Passé le moment de "confusion" du début de l'histoire, où les choses se mettent en place, ce roman graphique trouve son rythme de "croisière", initiant une réflexion pertinente sur l'A/art au centre de laquelle se (dé)bat David Smith.

Le graphisme est sublime ; j'ai beaucoup aimé également la palette du noir et blanc, et ses détours par les déclinaisons de gris et bleu.

Traduction : Fanny Soubiran ; Lettrage : Jean-Luc Ruault.

 

Un grand merci à PriceMinister pour ce partenariat, proposé dans le cadre de "La BD fait son Festival". J'attribue la note de 16/20 à cet ouvrage.

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12:39 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

29/03/2016

Germinal, Émile Zola

Présentation. Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable "J'accuse" contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l'espoir d'un monde nouveau lorsque le héros, Étienne Lantier, quittant la mine "en soldat raisonneur de la révolution", sent naître autour de lui une "armée noire, vengeresse... dont la germination allait bientôt faire éclater la terre". Germinal marque l'éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c'est au cri sans cesse repris de "Germinal ! Germinal !" que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris.

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Mon avis. Zola et moi, c'est une histoire qui, je peux franchement le dire, a (très) mal commencé. J'étais en quatrième secondaire (seconde en France) lorsque j'ai dû lire Le rêve pour le cours de français. Ce fut à l'époque plutôt un cauchemar : je n'ai vraiment pas aimé le livre, à tel point que je me souviens m'être dit que Zola et moi, c'était fini. [Soit dit en passant, le pire avait été pour moi, l'année précédente, Eugénie Grandet]. 

Je suis intimement persuadée qu'il ne faut pas "brûler les étapes" lorsque l'on propose/impose des lectures aux élèves, sous peine d'arriver à en dégouter certains ; c'est aussi pourquoi j'essaie, dans la mesure du possible, de leur donner une liste de livres dans laquelle ils en puiseront un. Ce n'est pas le cas ici même s'ils ont eu le choix entre la version originale et celle des Classiques abrégés de L'école des loisirs.

J'ai vraiment découvert Zola lors de mes études supérieures et, si mes souvenirs sont bons, Germinal est un des premiers que j'ai lus, après l'expérience malheureuse du Rêve. Je l'ai a-do-ré. Et je me suis lancée allègrement dans Les Rougon-Macquart [je les ai tous lus, hormis La débâcle que j'ai abandonné en cours de pages - titre prédestiné ? -] ; j'ai d'ailleurs fait mon mémoire sur Le Docteur Pascal.

Je dois avouer que j'ai eu un peu peur de relire Germinal : je l'avais tellement apprécié que je craignais d'être déçue comme ce fut le cas lors de la relecture, voici quelques années, de L’œuvre, ou plus récemment de Salammbô.

 

Nul regret cependant : j'ai aimé retrouver les personnages et l'atmosphère "épique" qui se dégage du roman. J'ai envie de mettre particulièrement en évidence Catherine, la fille des Maheu, quinze ans, usée prématurément. Ses "rêves" n'ont pas eu le temps d'être esquissés que déjà ils s'étaient envolés ; un seul mot "la résume" : résignation.

   "La peur du mâle l’affolait, cette peur qui raidit les muscles dans un instinct de défense, même lorsque les filles veulent bien, et qu’elles sentent l’approche conquérante de l’homme. Sa virginité, qui n’avait rien à apprendre pourtant, s’épouvantait, comme à la menace d’un coup, d’une blessure dont elle redoutait la douleur encore inconnue.

   - Non, non, je ne veux pas ! je te dis que je suis trop jeune… Vrai ! plus tard, quand je serai faite au moins.

   Il grogna sourdement :

   - Bête ! rien à craindre alors… Qu’est-ce que ça te fiche ?

   Mais il ne parla pas davantage. Il l’avait empoignée solidement, il la jetait sous le hangar. Et elle tomba à la renverse sur les vieux cordages, elle cessa de se défendre, subissant le mâle avant l’âge, avec cette soumission héréditaire, qui, dès l’enfance, culbutait en plein vent les filles de sa race. Ses bégaiements effrayés s’éteignirent, on n’entendit plus que le souffle ardent de l’homme." [p. 127 - 128]

   "Il la battrait, et quand il serait las de la battre, il s'arrêterait: ne valait-il pas mieux ça, que de rouler les chemins comme une gueuse ? Puis, elle s'habituait aux gifles, elle disait, pour se consoler, que sur dix filles, huit ne tombaient pas mieux qu'elle. Si son galant l'épousait un jour, ce serait tout de même bien gentil de sa part." [p. 392]

 

Face aux nantis qui disposent de chaleur et de nourriture, la souffrance sourd des pages consacrées aux mineurs, bientôt à la puissance dix, après l'infime espoir insufflé par Étienne, lorsque la grève s'installe et se prolonge, emportant les (éventuelles) illusions d'une existence décente.

   "Brusquement, la porte s’ouvrit, et une voix forte cria :

   - Eh bien ! quoi donc, on déjeune sans moi !

   C’était Cécile, au saut du lit, les yeux gonflés de sommeil. Elle avait simplement relevé ses cheveux et passé un peignoir de laine blanche.

   - Mais non, dit la mère, tu vois qu’on t’attendait… Hein ? ce vent a dû t’empêcher de dormir, pauvre mignonne !

   La jeune fille regarda très surprise.

   -  Il a fait du vent ?… Je n’en sais rien, je n’ai pas bougé de la nuit.

   Alors, cela leur sembla drôle, tous les trois se mirent à rire ; et les bonnes, qui apportaient le déjeuner, éclatèrent aussi, tellement l’idée que Mademoiselle avait dormi d’un trait ses douze heures, égayait la maison. La vue de la brioche acheva d’épanouir les visages.

   - Comment ! elle est donc cuite ? répétait Cécile. En voilà une attrape qu’on me fait !… C’est ça qui va être bon, tout chaud, dans le chocolat !

   Ils s’attablaient enfin, le chocolat fumait dans les bols, on ne parla longtemps que de la brioche. Mélanie et Honorine restaient, donnaient les détails sur la cuisson, les regardaient se bourrer, les lèvres grasses, en disant que c’était un plaisir de faire un gâteau, quand on voyait les maîtres le manger si volontiers." [p. 78 - 79]

  

   "Étienne, qui regardait fixement les dalles, leva la tête et murmura, les yeux perdus dans une vision d'avenir :

   - Ah ! il est temps, il est temps !". [p. 190]

  

   "Depuis deux jours, la neige tombait ; elle avait cessé le matin, une gelée intense glaçait l’immense nappe ; et ce pays noir, aux routes d’encre, aux murs et aux arbres poudrés des poussières de la houille, était tout blanc, d’une blancheur unique, à l’infini. Sous la neige, le coron des Deux-Cent-Quarante gisait, comme disparu. Pas une fumée ne sortait des toitures. Les maisons sans feu, aussi froides que les pierres des chemins, ne fondaient pas l’épaisse couche des tuiles. [...]

   Chez les Maheu, la dernière pelletée d’escarbilles était brûlée depuis la veille ; et il ne fallait plus songer à la glane sur le terri, par ce terrible temps, lorsque les moineaux eux-mêmes ne trouvaient pas un brin d’herbe. Alzire, pour s’être entêtée, ses pauvres mains fouillant la neige, se mourait. [...]

   C’était, maintenant, l’agonie dernière, la maison vidée, tombée au dénuement final. Les toiles des matelas avaient suivi la laine chez la brocanteuse ; puis les draps étaient partis, le linge, tout ce qui pouvait se vendre. Un soir, on avait vendu deux sous un mouchoir du grand-père. Des larmes coulaient, à chaque objet du pauvre ménage dont il fallait se séparer, et la mère se lamentait encore d’avoir emporté un jour, dans sa jupe, la boite de carton rose, l’ancien cadeau de son homme, comme on emporterait un enfant, pour s’en débarrasser sous une porte. Ils étaient nus, ils n’avaient plus à vendre que leur peau, si entamée, si compromise, que personne n’en aurait donné un liard. Aussi ne prenaient-ils même pas la peine de chercher, ils savaient qu’il n’y avait rien, que c’était la fin de tout, qu’ils ne devaient espérer ni une chandelle, ni un morceau de charbon, ni une pomme de terre ; et ils attendaient d’en mourir, ils ne se fâchaient que pour les enfants, car cette cruauté inutile les révoltait, d’avoir fichu une maladie à la petite, avant de l’étrangler." [p. 367 - 372]

 

Et toujours, bel et bien présente, la tare familiale, marque des Rougon-Macquart : "Une voix abominable, en lui, l'assourdissait. Cela montait de ses entrailles, battait dans sa tête à coups de marteau, une brusque folie du meurtre, un besoin de goûter au sang. Jamais la crise ne l'avait secoué ainsi. Pourtant, il n'était pas ivre. Et il luttait contre le mal héréditaire, avec le frisson désespéré d'un furieux d'amour qui se débat au bord du viol." [p. 389]

 

Quant à la version abrégée, elle ne donne qu'une pâle idée de ce qu'est le texte original...

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" [classique ou théâtre en mars].

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09:46 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/03/2016

S.A.S.H.A., Martin Michaud

Présentation. Elias et le petit Sasha errent dans l’aéroport Trudeau. Ils vont y accueillir Luana, la maman du garçon, qui revient d’un long ­séjour à l’étranger. Mais est-ce bien là toute l’histoire ? Trois jours plus tôt, un incendie a ravagé la cabane où ils habitaient, au fond des bois. Est-ce pour cette raison qu’Elias se tient sans cesse sur ses gardes ? Ou cela a-t-il plutôt à voir avec l’aura de mystère qui entoure l’enfant ?

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Mon avis. Je viens enfin de découvrir Martin Michaud, "le maître québécois du thriller" : Argali en dit tant de bien - si vous cherchez un avis éclairé sur la littérature québécoise, allez faire un tour sur son blog - que j'ai profité de la Foire du Livre de Bruxelles pour aller saluer ce grand monsieur, au demeurant bien sympathique.

Ce court roman est avant tout le récit d'une atmosphère : Elias et Sasha, un petit garçon de sept ans, sont présents dans l'aéroport Trudeau, à Montréal. Ils sont venus y attendre Luana, la maman de Sasha.

Ils sont cependant des "badauds" tout à fait particuliers : Elias demeure en permanence sur le qui-vive, attentif à tout un chacun dont il croise ne serait-ce que le regard ; Elias veille sur Sasha, grâce à/malgré les voix qui bataillent dans sa tête ; Elias doit trouver le moyen de rester en vie et de protéger l'enfant, lui procurer aussi de quoi les nourrir. Si possible.

  "Tant qu'ils s'étaient terrés dans cette vallée au fond des bois de la Missisquoi, il avait cru qu'il serait possible de disparaître et d'échapper à ceux qui les poursuivaient ; que Luana, la mère du garçon, pourrait les y rejoindre et vivre tranquille avec eux." [p. 21]

  "Elias voulait éviter qu'on les repère, mais ils ne pouvaient faire autrement que de se présenter au point de chute s'ils voulaient reprendre contact avec Luana. Ils devaient donc procéder avec prudence et se tenir le plus loin possible du champ des caméras de surveillance." [p. 43]

 

J'ai apprécié ce texte aux personnages particulièrement attachants, qu'il s'agisse de l'enfant ou de l'adulte. Leur relation est touchante et l'appréhension va crescendo... jusqu'à la fin. Une remarque : je ne sais (toujours) pas si j'aurais préféré - ou pas - que le récit s'arrête avant la dernière phrase...

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne (lecture supplémentaire pour février - mars).

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15:19 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

24/03/2016

Arithmétique de la chair, Macha Méril

Présentation. Bettina n’est pas une femme comme les autres. Expert-comptable, elle pèse 96 kilos, est passionnée par les mathématiques et vit seule, en compagnie de ses ordinateurs et de ses idoles d’Internet : les chercheurs et les savants.

Un jour, elle ose se présenter à un concours de calcul mental télévisé, le gagne et sa vie bascule. Elle devient une star médiatique et rencontre l’amour.

Où la conduiront ces succès et cette gloire rapides ? Que désire-t-elle vraiment ? Connaît-elle le bonheur ?

Voici une fable moderne où Cendrillon gouverne son destin et se pose les grandes questions de l’existence : où allons-nous, que devenons-nous, qui sommes-nous ?

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Mon avis. Une lecture qui fait réfléchir sur le regard : celui que l'on porte sur soi, celui que les autres portent sur soi...

Bettina vit pour et par les chiffres, ceux avec lesquels elle jongle volontiers, ceux qui jamais ne la déçoivent, ceux qui la rassurent, ceux qui rythment son existence. Ceux aussi qui grimpent sur l'écran de sa balance. Lentement mais sûrement.

  "Une passion véritable. Un engouement qui occupe tous les instants de sa vie. Une sorte de deuxième nature, une communication privilégiée avec ce qui lui paraît la base de tout, un langage compris par peu de personnes, tous membres d'un clan secret : les matheux. Les fous de mathématiques, d'algèbre et d'algorithmes. Un club sélectif où on n'entre pas comme on veut. Une famille de personnes rares qui maîtrisent les mêmes connaissances." [p. 10 - 11]

 

Bettina ne se formalise pas outre mesure des kilos excédentaires engrangés car elle vit bien en leur "compagnie", mais elle se demande quand même d'où vient - ce que les autres lui renvoient comme étant - le problème : elle n'a nullement modifié ses habitudes alimentaires, elle qui ne mange déjà que très peu, et les médecins consultés ne peuvent lui fournir aucune explication.

Le souci, c'est la gêne de son employeur face à l'obésité de la jeune femme qui n'a en rien démérité et demeure toujours la championne des chiffres.

Sa vie change du jour au lendemain lorsqu'elle participe à un jeu télévisé centré sur les calculs : focus sur sa personne bien en chair et oh combien attachante. Les portes de la notoriété s'entrouvrent. Pour le bien de Bettina.

Pour le bien de Bettina ?

  "Bettina pratique volontiers l'humour solitaire et l'autodérision. Elle se surprend parfois à rire toute seule dans sa cuisine, et maintenant quelquefois au bureau, comme si sa nouvelle carrure l'autorisait à ne plus se cacher." [...]

   L'attrait de la vie, selon elle, se situe ailleurs, du côté de l'intemporel et de l'impalpable. Le reste change continuellement, à grande vitesse, selon les flux de croissance du capitalisme qui a envahi la planète dans une folle sarabande, désordonnée et sans foi." [p. 20 - 21]

 

J'ai aimé l'héroïne et la manière dont elle gère la situation ; un bémol cependant : le début du récit, autrement dit la partie qui précède la participation de Bettina à l'émission, tire en longueur.

 

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir la (belle) plume de Macha Méril.

16:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/03/2016

Le principe de parcimonie, Mallock

Présentation. On a volé la Joconde. À la place du mystérieux sourire apparaît le visage hideux de la barbarie. Plus qu'un crime, c'est un manifeste. Polichinelle écarlate et Paganini du rasoir, le monstre qui répond au nom de Docteur Ockham excelle à découper l'anatomie de ses très médiatiques victimes. Performance iconoclaste ou massacre dément ? Paris frissonne. La terreur tout autant que la fascination règnent.
Alors que la Seine, en pleine crue centennale, engloutit métro, monuments et musées de la capitale, Mallock, tour à tour commissaire et critique de cette exposition apocalyptique, va devoir démasquer Ockham avant qu'il n'accomplisse son ultime promesse, son grand œuvre : repeindre le monde aux couleurs du chaos. Un livre phénomène !

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Mon avis. Ce n'est pas encore cette fois que je regretterai d'avoir fait un bout de chemin avec le commissaire, bien loin de là...

L'histoire démarre lentement, ou plus exactement, elle plonge d'emblée le lecteur dans le sujet, mais l'enquête progresse lentement tant les indices sont ténus. Il est d'abord question du vol de La Joconde, bientôt suivi de sa destruction "en direct" via le Net.

Celui que l'on nomme bientôt l'arlequin ou le Polichinelle en raison de son déguisement s'en prend ensuite à l'intégrité de ses victimes, au demeurant fort peu sympathiques : la description de Louis Bastien Vidal, "le plus grand philosophe français vivant. Ou du moins le croyait-il, du haut de son incommensurable suffisance." [p. 79] est extrêmement savoureuse - toute ressemblance avec une personne existant ne peut être fortuite -. L'as du rasoir commence à trancher dans le vif : du cuir chevelu aux oreilles, en passant par le nez  et autres "attributs" de personnalités pour lesquelles le commun des mortels n'éprouve, la plupart du temps, que (très) peu d'empathie.

Le public, avide de sensations fortes, suit ainsi, par écran interposé, les méfaits du maître ès découpes, ainsi que l'impuissance de la Police face à celui-ci. Mallock joue une partie particulièrement difficile, tentant de "faire parler" les bocaux contenant les "morceaux" prélevés sur les victimes reçus au "13, nouveau temple de la lutte contre le crime" [p. 16]. Perpétuellement sur le fil du rasoir (!), le commissaire pressent que si le malfrat n'a pas encore tué, cela risque bien de se produire, un jour ou l'autre.

Cette cinquième chronique barbare qui permet de retrouver, avec grand plaisir, la fine équipe de l'ex-36, immerge par moments le lecteur dans la philosophie, tout comme Paris est victime d'une crue centennale - je ne connaissais pas l'adjectif - : la Seine donne sa pleine mesure et les Parisiens luttent à armes (in)égales contre la nature dévastatrice. Si seulement le Polichinelle pouvait se retrouver le bec dans l'eau (!)...

 

L'écriture est toujours aussi affûtée (!), le cynisme est bel et bien présent, notamment dans le regard posé sur les (con)citoyens ; à noter que certaines scènes font mal. Très mal.

   "- [...] Jules s'occupe en ce moment même de recueillir le témoignage du journaleux, Ken prend la déposition du philosophe et Julie celui du baveux.

   Ce dernier, propriétaire d'une imposante chevelure tirant sur le violet, s'était fait une spécialité de racler les fonds de prison pour y dégoter les cas les plus indéfendables. Dans la foulée, il écumait les plateaux de télévision pour y fourguer les livres-vérités qui découlaient de son édifiante expérience de la condition humaine. Tout, surtout un tel sacerdoce, avait un prix. Charles W. Pirreli, qui avait bien compris la faim insatiable du peuple et des médias pour l'indignation et les causes à la con, s'adonnait désormais au mouvement perpétuel : la transformation opportuniste et sélective de ses vertueuses colères en livres-étrons. Rien ne se perd, tout se transforme, surtout l'ignoble." [p. 107]

 

   "Mallock partit presser le jus d'une capsule pour se faire du café, et mit deux oranges dans le percolateur, ou le contraire.

   Il avait mal dormi et n'était pas bien réveillé.

   Trop tôt pour sortir.

   Alors, allumer la télé ?

   Toujours cette fascination pour l'information, ce vilain petit mensonge. Au matin, deux nouvelles d'importance occupaient l'écran : la mort d'un savant ayant réinventé notre vision du monde et la sortie des mémoires d'une vedette de la téléréalité. L'homme a besoin d'icônes. Petite conne ou grand homme, qu'importe, son besoin de divinités n'avait jamais cessé, que ce fût pour les frotter contre son ventre dans un but de fertilité, ou pour les fracasser contre le mur de ses frustrations.

   Amédée éteignit le poste et regarda au-dehors.

   Rêvait-il encore ?" [p. 131]

 

   "Mallock attendit. Il savait qu'il fallait parfois être patient lorsque venait de naître une belle idée toute tremblante, encore recouverte de son placenta cervical. Il convenait de ne pas forcer les choses, de laisser la nature suivre son cours et l'idée s'habituer à la lumière du jour." [p. 145]

 

Une remarque pratique : j'aime beaucoup le nouveau format de cette édition.

Si vous ne connaissez pas encore Mallock, n'hésitez pas...

 

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne 2 (session 3 : thriller-policier).

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17:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/03/2016

Deadlock, Saki Aida & Yuh Takashina

Présentation. Yûto, un ancien agent de la brigade des stups (BS), affirme ne pas avoir tué son collègue et avoir été emprisonné à tort.

Pour être libéré, il devra identifier un terroriste qui opère depuis la prison. [...]

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Mon avis. Je lirai la suite. Absolument.

Je ne suis pas une spécialiste des mangas ; j'ai donc dû effectuer une recherche afin de savoir à quoi correspond la dénomination "Yaoi" relative à Deadlock : il s'agit d'œuvres de fiction centrées sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre personnages de sexe masculin.

Le cadre est ici une prison, celle de Schelger dans laquelle a été envoyé Yûto, ancien policier des stups accusé du meurtre de son coéquipier. Il a toujours clamé son innocence. En vain. Il en a pris pour quinze ans. Le FBI lui a alors proposé, en échange d'une réduction de peine, de démasquer un terroriste dans l'enfer de Schelger. Difficile de refuser...

Le dessin est sublime et, ce qui ne gâche rien, les personnages principaux sont (très) agréables à regarder : Yûto, le brun, et Dick, le blond, son compagnon de cellule qui, visiblement, a de l'ascendant sur les autres détenus, y compris les "durs à cuire".

Yûto se doit de trouver l'identité du fameux terroriste, tout en essayant de préserver sa vie et son "intégrité" -  chacun risquant de devenir très vite la "femme" d'un autre - d'autant que les clans font la loi au sein de ce lieu clos, sous l’œil bien/malveillant des gardiens.

Ce premier opus pose le cadre de l'histoire et met l'accent sur les liens qui se tissent (in)sensiblement entre les détenus en général, Yûto et Dick en particulier...

Le seul bémol, ce sont les mini-résumés mis "artificiellement" dans la bouche de Yûto.

Traduction : Nesrine Mezouane.

Merci à Livraddict pour ce partenariat.

21:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/03/2016

Je sais que tu sais, Gilles Abier

Présentation. J'ai les mains moites. J'ai beau les frotter à plat sur mon jean, elles suent, elles suintent. Je ne suis pas quelqu'un qui transpire pourtant. Je peux danser une heure, courir vingt minutes, buller sous deux couettes, je reste au sec. Ça énervait mon frère d'ailleurs. Mon côté "poupée de porcelaine", comme il disait, jamais chiffonnée. Le teint frais. La tenue impeccable. Une vraie princesse, quoi ! Mais ça, c'était avant. C'était quand il était encore vivant. Aujourd'hui, j'ai le nez percé, le regard fatigué et le vide au ventre.

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Mon avis. Un très beau texte que j'aurais voulu voir se prolonger, tant il est bien écrit, mais aussi parce que je suis quelque peu restée sur ma faim...

Le lecteur entre d'emblée dans le vif du sujet : Axelle raconte la douleur qui est la sienne depuis que, trois ans auparavant, son frère Martial a été abattu par son meilleur ami. Six balles qui ont définitivement anéanti l'existence, non seulement de Martial, mais également de toute sa famille : Axelle elle-même qui a depuis lors rué dans les brancards plus souvent qu'à son tour, les parents dont l'incommensurable souffrance se mesure à la "mémoire (dés)espérément entretenue" du défunt, Louise, l'aînée qui s'efface. Sans oublier celle de Bastien, le meurtrier.

Ce récit raconte la présence, immense, de l'absence, celle qui "bouffe" chacun de l'intérieur et tente de prendre la place laissée vacante par la victime. Il faut sur-vivre, tant que faire se peut, même si pour cela, chaque membre de la famille s'écorche à la douleur des autres...

  "On pourrait se recueillir ailleurs, au pied du chêne aux trois troncs par exemple, cet arbre de conte de fées sur lequel Martial aimait grimper. J'ai eu beau les y emmener, leur apprendre que c'était son endroit préféré, qu'il lisait sur la branche qui pointait au-dessus de la rivière, se pendait à la plus haute pour parfaire ses abdos, eux veulent le marbre avec son nom écrit dessus et la plaque "A notre fils aimé". Ils veulent la bruyère et le vase aux fleurs coupées, ils veulent les morts alentour, ceux qui vous mènent au vôtre, ceux qui confirment que vous n'êtes pas seuls dans la peine et les regrets. Et même si je n'ai pas besoin de respecter ce jour maudit pour penser à Martial, je n'ai pas le choix, je dois subir la douleur silencieuse de ma mère, l'indignation hystérique de mon père." [p. 13 - 14]

 

L'auteur (de La piscine était vide) réussit à décrire l'indicible à travers le regard d'Axelle : les mots sonnent (terriblement) juste. Si elle veut éviter l'implosion, la jeune fille n'a d'autre choix que de grappiller, lentement mais sûrement (?), des bribes d'informations qui lui permettront de comprendre (?) le geste assassin et par là même, "éclairer" d'un jour nouveau ce frère chéri...

Merci aux éditions Talents hauts pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (14).

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17:54 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

04/03/2016

Tout plutôt qu'être moi, Ned Vizzini

Présentation. Chez son psy, Craig Gilner apprend l'existence du syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer. La dépression, Craig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre. [...]

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Mon avis. Un texte qui m'a beaucoup touchée et auquel il est nécessaire, me semble-t-il, d'accorder du temps...

Craig Gilner a 15 ans et tente, du mieux - ou plus exactement du moins mal - qu'il peut de garder la tête hors de l'eau et ne pas se laisser submerger par la pression intense qu'il ressent depuis qu'il a intégré un prestigieux lycée de New York. Ravi dans un premier temps d'y avoir été accepté, il n'arrive bientôt plus à s'alimenter, ni à dormir. Son obsession : le travail scolaire. Même les "séances de fumette" avec ses copains ne le détendent plus. L'angoisse le ronge...

En (dés)espoir de cause, il prend le parti d'intégrer l'unité psychiatrique d'un hôpital proche de chez lui ; il s'y retrouve confronté aux autres malades, pour la plupart adultes.

La plume de l'auteur arrive à rendre compte de manière magistrale des questions incessantes qui taraudent Craig, ainsi que sa "naïveté réaliste". Aucun faux-semblant chez le jeune homme qui découvre l'univers particulier de ce lieu où chacun traîne derrière lui son mal-être ; la souffrance s'y exprime de multiples manières.

Craig découvre le tracé des chemins qui l'ont conduit, (in)sensiblement, dans la spirale de la dépression, évoquant les "ancres" qui lui procurent (trop rarement) un sentiment de "plénitude" et les (nombreux) "tentacules", situations qui le tiraillent dans tous les sens, jusqu'à la "surchauffe".

  "C'est à peu près à cette époque que j'ai commencé à qualifier de tentacules certaines choses à accomplir. Et il y en avait beaucoup. J'aurais dû en couper. Mais je n'y arrivais pas ; ils étaient bien trop forts et j'étais comme prisonnier de leur étreinte étouffante. Pour m'en défaire, il m'aurait fallu admettre l'impensable, comme le fait que je n'avais tout simplement pas le niveau pour cette école." [p. 93]

Impossible pour moi de ne pas être émue lors de cette lecture puisque j'ai été confrontée à la dépression dans ma famille et me suis rendue en visite dans un premier hôpital où les images de Vol au-dessus d'un nid de coucous m'ont immédiatement sauté à la gorge - heureusement, le second établissement s'est avéré tout autre(ment humain) - ; Craig y fait une fois allusion.

En outre, l'adolescent relate les rencontres bouleversantes qui vont, d'une façon ou d'une autre, lui venir en aide : Nia, La Prof, Humble, Bobby, Muqtada...

Enfin, la force de ce récit réside aussi dans l'humour, très présent au fil des pages.

Ce "roman" prend une résonance particulière quand on sait que l'auteur, qui s'est longtemps battu contre la dépression, a mis fin à ses jours à l'âge de 32 ans.

Traduction : Fanny Ladd et Christel Gaillard-Paris.

Grand merci à La belle Colère pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (13).

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18:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

03/03/2016

La fille quelques heures avant l'impact, Hubert Ben Kemoun

Présentation. Ce soir. Tous ou presque ont prévu d'assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n'iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d'autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d'Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l'espoir va l'emporter mais la haine peut triompher…

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Mon avis. Tension, tel est le mot qui me vient à l'esprit avec cette lecture placée sous l'égide de la colère...

Le roman s'ouvre sur des pages en italiques, celles qui ponctueront régulièrement l'histoire, celles qui émanent de deux narrateurs différents qui vivent un drame "en temps réel" et ne laissent, dès lors, aucune échappatoire au lecteur : celui-ci lira les mots/maux qui conduisent à l'inéluctable, s'ingéniant à repérer les "indices" révélateurs de cette tension de plus en plus palpable...

Le chapitre 1 plonge dans la classe de français d'Isabelle Etcheverry : Isabelle d'un côté, ses élèves de l'autre. Isabelle qui tente de faire face, le mieux (le moins mal) possible, aux jeunes à qui elle essaie de faire découvrir la littérature. Ces jeunes qui n'ont pas forcément grand-chose en commun et viennent d'horizons différents. Ces jeunes qui, pour certains, attendent que le temps s'écoule (trop lentement), avant de retourner à leurs "petites affaires", plus "lucratives" que l'analyse littéraire, quelle qu'elle soit.

  "Le bouquin de Radiguet entre les mains, tel un prêtre avec son bréviaire, la jeune prof de français harangue depuis le début du cours pour essayer d'intéresser ses troisièmes. Elle rame un maximum dans la somnolence de cette fin de journée, à contre-courant d'un fleuve de fatigue et d'ennui.

   Les intéresser ? Les réveiller lui suffirait." [p. 15]

 

Des mots durs s'échangent entre les "grandes gueules", ceux qui font régner leur loi : d'une part Mokhtar, le grand escogriffe ; d'autre part Fabien, le facho de service, et Thierry, son "larbin". Les élèves comptent les points ; quant à Isabelle, elle aimerait tellement que s'achève cette heure qui s'étire à l'infini, d'autant qu'elle vient de recevoir un sms - qu'elle ne peut évidemment pas lire en cours - alors que sa relation avec Quentin s'effiloche, lentement mais sûrement : elle le soupçonne (fortement) d'être allé "voir ailleurs".

Au milieu de ce jeu de quilles intervient Annabelle : elle recadre vertement Fabien et Thierry si bien que "le silence qui suit ne dure que quelques secondes, mais il pèse des tonnes et il a la texture du plomb. Tous les regards des élèves sont tournés à présent vers Fabien et Thierry. L'atmosphère semble hésiter entre l'engourdissement collant et un tsunami de rage." [p. 33]

Les dés sont jetés.

Ce livre, qui illustre la colère dans la série "Toutes les émotions dans une collection", se lit aisément et met l'accent sur les relations difficiles, conflictuelles, douloureuses, voire impossibles entre les adolescents, sur leur mal-être, ainsi que les influences, parfois dévastatrices, qu'ils peuvent subir. Pourtant, de temps à autre, subrepticement, apparaît un rayon de lumière, comme l'amitié entre Annabelle et Fatoumata, toutes deux très attachantes...

Merci à Flammarion pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le Challenge "Jeunesse/Young Adult" (12).

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21:22 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/03/2016

(Re)Lecture commune : Harry Potter à l'école des sorciers, J. K. Rowling

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Je vous propose une (re)lecture commune du premier tome de la saga Harry Potter : Harry Potter à l'école des sorciers.

Ce sera une première pour moi : j'ai reçu à Noël la superbe version illustrée par Jim Kay ; j'ai eu envie de m'y lancer après avoir vu le spectacle parodique Potter Mania.

Je vous propose donc de vous joindre à moi, qu'il s'agisse pour vous d'une découverte ou bien d'une énième lecture, avec publication des billets éventuels - si vous tenez un blog - le 30 avril.

Qui en est ?

 

13:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

01/03/2016

Un parfum d'encre et de liberté, Sarah McCoy

Présentation. 1859. La jeune et impétueuse Sarah apprend qu'elle ne pourra pas avoir d'enfant. Mais comment trouver un sens à sa vie dans ce monde régi par les hommes ? Comment trouver sa place quand on est la fille de John Brown, célèbre abolitionniste qui aide les esclaves à fuir ?

2014. Eden et son pari emménagent dans la banlieue de Washington dans l'espoir de sauver leur mariage et fonder enfin une famille. En explorant sa nouvelle demeure, la jeune femme découvre une tête de poupée ancienne. Que signifient les mystérieuses lignes qui la recouvrent ?

Plus de cent cinquante ans séparent Eden de Sarah, mais sur la grande carte du monde et de l'Histoire, les destins de ces deux femmes se rejoignent en plus d'un point.

Un voyage exaltant, à la redécouverte du courage, de la famille, de l'amour et de l'héritage.

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Mon avis. J'ai beaucoup aimé ce roman inspiré d'une réalité historique douloureuse ; l'auteure explique d'ailleurs à la fin du livre les étapes de l'écriture.

Le récit alterne 19e et 21e siècles : nous découvrons d'abord Sarah en ces temps troublés annonciateurs de la guerre de Sécession. Son père, John Brown, fait partie des abolitionnistes qui risquent leur vie pour défendre leurs convictions. Sarah est bien décidée à leur apporter son aide, même si elle n'est "qu'une fille", davantage encore diminuée lorsqu'elle apprend qu'elle ne pourra pas porter d'enfant. Elle ne baisse pourtant pas les bras et veut mettre son talent de dessinatrice au service de "la cause", quels que soient les risques encourus.

C'est ensuite Eden qui fait son apparition - 2014 - : elle vient de s'installer avec Jack, son mari, à New Charleston, en Virginie-Occidentale. Le couple bat de l'aile en raison des multiples tentatives (désespérées) de concevoir un bébé. Sans succès. Eden, de plus en plus aigrie, est devenue invivable et Jack tente, tant que faire se peut, de "s'accrocher".

Aucune des deux héroïnes n'a été pour moi, dans un premier temps, attachante ; j'ai dû attendre que la trame se déroule avant qu'elles ne m'apprivoisent, lentement mais sûrement. Un trait d'union apparent : la tête d'une poupée qu'Eden découvre, incidemment, dans une cave de sa nouvelle maison.

Difficile de lâcher le livre une fois que je l'ai eu commencé : chaque chapitre se termine de telle manière que je désirais à tout prix connaître la suite ; les pages se sont donc tournées (presque) toutes seules.

Côté personnages, j'ai beaucoup apprécié Cleo, la jeune voisine d'Eden, pipelette invétérée, ainsi que Freddy, le fils d'un fidèle ami de John Brown. En toile de fond, les tensions exacerbées entre Sudistes et Nordistes. Et la souffrance des esclaves.

Traduction : Anath Riveline.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

17:58 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

27/02/2016

Puzzle, Franck Thilliez

Présentation. Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa.

Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu.

Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L'un d'entre vous va mourir.

Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre.

Paranoïa peut alors réellement commencer...

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Mon avis. Un roman qui happe le lecteur et ne le lâche plus, tout comme Ilan est lui-même entraîné dans un tourbillon maléfique...

C'est une de mes élèves (merci Lucie) qui m'a prêté Puzzle ; je ne comptais pas le lire tout de suite mais après en avoir découvert les premières pages, j'ai été harponnée, comme toujours avec Franck Thilliez...

Pièce après pièce, le puzzle prend forme et ouvre les portes du (de l'') (im)possible, centré principalement sur le personnage d'Ilan, un jeune homme féru de "chasses au trésor", virtuelles ou réelles. Sa compagne de jeu, un temps partenaire dans la vie, se nomme Chloé et semble encore davantage accro que lui à cet univers mystérieux.

Le couple se retrouve "incidemment" lors d'un jeu judicieusement intitulé Paranoïa, qui les entraînera dans un lieu situé à l'écart de tout/tous, hormis les huit participants sélectionnés pour la dernière (!) ligne droite. Leur nombre diminue comme peau de chagrin et Ilan commence à se méfier de chacun, y compris de lui-même même si Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu.

Vraiment ?

Un conseil ? Ne lisez pas trop de chroniques avant de vous plonger dans ce roman : certaines donnent des indices qui mettent (presque inévitablement) la puce à l'oreille...

Ce livre entre dans le challenge de La Licorne (thriller-policier pour février/mars).

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16:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

25/02/2016

Osez... 20 histoires de correspondance érotique, Collectif

Présentation. Quand l’art d’écrire devient art de jouir !
La correspondance érotique est depuis toujours un formidable vecteur d’excitation. Au XVIIIe siècle, à l’époque du Marquis de Sade, les amants s’échangeaient des lettres écrites à la plume et cachetées à la cire. En 2015, c’est le plus souvent en tapant fiévreusement sur nos claviers d’ordinateurs et de smartphones que l’on fait monter le désir... mais les adeptes du papier restent nombreux !

Dans ce nouveau recueil, vous découvrirez des correspondances érotiques de formes très différentes, mais toutes au service du même éternel but : s’abandonner à la magie sexuelle des mots. Tour à tour doux, crus, tendres, obscènes, enjôleurs ou pervers, ils vous feront découvrir la littérature érotique sous un jour nouveau... Et vous suggéreront plein d’idées pour vos propres correspondances coquines !

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Mon avis. J'ai postulé pour ce titre dans le cadre de la dernière édition de Masse critique sur Babelio, désireuse de tâter [...] un genre dont je ne suis pas coutumière... Mon avis est mitigé, tout simplement car j'aurais aimé davantage de "raffinement" dans l'expression de "la chose" [...] Peut-être mon côté féminin préfère-t-il la suggestion plutôt que la description pure et dure [...]

Indépendamment de la manière dont certains sujets (féminins) ont été (parfois violemment) (mal)traités, la langue [...] manque, selon moi, de goût [...].

Quelques textes m'ont davantage plu [...], même si je con[...]sidère qu'il ne faut pas obligatoirement appeler un chat [...] un chat [...] pour rendre le texte un tant/tend soit peu émoustillant : Le secret de Tante Anne, d'Amandine Gantois dont la chute [...] est excellente ; Une tasse pour deux, d'O-negatif où tel est pris [...] qui croyait prendre [...] ; Vous ne retrouverez jamais plus, de Raphaël Boudin (!) ; Des mots de feu [...], de Julie Derussy.

 

Ce titre entre dans les challenges "Un genre par mois" (romance, chick litt, érotique) et "Lire sous la contrainte" (73 points).

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13:16 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |