03/09/2015

Verlaine par Jean-Baptiste Baronian

Présentation. Paul Verlaine (1844-1896) est sinon le plus grand poète français, du moins le plus mélodieux et le plus pur. Sa vie tumultueuse, ses passions, ses errances et ses fuites à l'étranger font de lui un personnage hors du commun. Né sous le signe de Saturne, qui lui vaut, dit-il, "bonne part de malheur et bonne part de bile", écartelé entre Mathilde, "la petite épouse", et Rimbaud, "l'époux infernal", il tente de percer les mystères du commerce poétique. Qu'elle soit grâce ou dépravation, "crapulerie" ou sagesse, perfection musicale ou violence orageuse, la poésie est avant tout pour lui le moyen le plus sûr de connaître le monde.

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Mon avis. Désireuse de découvrir plus avant un des "Princes des poètes" auquel sera bientôt consacrée une exposition dans le cadre de Mons 2015, je me suis lancée dans cette biographie rédigée par Jean-Baptiste Baronian.

Ce récit s'efforce de faire découvrir ce qu'a pu être la vie de ce poète maudit qui, d'une certaine manière, semble avoir tout fait pour que cet adjectif lui colle à la peau (pas propre du tout), comme si son talent se devait d'être à mille lieues de son existence - le plus souvent - misérable, sordide, débauchée.

Il a mené la vie dure à sa famille et son entourage, principalement sa maman qui l'a pourtant constamment soutenu, et sa femme, toutes deux souffre-douleur du poète.

Y sont relatés, pêle-mêle, la naissance des recueils, publiés la plupart du temps à compte d'auteur, l'alcoolisme et les crises de colère et de violence qu'il engendre, la liaison tumultueuse avec "le rimbe", l'hébergement dans des chambres d'hôtel minables après la séparation d'avec Mathilde, les amant(e)s, les périodes d'emprisonnement - à Mons, entre autres -, les "guindailles" qui se terminent la plupart du temps dans la crasse et le vomi, la maladie, les multiples hospitalisations, la reconnaissance aussi, "sur les fins", par ses (im)pairs ...

  "Tout se passe pourtant comme si plus il était encensé, plus il devait souffrir physiquement, et accumuler les rechutes. En octobre [1891], il est de nouveau hospitalisé à Broussais où il est soigné non seulement pour ses rhumatismes, mais aussi pour son diabète et la syphilis qu'il a attrapée il ne sait trop où ni quand. Peut-être lorsqu'il travaillait encore à l'Hôtel de Ville de Paris et qu'il courait assidûment les bordels. Que faire dès lors sinon écrire, écrire sans discontinuer, écrire sa vie de gueux ?" [p. 178 - 179]

Un "personnage" qui aurait pu figurer dans un roman de Zola, à la sonorité du nom tout à fait opposée (avis purement subjectif) à la fange qui fut souvent son quotidien ... et qui a nourri son œuvre...

Le texte est aisé à lire, même pour des élèves à qui l'on souhaiterait faire découvrir Verlaine...

 

Ce livre entre dans le challenge "Un genre par mois" (essai ou tout autre genre non fictionnel pour septembre).

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13:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/09/2015

Mauvais fils, Raphaële Frier

Présentation. Fils unique, Ghislain a du mal à être ce que l'on attend de lui : un bon élève, viril et surtout hétérosexuel. Devant ses résultats médiocres au lycée, son père le pousse à se former au métier d'électricien, un vrai métier d'homme. Après des journées à cacher des fils et poser des prises, Ghislain passe ses soirées dans des bars gays où il vit ses premières expériences sexuelles. [...]

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Mon avis. Un texte qui se lit d'une traite et met en évidence l'errance douloureuse de Ghislain : l'adolescent a compris, depuis quelque temps déjà, qu'il n'est pas, et ne sera jamais, hétérosexuel ; il pressent que se joue "là" un drame pour ses parents, tout en espérant... malgré tout... qui sait... peut-être...

En "attendant", il joue le rôle que l'"on" attend de lui ; il essaie en tout cas, car il lui est de plus en plus difficile de feindre l'apparence de celui qu'il n'est pas. Jusqu'au jour où, définitivement, il n(')e(n) peut plus...

  "Ma première fois ressemble à un éclair tombé du ciel. Je ne connais même pas son prénom. Je ne sais même pas si je me souviendrai de son visage demain.

   Je me réveille en vrac le lendemain. Ma première pensée me terrifie. Celle d'avoir basculé de l'autre côté. C'est fait, c'est consommé. Je ne reculerai plus maintenant. Je ne chercherai plus à me convaincre qu'une fille fera un jour mon bonheur. Au fond de moi, je sais que cette nuit n'était pas une erreur, et j'ai la certitude aujourd'hui que je ne me trompais pas." [p. 30 - 31]

  "Je suis un fils parfait dans les rêves de mes parents. Mais dans ma réalité, je me vois comme un traître, un lâche. Car je me cache pour goûter à des plaisirs interdits. J'ai tellement honte." [p. 34]

 

L'hiatus entre l'image que Ghislain donne à voir et celui qu'il est réellement est bientôt insoutenable, à mesure que s'amenuise l'espoir d'une "conciliation" entre parents et (mauvais) fils...

Un texte qui touche, qui suscite la colère, qui percute...

 

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

 

Ce récit entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (45) et "Un mois, une consigne" (rentrée littéraire pour septembre).

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19:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/08/2015

Le théorème du homard ou comment trouver la femme idéale, Graeme Simsion

Présentation.

Peut-on trouver une épouse sur mesure ?
Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d'éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.

Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :

1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l'abricot.
3. Se lever après 6 heures.

Mais elle DOIT :

1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.

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Mon avis.  Une lecture qui engendre le sourire...

Même si l'on se doute, dès le départ, de ce qu'il adviendra dans la vie de Don, il n'en demeure pas moins que j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Don est un génie dans sa branche, la génétique, mais complètement inadapté à la vie en société. Il considère que chaque moment de son existence doit être rentabilisé au mieux ; c'est pourquoi son emploi du temps est découpé en "tranches chronométrées" : pourquoi devrait-il changer une formule qui fonctionne ?

Et pour éviter de perdre de précieuses minutes dans sa recherche d'une femme "idéale", il met au point un questionnaire susceptible de "faire le tri" parmi les candidates potentielles.

Il fait la rencontre de Rosie, une jeune femme "recalée d'office" mais qu'il reverra (volontiers) par la suite, malgré les excellentes raisons de ne pas "remettre le couvert", une expression à prendre ici au sens propre et au sens figuré puisque leur premier repas commun donne d'emblée le ton...

L'humour est omniprésent dans le récit grâce au comportement pour le moins insolite - en regard des normes communément admises dans la société - de Don : les conventions et le "politiquement correct" lui sont étrangers.

La confrontation avec Rosie, aux capacités organisationnelles inversement proportionnelles à celles de Don, engendrera souvent des situations on ne peut plus cocasses...

  "J'ai fini par mettre mon ordinateur en place et nous avons commencé, avec dix-huit minutes de retard. J'allais être obligé d'accélérer mon débit de 43 % si je voulais conclure, comme prévu, à 20 heures - un objectif presque irréalisable. Nous allions terminer en retard, ce qui perturberait mon programme pour le restant de la soirée." [p. 19]

 

  "Je lui ai énuméré les huit avantages majeurs du Système de Repas Normalisé.

  1. Pas besoin d'accumuler les livres de recettes.

  2. Liste de courses normalisée - d'où efficacité supérieure de l'activité achats.

  3. Gaspillage presque nul - rien dans le réfrigérateur ni dans le placard à l'exception des ingrédients indispensables aux recettes.

  4. Régime alimentaire planifié et équilibré à l'avance sur le plan nutritionnel.

  5. Pas de temps perdu à se demander ce qu'on va préparer.

  6. Pas d'erreurs, pas de surprises déplaisantes.

  7. Excellente nourriture, supérieure à celle de la plupart des restaurants, à un prix largement inférieur (voir point 3).

  8. Charge cognitive minimale requise.

  - Charge cognitive ?

  - Les procédures de préparation sont stockées dans mon cervelet - ce qui permet d'éviter la quasi-intégralité des efforts conscients.

  - Comme quand on fait du vélo ?

  - Exact.

  - Vous pouvez préparer du homard à la je-ne-sais-quoi sans réfléchir ?

  - Salade de homard, mangue, avocat avec œufs de poisson volant enrobés de wasabi et garniture d'algues croustillantes et de poireau frit. Exact. Actuellement, je travaille sur le désossage des cailles : je n'y arrive pas encore sans effort conscient." [p. 76 - 77]

 

Traduction : Odile Demange.

21:43 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

30/08/2015

Septembre 2015 : Challenge R. J. Ellory

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À l'invitation de Léa Touch Book, je participe en ce mois de septembre au challenge R. J. Ellory : je vais profiter de l'occasion pour découvrir l'auteur avec Seul le silence, un roman que j'ai acheté lors de la Foire du Livre de Bruxelles où j'avais eu l'occasion d'échanger quelques mots avec Ellory lui-même, au demeurant bien sympathique.

Les renseignements sont disponibles ICI.

21:19 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

22/08/2015

Les impliqués, Zygmunt Miloszewski

Présentation. Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère en plein cœur de Varsovie, Henryk Telak est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil.

L’affaire atterrit sur le bureau du procureur Teodore Szacki, las de la bureaucratie inhérente à son poste et de sa vie de famille sans relief. Il rencontre Monika Grzelka, une reporter qui affiche un goût certain pour le flirt, et découvre le pouvoir effrayant de certaines méthodes thérapeutiques non conventionnelles basées sur les mises en scène.

L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de tuer Telak ? L’enquête de Szacki fera resurgir un assassinat commis vingt ans plus tôt, avant la chute du communisme, et le mènera à des faits qui, pour sa propre sécurité, auraient mieux fait de rester oubliés.

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Mon avisUne lecture qui m'a plu même si, à mon sens, ce n'est pas tant l'enquête elle-même qui importe mais plutôt la personnalité du procureur Szacki et la manière dont il mène ses investigations...

Un crime horrible a été perpétré dans un ancien monastère de Varsovie, lors d'une thérapie de groupe appelée "Constellation familiale" : Henryk Telak a été retrouvé mort, une broche à rôtir enfoncée dans l’œil.

Le procureur - comme c'est le cas en Pologne - Szacki est chargé de l'enquête, une enquête qui s'avère difficile, puisque les indices éventuels sont très peu nombreux. À de multiples reprises, il se dit qu'il risque bien d'être contraint de classer l'affaire sans suite.

Pourtant, il ne lâche rien, malgré les soucis personnels qui le taraudent : à l'approche de la quarantaine, il "tourne en rond" dans son couple et est tenté par le jeu de la séduction avec une superbe journaliste, visiblement sensible à son "charme".

Inutile dans vous lancer dans ce récit si vous souhaitez de l'action : le rythme est lent et le lecteur découvre, par petites touches, la thérapie (qui existe vraiment) autour de laquelle semblent tourner les circonstances du crime, les "cogitations" du procureur relatives à l'affaire mais aussi à lui-même, englué dans une existence où la routine s'impose de plus en plus, la ville de Varsovie, personnage à part entière du roman et enfin, un groupe occulte extrêmement dangereux, vestige du passé...

Traduction : Kamil Barbarski.

17:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

20/08/2015

Quelqu'un qu'on aime, Séverine Vidal

Présentation. "Matt craignait le pire. Il sent sur son cou la main de son grand-père, qui prend la parole : 

- Je perds la mémoire. Et ce jeune homme, assis là, il m'emmène en tournée à travers les USA pour réveiller les souvenirs enfouis. C'est pas beau, ça ?

Antonia et Luke hochent la tête, ensemble, parce qu'ils sont émus, Matt le voit dans le rétro. Gary relâche son étreinte et :

- Qui pourrait rêver meilleur petit-fils, hein ?"

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Mon avis. Une lecture bien agréable que ce road trip qui va permettre au lecteur de suivre un petit bout de l'itinéraire commun de cinq personnages que la vie a incidemment réunis...

Chaque chapitre se focalise sur un des personnages majeurs du récit, principalement ceux qui se sont lancés dans ce voyage (pat) "boonesque".

Il y a d'abord Matt, un jeune homme devenu le soutien de son grand-père, (Old) Gary. Celui-ci souffre de la maladie d'Alzheimer et pour tenter de "raviver les souvenirs", Matt a décidé de suivre, avec le vieil homme, la route de la tournée effectuée par Pat Boone à la fin des années cinquante avec, sur ses traces, Gary et ses amis groupies.

Amber, dix-huit mois, la fille de Matt, (presque) tombée du ciel les accompagne et en raison des conditions météorologiques exécrables, l'avion qu'ils sont censés prendre pour San Diego ne décollera pas ; s'ajoutent alors de manière fortuite Antonia, une trentenaire en train de tourner une page de sa vie, ainsi que Luke, un adolescent qui visiblement cache un (lourd) secret...

La petite bande hétéroclite se découvre au fil de ce long trajet effectué dans le van baptisé La Vasse : ce n'est effectivement pas tant l'histoire qui importe - aux enchaînements parfois un peu faciles - mais les relations nouées entre ces personnalités, chacune touchante à sa manière selon les écorchures que l'existence lui a laissées.

  "Et pendant que Luke et Matt se lancent dans une longue farandole de prénoms masculins, Edgar, Luis, Reid, Richard, Don, Chad, Max, Jack, Philipp, Bill, Nick... elle sait que c'est là qu'elle doit être. Qu'elle a trouvé sa place.  À l'arrière d'un van à huit places, roulant vers la Californie, à côté d'une môme de 18 mois qui renifle en appelant "maman", d'un vieux qui porte la casquette de son petit-fils à l'envers et l'appelle Antonella, d'un ado qui regarde par la vitre en arbitrant une course de gouttes de pluie et d'un tout nouveau papa qui attend que le feu passe au vert." [p. 78]

 

La tendresse, l'émotion et l'humour sont au rendez-vous  ; je vous conseille d'embarquer à bord de La Vasse, en cette charmante compagnie... Encore un titre que je pourrai proposer à mes élèves.

Merci aux éditions Sarbacane pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (44).

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15:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

18/08/2015

Le peuple des Lumières, Collectif

Présentation. Terrorisme, fondamentalisme, droits des femmes, asile, extrémisme, sécurité… Autant de dossiers qui font inlassablement la Une, jour après jour. Autant de questions dont vous avez tous débattu ou, du moins, entendu parler.

Mais qu’en pensez-vous vraiment ? Avez-vous eu l’occasion de forger votre opinion, hors des slogans et des discours médiatiques ?

Quatorze voix vous aident à y voir plus clair. À travers ses histoires, ce sage peuple des lumières explore les facettes les plus profondes et complexes de l’humanité et vous invite à la rencontre de l’autre dans ses richesses et sa diversité.

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Mon avis. Je lis peu de recueils de nouvelles mais j'ai décidé cette fois de m'y plonger avec l'objectif éventuel de le faire découvrir à mes élèves dans le cadre du parcours sur les Lumières. Je pourrai effectivement le leur proposer...

Les textes qui composent ce volume sont d'inégale longueur et s'apparentent pour certains à des nouvelles tandis que d'autres appartiennent plutôt au genre du conte.

Ils sont aisés à lire, quelques-uns d'apparence un peu "facile" pour les élèves du deuxième degré mais outre le fait que les "irréductibles réfractaires à la lecture" pourront lire de temps à autre un récit sans que cela ne devienne une "corvée", la réflexion relative à la philosophie des Lumières y est bel et bien présente et chacun est susceptible de susciter la discussion.

Certaines histoires m'ont davantage marquée que d'autres, à commencer par celle qui ouvre le recueil et la seule à n'être pas de la fiction : Chronique de Raqqa, d'Abdalaziz Alhamza, un jeune Syrien aujourd'hui exilé en Allemagne, qui relate ses espoirs lorsque la lutte contre Bachar  El Assad s'est organisée, espoirs anéantis par Daesh. Gros plan sur une population désormais (op)pressée entre le marteau et l'enclume.

Chaque récit met en évidence l'une ou l'autre valeurs défendues par les Lumières comme la liberté de conscience et d'expression, la tolérance, la solidarité..., celles qui parfois (- trop - souvent) sont actuellement battues en brèche.

Côté fiction, je retiens Rouge, la neige, de Frank Andriat ; Othman, le héros, de Françoise Lalande ; L'amour sans le pardon, de Vincent Engel ; L'odyssée du treize, d'Ingrid Thobois, Mélitys ou la sécurité, de Grégoire Polet ; ou encore Veyce et Ramine, de Fariba Hachtroudi.

 

Un peuple prêt à sacrifier

un peu de liberté pour un peu

de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre,

et finit par perdre les deux.

Benjamin Franklin [en exergue de Mélitys ou la sécurité, de Grégoire Polet.

 

Merci aux éditions Ker pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (43).

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15:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

12/08/2015

L'Abeille Noire ou les Aventures d'une jeune Armoricaine à Saint-Domingue, Thierry Conq & Ronan Robert

Présentation. Été 1755. Awen Le Du, fille d’un humble pêcheur breton de Cornouaille, se voit contrainte de quitter brutalement sa Bretagne natale, déguisée en homme, dans l’espoir de retrouver son frère disparu. Elle rêve de liberté, d’exotisme et d’aventure. Que va-t-elle rencontrer ?

"Nous avons tous fait des vœux, Awen : le pire est parfois qu’ils se réalisent !"

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Mon avis. J'ai commencé cette lecture avec un a priori positif puisque j'aime beaucoup les romans historiques. Pourtant, dès les premières pages, j'ai "tiqué" ; j'ai alors poursuivi ma lecture, vaille que vaille, mais je n'ai nullement accroché à l'écriture, pas plus qu'aux personnages - quels qu'ils soient - même si j'ai davantage apprécié le derniers tiers.

Qu'est-ce donc qui a "coincé" pour moi ? J'ai trouvé la formulation très artificielle : tellement "travaillée" qu'elle ne paraissait pas couler de source. Un exemple : lors des descriptions, j'ai parfois eu l'impression de lire une énumération de synonymes de telle ou telle notion comme s'il avait fallu, à tout prix, faire le tour de la question de manière exhaustive.

En outre, j'aurais été davantage intéressée par Awen LeDu, me semble-t-il, si elle s'était exprimée comme une jeune fille de son âge, même si j'ai bien conscience qu'elle raconte ses aventures longtemps après leur déroulement.

Un détail m'a également dérangée : les titres des chapitres résument en quelques mots le contenu des pages à suivre, leur ôtant par là même toute surprise ; une contraction de texte par excellence, en quelque sorte.

Cela dit, l'Aventure - avec une majuscule - est présente du début à la fin : le lecteur vogue en compagnie d'Awen depuis la Bretagne jusqu'à Saint-Domingue, en passant par l'Angleterre et le moins que l'on puisse dire est que les péripéties sont extrêmement nombreuses.

Une déception pour moi mais un récit qui pourra plaire à ceux qui, tentés par l'air du large et les tribulations d'une jeune fille à une époque où "le masculin l'emporte plus que jamais sur le féminin", se jetteront à l'eau.

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

11:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/08/2015

Eldorado, Laurent Gaudé

Présentation. Gardien de la citadelle Europe, le commandant Salvatore Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrés clandestins. Plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission et donner un nouveau sens à son existence.

Dans le même temps, au Soudan, deux frères s'apprêtent à entreprendre le long et dangereux voyage qui doit les conduire vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen. [...]

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Mon avis. Un récit qui, assurément, "entre en résonance" avec Refuges, d'Annelise Heurtier et la douloureuse actualité. Un très beau texte qui dessille les yeux du lecteur, si besoin en était (encore)...

Mise au point sur Salvatore Piracci, commandant de frégate, une de celles chargées d'intercepter les embarcations des clandestins : Piracci retrouve à Catane une femme qui, deux ans auparavant, avait fait le "voyage" depuis le Liban jusqu'aux côtes italiennes sur le Vittoria. Cette rencontre (pas fortuite du tout) sera pour lui le début d'un processus irréversible.

  "Il repensait à son visage. Il y avait en elle une beauté solide et dure, la beauté de ceux qui ont décidé de leur route et s'y tiennent. La beauté que confère au regard la volonté. C'était bien cela. Elle était comme un bloc dur de volonté. Son désir lui illuminait le visage." [p. 42]

Parallèlement, l'on suit Soleiman, un jeune Africain contraint de tenter sa "chance" en Europe, à la recherche d'un (im)possible Eldorado.

  "Je voudrais pouvoir être sûr que dans dix ans, dans vingt ans, lorsque je reviendrai avec toi dans cette maison, nous pourrons nous asseoir, côte à côte, et manger ces dattes que nous y avons laissées. Retrouver dans la bouche - d'un coup - le goût d'ici. Je les pose sur la table. Tu te retournes vers moi. Tu me regardes un instant. Et je comprends que c'est comme de prendre ton souffle avant la plongée." [p. 54]

  "Je pense à toi que j'ai vu, une fois au moins, face à moi, fort et heureux de liberté. [p. 100]

  "Je n'ai qu'une hâte : que le bateau quitte l'Afrique et que mes mains se mettent à travailler." [p. 127]

 

Le roman oscille tantôt vers l'un, tantôt vers l'autre, dévoilant par petites touches "l'humanité" de chacun, dans une prose empreinte de douce poésie.

À (faire) lire. Absolument.

14:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

06/08/2015

La 5e vague, Rick Yancey

Présentation.

1ère VAGUE : Extinction des feux
2e VAGUE : Déferlante
3e VAGUE : Pandémie
4e VAGUE : Silence

À L'AUBE DE LA 5e VAGUE, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper… Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.

Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son ultime espoir de sauver son petit frère. Du moins si Evan est bien celui qu’il prétend…

Ils connaissent notre manière de penser.

Ils savent comment nous exterminer.

Ils nous ont enlevé toute raison de vivre.

Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

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Mon avis.  Un très bon moment de lecture que cette 5e vague...

C'est suite au conseil d'une de mes collègues que j'ai découvert ce récit dont j'avais déjà beaucoup entendu parler (merci Bénédicte) ; j'ai profité de ce congé pour le lire : je pourrai sans souci le rajouter sur les listes destinées à mes (futurs) élèves dans le cadre du parcours sur la Science-Fiction.

Point de dystopie cette fois, mais un monde "post-apocalyptique" : la quasi-totalité des humains a été exterminée depuis Leur arrivée : celle des extraterrestres. Ceux-ci ont opéré par vagues successives : quatre au moment où commence le roman.

Le livre est divisé en plusieurs parties d'inégale longueur, chacune centrée sur un des personnages majeurs du récit ; chacune apportant un éclairage particulier sur les événements : les pièces du puzzle s'assemblent au fur et à mesure des chapitres.

Focus particulier sur Cassie, Cassie pour Cassiopée, une adolescente qui tâche de survivre (pourquoi ?) dans ce monde dévasté où "la première règle de la dernière guerre est de ne faire confiance à personne". Traduction : tirer sur celui que l'on croise avant que lui n'appuie sur la gâchette. Je n'ai pu m'empêcher, à plusieurs reprises, de songer à La route, de Cormac McCarthy, en raison de la désespérance qui imprègne les pages dans lesquelles s'épanche Cassie. J'ai trouvé cette première partie un peu longue mais à partir du moment où se déroulent certaines rencontres - cette fois, c'est à Vagabonde que j'ai pensé -, le rythme s'accélère et les pages tournent d'elles-mêmes.

Côté intrigue, le lecteur en arrive, lui aussi, à demeurer sur le qui-vive car les apparences sont parfois/souvent trompeuses. Les personnages, quant à eux, suscitent la sympathie... ou l'antipathie, selon le rôle endossé dans l'histoire. Impossible pour moi de rester insensible à Cassie, Evan, Sammy, Ben.

J'ai aussi beaucoup aimé l'humour désespéré dont fait preuve la jeune fille : quand tout semble perdu, ses "feintes à deux balles" persistent...

Je lirai volontiers la suite et découvrirai sans nul doute l'adaptation cinématographique prévue pour février 2016 (avec un Liev Schreiber judicieusement choisi pour incarner le colonel Vosch).

Traduction : Francine Deroyan.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (42), "Un mois, une consigne" (couverture jaune pour août : je reconnais que je triche un peu) et "Un genre par mois" (Science-Fiction pour août).

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12:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/08/2015

Outlander, Livre 5 : La croix de feu, Diana Gabaldon

Présentation. 1771. La guerre d'indépendance américaine approche. Claire, exilée au Nouveau Monde, l'a lu dans ses livres d'histoire et Jamie Fraser, son époux, est bien placé pour savoir que ses prédictions se réalisent toujours. Et pour cause...

Née au début du XXe siècle, Claire Beauchamp-Randall a servi comme infirmière dans les rangs de l'armée anglaise pendant la Seconde Guerre mondiale avant de se retrouver projetée au cœur des Highlands à une époque - 1743 - où les seuls Anglais présents en Écosse étaient les soldats et officiers de l'armée du roi Georges. Épouse, mère et chirurgienne, Claire est toujours liée à Jamie, son Highlander, par une folle passion, et a retrouvé sa fille Brianna, qui, elle aussi, a su passer à travers les mailles du temps. Leur bonheur serait donc complet si elle ne savait ce que l'avenir leur réserve : la révolution américaine est en marche, lourde de périls. [...]

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Mon avis. Je suis ravie d'avoir retrouvé mon couple préféré même si j'ai trouvé que ce cinquième tome souffre parfois quelques longueurs...

Ainsi, la première journée, le gathering, s'étale sur 300 pages (sur plus de 1500) et franchement, je finissais par avoir hâte que cette très (trop) longue journée se termine et que le petit groupe de Fraser's Ridge réintègre ses pénates pour qu'enfin, les choses "sérieuses" commencent...

Cet opus suit les personnages majeurs : Claire et Jamie, Brianna, Roger et Jemmy bien sûr ; au fil du temps/texte (ré)apparaissent également tante Jocasta et sa plantation, Stephen Bonnet qui demeure constamment présent dans les "esprits concernés" et tous ceux qui désormais vivent sur le domaine disparate de Fraser's Ridge : Fergus, Marsali et leurs enfants, Lizzie et son père, les métayers et leur famille.

L'Histoire est en marche avec les prémices de la révolution américaine : quand l'ordre est lancé de constituer une milice pour lutter contre ceux que l'on appelle Régulateurs, Jamie ne peux s'y soustraire. Les talents de Claire en tant que médecin, infirmière, guérisseuse... seront plus que jamais nécessaires. Mais accomplir des miracles n'est pas de son ressort, d'autant que le poids des ans commence tout doucement à se faire sentir. Même pour Jamie...

La fin ouvre de nouvelles perspectives : me voici volontiers en route pour le livre 6...

Traduction : Philippe Safavi.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce roman entre - avec deux jours de retard - dans le challenge "Un genre par mois" (romance pour juillet).

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20:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/08/2015

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

Présentation. "Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps."

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

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Mon avis.  Ce roman est arrivé dans ma boîte aux lettres sans que je l'aie demandé et comme j'en avais lu beaucoup de bien et qu'il risquait d'être intéressant pour mes (futurs) élèves, je n'ai pas tardé à l'ouvrir.

Premier essai : je lis le "chapitre" 1 et aussitôt, je referme le livre. Ouille...

Deuxième essai : je relis le "chapitre" 1 et poursuis ma découverte. Vaille que vaille car barbée, je l'ai été. Jusqu'au bout. Impossible de me sentir un tant soit peu concernée par ce récit qui ne m'a (presque) jamais émue, en raison de l'écriture à la "précision chirurgicale" (!) qui m'a fait songer, à certains moments, au Nouveau Roman : phrases kilométriques faisant la part (pas) belle aux détails. Pourtant, je me sens concernée par le sujet ; j'ai d'ailleurs fait, voici quelques années déjà, les démarches pour être inscrite comme donneuse.

Pourquoi continuer la lecture, me demanderez-vous ? Tout simplement parce que ce texte est effectivement susceptible d'intéresser les élèves : ce n'est pas parce que j'ai été "larguée" dès les premiers mots (maux), qu'ils le seront aussi... Pour preuve, les multiples billets élogieux aux antipodes du mien.

Bref, un des flops de cette année pour moi...

17:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

22/07/2015

Darkwind, 1. Mécanique infernale, Sharon Cameron

Présentation. Angleterre, 1852. Katharine est envoyée par sa tante et tutrice au manoir de Darkwind où vit son oncle Tulman. Elle doit prouver que celui-ci a perdu la raison et le faire interner pour qu’il cesse de dilapider la fortune familiale. À Darkwind, Katharine rencontre un vieil homme excentrique, mais surtout génial, qui se consacre à l’invention de fascinants automates. À ses côtés travaillent des dizaines de personnes qu'il a arrachées à la misère. Katharine doute : l'héritage familial mérite-t-il qu'on sacrifie son oncle et les familles qu'il protège ? Pour le savoir, elle décide de rester un mois à Darkwind. [...]

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Mon avis. Je navigue pour le moment dans les eaux (parfois troubles) de l'Histoire et j'aime décidément beaucoup cela. Cette fois, j'ai plongé dans l'Angleterre du XIXe siècle en compagnie de Katharine, jeune fille de presque dix-huit ans, contrainte de vivre auprès de sa tante Alice, une veuve acariâtre qui ne daigne délier les cordons de sa bourse que pour son fils, "le gros Robert", et en aucun cas pour la nièce détestée qu'elle s'ingénie à brimer le plus possible.

Elle confie à Katharine une mission peu banale : se rendre à Darkwind auprès de l'oncle Tulman afin de trouver des preuves susceptibles de prouver que celui-ci n'a plus toute sa raison, ce qui permettrait ainsi de le faire interner et, par la même occasion, faire main basse sur l'héritage sans devoir attendre la majorité de Robert.

Katharine pense s'acquitter de sa tâche en quelques jours, d'autant qu'elle est très mal accueillie à Darkwind par Madame Jefferies, une cuisinière peu avenante, Lane, espèce de jeune ours mal léché et Davy, un petit garçon mutique ; chacun semble vouloir lui cacher "oncle Tully"... qu'elle finit pourtant par rencontrer : tout un poème...

En deux coups de cuillère à pot, son opinion est faite sur le "vieil original", génial inventeur passionné d'automates, et à peine arrivée dans le manoir laissé quasi à l'abandon, elle décide d'en repartir sur-le-champ.

Elle n'en fera finalement rien et accepte le "marché" de Maître Babcock, l'avocat de l'oncle Tully, lui demandant de différer d'un mois son compte rendu auprès de sa tante : occasion idéale pour Katharine de découvrir le mode de vie de son oncle, génie resté enfant, ainsi que des nombreuses familles sauvées de la misère grâce à lui et dont la survie décente dépend du domaine.

J'ai adoré ce récit que je reprendrai l'an prochain sur les listes proposées à mes élèves. J'en ai apprécié l'écriture souvent parsemée d'humour, les descriptions du cadre pour le moins mystérieux aux apparences fantastiques qui m'a fait songer, par certains côtés, à Rebecca, de Daphne du Maurier, ainsi que l'évolution des personnages et particulièrement Katharine, coincée au début du récit - dans tous les sens du terme -; Lane qui se révèle attachant dès lors qu'il daigne entrer en communication (!) avec autrui - ce n'est pas une mince affaire -; sans oublier oncle Tully, lui dont la vie doit pourtant rester réglée comme du papier à musique, question d'(un semblant d')équilibre.

Je lirai volontiers la suite ; grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Traduction : Vanessa Rubio-Barreau.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (41).

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16:25 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/07/2015

La Prisonnière de Venise, Valeria Montaldi

Présentation. À Venise, en 1328, Giulia, ravissante orpheline de noble extraction, subit les mauvais traitements de sa tante tyrannique. Elle tombe amoureuse d'un marchand juif, Samuel, dont elle tombe enceinte. Nicoleta, jeune fille du peuple, attend un enfant conçu lors d'un viol. Sous la pression du conservatisme, les deux femmes vont accoucher en secret et confier leur progéniture à des familles adoptives.

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Mon avis. Ce roman historique se lit aisément et permet de découvrir la Venise du XIVe siècle (classes sociales, coutumes, lieux, religion...) mais j 'ai trouvé que les événements s'enchaînent beaucoup trop vite, je ne me suis (dès lors) véritablement attachée à aucun des personnages ; en outre, l'action est très prévisible. Il me semble que c'est le genre de récit qui aurait gagné à être davantage développé.

Par ailleurs, l'écriture présente parfois quelques maladresses, notamment dans certains dialogues.

Ce fut une lecture rapide, agréable, mais elle m'a laissée sur ma faim...

Traduction : Renaud Temperini.

Merci aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

16:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/07/2015

La Voie des rois, 1: Les archives de Roshar, Brandon Sanderson

Présentation. Roshar, monde de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là. Pour elles, les hommes s'entre-déchirent.

Dans le paysage dévasté des Plaines Brisées, Kaladin, enrôlé de force, lutte dans une guerre insensée qui dure depuis dix ans, où plusieurs armées combattent séparément le même ennemi. Dalinar Kholin, chef de l'une de ces armées, est fasciné par un texte ancien appelé La Voie des rois. De l'autre côté de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie, et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

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Mon avis J'ai vraiment apprécié ce premier tome qui permet à l'auteur de laisser pleinement se déployer son imagination débordante.

Le récit se focalise sur des personnages majeurs : Szteh-fils-fils-Vallano, régicide à l’œuvre dans le prologue et qui resurgira de temps à autre au cours du roman ; Kaladin, valeureux soldat, pétri d'humanité malgré sa fonction ; Shallan, adolescente grandie trop vite qui ploie sous le poids de responsabilités familiales et bien décidée à devenir la pupille de Jasnah Kholin pour parvenir à ses fins ; et enfin Dalinar Kholin, oncle du roi Elhokar et de Jasnah, commandant intègre mais controversé d'une des armées d'Elhokar. Sans oublier un personnage extrêmement sympathique : Syl, un sprène du vent, espèce de fée Clochette translucide soucieuse de venir en aide à Kaladin, comportement tout à fait insolite de la part d'un sprène, "apparition colorée" généralement liée  aux émotions ressenties par les individus comme la colère, la peur, la gloire...

Le roman se centre tour à tour sur un des personnages principaux et tisse petit à petit une grande toile : ce tome 1 constitue le terreau dans lequel chacun prend(ra) sa place au sein d'aventures épiques qui se poursuivront dans la suite.

J'ai apprécié les personnages nuancés, à l'écoute de soi-même et/ou d'autrui - les deux étant parfois très difficilement compatibles -, mettant sans cesse en balance les intérêts des uns et des autres, privilégiant souvent, tant que faire se peut, la collectivité, quoi qu'il en coûte, "qui" qu'il en coûte... J'ai particulièrement été sensible au duo Kaladin/ Syl.

Grand merci au Livre de Poche pour ce partenariat ; je lirai volontiers la suite.

Une belle brique qui ravira les amateurs de fantasy en général, et de Brandon Sanderson en particulier, l'auteur d'Elantris et de Fils-des-Brumes...

Traducteur : Mélanie Fazi.

15:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/07/2015

Le cercle des confidentes/Les espionnes de la reine : Lady Beatrice, Jennifer McGowan

Présentation. Elles sont cinq. Cinq jeunes femmes aux talents extraordinaires. Cinq espionnes de la reine. Elles sont ses yeux, ses oreilles. Chacune est unique. Voici l'histoire de lady Béatrice...

Mission délicate pour lady Béatrice : découvrir les réelles intentions de la délégation écossaise reçue par la reine. Pour cela, elle a un plan : séduire le beau et turbulent Alasdair MacLeod, l'un des envoyés écossais. Lady Béatrice sait comment s'y prendre. Mais ne risque-t-elle pas de tomber dans son propre piège ?

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Mon avis. Oh que j'ai apprécié cette nouvelle plongée dans l'Angleterre du XVIe siècle, au côté des espionnes de Gloriana. Après le tome 1 centré sur lady Megan, celui-ci suit le parcours de lady Beatrice, celle du petit groupe dont les habiles manœuvres et manigances servent les intérêts de la reine, bien avant les siens.

La reine apparaît de manière très peu (!) sympathique à travers les yeux de lady Beatrice : chacune déteste cordialement l'autre mais elles sont irrémédiablement liées par un secret qui ne peut être éventé. La jeune fille obéit donc aux ordres de sa souveraine, quoi qu'il lui en coûte...

Le récit commence avec le mariage de Beatrice et lord Cavanaugh... vite interrompu par la reine qui a "d'autres projets" pour la jeune femme : elle la somme de charmer Alasdair MacLeod, Écossais en séjour à Windsor, accompagné de quelques compatriotes. Sa mission ? Découvrir les desseins poursuivis par celui qu'elle considère comme un rustre. Autant dire qu'elle est loin d'être enchantée, surtout que son projet d'un "beau mariage" semble voué aux oubliettes, alors qu'elle œuvrait dans ce sens depuis de nombreuses années. Mais elle ne peut, ni ne veut d'ailleurs, se dérober.

J'ai volontiers pénétré dans le point de vue de Beatrice, finalement moins détestable qu'il n'y paraît ; j'ai assisté en témoin amusé - et touché - aux échanges souvent tendus entre Beatrice et MacLeod, comprenant rapidement "ce qu'il en est". J'ai apprécié retrouver les confidentes, le "terrain" semblant déjà préparé, par petites touches, pour les tomes suivants. Mention particulière pour Alisdair MacLeod, le père de Beatrice et la machiavélique Elizabeth...

Traduction : Marie Cambolieu.

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (40) et "Un mois, une consigne" (une héroïne en guise de personnage principal).

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17:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

05/07/2015

Big game, Dan Smith

Présentation. Comme tous les garçons de son village, et ce depuis des générations, Oskari est envoyé dans la forêt vivre le rite d’initiation qui fera de lui un homme à la veille de ses 13 ans. Sa mission : chasser un animal sauvage. Peu habile, Oskari est la risée des autres adolescents.

Livré à lui-même en plein cœur de la forêt boréale, il s’apprête à rentrer bredouille, lorsqu’un avion explose sous ses yeux. Près du lieu de l’accident, il découvre une capsule de sauvetage où ne se trouve rien de moins que le président des États-Unis ! Oskari est alors investi d’une toute nouvelle mission : sauver l’homme le plus puissant au monde des terroristes qui le pourchassent. Une aventure hors du commun qui sera pour lui l’occasion de découvrir la véritable signification du mot "courage".

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Mon avis. Une lecture qui devrait plaire aux adolescents férus d'action ; il me semble particulièrement convenir aux élèves de deuxième et troisième secondaire...

Ce récit a en réalité été écrit à partir d'un film et cela s'en ressent dans le sens où il va droit à l'essentiel sans s'encombrer de développements. Mais peu importe car les coutumes du groupe auquel appartient Oskari sont évoquées de telle manière que le lecteur comprend aisément l'enjeu de l'initiation à laquelle va participer l'adolescent... et sa souffrance bel et bien présente relative à l'anticipation de l'échec, presque inévitable tant l'habileté lui fait défaut.

Le défi qui se présentera alors à lui est à mille lieues de ce qu'il avait imaginé, et nettement plus dangereux que simplement être raillé à son retour au village s'il ne ramène pas la dépouille d'un animal vaincu : il est ici question de sauver sa peau, ainsi que celle du président des États-Unis qu'un groupe très lourdement armé veut à tout prix éliminer.

Oskari aura peut-être l'occasion de faire ses preuves, mais pas forcément de la manière escomptée. Encore faut-il que lui et son compagnon inattendu restent en vie ; c'est une autre paire de manches...

Même si le récit est sans véritable surprise, il déroule sa trame sans temps mort : un bon, divertissement sans prétention...

Traduction : Cyril Laumonier.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (39).

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11:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/07/2015

Birth marked, 2 : Bannie, Caragh M. O'Brien

Présentation. Gaia a quitté l’Enclave, fuyant ses lois cruelles, pour partir à la recherche de sa grand-mère dans la Forêt Morte. Mais ce qu’elle y découvre est bien loin de l’asile qu’elle espérait… La jeune sage-femme devra une nouvelle fois puiser au plus profond d’elle-même pour sauver ceux qu’elle aime et briser les interdits.

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Mon avis. C'est sur les conseils de mon "petit" frère que j'ai découvert Birth marked, 1 : Rebelle, que j'ai beaucoup apprécié. Je viens de terminer le tome 2, Bannie ; hé bien, je dois dire que je le trouve encore meilleur, c'est dire si je l'ai aimé.

Le récit commence où s'est terminé le précédent, à savoir la fuite de Gaia vers la Forêt Morte, là où sa grand-mère serait a priori réfugiée.

Déshydratée, exténuée, portant sa sœur Maya âgée de quelques semaines seulement, Gaia finit par tomber sur la colonie qu'elle recherchait. Sa grand-mère est décédée et la jeune fille découvre une société extrêmement organisée, régie d'une main de fer par MaLady Olivia, Matriarche qui règne efficacement sur son petit monde malgré sa cécité.

Gaia se rend très vite compte qu'elle a migré d'une société patriarcale vers une société matriarcale et que si les rapports de force se sont inversés entre les deux sexes, comparé à ce qu'elle a connu jusque-là, il demeure toujours un groupe qui n'a pas voix au chapitre. Il sera dès lors très difficile pour elle de se plier aux règles immuables, pourtant établies à l'origine pour permettre la survie, au sens propre, du groupe.

La description de cette société qui nous est si peu familière est très intéressante ; en outre, la plupart des personnages sont nuancés, qu'il s'agisse de Gaia elle-même, Léon, Will ou Peter, nombreux étant d'ailleurs sensibles au charme naturel de l'héroïne, ainsi qu'à sa droiture, à tel point qu'elle en oublie presque sa cicatrice...

Je lirai bien évidemment la suite.

Traduction : Juliette Saumande.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (38) et "Un mois, une consigne" (une héroïne en guise de personnage principal pour juillet).

20:14 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/06/2015

Haïkriture

Histoire de déposer quelques mots dans le cadre de l'atelier d'écriture proposé par Leiloona.

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© Vincent Héquet

 

Brume de la nuit

Visages encolérés

Rire enténébré

 

Jugement hâtif

Haine gronde dans les rangs

Arme ensanglantée

07:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

28/06/2015

Un Été 42, Herman Raucher

Présentation. Hermie, Oscy, Benjie : trois amis, une énergie infinie et une ignorance crasse des choses de la vie. Mais du haut de leurs quinze ans, ils ont bien l’intention de devenir des hommes. Dans leur quête aussi ambitieuse que maladroite, ils partagent l’intuition que tout se joue dans les bras des filles, sont persuadés que leur amitié les tirera à chaque fois des mauvais pas, et suivent les commandements d’un manuel d’anatomie dévoilant les "douze étapes de la sexualité".

Et puis, il y a "la femme". Dorothy. Une déesse de vingt-deux ans, merveille des merveilles, aux jambes longues et lisses, aux lèvres humides et entrouvertes sur trente-deux petites dragées scintillantes, aux cheveux de soie pure, aux longs cils de velours voilant délicatement des iris couleur émeraude. Poser le regard sur elle fait monter les larmes aux yeux de Hermie. Pourquoi pleure-t-on en contemplant la beauté ? Quelle émotion profondément enfouie le spectacle de la splendeur met-il au jour ? [...]

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Mon avis. Un récit tendre, doux-amer, qui raconte un été particulier : celui qui, irrémédiablement, laisse derrière soi l'enfance...

Hermie, Oscy et Benjie ont 15 ans et vivent à Nantucket Island alors que la guerre fait rage en Europe. Je n'ai pas pu m'empêcher, tout au long de ma lecture, de penser au film Stand by me (à voir si ce n'est déjà fait) de Rob Reiner - et par conséquent d'en fredonner la chanson de Ben E. King - même si je sais qu'une bonne vingtaine d'années séparent l'époque de ce  roman de celle du film et que les préoccupations majeures des héros diffèrent puisque leurs âges diffèrent également. Pourtant, l'évocation de la frontière qui sépare "l'avant" et "l'après" est identique.

Le récit se centre sur Hermie, doux rêveur, "ardemment travaillé", tout comme ses deux amis, par ses hormones ; et depuis qu'il a vu la jeune femme de "la maison là-haut entre les dunes", il ne peut s'empêcher de penser à elle et d'imaginer bien des délices.

  "Soudain, il la vit. Son estomac fit une chute libre jusque dans ses baskets.

   Elle était radieuse. Il n'y avait pas d'autre mot. Radieuse. Avec ses longues jambes, sa chevelure flottant au vent et ses yeux verts, ses yeux verts si doux et si limpides, ces yeux qui hantaient tous mes rêves... mais, était-ce possible, elle était en détresse. Elle avait les bras chargés de plus de paquets qu'elle ne pouvait en porter. Ils allaient bientôt tomber, ça ne faisait pas un pli. Enfin une mission pour Super Hermie. Une dernière bouchée de beignet pour activer ses pouvoirs et aussitôt, il sentit ses cinquante kilos se durcir comme du béton." [p. 90 - 91]

 

Et bien des choses (...) durciront au cours de cet été, à de multiples reprises : le trio est avide de connai(joui)ssances et lorsque Benjie mettra la main sur LE livre, celui qui permettra de "faire don du feu à l'humanité", bien des portes s'entrouvriront.

  - "L'acte sexuel : comment l'accomplir." En douze étapes. Simplement énoncées. Pages 664 à 678. Il sourit à Hermie : "C'est là-dedans, Hermie. Tout est là-dedans. Quelqu'un a eu le bon sens de mettre tout ça noir sur blanc." [p. 207]

 

À côté de la nostalgie, la grande force du récit réside aussi dans l'humour qui s'en dégage, agrémenté, çà et là, de subtiles touches poétiques.

  "Un grand soleil brillait haut dans le ciel lorsque Hermie sortit par la véranda. Il fut agréablement surpris de découvrir qu'il n'aurait pas à enjamber le corps de sa sœur, qui gisait généralement sur la pelouse, face vers le soleil, comme un jouet abandonné par un chien ou un chargement tombé du camion. Sa sœur était noire d'un côté et blanche de l'autre. Ils n'avaient la maison que pour huit semaines, et s'il fallait marcher à reculons tout l'été pour ne jamais tourner le dos au soleil, elle était bien du genre à le faire. D'ailleurs, elle était sans aucun doute la plus formidable et la plus bronzée des marcheuses à reculons que la Terre ait portées. Elle avait le visage tanné et le cul blanc. Boris Karloff en aurait eu des frissons." [p. 25]

   "Il la regardait boire son café. Elle avait les lèvres humides et elle devait les entrouvrir pour laisser passer le liquide. Cette façon qu'elle avait d'entrouvrir les lèvres puis de les refermer avec une moue légère quand elle en avait assez... c'était un des spectacles les plus sexy qu'il lui eût été donné de voir. Ah, s'il était une tasse entre ses lèvres, ils feraient l'amour à petites gorgées. Un vrai poème." [p. 178 - 179]

 

Je vous le recommande bien volontiers...

 

Traduction : Renée Rosenthal.

Merci aux éditions La belle Colère pour ce partenariat.

Voici les liens publiés avant-hier sur La Fée lit et D'une berge à l'autre.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (37) et "Un genre par mois" (joker pour juin).

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13:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

27/06/2015

Les Outrepasseurs, 1 : Les Héritiers, Cindy Van Wilder

Présentation.

«- Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
- Nous ?
- Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s'arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux.»

Peter, un adolescent sans histoires, échappe de justesse à un attentat et découvre que l'attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d'un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d'une société secrète, les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie...

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Mon avis. J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, premier d'un trilogie, qui allie présent et passé...

Le récit commence avec Peter, un adolescent londonien qui rentre chez lui après le dernier match de foot de la saison, alors qu'il a enfin réussi à se faire remarquer de l'entraîneur. Sa chance, il va l'avoir !

C'est sans compter sur une agression pour le moins étrange et qui aurait pu - aurait dû - avoir des conséquences dramatiques : il est attaqué dans son jardin par deux molosses semblant sortis tout droit de l'Enfer et ne doit sa survie qu'à l'intervention inopinée (?) d'un renard (!).

Il découvre très vite que sa mère, avec laquelle il n'a que peu de véritables contacts, semble tremper dans une "organisation" bizarre ; que Marcelline, la cuisinière qui a depuis toujours pallié l'absence quasi permanente de sa mère n'est pas non plus celle qu'il croyait ; que sa vie vient de s'engager sur une voie inimaginable, régie d'une main de fer par un être peu amène prénommé Noble (!).

Tel est le fil conducteur qui plongera Peter - au sens propre - et le lecteur - au sens figuré - dans le passé, plus exactement en l'an de grâce 1206, en Île-de-France : les chapitres relatifs au Moyen Âge permettent au jeune garçon - et à tous ses compagnons embarqués dans la "même galère" - de découvrir l'histoire de leurs familles et par là même, de comprendre comment est né le groupe des Outrepasseurs...

Le récit alterne les passages se déroulant dans l'époque contemporaine et ceux se déroulant au XIIIe siècle, une époque au cours de laquelle les superstitions imprègnent la société...

J'ai vraiment aimé ce roman, avec une préférence pour les pages qui relatent le passé ; l'écriture est savoureuse et "donne à voir" de manière précise personnages, cadre et atmosphère.

Un livre - par ailleurs bel objet à la présentation soignée - qui appelle la lecture de la suite...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (36) et "Un mois, une consigne" (auteur francophone en juin).

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16:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

22/06/2015

Le noir est ma couleur, 4 : L'évasion, Olivier Gay

Présentation. Manon et Alexandre fuient Paris pour Nice où des Mages Noirs doivent aider la jeune fille à contrôler ses nouveaux pouvoirs. Traqués par le Conseil des Mages, recherchés par la police, ils empruntent de petites routes en scooter pour ne pas être repérés. Au fil des heures, les pouvoirs noirs de Manon s’affirment de manière inquiétante, mettant Alexandre en danger...

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Mon avis. Il est rare que je lise des séries : deux ou trois tomes, passe encore mais il arrive souvent un moment où je finis par éprouver un peu de lassitude [et pour ceux qui se poseraient la question : non, je n'ai pas (encore) lu Harry Potter ; oui, j'ai essayé de lire Le Seigneur des Anneaux mais ai renoncé après une bonne centaine de pages et on ne m'y reprendra plus ; oui, je lirai (au moins) le premier tome de Game of Thrones]. Pourtant, j'ai pris autant de plaisir à me plonger dans ce quatrième opus que dans les précédents et j'attends dorénavant le cinquième et dernier...

Focus sur Manon et Alexandre, bien décidés à se rendre à Nice afin d'(essayer d') y trouver des Mages Noirs susceptibles d'apporter des réponses à la jeune fille et de l'aider à "apprivoiser" le Noir. La tâche ne sera pas facile (litote !) puisque le duo a désormais à ses trousses et la Police, et le Conseil des Mages. S'ajoute à cela le comportement épisodiquement étrange de Manon qui met Alexandre en danger.

Après quelques "péripéties" s'ensuit un road trip puisqu'une road, il y a, un trip, il y a aussi, même si le moyen de locomotion n'est pas celui auquel on est habitué dans ce cas de figure, en l'occurrence un scooter.

 

  " - Euh, Manon, faire la paix avec la police, ce n'est pas aussi évident. J'en ai frappé un. Sans parler de ton père qui doit rêver de me mettre la main dessus. Mes chances de survie sont plus élevées avec toi - c'est dire. [...]

    - Bon, tu es prête à remonter en selle ? Tu es rassurée, maintenant que tu sais que je ne te fais pas la gueule ?

    - Oh, oui, très rassurée, c'est bien mieux de savoir que tu as peur de moi.

   - Je n'ai pas peur, j'ai... bon, d'accord, j'ai un peu peur. Mais ça rajoute du piment au truc. Quoi que tu dises, je ne partirai pas. Alors hop, monte derrière moi. Et n'en profite pas pour me tripoter. Si tu crois que je ne t'ai pas sentie te coller à moi pendant le trajet.

    - C'était pour ne pas tomber ! proteste-t-elle.

    J'aurai au moins réussi à lui changer les idées. Je fais gronder le moteur et elle se dépêche de grimper derrière moi. Ses mains se posent sur mon ventre. Je contracte les abdos par réflexe et je l'imagine rire dans mon dos. On dira ce qu'on voudra, le scooter, ça rapproche.

    La Magie Noire, ça écarte." [p. 87 - 88]

 

Concrètement, j'ai retrouvé volontiers les deux adolescents, touchants comme au premier jour  aux premières pages ; je craque toujours autant pour Alexandre qui ne se départ jamais de son humour ; j'ai aimé voyager caho/chaotiquement en leur compagnie et faire la connaissance de créatures - en noir et blanc - pour le moins renversantes. J'ai moi aussi attendu des réponses aux questions formulées au cours du trajet mouvementé.

Tout ne s'éclaircit (!) pas à l'issue du récit puisqu'un cinquième tome est prévu. Quant à la fin... Euh... Blackout... Le genre d'épilogue qui donne envie de jouer aux fléchettes sur la photo de l'auteur ;-)

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (35) et "Un mois, une consigne" (auteur francophone pour juin).

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19:20 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/06/2015

Cœur de Brindille, Yves-Marie Robin

Présentation. Été 1975, Cité des Biscottes, dans le Nord de la France. Lolita dite Brindille, une adolescente de 15 ans, vit seule avec sa mère, alcoolique notoire. En vraie « fleur de béton », Brindille ne rêve que de partir – d’abord et avant tout, pour revoir son frère aîné Angelo, incarcéré à Marseille.

C’est à l’occasion d’une rencontre foudroyante avec un jeune jongleur travaillant dans un cirque tzigane qu’elle concrétise ce désir… au grand désarroi de son professeur de lycée, très attaché à cette élève atypique [...]

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Mon avis. Cela m'arrive très rarement - la deuxième fois pour être précise - avec la collection Exprim' mais ce fut pour moi clairement une déception. Jamais, je ne me suis un tant soit peu attachée aux personnages, jamais leur sort ne m'a intéressée...

Quelques reproches majeurs : les dialogues m'ont paru sonner faux à certains moments ; en outre les clichés abondent, si "énormes" qu'ils perdent en crédibilité (une description davantage nuancée de la mère de Lolita aurait rendu les choses plus vraisemblables) ; enfin, les événements s'enchaînent avec une aisance (trop) déconcertante.

Bref, je suis passée complètement à côté mais d'après ce que j'ai pu lire jusqu'à présent, je suis une des seules...

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (34) ainsi que "Un mois, une consigne" (auteur francophone pour juin).

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13:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

10/06/2015

Like me, Chaque clic compte, Thomas Feibel

Présentation. Fais-toi des amis, gagne des points et deviens la star d'ON SHOW !
Jana, Caro et Eddie s'inscrivent à un concours organisé par le réseau social ON. Le vainqueur deviendra le présentateur d'une émission de webtélé. Pour l'emporter, il faut réunir le plus de points en postant des vidéos et des photos. Les trois collégiens s'allient pour augmenter leurs chances. Mais, bientôt, Caro est prise de doutes : Jana va trop loin, elle semble prête à tout pour gagner. Malgré tout, elle-même ne parvient pas à s'arrêter. La quête des like devient un besoin irrépressible...

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Mon avis. Voici un livre qui a débarqué par surprise dans ma boîte aux lettres. Aussitôt commencé, aussitôt terminé : il me paraît vraiment intéressant pour susciter une réflexion relative aux réseaux sociaux auprès d'élèves du secondaire inférieur (parfait pour des deuxièmes, me semble-t-il).

Caro, la narratrice, raconte les changements survenus dans sa vie lorsque Jana a débarqué sans crier gare dans son collège ; la jeune fille de 14 ans est de celles qui attirent inévitablement l'attention : jolie, "fringuée" à la dernière mode, très à l'aise financièrement.

Et Caro, comme (presque) tous les autres élèves, succombe au charme de l'adolescente. Cette dernière ne vit que pour attirer le regard des autres, que ce soit "in real life" ou sur le réseau social "ON".

Or il se fait que "ON" - qui ressemble à s'y méprendre à FB - organise un concours à l'issue duquel le vainqueur deviendra présentateur d'une émission sur le web. Du sur-mesure pour Jana qui va habilement s'adjoindre les services de Caro et Eddie pour parvenir à ses fins... jusqu'à ce que le duo commence à se poser des questions sur  la ligne rouge à ne pas franchir. Mais comment (essayer d') arrêter une machine qui s'emballe ?  Comment (tâcher de) limiter les dégâts ? D'autant que récolter un maximum de "like" pour soi-même est aussi tentant...

J'ai soupçonné avant Caro le "pot aux roses" à propos de Jana mais cela ne m'a nullement freinée dans ma lecture...

Traduction : Laurence Bouvard.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (33).

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19:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/06/2015

Peur express, Jo Witek

Présentation. Un 22 décembre, un TGV tombe en panne sur un viaduc en pleine tempête de neige. Parmi les passagers, six adolescents - qui ne se connaissent pas - sont alors sujets à des phénomènes étranges : hallucinations, visions de personnes décédées, voix harcelantes, prétendue apparition d’un vampire… 

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Mon avis. J'ai vraiment passé un bon moment de lecture avec ce récit de Jo Witek, déjà appréciée dans Un hiver en enfer.

Le roman se déroule, pour une bonne part, fin décembre dans un TGV ; c'est l'occasion pour le lecteur de faire la connaissance des membres du personnel, chacun soumis aux aléas de sa vie personnelle.

Parallèlement, nous suivons six adolescents confrontés à des événements pour le moins étranges et inexplicables rationnellement, alors que le train rencontres d'énormes difficultés liées à la neige qui tombe de plus en plus dru.

Je me demandais où l'auteure souhaitait nous conduire (!) et j'ai apprécié la réflexion suscitée à la fin du récit, même si elle est à tout le moins déconcertante et s'éloigne des rails de la fiction...

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (32) et "Un mois, une consigne" (auteur francophone pour juin).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

08/06/2015

Au loin. Peut-être ?

Quelques mots pour l'atelier d'écriture chez Leiloona.

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 © Leiloona

 

Urgent de se libérer des carcans, d'ouvrir les cadenas, un à un, ceux qui l'ont enchaînée depuis de longues années, ceux qu'elle a fermés elle-même. Aussi.

Difficile de trouver la clef. Difficile de l'engager dans la serrure et de la faire tourner. Mécanisme grippé. Difficile d'essayer. Aussi.

Moment venu d'ôter une à une les couches métalliques qui l'encarapacent.

Ouvrir. Respirer. S'envoler.

Plonger dans la trouée de bleu du ciel gris.

Enfin ?

07:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) |

05/06/2015

L'épreuve, t. 3 : Le remède mortel, James Dashner

Présentation. LE TEMPS DES MENSONGES EST TERMINÉ.

Le WICKED a tout volé à Thomas : sa vie, sa mémoire et maintenant ses seuls amis. Mais l'épreuve touche à sa fin. Ne reste qu'un dernier test... Terrifiant. Cependant, Thomas a retrouvé assez de souvenirs pour ne plus faire confiance à l'organisation. Il a triomphé du Labyrinthe. Il a survécu à la Terre Brûlée. Il fera tout pour sauver ses amis, même si la vérité risque de provoquer la fin de tout.

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Mon avis. Si j'avais beaucoup apprécié Le labyrinthe, j'avais été déçue de La terre brûlée : je m'y étais quelque peu ennuyée, à tel point que je ne pensais pas lire cette suite. Mais un de mes élèves a gentiment proposé de me prêter ce troisième tome (merci Nicholas), et j'ai accepté. Hé bien, cette fois, j'ai été heureusement surprise : je l'ai trouvé meilleur que le deux.

L'action redémarre à l'endroit où l'on a laissé Thomas : dans la pièce blanche, à la merci du Wicked. Il retrouve quelques survivants qui ont subi, comme lui, les épreuves concoctées par ceux qui les ont cruellement manipulés depuis le début de cette "aventure". Et ce n'est pas terminé...

Chaque action entreprise par les jeunes gens est minutieusement réfléchie mais comment savoir si leurs réactions, dans un sens ou dans un autre, font partie, ou pas, des variables envisagées par le Wicked ? Le méchant serait-il le bon ?

Pas de temps mort cette fois dans ce tome mais certains resteront sur le carreau, comme s'ils n'avaient pas encore souffert assez jusque-là : la méfiance est plus que jamais de mise, que ce soit à l'égard du Wicked, des fondus ou des membres mêmes de leur petit groupe...

Traduction : Guillaume Fournier.

 

Ce livre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (31).

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15:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

03/06/2015

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, Olivier Gay

Présentation. Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode.

John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au coeur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes.

Grande gueule maladroite, incompétent notoire, séducteur au grand coeur, il semble bien mal armé pour affronter les bas-fonds parisiens. Mais tant qu'il y aura de l'alcool, la fête sera plus folle.

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Mon avis. Une bonne tranche (!) de (sou)rire malgré le côté sanglant des crimes...

Il était temps que je découvre l'auteur dans cette facette autre que le récit jeunesse (cf. Le noir est ma couleur) : j'ai donc commencé par le premier opus des "enquêtes" de John-Fitzgerald (excusez du peu), alias Fitz.

C'est (presque) par hasard qu'il se retrouve mêlé aux recherches menées par la Police afin de retrouver le serial killer qui mutile de façon particulièrement horrible de jeunes "clubbeuses" parisiennes. Et même si on lui laissait (volontiers) le bénéfice du doute, on est vite forcé de constater qu'il est loin d'être un spécialiste de l'investigation; pourtant, il obtient, aidé par deux amis aussi guindailleurs que lui, des résultats assez probants.

J'ai beaucoup aimé Fitz qui incarne cependant l'image d'un type de personn(ag)e que j'apprécie peu (énooorme litote) : m'est venu d'ailleurs à l'esprit un "auteur" que je ne peux pas voir en peinture photo et qui représente (peut-être à tort ?) pour moi ce monde de la nuit alliant alcool, drogue et fric - la beauté en moins pour l'auteur en question -.

Bref : j'ai juste hésité entre adorer détester ou détester adorer ce beau gosse, doté d'un solide sens de l'humour (grinçant) à la mesure de... ce que vous pouvez imaginer.

  " - Je vais te regretter, Fitz.

            - Je vais me regretter aussi."  

 

Ce titre est la lecture choisie dans le cadre du challenge LDPA 13 : merci Lisalor ! ; il me permet aussi de participer au challenge "Un mois, une consigne"(auteur francophone en juin).

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16:49 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |

27/05/2015

Risque zéro, Pete Hautman

Présentation. Imaginez un monde où tout risque est banni, un monde où le danger n'existe plus, où tout ce qui peut nuire est un délit.
Fini le sport, trop dangereux ! Interdites, les passions, trop violentes ! Ce monde du risque zéro, c'est celui des États-Sécurisés d'Amérique, en 2074. C'est aussi celui de Bo Martensen, 16 ans. Pour lui, ce monde est un cauchemar. Et il a décidé de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement...

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Mon avis. J'ai été déçue par cette lecture...

Bien sûr, c'est une énième dystopie mais ce n'est pas à cause de cela que le bât m'a blessée. En fait, j'ai assisté en spectatrice aux déboires de Bo et je ne me suis jamais attachée au personnage : je me disais que la problématique aurait sans nul doute été très intéressante si l'adolescent avait été un rien plus "âgé".

Et que vois-je en préparant ce billet ? Il est censé avoir 16 ans !?! Il y a pourtant une grande marge entre la manière dont s'exprime le héros (12, 13 ans) durant la majeure partie de l'histoire - sauf les dernières pages - et la façon dont s'exprimerait un jeune de 16 ans (même les plus gamins parmi mes élèves).

Si l'auteur ne s'était pas contenté d'esquisser le thème du "risque zéro imposé", même si ça et là, une réflexion sur cette société aseptisée - qui n'est pas sans rappeler (de loin) celle évoquée dans Le passeur de Lois Lowry - s'amorce, ce roman aurait probablement fait mouche.

En quelque sorte un pétard mouillé, selon moi, malgré une fin assez judicieuse.

Traduction : Marie Cambolieu.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce roman entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (30) et "À vos nombres".

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09:29 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

25/05/2015

Décollage immédiat, Fabien Clavel

Présentation. Lorsque sa mère, hôtesse de l’air, disparaît en lui laissant l’ordre de fuir et une consigne, Lana Blum n’est plus sûre que d’une chose : sa vie est en danger.
Tandis que les rouages d’une terrible conspiration s’animent, l’adolescente piste le moindre indice laissé par sa mère. D’aéroport en aéroport, à travers l’Europe, aidée par un hacker baptisé Creep, Lana remonte jusqu’à la source d’une impensable vérité.

decollag-immediat.jpgMon avis. Une lecture sans temps mort, une espèce de Lola rennt du roman ; en l'occurrence, c'est Lana qui "court", de la première à la dernière page. Ou presque.

Dès le début, la jeune fille se fait agresser dans son appartement ; passée la première "surprise", elle ne demande pas son reste et comprend qu'elle doit fuir. Mais pour aller où ? Et où est passée sa mère qui l'a appelée quelques secondes en lui disant de quitter les lieux ?

Lana doit à tout prix sauver sa peau, tout en tâchant, tant que faire se peut, de démêler l'écheveau qui l'a conduite à se méfier de tout et de tous, sauf peut-être (?) de Creep, un hacker qui semble bien connaître la mère de Lana...

Un léger bémol : la fin un peu trop "facile", selon moi.

Première lecture de cet auteur [au demeurant bien sympathique - j'ai eu l'occasion de "tailler une petite bavette" avec lui à Trolls et Légendes -] mais pas la dernière. Ce récit - typiquement le genre à (ré)concilier les jeunes avec la lecture - conviendra bien pour le deuxième degré.

 

Ce roman entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (29).

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19:56 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |