24/04/2014

Une ombre au tableau, Joseph Hone

Présentation. Ben Contini, peintre à Dublin, d’origine italo-irlandaise, trouve dans le grenier, après la mort de sa mère, un somptueux tableau dont il est immédiatement convaincu qu’il s’agit d’un authentique nu de Modigliani. Mais il tombe le même jour sur quelque chose d’encore plus troublant : une liste d’un certain nombre de grands tableaux et d’objets d’art qui semblerait former une sorte d’inventaire. Il commence alors à se poser des ques­tions...

D’autant plus qu’aux funérailles de sa mère, Ben a été approché par une inconnue, surgie de nulle part, qui lui a transmis un message urgent de la part de son père mourant, parlant d’un lien mystérieux entre sa fa­mille et celle de Ben.

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Mon avis. Le roman commence alors que Ben Contini vient de perdre sa mère, veuve depuis quelques années, une mère qui ne l'aimait pas et que lui n'aimait pas non plus. C'est lors de la réception organisée après les funérailles qu'il fait la connaissance d'Elsa, une femme qui attend de Ben qu'il lui fournisse des renseignements relatifs à leurs pères respectifs ; ces derniers paraissent avoir été en contact, même si Ben et Elsa n'en ont jamais eu connaissance. Le quadragénaire est d'autant plus troublé par Elsa qu'elle ressemble furieusement à son amie défunte...

Alors qu'il inspecte la maison de ses parents avant d'être forcé de quitter les lieux, sa mère ayant choisi de ne pas lui léguer la maison, Ben découvre un tableau inconnu qui a toutes les apparences d'un Modigliani ; son père n'a pourtant jamais été intéressé par l'art, contrairement à Ben, présentement en mal d'inspiration. Dans la foulée, il tombe sur un papier qui semble figurer le recensement d'œuvres d'art volées aux juifs par les Nazis.

C'est le début d'une enquête orchestrée par Ben, désireux de faire la lumière sur cette énigme, au grand dam d'Elsa qui se retrouve mêlée, (presque) à son corps défendant, à cette "aventure" qui risque ceprendant de leur coûter la vie.

Le lecteur accompagne le duo dans cette course effrénée qui remuera douloureusement un passé que certains - dont Elsa elle-même - préféreraient ne pas voir exhumé. Et même si le récit ne réserve pas de réelles surprises, j'ai passé un agréable moment...

Merci aux éditions BakerStreet pour ce partenariat.

15:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/04/2014

L'histoire de Malala, Viviana Mazza

Présentation. Malala n'a que onze ans lorsqu'elle décide d'élever la voix. Elle en a quinze quand, un jour comme tant d'autres, alors qu'elle rentre de l'école avec ses amies, les talibans tentent de la tuer. Pourquoi ? Dans son pays, le Pakistan, elle s'est opposée à ceux qui voulaient supprimer les droits des femmes.

Avec l'aide de sa famille, Malala a décidé de crier "non". Presque une petite fille encore, elle a lutté sans armes ni violence, mais avec le courage des mots et de l'intelligence, avec la force de la vérité et de l'innocence. La journaliste Viviana Mazza nous raconte le combat exemplaire de Malala Yousafzai, jeune Pakistanaise qui a bravé la mort pour défendre le droit des femmes à l'éducation dans son pays. Symbole de la lutte contre les talibans, elle a été, en 2013, la plus jeune personne nominée au Prix Nobel de la Paix. Un livre bouleversant.

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Mon avis. Un texte qui interpelle et donne inévitablement à réfléchir.

Le récit commence un jour de 2012, dans un bus : Malala, 15 ans, discute avec ses amies ; elle ne sait pas que son exécution a été programmée par les talibans. Elle "n'aurait pas dû" s'en sortir et pourtant, aujourd'hui, Malala continue à témoigner, envers et contre tous ces fous d'Allah, animés par un obscurantisme dirigé principalement à l'égard des femmes...

Flash-back : Malala évoque, avec des mots simples mais percutants, son passé dans la superbe vallée de Swat, ces années qui ont conduit aux restrictions progressives au sein de la population, jusqu'à l'interdiction pure et simple, pour les filles, d'aller à l'école. Très jeune, elle devient leur porte-parole cachée, au risque d'y laisser la vie...

Un grand merci à Babelio pour m'avoir permis de découvrir ce témoignage fort.

tous les livres sur Babelio.com

20:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/04/2014

Challenge Destination

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La prochaine étape du challenge Destination proposé par evertkhorus nous emmènera en IRAN.

Les billets seront mis en ligne le 10 août 2014.

Bon voyage !

19:15 Écrit par paikanne | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les Liaisons dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos

Présentation.

"Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs

que peut causer une seule liaison dangereuse ?

Et quelles peines ne s'éviterait-on point

en y réfléchissant davantage !"

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Mon avis. Oserais-je dire que je n'avais jusqu'alors jamais lu que des extraits de ces dangereuses liaisons ? C'est pourtant le cas. Une seule réflexion me vient à l'esprit : pourquoi diable ne me suis-je pas laissé tenter plus tôt ?

Je n'ai rencontré aucune difficulté pour entrer dans le récit et j'ai été très vite emportée par ce roman épistolaire dont je ne connaissais que des bribes, ainsi qu'une des récentes adaptations cinématographiques, à savoir Sexe intentions, de Roger Kumble. Je ne pense pas avoir vu l'intégralité de celle de Stephen Frears même si j'associe (presque) inévitablement la Marquise de Merteuil à Glenn Close et Valmont à John Malkovich. Je ne savais pas non plus que Colin Firth a aussi incarné le séduisant libertin ; on en apprend décidément tous les jours...

Outre l'intrigue irrévérencieuse, j'ai apprécié l'écriture - à double sens dans le chef des manipulateurs - de Laclos qui permet (aussi) au "duo infernal" de séduire, d'autant que le lecteur a connaissance du pari initié par Merteuil et Valmont. Côté victimes, j'attribue la palme de la "naïveté" (le mot est faible) à Cécile de Volanges, qui ne m'a nullement touchée, contrairement à la Présidente de Tourvel.

La Marquise de Merteuil est détestable, Valmont aussi d'ailleurs, sensiblement différent de celui qu'il est (devenu) au cinéma où, si mes souvenirs sont bons, il s'est en quelque sorte racheté une (petite) conduite...

 

LETTRE LXXI (71)

   LE VICOMTE DE VALMONT A LA MARQUISE DE MERTEUIL

 

  "Les circonstances ne m’étaient pas favorables. Ce Pressac a eu la gaucherie de donner de l’ombrage au vicomte ; en sorte que la Vicomtesse ne peut plus le recevoir chez elle : et ce voyage chez la bonne Comtesse avait été concerté entre eux, pour tâcher d’y dérober quelques nuits. Le vicomte avait même d’abord montré de l’humeur d’y rencontrer Pressac ; mais comme il est encore plus chasseur que jaloux, il n’en est pas moins resté : et la Comtesse, toujours telle que vous la connaissez, après avoir logé la femme dans le grand corridor, a mis le mari d’un côté, l’amant de l’autre, et les a laissés s’arranger entre eux. Le mauvais destin de tous deux a voulu que je fusse logé vis-à-vis.

    Ce jour-là même, c’est-à-dire hier, Pressac, qui, comme vous pouvez croire, cajole le Vicomte, chassait avec lui malgré son peu de goût pour la chasse, et comptait bien se consoler la nuit, entre les bras de la femme, de l’ennui que le mari lui causait tout le jour : mais moi, je jugeai qu’il aurait besoin de repos, et je m’occupai des moyens de décider sa maîtresse à lui laisser le temps d’en prendre.

    Je réussis, et j’obtins qu’elle lui ferait une querelle de cette même partie de chasse, à laquelle, bien évidemment, il n’avait consenti que pour elle. On ne pouvait prendre un plus mauvais prétexte : mais nulle femme n’a mieux que la vicomtesse ce talent, commun à toutes, de mettre l’humeur à la place de la raison, et de n’être jamais si difficile à apaiser que quand elle a tort. Le moment d’ailleurs n’était pas commode pour les explications, et ne voulant qu’une nuit, je consentais qu’ils se raccommodassent le lendemain. [...]

    Enfin, elle déclara positivement qu’elle n’ajouterait pas les fatigues de l’amour à celles de la chasse, et qu’elle se reprocherait de troubler d’aussi doux plaisirs. Le mari rentra. Le désolé Pressac, qui n’avait plus la liberté de répondre, s’adressa à moi ; et après m’avoir conté fort longuement ses raisons, que je savais aussi bien que lui, il me pria de parler à la vicomtesse, et je le lui promis. Je lui parlai en effet ; mais ce fut pour la remercier, et convenir avec elle de l’heure et des moyens de notre rendez-vous.

    Elle me dit que, logée entre son mari et son amant, elle avait trouvé plus prudent d’aller chez Pressac que de le recevoir dans son appartement ; et que puisque je logeais vis-à-vis d’elle, elle croyait plus sûr aussi de venir chez moi ; qu’elle s’y rendrait aussitôt que sa femme de chambre l’aurait laissée seule ; que je n’avais qu’à tenir ma porte entr’ouverte et l’attendre.

    Tout s’exécuta comme nous en étions convenus ; et elle arriva chez moi vers une heure du matin,

 … dans le simple appareil

 D’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil [Racine, Britannicus].

    Comme je n’ai point de vanité, je ne m’arrête pas aux détails de la nuit : mais vous me connaissez, et j’ai été content de moi.

Du château de..., ce 13 septembre 17**." [p. 187 - 189]

 

Une belle découverte donc que ce  livre qui entre dans les challenges "Un classique par mois", "Lire sous la contrainte", "Comme à l'école", "Un genre par mois", et me permet également de participer à la LC organisée par Nelcie.

Les avis de

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18:23 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

19/04/2014

Un livre, Hervé Tullet

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Voici un bel album qui devrait ravir les jeunes enfants, accompagnés dans leur découverte par un parent.

Le livre met en scène des cercles bleus, jaunes et rouges sur un fond tantôt blanc, tantôt noir. Il est alors demandé à l'enfant de toucher un des ronds, ou de souffler sur la page, ou encore de secouer le livre, avant de tourner la page.

Les cercles grossissent ou diminuent, se multiplient ; ils en arrivent même parfois à occuper la majeure partie de l'espace. L'album devient ainsi une initiation aux couleurs de base et permettra aussi éventuellement à l'enfant de commencer à compter, tout en jouant sur un petit côté magique.

Album lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres..."

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18:18 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/04/2014

Aux anges, Francis Dannemark

Présentation. Amis d'adolescence, Pierre et Florian se retrouvent, après trente ans d'absence, à l'occasion d'un long voyage en voiture. L'un et l'autre ont un peu perdu le fil de leur vie. Avec émotion et humour, ils évoquent leurs fêlures, leurs doutes face à l'avenir. Mais ce voyage, dicté par les rendez-vous professionnels de Pierre, ne se déroule pas comme prévu.

Sur le bord d'une route, ils croisent Emiliana di Castelcampo. Dans son château en ruine, telle une fée facétieuse, la vieille comtesse italienne va bientôt bouleverser l'existence des deux hommes. Car la vie trouve son sens et sa magie dans les rencontres que l'on y fait et dans notre capacité à rêver et à accueillir l'imprévu.

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Mon avis. Un récit qui fait du bien, voilà comment je pourrais qualifier ce roman...

J'avais tellement aimé Histoire d'Alice, qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) - un livre depuis lors souvent offert - que dès que j'ai entendu parler de la publication du nouveau roman de Francis Dannemark, dans la même (superbe) présentation, je l'ai commandé. Et puis Sophie, une de "mes copinautes qui lisent plus vite que leur ombre", l'a lu et chroniqué : je savais donc que je risquais fortement de l'apprécier. De fait. [Coïncidence : la première journée se déroule le lundi 14 avril, autrement dit demain et je me suis dit que j'aurais pu le lire durant la semaine qui se profile à l'horizon - l'histoire s'étale jusqu'au samedi 19 - mais impossible de ne pas en poursuivre la lecture une fois que j'en ai eu tourné la première page].

Le livre commence par un voyage bien préparé qui devient vite le jouet d'un destin (?) délicieusement facétieux.

Pierre a proposé à Florian de se joindre à lui au cours d'une escapade qui doit allier travail et retrouvailles : les deux hommes, qu'une solide amitié nouait alors qu'ils étaient adolescents, se sont en effet perdus de vue depuis une trentaine d'années. C'est au hasard (?) d'une rencontre que l'idée vient à Pierre de proposer à Florian de l'accompagner durant ce périple picardo-normand.

Au fil de la route, les langues se (re)délient (un peu) mais c'est avec la rencontre fortuite (?) d'Emiliana di Castelcampo, une comtesse italienne dont l'antique camionnette Volkswagen a "piqué du nez dans un fossé", que le trajet se pare de couleurs inattendues, pour ne pas dire magiques.

La vieille dame leur offre gîte et couvert en échange du "dépannage" ; arrivés au château, les deux amis font la connaissance de Léo(n), le mari d'Emiliana, des quelques habitants du lieu qui s'y sont installés, (presque) sans l'avoir décidé, ainsi que des animaux qui, eux aussi, semblent particulièrement s'y plaire.

 

  " - Elle [Emiliana] est étonnante. Encore plus improbable que son château. J'ai eu des frissons dans le dos quand elle s'est mise à nous parler, dans la voiture. Mais c'étaient des frissons agréables. J'avais l'impression que j'avais huit ans et que j'étais assis à côté de la fée d'un dessin animé. Étrange, la vie... [p. 74]

 

Les échanges avec les personnages rencontrés, au château ou durant la poursuite du trajet, deviennent l'occasion de faire le point sur ce qu'ils (n') ont (pas) vécu et surtout, surtout, d'envisager un avenir hors des sentiers - qu'ils s'étaient - battus.

J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les protagonistes du récit ; l'impression d'entrer dans une bulle légère qui ouvre de nouveaux horizons.

Parallèlement, j'ai volontiers laissé vagabonder agréablement mes pensées, me surprenant à suspendre quelques instants ma lecture afin de réfléchir à l'une ou l'autre intervention d'un personnage.

 

  "Au total, comme me l'avait dit mon père, Dieu a inventé le vent pour qu'il fasse tomber les feuilles mortes, sinon les arbres auraient l'air de quoi quand revient le printemps?" [p. 85 - 86]

  "N'oubliez pas ça, il n'y a pas de détours. Le chemin va où il va en suivant son cours. Et les choses viennent quand le moment est venu. C'est tout." [p. 129]

 

En trois mots ? Laissez-vous tenter !

18:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |

12/04/2014

Le sabre de sang, 2 : Histoire de Kardelj Abaskar, Thomas Geha

Présentation. Mon nom est Kardelj Abaskar.

Après m’avoir laissé pour mort, Tiric Sherna a fait son chemin, et en quelques années seulement, le voici devenu souverain d’un empire craint de tous. Même les fiers Qivhviens se sont inclinés devant la puissance du sabre de sang et de son porteur.

Recueilli par un équipage de pirates, j’ai essayé de me faire oublier. Oui, j’ai survécu et je n’ai pas dit mon dernier mot : Sherna a détruit ma vie et, foi de Shao, je détruirai la sienne. Je rendrai aux peuples du continent leur liberté perdue.

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Mon avis. J'avais beaucoup aimé le tome 1 du Sabre de sang, c'est pourquoi je n'ai pas tardé à lire ce deuxième opus. Cette fois, c'est Kardelj Abaskar, l'ancien compagnon de galère de Tiric Sherna, qui raconte son histoire après que Tiric l'a - croit-il - assassiné. C'est un miracle qu'il ait survécu : les Sinueux n'y sont bien évidemment pas étrangers.

Kardelj souhaite se venger de son ancien "ami" mais à la différence de ce dernier, il n'est pas prêt, pour ce faire, à y laisser son âme. Quoique...

J'ai autant apprécié ce récit que le précédent et j'ai retrouvé avec plaisir ce monde particulier où les "odieux" ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

Ma préférence, en matière de personnage me porte cependant "naturellement" davantage vers Kardelj (mon côté "pas méchant" sans doute) ; paradoxalement, j'ai aussi goûté le fait que Tiric ne "s'édulcore" nullement.

Quant à la plume de Thomas Geha, savoureuse, elle était, savoureuse, elle demeure.

 

La couverture me permet d'illustrer l'idée n° 126 du challenge des 170 idées (un/des oiseau/x).

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20:33 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

10/04/2014

Un tout petit rien, Camille Anseaume

Présentation. "On n'a ni projets ni même le projet d'en avoir. Le plus gros engagement qu'on ait pris ensemble, c'était de se dire qu'on s'appellerait en fin de semaine. C'était quand même un mardi. On s'aime surtout à l'horizontale, et dans le noir, c'est le seul moment où on n'a plus peur de se faire peur, où on ose mélanger nos souffles sans redouter que l'autre se dise que ça va peut-être un peu vite. C'est beaucoup plus que sexuel, c'est beaucoup moins qu'amoureux. C'est nos culs entre deux chaises, c'est suffisant pour faire semblant de faire des bébés, pas pour en avoir."

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Mon avis. Je pourrais dire : C'est à cause de Cajou et La Fée que j'ai lu ce "tout petit rien" ; je dirai plutôt : C'est grâce à elles que j'ai fait cette sublime découverte, celle de ce petit rien qui devient un grand tout...

Le "récit" commence alors que la narratrice évoque la découverte de sa grossesse, prémices balbutiantes de ce qui pourrait éventuellement devenir une belle nouvelle. Éventuellement seulement. Pour celui qui ne sera pas le papa, la cause est d'emblée entendue : "Et quand il a mis fin au silence, c'était pour dire : "On le garde pas."" [p. 9]

S'ensuivent dans de (très) courts chapitres des tranches de vie de la jeune femme qui ne sait pas (encore) quelle sera sa décision. J'ai vraiment apprécié les mots posés sur les doutes qui l'assaillent, les allers et retours, ainsi que les nuances de ses pensées. Car quelle que soit cette décision, la sienne, elle ne sera pas facile à prendre ; à mille lieues d'être une évidence. Peser le pour et le contre alors qu'incidemment grandit déjà en elle ce presque rien.

Les phrases qui font mouche sont légion : oh, pas seulement quelques perles, non, non, c'est une pleine boîte à bijoux... Des bijoux qui baignent dans le (sou)rire, à l'instar de cette chose qui risque de venir emplir le vide en elle. Une manière d'humour au creux du "désamour". Un(e) grain(e) de sable au sein de la famille. Aussi.

 

  "Puisqu'il n'a eu qu'à quitter la pièce je voudrais n'avoir qu'à quitter mon corps." [p. 15]

  "Tiens d'ailleurs, on dit un ou une ovaire ?

   Non finalement je préfère ne pas savoir. Maintenir tout ça dans le flou comme quelque chose d'abstrait, laisser planer un doute sur sa grammaire jusqu'à douter de son existence même." [p. 27]

  "T'abriter malgré moi, c'est naturel comme me glisser dans les draps d'un amant encombrant sans pouvoir lui tourner le dos. De jour, je ne m'en rendais pas compte. Dans le silence de ma nuit qui commence, je ne vois plus que ça. Cette intimité forcée.

   Tu es sûr, tu ne veux pas que je t'appelle un taxi ?" [p. 31]

  "Une hésitation qui prend le métro, une incertitude qui se lève et se douche, une indétermination qui essaye d'avaler un truc à manger, un point d'interrogation qui cherche le sommeil." [p. 57]

 

Un (des) texte(s) qui sonne(nt) juste et distille(nt) l'émotion. Comme il faut. "Simplement".

 

Ma première participation cette année au challenge "À vos nombres !"

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17:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) |

09/04/2014

Chemins croisés, Nicholas Sparks

Présentation. Coincé dans sa voiture après un accident de la route, Ira Levinson, un vieil homme de quatre-vingt-dix ans, attend désespérément qu’on vienne le secourir. Ruth, la femme qu’il a aimée toute sa vie et qui s’est éteinte neuf ans plus tôt, revient hanter ses pensées. Il se remémore alors les joies et les peines qu’ils ont partagées.

À l’autre bout des États-Unis, Sophia, une étudiante en histoire de l’art, et Luke, un cow-boy, tombent follement amoureux l’un de l’autre. Mais ils ont des engagements et des rêves radicalement opposés. Pendant que l’une tente de se remettre d’une relation qui l’a brisée, l’autre doit batailler pour sauver le ranch de sa famille, quitte à mettre sa propre existence en danger.

Rien ne semble lier le jeune couple au vieil homme, et pourtant, sur le plus beau des chemins, celui que l’on nomme la vie, ils pourraient bien se croiser…

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Mon avis. Si j'ai déjà vu des adaptations cinématographiques de romans de Nicholas Sparks, je ne l'avais encore jamais lu. C'est désormais chose faite et j'ai passé un bon moment en compagnie des protagonistes : d'une part Ira et Ruth, d'autre part Sophia et Luke.

Ce texte se lit aisément et entrouvre la porte des sentiments : ceux qu'Ira continue à entretenir pour Ruth, la femme de sa vie, décédée depuis neuf ans déjà ; ceux qui vont se nouer entre Sophia, étudiante en histoire de l'art, et Luke, un cow-boy, champion de "taurodéo".

Les points de vue alternent : de celui d'Ira, sérieusement blessé, frigorifié, et bloqué dans sa voiture suite à une sortie de route, invisible depuis la chaussée, l'on passe à celui de Sophia, à peine remise d'une rupture avec le beau gosse de la fac, grand, fort, riche et "accessoirement" infidèle, ou encore à celui de Luke, un cow-boy dévoué corps et âme à sa maman, propriétaire d'un ranch, et qui tente, tant que faire se peut, d'éviter la vente du domaine.

J'ai volontiers tenu compagnie à Sophia et Luke et plus volontiers encore à Ira et Ruth ; les deux histoires se déroulent sur des voies parallèles jusqu'à ce que, inévitablement, elles se croisent, de manière (presque) fortuite.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

20:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/04/2014

Les oiseaux noirs de Massada, Olivia Elkaim

Présentation. Massada, le rocher surplombant la mer Morte depuis lequel, d'après l'historien Flavius Josèphe, un millier de Juifs se jetèrent dans le vide plutôt que de se rendre aux Romains. Et aussi le lieu où Mouna, d'habitude si silencieuse, révélera à sa petite-fille Klara, brisée par un amour déçu, les secrets de toute une vie et les liens qui unissent son destin au sien.

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Mon avis. Un beau texte qui va croiser les histoires d'une jeune femme, Klara, et de Mouna, sa grand-mère qui l'a élevée mais n'a jamais évoqué son passé, comme si elle n'avait commencé à vivre qu'à 20 ans, ou presque.

La première partie évoque la rencontre de Klara et Ron ; Klara est une jeune femme juive qui chante dans des clubs parisiens et est abordée par Ron, un metteur en scène israélien désireux de monter une comédie musicale relative à un épisode de l'Antiquité au cours duquel un bon milliers de Juifs ont préféré se donner la mort plutôt que de se rendre aux Romains. Cet événement va, longtemps après, (re)tisser les liens, quelque peu distendus, entre Klara et Mouna.

Le seconde partie se centre sur la vieille dame qui dévoile, bribe par bribe, des éléments de son passé, sombre comme les oiseaux du titre.

J'ai de loin préféré les pages consacrées à Mouna, profondément touchante, alors que j'étais demeurée à distance d'une Klara parfois agaçante. En revanche, lorsque l'H/histoire réunit les deux femmes, le texte prend une autre couleur...

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans la ronde 16 du Cercle de lecture (animaux).

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19:08 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

03/04/2014

Bloc de haine, Bruno Lonchampt

Présentation. Marseille, de nos jours.
Incarcéré pour homicide, Alex s’acharne sur les haltères dans l’espoir d’expulser sa haine. Une haine qui le poursuit depuis des années, le consume et le torture. Car c’est bien la haine - et le racisme - qui l’ont attiré dans le gouffre.
Comment en sortir ?

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Mon avis. Voici un récit sans complaisance aucune, qui ne peut qu'interpeller, faire réfléchir, poser des questions et (essayer d') y répondre.

Le texte évoque des tranches de vie d'Alex, incarcéré à Marseille suite à un homicide. Il tente de survivre dans cet univers carcéral. Le lecteur l'accompagne, alors que, par divers flashbacks, le jeune homme se remémore des bribes de son existence: les circonstances qui l'ont mené à ce point de non-retour ; les événements - "anodins" (?) ou pas - qui expliquent (un peu) les choses mais ne les excusent en rien. 

  "Dix minutes plus tard, Alex regarde Abid agenouillé au pied des toilettes, à frotter la crasse avec un petit bout d'éponge et un vieux reste d'huile de coude. Il le regarde baisser les yeux, absorber sa honte, il le regarde penser tour à tour au suicide et au meurtre, il le regarde rapetisser, et il sourit. Il a le temps." [p. 19]

  "Alors il hurle. La gorge racle, les graves s'emballent et se fondent aux aigus rayés. Ces sons viennent de loin, très loin. Ils sont pourtant bien humains. Si Julie pouvait l'entendre, elle comprendrait sûrement. Tout est dedans." [p. 68]

 

À noter que le roman est renseigné pour des lecteurs à partir de 14 ans ; personnellement, je trouve que c'est un peu jeune car le propos est dur.

Ce texte est criant d'actualité et fait froid dans le dos ; le lecteur ne peut que s'interroger, attendant que ce bloc de haine s'effrite, se fissure. Un peu. Il l'espère, en tout cas. Et si ? Et si. Peut-être ? Peut-être. Pourquoi pas ? Pourquoi pas. À moins que...

20:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

Geek Girl, Holly Smale

Présentation.

Harriet Manners sait que :

- le mot "momie" dérive d'un terme égyptien signifiant "bouillasse noire et gluante".
- la lune s'éloigne chaque année de la Terre, de 3,8 cm.
- lors d'un éternuement, tous les organes s'arrêtent, le cœur compris.

Harriet Manners, jeune anglaise de 15 ans, est une geek. Une intello. Difficile donc de se faire des amis lorsqu'on porte une telle étiquette. Alors, lorsqu'elle se retrouve choisie malgré elle par une agence de mannequins, elle se dit que c'est l'occasion de changer son image.

La geek saura-t-elle devenir chic ?

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Mon avis. Un très bon moment de lecture, rafraîchissant, drôle, pétillant...

Harriet est une adolescente maladroite et peu appréciée à l'école : elle s'est fait quelques ennemi(e)s car elle est taxée de "geek", intéressée (presque) uniquement par les études. Le livre commence alors qu'elle tente, tant que faire se peut, de se soustraire à une sortie "shopping" lors de laquelle elle a promis d'accompagner Nat, sa meilleure amie. Et la seule d'ailleurs...

Nat, quant à elle, est passionnée par la mode, au grand dam de Harriet que les vêtements, accessoires et autres fanfreluches laissent de marbre. Pourtant, cette fois, Harriet n'y coupera pas et c'est contrainte et forcée qu'elle accompagne sa copine dans cette "excursion" d'un jour, prémices à des aventures plus cocasses les unes que les autres, principalement en raison de la "maladresse - le mot est faible - innée" de la jeune fille.

Le récit évoque le monde artificiel de la mode à travers le regard de l'adolescente qui n'y adhère pas du tout ; il met aussi l'accent sur la différence, traitée, il est vrai, par le biais de l'humour, qu'il s'agisse du comportement hors-norme de Harriet ou celui de Toby, son fervent (collant) admirateur, ou encore celui de la grande prêtresse de la mode, Yuka. En outre, les soucis propres à l'adolescence y sont dépeints, toujours par le biais du (sou)rire.

Oh, les clichés sont bel et bien présents mais qu'importe, on savoure cette lecture - qui rappelle par certains côtés, les péripéties d'Aurélie Laflamme -  comme l'on déguste une tranche de pastèque (j'aime la pastèque !)...

Merci aux éditions Nathan pour ce partenariat.

Traduction : Valérie Le Plouhinec.

15:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

31/03/2014

Avril : le mois de Fabrice Colin sur Book en Stock

Ce mois d'avril sera, sur Book en Stock, celui de Fabrice Colin, un auteur dont j'aime beaucoup la plume [il suffit de regarder le nombre de mes chroniques relatives à ses livres pour s'en rendre compte].

Késako ? Hé bien, durant 30 jours, l'occasion vous est donnée de découvrir (plus avant) l'auteur et de lui poser vos questions, via le site de dames Dup et Phooka.

J'ai eu la chance de recevoir en partenariat Passeurs de mort, que j'ai beaucoup apprécié.

C'est ICI que cela se passe.

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11:55 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

Là où naissent les nuages, Annelise Heurtier

Présentation.

Mon père m'a attrapée par les épaules.

- Viens avec moi. Un voyage humanitaire, c'est le genre d'expérience qui marque une vie entière.

Putain, il me faisait chier, avec sa Mongolie.

Une voix a retenti, une voix de petite fille qui veut plaire à son père qui veut se prouver qu'elle n'est pas si nulle qu'elle ressemble un peu à sa mère un peu un tout petit peu :

- Pourquoi pas.

Je ne pouvais pas y croire. Et pourtant si. C'est moi qui avais parlé.

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Mon avis. Je suis d'abord tombée amoureuse de la couverture et du titre et lorsque j'ai vu le nom de l'auteure, découverte avec Sweet Sixteen, je me doutais que je risquais d'être conquise. Je l'ai effectivement été.

Le récit s'ouvre sur Amélia, jeune fille mal dans sa peau, bien "enrobée", en train d'acheter trois pains au chocolat, sous le regard méprisant de la fille de la boulangère. Elle souffre de l'image que lui renvoie le regard des autres, elle souffre de l'image qu'elle a d'elle-même, d'autant qu'à ses yeux, ses parents incarnent une espèce de perfection. À tous points de vue.

  "Je me demandais comment l'insouciance et la confiance qui habitaient mes parents pouvaient me faire si cruellement défaut." [p. 43]

Lorsque l'occasion se présente d'accompagner ses parents en Mongolie durant les vacances d'été, elle n'est pas emballée, c'est le moins que l'on puisse dire.

  "Dormir avec des gens que je ne connaissais pas, manger des aliments étranges (voire même ne pas manger assez, l'horreur absolue), parler à des enfants orphelins, attraper des poux, des tiques ou je ne sais quelle autre maladie, c'était juste inenvisageable." [p. 37]

 

Finalement, les circonstances sont telles qu'elle découvrira ce pays à mille lieues de la France. Et d'elle-même. Surtout d'elle-même. Cette civilisation méconnue la percute de plein fouet, tant et si bien qu'insensiblement, ses problèmes finiront par passer au second plan.

  "Tout était plus vaste, plus grand, j'avais l'impression que mon champ de vision s'était élargi, que je pouvais voir en panoramique. J'avais déjà vu la lumière des Marquises, les fjords de Norvège ou le Duomo à Florence. Mais c'était la première fois que je ressentais ça. C'était... apothéotique. J'avais la bouche sèche, le sang qui s'affolait derrière mes tempes. Syndrome de Stendhal, version Mongolie. J'ai inspiré une longue goulée de cet air si particulier. [p. 60]

  "Mais je me posais moins de questions et, pour la première fois depuis très longtemps, je ne ressentais pas ce besoin pressant de me remplir. Le soir venu, dans mon lit, quand il me restait encore un peu d'énergie, je sortais mon carnet de croquis et je me mettais à dessiner. Mais ce n'était pas pour m'occuper les doigts et m'empêcher de manger. De toute façon, dans ma valise, cela faisait un moment qu'il n'y avait plus de gâteaux. Mais ce n'est pas moi qui les avais avalés.

   Enfin, juste un. Le reste, je l'avais distribué aux petits. La plupart ne connaissaient pas le chocolat." [p. 99 - 100]

 

J'ai apprécié les touches d'humour, (souvent) teinté de mélancolie. J'ai cependant été déconcertée par les phrases parfois dépourvues de virgules, lorsque Amélia exprime douloureusement les mots qui surviennent en un seul jet. Et même si la fin s'inscrit dans la continuité de l'ensemble, j'attendais - j'espérais - des précisions complémentaires.

Merci à Casterman pour ce partenariat.

 

La couverture illustre l'idée n° 101 du challenge des 170 idées (paysage) ainsi que le ROSE pour le challenge "Haut en couleurs" ; le titre répond à la consigne de cette session du challenge "Comme à l'école".

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10:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

29/03/2014

L'étranger, Jacques Ferrandez, d'après l'œuvre d'Albert Camus

Présentation. Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable...

Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

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Mon avis. J'ai aimé L'étranger d'Albert Camus et ai profité de l'opération La BD fait son festival, organisée par PriceMinister, pour en découvrir l'adaptation en BD... que j'ai tout autant appréciée et qui rend justice à l'œuvre originale.

L'atmosphère oppressante du récit de Camus est bel et bien présente et le lecteur de la BD souffre autant de la chaleur que dans le roman ; le soleil occupe ici aussi une place prépondérante, à l'instar d'un personnage avec lequel il faut compter.

Meursault est égal à lui-même, c'est-à-dire détaché de tout et de tous, ballotté par les circonstances de la vie jusqu'au point de non-retour. En outre, le graphisme et les couleurs se mettent particulièrement bien au service du propos.

Merci à PriceMinister pour ce partenariat [Ma note pour PM : 16/20].

 

Un dernier titre pour mars dans le cadre du challenge "Un classique par mois".

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11:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

28/03/2014

Passeurs de mort, Fabrice Colin

Présentation. Après le décès de son oncle, Angel voit sa vie bouleversée. Du jour au lendemain, elle peut voir la Mort, ou plus exactement le passage de la vie à la mort. Angel devra affronter ce qui la terrifie le plus.

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Mon avis. Oh, que j'ai (de nouveau) passé un bon moment grâce à la plume de Fabrice Colin... J'avais lu quelques avis relativement mitigés à propos de ce récit mais pour ma part, j'ai été emportée par l'histoire jusqu'à la fin ; je pense qu'il devrait plaire aux adolescents...

Angel - au prénom prédestiné - se retrouve embarquée, à la mort de son oncle adoré, dans une aventure fantastique, une de celles qui interpellent et entrouvrent des portes, sans apporter forcément (toutes) les réponses.

Grâce aux lunettes léguées par son oncle, elle arrive à voir ceux qui accompagnent les défunts de vie à trépas. Décidée à faire la lumière (!) sur les éléments épars laissés en héritage par son oncle, elle se retrouve aux prises avec une étrange famille, la famille Cooper, dont les membres ont un comportement pour le moins suspect.

Même si elle pressent qu'elle prend parfois (souvent) des risques, elle ne peut s'empêcher de foncer, désireuse de découvrir les tenants et les aboutissants de ce "passage obligé vers l'au-delà" au risque d'avancer pour elle-même l'Heure Ultime. Elle pourra compter sur l'aide d'un allié particulièrement attachant : Nadir.

Oserais-je dire que j'ai apprécié cette aventure haletante sans temps mort ?

Merci à Book en Stock et Flammarion pour ce partenariat qui m'a permis de lire ce nouveau récit de l'auteur.

 

La couverture illustre l'idée n° 11 du challenge des 170 idées (lunettes ou lunettes de soleil) ; ce roman entre aussi dans le challenge "Un genre par mois" (mars : fantasy ou fantastique).

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19:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

26/03/2014

"Ô mon George, ma belle maîtresse...", Alfred de Musset et George Sand

Présentation. "Ah, George, quel amour ! jamais homme n'a aimé comme je t'aime.
Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d'amour ; je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle ; je sais que j'aime, je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré, perdu, tu es aimée, adorée, idolâtrée jusqu'à mourir ! Et non ! je ne guérirai pas. Et non, je n'essaierai pas de vivre ; et j'aime mieux cela, et mourir en t'aimant vaut mieux que de vivre." Alfred de Musset à George Sand, 1er septembre 1834.]

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J'avais envie de lire George Sand et pour cette lecture commune, j'ai décidé de découvrir des extraits de la correspondance entre les célèbres amants.

J'ai apprécié ces lettres qui dépeignent une relation empreinte des caractéristiques généralement attribuées au Romantisme, sans mièvrerie aucune, contrairement à ce que d'aucuns peuvent parfois le penser.

Il est ici beaucoup (surtout) question d'introspection (le "je" qui s'exprime - cela vous rappelle quelque chose ? -) avec l'analyse de ses douleurs, ses tristesses, mais également les (petits) plaisirs de l'existence, ceux qui colorent les événements et permettent d'engranger des souvenirs qui se teintent, "après", d'une (douce) mélancolie dans laquelle puiser une force. Quelquefois.

Une agréable manière de découvrir ce courant littéraire.

Sophie a relu La Petite Fadette ; Eimelle a lu et assisté à la représentation de Claudie ;

 

Un titre qui se rajoute au challenge "Un classique par mois".

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17:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

24/03/2014

La chambre d'Hannah, Stéphane Bellat

Présentation. Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d'un frère ou d'une sœur qui viendrait rompre sa solitude.

Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l'espace confiné de son appartement, mise à l'écart parce que juive.

Leurs routes n'auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c'est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes. Si La Chambre d'Hannah plonge ses racines dans l'Histoire la plus sombre, c'est aussi le roman sensible et lumineux d'une amitié entre deux enfants qui n'ont, au premier abord, rien en commun: ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu'où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l'impossible ?

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Mon avis. Un récit original par la manière dont il est traité ; un récit touchant, aussi.

C'est l'histoire d'une rencontre improbable, impossible même, entre deux enfants que tout sépare, y compris le Temps. Surtout le Temps.

Pourtant les relations se tissent entre deux époques : celle de Pierre, 11 ans dans les années nonante, un garçon qui souffre profondément de la mésentente (le mot est faible) de ses parents. Il songe même à en finir avec l'existence. Heureusement, il vit une profonde et indéfectible amitié avec Maxime, confident de la première heure.

L'autre époque, c'est celle d'Hannah, même âge, qui surgit un jour au beau milieu de la chambre de Pierre, dans ses vêtements défraîchis, et lui relate des événements dont il n'a, jusqu'alors, jamais entendu parler.

Pierre attend désormais les échanges avec sa nouvelle amie, porte ouverte sur l'Histoire. Il évoque bientôt ces étranges visites auprès de Maxime qui, comme toujours, le soutient et l'éclaire grâce à son sens pratique.

Naît alors l'idée ahurissante que le passé peut être modifié. Pour ce faire, l'aide des adultes est nécessaire : une autre paire de manches...

J'ai vraiment passé un bon moment en compagnie de cet attachant trio ; la seule chose qui m'a un tantinet ennuyée, c'est la manière dont s'exprime Pierre, tantôt comme un enfant (grandi trop vite), tantôt comme un adulte. J'aurais préféré l'un ou l'autre point de vue, et non un mélange des deux.

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

La couverture illustre l'idée n° 56 du challenge des 170 idées : une poignée de porte.

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17:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/03/2014

Lecture commune Les larmes de Pancrace, Mallock

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Sophie et moi vous proposons une lecture commune du récit Les larmes de Pancrace, de Mallock.

Certains sont-ils intéressés ? Il s'agirait de mettre en ligne les billets entre le 25 et le 31 mai.

Pour découvrir nos avis enthousiastes sur Le cimetière des hirondelles, du même auteur, c'est ICI et ICI.

 

Inscrit(e)s : Corinne ; Earane ; Sophie ; paikanne ;

21:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

21/03/2014

Le cimetière des hirondelles, Mallock

Présentation. Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué... C'est l'unique réponse qu'obtient le commissaire Mallock lorsqu'il interroge Manuel Gemoni, homme honnête et sans histoire, parti un matin à l'autre bout du monde pour assassiner un vieillard qu'il ne connaissait même pas.

Que s'est-il passé dans la tête ou dans la vie de ce jeune papa, professeur d'université, étranger à toute forme de violence ? À quoi bon, pour Amédée Mallock, persister à mener cette enquête alors même que l'on sait avec certitude que Manuel est coupable ? Et comment parvenir à l'impossible : l'innocenter ?

Aux confins du possible, entre l'humidité hostile d'une jungle tropicale et un Paris englouti sous la neige, on retrouve dans Le Cimetière des hirondelles Amédée Mallock, commissaire visionnaire qui, bien que misanthrope, n'a jamais cessé de lutter contre l'iniquité foudroyante du monde...

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Mon avis. Voici un bon moment que je souhaitais lire Le cimetière des hirondelles ; je me suis lancée dans l'aventure avec (mon ancienne élève et désormais) ma copinaute du blog "Des mots sur des pages" ; son billet est ICI.

Autant le dire d'emblée, cette lecture fut à la hauteur de la couverture et du titre qui avaient attiré mon attention. Cela n'a pourtant pas été gagné tout de suite car il m'a fallu un peu de temps avant de trouver ma vitesse de croisière : les pages consacrées au voyage du commissaire Mallock à Saint-Domingue déroulaient lentement - mais sûrement - le propos.

Mallock se retrouve sur le territoire dominicain afin de venir en aide à Manuel Gemoni, le frère de Julie, membre de sa fine équipe. Ou plus exactement essayer de lui venir en aide car la tâche s'avère ardue, pour ne pas dire impossible.

Une mouche semble en effet avoir piqué le jeune homme (une "zin" comme on dit chez nous) qui, du jour au lendemain, sans avoir prévenu quiconque, pas même sa femme, a pris l'avion pour Saint-Domingue et s'en est allé assassiner un vieillard qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam. Et préciser à ceux qui l'interrogent sur cet acte "Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué" a de quoi en déconcerter plus d'un, Mallock y compris.

Il est d'abord nécessaire de composer avec les autorités dominicaines pour rapatrier le prévenu en France. L'enquête commence vaille que vaille car il faut brosser les autochtones dans le sens du poil sous peine de tout faire capoter. Encore que la cause semble bel et bien entendue.

De retour à Paris, c'est avec l'arrivée dans le récit de Maître Long et ses méthodes d'hypnose que les choses prennent un tour particulier ; je ne dirais pas inattendu car le terrain avait déjà été quelque peu "défriché". Mais c'est à ce moment-là qu'il m'est réellement devenu difficile d'interrompre ma lecture et j'ai accompagné les membres du "Fort", au côté de Mallock [Pour l'anecdote, impossible de ne pas associer le visage de l'auteur à celui du commissaire (ou l'inverse ?) - que je n'ai jamais rencontré jusqu'à présent, mais le Net existe -].

 

  "Le lendemain, c'est un Mallock tout énervé qui se réveilla à 4 heures du matin. Il s'installa devant son écran avec un double crème et un corona, double aussi. [...]

   Il n'aimait ni les superstitions, ni les religions. Croire, ce n'était pas son truc, ni au Seigneur, ni à l'Homme, ni enfin à toutes les grimaces prosternées qu'on fait pour oublier le temps, la pourriture et les limaces. S'il avait cependant fini par adopter et chérir les valeurs chrétiennes, il n'en avait retenu ni diacres, ni Dieu.

   Quoi qu'il ait pu traverser comme épreuves, Amédée avait décidé que son désespoir n'aurait pas d'Église.

    À 8 heures, Mallock lâcha finalement sa souris, pas encore converti, mais agacé." [p. 218]

 

Cet homme malmené par l'existence, misanthrope à ses heures (pas perdues), volontiers bourru, l'esprit toujours en éveil, mène une enquête qui le conduira sur des sentes peu banales, au grand plaisir - parfois très douloureux, malgré tout - du lecteur. J'ai ainsi beaucoup apprécié la manière dont évoluent les recherches, tout comme les explications avancées, à tout le moins peu conventionnelles.

Je fus aussi ravie d'avoir été interpellée par un indice qui m'avait sauté aux yeux au début mais que "j'avais dû" laisser de côté puisqu'il ne semblait pas avoir d'importance pour les policiers.

Et puis l'épilogue... ah... l'épilogue...

Vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire ;-)

17:41 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

Résultats concours "Le bonheur commence maintenant"

Les chanceux désignés par le chapeau sont

 

Annick B.

Elodie M.

Morgane P.

 

J'envoie vos coordonnées à l'éditeur qui vous fera parvenir le livre très bientôt ; je vous souhaite une bonne lecture !

 

Merci aux participants.

09:57 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) |

20/03/2014

De la rage dans mon cartable, Noémya Grohan

Présentation. "Je crois que c’est après cet épisode que j’ai commencé à mettre un mot sur ce qui m’arrivait.
La solitude, le sentiment de décalage, dès le début, je les avais déjà ressentis. Le harcèlement scolaire, c’était un mot plus grave. Mais plus les jours passaient, plus l’évidence était là, sous mes yeux. Je n’étais pas qu’une élève chahutée par quelques meneurs. Beaucoup d’autres les avaient imités et me traquaient en permanence. J’étais devenue une cible."

L’histoire de Noémya ressemble à beaucoup d’autres.
Elle a décidé de la raconter et de s’en sortir.
Voici son témoignage.

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Mon avis. Un témoignage poignant relatif au harcèlement scolaire.

Noémya Grohan raconte ses "années collège", celles durant lesquelles elle a été harcelée. Jusqu'alors, elle menait une vie normale et tout se passait bien à l'école ; du jour au lendemain, elle devient le souffre-douleur de deux filles de sa classe. La machine s'emballe et les autres élèves suivent, quand ils ne mènent pas eux-mêmes la danse.

C'est la descente aux enfers et Noémya souffre, s'éteint, essaie de garder la tête hors de l'eau, tant que faire se peut. Elle donne le change ; c'est la dégringolade en matière de résultats scolaires, elle tente de demander de l'aide. Sans succès. Les enseignants en prennent pour leur grade : ils ferment les yeux quand ils ne cautionnent pas...

Alors elle "rappe", pour exprimer son mal-être, pour dire l'indicible. Elle se voit bien abandonner définitivement la partie ; pourtant elle finira par lutter et re-bâtir sur les ruines pour aider les victimes à parler...

 

La couverture rajoute l'orange au challenge "Haut en couleurs".

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20:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/03/2014

Bande-annonce Le labyrinthe, d'après le récit de James Dashner

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Pour les nombreux élèves qui ont apprécié le livre, la bande-annonce du film réalisé par Wes Ball [The Maze Runner, octobre 2014] est disponible ICI.

[illustration : allociné.fr]

17:07 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

17/03/2014

La morte amoureuse, Théophile Gautier

Présentation. Peut-on être prêtre et amoureux ? Peut-on aimer la nuit et prêcher le jour ? Questions bien embarrassantes... Surtout quand les réponses s'avèrent positives...

Ajoutez-y une pincée de fantôme. Secouez. Et vous voici dans une mystérieuse histoire d'amour ! Mais rassurez-vous, il ne s'agit que d'un rêve... et d'ailleurs, Clarimonde, la belle courtisane, est morte depuis si longtemps...

Mais au fait, que vient-elle faire dans ce présent ? Pourquoi trouble-t-elle encore les vivants ? Prenez garde, âme pure, de ne pas succomber aux charmes de cette immortelle ! La beauté dissimule parfois de puissants venins...

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Mon (bref) avis. J'ai relu La morte amoureuse, dont je n'avais plus de véritable souvenir, hormis une vague impression positive, en vue de le proposer éventuellement en lecture à mes élèves.

Ce récit court (je suis d'ailleurs persuadée que certains le choisiront en raison du nombre peu élevé de pages, mais qu'à cela ne tienne, la qualité ne dépend pas de "l'épaisseur") se lit facilement et permet au lecteur de suivre la déraisonnable passion - une passion peut-elle d'ailleurs être raisonnable ? - de Romuald, le prêtre narrateur qui a décidé de vouer sa vie à Dieu, pour Clarimonde, une courtisane.

Entre les deux, son cœur balance ; la paix de l'esprit, si pas de l'âme, devient désormais pour le jeune homme une notion qui se dérobe. Définitivement.

 

Un deuxième classique pour ce mois et un titre qui entre dans le challenge "Lire sous la contrainte".

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18:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

16/03/2014

Lire sous la contrainte, session 14

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Dans le cadre du challenge "Lire sous la contrainte", Philippe nous propose, pour cette 14è session, de lire un(des) titre(s) comportant un nom suivi - ou précédé - d'un adjectif ou d'un participe passé.

Échéance : le 04 mai.

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12:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/03/2014

Challenge "Comme à l'école", session 7

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Les modalités ?

Il s'agit de lire au moins un titre commençant par une lettre imposée (mode 1) ou un livre ayant un rapport avec le thème imposé (mode 2) ou encore un livre combinant les 2 : lettre et thème imposés (mode 3).

 

Cette septième session court du 15/03 au 15/05 ; la lettre est le "L" (premier mot du titre sans l'article éventuel) ; le thème est "VERBE, conjugué ou non".

 

Je me suis inscrite en MODE 1 pour cette session.

 

De plus amples renseignements sont disponibles chez Gr3nouille.

13:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

L'Énigme du retour, Dany Laferrière

Présentation. Un matin, on téléphone à l'écrivain : son père vient de mourir. Son père qui, dans un parallèle saisissant, avait été exilé d'Haïti par le dictateur Papa Doc, comme lui, des années plus tard, l'avait été par son fils, le non moins dictatorial Bébé Doc. C'est l'occasion pour le narrateur d'un voyage initiatique à rebours. Il part d'abord vers le Nord, comme s'il voulait paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour les funérailles de son père. Accompagné d'un neveu - qui porte le même nom que lui -, il parcourt son île natale...

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Mon avis. J'ai décidé de profiter du Challenge Destination consacré à Haïti pour découvrir Dany Laferrière que je n'avais encore jamais lu jusque-là. Je ne le regrette pas.

Ce livre est exigeant à l'égard du lecteur : j'ai été quelque peu déconcertée lorsque je me suis rendu compte que la quasi totalité du texte est écrite en vers, parfois très courts, parfois plus longs ; de temps à autre, les paragraphes deviennent prose. En outre, les dialogues s'intègrent sans qu'ils soient d'emblée repérables, ce qui m'a parfois amenée à relire certains passages.

Je me suis pourtant laissé emporter dans le sillage du narrateur qui est amené, lors du décès de son père, à retourner au pays. Tous deux connaissent l'exil depuis de nombreuses années : le père aux États-Unis, le fils au Canada. Passage du froid à la chaleur. Retour aux sources. Focus sur la pauvreté, tout autant que sur la beauté et les petits bonheurs fugitifs - comme lui -.

 

"Je suis dans cette ville

où il ne se passe,

pour une fois,

rien à part

le simple plaisir d'être vivant

sous un soleil éclatant

au coin des rues Vilatte et Grégoire." [p. 83 - 84]

 

"On cherche la vie

chez les pauvres

dans un vacarme absolu.

Les riches ont acheté le silence." [p. 131]

 

"Ma vie va en zigzag depuis ce coup de fil nocturne

m'annonçant la mort d'un homme

dont l'absence m'a modelé.

Je me laisse aller sachant

que ces détours ne sont pas vains.

Quand on ne connaît pas le lieu où l'on va

tous les chemins sont bons." [p. 164]

 

En plus du challenge Destination, ce titre me permet de participer pour la 12e (et dernière) fois au challenge "Lire sous la contrainte" ainsi qu'au challenge des 170 idées (personne ou chose familière sous un angle insolite).

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12:34 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

12/03/2014

Comment tomber amoureux... sans tomber, Susie Morgenstern

Présentation. Annabelle a décidé que son cœur était hors-service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n'existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l'obtention du bac, il faut qu'elle soit la meilleure. Les garçons ? De simples copains. Et ce n'est pas Samuel, le fils de l'ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose.

Annabelle est d'accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu'il ne la ralentisse pas dans sa course vers l'excellence. Annabelle est ambitieuse et passionnée, comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d'avoir obtenu la deuxième étoile pour son restaurant. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber... amoureuses !

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Mon avis. Un bonbon tendre et acidulé, à l'image de la couverture...

De Susie Morgenstern, je n'ai lu que La première fois que j'ai eu seize ans : c'est un récit que j'avais apprécié mais inutile d'en chercher la chronique puisque je n'avais pas de blog à l'époque. [Parenthèse : Susie Morgenstern, c'est l'histoire d'une rencontre... qui n'a pas eu lieu, par ma faute : lorsque je suis allée au salon du livre jeunesse de Montreuil en 2012, je me suis retrouvée face à elle dans l'ascenseur ; plus précisément, je pensais que c'était elle mais n'en étais pas tout à fait certaine. Et pourtant, c'était le cas (ami Google), avenante, souriante... mais je n'ai pas osé l'aborder, d'autant que ma lecture remontait à très loin dans le temps. Bref, idiote, ai-je été.]

J'ai commandé ce roman dès qu'il a été annoncé en raison de l'auteure, de la couverture et du titre. La lecture en fut rapide car j'ai été happée par l'histoire, d'autant que les chapitres très courts incitent à la poursuivre : encore un, un autre et ainsi de suite... Vous connaissez la chanson.

Même s'il n'y a pas de véritable surprise, j'ai pris plaisir à suivre les (més)aventures d'Annabelle, Anatole, leurs parents, grands-parents, ainsi que Samuel.

Annabelle est en Terminale et n'imagine pas obtenir des notes moyennes au bac ; c'est pourquoi l'organisation est primordiale dans son existence et si elle accepte de prendre sous son aile Samuel, fraîchement arrivé à Paris et ne pipant pas un mot de français, il est hors de question que cette aide se fasse au détriment de ses propres résultats. D'autant que la séparation (temporaire ?) de ses parents lui cause déjà bien du souci.

Ce n'est pas son personnage que j'ai préféré : je l'ai trouvée souvent trop cartésienne à mon goût ; en revanche, j'ai beaucoup aimé Anatole, son jeune frère, Marguerite, sa grand-mère maternelle, sa tante, Aimée ainsi que Samuel (of course). Les choses s'enchaînent parfois très (trop) facilement mais cela n'empêche pas les jeunes - et les moins jeunes - de réfléchir sur la vie d'une manière générale, et leur vie en particulier. Naît alors le bien nommé projet "Fleur tardive"...

Un livre qui devrait plaire, me semble-t-il, aux élèves du deuxième degré, et entrouvre la porte du judaïsme.

 

Un troisième titre pour cette session du challenge "Comme à l'école".

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20:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/03/2014

Le quatrième mur, Sorj Chalandon

Présentation. "L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.

Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne..."

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Mon avis. C'est le billet d'Argali qui a d'abord attiré mon attention sur ce livre avant qu'il ne reçoive, peu de temps après, le prix Goncourt des Lycéens. Une amie me l'a prêté et j'ai profité de ce congé de Carnaval pour le lire.

Ce fut une belle découverte que ce Quatrième mur, celui qui s'élève au théâtre entre la scène et les spectateurs, celui qui protège en quelque sorte. Quoique.

Le récit commence par une scène de violence à Tripoli dans laquelle Georges, le narrateur, est pris au piège, avec des compagnons d'infortune, par un char syrien. Il se poursuit avec une longue évocation de l'homme, avant que les circonstances ne l'amènent à accepter de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth.

Le lecteur découvre un homme qui s'est battu (au sens propre et au figuré) pour défendre ses idées, un militant d'extrême gauche, ardent défenseur de la cause palestinienne. Il fait la rencontre, déterminante dans sa vie, de Samuel, un Grec, juif, qui a eu (douloureuse) maille à partir avec le régime des colonels. Samuel devient son frère et l'entraîne dans son rêve de mettre en scène l'Antigone d'Anouilh dans un Beyrouth en guerre, avec des comédiens appartenant à chacun des clans.

Les obstacles sont nombreux et (presque) insurmontables mais ne dit-on pas qu'il faut croire en ses rêves ? Rêve de trêve. Trouée de ciel bleu au milieu du conflit. Au risque de. 

Histoire dans l'Histoire sous l'ombre d'Antigone, "la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien." [Antigone, Anouilh]

 

  " - J'ai eu cent fois cette conversation avec Samuel. Le Liban crève de tout. On doit se battre pour obtenir des cahiers d'école, pour l'électricité, l'eau, le pain, pour reboucher les routes défoncées. Vous, vous arrivez de France avec une pièce de théâtre et toutes les portes s'ouvrent. Vous n'avez qu'à claquer les doigts pour être reçus dans les ministères." [p. 124]

 

La couverture me permet de participer au challenge "Haut en couleurs" avec le JAUNE.

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16:11 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

Le Horla, d'après l'œuvre de Guy de Maupassant, Guillaume Sorel

Présentation.

Je ne suis pas fou...
Quelque chose habite ici... avec moi
Elle peut toucher les gens...
"Il" se nourrit d'eau et de lait...
Mais je ne peux la voir...

Je suis possédé !
Quelqu'un possède mon âme !

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Mon avis.

Une belle adaptation du texte de Maupassant : l'histoire de ce malaise grandissant qui imprègne, lentement mais sûrement, le "héros" du récit. Il perd le sommeil alors que se produisent des événements pour le moins étranges : l'eau disparaît de la carafe posée sur sa table de nuit, des objets se brisent, une rose "se cueille"...

Le narrateur sent une présence à ses côtés, une présence invisible mais qui l'accable profondément et développe petit à petit son emprise sur celui qui lutte de plus en plus difficilement contre cette "chose".

J'ai retrouvé l'atmosphère oppressante du récit de Maupassant, particulièrement bien rendue, selon moi, par les couleurs très souvent sombres qui accentuent le poids de "celui" qu'il nommera bientôt le "Horla". L'image au service des mots...

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat qui me permet de participer, de façon quelque peu détournée, au challenge "Un classique par mois".

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12:32 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |