30/06/2016

Les loups chantants, Aurélie Wellenstein

Présentation. Yuri appartient à un clan d’éleveurs de rennes. Il vit dans un village entouré par un perpétuel blizzard. Il y a un an, son amour, Asya, a disparu dans la tempête, attirée par les hurlements hypnotiques des loups chantants. Bien que tout le monde la croie morte, le garçon espère qu’elle soit toujours en vie, quelque part, de l’autre côté du blizzard.

Un jour, la sœur de Yuri, Kira, contracte un mal étrange ; son corps se couvre de glace. Pour le chaman du clan, la jeune fille est maudite par le dieu de l’hiver ; elle est bannie, et condamnée à s’enfoncer seule dans le blizzard. Mais une amie, Anastasia, rejette farouchement ce verdict surnaturel. Selon elle, il s’agit d’une maladie soignable à la capitale, par la chirurgie.

Déterminés à tout tenter pour sauver Kira, Yuri et Anastasia prennent leurs traîneaux à chiens pour emmener la jeune malade à la capitale. Mais aussitôt partis à travers le blizzard, les loups les prennent en chasse.

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Mon avis. Une couverture magnifique qui ouvre la porte d'une écriture sublime...

J'ai beaucoup apprécié Le Roi des Fauves, d'Aurélie Wellenstein : je n'ai donc pas hésité à me lancer dans ce roman, d'autant que la superbe couverture - d'Aurélien Police - a d'emblée attiré mon regard. Je n'ai pas été déçue...

Mieux vaut se couvrir chaudement avant de commencer ce récit puisque le froid - le Froid, même - est prégnant ; à cet égard m'est revenue en mémoire l'atmosphère glaciale de l'excellent Combat d'hiver, de Jean-Claude Mourlevat.

Yuri ouvre le récit alors que la tempête se déchaîne et qu'il tente de ne pas se laisser submerger par le Blizzard ; apparaissent aussitôt des "personnages" très importants dans l'histoire : les loups. Ceux-ci, êtres enchantés et enchanteurs, sont animés par la volonté d'attirer l'adolescent dans leurs "filets" par le biais de leurs chants. Yuri essaie de résister, du mieux qu'il peut, entre autres grâce à la magie protectrice des Gardiens. Pourtant, depuis que son aimée, Asya, a été "emportée" par les loups un an auparavant, s'est immiscée en lui l'idée que s'abandonner à eux lui permettra peut-être de la rejoindre. Peut-être.

Rentré dans le camp, il découvre que sa sœur, Kira, est atteinte d'un mal pour le moins étrange : sa peau se couvre de glace, lentement mais sûrement. Le chaman décrète qu'il s'agit d'une malédiction de Korochun, le dieu souterrain des froids glaciaux : la jeune fille est bannie. Yuri n'envisage pas une seconde d'abandonner Kira ; il entame alors à ses côtés un périple éprouvant avec Anastasia, une amie qui les a persuadés que la guérison est possible.

Le livre relate ce voyage vers la capitale, sous des températures polaires : le trio attèle deux traîneaux ; Yuri pourra compter sur ses chiens, compagnons fidèles avec lesquels il entre en communion d'une manière particulière. Mais les loups chantants sont bien décidés à ne pas les laisser en paix durant cette course contre la montre/mort...

J'ai aimé la frontière floue entre songe et réalité, ainsi que le combat intérieur de Yuri raconté par la plume merveilleusement poétique de l'auteure...

  "Yuri s'avança autant qu'il l'osa dans le Blizzard. La tempête se déchaînait et les vents rugissaient à ses oreilles, le poussant en avant, en arrière, malmenant son manteau en peau de renne. Pour progresser dans cette furie blanche, il devait marcher pas à pas avec ses raquettes, courbé en deux, un bras replié sur la tête, mais même ainsi, les bourrasques lui coupaient la respiration et les flocons lui lapidaient le visage. Il finit par s'immobiliser, le souffle court, les cuisses et les bottes matelassées de neige." [p. 11]

  "Pourtant, il était bien placé pour savoir que parfois, le pire arrivait. Parfois, même les jeunes filles perdaient la vie. Même en bonne santé. Même à seize ans. L'Hiver les taillait en pièces." [p. 23]

  "Mais quand il arriva à Orion, son chien de tête, il hésita. Le malamute leva le museau vers lui. Yuri enroula les doigts dans sa douce fourrure. S'il le perdait, il mourrait de chagrin. Une boule lui obstrua la gorge. [...] Orion se jeta en avant. Les six huskies se ruèrent dans son sillage. La corde centrale se tendit avec un claquement sec. Le traîneau s'ébranla avant de glisser en souplesse sur la neige." [p. 50 - 51]

Couverture : Aurélien Police.

Un grand merci aux éditions Scrineo et à Livraddict pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (27) ; "Littérature de l'imaginaire" (20) et "Un genre par mois" (jeunesse pour juin).

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21:48 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/06/2016

Le grenier des enfers, Une enquête de l'inspecteur Pendergast, Preston & Child

Présentation. Deux cadavres sauvagement mutilés repêchés dans les égouts de Manhattan. Des blessures à faire froid dans le dos qui n’ont été infligées ni par un homme, ni par un animal. Une vague d’assassinats sanglants qui décime les sans-abri. Tous les indices et témoignages permettent de dresser le portrait d’une créature mi-humaine, mi-mutante, aussi dangereuse qu’intelligente.

Alors qu’une psychose collective s’empare de la ville, policiers et scientifiques traquent la bête dans le New York souterrain, au sein d’un labyrinthe de stations de métro abandonnées, de tunnels et de galeries lugubres, jusqu’au "Grenier des Enfers", là où se cache l’ultime secret du monstre.

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Mon avis. Un thriller qui a su me ferrer...

J'ai eu l'occasion de lire ce deuxième volet des "aventures de Pendergast" et je m'y suis volontiers immergée (verbe de circonstance !) même si je n'avais pas lu le précédent.

C'est grâce à un plongeur novice - Snow (!) - que deux cadavres "mal en point" (euphémisme) sont repêchés dans les égouts - Cloaca maxima - de Manhattan. Une des deux victimes est une jeune femme "de la haute" disparue deux mois auparavant, si bien qu'il est d'emblée indispensable de faire la lumière (!) sur cette sombre (!) affaire.

  "Même à travers sa combinaison étouffante, collante, l'eau lui fit une étrange sensation. Visqueuse, sirupeuse, elle ne lui bouillonna pas aux oreilles, ne lui fila pas entre les doigts.S'y enfoncer exigeait un effort. Il avait l'impression de nager dans de l'huile de vidange." [p. 15 - 17]

Le ton est donné.

Le groupe dont il a été question dans Relic - que je n'ai pas lu donc, si vous suivez - aura dès lors l'occasion de se retrouver : le lieutenant Vincent D'Agosta, le Docteur Margo Green, le journaliste Bill Smithback et, last [bien des pages se tournent avant qu'il n'apparaisse] but not least, l'inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI ; des personnages attachants.

L'enquête s'avère ardue, dangereuse et extrêmement pointue (un peu trop pour moi) en matière de mutations ; elle emmènera les protagonistes dans un labyrinthe de galeries souterraines, là où se terrent ceux qui ne voient que très peu, voire jamais, la lumière du jour : SDF, marginaux, drogués, exclus... appelés "les taupes". Un monde à part qui risque de leur faire perdre la tête. Au sens propre (!) comme au figuré.

Claustrophobes s'abstenir...

Traduction : Philippe Loubat-Delranc.

Titre VO (1997) : Reliquary.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 (thriller - policier pour cette session).

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21:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/06/2016

Le poids des secrets, T. 5 : Hotaru, Aki Shimazaki

Présentation. À la saison des lucioles (hotaru), lorsqu'elle rend visite à sa grand-mère Mariko Takahashi, Tsubaki est loin de se douter que celle-ci lui confiera bientôt le secret qui ronge sa vie depuis cinquante ans, incapable qu'elle fut de le révéler à son mari.

Étudiante en archéologie, Tsubaki apprend à travers cette confession les lois cruelles de la vie : l'innocence et la naïveté des jeunes filles sont souvent abusées par les hommes de pouvoir et d'expérience, et leur destinée s'en trouve à jamais bouleversée.

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Mon avis. J'ai retrouvé avec plaisir la plume délicieuse d'Aki Shimazaki mais j'ai attendu trop longtemps avant de lire ce dernier tome : je suis certaine que j'aurais davantage savouré ce récit si j'avais eu une vision plus précise de l'ensemble.

Je n'avais pourtant pas tout à fait oublié les personnages dont il est question ici : Mariko, Tsubaki et, dans une moindre mesure, Yukio. La vieille dame, au crépuscule de sa vie, a perdu son mari depuis longtemps déjà et vit chez son fils Yukio. Son esprit semble maintenant dériver de temps à autre et Tsubaki essaie d'adoucir les jours de sa grand-mère.

Cette dernière va raconter à sa petite-fille le lourd secret qui pèse sur ses épaules, celui qu'elle n'avait jusqu'alors confié à quiconque, celui qui la replonge dans un passé qu'elle avait (tâché d')enfoui(r) en elle, celui qui, peut-être, éclairera d'une lumière nouvelle le chemin personnel de Tsubaki.

Il ne me reste plus qu'à relire un jour la pentalogie...

 

Ce titre entre dans le challenge "Objectif du mois", proposé par Xiou (pour juin, terminer une saga de plus de deux tomes).

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12:27 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

25/06/2016

Rural noir, Benoît Minville

Présentation. Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance.

Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence.

Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille.

Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature "préservée" – ou en friche.

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Mon avis. Une belle lecture qui m'a cependant laissée un tantinet sur ma faim : j'aurais en effet bien volontiers cheminé encore un peu en compagnie des personnages...

Ce récit m'a d'emblée fait penser au film - que j'aime beaucoup - Stand by me, de Rob Reiner [je précise que je n'ai pas lu la nouvelle de Stephen King - Le corps - dont est tiré le film].

C'est une histoire d'amitié, une amitié profonde, sincère, indéfectible : celle qui unit Julie, Vlad, Romain et Christophe, chacun des garçons étant "plus ou moins" amoureux de la belle Julie. "L'innocence serait fauchée cet été-là", [p. 11] faisant littéralement "éclater le groupe".

Dix ans plus tard, Romain "revient au pays" et retrouve la petite bande ; mais de l'eau a coulé sous les ponts et chacun tente de s'en sortir du mieux (du moins mal ?) qu'il le peut alors que la région subit la crise de plein fouet.

Le récit alterne présent, raconté à la troisième personne, et passé, relaté à travers le regard de Romain, chaque chapitre relatif au passé venant éclairer d'un jour nouveau le présent. Ces allers et retours temporels ne nuisent pourtant en rien à la compréhension de l'histoire.

Si l'amitié est essentielle dans le roman, la ruralité, celle que l'on nomme communément "la France profonde", y occupe également une place fondamentale,  avec sa force et le caractère entier de ses acteurs, avec les difficultés liées au monde moderne, aussi.

 

  "Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.

   Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d'exister et de grandir ensemble.

Nous quatre.

   Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître.

   On n'entend même pas l'eau qui dévale des nuages ni le tonnerre qu'on aura oublié demain matin, trop occupés à rire, accompagnés de nos quelques trésors pour honorer l'été : deux canettes de bière, piquées à mon père. Une clope aussi. Merde, presque quatorze ans après tout. Et de la bouffe, on a pillé nos frigos de tout ce qui est gras et peut se manger entre deux tranches de pain.

   Et cette musique envoûtante : quand ce ne sera plus AC/DC, y aura Black Sabbath ou Led Zep pour assurer le coup.

   Je les regarde mes potes :

   Chris, mon petit frère, les genoux esquintés par sa dernière gamelle à vélo, imite si mal Angus Young qu'on se pissera bientôt dessus, il se dandine et Vlad l'attire vers lui en passant son bras autour de son cou. Vlad, c'est mon meilleur pote. Il a déjà ouvert la deuxième bière. Il se marre, n'arrête pas de triturer sa boucle d'oreille. Julie l'a percée à l'épingle de nourrice." [p. 9 - 10]

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 [thriller - policier pour cette session].

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18:50 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

22/06/2016

Le menteur, Nora Roberts

Présentation. Shelby Foxworth a d'abord perdu son mari, porté disparu en mer, puis ses illusions. Car celui qui l'a séduite alors qu'elle était chanteuse dans les bars du Tennessee pour lui offrir une vie dorée dans la banlieue de Philadelphie était un menteur. Infidèle et faux comme le diamant qu'il lui a passé au doigt, il la laisse criblée de dettes. Et quand elle ouvre son coffre-fort, c'est pour y trouver des papiers d'identité multiples, de l'argent liquide et une arme. L'homme qu'elle aimait n'est pas seulement mort : il n'a jamais existé.

Se réfugiant avec sa fille de trois ans dans sa ville natale, Shelby se reconstruit peu à peu et redécouvre timidement l'amour. Mais peut-on vraiment échapper à son passé ?

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Mon avis. Jusqu'à présent, j'avais toujours passé un agréable moment lors de la lecture d'un roman de Nora Roberts ; il en est allé différemment cette fois...

Shelby est veuve depuis peu et découvre, horrifiée, que son mari Richard n'avait de "richard" que l'apparence ; pire, il ne lui a laissé que des dettes énormes et de nombreux points d'interrogation. Heureusement, sa fille Callie va lui insuffler le courage nécessaire pour (tenter de) "repartir à zéro". Pour ce faire, la jeune femme retourne vivre auprès de sa famille, qu'elle avait délaissée depuis quelques années à cause de son mari.

Ce n'est pas tant le côté prévisible de l'histoire qui m'a dérangée - la lectrice sait pertinemment à quoi s'attendre en se plongeant dans ce type de récit  -, mais l'absence d'émotion. Et même si la lecture a été rapide, je n'ai jamais "frissonné" avec Shelby, ni de peur, ni de plaisir, ni de quelque manière que ce soit. Ce(tte absence de) sentiment a été accentué par les dialogues qui sonnent particulièrement faux.

Côté personnages, je retiendrai malgré tout Viola, la savoureuse grand-mère de la jeune femme.

Un coup dans l'eau donc pour moi...

Traduction : Joëlle Touati.

Titre VO (2015) : The liar.

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges  "de la Licorne 2" (thriller - policier pour cette session) et "Comme à l'école" (personnage féminin pour le mode 2).

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19:26 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

20/06/2016

La brigade de l'ombre, 1 : La prochaine fois (,) ce sera toi, Vincent Villeminot

Présentation. Fleur vérifia sur son téléphone : son père ne lui avait laissé aucun message. C'était curieux, ces trois appels successifs. Pourtant, elle décida de faire la morte.

La morte... Une étrange façon de parler, à bien y réfléchir. Et glaçante, quand on l'associait aux coups de fil du commissaire Markowicz. Son père. Pour qui le pire était toujours sûr.

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Mon avis. C'est avec ce titre, susceptible de plaire, me semble-t-il, aux élèves du deuxième degré - et d'être adapté à l'écran -, que je découvre Vincent Villeminot.

Focus sur une Brigade "quelque peu (!) particulière", à savoir le commissaire Markowicz, géant taciturne, féru de littérature, alcoolique à ses (nombreuses) heures, à la jambe raide depuis l'Accident ; le commandant Bosco, alias Gimli, minuscule, "à la peau d'un noir presque violet", dont l'organisation, la réflexion et l'anticipation sont inversement proportionnelles à la taille ; le lieutenant Toussaint Fermeture, Jimi Hendrix de la bande, fumette comprise, champion toutes catégories lorsqu'il est question d'atteindre son but par des moyens (très) éloignés de la légalité ; les Parques, un trio féminin aux personnalités "variées".

S'est dernièrement ajoutée Joubert, immédiatement baptisée Diane de Moitié par Jimi. C'est par l'intermédiaire de cette nouvelle recrue que le lecteur découvre les membres de ce groupe bizarroïde, à première vue hétéroclite : le genre de personnes qui, comme on dirait par chez nous, "n'ont pas toutes leurs frites dans le même sachet".

La Brigade s'arroge le droit d'enquêter sur le meurtre, particulièrement horrible d'une jeune fille ; or, "hier midi, dans la cour intérieure, devant le cadavre de la jeune fille éventrée et démembrée, il [Marcowicz] avait entendu la chanson de l'ennemi, et celle de sa famille. Elles s'entremêlaient. Cela signifiait que quelqu'un en voulait à la famille - sa brigade, en l'occurrence, puisqu'il n'avait de facto plus de famille." [p. 46]

Même si les personnages sont (délicieusement) caricaturaux - la fille cadette du commissaire, Adé(laïde), est "un poème" - et même si l'humour est parfois (délicieusement aussi) de mauvais goût, j'ai apprécié cette lecture qui allie investigations et fantastique ; j'ai en outre beaucoup aimé la fin de ce premier opus qui appelle le suivant...

Merci à Livraddict et aux éditions Casterman pour ce partenariat.

 

Ce livre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (26) ; "de la Licorne 2" (thriller-policier pour cette session) ; "Littérature de l'imaginaire" (19) et "Un genre par mois" (jeunesse pour juin).

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16:51 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/06/2016

À l'ombre des cerisiers, Dörte Hansen

Présentation. C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines.

Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon.

Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité...

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Mon avis. J'ai reçu ce roman lors d'une des dernières opérations de Masse Critique sur Babelio : c'est la couverture qui m'a attirée. J'ai passé un bon moment à l'ombre des cerisiers...

Le récit se centre dans un premier temps sur la petite Vera, arrivée dans le nord de l'Allemagne, appelé "le Vieux Pays", depuis la Prusse orientale, en compagnie de sa maman, Hildegard. Elles n'ont plus rien et le petit frère de Vera est décédé ; il a dû être abandonné au fil du (rude) chemin parcouru. C'est dans la ferme d'Ida Eckhoff que les réfugiées atterrissent : "Y va en venir encore combien d'vous aut' Polacks ?". [p. 10]

Il leur faudra apprendre à survivre dans ce milieu rural où elles ne sont nullement les bienvenues mais Hildegard a un caractère bien trempé : elle est bien décidée à s'en sortir. La petite fille grandit dans la ferme, entre les deux femmes que tout oppose ; la situation s'envenime encore davantage lorsque Karl, le fils d'Ida, revient deux ans plus tard d'un camp de prisonniers russe.

Le lecteur suit également, quelques dizaines d'années plus tard, un pan de la vie d'Anne, la nièce de Vera. Suite à une rupture abrupte et douloureuse avec le père de son fils Leon, Anne emménage chez sa tante, dans la maison que cette dernière, considérée comme une vieille femme loufoque, quelque peu "foldingue" par les villageois, a toujours conservée.

J'ai aimé cette "rencontre" particulière entre tante et nièce, chacune pétrie d'une douleur lancinante derrière la "façade glacée" qu'elle donne à voir.  Les habitants du village - du cru ou "importés"- sont eux-mêmes parfois touchants ; à noter que la maison de Vera, où bon nombre de drames se sont joués, demeure inébranlable et "exigeante"...

Traduction : Elisabeth Landes.

Titre VO (2015) : Altes Land.

Merci aux éditions Kero et à Babelio pour ce partenariat.

22:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

10/06/2016

Le sommeil le plus doux, Anne Goscinny

Présentation. « Son sourire aujourd’hui me donne envie de découvrir le monde. Elle oublie, je le vois, l’échéance des trois jours. Elle oublie que le temps est compté, elle oublie l’ombre et son murmure.

Il fait doux, Nice ouvre ses cadeaux. Il n’y a personne dans les rues. Je marche, enveloppée dans un caban trop large. Je ne pense qu’à ma mère. Je sais que la parenthèse se referme sur nous. Ma promenade, au gré du vent, au gré de rien, me conduit dans un joli jardin. Je m’assieds sur un banc, déboutonne mon manteau. Je respire. Trois pastels et mon carnet vont immortaliser le bleu, le vert et l’ocre.

C’est alors que je remarque cet homme. Il est là, tout près, assis sur un banc. Il me regarde. Il se lève. Vient vers moi. »  A. G.

C’est à Noël, sous le soleil d’hiver, qu’Anne Goscinny réunit une mère et sa fille pour un dernier voyage. Un roman poétique et personnel.

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Mon avis. Une écriture subtile pour un texte qui m'a parfois égarée mais que j'ai cependant lu avec plaisir, et s'il est un mot qui me vient spontanément à l'esprit à l'évocation de ce récit, c'est celui de nostalgie.

Jeanne arrive à Nice en compagnie de sa mère et sa grand-mère paternelle (j'ai adoré ce dernier personnage) ; sa mère lutte contre un cancer qui la ronge depuis un long moment déjà et il semble que cette fois, la maladie l'emportera, dans tous les sens du verbe.

La jeune femme tente, tant que faire se peut, d'adoucir les derniers moments de celle qui, jusque-là, a pris toute la place dans sa vie. De sa vie, même. Peut-être Jeanne se trouvera-t-elle lorsque sa mère aura pris son envol ?

En alternance avec le point de vue de Jeanne apparaît celui de Gabriel, un homme rencontré par la jeune femme au hasard d'une promenade...

Le récit dépose çà et là des impressions fugitives relatives à cette relation mère-fille tout à fait particulière, ainsi qu'à la rencontre entre Jeanne et Gabriel. Cette lecture s'est curieusement (?) inscrite au moment où je travaillais Verlaine avec mes élèves ; impossible dès lors de ne pas (res)sentir un lien entre les deux dans cette esquisse du flou, entre passé et présent... Jusqu'à la fin qui rend leur netteté aux images.

  "La vie est là, à portée de main, couleur navet ou couleur lavande. Les mots choisis font reculer la réalité. J'ai la nuit pour lui promettre un avenir, la nuit pour inventer une vie qui aurait la vie devant elle. Je lui parle des enfants que j'aurai et dont elle sera si fière, de cette passion, la peinture, dont peut-être je ferai un métier." [p. 29]

  "Je me souviens de cette jeune fille, voûtée, un peu triste. Perdue et loin de là où elle se trouvait." [p. 49]

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

12:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/06/2016

Trop tôt, Jo Witek

Présentation. J'ai repris mon souffle et je lui ai souri. Il m'a offert sa main. Tout de suite, comme ça, sans parlote, ni drague. Il m'a pris la main et j'ai aussitôt perdu la tête. Immédiatement. J'ai tout oublié, les parents, Marthe et même cette discothèque de bord de mer. À partir du moment où il m'a pris la main, je suis passée dans un autre monde.

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Mon avis. De nouveau un très beau texte de la collection Ego, chez Talents Hauts.

  "Je n'ai pas vu la rentrée passer. J'avais autre chose en tête. Quelque chose dans le ventre qui a pris toute la place. Qui m'a anéantie. Ce n'est pas ce que je voulais. Pas tout de suite. Pas à quinze ans.

   Comment appeler ça ? Une bêtise ? Une inconscience ? Une faute ?" [p. 5]

Pia a quinze ans et doit faire face à une situation douloureuse, une de celles qui emportent tout sur leur passage et tracent irrémédiablement une frontière entre un "avant" et un "après".

L'avant : les vacances d'été en famille à Royan ; Pia et sa cousine Marthe, complices de toujours, espèrent la "rencontre du bord de mer", celle qui une fois l'été passé, leur laissera une odeur de sable chaud. L'après : un goût amer. Entre les deux : une déferlante qui emporte Pia, contre laquelle elle n'a pas pu lutter.

  "La douceur de ses caresses a balayé toutes mes certitudes, mes résolutions et la jeune fille bien sage. Dans la boîte déjà, je n'étais plus tout à fait moi-même ou peut-être étais-je au plus près de moi-même ? Allez savoir, on se connaît si peu à quinze ans. Et puis, sa main m'a emportée vers un ailleurs [...] Pas de pensées, juste mon corps qui dansait dans la nuit avec un garçon. Jamais je ne me suis sentie aussi belle. Je n'ai pas pu résister à ce présent. [p. 16 - 17]

Et puis deux traits qui lui hurlent le résultat du test. Un gouffre de terreur : ses parents, si fiers de leur fille, vont-ils la détester à jamais ? La rejeter ? La forcer à garder le bébé, à assumer ses actes ?

Indépendamment du propos interpellant, j'ai aimé les personnages, tant Pia et le regard qu'elle porte sur elle-même que Marthe et Baptiste, soutiens indéfectibles, ou encore les parents, profondément bouleversés.

Un texte à découvrir...

 

Ce récit entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (25),  "Un genre par mois" (jeunesse/young adult pour juin) et "Comme à l'école" (personnage féminin pour le mode 2).

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11:40 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/06/2016

Les mannequins ne sont pas des filles modèles, Olivier Gay

Présentation. Fitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Et voilà Moussah en couple et amoureux. D'un mannequin, pour couronner le tout. Mais la superbe Cerise disparaît du jour au lendemain, à l'aube d'un concours qui aurait pu changer sa vie. A-t-elle décidé de tout plaquer sur un coup de tête ?

À la demande de Moussah, Fitz enfile le manteau d'enquêteur qui lui va si bien. Bien sûr, les autres participantes ont tout intérêt à éliminer Cerise, grande favorite de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz a pourtant toujours eu un faible pour les filles modèles...

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Mon avis. Un p'tit coup d'mou ? Envie de passer un agréable moment  ? J'ai ce qu'il vous faut avec ce deuxième opus - au titre encore une fois à rallonge - des (més)aventures du sieur (John-)Fitz(gerald).

La dédicace de l'auteur himself évoquait un "tome avec le plus de private jokes". Je me demandais donc si j'allais être sur la même longueur d'onde. Hé bien oui. J'ai d'ailleurs, au fil de ma lecture, corné quelques pages afin de retrouver facilement l'une ou l'autre phrase. [Hé oui, il m'arrive de corner les pages de mes livres quand je veux repérer un extrait et que je n'ai pas de crayon sous la main ; de toute façon, je fais ce que je veux avec mes livres, même les prêter, au risque de les récupérer avec des signes évidents de "manipulation"].

J'ai retrouvé avec plaisir le trio de choc apprécié dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, avec un Fitz en grande (mé)forme, aux prises avec un Moussah tombé dans les filets de la sculpturale Cerise. Le hic, c'est que jeune femme n'a plus donné signe de vie depuis quelques jours et que le géant (au grand cœur ?) est inconsolable. Pire : ce dernier est intimement persuadé qu'il est arrivé quelque chose à sa dulcinée, une des favorites d'un concours de mannequins.

Fitz est donc contraint de conjuguer à nouveau son "boulot de vendeur de soleil" à celui d'enquêteur pas discret du tout. Et quand il plonge dans les coulisses de ce milieu "pailleté", avec l'aide (?) de ses deux acolytes, il prend conscience que pour certaines, la fin semble justifier les moyens...

 

  "Un mètre quatre-vingts, un visage d'ange et des côtes saillantes ? Si elle n'était pas mannequin, elle revenait d'un séjour sportif au Darfour." [p. 29]

  "Elle agita la main en direction de quelqu'un derrière moi et je pivotai, inquiet à l'idée de découvrir un petit ami jaloux, sans doute un mètre quatre-vingt-dix au garrot et adepte de kick-boxing. Mais non, elle saluait simplement un couple dans la cinquantaine à l'argent clinquant qui se dirigeait vers nous. Merde, les parents.

   - Impact prévu dans dix secondes, murmura-t-elle.

   Mannequin ET ironique ? Dieu existait donc. J'avais déjà sorti mon téléphone avec la vitesse de l'habitude.

   - Ça m'en laisse huit pour prendre ton numéro." [p. 48]

  "J'avais entendu quelque part que les talons hauts rapprochaient les filles du ciel mais là, il devait y avoir quinze bons centimètres - je me demandai comment elle ne se tordait pas les chevilles. Ça devait être le genre de secrets qui ne se transmet que de mère en fille, un peu comme les moues boudeuses et l'art de manipuler les mâles en rut." [p. 99]

 

Fitz ou typiquement le genre de "héros" que je déteste adorer ; je lirai volontiers la suite...

 

Ce roman entre dans les challenges "de la Licorne 2" (thriller - policier pour cette session) et "Comme à l'école" (thème : personnage féminin pour le mode 2).

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20:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

01/06/2016

Le Cri du cerf, Johanne Seymour

Présentation. Un matin brumeux d'octobre, Kate plonge dans les eaux glacées de son lac près du paisible village de Perkins, dans les Cantons-de-l'Est, et trouve, flottant à la dérive, le cadavre d'une fillette. Plus tard, une seconde victime confirmera la présence d'un tueur en série dans les environs.

Qualifiée par ses pairs d'asociale et de vindicative, le sergent Kate McDougall devra mener l'enquête la plus difficile de sa carrière. Pour démasquer la Bête, elle aura à affronter ses démons et à remonter le fil douloureux de son passé.

Une démarche qui l'entraînera au cœur d'un cauchemar et qui menacera de briser le fragile équilibre sur lequel elle a bâti sa vie. Une vie marquée par le cri du cerf.

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Mon avis. Pas de réelle surprise durant cette lecture. Cependant, les pages se tournent rapidement ; les chapitres (très) courts remplissent bien leur office : on se dit qu'on va encore en lire un, puis le suivant, et encore un autre...

Focus sur le sergent Kate McDougall, à la forte personnalité, une de celles qui ruent (volontiers) dans les brancards, ce qui lui a d'ailleurs déjà valu une mutation : le sergent-chef Brodeur - dont les dents raient le parquet - a déployé beaucoup d'énergie pour lui faire quitter la Sûreté du Québec à Montréal. Il a réussi. C'est ainsi que la quadragénaire au "corps fier et racé [qui] trahit son métissage Mohawk" [p. 11] s'est retrouvée au poste de Brome-Perkins.

Elle découvre le corps d'une fillette de neuf ans dans l'étang qui jouxte son chalet : la première d'une série. Parallèlement, les cauchemars récurrents de Kate s'intensifient, la menaçant d'atteindre un point de non-retour, malgré le soutien indéfectible de (bon nombre de) ses collègues/amis.

Un (gros) bémol à noter : des erreurs "typographiques" rendent parfois le propos confus. C'est ainsi que dans les dialogues, des phrases énoncées par la même personne sont présentées avec des tirets différents ; ce n'est qu'après avoir lu l'ensemble que l'on se rend compte que le deuxième tiret n'a pas lieu d'être et que le second interlocuteur n'a en fait rien dit. Ou encore, alors que l'on quitte le dialogue et que la relation reprend, celle-ci est indiquée comme s'il était toujours question du dialogue.

Merci à Gilles Paris pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge de la Licorne 2 (session 4, thriller - policier).

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11:36 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/05/2016

Memorex, Cindy Van Wilder

Présentation. 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir.

Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancœurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. [...]

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Mon avis. Je pressentais que je risquais d'aimer ce roman, d'autant que j'avais apprécié la plume de l'auteure - au demeurant bien sympathique - dans le tome 1 de la saga Les Outrepasseurs : Les Héritiers. Pari gagné.

L'action se déroule dans un futur proche : Réha, la fille de Kassa Ayyadam, (richissime) fondateur de Memorex, poursuit ses études à Mansfield Academy, en Californie. Thanksgiving se profile et la jeune fille doit retourner pour quelques jours à Star Island, l'île familiale, en Polynésie française.

Or la jeune fille n'a nulle envie de se séparer, même temporairement, de son amie finlandaise, Ilse. En outre, Aïki, son frère jumeau, l'accompagne, et depuis le drame qui a touché leur famille, un an auparavant, Réha a "perdu" son frère : leur complicité d'antan s'est définitivement envolée.

C'est lors de leur arrivée sur Star Island que le séjour prend une tournure pour le moins inattendue, plongeant les protagonistes dans un puits sans fond dont il leur sera difficile d'émerger. Les œillères se désagrègent, au fil des événements racontés par Réha, rythmés par des pages évoquant le passé. Ces dernières apportent un éclairage progressif sur ce qui se joue sur l'île. La douleur est immense...

Côté personnages, j'ai apprécié Réha alors que, paradoxalement, je ne l'ai pas trouvée attachante ; Petite Miss Parfaite m'a également beaucoup plu, tout comme Aïki qui m'a en outre particulièrement émue.

Cerise sur le gâteau : un objet-livre très soigné.

Une belle découverte au suspense savamment orchestré ; ce roman devrait plaire aux élèves du secondaire supérieur : une certaine maturité est, selon moi, bienvenue pour en appréhender les multiples facettes.

 

  "L'objet du mail me saute littéralement au visage.

   TE SOUVIENS-TU ?

   Aucun nom d'expéditeur. Une lettre fantôme. Je me raidis d'instinct. [...]

   Qui ?

   La panique menace de m'engloutir, épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête depuis un an, mais je résiste. Je ne donnerai pas à cet expéditeur anonyme, ce lâche derrière son écran, la satisfaction de m'avoir mise à terre. De m'avoir fait trembler.

   Je ne veux plus être une victime." [p. 33 - 35]

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (24) et "Littérature de l'imaginaire" (18).

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16:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

27/05/2016

Birth Marked, 3 : Captive, Caragh M. O'Brien

Présentation. Gaia a survécu à la Forêt Morte. À présent, elle doit conduire le peuple de Zile à l’Enclave, et convaincre la cité de leur accorder le refuge. Mais ses lois sont devenues plus cruelles encore… Pour rétablir la justice, Gaia sera-t-elle prête à mettre en péril la vie de ceux qu’elle aime ?

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Mon avis. J'ai toujours un peu peur de découvrir le dernier tome d'une série que j'ai jusque-là beaucoup appréciée, par crainte d'être déçue. Je ne l'ai nullement été.

Le récit commence alors que Gaia, désormais Matriarche de la nouvelle Zile, arrive avec son "peuple" aux portes de l'Enclave, fermement décidée à demander l'asile à celui qui se fait appeler "Protecteur". Il n'est plus l'heure de tergiverser : les siens risquent d'y laisser leur vie.

Parmi les fidèles qui l'accompagnent, Léon, Will, Joséphine, Dinah, sa petite sœur Maya. Et Peter, toujours empreint de la souffrance que lui a infligée la jeune femme lorsqu'elle lui a préféré Léon ; il reste(ra) pourtant à ses côtés, soucieux du bien-être de Gaia. Envers et contre tout. Envers et contre tous.

Ce troisième tome m'a paru moins "jeunesse" : les préoccupations de Gaia sont autres que celles qui l'animaient précédemment - même si, chez la jeune femme, certains doutes relatifs à Léon et Peter affleurent de temps à autre - . Or le Protecteur - encore plus détestable que par le passé - a décidé de profiter au maximum des atouts dont il dispose pour tenter de régler, une bonne fois pour toutes, le problème de l'Enclave lié à l'hémophilie. Et rien ni personne ne l'arrêtera. Pas même son propre fils. Encore moins son propre fils.

Un dernier opus à la hauteur de Rebelle et Bannie ; Bannie demeure cependant mon préféré.

 

  " - Ils n'en sont encore qu'à la phase-test mais, en gros, l'Institut Matrice est une usine à bébés." [p. 61]

   "À respirer les vieilles odeurs nocturnes de Wharfton, un mélange d'herbes hautes, de terre sèche et de basse-cour, elle ressentit encore plus cruellement l'absence de ses parents. Un croissant de lune jetait tout juste assez de lumière bleu pâle pour rendre le sentier visible. Par habitude, elle chercha Orion parmi les étoiles mais ne la trouva pas." [p. 137]

Traduction : Hélène Bury.

Titre VO : Promised (2012).

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (23) et "Littérature de l'imaginaire" (17).

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17:04 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/05/2016

Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie 1, Diana Gabaldon.

Présentation. Juillet 1776. Les treize colonies sécessionnistes ont signé leur déclaration d'indépendance, mais la guerre contre l'Empire britannique continue. Au lieu de s'engager dans l'armée de George Washington, Jamie Fraser décide de regagner l’Écosse afin de retrouver sa presse d'imprimerie. Pendant ce temps, William, fils adoptif de lord John Grey, débarque dans les colonies avec les armées envoyées par Sa Majesté pour écraser l'insurrection. [...]

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Mon avis. Me revoici sur les routes du passé en compagnie de Claire et Jamie, mes amis de papier...

J'ai à nouveau passé un bon moment en compagnie des Fraser. Le récit alterne les passages relatifs à Claire, Jamie et Ian alors que "la Grande Maison" est désormais partie en fumée, contraignant les membres du "clan élargi" de Jamie à s'entasser dans la cabane de Brianna et Roger.

Ces derniers sont, quant à eux, retournés avec leurs enfants au XXè siècle, à Lallybroch précisément, et "correspondent" en quelque sorte avec leurs parents : Claire et Jamie écrivent un maximum de lettres, espérant que certaines parviendront, dans le futur, à leurs enfants.

Enfin, le roman se centre également, par moment, sur William Grey - fils adoptif de Lord John Grey -, loyaliste convaincu en cette période de révolution.  Le lecteur voyage ainsi "allègrement" d'une époque à l'autre.

J'ai eu un peu de mal avec les péripéties du début du récit relatives à William Grey mais son personnage évolue par la suite, s'étoffe, laissant par-devers lui le jeune homme "gâté pourri" des débuts.

J'ai particulièrement apprécié, cette fois, les parties qui relatent des pans de la vie de Brianna et Roger à Lallybroch, ainsi que, vers la fin, la focalisation sur Ian.

Un grand merci à J'ai Lu pour ce partenariat ; je poursuivrai bien volontiers ma découverte d'Outlander...

Traduction : Philippe Safavi.

Titre VO : An echo in the bone (2009).

 

Ce titre entre dans le challenge "Un genre par mois" (Historique en mai).

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18:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/05/2016

Miss Dumplin, Julie Murphy

Présentation. Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l'aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles.

Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit... s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. [...]

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Mon avis. Une agréable lecture...

C'est typiquement le type de récit qui "me parle" parce que, je dois bien le dire : je n'ai jamais été mince ["mince", késako ?] ; tant que j'y suis, j'irai même jusqu'à avouer que le surnom que me donnait une de mes tantes - bien affectueusement, je le précise - c'était "Bouboulina". Bref, les kilos et moi, ce fut toujours une histoire "d'amour".

Je me suis (donc) souvent reconnue dans le personnage de Willowdean : tant dans le regard qu'elle porte sur elle-même, que son propre regard sur les autres, ou encore celui des autres à son encontre.

Pourtant, de la personnalité, Will en a à revendre et elle se sentirait bien avec elle-même si seulement ceux qu'elle côtoie - compagnons de classe, inconnus, sa propre mère - ne lui renvoyaient pas constamment à la figure son image de "G.R.O.S.S.E." Seule Ellen, sa véritable - et unique - amie, ne la "réduit pas" à son poids.

Or, un "bo" jour, Bo, un étudiant qui travaille, tout comme elle, au Harpy's Burgers et Dogs, semble s'intéresser à elle, et apparemment pas dans le but de rire à ses dépens, comme cela arrive (trop) souvent.

  "Une vague de chaleur parcourt mon corps jusqu'à empourprer mes joues, et je passe les doigts le long de ma mâchoire tandis que mes pieds s'enfoncent dans le ciment comme dans des sables mouvants.

   Si vous voulez tout savoir, j'ai un affreux béguin pour Bo depuis notre première rencontre. Ses cheveux bruns décoiffés forment un désordre parfait au sommet de son crâne. Et il a l'air ridicule dans son uniforme rouge et blanc ; on dirait un ours en tutu. Ses manches en polyester hyper tendues menacent de craquer sur ses bras. Je crois que ses biceps et mes hanches ont beaucoup de choses en commun - hormis la capacité de soulever de la fonte. Le débardeur qu'il porte sous sa chemise laisse entrevoir une fine chaîne en argent et, grâce à son approvisionnement illimité en sucettes bourrées de colorants artificiels, il a les lèvres toutes rouges.

   Il tend ses bras vers moi comme s'il voulait me serrer contre lui. Je prends une grande inspiration, et la relâche lorsqu'il se contente de tirer la porte de livraison." [p. 15 - 16]

 

Cet intérêt (sincère ?) pour sa personne déconcerte profondément "Willowdean. Caissière. Fan de Dolly Parton, et la grosse de l'équipe." [p. 16]. Une Will qui manie l'ironie comme personne : ne dit-on pas que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ? Une Will qui fond (!) quand le jeune homme prononce son prénom. Une Will dont la carapace commence à se fissurer. Jamais, elle ne s'est sentie autant en danger.

  "Cette relation entre nous, c'est comme un grand huit. Les freins ne fonctionnent plus, et les rails sont en feu, mais je n'arrive pas à descendre." [p. 80]

 

Les liens qui se (dé)nouent entre Willowdean et Bo ne constituent pas le seul sujet du récit. Il y est aussi question du plus vieux concours de beauté du Texas organisé par la propre mère - mince et ancienne lauréate - de la jeune fille, celui de Miss Lupin Junior : il verra, pour la première fois, se présenter des candidates "différentes" ; la souffrance liée au deuil y est également présente : Lucy, la tante - et maman (obèse) de substitution - de Will est décédée récemment et lui manque terriblement ; l'amitié - et ses heurts douloureux - tient en outre une très grande place dans l'histoire ; enfin, Dolly Parton, personnage à part entière, imprègne le récit...


Traduction : Isabelle Troin.

Titre VO (2015) : Dumplin'.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce roman - à la couverture veloutée - entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (22).

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19:30 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

14/05/2016

Lecture commune : Battle Royale, de Koushun Takami

battle.jpgJe vous propose une lecture commune de Battle Royale de Koushun Takami.

"Dans un futur proche, un empire asiatique indéterminé aux tendances fascinantes a mis en application le programme "Battle Royale" pour servir d'exemple à la population - et tout particulièrement à sa frange la plus jeune.

Ce programme consiste à tirer au sort chaque année une classe de collégiens et à les emmener de force sur une île isolée du monde où, au terme de combats acharnés, un seul d'entre eux pourra rester en vie - dans le cas contraire, tous périront. Une course contre la mort s'engage donc, durant laquelle chaque élève devra faire face à ses amis d'hier, et accepter sa nature profonde."

Les billets seront mis en ligne entre le 15 et le 31 août 2016, cela nous laisse ainsi un peu de temps.

Qui me suit ?

21:30 Écrit par paikanne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/05/2016

Concours Outlander, 7 : L'écho des cœurs lointains, partie 1, Diana Gabaldon.

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Les éditions J'ai Lu me donnent l'opportunité de vous faire gagner le tome 7, partie 1, de la saga Outlander, de Diana Gabaldon. Il a pour titre L'écho des cœurs lointains.

Modalités de participation : envoyez un courriel à l'adresse renseignée sur la colonne de gauche du blog en précisant quel personnage de la saga, autre que Claire ou Jamie, vous préférez et pourquoi. N'oubliez pas d'indiquer vos coordonnées pour l'envoi du livre.

Le prénom du gagnant sera indiqué ci-dessous, après tirage au sort effectué le 16 mai 2016 dans l'après-midi ; le concours est ouvert aux Belges et aux Français jusqu'au 16 mai, 12h.

À vos claviers.

NB : le livre sera envoyé par mes soins ; je ne suis pas responsable des "éventuels égarements" de la Poste.

 

Gagnante : Amandine B.

09:47 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/05/2016

Louis le Galoup, 3 : Le Maître des Tours de Merle, de Jean-Luc Marcastel, illustrations de Jean-Mathias Xavier

Présentation : Les mâchoires du piège ont claqué à vide.

Louis et ses compagnons, avec l'aide de leurs nouveaux alliés, ont échappé de peu à Malemort et au Siblaire, les noirs barons du Vicomte de Marsac.

Mais on ne peut fuir indéfiniment. Il est temps pour Louis, s'il veut sauver ses amis et le royaume, de découvrir les secrets de ses origines, d'accepter sa double nature et de dompter sa bête intérieure.

Pour cela, il doit quitter Séverin et la Roussotte et se rendre, seul, dans une vallée sauvage où, austères et revêches, se dressent les ruines des Tours de Merle.

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Mon avis. J'ai réellement pris grand plaisir à retrouver l'univers des galoups - blancs ou noirs - ainsi que la langue colorée de Jean-Luc Marcastel et les superbes illustrations de Jean-Mathias Xavier.

Louis fait contre mauvaise fortune "meilleur cœur possible" : il n'a d'autre choix que de laisser - temporairement l'espère-t-il, sauf s'il passe de vie à trépas lors de cette dangereuse expédition - derrière lui Maistre Lebreton, dame Saniya, Séverin et la Roussotte. Direction les Tours de Merle, là où règne Maistre (galoup) Lionel de Roquevieille :

  "Les Tours de Merle sont tanière de galoup, jeune fille. Les lieux sont sauvages... C'est là villégiature pour un certain type de personne dont nous ne sommes pas. Louis, seul, y sera plus à l'aise. Nous ne ferions que le gêner." Il coula un regard vers le jeune homme, qui s'efforçait de se faire écorce pour mieux se confondre avec l'arbre. "Ce qu'il a à apprendre, il doit l'apprendre sans nous." [p. 14]

 

Et de découvertes, il en sera question pour Louis, à condition toutefois de réussir l'exploit de ne pas se faire occire d'emblée par le maître des lieux inhospitalier(s) - tant le maître que les lieux -. Cela risque de n'être guère chose aisée.

Ce tome m'a paru moins "jeunesse" que les précédents, peut-être en raison de la noirceur qui s'en dégage et des révélations fournies à Louis par Lionel de Roquevieille, personnage que j'ai beaucoup apprécié. J'ai aimé que soit soulevé un coin du voile (ténébreux) qui recouvre Malemort et j'attends de retrouver, pour la suite, la Dame de Rocamadour, ainsi que Matthieu, le jeune galoup noiraud. En revanche, le Siblaire et Marsac me font froid dans le dos.

J'ai de nouveau savouré les (jolies) tournures de phrase et le vocabulaire employés par le messire Marcastel même s'il m'est arrivé de trouver "longuettes" certaines descriptions. Je lirai bien évidemment la suite : le tome 4 se nomme La cité de pierre.

  "Avec une étrange tendresse, bourrue et triste tout à la fois, il chuchota aux ombres :

   "Tu lui ressembles tellement, mon pauvre garçon."

   Sans un mot de plus, il entraîna le jeune homme rompu par les couloirs de sa demeure.

   Il y faisait noir comme dans peu de fours. Aucune torche ne crachotait sa colère résineuse aux murs. L'obscurité, ici, était brutale, féroce, compacte. Pourtant, le seigneur des Tours traversa son logis sans une hésitation.

   Ses yeux, luisants comme seuls savent l'être ceux des bêtes chasseresses, perçaient le masque de la nuit sans coup férir.

   Quant  à ses pas, c'est à peine si un mulot les aurait entendus." [p. 61]

 

Ce tome s'achève avec un abondant dossier magnifiquement illustré intitulé Petit précis des terres d'oc à l'usage du voyageur ; il propose de nombreuses informations relatives aux personnages, aux lieux et Au réconfort du ventre.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (21), "de la Licorne" (session 4), "Comme à l'école" (animal sur la couverture) et "Littérature de l'imaginaire" (16).

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15:28 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/05/2016

Konshoku Melancholic, Ringo Yuki

Présentation. Souffrant d'un complexe d'infériorité, Miyashita est un lycéen passionné par la peinture qui passe ses journées isolé dans la salle d’art pour y peindre. Intrigué par ce dernier, Nishimura, un lycéen au caractère enjoué, décide de pénétrer dans son antre pour apprendre à le connaître et l’aider à s’ouvrir au monde, petit à petit.

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Mon avis. Je vais me permettre de le préciser d'emblée : ce manga est pour moi clairement une déception...

Il est classé dans la catégorie "Yaoi", ce qui correspond à des œuvres de fiction centrées sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre personnages de sexe masculin. Autant j'avais apprécié Deadlock, de Saki Aida & Yuh Takashina, lui aussi "Yaoi", autant celui-ci ne m'a pas plu, tant pour le graphisme que pour le propos.

J'ai en effet trouvé le dessin très "uniforme", dans le sens où j'ai eu l'impression qu'un seul visage - au menton exagérément pointu - avait servi de "modèle" pour tous ; en outre, ils m'ont parfois paru mal proportionnés.

Côté histoires - au pluriel car plusieurs sont présentées -, elles ne font qu'esquisser l'une ou l'autre facette des relations homosexuelles en train de se nouer ; en outre, les dialogues et réflexions "off" sont terriblement superficiels...

Celles que j'ai préférées sont Couleur mélancolie et Couleur sentiment, les récits qui ouvrent le recueil ; j'aurais bien davantage apprécié, me semble-t-il, ce manga s'il avait relaté, durant l'ensemble, uniquement les liens qui se tissent entre Miyashita et Nishimura, les héros de Couleur mélancolie et Couleur sentiment.

Autre bémol : une erreur dans le texte de présentation de la couverture ; il y est ainsi question de "Miyashita, un lycée - au lieu d'un lycéen - introverti et timide"...

Traduction : Nicolas Pujol.

 

Merci aux éditions Taifu Comics et à Livraddict pour ce partenariat.

20:05 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/05/2016

La Guitare magique de Frankie Presto, Mitch Albom

Présentation. Frankie Presto, né dans une église en feu et vite devenu orphelin, est élevé dans une petite ville d’Espagne par son professeur de musique aveugle. Puis la guerre bouleverse sa jeune vie... À neuf ans, il embarque sur un bateau pour l’Amérique, accompagné de ses seuls biens : un chien sans poils, une vieille guitare et six cordes dont il ignore encore la mystérieuse puissance.
Au cours de son irrésistible ascension comme le plus grand musicien de son temps, il découvre petit à petit l’immense pouvoir que lui confèrent ses six cordes de guitare magiques. Mais ce don sera aussi son fardeau…
Frankie réussira-t-il à trouver sa propre voie, et à retrouver Aurora, l’unique femme qui avait su toucher son cœur ?

Un roman foisonnant et plein de charme qui donne envie de fredonner sa chanson préférée !

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Mon avis. Une agréable lecture musicale...

Ce récit commence alors que des gens arrivent des quatre coins du monde dans la petite ville espagnole de Villarreal ; tous se rassemblent afin de rendre un dernier hommage à Francisco de Asís Pascual Presto, plus connu sous le nom de Frankie Presto. La narratrice qui nous conte l'histoire de ce guitariste-auteur-compositeur-interprète hors pair est particulièrement originale.

Comme le titre le laisse présager, la Musique - avec une majuscule - est omniprésente dans ce roman et donne d'emblée le ton : de la première à la dernière page, la partition se déroule en autant de notes, tantôt tristes, tantôt gaies, tantôt encore tendres ou douces-amères...

C'est lors des funérailles de Frankie Presto que commence le livre qui plonge dans le passé, lors de la naissance de celui qui deviendra un prodigieux guitariste, au talent inégalé, tissé par les mailles souvent douloureuses du Destin. Le récit est régulièrement ponctué d'interventions de grands noms liés d'une manière ou d'une autre à l'univers musical et qui ont croisé Frankie, à un moment de son existence, riche de rencontres, voyages, talent et amour. Celui d'El Maestro. Celui d'Aurora.

  "Tu m'appelleras El Maestro." [p. 60]

 

  "- Ne pleure pas si tu saignes pour quelque chose que tu aimes." [p. 70]

 

  "- Ça veut dire quelque chose, Aurora ?

   - Ça veut dire l'aurore." [...]

   Frankie ferma les yeux.

   "Aurora", dit-il comme s'il s'entraînait, "Au-ro-ra." [p. 99]

 

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces chroniques musicales du XXè siècle à travers lesquelles la fiction se mêle habilement à la réalité. Ou inversement.

 

Traduction : Michelle Cremnitz.

Titre VO : The magic strings of Frankie Presto (2015).

 

Merci aux éditions Kero pour cette très belle découverte.

18:00 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

01/05/2016

Harry Potter à l'école des sorciers, J. K. Rowling ; illustrations de Jim Kay

Présentation. Le jour de ses onze ans, la vie de Harry Potter est bouleversée à jamais quand Rubeus Hagrid, un géant aux yeux brillants comme des scarabées, lui apporte une lettre ainsi que d'incroyables nouvelles. Harry Potter n'est pas un garçon comme les autres : c'est un sorcier. Et une aventure extraordinaire est sur le point de commencer.

Cette toute première édition illustrée du roman de J. K. Rowling regorge de superbes images en couleurs réalisées par Jim Kay, lauréat de la Greenaway Medal. Ce livre est un régal absolu, tant pour les fans de la première heure que pour les nouveaux lecteurs.

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Mon avis. Je n'avais jusqu'à présent jamais eu envie de lire les aventures du jeune sorcier, ni même de regarder les films. Or, voici quelques mois, j'ai eu l'occasion d'assister au spectacle Potter Mania. L'idée de me lancer dans le premier tome a alors fait son chemin ; je n'ai plus hésité lorsque la version illustrée par Jim Kay a été publiée. Le Père Noël en a entendu parler et l'a déposée au pied du sapin (merci, Arnaud).

Verdict ? J'ai vraiment passé un très bon moment à la découverte de cet univers foisonnant dont je ne connaissais que quelques bribes glanées çà et là.

L'objet est SUPERBE : grand format qui met en valeur les magnifiques illustrations colorées de Jim Kay, au service du texte. Le titre qui orne la (douce) jaquette veloutée est en relief.

Je me contenterai de quelques réflexions, pêle-mêle : ce premier volume est "très jeunesse" et je peux tout à fait comprendre qu'il ait ouvert les portes de la lecture à bon nombre d'enfants/adolescents ; j'ai retrouvé dans ce tome des scènes et traits de caractère découverts dans le spectacle - le côté "peste" d'Hermione par exemple -; j'ai fait plus ample connaissance avec de célèbres protagonistes : ceux qui ont davantage attiré mon attention sont Ron, Hagrid, Rogue et Voldemort ; j'ai lu quelques mots relatifs aux dragées surprises de Bertie Crochue que mes élèves ont absolument voulu me faire goûter voici peu - dois-je préciser que j'étais tombée sur un "truc dégueu" dont je m'étais illico débarrassée dans la poubelle ? -.

Je lirai la suite petit à petit : je pense attendre la parution du deuxième tome en version illustrée pour poursuivre mon exploration de ce désormais classique. J'ai même envie de tenter le film...

Traduction :Jean-François Ménard.

Titre VO : Harry Potter and the Philosopher's Stone (1997).

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (20), de la licorne (session 4) et "Littérature de l'imaginaire"  (15).

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18:01 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

28/04/2016

Surtensions, Olivier Norek

Présentation. Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

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Mon avis. J'ai enfin découvert Olivier Norek et j'en suis ravie...

J'ai tellement entendu parler de cet auteur que j'avais envie de le lire et tant pis si j'ai "fait les choses à l'envers" puisque j'ai lu la troisième enquête de Victor Coste avant les précédentes. Et j'ai été d'emblée happée par ce roman diablement efficace.

Le récit donne le ton dès le prologue : des mots qui demeurent présents en permanence à l'arrière-plan, comme une esquisse d'idée logée à la frange de la conscience, mais que j'aurais préféré ne pas avoir lue, histoire que les événements empruntent une voie autre que celle-là.

J'ai plongé ensuite quelques mois auparavant, au Centre pénitentiaire de Marveil, au moment où les pièces (humaines) du puzzle prennent place, chacune à l'endroit précis où elle jouera le rôle qui lui est "judicieusement attribué", quoi qu'il risque d'en coûter aux autres.

J'ai apprécié les membres de l'équipe de Coste, et Coste lui-même, ainsi que les relations qu'ils entretiennent ; j'ai pris plaisir à découvrir cet immense échiquier où les déplacements des uns engendrent des conséquences (in)imaginables ; j'ai aimé en outre l'absence de complaisance.

Échec et mat.

  "Il s'assit à côté de lui et s'adossa contre le mur. Johanna et l'équipe qui l'accompagnait allaient arriver dans deux minutes à peu près. Sans se concerter, les trois flics décidèrent de passer ce temps sans rien faire, à juste rester là, ensemble. Ronan sur son plot de départ, Coste dans la piscine et Sam assis sur le rebord, les jambes dans le vide d'un bassin abandonné." [p. 134]

 

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat ; je lirai bien volontiers les précédents.

16:10 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19/04/2016

Everything, everything, Nicola Yoon

Présentation. Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de "maladie de l'enfant-bulle". En gros, je suis allergique au monde. Je viens d'avoir dix-huit ans, et je n'ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l'observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

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Mon avis. Un très beau texte qu'il est difficile de lâcher une fois commencé...

C'est l'histoire de Madeline, une jeune fille de dix-sept ans qui ne connaît de l'existence que l'espace de sa maison, celle dont elle est captive. Définitivement. Irrémédiablement. Car Madeline souffre d'une forme de DICS : Déficit Immunitaire Combiné Sévère.

  "Dans ma chambre blanche, le long de mes murs blancs, sur mes étagères d'un blanc immaculé, mes livres apportent la seule touche de couleur. Ce sont toujours des éditions en grand format flambant neuves - pas de poches d'occasion pleins de germes chez moi ! Elles m'arrivent du Dehors décontaminées, emballées sous vide dans une couverture de plastique." [p. 7]

 

Le temps s'écoule (lentement) entre ses cours d'architecture en ligne, la lecture et, selon les jours, les soirées film/Pictionary Juré-Craché/Scrabble phonétique. Aucun contact humain, hormis avec sa maman, médecin, et son infirmière attitrée, la pétillante Clara. Très rarement, le professeur Waterman vient lui rendre visite, après un passage obligé par le "sas de décontamination". Une vie (?) aseptisée à laquelle la jeune fille a fini par s'habituer, question de vie ou de mort. Jusqu'à ce que...

... jusqu'à ce qu'une nouvelle famille emménage dans la maison d'en face : les parents et leurs deux enfants, à savoir la fille, Kara, et le fils, Olly. Surtout Olly.

  "Puis je le vois, lui. Il est grand, mince, tout de noir vêtu : T-shirt noir, jean noir, baskets noires et bonnet de laine noire qui couvre complètement ses cheveux. Il a la peau blanche, avec un léger hâle couleur de miel, et des traits anguleux. Il saute de son perchoir derrière le camion, et il glisse dans l'allée avec tant de légèreté que les lois de la gravité ne semblent pas s'appliquer à lui de la même manière qu'aux autres. Il s'arrête, penche la tête sur le côté et considère sa nouvelle maison comme si c'était une énigme. [...]

   Il regarde vers moi. Nos yeux se croisent. Je me demande vaguement ce qu'il voit à cette fenêtre - une fille bizarre, tout en blanc, avec des yeux écarquillés ? Il me sourit, et son visage n'a plus la moindre trace d'austérité, de dureté. J'essaie de lui sourire aussi, mais je suis si troublée que je n'arrive qu'à froncer les sourcils." [p. 28 - 29]

 

Madeline sait qu'il est inutile d'entrer en contact, ne serait-ce que virtuellement, avec Olly puisque jamais ils ne pourront se rencontrer "pour de vrai". Voilà pour la théorie.

J'ai adoré ce roman qui m'a entraînée hors des sentiers battus ; j'ai aimé l'humour (pince-sans-rire) de Maddy, se débattant entre lucidité et (dés)espoir ; j'ai "palpité" lorsque les liens entre les jeunes gens se font plus intenses ; j'ai été heurtée lorsque les mots ont révélé l'impensable : une esquisse de cette idée m'avait subrepticement effleurée mais je l'avais d'emblée balayée, avant même qu'elle ne soit formulée...

  "Il est le plus grand risque que j'aie jamais pris." [p. 83]

  "Pour la première fois depuis longtemps, j'ai envie de plus que ce que j'ai." [p. 96]

  "Ce dont je suis certaine, c'est que vouloir quelque chose me fait vouloir davantage. Le désir est sans fin." [p. 98]

 

Traduction : Eric Chevreau.

Titre VO : Everything, everything.

Illustrations : David Yoon.

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans le challenge "Jeunesse/Young Adult" (19).

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17:06 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/04/2016

Profession du père, Sorj Chalandon

Présentation. "Mon père disait qu'il avait été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet."

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Mon avis. Le ventre noué...

De Sorj Chalandon, je n'avais lu jusqu'à présent que Le quatrième mur, que j'ai beaucoup apprécié.

Ce récit est présenté comme (largement) autobiographique et c'est en cela qu'il est extrêmement bouleversant et remue le lecteur. Profondément. Douloureusement.

Émile raconte son histoire, raconte ses parents, ce "couple" rogné, "bouffé", "vampirisé" par celui que l'on nomme mari et père. Une appellation. Sans plus. Avec tellement plus.

Émile raconte les multiples professions, toutes plus "épatantes" les unes que les autres, de ce père, André Choulans, toujours présent dans l'appartement quand l'enfant se rend à l'école et en revient.

Émile raconte l'isolement de cette "cellule familiale" qui ne reçoit jamais personne. Qui ne rend visite à personne.

Émile raconte les sorties savamment orchestrées par le paternel, au cours desquelles ils "jouent" à l'espion, le petit obéissant au grand, dans le "culte de l'OAS".

Émile raconte les colères de Choulans se terminant (presque) inévitablement par les coups.

Émile raconte les réveils en pleine nuit ; il est alors contraint de se déshabiller et, grelottant, de "faire de l'exercice physique" sous la houlette du paternel.

Émile raconte le glissement des mules de cuir et les raclements de gorge, l'imperméable, le chapeau mou, les lunettes noires et le talkie-walkie.

Émile raconte le fantôme maternel et son épouvante face au mari : "Tu connais ton père."

Émile raconte la manipulation exercée par un esprit malade et retors.

Émile raconte ce qu'il a accompli pour plaire à son père.

 

  "Je ne pleurais pas. Je tremblais. Je gémissais, j'ouvrais et fermais les yeux très vite comme lorsqu'on va mourir, mais je ne pleurais pas. Je pleurais avant les coups, à cause de la frayeur. Après les coups, à cause de la douleur. Mais jamais pendant. Lorsque mon père me frappait, je fixais un point dans la chambre, le pied de mon lit, mon carnet déchiré, un livre jeté sur le sol, ses mules de cuir. Je pensais à tout ce qui finirait bien par disparaître. Parce qu'ils s'arrêtent, les coups. Toujours, ils s'arrêtaient. Lorsque mon père avait mal aux mains, que ma mère criait fort, que je ne bougeais plus." [p. 87]

 

Lorsque j'ai eu terminé le livre, j'ai repensé au "pacte autobiographique" évoqué par Philippe Lejeune, selon lequel les auteurs d'autobiographies nouent une espèce de pacte avec le lecteur qui consiste à raconter "la vérité". Je me suis dit que j'aimerais tellement que ce n'ait pas été le cas ici.

 

Ce livre entre dans le challenge "Un mot, des titres"  (mot "père" pour cette 39e session).

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15:38 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |

14/04/2016

L'élite, 3 : Dernière épreuve, Joelle Charbonneau

Présentation. Cia a découvert les secrets du Test.

Aujourd'hui, elle veut y mettre fin.

Mais elle ne peut le faire seule.

En qui peut-elle vraiment avoir confiance ?

Pour le savoir, elle n'a qu'une solution : mettre au point son propre test et y soumettre son entourage.

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Mon avis. J'ai toujours une petite appréhension lorsque je lis le dernier tome d'une série que j'ai appréciée : et s'il n'était pas à la hauteur des précédents ?  Verdict ? Nulle déception, bien au contraire...

Nous retrouvons d'emblée (Valen)Cia en compagnie de Raffe, l'étudiant qui lui est venu en aide dans l'épisode précédent. Le "souci", c'est que l'adolescente ne sait pas si elle peut lui faire confiance. Une bonne partie du récit tourne d'ailleurs autour de la confiance à accorder, ou pas, et à qui. La seule personne qui, selon elle, en est digne, c'est Thomas ; or, elle le voit très/trop peu puisqu'ils ne suivent pas le même cursus universitaire...

Ce dernier opus est très centré sur le questionnement auquel est soumise/se soumet Cia : il est bien évidemment hors de question pour elle de "rentrer dans le moule", d'autant qu'elle a risqué sa vie durant les épreuves précédentes et que certains de ses camarades/amis y ont perdu la leur. Elle a grandi trop vite et même si elle ne peut être certaine du crédit à accorder à qui/quoi que ce soit, elle est bien décidée à rester fidèle à ses convictions : il est grand temps que les dirigeants revoient les règles de ce "jeu" ignoble.

Indépendamment de la réflexion sur la société, j'ai beaucoup aimé le fait que la jeune fille se retrouve en permanence sur le qui-vive, ne sachant si l'ami d'hier le restera ou deviendra un ennemi. Le lecteur l'accompagne dans cette hésitation perpétuelle...

  "Les visages de Zandri, Malachi, Ryme, Obidiah et Michal défilent devant mes yeux. Tous sont venus à la capitale pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Tous sont morts. Je dois éviter le même sort à mon frère. J'espère de tout mon cœur qu'il n'est pas trop tard." [p. 22]

"Mais je n'accomplirai rien seule. Ce serait impossible. Mon père m'a recommandé de ne faire confiance à personne. J'ai brisé cette promesse à plusieurs reprises, souvent à mon détriment. Je vais peut-être devoir recommencer." [p. 55]

Traduction : Amélie Sarn.

Titre VO : The Testing, 3 : Graduation Day (2014).

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (18), "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (14).

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20:37 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/04/2016

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan

Présentation. États-Unis, années 1940. Glory, enceinte et déjà mère d'un petit garçon, souffre de l'absence de son mari, parti au front, de l'autre côté de l'Atlantique. À des centaines de kilomètres d'elle, Rita, femme et mère de soldat également, n'a pour compagnie que la fiancée de son fils.
Une lettre, envoyée comme une bouteille à la mer, va les réunir. Entre inconnues, on peut tout se dire. Les angoisses, l'attente des êtres aimés, mais aussi les histoires de voisinage, les secrets plus intimes et les recettes de cuisine. Les petites joies qui font que, dans les temps les plus difficiles, le bonheur trouve son chemin. 

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Mon avis. Une lecture très agréable : merci, Aurélie...

J'ai beaucoup apprécié ce récit épistolaire qui relate la correspondance entretenue de 1943 à 1946 entre deux Américaines directement touchées par la guerre.

Gloria, alias Glory, a vingt-trois ans et vit à Rockport (Massachusetts) avec son fils de deux ans, Robbie Jr ; elle est enceinte de sept mois et son mari, Robert, est au front.

Marguerite, alias Rita, a quant à elle une quarantaine d'années et vit à Iowa City ; son mari Sal et son fils Toby sont eux aussi au front.

La correspondance commence alors que Glory a décidé, à l'initiative du Club des femmes de Rockport, "d'écrire à une parfaite inconnue qui n'aura peut-être ni le temps ni l'envie de lui répondre" [p. 9]. Le hasard lui a fait tirer au sort "Sorcière aux mains vertes" : elle envoie ainsi sa première lettre à Rita. Celle-ci lui répond et s'ensuit un échange de courrier qui durera trois ans. Trois longues années placées sous le sceau du conflit mondial, chacune attendant que la paix se profile à l'horizon et que le(s) soldat(s) réintègre(nt) le domicile.

Par petites touches, Glory et Rita se confient l'une à l'autre : les relations (parfois tendues) avec les voisins ; les amitiés (parfois amoureuses) nouées ; l(e)'(dés)espoir dans l'attente du retour de l'être aimé ; les recettes de cuisine et les expériences (de vie) échangées ; les conseils de jardinage prodigués par Rita à Glory ; les petites et grandes souffrances qui constituent le quotidien de chacune.

Une histoire d'amitié qui, à certains moments, m'a fait songer à Beignets de tomates vertes, de Fannie Flagg. 

Et un jour, peut-être, la rencontre ? Qui sait ?

 

16 mai 1943

ROCKPORT, MASSACHUSETTS

Chère Rita,

   Deux lettres de vous en une même journée ! Elles sont si douces au creux de ma main. Quelle sensation agréable, au milieu du vide et de la fragilité qui m'entourent. En vérité, je me surprends à guetter vos lettres en retenant mon souffle. Elles sont devenues comme des talismans. [p. 46]

 

Traduction : Nathalie Perrony.

Titre VO : I'll be seeing you (2013).

16:31 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

08/04/2016

Le noir est ma couleur, 5 : Le piège, Olivier Gay

Présentation. Manon et Alexandre ont atteint le repaire des Mages Noirs auprès desquels la jeune fille espère trouver des réponses à son pouvoir. Un pouvoir toujours plus sombre, toujours plus puissant.

De nouveaux alliés pourraient les aider à percer le secret qui pèse sur elle mais personne n’est à l’abri d’une trahison. Le piège ne va-t-il pas se refermer sur eux ?

Résisteront-ils aux forces qui tentent de les séparer ?

Deux destins liés malgré les apparences…

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Mon avis. La fin d'une (très) belle aventure...

Ce dernier tome commence exactement là où s'était terminé le précédent : Manon a découvert Alexandre en "bonne compagnie", celle de Lise, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est en colère. Très en colère. Quant à Alexandre, il ne comprend pas la situation puisque l'illusion créée par Lise était parfaite. Les Mages Noirs vont donc devoir intervenir... mais ce qu'ils mijotent risque de n'être pas du goût des deux adolescents.

Beaucoup d'action dans ce roman ; dans un premier temps, il s'agit que Manon et Alexandre rétablissent une "certaine forme de dialogue", ce qui n'est pas gagné. Contraints ensuite de fuir à nouveau, avec aux trousses Mages Noirs, Mages Blancs, Police..., ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

En outre, ils ont été forcés d'emmener trois Mages Noirs, et pas des moindres : (LA !) Lise, qui maîtrise de manière exceptionnelle (!) le Violet ; Théo, champion de l'Orange - et l'Orange, ça chauffe ! -, avec "une lueur de folie qui couve dans son œil, de violence primale, de haine pour l'humanité entière y compris lui-même" [p. 33] ; Arthur, comme un poisson dans l'eau (!) avec l'Indigo. Au milieu du jeu de quilles couleurs, Alexandre, fidèle à lui-même - et à Manon -: touchant et plein d'humour, parfois caustique.

  "- Je me lance à leur poursuite, moi aussi. Je n'ai pas l'aide du Rouge mais je suis Alexandre, le grand, le beau, le fort - le rapide.

   Mon souffle s'emballe, et je continue à accélérer. Aller jusqu'à mes limites. Plus loin que mes limites ! D'après Jordan, Manon m'a transmis un peu de Rouge par capilli... capilla... par transfert. Autant que ça soit utile." [p. 54]

 

J'ai pris grand plaisir à retrouver Manon et Alexandre - surtout Alexandre ! -, même si  j'étais en même temps désolée de me dire que c'était la dernière fois. Les personnages qui gravitent autour du couple sont eux aussi intéressants ; Olivier Gay dit d'ailleurs qu'il ne compte pas abandonner ainsi Lise et Théo. Personnellement, je referais bien (hé, oui) un bout de chemin aussi avec Fabrice.

Que dire de la/les fin(s) ? Le "pré-épilogue" m'a paru un tantinet "facile" ; l'épilogue est assez expéditif, mais l'auteur s'en explique dans la postface - dont les dernières lignes sont magiques (!) - ; l'épilogue d'Alexandre et l'épilogue de Manon sont savoureux.

Cette série est de celles qui (ré)concilieront les jeunes et la lecture, si besoin en est.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (17) ; "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (13).

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12:07 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/04/2016

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Présentation. Milo, 12 ans, est dans le coma après une chute à vélo sur une route de campagne. Tandis que l'enfant se bat pour sa vie, c'est toute sa famille qui vole en éclats. Dans ce ballet des aveux où défilent ses parents, son indéchiffrable grand-mère et sa jeune tante Marguerite, se dessinent peu à peu les mensonges, les rapports de force et les petits arrangements qui cimentent cette famille. L'amour suffit-il pour tout reconstruire ?

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Mon avis. Un beau texte sur les non-dits, qui laisse cependant une aigreur en bouche...

Le soleil brille. Milo, 12 ans, fait la course à vélo avec sa jeune tante Marguerite. Soudain, c'est la chute, suivie du coma.

L'accident aura des conséquences irréversibles sur cette famille où tout n'est qu'apparence : la lézarde apparue sur un des murs (porteurs) s'étend à l'ensemble du bâtiment, se ramifie jusqu'à craqueler, brique après brique, toute la structure, factice s'il en est.

Ce récit dévoile, par couches successives, les secrets profondément (?) enfouis, ceux qui, en réalité, n'attendaient qu'une brèche pour exploser à "la gueule" des protagonistes.

Chaque chapitre porte le prénom de celui qui s'y exprime. D'abord Céleste, la maman de Milo, sorte de "tampon" entre tous : Lino, son mari, et Jeanne, sa mère, cette dernière tolérant à peine son beau-fils ; Marguerite, sa jeune sœur exécrée par leur mère et Jeanne elle-même, la "pisse-vinaigre". Céleste se revoit d'emblée plongée dans "le jour noir" du passé, celui qui a déjà failli les laisser sur le carreau. Ensuite Lino, le papa, qui marche constamment sur des œufs dès qu'il se retrouve face à sa belle-mère, autrement dit presque en permanence. Jeanne, la (belle-)mère dévouée corps et âme à son aînée et pour qui Marguerite est une ex-croissance dont elle aimerait se débarrasser (définitivement). (La superbe) Marguerite enfin, celle qui jamais, au grand jamais, ne trouve "sa place". Nulle part.

La culpabilité est le maître-mot du roman et avec elle, le malaise qui suinte des mots/maux, explicites ou implicites. Chacun se sent coupable, d'une manière ou d'une autre, à des degrés divers. Le temps du pardon est-il arrivé ? Pardonnable ou impardonnable ?

J'ai apprécié l'écriture du récit et la manière dont l'auteure arrive à rendre compte de cette déliquescence ; j'ai aimé particulièrement Milo, le seul dont la parole ne s'exprime pas ouvertement. Et pourtant.

Cependant, je suis quelque peu restée à distance des autres personnages, qui n'ont pas réussi à véritablement m'émouvoir, peut-être en raison de l'énormité et de l'accumulation des événements douloureux...

  "J'ai pensé, il est difficile de composer avec une vie dont on ne détient que des fragments, quand on n'a même pas idée de ce qui nous échappe, quand tout autour de nous n'est constitué que de pièces manquantes dont on ignore les contours." [p. 179]

 

Merci à J'ai Lu pour ce partenariat.

21:03 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/04/2016

Les Prodiges, Jeremy Scott

Présentation.

Ils sont six

Ils sont handicapés

Personne ne croit en eux

Pourtant leurs pouvoirs sont incroyables

Ils sont les Prodiges


DES SUPERHÉROS

COMME VOUS N'EN AVEZ JAMAIS VU !

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Mon avis. Décidément, les chouettes lectures se suivent ; pourvu que cela dure...

Même si les héros sont jeunes, le propos m'a d'emblée tapé dans l’œil puisqu'il y est question de handicap.

C'est Phillip, douze ans, qui raconte l'histoire : celle-ci commence alors que son père l'emmène "faire un tour" en vue dune discussion, celle que Phillip redoute parce qu'il n'a nulle envie de parler de ça avec son père.

  "Je compris que quelque chose couvait dès que papa prononça son premier mot.

   - Fils...

   Ses entretiens avec mon frère ou moi pendant notre enfance pouvaient atteindre trois degrés de sérieux - "sérieux modéré", "sérieux normal" et "supersérieux" -, degré reconnaissable au tout premier mot de sa toute première phrase. S'il attaquait par notre diminutif - Phil pour moi, Pat pour mon frère -, nous étions dans le domaine du "sérieux modéré", donc nullement obligés d'interrompre notre activité ni de tourner la tête vers lui, tant que nous entendions ce qu'il disait et parvenions à le lui répéter.

   Les discours commençant par notre prénom entier, ou bien par notre prénom et notre nom de famille accolés, étaient du type "sérieux normal" : laisse tomber ce que tu es en train de faire, tourne-toi et écoute ; il y a probablement une nouvelle règle que tu devras appliquer une fois l'entretien terminé. Cette variété-là détenait presque toujours un potentiel d'escalade latent, aussi fallait-il s'y engager avec précaution.

   Si la discussion débutait par "fils", alors là, c'était accroche-toi sous peine de mort." [p. 11 - 12]

 

Phillip se fourvoie : son père n'a pas l'intention de lui parler de "sexualité" comme l'adolescent s'y attend ; il veut "juste" évoquer les "superpouvoirs" de son fils ! Habitué à l'humour foireux de son paternel, Phillip attend "la chute" : comment imaginer qu'il dispose d'un quelconque pouvoir, lui qui est aveugle ?  Et pourtant...

C'est ainsi que Phillip découvre qu'il vit désormais dans une ville pour le moins particulière où sont rassemblés presque exclusivement des êtres hors-norme, dont sa famille fait partie.

Chaque "gardien" - ou protecteur des habitants de la Terre -  dispose d'un pouvoir particulier qui se révèle théoriquement à l'adolescence et se doit d'être exploité de manière optimale. Les circonstances sont telles que Phillip se retrouve bientôt dans une classe spéciale : celle qui regroupe les jeunes gardiens touchés par un handicap.

Six d'entre eux sont au centre du récit : Phillip, aveugle et télékinésiste ; Henry, en chaise roulante et télépathe ; James, aveugle et téléporteur ; Fred, asthmatique chronique, atteint de gigantisme ; Bentley, ataxique aux capacités cérébrales supérieures ; et enfin Donnie, trisomique dont le pouvoir n'a pas encore été révélé.

Les membres de ce petit groupe apprennent à se connaître et s'épaulent malgré les dissensions occasionnelles, d'autant que la différence attire l'attention, parfois malveillante, des autres élèves.

Parmi les Prodiges - à la personnalité nuancée - qui ne savent pas encore qu'il s'agira pour eux de rester soudés car le Mal rôde, indépendamment de Phillip lui-même, à l'humour ravageur, j'ai particulièrement apprécié Bentley et Donnie...

Ce roman devrait (beaucoup) plaire aux élèves du secondaire inférieur.

Traduction : Michel Pagel.

Titre VO : The Ables (2015).

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (16) ; "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure) et "Littérature de l'imaginaire" (12).

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18:17 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/04/2016

La Belle et le Maudit, Page Morgan

Présentation.

UNE PART DE TÉNÈBRES

SOMMEILLE EN CHACUN DE NOUS...

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Mon avisUn excellent moment dans le Paris de la fin du XIXe siècle...

Le récit met en scène Ingrid, 17 ans, Gabriella, 15 ans, et leur mère Lady Charlotte Brickton. Toutes trois ont quitté Londres pour Paris où Charlotte est censée ouvrir une galerie d'art. Grayson, le frère jumeau d'Ingrid, les a précédées dans la Ville Lumière, histoire de rendre le lieu - en l'occurrence une abbaye en ruines - un tantinet "accueillant". Leur père ne devrait pas tarder à les rejoindre. Cet emménagement tombe à pic (!) pour Ingrid, désormais "grillée" (!) dans l'aristocratie anglaise. Le "beau parti" qu'elle était susceptible d'incarner s'est envolé (!) en fumée (!).

L'atmosphère est sombre, pesante, lugubre, dans cet endroit où les gargouilles sont omniprésentes ; atmosphère renforcée par l'enlèvement et le meurtre horrible de plusieurs jeunes Parisiennes, ainsi que la disparition récente de Grayson dont personne, parmi les domestiques engagés, ne paraît réellement se soucier. Le sujet semble tabou.

  "Elles avaient des gueules béantes qui semblaient pousser des cris silencieux, des dents acérées comme des poignards, des yeux globuleux, des oreilles de chien et des serres enfoncées dans la bordure du toit en pierre. Leurs ailes étaient tantôt largement déployées, tantôt repliées derrière leur dos vouté.

   Ingrid, plantée devant la grille, avait l'estomac noué. Les créatures de pierre étaient assez hideuses pour lui donner la chair de poule. Quelle idée de mettre des gargouilles sur une église ! Elle détourna les yeux." [p. 21]

 

En outre, le regard posé sur Ingrid par Luc, un des membres du personnel, est pétrifiant (!) :

  "Aussitôt, tout s'immobilisa : la pièce, son esprit, sa respiration. Les yeux qui la transperçaient étaient ceux d'un jeune homme. Les iris, d'un vert moucheté d'or, évoquaient une pâle mousse de forêt longtemps oubliée par le soleil. D'épais cils couleur de charbon les ombrageaient.

   Il ne devait avoir qu'un an ou deux en plus qu'Ingrid, et il l'observait avec une curiosité indiscrète qui la mettait mal à l'aise. Percevant de l'hostilité dans son regard, elle le fixa à son tour. Il ne grimaçait pas, mais la légère dilatation de ses narines traduisait un mépris manifeste. Comme si Ingrid lui avait fait du tort d'une façon ou d'une autre." [p. 29 - 30]

 

La famille Brickton est très loin de se douter qu'elle vient de mettre le doigt (le bras tout entier, devrais-je dire) dans un engrenage maléfique...

J'ai beaucoup aimé ce récit jeunesse - à tel point que le "triangle amoureux habituel" ne m'a même pas agacée - qui propose un imaginaire original, centré entre autres sur les gargouilles et le rôle qu'elles jouent dans notre monde. Les personnages principaux sont attachants et nuancés ; la couverture est superbement veloutée [dommage que le vêtement de la jeune fille ne corresponde nullement à l'époque évoquée dans le livre].

Je lirai volontiers la suite...

Traduction : Bee Formentelli.

Titre VO : The Beautiful and the Cursed (2014).

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

 

Ce titre entre dans les challenges "Jeunesse/Young Adult" (15), "Lire sous la contrainte" (personnage célèbre - La Belle -), "Un genre par mois" (Fantasy ou Aventure), "Comme à l'école" (Lettre "O" ou thème "Animal") et "Littérature de l'imaginaire" (11).

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15:42 Écrit par paikanne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |